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15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 16:32

Vendredi 15 juillet 2011

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Départ du village d'Aiguilles, chef-lieu du canton depuis le début du XIX ème siècle qui regroupe sept communes historiques du Queyras. Le village d'Aiguilles doit son nom à la rivière qu'il côtoie le Guil (Ad Guillum, près du Guil). Ce Guil, qui fait le charme de cette vallée du Queyras, sait aussi faire son malheur lors d'inondations, dont la dernière, en juillet 2002, aura fait grand mal à la Haute Vallée du Guil, dans le tronçon La roche écroulée – Ristolas.


Le torrent du Lombard, dont les crues sont redoutables, traverse Aiguilles avant de se jeter dans le Guil. Sur la rive droite, la vallée de Lombard est riche en prairies et en pâturages. D'importants troupeaux y viennent en transhumance en juillet et août. Une route carrossable conduit aux chalets de Lombard à 1 910 m. Autrefois, les Aiguillons allaient en pèlerinage le 5 août à la chapelle Notre Dame des Neiges de Lombard.

Deux étymologies ont été proposées pour expliquer l'origine du nom Aiguilles, soit ad Guilum « près du Guil » soit aquilas « les aigles », Aiguilles étant dominé par une montagne qui a pour nom « Serre de l'Aigle ».

 

La marmotte : mais quel est donc ce cri qui résonne dans la montagne ? un oiseau ? non, une marmotte ! Ce petit animal sait se faire entendre. Son cri strident qui perce à travers la quiétude du lieu est le cri d'alerte du rongeur qui informe ses congénères d'un danger réel ou présumé. L'oreille habituée fera la différence entre les différents sifflets, le très aigu et bref signale la présence d'un prédateur, généralement un aigle royal ou un renard, le long et répété indique notre présence.


Son odorat et son champ de vision (300°) lui permettent de ne pas se faire surprendre, où vraiment que très rarement. S'il est un animal emblématique des alpages, c'est bien la marmotte qui, de par son aspect débonnaire, jouit d'une popularité sans pareille. Comme tout animal sauvage, la marmotte ne se laisse pas facilement approcher. La marmotte est un rongeur, d'une longueur d'environ 70 centimètres qui vit sur les versants ensoleillés des alpages, au milieu des blocs de pierres et des éboulis. Présente dans le massif des Alpes, elle fut réintroduit dans le Jura, les Pyrénées et la Lozère.

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Marmotte dans son jardin fleuri

 

Tout le monde connaît l'expression « Dormir comme une marmotte » qui fait référence aux 6 mois d'hibernation que pratique cette espèce. La journée, la marmotte se contente de se nourrir et de se reposer. Elle ne boit pas, elle mange donc plutôt le matin et le soir afin de récupérer la rosée qui perle sur les plantes. La marmotte est exclusivement herbivore, sa dentition est caractéristique avec 4 incisives séparées des 18 molaires par une zone sans dents appelée barre (comme pour le chamois, le chevreuil …). Les incisives sont à croissance continue et leur forme en biseau est simplement dû au fait que la face arrière de la dent étant dépourvue d'émail, celle-ci s'use plus rapidement. Elle mange donc de l'herbe mais aussi, de temps à autre, des écorces, des baies, de jeunes pousses de mélèze. C'est avec ces repas qu'elle doit constituer les réserves qui lui permettront de passer l'hiver, elle grossit de jour en jour pour doubler de poids à la fin de l'été (environ 7 kilos).

 

Dès septembre, elle commence les préparatifs pour l'hiver, creuse le terrier, installe les herbes sèches qui serviront de matelas, une galerie annexe pour les toilettes. Le grand jour approche, il faut se purger, faire sa toilette afin de se débarrasser des tiques. Vers la mi-octobre, la marmotte entre dans son terrier et le ferme à l'aide d'une composition de boue et d'herbe séchée. Elle se roule en boule, le cœur bat plus lentement, la respiration ralentie, la température du corps diminue de 36° à 4°, elle semble morte pendant 6 mois sauf, que, de temps en temps elle va uriner.


Dès le printemps, le nouveau cycle reprend … celui des amours dans les terriers, suivit par celui des naissances (2 à 4 marmottons par portée), la vie en famille et la vie en colonie (regroupement de plusieurs familles sur un même territoire).

 

Attention : nourrir les marmottes avec de la nourriture autre que de l'herbe est contre nature et les marmottes en payent un jour ou l'autre le prix … Sciences et Avenir citait un jour «la marmotte est un animal sauvage pas du tout adapté au fast-food... »

Le sentier monte raide au hameau de la Pauze pour continuer en un sentier muletier et s'élever vers le hameau en ruines d'Eygliers. Là, a été construite après la révocation de l'Édit de Nantes en 1685, la chapelle Saint Louis, grâce à des fonds donnés par Louis XIV. La crête du Serre de l'Aigle domine ce sentier qui monte dans l'alpage pour atteindre les lacs de Malrif. Malrif ou Malriou en dialecte signifie « mauvais torrent ».

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les ruines du hameau d'Eygliers autour de sa chapelle

 

En traversant ce groupe de maisons fantômes écroulées, l'on peut se rendre compte de l'état d'extrême dénuement dans lequel vivaient, autrefois, les habitants de ces localités isolées, perdues dans la montagne à 1 965 m d'altitude. Des hommes et des femmes qui, en dépit de leur misère, étaient indéfectiblement attachés à leur terre et à leurs racines.

 

C'est ici que nous quittons le GR au profit du chemin qui grimpe à la Bergerie du Lombard à 2020 mètres d'altitude. Nous comptions saluer les bergers, pas de chance ils sont absents … nous sommes reçus par deux aimables jeunes filles. Nous reviendrons c'est promis, l'endroit est magnifique et vaut le détour.


Il est possible de ramener le dénivelé de cette randonnée de 1 100 m à 600 m et nombreux sont les marcheurs qui démarrent à la Bergerie.

 

Nous continuons à grimper, à travers les alpages et apercevons au loin le troupeau de moutons de la Bergerie.

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Un dernier coup d'œil sur la Bergerie une très jolie fontaine devant la Bergerie

Direction les lacs de Malrif à travers de magnifiques paysages … de temps à autre, il faut aussi enjamber les torrents.

 

Tout là-haut attendent trois lacs nichés au pied du Pic du Malrif : le Grand Laus, Le Mézan et le Petit Laus, le plus élevé.

 

Nous croisons deux randonneurs avec d'énormes sacs à dos … ils ont campé plusieurs jours au Petit Laus à 2 805 m d'altitude et redescendent à la Bergerie.

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Après avoir traversé le torrent qui dévale à partir du Grand Laus pour aller se jeter plus bas dans le Guil, on arrive devant le plus grand des trois lacs, le Grand Laus alt. 2 579 m.

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le torrent du Grand Laus


L'environnement du Grand Laus est exceptionnel avec le Mont Viso en toile de fond. Après une montée sportive, l'arrivée dans son ambiance sereine et calme appelle au repos. Il est midi et c'est autour du lac que nous allons pique niquer.

 

En dialecte, Laus signifie Lac ce qui donne : Le grand Laus (grand lac), Lac mézan (lac moyen) et petit Laus (petit lac).

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Le Grand Laus altitude 2 579 m

 

Après la pause pique nique nous grimpons, au deuxième lac, le lac Mézan alt. 2 675 m, très agréable avec cette pelouse verte et en toile de fond la chaîne de montagnes.

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Lac Mézan altitude 2 675 m


Il faut encore faire un effort pour arriver au troisième lac, le Petit Laus altitude 2 805 m, il est le moins fréquenté car nombreux sont les marcheurs qui s'arrêtent au Grand Laus, quel dommage car l'ascension n'est pas difficile eu égard à la récompense qui nous attend en haut.

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Au Petit Laus

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le Petit Laus ceinturé de linaigrettes

Linaigrette de Scheuchzer, cette plante n'est pas réellement considérée comme une fleur mais comme une herbacée. Son fruit cotonneux apporte une note de gaieté dans les zones marécageuses et acides de montagnes de tout l'hémisphère nord. On ne la trouve aujourd'hui qu'en altitude alors qu'elle recouvrait l'ensemble des marais de plaine autrefois mais ces derniers ont été largement asséchés pour la mise en valeur agricole.

 

Pour redescendre nous optons pour le passage au hameau Le Lombard par une descente interminable.

