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22 août 2011 1 22 /08 /août /2011 15:41

samedi 30 juillet 2011

 

« Ici on marche sur l'histoire » ce que disait Cicéron d'Athènes, on pourrait le dire du crêt de Chalam, véritable pyramide dominant les Hautes Combes.

 

Après une bonne nuit à la Guienette, nous voilà partis dans la vallée de Chézery, combe synclinale, enserrée entre les Monts Jura et le Crêt de Chalam, surcreusée par les glaciers quaternaires puis par l'érosion de la Valserine affluent de la rive droite du Rhône. Jusqu'au début du XIX ème siècle, des cultures de céréales (orge) furent pratiquées en assolement dans les prés de fauche d'altitude. Les forêts de fayards (hêtres) occupaient les pentes raides, contribuant à la stabilité des sols et au chauffage des habitants. L'hiver, le paysan allait chercher le fourrage dans les granges d'altitude pour nourrir son bétail à l'aide d'un traîneau à bras. Les ruines d'un village en altitude, retrouvées sous le Crêt des Frasses, témoignent peut-être d'un système plus ancien où les gens et les troupeaux montaient sur les sommets pendant la saison d'été et redescendaient dans la vallée pour l'hiver.

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Ruines du Moulin Thomas à Chésery

 

Un premier artisanat, lié à l'agriculture et contrôlé par les moines, s'établit le long de la Valserine et de ses affluents. (Plusieurs fois la Valserine a inondé le village). Plusieurs moulins à blé, battoirs à chanvre et pressoirs à noix furent construits … deux moulins à Chézery, un en haut de la Combe des Etrets, un à Forens et un à Magras. Puis au XVIII ème siècle, les Chézerands, pour occuper les longs mois d'hiver se livrèrent au travail de l'horlogerie. Ils fabriquaient des mouvements de montres et allaient les vendre à Genève.

 

Un temps, une verrerie s'établit dans le Corps de Garde, dans la Combe du Manant. Elle utilisait des sables siliceux qui apparaissent par endroit. En 1771, Voltaire acheta au verrier de Chézery, 300 bouteilles, des verres … Au XIX ème siècle, le lapidaire remplaça l'horloger, en 1907 la commune comptait 200 ouvriers qui taillaient les pierres précieuses de couleur. L'hiver les hommes partaient jusque dans la vallée du Rhin peigner le chanvre. Au début du XX ème siècle, des mines d'asphalte à Forens connurent une existence éphémère. La richesse principale était la fabrication des fromages persillés (Bleu de Gex) ou Gruyère (Comté).

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Église à Chésery

 

Sur la commune, se trouvait l'Abbaye de Chésery construite en 1140. Les moines de cette abbaye sont à l'origine du défrichement de la vallée et de l'installation d'une population permanente dans ce lieu réputé hostile. Ils sont également à l'origine de la création de certains alpages sur la Haute Chaîne du Jura. Cette abbaye qui avait une influence importante dans la région, a fini par disparaître en 1793, détruite par la population locale en colère. En effet, alors que la révolution faisait rage, les Chézérands étaient encore, à cette époque, « Serfs et mainmortables » de la royale Abbaye de Chézery. Après tant de souffrances endurées par la présence des moines, ils envahissent et pillent le monastère en 1793. De cette abbaye, il reste encore certaines constructions et dépendances mais surtout la disposition caractéristique du village.

 

Une légende conte : qu'en 1467, un moine de Chézery, le frère Anselme, décide de partir en pèlerinage àSaint Claude. Face à une grosse tempête de neige entre la Valserine et le plateau de Bellecombe, il se réfugia derrière un gros rocher mais tomba, engourdi par le froid. Constand Grossiord, un paysan des Moussières rentrait chez lui après avoir livré le miel de ses ruches le matin même à Lelex. Intrigué par les pas, à peine visibles dans la neige, il se dirigea vers le rocher où gisait le moine qu'il crut mort. Il l'enveloppa dans sa grosse cape et le chargea dans sa hotte. La fatigue le gagna quand il fut surpris par une meute de loups. L'un deux l'attaqua à la cuisse, il tomba, se releva malgré la fatigue et son chargement et frappa de sa trique le chef de la meute. Les loups s'enfuirent et Constant put ainsi rentrer chez lui. À son réveil, le frère Anselme apprit les dures épreuves que Constant endura pour lui sauver la vie. Il voulut le remercier pour son courage, dépourvu d'argent, il lui révéla le secret de fabrication du fromage que son monastère fabriquait à Chézery, c'est ainsi que depuis plus de cinq cents ans, le Bleu se fabrique aux Moussières...

 

Nous partons de Chézery direction le Moulin Thomas … un outil de l'économie locale, le moulin Thomas fut implanté dans le courant du XVIII ème siècle près de l'ancien pont qui permettait, au Chemin des Espagnols, un siècle auparavant, de franchir la Valserine. Ses meules transformaient en farine les céréales produites autour des hameaux de Noirecombe, de Rosset, de la Rivière et des nombreuses maisons isolées éparpillées sur les versants de la vallée. À cette fonction liée à l'économie de subsistance, s'ajoutait le débitage des grumes coupées dans les forêts environnantes. Les crues de 1910 détruisirent les installations hydrauliques et emportèrent le pont. Une passerelle a été rebâtie en 2003, à l'initiative de l'Amicale des sentiers chézerands, redonnant idée des circulations qu'entraînait la présence du moulin dans ce lieu éloigné des autres habitations : passage des ânes chargés de sacs de grains, des trinque-balles charriant les troncs de sapin, des chariots emportant poutres et planches vers les chantiers de construction.

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Nouveau pont sur le chemin des Espagnols


La gestion des ressources ligneuses fut une des grandes préoccupations des autorités locales depuis très longtemps. Le bois constituait la richesse principale de nombreuses communautés d'habitants. Les sapinières furent préservées dès le Moyen Âge. Les coupes étaient confiées à des bûcherons qui se chargeaient de l’abattage. Pour la vidange, les troncs étaient jetés dans des couloirs aménagés à cet effet, les jets ou lançoirs dans lesquels ils étaient dirigés par les débardeurs à l'aide de pics ( les tiapis). Les grumes étaient ensuite charriées par les trinque-balles. Les nombreuses scieries débitaient les poutres et les planches nécessaires à la charpenterie et la menuiserie.

 

Après le moulin Thomas nous grimpons et traversons le hameau de Noire Combe et continuons l'ascension jusqu'à l'ancien moulin de Magras, avant d'arriver à la ferme du même nom.

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L'ancien Moulin de Magras

 

Notre but étant le crêt de Chalam, je n'avais aucune idée de ce qui nous attendait sous la dénomination de « la Borne au Lion ».

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chalet Romans-Petit à la Borne au Lion

 

La Borne au Lion alt. 1289 m incarne l'histoire tourmentée que connut la région au XVII ème siècle lors de son rattachement au royaume de France. Ce bloc de calcaire reste visible au lieu-dit des Magras, où subsiste une habitation de la même époque qui donne à ce paysage un air hors du commun. Dans cette solitude, difficile d'imaginer que la Borne au Lion, nommée autrefois Borne aux Trois Empires, soit posée sur un ancien axe de communication important. Classée monument historique elle délimitait pourtant les territoires des royaumes de France, d'Espagne (car la Franche-Comté appartenait alors à la couronne espagnole) et du duché de Savoie.

 

Elle porte encore la date de 1613 (traité d'Auxonne) et, sur ses faces, les écussons et emblèmes presque effacés des trois empires : les fleurs de lys de France, la croix savoyarde et le lion franc-comtois, duquel provient son nom actuel. De nombreuses bornes furent érigées dans le secteur après le traité de Lyon en 1601, traité par lequel Henri IV ajoutait au royaume de France la Bresse, le Bugey et le pays de Gex, suite au conflit avec le duché de Savoie. Cette dernière conservait la rive droite du Rhône, un territoire aboutissant à la borne par le passage de Creux Manant, encore dénommé aujourd'hui le chemin des Savoyards ou des Espagnols. Aujourd'hui la Borne au Lion marque la limite des départements du Jura et de l'Ain.

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La Borne au Lion

 

Le belvédère de la Borne au Lion offre un panorama extraordinaire sur le Crêt de Chalam. Ces lieux virent à cette époque les affrontements entre les bandes des « Gris » et des « Cuanais » partisans opposés des rois de France et d'Espagne.

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Mémorial des Maquis du Haut-Jura et de l'Ain

 

  C'est aussi un haut lieu de la Résistance. En 1943 et 1944, 3000 combattants des maquis du Haut-Jura et de l'Ain s'y sont installés sous le commandement du colonel Petit pour combatte les troupes allemandes qui menèrent de terribles représailles contre les populations. Les fermes isolées abritaient les postes de commandement ou étaient transformées en hôpital de campagne. Le mémorial Romans-Petit, du nom du commandant du maquis, y est érigé.

 

Mais pourquoi le chemin des Espagnols ? La région finit par échoir à la France lors du traité de Lyon en 1601, après accord avec de Duc de Savoie. Une seule condition du côté Savoyard, un couloir devra être aménagé dans le pays de Gex et la vallée de la Valserine afin de permettre aux troupes espagnoles de transiter d'Italie (Gênes) jusqu'aux Pays Bas en traversant le Duché de Savoie, la vallée de la Valserine, la Franche-Comté et la Lorraine. Le couloir, territoire du Duc de Savoie s'appellera le Chemin des Espagnols. La commune de Chézery se trouvant sur le passage du couloir est restée ainsi savoyarde jusqu'au traité de Turin en 1760, alors que Lélex et Forens étaient français.

 

Après un bon pique-nique il est l'heure de grimper au Crêt de Chalam alt. 1 545m, véritable pyramide dominant les Hautes Combes. L'appellation viendrait de chaume (bien qu'il soit aujourd'hui de plus en plus couvert de forêts). C'est un belvédère recherché au-dessus de la vallée de la Valserine, face à la Haute Chaîne du Jura.

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Dernière phase de la montée au Crêt de Chalam

 

Arrivés au sommet de ce véritable petit Cervin Local (appellation sympathique dans la région) la vue remarquable sur tous les autres sommets du Jura récompense tous nos efforts.

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la cascade des Etrés

 

C'est à regret que nous laissons cette vue panoramique de 360 ° et redescendons de ce sommet émergeant de la forêt pour rejoindre Chésery par les Grand et Petit Manet … cerise sur la gâteau nous trouvons sur le chemin du retour une superbe cascade … la cascade des Etrés, vrai petit paradis. Du hameau de Forens nous rejoignons Chézery par la route.

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Un petit coucou pour les amis depuis la Borne au Lion

 

à suivre ...

Marthe


PS: cliquer sur les photos pour les agrandir.

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22 août 2011 1 22 /08 /août /2011 13:58

29 juillet 2011

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Le Jura, le pays des balcons, ce vaste massif de moyenne montagne, s'étend sur un arc de cercle de 350 km de long, des Préalpes savoyardes jusqu'à la plaine d'Alsace. Il associe étroitement deux pays : la Suisse et la France et constitue une entité géographique et géologique. Pourtant, ce massif représente de nombreux visages. Le massif du Jura est loin d'être une montagne homogène. Encadré au nord par les Vosges et la pointe méridionale de la Forêt Noire (prolongement du jura Souabe), il amorce vers le sud un arc de cercle. Véritable chapelet de terroirs à l'identité prononcée : de la Haute Chaîne aux amples panoramas sur les cimes enneigées des Alpes voisines en passant par les larges combes dont les doux reliefs contrastent avec les escarpements des crêts, les miroirs tranquilles des lacs et les reliefs accidentés de falaises ou les canyons de calcaire blond, des plateaux karstiques. Le Jura est un ensemble relativement jeune dont les plis caractéristiques présentent un maximum d'amplitude au plus près des Alpes ... Le terme Jura provient de la racine gauloise Juris désignant les hauteurs boisées. Les massifs forestiers ornent les plateaux, dont les principaux sont ceux du Massacre, du Risoux, de la Joux où le « sapin président » impose fièrement ses 45 mètres. Le cerf élaphe, le sanglier, les biches, les chevreuils habitent les forêts, tout comme les blaireaux, les renards, les chouettes, hiboux, rapaces diurnes qui se partagent les forêts sur éboulis, les combes et les prairies du massif.


Le vert de l'herbe et des arbres est la signature des paysages, nous sommes dans une des régions les plus boisées de France. Réputée aussi pour ses fromages … comté, morbier, bleu de Gex … et comme la nature jurassienne est généreuse, elle n'oublie pas le vin. Le paysage se teinte de couleurs dorées au moment des vendanges. Si le vignoble est petit il n'en produit pas moins des vins que, depuis Frédéric Barberousse, Henri V et Charles Quint, les connaisseurs tiennent parmi les meilleurs. Tel le Vin Jaune, vin des rois et roi des vins dit-on. Le vin et aussi l'eau, omniprésente et pourtant rare, les milieux humides, dont les tourbières, reliques précieuses, font aussi la richesse du Jura. Dans ce Jura multiple, ils contrastent avec les pelouses sèches d'altitude, on peut, à la fois admirer des paysages évoquant le Grand Nord, la Taïga ou l'Écosse, tout en appréciant une flore méditerranéenne. Ses grottes ont abrité les hommes de la préhistoire, les Celtes y ont laissé leur trace et les Gallo-Romains leurs temples. Ses falaises et ses gorges encaissées résonnent encore des coups des martinets, jadis actionnés par les roues à aubes puisant leur énergie dans les rivières.