 

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Hameau Le Lombard alt. 1 914 m


Dans ce hameau qui paraît inhabité, un paysan sur son tracteur et un couple de patous …

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le patou mâle

 

Le Patou, chien de protection est un gros chien blanc d'origine Pyrénéenne. Le Patou ou Pastou (de pastre = berger) veille sur les troupeaux de moutons, et a longtemps été le compagnon du berger, l'aidant à protéger son troupeau. Au début du siècle, l'utilisation du chien patou avait quasiment disparu. Depuis la réintroduction récente de l'ours dans les Pyrénées et la présence du loup dans les Alpes, ce chien représente de nouveau une aide précieuse pour les bergers. Dès sa naissance, le patou vit avec les moutons dans la bergerie. Cela permet au chien de tisser des liens très forts avec les moutons, pour aboutir à une acceptation totale et réciproque. Il vit toute l'année avec eux, l'été en montagne et l'hiver dans la bergerie. Ce conditionnement intensif lui permet de réagir instinctivement à toute agression contre le troupeau. Contrairement au chien de conduite, Border Collie ou Labrit (dont le travail consiste à diriger et rassembler le troupeau) qui reste auprès du berger, le patou est autonome, il accompagne et veille sur le troupeau jour et nuit.

 

Une formidable journée passée dans les alpages et autour des trois lacs de Malrif.

 

De retour à Ceillac, nous avons une pensée pour Philippe Lamour, grand homme du Queyras moderne. Maire de Ceillac de 1965 à 1983, il a dissuadé les Queyrassiens, traumatisés par les crues dévastatrices de 1957, de céder au désespoir et les a convaincus que leurs hautes vallées avaient encore un véritable avenir. Expert en questions agricoles et rurales, propriétaire de vignobles dans le Gard où il a développé les systèmes d'irrigation. Le canal du Rhône à Sète porte son nom. Il a compris que l'avenir du Queyras n'était plus dans l'économie agro-pastorale mais dans le tourisme. Il a fait baliser des chemins transformés en sentiers de grande randonnée, il a incité les Queyrassins à ouvrir des gîtes d'étape et en 1977 il a participé à la création du Parc Naturel Régional que nous avons eu beaucoup de bonheur à parcourir pendant ces quelques jours.

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Fin de notre escapade dans le magnifique Queyras, nous remercions la famille Fournier - Gîte les Baladins à Ceillac pour le super accueil familial durant tout la semaine. Bonne ambiance, bonne cuisine, bon hébergement tout pour passer une semaine de bonheur dans cette région magique.

 

Marthe

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14 août 2011 7 14 /08 /août /2011 10:34

Jeudi 14 juillet 2011

 

Ce matin, plus aucune de trace de l'orage … le ciel nous sourit, il est bleu, sans nuage, le soleil est présent et nous invite à partir. Nous traversons Ceillac et rejoignons l'église Sainte Cécile à l'écart du village. Le sentier rejoint la forêt (le bois du Cheynet) et grimpe en lacets serrés le long du ravin des aiguillettes pour déboucher sur une belle et grande clairière qui incite au repos. On a déjà en point de mire le col de Bramousse. Une petite cabane en bois surplombe Ceillac, le paysage est somptueux, face à nous la Font Sancte.

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Superbe vue sur la Font Sancte le col de Bramousse

Nous profitons quelques instants de la vue sur Ceillac et du panorama sur le Font Sancte avant d'entreprendre la montée au col de Bramousse alt. 2 251 m. Les marmottes pointent leur nez pour notre grand plaisir. L'arrivée au col de Bramousse offre un très joli panorama sur la vallée du Cristillan et Ceillac d'un côté et sur la vallée du Guil de l'autre côté.

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Une nouvelle grimpette pour arriver sur un promontoire (la crête du château Jean Grossan), c'est de plus en plus beau et rien ne nous arrête plus. Nous revenons sur nos pas jusqu'à l'intersection précédente et poursuivons l'ascension sur un sentier à flanc de montagne vers le col Fromage.

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Poste optique de la crête des Chambrettes à 2582 m alt.


On se trouve sur un sentier balcon qui offre de très jolies vues … avant d'emprunter les premiers lacets qui amorcent la descente, il suffit de faire quelques mètres et gravir la dernière montée de la journée pour arriver au poste optique, point culminant de la sortie. Toute cette partie en balcon est vraiment magnifique et inoubliable.

 

À 11 heures nous sommes devant le Poste Optique de la Crête des Chambrettes à 2 582 m avec un panorama de 360° extraordinaire sur les vallées environnantes, et le village tout minuscule devant nous.

 

Injustement baptisé Observatoire sur certaines cartes, le Poste Optique ou signal Optique, fut construit en 1900 par l'armée (inscription MDCCCC sur le fronton), il permettait de passer des messages par signaux optiques en un temps record (trois minutes pour un signal de base entre Genève et Nice). Son lien direct était le Poste Optique de Girardin (2 866 m), sis à proximité du Pic Girardin ( 2 876 m).

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poste optique des Chambrettes

 

De la crête des Chambrettes (2 582 m) et de la Tête de Favières (2 866 m), les postes optiques sont des bâtisses en dur construites par l'armée en 1899 et en 1900. Prévus pour transmettre ou recevoir des messages en morse lumineux en l'absence, à l'époque, de liaisons télégraphiques et pour suppléer les moyens existants d'alors, pigeons-voyageurs, estafettes à pied ou à cheval. Menacés d'éboulement et devenus dangereux, le poste optique des Chambrettes a été restauré en 1997 et celui de Favières en 2007. Lieu très apprécié des sportifs.

 

Nous restons un long moment à contempler les alentours avant de quitter cet endroit magique, nous avons décidé de descendre au col Fromage pour le pique-nique. La descente se fait par de grands lacets jusqu'au col.

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Vue depuis la crête des Chambrettes 

ou encore

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petit souvenir au col Fromage

les mélèzes omniprésents lors de  nos randonnées

 

Le mélèze du mot alpin "mel" miel ou Larix decidua son nom latin, Larix, vient de son nom gaulois. Quelque soit la saison, cet arbre élégant ravit le regard. Au printemps, le vert tendre de son feuillage tranche sur le bleu du ciel. C'est à ce moment là qu'il fleurit. Les petites fleurs mâles, de couleur jaune, dispersent, grâce au vent, le pollen qui va féconder les cônes femelles rose framboise. À mesure qu'avance l'été, les fruits brunissent, les petits cônes ligneux, dont les écailles s'épanouissent, libéreront alors des graines ailées. Les cônes encore jaunâtres sont ceux de l'an passé, ceux noirâtres à gris ont deux ans et ne vont pas tarder à tomber. Ce sont donc trois générations de cônes que vous pourrez observer sur une même branche.

 

L'automne habille le mélèze d'or pâle qui peu à peu flamboie, puis le vieil or se tarit et peu à peu s'éteint. Ce sont les coups de vent froid de la fin de l'automne qui lui retirent définitivement sa belle parure. C'est ainsi, décharné, qu'il va passer l'hiver. Ne connaissant pas le mélèze … certains touristes, fortement surpris et intrigués, pensent que tous les arbres sont morts. Rassurez vous … sans son feuillage, le mélèze vit et prépare, dans le froid et la tourmente, une nouvelle parure chaque année plus tendre. Magnifique et cher mélèze.

 

De tous les résineux, le mélèze est celui qui donne le bois le plus durable et le plus solide. Son bois imputrescible est exploité pour fabriquer des bateaux, des charpentes, des poteaux, des bardeaux de toiture, des traverses de chemin de fer. Il est originaire des Alpes (1 200 – 2 400 m d'altitude) et des Carpates. Ses racines vivent en symbiose avec des champignons qui fournissent des sels nutritifs et reçoivent des hydrates de carbone (idem pour le hêtre et le noisetier). Les aiguilles du mélèze améliorent le sol, facilitant l'introduction d'autres espèces, comme l'épicéa. Il peut avoir une durée de vie avoisinant 600 ans. Il est le seul conifère perdant ses aiguilles dès l'automne. En haute altitude, il pousse indifféremment sur les deux versants, on le dit espèce pionnière car il pousse là où la forêt n'existe pas encore.

 

Du col nous prenons à droite pour redescendre vers Ceillac par le Villard.

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Dans la descente à Ceillac


Le retour à Ceillac passe par le premier hameau de la vallée, le Villard à 1 830m d'altitude qui tire son nom de la ferme romaine, villa, et désigne un domaine agricole, puis un hameau d'une certaine importance. Il possède en effet au XVIII ème un moulin près du pont, un four à chaux et une maison décorée d'un double cadran solaire.