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Bellecombe, l'agriculture et la sylviculture ont été les activités essentielles des habitants dans les siècles passés. Ces activités de base étaient complétées par des activités d'appoint à domicile comme la fabrication de boites à tabac en buis ou en corne, la taille des pierres précieuses. Aujourd'hui, cette double activité a totalement disparu pour l'agriculture. Quatre exploitations mettent en valeur les 800 ha de pâturages et de terres dites labourables de la commune, les 400 ha restant étant exclusivement forestiers et dédiés à la mise en marché de l'épicéa comme bois d'œuvre ou de papeterie et du hêtre comme bois d'œuvre ou de chauffage. Trois de ces exploitations se consacrent à l'élevage laitier, le lait étant acheminé vers la fromagerie coopérative des Moussières, activité parfois complétée par la gestion de troupeaux en estive, de juin à octobre dans les pâtures des prés-bois en provenance du Bas Jura, du Pays de Gex, de Haute Savoie ou de Suisse.

 

Été comme hiver, Françoise et François vous accueillent au gîte-auberge la Guienette, une ancienne ferme située à une altitude de 1 250 m. N'oubliez pas, entre toutes les bonnes choses, de goûter leur jambon au foin …

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c'est au gîte-auberge la Guienette que nous serons hébergés pendant notre séjour

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yourte à la Guienette

À suivre ...

 

Marthe

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7 septembre 2009 1 07 /09 /septembre /2009 10:38

Mercredi 2 septembre 2009


Le Blauen depuis Badenweiler

 

Départ : Badenweiler 8h30, quelques compagnons du mercredi sont encore en vacances ... Aldo et Agnès viennent renforcer les troupes, bravo !

Badenweiler

Badenweiler, la plus ancienne station thermale du pays des margraves se trouve au pied du Blauen. Ici les romains savaient déjà assembler hygiène et propreté avec un système de vie luxueux. Les thermes très bien conservés sont une preuve qu'il y a 2000 ans, il existait déjà un centre de culture et de bains. Dans les découvertes archéologiques se trouve même un temple à podium. Les ruines romaines protégées par un toit, font partie des bains antiques les mieux conservés d'Allemagne. Badenweiler apparaît dans des documents la première fois en 1028 sous le nom de Baden. 100 ans plus tard, un château fort fut construit sur une colline, qui changera de propriétaires au cours des années. De ce château il ne reste plus qu'une ruine qui surplombe la maison de cure moderne et ses espaces verts qui datent des années 70.

L'essor de Badenweiler commença au 19ème siècle, ses bains sont alors mondialement connus. Tout d'abord y vint le couple du grand duc du Bade et ensuite la haute aristocratie européenne. Un monument commémoratif dans le parc thermal nous rappelle que le dramaturge russe Anton P. Tschechow atteint de tuberculose est mort lors d'un séjour à Badenweiler.

La station thermale de Badenweiler, nichée entre les vignes et la Forêt Noire , le climat y est très doux, le parc de 12 ha possède une grand végétation méditerranéenne. De magnifiques ginkgos et séquoias passent des jours heureux dans ce parc pour le grand plaisir des promeneurs.

les ruines du château de Badenweiler

Une montée soutenue débouche en premier à Friedrich Hilda Esche 600 m alt. où un banc sous un énorme frêne invite au repos avant de continuer vers l'aire de pique nique Egerten 955 m alt.

c'est haut !!!!

 

Il reste à grimper au sommet du Blauen, allez en voiture, un petit train attend les voyageurs ...

en voiture pour Egerten – Blauen .....

dommage, il ne bouge pas .. faudra monter à pied .....

Dans la montée au Blauen, un grand tétras appelé également coq de bruyère, tetrao urogallus sur une branche d'épicéa .... pour notre grand désespoir il s'envola, nous entendions encore son cri bizarre. Le grand tétras est le plus grand gallinacé d'Europe. Le mâle au plumage gris noir tacheté de blanc et brun foncé, avec des reflets métalliques et à la queue arrondie, mesure plus de 80 cm et peut peser jusqu'à 5 kg. Oiseau forestier il affectionne singulièrement les forêts de conifères aux sous-bois ouverts. En France il est présent dans les massifs des Pyrénées, des Vosges et du Jura. La présence du volatile est rare mais elle est révélatrice de milieux forestiers équilibrés. La parade nuptiale est spectaculaire et se déroule dans un endroit spécifique préparé à cet effet et que l'on nomme généralement «lek» ou «place de chant» en raison des cris bizarres et gutturaux poussés en ce lieu par les mâles.

Le Blauen, avec ses 1 165 m d'altitude et sa situation à la limite de la Forêt Noire est appelé Hochblauen. Il offre une vue panoramique magnifique. De cette montagne de Badenweiler, on peut voir par temps clair, surtout en automne, de Bâle avec la boucle du Rhin jusqu'à la région de Berne. Eiger, Mönch et Jungfrau paraissent alors tout prêt. Au sommet de cette montagne boisée se trouvent un émetteur et un belvédère d'une hauteur de 16 m. Le Blauen est aussi un endroit fréquenté par les delta planistes. Ils se lancent dans l'air du côté sud derrière le Berghaus Hochblauen. Le rocher Altvogelbachfelsen se trouve à peu près à 800 m alt. sur le versant nord du Blauen au-dessus de Badenweiler, il est un défi pour tous les alpinistes munis de crochets.

L'émetteur au sommet du Blauen

Pendant que nous prenions notre repas, la brume tombait ... Le retour se fit par l'abri du Belchenblick, la Prinzensitzhütte, la vue panoramique depuis le Schubergfels. Plus loin l'abri Altermannfels, puis l'abri Sophienruhe avec vue sur le vignoble et la charmante ville thermale de Badenweiler avant de déboucher dans la ville même.

Vue sur le vignoble

 

Pour rejoindre la voiture un tour dans le parc permet d'admirer les magnifiques séquoias qui se dressent fièrement sur notre passage.

Encore une journée bien remplie, d'autres suivront..