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Chapelle Saint Barbe

 

La chapelle mentionnée dès 1561, est dédiée à Sainte Barbe. Martyre pour sa foi, Barbe est tuée par son père, le ciel la venge en foudroyant l'assassin. Elle est la patronne de tous les artisans du feu et de la pierre et on la reconnaît à ce qu'elle porte, outre la palme du martyre, une tour. Elle est particulièrement honorée le 4 décembre par les sapeurs-pompiers.


Touché par l'avalanche de janvier 1978, le hameau est patiemment reconstruit par les habitants dans le respect traditionnel et des modes de construction anciens.

 

À suivre ...

Marthe

 

PS: cliquer sur les photos pour les agrandir.

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12 août 2011 5 12 /08 /août /2011 16:08

Mercredi 13 juillet 2011

 

Fort Queyras, autrefois appelé Château Queyras, toponyme conservé par le village voisin, est un château médiéval qui se trouve à Château-Ville-Vieille.

fortqueyras-1Fort Queyras sur son piton rocheux

 

Orage annoncé … nous profitons de l'occasion pour visiter le Fort Queyras. Installé sur un verrou glaciaire, particulièrement imposant, Fort Queyras domine fièrement la vallée du Guil et Château-Ville-Vieille. Il est vraisemblable que le verrou glaciaire de Fort Queyras a été occupé depuis la plus haute antiquité par un oppidum qui contrôlait la vallée du Guil et permettait de surveiller les incursions susceptibles de venir de l'amont. Mais son existence n'est attestée qu'à partir du Moyen Âge. Il s'agit alors d'un château seigneurial qui, dans les documents du XIII ème siècle, est nommé castrum quadrati, d'où l'hypothèse selon laquelle le Queyras était la région contrôlée par ce castrum quadratum, ce château carré.

 

À quand remonte-t-il ? Sous quelle forme se présenta-t-il ? Il n'est pas possible de répondre avec précision à ces questions. Ce qui est certain, c'est que très tôt un ouvrage fortifié joue ici un rôle de défense contre les pillards, mais aussi le symbole de l'autorité. Celui-ci appartient, à la fin du Moyen Âge au Dauphiné, qui sera cédé au roi de France en 1349. Cependant en 1343, le Queyras, le Briançonnais ainsi que 3 vallées aujourd'hui italiennes (Oulx, Pragelato, Casteldelphino) se sont constituées en territoire quasi autonome : la République des Escartons, ne donnant à l'édifice qu'un pouvoir relatif. Le Fort subsiste comme témoin d'une époque où le cadre de vie était fort différent de ce qu'il est devenu.

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Fort Queyras et son donjon

 

C'est comme Château Delphinal que Fort Queyras entre dans l'histoire, les premiers textes qui font mention de lui remontent à 1260. Une description de 1339 fait état d'un donjon entouré de quelques celliers ou étables, le tout ceint d'une muraille. Selon toute probabilité, il s'agit du donjon actuel, dont l'aspect a sans doute changé dans ses détails, mais dont le gros œuvre est resté intact. Il domine de sa lourde masse, au nord le passage de la route dans le Collet où se nichent quelques maisons, au Sud l'étroite entaille où grondent les eaux du Guil.


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La citerne à eau


Une construction sur le piton rocheux pose la question de son alimentation en eau, il faut attendre 1398 pour voir la réalisation de la citerne, creusée, qui recevra l'eau de ruissellement des toitures. C'est en 1770 que lui succède une adduction faite de chenaux de mélèze dont le captage se situe sur le versant sud, en deçà du hameau de Meyries. Ainsi l'eau descend jusqu'à Collet pour remonter jusqu'au château, et emprunte toujours le même chemin.

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On voit bien ici, la demi-lune

 

Bâti à 1400 m d'altitude sur le verrou glaciaire dominant les gorges du Guil, Fort Queyras impose sa silhouette caractéristique dans le paysage queyrassin. En raison de la position stratégique de ce verrou, il est probable qu'il ait été aménagé dès l'époque romaine. Dès 1265, la présence d'un château médiéval construit par les comtes d'Albon défendait le Queyras contre les bandes de pillards. Au XVI ème siècle, les guerres de religion ainsi qu'en 1695, l'assaut des troupes savoyardes concourront aux nombreuses modifications du Fort. Outre son rôle défensif, Fort Queyras servait de prison aux bandits ainsi qu'aux femmes accusées de sorcellerie.

 

Vauban vient inspecter la frontière des Alpes et dresse des projets pour rendre le château inviolable. Il prévoit une large extension de l'enceinte sur le front ouest et dote le fort au nord-est d'une enceinte entièrement nouvelle, avec escarpe, fossé, contrescarpe et demi-lune (en 1700).

 

Soucieux de construire sa « ceinture de fer » de fortifications qui protégeront effectivement le royaume pendant un siècle, il inspecte Embrun et Fort Queyras. De celui-ci il déclare « qu'il ne doit être estimé qu'à l'épreuve du mousquet ». Échauguettes et mâchicoulis protégeront donc la porte du fort.

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Échauguette

 

À la fin du XVIII ème siècle, on renforce la valeur de l'ouvrage en aménageant des batteries casematées.

fort-queyras-06.jpgchemin de ronde

fort-queyras-07.jpgexposition d'armures 

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Batterie Casematée Nord


Elle date de 1841-42 et abrite cinq canons judicieusement orientés. Elle répondait à la nécessité de retarder et même d'empêcher l'établissement du canon ennemi, sur le plateau du Rouet, situé juste en face. Cet ouvrage comporte 5 voûtes de 3,10 m de hauteur sous croisées d'ogives, 5 m de profondeur et 5 cheminées d'aération.

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La caserne

 

Situé en plein cœur du parc naturel régional et installé sur un verrou glaciaire, Fort Queyras est un château-fort se distinguant par deux grandes périodes de construction. Le XIII ème siècle (Tours, Basse-cour, Haute-cour, Donjon, chemin de ronde, pont-levis …), le XVII ème siècle avec en évidence l'architecture élaborée par Vauban sous Louis XIV (Bastions, demi-lune, Escarpe, Contre-escarpe, échauguette …). À la fin du XVIII ème siècle, on renforce la valeur de l'ouvrage en aménageant des batteries casematées.

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pont-levis

fort-queyras-12.jpgEscalier de 70 marches

 

Crée à partir de 1784, cet escalier obscur compte 70 marches pour 12 mètres de dénivelé. Il dessert la basse enceinte crénelée ainsi que les redans qui s'ouvrent sur la droite. Le premier redan est agrandi en 1843 pour recevoir 2 canons couvrant l'aval. Cet escalier mène vers les anciens jardins du gouverneur.

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En 1940, il sert de garnison pour les éléments des Bataillons de Chasseurs Alpins. Situé en zone démilitarisée, il fut désarmé de 1940 à 1944 puis a servi de colonie de vacances dans les années 1950 et enfin rendu à la vie civile en 1967. De nos jours, le Fort vit une autre histoire, celle du patrimoine culturel, son élégance l'a conduit à être le héros du film «le Bossu» de Philippe de Brocca en 1997, des scènes de ripailles et de combats furent tournées à l'intérieur du fort, mais aussi de l'émission «la carte au Trésor» en 2004.

 

Avant de retourner à Ceillac, il est évident que nous cherchons la Demoiselle Coiffée de Molines.

À environ 5 kilomètres de Ville-Vieille, en direction de Molines, une forme étrange se dresse au milieu d'une forêt de mélèzes, une attraction que l'on ne peut manquer …

 

La Demoiselle Coiffée est une colonne de pierre, issue d'une moraine, coiffée d'un bloc de pierre plus large qui évoque vraiment un chapeau. Cette forme étrange est due à l'érosion naturelle d'une roche friable alors que le sommet est constitué d'une roche plus résistante. Il est vraiment dommage de ne pouvoir l'admirer depuis un belvédère de la route.


Le retour s'avère un peu laborieux, suite aux violents orages de la journée, la route de Ceillac est coupée pour cause d'éboulements … mais tout rentre dans l'ordre et nous arrivons à l'heure pour le dîner et le beau feu d'artifice en l'honneur du 14 juillet.

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la Demoiselle coiffée se dressant dans la forêt de mélèzes

 

à suivre ...

Marthe


PS: cliquer sur les photos pour les agrandir.

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9 août 2011 2 09 /08 /août /2011 16:56

Mardi 12 juillet 2011

 

entre Edelweiss et Marmottes

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Saint Véran


Le village où « le coq picore les étoiles ».