Marthe
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5 septembre 2009 6 05 /09 /septembre /2009 17:51

22 août 2009


Après une semaine de randonnées dans le Massif du Jura Suisse et France nous nous apprêtons à vivre notre dernière journée ... tout à une fin ...

Au lever, Rochejean est dans la brume !! le petit déjeuner est prêt, nous passons à table ...

Afin d'effacer la déception de ne pas avoir rencontré de chamois au Creux du Van, Sophie nous emmène au Mont d'Or pour une (chasse) aux chamois .... Au sommet du Mont d'Or une petite laine est nécessaire ... nous montons délicatement, afin de ne pas signaler notre présence, au sommet 1 463 m avec l'espoir de rencontrer les chamois ...

Le soleil joue à cache-cache avec les nuages, les falaises se dévoilent pour se cacher l'instant d'après. Patiemment, nous suivons la crête en scrutant les roches mais toujours rien ...

Situé au cæur de la région plissée du Jura, caractérisé par la présence de cassures, de plis et de failles datant de l'ère tertiaire, le sommet du Mont d'Or fait face aux anticlinaux du Mont Tendre, de la Dent de Vaulion, plus au nord du Suchet et aux Aiguilles de Baulmes.

Ce massif calcaire présente de nombreux phénomènes karstiques liés à des processus d'érosion par dissolution : lapiaz, leisines et dolines.

À défaut de chamois, nous sommes suivis par une génisse Montbéliarde ...

Il est impossible d'aborder la montagne jurassienne sans évoquer une de ses résidentes, particulièrement emblématique et riche en couleur! La vache «montbéliarde» dont on suppose que les origines remontent du pays du même nom au nord des montagnes du Jura, bien identifiable avec sa robe pie rouge, est, en effet, un pur produit du terroir : sujet crée, façonné, sélectionné, amélioré par des générations d'éleveurs passionnés.

En pâturant les communaux, les prés-bois, en imposant la fauche des moindres parcelles, elle a grandement contribué à générer qualité paysagère et biodiversité, aux éléments clés des espaces que nous venons de découvrir. Question gastronomie elle n'est pas en reste, les quatre AOC fromagères du massif sont là pour l'attester.

Une dernière leçon sur le millepertuis cette fois, avant de quitter le Mont d'Or

Au retour à Rochejean un dernier repas nous attend !! délicieuses spécialités régionales ... Le temps passe, il est temps de se quitter ...

Je dédie ces quelques mots à notre merveilleuse guide Sophie:

«Les Pyrénées sont une barrière.

Les Alpes sont un chromo. Un ravissant chromo.

Les Vosges sont un feston bleu pâle.

Les monts d'Auvergne sont un orgue tragique.

Et le Jura, mon vieux pays, est un escalier.

Un escalier montant de biais ....»

ainsi décrivait Marguerite Bourcet son Jura natal dans son livre Le Jura, Gens et Pays de chez nous 1950

Nous laissons Rochejean et le massif du Jura pour l'Alsace et son massif Vosgien ... un grand merci à JURA RANDO – Fanny et Freddy toujours disponibles quand on a besoin d'eux pour des renseignements complémentaires, Sophie, notre guide, pour sa gentillesse, sa bonne humeur et ses compétences professionnelles, ses parents qui ont contribué à véhiculer nos bagages et surtout les vivres au chalet Perrenoud, Martial et son équipe aux Gentianes à Rochejean, Jean Luc à la Grand'Borne à l'Auberson, ainsi que l'équipe du Chasseron. Claude et moi remercions également Sylvie, Jacques et Joël qui sont toujours de la partie lors de nos randos itinérantes, une super pensée à Marcel qui a manqué ce séjour, bien des choses à Jocelyne, Catherine, Louisa, Christine, Raphaëlle, Josette et Patrick avec qui nous avons passé une semaine inoubliable.

Sur la route du retour, bâti sur un éperon rocheux, il y a dix siècles, la forteresse de Joux impose fièrement sa silhouette massive à l'architecture militaire, signée par Vauban.

Puis, vint la grotte de Remonot, lieu de culte depuis le VIIè siècle. La légende dit qu'autrefois, un ermite vivait dans la grotte. Il prenait soin de la statuette de la Vierge qui avait, selon la légende, des vertus miraculeuses de guérison, spécialement sur les maladies oculaires. Remarquable site géologique, la grotte, profonde de 30 m pour une largeur de 12 m, est traversée par quatre sources dont une miraculeuse. À quelques centaines de mètres de là, dans le défilé d'Entreroches, la grotte au Trésor aurait été le repaire de la Vouivre, ce dragon ailé gardien d'un fabuleux trésor qui portait à son front une escarboucle.

Ps: certains renseignements sont tirés des magnifiques livres d'Anne et Jérôme Renac - Randonnées dans le Jura Suisse et France et Randonnées sur les balcons du Jura ... que je consulte régulièrement et que personnellement je trouve intéressants tout comme le Topo Guides-la Gde Traversée du Jura à pied.

 

Marthe

 

 

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5 septembre 2009 6 05 /09 /septembre /2009 15:53

Vendredi 21 août 2009

 

Personne n'a osé ronfler ... le jour se lève ... sur le lac et le refuge ... vite une photo !!

le jour se lève sur le lac de Neuchâtel et le refuge Perrenoud

Aujourd'hui est un grand jour, Sophie est impatiente de nous faire partager son amour pour le Creux du Van. Quelques nuages nous accompagnent ce matin mais rien de bien méchant. Une petite grimpette et déjà nous sommes au lieu dit le Soliat 1 465 m d'altitude sur la crête du Creux du Van. Impressionnant !! voir cet énorme fer à cheval en roche calcaire avec ses falaises verticales pouvant atteindre, par endroit, près de 200 m de hauteur pour un diamètre de 1 km, s'ouvrir sous nos yeux nous coupe le souffle.

Le Creux du Van, des photos m'avaient mis l'eau à la bouche depuis un certain temps, j'avais hâte de l'approcher, ce sera aujourd'hui.