Départ de Saint Véran, plus haute commune d'Europe, perchée à 2 042 m d'altitude, au cœur du parc naturel régional du Queyras. Elle tient son nom de Véran, ermite devenu archevêque de Cavaillon qui, au VI ème siècle, réussit là où une dizaine de guerriers avaient échoué en perdant la vie dans la gueule d'un terrible dragon. Il l'empoisonna et, celui-ci hurlant de douleur, depuis le Vaucluse, se traîna dit-on, ensanglanté, le long de la Durance et vint mourir dans l'Aigue Blanche. Les bergers transhumants de Provence, vinrent annoncer la nouvelle ainsi que dans les six autres villages traversés par le dragon blessé, et tous reçurent le nom de Saint Véran. Auparavant le village s'appelait Sainte Marie Madeleine. Le village, sur la pente de schiste, se traverse d'abord dans ses hameaux de la Chalp ( 1774 m ) et du Raux ( 1930 m). Le hameau principal, le Travers se visite à pied (la circulation interne est réglementée).


L'occupation de ce territoire par les hommes est très ancienne, on a trouvé une sépulture datant de l'âge de bronze. On explique la présence de l'homme par un paysage permettant les cultures, l'élevage et l'habitat. Les anciennes routes commerciales vers les cols de Saint Véran, Blanchet et la Noire étaient empruntées assez régulièrement. Pendant la dernière guerre, les cols ont vu Italiens et Français échanger du riz contre du sel.


Les habitants vivent principalement du tourisme et de nombreux artisans présentent leur travail, notamment la sculpture sur bois.

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L'habitat Saint-Vérannais


Les constructions Saint Véran sont un modèle unique en Europe et permettent, depuis le Moyen Âge l'adaptation à la vie en haute altitude. Dans chaque quartier du village on trouve une fontaine composée de deux parties. Une partie ronde qui servait d'abreuvoir et une partie rectangulaire où les femmes lavaient le linge. Le village compte également une vingtaine de cadrans solaires datant de la Renaissance. Les plus célèbres furent réalisés de 1840 à 1845 par Giovanni Francesco Zarbula, artiste piémontais.


Les maisons de saint Véran sont construites selon un type particulier adapté aux conditions et aux modes de vie. Le rez-de-chaussée est construit en murs de pierres très épais (50 à 70 cm). La partie supérieure appelée « Fuste » est faite de troncs de mélèzes empilés et croisés aux angles. La Fuste servait de grange, elle était ouverte côté sud par des balcons superposés (la lobio). Ce bâtiment est relié à un autre plus petit, en pierres, et appelé « Caset ». L'accès au rez-de-chaussé, pour les hommes et les bêtes se fait par une porte en bois, à double battant.


Les différentes pièces de ce niveau sont :

- la fougagno (cuisine) - la carotto (cave) - le peil (pièce voûtée adossée au mur de la fougagno où se trouve l'âtre) - l'étable ou écurie (pièce commune où vivaient les hommes et les bêtes : près de la fenêtre où les hommes profitaient de la chaleur animale, étaient déposés table, chaises et lit clos. Les animaux se tenaient au fond de la pièce.


Les quartiers, autrefois isolés, sont encore identifiables. On avait tenu à leur séparation contre les risques d'incendie (en 1526), le Travers aurait entièrement brûlé, ainsi que le Raux (en 1882). Les quartiers sont, Peyrebelle (avec le Temple), le Villard, plus à l'Est, la Ville (avec l'église), le Châtelet, les Forannes, chacun à sa fontaine et son four à pain.


Aujourd'hui, les maisons de bois constituent un vrai musée de maisons, même si elles ont été modifiées, ici et là, pour le tourisme. Au-dessus des portes, le nom du propriétaire, en initiales (EMFE = Etienne Marrou fils d'Etienne, par exemple) précédées parfois de W (longue vie à) avec la date de construction ou de réparation. La plupart sont postérieures à 1750, on trouve sur certaines le calendrier révolutionnaire. Le premier hôtel (Beauregard) date de 1934 et le premier téléski de 1936.


Nous laissons la voiture à l'extérieur de Saint Véran ce qui nous permet de traverser le village et admirer tranquillement ce magnifique village sorti d'un autre temps …

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fontaine à Saint Véran départ de Saint Véran

 

Il existe une navette pour rejoindre l'oratoire de Saint Lucie, mais nous avons décidé de continuer à pied afin de profiter au maximum et ne rien perdre de la journée.

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Oratoire Saint Antoine


Nous entreprenons l'ascension vers le pic de Château Renard où se situe l'observatoire. C'est une montée fantastique, pleine de surprises … une explosion de couleurs entre toutes les fleurs de montagne … quelques marmottes sifflant sur notre passage, avant même que nous ne les apercevions, pour alerter les autres, et même des edelweiss, un immense bonheur nous envahit. Nous ne sentions aucunement les kilomètres de montée, tellement nous étions occupés, c'était inattendu et exceptionnel.

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D'abord c'est l'entrée d'un logement de marmottes, patience ...

 

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chutt, en voilà une !!

et là, c'est carrément le bonheur !

 

À chaque virage les paysages changent, les prés fleuris nous enchantent, les marmottes font notre bonheur ...


Après une heure de marche, un panneau nous invite à la découverte de notre système solaire.

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Le système solaire a été projeté sur la pente du massif de Château Renard à une échelle de 1,2,6 milliardième environ de telle sorte que le Soleil se situe à l'endroit de la grande coupole de l'observatoire et Pluton sur le parking Sainte Elisabeth. Les planètes tournent autour du Soleil sur des orbites quasi circulaires. Les intersections entre les orbites et la piste que nous allons suivre sont indiquées sur cette photo aérienne par le signe Soleil associé au nom de la planète. En suivant cette piste nous allons rencontrer les panneaux matérialisant ces intersections et décrivant la planète localisée à cet endroit.

Ce travail a été réalisé par le Parc Naturel Régional du Queyras, en collaboration avec AstroQueyras (Association Astronomes Amateurs) qui gère ce site astronomique, l'Observatoire de Paris et la commune de Saint Véran.

 

Les panneaux vont se suivre …


Neptune, découverte en 1846 par Le Verrier qui aurait souhaité lui donner son nom. Neptune, dieu romain de l'élément humide est peu connu si ce n'est son identification avec le dieu grec Poseïdon qui règne sur la mer, père de Zeus. Poseïdon représenté armé d'un trident (arme des pêcheurs de thon) sur un char entouré de Néréides et de génies comme Protée. Quatrième planète géante, beaucoup plus loin que les premières et donc plus difficile à observer depuis la Terre. C'est une « étoile manquée », une planète gazeuse, composée principalement d'hydrogène.

 

Uranus, découverte en 1781, elle fut d'abord appelée la planète Herschel, du nom de son inventeur qui, lui, aurait voulu l'appeler « l'astre de Georges » du nom du roi Georges III. En 1781, elle fut nommée Uranus (père de Saturne). Ouranos est le Ciel qui en s'unissant avec Gaïa la Terre, va donner naissance aux Titans. Troisième des planètes dites géantes, après Jupiter et Saturne. Comme elles, elle dispose d'anneaux, non visibles dans un petit télescope. Planète gazeuse, une « étoile manquée ».

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la petite boule blanche de l'observatoire...


mais très vite elle disparaît … elle est encore bien loin. Nous continuons à grimper en révisant la fabuleuse aventure de notre système solaire à l'aide des panneaux mis à la disposition des randonneurs, épier les marmottes tout en emmagasinant les magnifiques panoramas qui défilent sous nos yeux.

 

Saturne, ancien Dieu latin détrôné par Jupiter. Saturne lui-même avait remplacé Janus. Il est supposé avoir inventé l'agriculture (il est représenté armé d'une faucille) mais est considéré comme un dieu infernal. Il est identifié au dieu grec Cronos mais également au dieu carthaginois Baal. Cronos est un Titan, plus jeune fils d'Ouranos (le Ciel) et Gaïa (la Terre). Après une heure de voyage depuis le Soleil, à la vitesse de la lumière, nous voici devant Saturne, énorme globe voilé aux reflets dorés, à un milliard et demi de kilomètres du Soleil. Il ressemble à un petit disque de lumière mais des milliers de fois plus lumineux que notre pleine lune.

 

Jupiter, dieu romain, le plus important, dieu de la foudre et du tonnerre, président du conseil des dieux. Il forme la Triade avec Minerve et Junon. Assimilé au dieu grec Zeus le plus grand des dieux du Panthéon hellénique, le dieu de la lumière, du ciel, de la foudre, il trône au sommet du mont Olympe. Il maintient l'ordre et la justice dans le monde. Fils de Cronos (un Titan) et de Rhéa. Zeus obtint le pouvoir sur l'Univers à la suite de la lutte victorieuse contre les Titans. Jupiter a une composition proche de celle du soleil mais sa masse n'a pas été suffisante pour déclencher des réactions nucléaires et former une étoile. Son atmosphère d'hydrogène, combiné à d'autres éléments peu abondants, donne des nuages de couleur vive, agités d'ouragans violents provoqués par un dégagement de chaleur intense.