Celui qui découvre pour la première fois le Creux du Van, un joyau du Jura Suisse, reste ébahi devant cette immense excavation en arc de cercle, gigantesque blessure rocheuse. La taille, l'harmonie et la pureté de ses lignes peuvent surprendre, d'emblée, le spectateur se pose la question de l'origine de ce majestueux amphithéâtre rocheux. Un accident géomorphologique nommé «boutonnière d'érosion» s'est creusé au sommet du Soliat fragilisé par des failles. Nous nous trouvons à l'endroit du Soliat à 1 465 m alt. et, à nos pieds, ce fossé géant. L'eau s'est infiltrée dans les diaclases, son érosion a fini par trouer la roche et saper le fond marneux du site, les glaciers locaux ont ensuite façonné le cirque. Le pied de la falaise se tapisse d'un éboulis atteignant parfois 250 m d'épaisseur, témoignant de l'intensité du travail érosif. Le sommet du rocher est occupé par une plateforme nommée l'écho, en raison du phénomène acoustique qu'elle délivre avec netteté. Il paraît que depuis cet endroit, un chapeau jeté dans l'abîme revient directement à l'envoyeur. Cet effet boomerang s'explique par le mouvement du vent du nord-est qui vient buter contre la falaise et rebondit en un courant vertical s'élevant à quelques dizaines de mètres de la muraille.

Le cirque du Creux du Van

Malgré les jeux d'air et les apparences, le nom du creux du Van ne doit rien à Éole, il vient du celtique <van> qui désigne rocher ou combe rocheuse. Chamois et bouquetins, ces hôtes des falaises y défient les lois de la pesanteur et de l'équilibre. Véritables acrobates qui font la joie des touristes qui ne manquent pas de les photographier. L'espoir de voir un chamois grandit au fur et à mesure que nous parcourons la falaise belvédère avant de descendre au fond du cirque ... he bien non, pas de chance, pas de chamois .... nous nous contentons d'admirer et de photographier les extraordinaires falaises. Un muret de pierres sèches ferme le cirque afin de protéger troupeaux et visiteurs d'une chute mortelle.

Un raide sentier plonge à travers forêts jusqu'à la ferme Robert. Une vaste bâtisse trapue qui doit son nom à la famille de bûcherons-charbonniers qui l'a édifiée en 1750. C'est d'ici que nous réalisons la taille de cette gigantesque paroi rocheuse !!

vue depuis la ferme Robert

On a peine à croire que la crête est recouverte de prairies appréciées du bétail et que la vie là-haut se déroule comme sur n'importe quel alpage.

Arrivés devant la ferme Robert, la pluie commence à tomber. Nous profitons de nous abriter à la ferme. La ferme Robert au pied du cirque est l'endroit mythique du Creux du Van. Cette vieille maison typiquement montagnarde aménagée en restaurant de montagne, témoigne du combat qui déroula entre le dernier ours du creux du Van et le bûcheron David Robert.

La ferme Robert au pied du cirque du creux du Van

Tavaillons (tavillons en Suisse) : petits bardeaux d'épicéa, utilisés pour couvrir une façade exposée au vent dominant ou coiffer la toiture d'une bâtisse. Le tavaillonneur est l'artisan qui produit les tavaillons et le cloue sur la «bataillée» (planches de façade).

Le grand tétras, appelé aussi coq de bruyère, tetrao urogallus est le plus grand gallinacé d'Europe. Le mâle au plumage gris noir tacheté de blanc et brun foncé, avec des reflets métalliques et à la queue arrondie, mesure plus de 80 cm et peut peser jusqu'à 5 kg. Oiseau forestier il affectionne singulièrement les forêts de conifères aux sous-bois ouverts. En France il est présent dans les massifs des Pyrénées, des Vosges et du Jura. La présence du volatile est rare mais elle est révélatrice de milieux forestiers équilibrés. Le Parc Naturel du Haut Jura a mis en place un réseau associant des naturalistes, des chasseurs, des professionnels de la forêt mais également des professionnels du tourisme dans le but de sensibiliser et d'informer les différents partenaires sur la gestion des milieux, et notamment sur celui accueillant le grand tétras.

La parade nuptiale est spectaculaire et se déroule dans un endroit spécifique préparé à cet effet et que l'on nomme généralement «lek» ou «place de chant» en raison des cris bizarres et gutturaux poussés en ce lieu par les mâles.

La fée verte ? vous connaissez ? L'absinthe, cette plante ligneuse au feuillage blanc soyeux et au goût anisé entre dans la composition d'un alcool très fort. Inventé en 1797 dans le Val de Travers, Pernod Fils ramena sa recette en 1805 à Pontarlier, où cet élixir connut un succès international.

Suite à un fait divers sanglant, sa distillation fut interdite en Suisse puis en France. Pourtant le Val de Travers fit toujours de l'obstruction, la plante continuait à pousser dans les jardins, l'alambic à fonctionner dans les remises. Le 1er mars 2005 la (re)légalisation de l'absinthe dans toute la Suisse ouvre de nouvelles perspectives à Boveresse petit village du Val de Travers et ancienne capitale régionale du breuvage interdit. Si l’ancien séchoir à absinthe n'a pas repris son activité, il abrite aujourd'hui un modeste musée, l'absinthe reprend à Boveresse, sa place centrale, chaque année en juin, à l'occasion de la désormais réputée Fête de l'absinthe qui peut enfin – en toute légalité – proposer le fameux breuvage des fées à des amateurs venus spécialement pour l’occasion du monde entier.

La pluie a cessé, nous pouvons reprendre la route vers les gorges de l'Areuse. Après une petite heure de marche le ronflement de la rivière se fait entendre.

L'Areuse est une rivière qui prend sa source au cæur du Jura et qui a sculpté le Val de Travers. Arrivée à Noiraigue, elle se transforme en torrent de montagne et l'on pénètre proprement dit dans les gorges du même nom. Elle finit par se jeter dans le lac de Neuchâtel.

Le «Canyon» des gorges de l'Areuse. Sauvages et pittoresques elles s'étendent sur plus de 10 km entre le Val de Travers et la région du lac de Neuchâtel.

Enfin les parois se rapprochent, la descente s'amorce et le chant du torrent s'amplifie .... Le treillis de la passerelle métallique nous laisse profiter des eaux bouillonnantes sous nos pieds. Fureur des eaux dégringolant et s'engouffrant dans les abîmes au ras des rochers, et nous voilà devant le saut du Brot.

Le saut du Brot

Revenant sur nos pas nous traversons le célèbre et néanmoins charmant petit pont de pierre qui enjambe l'Areuse. Au pied du pont deux pêcheurs nous saluent ....

le pont enjambe l'Areuse

Après avoir enjambé l'Areuse nous rejoignons une aire de pique nique... entre l'incontournable cirque du Creux du Van et les magnifiques gorges de l'Areuse la faim se fait sentir ...

Pour rejoindre la commune de Champ du Moulin nous longeons la rivière, passons devant la pimpante usine hydraulique des Moyats, les géraniums aux fenêtres, assortis aux couleurs des bâtiments..... donnent un cachet suisse ! Arrivés au Champ du Moulin nous montons à la gare, le train nous amène à Buttes où les taxis nous attendent pour nous ramener à Rochejean où nous retrouvons l'hôtel les Gentianes avec plaisir. Nous ne nous faisons pas prier pour passer à la douche ......

 

Au moment du repas, une rencontre, un ami de sophie, que nous prenons plaisir à entendre jodler, avant qu'il ne cherche son cor des Alpes et nous joue un morceau de son répertoire. Nous finissons la soirée en beauté ... voilà une journée bien remplie...
Le Cor des Alpes est l'instrument le plus long du monde ... il nous fait de suite penser aux montagnes du Tyrol et de la Suisse car il fut longtemps fabriqué et joué par les bergers suisses pour communiquer entre eux à travers les vallées et ce depuis plus de 400 ans... le son pouvant porter jusqu'à 7 km ... Comme tous les soirs, le dîner était parfait, bonne nuit et à demain pour le final...

 

 

Marthe

 

 

 

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4 septembre 2009 5 04 /09 /septembre /2009 20:08

Jeudi 20 août 2009


Un vent de panique règne dans le dortoir ... ce soir, nous ne disposerons pas de nos bagages !! il faudra prévoir le nécessaire dans nos sacs à dos ... on parle toujours de la brosse à dents oui mais.... c'est pas tout ...

 

6 h 14 le soleil se lève sur le Chasseron !!

l'hôtel s'anime, il y a la queue aux sanitaires .. ça me rappelle les colonies de vacances, tout se passe bien ... le petit déjeuner nous attend ...

Avec regret, nous laissons nos bagages, bouclons les sacs à dos et en avant pour cette nouvelle journée ....

un dernier tour au sommet du Chasseron, puis s'en va ...

 

La journée est annoncée cool, environ 20 km pour peu de dénivelé ... après un dernier tour au sommet pour saluer le merveilleux paysage que nous laissons derrière nous et en avant, les alpages nous attendent.

Nous voilà partis sur le sentier traversant les alpages. De mignons chalets de montagne surplombent le lac de Neuchâtel ... plus loin, des fermes de montagnes, le bétail anime les vastes pâturages au son de leurs clarines.

un chalet, avec le muret en pierres sèches svp ...

les génisses nous font les yeux doux ...

Un phénomène curieux nous interpelle ... un affaissement au milieu des pâturages .... une doline, une dépression en forme de cuvette circulaire (de quelques mètres à plusieurs dizaines de mètres selon le cas) ou d'entonnoir, caractéristique du relief karstique, résultat de la dissolution du fond rocheux ou de l'effondrement du toit d'une cavité souterraine. Les dolines sont très répandues dans le Jura. La rétention locale d'eau qu'elles permettent les rend propices au développement d'une riche végétation qui contraste avec le plateau calcaire environnant.

Les Cernets, les Cernets dessous, les Gillardes ..... nous traversons de nombreuses clôtures et murets tout au long de la journée. Sophie nous explique comment prélever les sangles sur l'épicéa, tel le (sanglier), l'artisan qui découpe les longues et fines lamelles dont la souplesse permet de réaliser les fameuses boîtes à fromage. Une leçon sur les fourmis nous familiarise avec les fourmilières que nous rencontrons tout au long de l'année sur les sentiers de randonnées.

Même les vaches sont fascinées par la leçon ...

Les premiers colchiques dans les prés nous annoncent la fin de l'été .... ! Un peu de tristesse m'envahit, très vite effacée.

L'alchémille

Il est presque 16 heures et les alchémilles dans les prés renferment encore précieusement leurs gouttelettes argentées. Cela mérite notre attention. Alchémille vient du mot alchimie. Les alchimistes recueillaient l'eau de pluie qui tombaient sur les feuilles car elles devenaient argentées et ils s'en servaient dans leurs recettes pour fabriquer l'or.

L'aconit napel

Prudence !! l'aconit napel est appelée aussi casque de Jupiter, capuchon de moine ou char de Vénus et comme toutes les fleurs elle est belle. Mais gare !! elle est hautement toxique, la plante entière est vénéneuse. Le bétail ne s'y frotte pas. Ne pas la toucher, ne pas la cueillir, c'est une des plantes les plus dangereuses de France, l'arsenic végétal.

C'est là bas que nous allons ...

 

Il nous tarde d'arriver au refuge CAS Perrenoud que nos apercevons au loin.

Le refuge du club alpin suisse surplombe le lac de Neuchâtel

Au programme une fondue. Une bonne âme est montée au refuge pour déposer tous les ingrédients nécessaires pour le dîner. Le chalet Perrenoud surplombe le lac de Neuchâtel, un vrai havre de paix. Passer une nuit dans un site aussi beau et calme, dans un chalet en pleine nature est pour nous une expérience inoubliable. Au rez de chaussée, une cuisine, au-dessus de l'évier, un grand ballon d'eau alimenté avec une pompe à mains. Une grande cuisinière pour chauffer l'eau et cuisiner ... À gauche, une grande salle avec cheminée. Cette dernière a certainement abrité quantité de joyeuses soirées au coin du feu ... de grands radiateurs laissent présager des hivers rigoureux. Je rêve de me réchauffer devant un bon feu pendant que dehors, la tempête de neige fait rage et repartir le lendemain matin sur un épais tapis neigeux ...... allez assez rêvé ... À l'arrière, les sanitaires ... Au premier, un grand dortoir avec un balcon donnant sur le lac. Le refuge est un bijou en pleine nature !

Après une délicieuse fondue nous rejoignons le dortoir pour un sommeil réparateur. Gare aux ronfleurs !!!!

Le lac de Neuchâtel avec les Alpes en toile de fond ...

à demain

 

 

Marthe

 

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4 septembre 2009 5 04 /09 /septembre /2009 17:54

Mercredi 19 août 2009

Un petit tour en taxi pour rejoindre le Mont de Baulmes dessus, alt. 1 271 m commune de Ste Croix. À quelques mètres du restaurant un observatoire offre un panorama unique sur le Massif du Jura. Sur la crête des Aiguilles de Baulmes nous découvrons une vue, à gauche, sur le Mont Suchet où nous nous trouvions hier.

Vue sur le Mont Suchet, la dent de Vaulion et la crête des Aiguilles de Baulmes

La vue sur la Dent de Vaulion me rappelle une belle rando, sommet du Jura vaudois qui culmine à 1483 m belvedère sur les lacs de Joux et Brenet. Elle offre une vue du lac Léman jusqu'au lac de Neuchâtel.