Mars, très ancienne divinité latine, dieu de la Guerre dont les amours avec Vénus furent chantés par Lucrèce. Mars est identifié au dieu grec Arès, fils de Zeus et d'Héra. Arès est un dieu plus récent que Mars et fait partie des 12 dieux principaux. Son nom a été donné à la planète du fait de la couleur rouge qui rappelle le sang.

 

Terre, dès qu'ils ont pris conscience de leur environnement, les hommes ont voulu savoir ce qu'il y avait autour, quelle était la forme de cette Terre sur laquelle ils vivaient. C'est Aristarque de Samos (310-230 av.J.C.) qui, le premier envisage une Terre ronde qui tourne autour de son axe. En observant les éclipses de Lune et en interprétant le phénomène, comme la projection de l'ombre de la Terre sur la Lune, on trouve là, une preuve de la rotondité de la Terre. Il fallut attendre longtemps (Copernic et Galilée) pour admettre définitivement qu'en plus, la Terre se déplaçait dans l'espace pour tourner autour du Soleil. Vue de l'espace la Terre apparaît comme une boule bleue du fait de son atmosphère et des ses vastes océans qui la reflètent.

 

Vénus, est une très vieille divinité latine, déesse de la végétation. Elle fut identifiée à la déesse grecque Aphrodite, fille de Zeus et de Dionée selon les uns ou d'Ouranos selon les autres. C'est la déesse de l'amour qui eut d'Arès (Mars) deux fils. Phobos et Démos (la Terreur et la Crainte). L'identification à la planète vient du fait que cette dernière est considérée comme la plus belle planète du ciel. Planète proche de la Terre en distance mais aussi en taille. Contrairement à la terre son atmosphère épaisse n'est pas favorable à la vie. La pression atmosphérique au sol est 90 fois celui de la Terre.

 

Mercure, est le dieu romain identifié à Hermès. Il est le messager de Jupiter et est censé protéger les commerçants. Il est le fils de Zeus et de Maïa (une des Pléiades) et est représenté chaussé de sandales ailées. La planète a été nommée ainsi par les Romains en raison de la rapidité de son déplacement.

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L'observatoire astronomique de Château-Renard se dévoile sous nos yeux …


Il reste un dernier panneau, le Soleil … avant de découvrir la station !

Soleil, vient de Sol, une autre divinité latine très ancienne de l'époque des rois Sabins dont le culte fut introduit en même temps que celui de la Lune. Le correspondant grec est Hélios, une divinité solaire (en fait un démon) parmi d'autres (Apollon …) qui n'a pas l'importance du Soleil de l'ancienne Égypte. Hélios n'a qu'un rôle secondaire d'éclairer la Terre au service des autres dieux. Hélios est le fils d'Hyperion et Théa (des Titans) et le frère d'Aurore (Éos) et la Lune (Séléné).


Représenté par un jeune homme aux cheveux dorés parcourant le ciel sur un char de feu. Précédé le matin par le char d'Aurore, Hélios parcourt le Ciel de l'Orient à l'Occident. Il revient la nuit à l'Orient grâce à une embarcation sur l'Océan qui entoure le Monde. L'astronomie grecque a vite montré que la réalité était bien différente, ce qui explique le rôle secondaire de cette divinité. Le Soleil est constitué principalement d'hydrogène, son centre est le siège de réactions nucléaires intenses. Il éjecte à sa surface des nuages de particules.

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Et voilà, nous arrivons à l'observatoire du Pic de Château-Renard à 2930 m d'altitude. En 1967, les astronomes décident la construction d'un télescope de 4 mètres. Cinq sites sont retenus, Saint Véran (05) le Chinan (04) Cime de l'Apre (06) un en Corse (2a – 2b) et un en Sardaigne (Italie). Saint Véran se révèle être le meilleur site européen par le nombre de nuits claires. La station a été installée en 1974 par l'Observatoire de Paris-Meudon conçue pour être utilisable toute l'année par l'équipe de Paul Felenbok assisté de J.Eugène Chabaudie qui étudieront la couronne solaire jusqu'en 1982.


C'est en 1990 que l'association ASTROQUEYRAS reprend la gestion de l'Observatoire qui permet aux amateurs de venir effectuer des missions d'observation. Le site a été équipé du télescope actuel prêté par l'observatoire de Haute Provence.


En avril 2001, un astéroïde est découvert par cette station et numéroté 48159 Saint Véran. Puis trois autres astéroïdes seront trouvés et porteront les noms de Pierre Prieur-Blanc, Joseph Brunet et Jacques Jouve en honneur à ces trois Saint-Vérannais qui ont, depuis le début aidé les équipes d'astronomes et assuré la surveillance de la station de 1982 à 1990.

 

Nous trouvons une équipe de bénévoles en mission (travaux de peinture), nous les saluons et grimpons au pic à 2 989 m encore plus prêt du ciel pour le pique-nique.

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Au pic de Château-Renard rencontre au sommet à 2989 m

 

Nous descendons du pic pour la visite de l'observatoire, très bien accueillis par le groupe d'astronomes sur place qui interrompt les travaux de peinture pour nous donner les explications que nous souhaitons. Merci et bravo à tous ces bénévoles passionnés qui prennent sur leur temps libre pour faire avancer la science.


Après avoir eu des informations peu encourageantes concernant la météo du lendemain nous prenons tout notre temps dans la descente nous amusant à épier les marmottes, mais au fait qui épie l'autre ?

Comme c'est notre jour de chance, les edelweiss sont au rendez-vous …

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Edelweiss ou étoiles d'argent, des neiges, des glaciers …


Leontopodium alpinium, pied de lion, plante protégée est parmi les plus célèbres des plantes de montagne. La fleur la plus emblématique des Alpes (chansons) est pourtant originaire d'Asie orientale où elle forme parfois de petits arbrisseaux. Elle fait partie de la famille des composées car elle est composée de plusieurs fleurs. Le duvet qui couvre les capitules donne l'aspect argenté à la fleur mais sert surtout à enfermer l'air qui l'isole du froid de la nuit et à capturer la rosée du matin. Il vaut mieux la photographier que la cueillir. Son nom provient de l'allemand edel «noble» et weiß « blanc » et est donc masculin. En Suisse il est souvent utilisé comme un véritable emblème national. Au Tyrol, l'edelweiss représentait la pureté et l'amour et la coutume voulait que, le jour du mariage, le fiancé en offrait un bouquet à sa promise. Originaire de Sibérie, cette fleur a, semble-t-il, immigré en Europe pendant les périodes glaciaires du quaternaire. Cette plante mythique pousse à l'état sauvage idéalement à une altitude de 2 000 à 3 000 mètres.

 

Retour à Saint Véran, heureux après une journée pleine de surprises et de bonheur...

 

à suivre …

Marthe


PS: cliquer sur les photos pour les agrandir.

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8 août 2011 1 08 /08 /août /2011 15:59

Lundi 11 juillet 2011

 

MONT DAUPHIN - CITADELLE VAUBAN


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le maréchal Vauban à Besançon

 

Cette magnifique statue en bronze du Maréchal Vauban, æuvre du sculpteur franc-comtois Pierre Duc vous accueille dès que vous passez la citadelle à Besançon, l'un des douze sites majeurs qui figurent désormais parmi les monuments culturels et naturels les plus emblématiques et les mieux connus du monde. Placée là en commémoration du tricentenaire de la mort de l'Ingénieur du Roi, en hommage à son travail immense de fortification, à son sens de la tactique et de l'adaptation au terrain et à la marque majeure qu'il laisse à Besançon. (un récit figure sur le site dans la rubrique Doubs)

 

Les douze sites majeurs (Besançon, Briançon, Mont Dauphin, Villefranche-de-Conflent, Port Louis, Blaye/Cussac-Fort Médoc, Saint Martin de Ré, Camaret-sur-Mer, Saint-Vaast-La-Hougue, Arras, Longwy et Neuf-Brisach) sont inscrits au Patrimoine mondial de l'UNESCO.

 

Sébastien Le Prestre marquis de Vauban, (1633 1707) maréchal de France sous le règne de Louis XIV, se présenta comme un grand spécialiste des fortifications de châteaux et des techniques de sièges. Ingénieur militaire, serviteur infatigable du Roi, il travaille à l'optimisation de la fortification bastionnée et cherche à standardiser les bâtiments militaires, sans jamais appliquer de modèle préconçu.

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Après la rando de ce matin, il nous reste le temps de visiter la place forte de Mont Dauphin.

La place-forte Vauban de Mont Dauphin a été créée de toutes pièces par le Maréchal Vauban sur ordre de Louis XIV à la suite d'une invasion des troupes du duché de Savoie en 1692. Construite en étoile sur les à-pics d'un plateau désertique dit des « mille vents », elle défendait Provence et Dauphiné en verrouillant l'accès à la vallée de la Durance depuis l'Italie. La frontière ayant été reportée vers l'est en 1713, la forteresse perdit de son utilité. À l'image de son église, la ville que Vauban avait projetée resta inachevée. Peu à peu abandonnée par l'armée, la place forte est devenue monument historique en 1966.

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Remparts et bastions sont renforcés par des falaises abruptes du côté de la Durance et du Guil, par des fossés et une fortification avancée du côté du glacis d'Eygliers. N'ayant pas connu la bataille, remparts et bâtiments militaires sont parfaitement conservés et racontent la vie militaire du XVIII ème siècle. Au milieu vit un village insolite, entouré de montagnes de tous côtés, dans un cadre extraordinaire de soleil méridional, de neige éblouissante, de silence et de pierres chargées d'histoire.

 

Derrière ses remparts en marbre rose, se trouvent les casernes où vivaient les soldats de Louis XIV, les échauguettes sur l'à-pic où ils veillaient, la poudrière, l'arsenal où ils gardaient armes et poudre et une église. On entre et on donne libre cours à son imagination …

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la Poudrière


Imposant ouvrage où règne à l'intérieur une température de 13 °, été comme hiver. La partie inférieure était inondable en cas d'incendie.

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L'on ne manque jamais d'eau dans le Fort, plusieurs fontaines et lavoirs sont présents. L'alimentation en eau, il a été envisagé de creuser des puits, mais la dépense parut excessive. D'abord assurée par le captage de la source de Champ-Chignon, située entre Eygliers et Mont-Dauphin. Une deuxième source est captée, celle de la combe de Loubatière, sur le mont de Catinat. La conduite est construite sur un socle en maçonnerie, la partie inférieure est en fonte et couverte de grès. En 1746, la conduite de Champ Chignon est refaite en terre cuite, les deux sont ensuite refaites en ciment (1854), moins cher que le plomb. Ces deux conduites alimentent quatre fontaines et deux citernes creusées pour la troupe. Un nouveau captage, à la source de Gros, est réalisée en 1955-1957, et un nouveau réservoir construit en 1980.

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L'église Saint Louis.


Vauban tenait à ce que cet édifice réponde, par son allure, à la magnificence de ceux consacrés au roi. L'église ne fut jamais achevée.

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L'arsenal, de sa forme originelle en L, seule une partie reste. La partie manquante a été rasée pendant la seconde guerre mondiale.

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Les alentours du fort

 

Vauban a voulu faire de la France un pré-carré, selon son expression, protégé par une ceinture de citadelles. Il a conçu ou amélioré une centaine de places fortes. L'ingénieur n'avait pas l'ambition de construire des forteresses inexpugnables, car la stratégie consistait alors à gagner du temps en obligeant l'assaillant à immobiliser des effectifs dix fois supérieurs à ceux de l'assiégé. Il dota la France d'un glacis qui la rendit inviolée durant tout le règne de Louis XIV, à l'exception de la citadelle de Lille qui fut prise une fois, jusqu'à la fin du XVIII ème siècle, où les forteresses furent démodées par les progrès de l'artillerie.


La fin de sa vie fut assombrie par l'affaire de la Dîme Royale, qu'il décida de publier, malgré l'interdiction royale … dans cet essai, Vauban proposait un audacieux programme de réforme fiscale pour tenter de résoudre les injustices sociales et les difficultés économiques des années de misère de la fin du règne du Roi Soleil.

 

Après cette page historique, demain nous serons à nouveau sur les hauteurs de Ceillac.

 

À suivre ...

Marthe

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8 août 2011 1 08 /08 /août /2011 11:19

Lundi 11 juillet 2011


 Lacs de Sainte Anne et Miroir

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Joubardes

 

Hymne au Queyras

 

Je suis le Queyras des feux de la Saint Jean,

Et des cadrans solaires qui mesurent le temps,

De la grande lumière et des amours naissants.

Je suis dans le soleil, dans le feu des passions,

Comme le sang qui bout, la terre en gestation,

Le printemps qui succède à la morte saison.

Mais nombreuses mes filles ont quitté mes alpages,

Pour aller vivre ailleurs, vers d'autres paysages.

Privées de leurs racines, de leurs amis, de mes fontaines,

De tout ce qui faisait leur richesse et la mienne,

Elles ont pris leur envol, leur liberté, leur vie,

Un emploi garanti, un projet, une envie,

Avec au cœur brisé un rien de nostalgie,

Un désir de retour vers leurs sources de vie.

Elles reviendront un jour sur mes sentiers, mes chemins.

Je suis le Queyras ouvert aux femmes de demain.

 

Hubert Leconte

 

Ce matin, la randonnée débute à la Cascade de la Pisse au pied du Mélézet face à Ceillac dans le parc régional naturel du Queyras. Point de départ pour de nombreuses randonnées dans la magnifique vallée de Mélézet.

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La cascade de la Pisse, plus haute chute d'eau du Queyras, véritable curiosité naturelle jaillit du haut de la montagne. Alimentée par le torrent de la Pisse, cette cascade coule tout l'été en abondance et expulse des tonnes d'eau qui s'engouffrent entre deux parois vertigineuses dans un goulet étroit et raide.


En été, au pied de la cascade, c'est l'endroit idéal pour se relaxer après une randonnée,

 

En hiver, la cascade est très réputée pour pratiquer l'escalade sur glace, appelée alors très justement «les formes du chaos». Une cathédrale de glace !


Un agréable sentier mène au parking de Chaurionde au bout de la vallée de Mélézet à travers des centaines de gentianes jaunes. Arrivés au petit pont en bois, nous le traversons et commence alors le sentier qui longe le torrent de Tronchet. La montée se fait progressivement au milieu d'une forêt de mélèzes. La pente devient plus marquée, à la sortie du bois, des parois impressionnantes se dressent face à nous. Il reste une dernière grimpette pour atteindre la chapelle Sainte Anne, le lac du même nom se trouve juste derrière, en contrebas.

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Pour l'instant pas de lac... juste une magnifique pelouse alpine composée de fleurs de montagne de toutes sortes. Le lac de Sainte Anne est là tout proche, ça y est, il est sous nos yeux à 2 415 m d'altitude … enfin ! Profond de 22 mètres et vieux de 7 000 ans, il occupe le centre d'un très beau cirque glaciaire. Sur ses rives, la chapelle Saint Anne surplombe le lac comme pour veiller sur lui.


Le lac de Sainte Anne, anciennement appelé lac de la Doux, est dominé par les sommets de Font Sancte 3 292 m point culminant du Queyras et par le pic des Heuvières 3 271 m. Les rives du lac ne sont pas facilement accessibles, il est entouré d'éboulis. C'est pour conjurer la sécheresse et autres calamités agricoles qu'à la fin du XVII ème siècle le lac est devenu un lieu de pèlerinage.

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La Font Sancte qui domine le lac de Sainte Anne est le plus haut sommet du Queyras.

Le pic tient son nom d'une légende très ancienne qui raconte qu'une jeune bergère menait paître son troupeau dans le vallon. Les plus hautes pâtures avaient l'herbe la plus fine, mais hélas, nul ruisseau ne désaltérait les bêtes et il fallait descendre auprès d'un torrent afin de le faire boire. Que de temps perdu et de fatigue inutile, soupirait la bergère … « Ah, si une source pouvait naître en ces beaux alpages, que je serais contente ! ». Un jour, intriguée par le manège de sa chèvre blanche, qui disparaissait dans les rochers, elle se dressait sur l'un d'eux et l'appelait. Ne la voyant pas revenir, elle alla voir et là, surprise ! Une source d'eau limpide s'échappait par une ouverture circulaire. Cette source n'a jamais tari depuis. La source devint alors la « Fontaine Sainte », puis « Font Sainte » devenant plus tard Font-Sancte. Depuis lors, chaque année, a lieu la procession de Sainte Anne le 26 juillet.

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La chapelle Sainte Anne alt. 2 415 m

 

Nous laissons ce petit paradis, direction le lac Miroir alt. 2 214 m. Ce même lac qui alimente la magnifique cascade de la Pisse d'où a débuté notre randonnée.