Les Aiguilles de Baulmes sont une suite bizarre de parois rocheuses à pic qui surplombent la plaine de l'Orbe. Le parcours sur la crête progresse dans un cadre sauvage entre pins sylvestres et pins à crochets, offrant un tour d'horizon sur les plateaux du Jura suisse et la localité de Sainte Croix. La musique a toujours bercé la vie des habitants de la région. Vers 1850, alors que l'horlogerie, industrie traditionnelle des villages du Jura suisse, connut une crise, les horlogers de Sainte Croix se reconvertirent optant pour la production de boîtes à musique.

À Sainte Croix, le musée de la boîte à musique abrite un atelier reconstitué du début du XX ème siècle et à l'Auberson, le musée Baud présente des petites merveilles mécaniques. Dryades et chardons se volent la vedette sur les pâturages que nous traversons.

impressionnant trou – danger ..

une descente soutenue passe devant le chalet des Aiguilles et plonge dans la vallée pour rejoindre le mont des Cerfs et le col des Etroits.

Le chalet des Aiguilles

Le repos casse-croûte nous redonne des forces pour affronter la deuxième étape de la journée, le chasseron que nous apercevons, il est encore bien loin ......

Le Chasseron, le sommet belvedère de choix sur le lac de Neuchâtel, faut le gagner ...une raide montée nous attend... heureusement sur notre chemin se trouve la casba ... une oasis de paix enfuie dans les sapins, repos et limonade s'imposent .....

la Casba une oasis de paix enfuie dans les sapins ...

Il faut se remettre en route, le Chasseron nous attend .. Le sommet du Chasseron compte parmi les plus hauts du Jura suisse. Sa longue crête rocheuse comporte trois cimes successives, desquelles le randonneur jouit d'un ample panorama sur le Jura, le lac de Neuchâtel et d'une vue à couper le souffle sur les Alpes par temps clair. Les levers et couchers de soleil sont des spectacles à ne pas manquer.

L'immensité de la croupe du Chasseron est impressionnante

L'hôtel où nous allons passer la nuit se dessine à l'horizon. Avant d'arriver au sommet Sophie nous emmène à la Pierre de la Paix. La pierre est un bloc erratique de gneiss qui est resté sur le territoire de la commune de Bullet à la suite de la fonte des glaciers.

La Commune a assuré le transport de la pierre au lieu où elle a été travaillée, puis à sa place actuelle, près du Chasseron. La pierre a été choisie et gravée par Mme Jacqueline Jeanneret du col des Roches. Les symboles de la pierre de la paix ???

Les symboles des diverses religions ont été gravés sur la pierre, auxquels on a ajouté un symbole : celui du signe mathématique pour l'infini (le chiffre huit couché) au centre de la pierre. Ce dernier regroupe toutes les religions non reconnues, telles que les religions naturelles, et celles à venir.

Tous ces symboles sont inscrits dans un ovale. À l'extérieur de cette coquille d'oeuf, on est dans le domaine céleste, et avec ce symbole, l'intention était de présenter une image de la relation entre le ciel et la terre.

La pierre de la paix au Chasseron

Encore un petit effort et nous arrivons à l'hôtel du Chasseron. À nos pieds, le lac de Neuchâtel. Après le dîner nous grimpons au sommet, coiffé d'un signal géodésique, sur d'impressionnantes falaises.

Ce soir nous dormons dans un dortoir .. nous manquons d'un peu de place pour les sacs à dos et les sacs de voyage mais tout se passe bien. Ci-après, le coucher de soleil au chasseron ...

coucher de soleil au Chasseron

 

et maintenant au lit, demain nous continuons ...

 

Marthe

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4 septembre 2009 5 04 /09 /septembre /2009 11:10

Mardi 18 août 2009

 

Un bon petit déjeuner et nous voilà partis à l'assaut du Mont Suchet ! Vu depuis la Grand Borne cela paraît loin, très loin .... le Mont Suchet nous nargue ...

Nous longeons un muret de pierres sèches, jonché de bornes, c'est devenu une curiosité, le sentier des Bornes. Sur ce haut plateau à 1 000 m d'altitude, la nature ne connaît pas de pays, c'est le même environnement un peu rude, où l'homme a dû s'adapter de la même façon, de quelque pays qu'il fût. Pourtant au cours des siècles, on a dressé des bornes, des limites pour partager les forêts et les territoires, puis les seigneuries et les comtés. Les habitants sont devenus étrangers parfois ennemis au gré d'alliances ou de traités qui les dépassaient. Le sentier des bornes évoque ces différents aspects, dont quelques épisodes sont encore gravés sur les pierres frontalières. Dans un paysage montagnard de forêts et pâturages, de prés-bois et de tourbières nous rejoignons le Col de l'Aiguillon.

Borne frontière franco-suisse

Un passage à travers de hautes herbes le long de la frontière ... pas de gabelou en vue, c'est du passé ..gabelou (terme issu de gabelle douanier chargé d'arrêter les contrebandiers) débouche au carrefour direction du col de l'Aiguillon à 100 m. Nous longeons les magnifiques Aiguilles de Baulmes, sur lesquelles nous crapahuterons demain matin .... aujourd'hui nous nous contentons de les admirer depuis le bas, superbes !!!!

les Aiguilles de Baulmes

Après avoir traversé les merveilleux pâturages de la Grange Neuve et de la Noirvaux nous débouchons devant l'auberge de Grange Neuve. Des concerts de clarines et toupins nous accompagnent tout au long des randos... un dépaysement total fait la joie du randonneur.

Clarine : clochette en bronze ou en tôle destinée au bétail. Toupin : sorte de grosse cloche en fer-blanc que porte la vache qui mène le troupeau.

l'arrivée à Grange Neuve

Direction montée des flancs du Suchet. Le sentier s'élève raide en forêt pour atteindre le plateau sommital du Suchet. Sortant de la forêt il reste un petit effort pour atteindre le sommet marqué par un signal géodésique. Le sommet alt. 1 588 m permet une vue panoramique sur les Aiguilles de Baulmes, les lacs Léman, de Joux et de Neuchatel, le sommet du Chasseron et la ligne des Monts Jura. Les Alpes dans la brume, dommage, mais après tout c'est signe de beau temps pour le lendemain.....C'est au sommet du Suchet que nous posons nos sacs pour le pique nique et prenons un repos bien mérité.

Nous revenons sur nos pas pour rejoindre l'auberge Grange Neuve, là nous goûtons diverses spécialités (meringues à la crème).

Toblerone vous connaissez ????

Personnellement je connais le Toblerone chocolat !!! inventé par la maison Tobler en 1908 ... Aujourd'hui nous découvrons les Toblerones, grands blocs en béton ...pas fondants du tout ceux là.