Merveilleux plan d'eau lové dans un écrin de verdure, le lac Miroir est l'un des joyaux de la vallée de Ceillac. Le site mérite vraiment le détour, nous arrivons depuis le lac de Sainte Anne et le contraste est saisissant.


Il n'y a pas de mot pour décrire l'émotion ressentie en arrivant devant ce lac qui mérite bien son nom, puisque les sommets s'y reflètent parfaitement.


Il règne, dans ce majestueux décor, un calme profond … afin de profiter au maximum du spectacle nous décidons de pique niquer au bord du lac, à l'ombre des mélèzes. Dans le silence, chacun se met à rêver de personnages de légendes, un soir de pleine lune, défilant dans cette beauté naturelle, encore une fois, il suffit d'ouvrir les yeux et goûter au bonheur … respectons la beauté que la nature nous offre tous les jours.


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lac Miroir 2 214 m altitude

l'autre aspect du lac Miroir

 

Nous retournons à la civilisation laissant avec regret le lac Miroir ou Pré Soubeyrand (autre appellation du lieu) pour suivre le sentier en lacets serrés se faufilant dans la falaise. Le sentier suit le torrent et rejoint la cascade de la Pisse.

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Une passerelle permet de franchir une faille, en bas le Mélézet nous attend.

 

Retour au pied de la cascade … fin de la rando, journée inoubliable dans un décor majestueux !

 

à suivre …

Marthe

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7 août 2011 7 07 /08 /août /2011 16:36

Dimanche 10 juillet 2011
 

BRUNISSARD - COL de NÉAL COL et LAC du LAUZON


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Chapelle Saint Pierre et Paul à Brunissard

 

Brunissard hameau de la commune d'Arvieux. Dernier hameau situé au milieu de prairies à une altitude de 1760 m. La vallée s'y sépare en deux avec au nord-ouest le chemin du col des Ayes, des alpages de Clapeyto et du col de Néal et au nord-est le col d'Isoard ou Izoard.

 

Le Val d'Arvieux est une région verdoyante et agricole, d'où l'origine du nom « Arvieux », venant du latin « Arvium », signifiant « Champ Labouré ». La route du col d'Izoard reliant Arvieux altitude 1 551 m au briançonnais par le col d'Izoard a été construite en 1893 par les chasseurs alpins basés à Château Queyras. Les guerres de religion n'ont pas épargné ce village, très marqué par les Vaudois, puis par le protestantisme. Uniques dans cette vallée du Queyras, les campaniles ou Tour du Procureur sont toujours visibles à Brunissard et à la Chalp.

 

9h15 départ devant la chapelle Saint Pierre et Paul à Brunissard … direction col du Lauzon. Nous profitons du calme du coquet hameau et arrivons au camping du Planet que nous traversons avec grand plaisir. Un sentier forestier en terre nous permet d'admirer un très beau décor, cela nous met en jambes … nous avons hâte de voir la suite.

 

De magnifiques genévriers nichent au pied des mélèzes … Le genre botanique des genévriers, nom scientifique Juniperus, famille des Cupressacées, comporte un grand nombre d'espèces, des variétés rigides aux aiguilles piquantes et des variétés souples au feuillage en écailles. L'origine du nom, juniperus, lui-même étymologiquement peu clair. Une hypothèse le ferait venir du celte gen (buisson) et prus (âcre). Selon une autre hypothèse, le nom se composerait des mots latins junior (plus jeune) et parere (apparaître) en référence au fait que deux générations de baies existent en même temps car les plus jeunes apparaissent avant que les baies mûres ne tombent.

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 Genévrier

 

D'origine américaine, asiatique, africaine et européenne, cet arbre atteint couramment 4 à 15 m de hauteur dans la nature et au-delà pour certaines espèces. Il supporte les sols pauvres, éventuellement calcaires, sablonneux et secs, jusqu'à 4 500 d'altitude et peut vivre plus de 1 000 ans.

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Pré Premier


Un endroit idyllique nous tend les bras, mais il n'est pas encore l'heure de se reposer. Un très beau décor d'alpages au Pré Premier, nous en prenons plein les yeux … et continuons à grimper direction les chalets Dratailla puis les chalets Clapeyto à 2 220 m.

 

Ces chalets étaient à l'époque, l'estive des gens habitant à la Chalp et Brunissard. Le paysage est splendide. Aujourd'hui, la pratique du pâturage d'altitude, si elle n'est pas abandonnée, a fortement régressé. Le cirque de Clapeyto offre un havre de paix que nous apprécions énormément ce moment privilégié avec la nature. Domaine de l'herbe drue, fétuques, pâturins et autres trèfles auxquelles se mélange une explosion de fleurs aux multiples couleurs qui enchantent nos sens …un vrai bonheur.

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chalets Dratailla

 

La montée mène sur un plateau parsemé de petits lacs dans un décor somptueux. Une succession de petits lacs plus ou moins asséchés par la végétation, phénomène naturel qui les transforme peu à peu en tourbière. Les lacs du Cogour alt. 2 482 m, sont les premiers, ensuite vient le lac de la Favière puis les lacs Marion. Arrivés au col Néal à 2 509 m, frontière avec la commune de la Roche de Rame, le lac Néal, versant Durance se présente à nous en contrebas.

 

Nous nous trouvons dans une pelouse alpine très fleurie (début d'été) dans une zone vallonnée. Les paysages et la flore sont remarquables et c'est ici que nous nous posons pour le pique nique. À ce moment là nous ressentons un bonheur immense en récompense de tous les efforts fournis dans la matinée, nous nous sentons minuscules face à cette nature, immense et sauvage et pourtant si belle. Le casse-croûte à lui aussi un goût unique !!

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Dans un immense jardin fleuri, entre les lacs de Cogour

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un des lacs du Cogour

 

Bien requinqués, après un agréable moment de détente pendant le casse-croûte avant d'entreprendre la montée au col du Lauzon … un sentier permet de rejoindre l'étroit Col du Lauzon par une marche à flanc de montagne en légère ascension.

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Passage au col du Lauzon

 

Du col du Lauzon, il ne s'agit pas simplement de se laisser descendre comme dans la plupart des randonnées … cela semble un peu périlleux au départ … car sur ces pierres qui bougent sous nos pieds, il faut faire attention de ne pas se trouver dans le décor.

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La descente du col du Lauzon paraît un peu scabreuse au départ

 

Passé ces difficultés, un sentier plus facile nous attend et nous arrivons sans problème au lac du Lauzon alt. 2 285 m.

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lac du Lauzon

 

Même si aujourd'hui, le lac du Lauzon est presque à sec, en effet, le lac n'est pas alimenté l'été et se vide rapidement, dans son cirque engoncé contre sa paroi rocheuse, il mérite amplement le détour.


Le long d'un torrent nous arrivons à la cabane de la Gardère et faisons une pause avant de rejoindre Brunissard.

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Devant la cabane de la Gardère

 

C'est une balade magnifique bien que les pentes soient parfois assez sévères à la montée comme à la descente.

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Fleurs dans la rocaille

 

Pour revenir à Ceillac nous passons par le col d'Izoard … que tous les adeptes du Tour de France cycliste connaissent bien sûr car fréquemment emprunté. Réputé aussi pour le lieu appelé Casse Déserte sur le versant méridional qui se traduit par une zone extrêmement rocailleuse constituée d'éboulis d'où surgissent des pitons de cargneules que l'on peut décrire comme paysage lunaire et ne laisse personne indifférent.


À 2 361 m d'altitude, le col est, depuis le Briançonnais, la porte du Queyras. La traversée de la Casse Déserte annonce un désert. Le contraste en aval n'en n'est que plus saisissant. Au-dessus de ce cirque linaire, hérissé de cheminées de fées (vestiges de fortes érosions) se succèdent des steppes, des forêts, des tapis floraux. Cet environnement minéral très atypique résulte de la nature des roches présentes, les cargneules. Au cours de la formation des Alpes, les couches calcaires reposant au fond de la Téthys et datant du Trias (250 millions d'années) et du Crétacé (140 millions d'années) se sont inversées. En glissant l'une sur l'autre, il y a 40 millions d'années, les calcaires ont été broyés donnant naissance à ces roches peu compactées et friables. Les eaux riches en sulfate ont ensuite dissous les calcaires triasiques et les ions en solution ont précipité pour former un ciment qui consolide ces roches.


C'est le pays des villages altiers, aux fours banaux et aux fontaines cerclées de bois, où les fils électriques sont enterrés. Ils sont à l'image du plus haut village de France, Saint Véran altitude 2 042 m.

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Casse Déserte

 

à demain pour une autre aventure …

 

Marthe

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6 août 2011 6 06 /08 /août /2011 21:36

Le Queyras (en occitan Cairàs) se prononce localement à la française, c'est à dire avec le (s) final muet, contrairement à l'habitude de nombreux visiteurs qui souvent prononcent le (s) final.

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  Un bouquet d'edelweiss pour vous

 

Samedi 9 juillet 2011

 

Quand on pénètre dans l'enceinte de la vallée du Queyras en remontant les gorges du Guil au départ de Guillestre, le spectacle est impressionnant ... la route, creusée à flanc de montagne domine de profonds précipices avant de se retrouver écrasée par de hautes parois verticales qui s'élancent vers d'inaccessibles sommets déchiquetés.


Le massif du Queyras situé entre la haute Vallée de la Durance et la frontière avec l'Italie fait, encore partie du département des Hautes Alpes, mais est fondamentalement différent. Son inaccessibilité lui a permis de développer une autonomie culturelle. La première route d'accès date seulement de 1856 et, jusqu'au 18 ème siècle, la région est également restée autonome sur le plan politique.


La combe du Guil n'est pas le seul point d'accès routier au Queyras, il en existe deux autres … l'un au nord, passant par le col d'Izoard 2360 m, (liaison directe avec Briançon) l'autre au sud-est, franchissant le col Agnel 2744 m, (liaison avec la vallée italienne de la Varaïta et le Piémont).


Le Guil, rivière torrentielle qui arrose le Queyras, affluent de la rive gauche de la Durance. Il prend sa source dans les éboulis du cirque formé par la Pointe de Rome, le Pic Gastaldi et la Pointe Joanne. Le torrent commence à être visible au niveau du lac Lestio. De nombreux affluents se jettent dans ce torrent de Ristolas à Guillestre avant de se jeter dans la Durance sous le Mont Dauphin. Sa longueur est de 51,600 km. Entre la maison du Roy et Guillestre ses gorges sont majestueuses.

 

Le paysage magnifique est dominé par un climat méditerranéen. Le Queyras est symbolisé par les cadrans solaires. Que ce soit une chapelle, une église, une mairie ou encore l'une des nombreuses maisons de particuliers, chaque cadran est un exemplaire unique parce que le style et le tracé sont adaptés au site et à la façade. La plupart du temps, ils sont décorés de devises écrites en latin, en grec ou en langue régionale, parfois de nature philosophique comme par exemple «sans le soleil, je ne suis rien» ou de nature religieuse comme «à chaque heure je crois et j'espère». L'on rencontre aussi, à plusieurs reprises, des croix de la passion ou croix de mission. Sculptées avec art, elles représentent sous des formes symboliques les souffrances du Christ. Dans le Queyras, les portes et les meubles sont décorés de sculptures tout à fait spécifiques.

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Église Saint Sébastien à Ceillac


Protégé par ses montagnes, autrefois enfermé mais jamais isolé, le Queyras a su développer une histoire originale. La rudesse de la vie montagnarde en a fait un pays de solidarité, un pays où il fallait redoubler d'ingéniosité pour pouvoir y vivre. Le travail du bois, autrefois nécessaire, est resté une tradition mais c'est aussi un art, le mobilier est orné de superbes rosaces, les jouets en bois représentent les animaux du pays. La beauté des villages et des alpages est ici accentuée par une luminosité extraordinaire propre à cette région. À Saint Véran, plus haut village d'Europe, perché à 2 042 mètres au cœur du parc naturel régional du Queyras, on dit que les coqs picorent les étoiles … Les constructions de Saint Véran sont un modèle unique en Europe et permettent, depuis le Moyen Âge, l'adaptation à la vie en haute altitude.

 

Ceillac, charmant petit village de haute montagne, situé au cœur du Parc Naturel Régional du Queyras, c'est ici que nous allons poser nos valises pour une semaine. Le paysage très varié nous ravis dès notre arrivée, grandes forêts, lacs d'altitude, alpages ensoleillés dominés par de fiers sommets que du bonheur ! On dit que Ceillac commence où la route s'arrête, après il faut continuer à pied ou à skis ...

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Dès notre arrivée dans le Queyras, ces croix en bois m'intriguent … Les croix de mission qui étaient érigées lors de processions dans le but de conjurer le mauvais sort et les calamités !

 

Chaque croix porte les instruments de la Passion du Christ illustrant les Évangiles.

 

- le coq du reniement de Pierre (avant que le coq ne chante aujourd'hui, tu m'auras renié trois fois)

- l'écriteau de la condamnation – Jésus de Nazareth, Roi des Juifs – INRI

- le marteau, les tenailles et les clous avec lesquels le Christ fut crucifié sur la croix

- l'éponge imbibée de vinaigre, fixée à une branche d'hysope

- la main du garde du grand prêtre

- le fouet de la flagellation

- le pain et la coupe (rappel de l'Eucharistie au cours du dernier repas de Jésus)

- la couronne d'épines (Jésus est condamné comme « Roi des Juifs»)

- l'épée (une foule armée de glaives et de bâtons, conduite par Judas, arrête Jésus)

- vase d'eau (Pilate prit de l'eau, se lava les mains en présence de la foule en disant «je suis innocent de ce sang, c'est votre affaire»
- la lance (un soldat contrôle la mort de Jésus par un coup de lance sur le flanc)

- l'échelle qui servit pour la descente du corps de la croix

- le visage du Christ (les soldats crachant sur lui, prirent un roseau et le frappèrent à la tête)
- le rameau (Jésus est acclamé comme un roi à l'entrée de Jérusalem par une foule de gens qui tiennent, dans la main, des branches de palmier) etc...

 

Nous voici arrivés à notre port d'attache, Ceillac …

 

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Ceillac

le gîte auberge Les Baladins

C'est dans le gîte-auberge Les Baladins à 1640 m d'altitude, que nous nous laisserons gâtés après de bonnes journées de randonnées, par la famille Fournier que je salue chaleureusement.

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Église Saint Sébastien à Ceillac


Classée, coiffée d'un curieux clocher à 6 cloches, unique dans la région, nichée au cœur du village de Ceillac.


Sa construction semble remonter à l'extrême fin du XV ème siècle ou au tout début du XVI ème si l'on se réfère à ses caractéristiques architecturales. Mais il existait déjà, à Ceillac, une église en 1118 qui dépendait de l'Abbaye de Saint André de Villeneuve.


Si l'on en juge par la population du village à cette époque, il est incontestable qu'il existait au Moyen-âge une communauté chrétienne importante. L'église fut consacrée en 1542. Aucune pièce ne fait état des dimensions de celle-ci, mais il est certain que des modifications, des remaniements, des agrandissements eurent lieu au cours des siècles, comme le prouvent s'il en était besoin l'architecture du bâtiment et l'emploi des divers matériaux.


Le clocher primitif ne comportait que deux ouvertures pour deux grosses cloches, puis trois ouvertures furent créées pour en accueillir trois petites, puis une sixième fut installée dans le clocheton. L'ensemble est tout à fait exceptionnel et donne, à cette église, une silhouette curieuse et originale...


Une deuxième église se dresse à l'extérieur du village de Ceillac, elle est à présent au milieu des prés, dans l'enclos du cimetière à 1 kilomètre du village. Mais il fut une époque où le hameau de la Clapière était très peuplé et les habitations contiguës à l'église.


De style roman-lombard, le clocher a fière allure. Carré élancé sur plusieurs étages, allégé par des baies géminées ou triplées que coiffe une flèche octogonale avec des pyramidions à chaque angle et des fenestrons (un par face), c'est un clocher assez haut pour un édifice de dimensions plutôt modestes.

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Église Sainte Cécile à Ceillac

Église Sainte Cécile, XV ème, monument classé

 

La façade latérale sud retient particulièrement l'attention avec ses deux portails, le principal surmonté d'un tympan où est peinte une Pieta restaurée en 1967 et le second plus modeste.


Dépendant depuis le X ème siècle du pouvoir ecclésiastique embrunais, évangélisée au XI ème par les moines de Saint-André d'Avignon qui créèrent une paroisse à cette époque, l'église Sainte Cécile est antérieure à celle de Saint Sébastien.

 

Le manque d'eau, en cas d'incendie, et, surtout les nombreux débordements du ravin des Aiguillettes, ont fait fuir une partie de la population de la Clapière.

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Nous allons passer la première nuit à Ceillac … à demain pour les randonnées.


 

Marthe

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Published by Marthala - dans Queyras
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