La ligne de fortification antichar de la Promenthouse construite dans les années 1930, communément appelée «Les Toblerones». Longue de 15 km environs, de Gland à Bassin, avec une rangée de blocs de béton pyramidaux, elle a pris le nom de Toblerone à cause de leur forme similaire. Il existe le sentier des Toblerones.

Sur le chemin de retour à la Gand Borne, un petit crochet nous mène au Creux des Neiges. Au fond du gouffre, une glaciaire comme il en existe plusieurs dans le Jura, déception ...plus de neige, Sophie nous informe qu'à son dernier passage à peine quinze jours il en restait au fond. La canicule des derniers jours en a eu raison.

Glacière : cavité naturelle à plusieurs puits d'accès, assurant par un système complexe de courants d'airs, un refroidissement suffisant pour que la glace ou la neige accumulée au fond puisse subsister en permanence. Les glacières sont actuellement en phase de régression en raison du réchauffement climatique.

Nous retournons à la Grand Borne pour la seconde soirée. Après un délicieux repas, la soirée se poursuivit d'une façon fort agréable. Jean-Luc, le patron des lieux nous offre une soirée cinéma. Un excellent film sur la faune et la flore dans le massif du Jura.

À demain

Marthe

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3 septembre 2009 4 03 /09 /septembre /2009 21:46

Lundi 17 août, après un bon petit déjeuner, un court transfert en taxi nous amène jusqu'à la Boissaude à 1 230 m d'alt. une ancienne ferme transformée en bar-restaurant au coeur des pâturages. Devant nous les pâturages constellés de chardons bleus et de gentianes jaunes s'étendent à perte de vue .... entrecoupés de murets blancs. Les murs de pierres sèches font partie des paysages de la chaîne jurassienne. Cette région, essentiellement vouée à l'agriculture pastorale, est constituée de grands espaces où alternent, selon l'altitude, pâturages boisés, forêts et champs cultivés. L'histoire nous apprend, par des documents (contrats et ordonnances), qu'aux XVII et XVIIIè siècle, on remplaça les clôtures faites de bois par des murets de pierres, ceci pour parer au déboisement et de contribuer à l'épierrement des sols. Par endroits délaissés, ils sont fort bien entretenus dans d'autres. Murger : tas de pierres, muret servant à séparer les propriétés et retenir le bétail. De nos jours, il existe aussi les clôtures électriques .....

La flore variée dans le Jura est un véritable régal pour les yeux ..

Le chalet de la Blonay se trouve non loin de la Boissaude sur le parcours menant au sommet du Mont d'Or. Le Mont d'Or paradis du randonneur et, depuis les championnats du monde de 1993, celui du vététiste, qui évolue, là, entre troupeaux de laitières, génisses à l'estive et hardes de chamois. Du haut de ses 1 463 m il domine fièrement les plateaux du Haut Doubs dont il constitue le point culminant. Les pâturages d'alpages peuplés de vaches contrastent avec la majesté de l'immense arc de cercle de falaises abruptes où évoluent les chamois. Une légende locale prétend qu'un berger aurait découvert un filon d'Or sur l'un des flancs de la montagne. Devenu riche, il crut pouvoir épouser la fille du châtelain de Joux, à qui il exprima sa demande en lui révélant l'emplacement du précieux filon. Celui-ci fit mine d'accepter, lui vola son trésor et l'envoya croupir dans un cachot de la forteresse. La montagne aurait pris le nom de Mont d'Or en souvenir de cette richesse dérobée. Nos voisins suisses proposent une autre version, cette appellation proviendrait du soleil qui illumine chaque matin l'impressionnante falaise de calcaire clair, son nom rendrait donc hommage à l'astre de lumière. L'arc de cercle rocheux rappelle aussi le bardage d'épicéa blond du fromage éponyme de la montagne «le fameux Mont d'Or» frère jumeau du Vacherin suisse, crémeux et savoureux. Le Mont d'Or n'est produit qu'en hiver, lorsque les montbéliardes se régalent à l'étable des foins de l'été. Sangle, sanglier : le sanglier est l'artisan qui découpe de longues et fines lamelles d'épiciéa (les sangles), d'épaisseur et de largeur constante dont la souplesse permet de réaliser des boîtes de fromage (ex. le fameux Mont d'Or.)

Les falaises du Mont d'Or

Sur les crêtes nous rejoignons le Morond, traversons la piste de vtt et basculons sur le versant suisse afin de rejoindre le village des Hôpitaux Neufs. L'arrêt pique nique est toujours apprécié.

Après quoi en grimpant sur les hauteurs des Hôpitaux, une jeune génisse est prisonnière des troncs d'arbres, Sophie se précipite à son secours, pas moyen de la sortir de là, un coup de fil, tout rentre dans l'ordre et nous reprenons notre chemin. Je vous avais bien dit que notre guide est une fille des montagnes ....

vue sur les Hôpitaux Neuf et le Morond

La montée au chalet Neuf puis au Mont de l'Herba se fit en grande partie en prés bois. Ne cherchez pas de rivière dans le Haut-Jura, l'eau de pluie disparaît immédiatement dans les profondeurs du sol. Le sous-sol calcaire est en effet troué comme une passoire. L'eau de pluie ou de fonte des neiges dissout le calcaire, par son acidité naturelle due au gaz carbonique de l'atmosphère qu'elle contient. En ruisselant sur la roche, puis en pénétrant dans ses fissures, elle se fraie un chemin pour former des cours d'eau souterrains et des grottes qui font le bonheur des spéléologues. 

La perméabilité du Jura rend difficile l'approvisionnement en eau des chalets et du bétail. C'est pourquoi l'eau des précipitations, récoltée sur les toits et les plans inclinés, est précieusement stockée dans des citernes ou (couverts en Suisse). Le toit de la citerne permet de recueillir l'eau qui est conduite dans le vaste réservoir situé en dessous et que les pluies de la mauvaise saison emplissent. Des tuyaux conduisent l'eau à l'abreuvoir situé en contrebas. 

Les vaches dans un pâturage à proximité d'une citerne

Au sommet, le fermier du chalet de la Grange Dernier nous accueillent chaleureusement. Un impressionnant troupeau de génisses et vaches nous surveille ... nous prenons congé du fermier car nous devons rejoindre la Grand Borne tout proche de la douane de l'Auberson par la Beuffarde. Nos bagages nous attendent à la Grand Borne, nous y séjournerons deux nuits.

Après un bon dîner une bonne nuit s'impose car demain une autre aventure nous attend.

Marthe

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1 septembre 2009 2 01 /09 /septembre /2009 17:22

Dimanche 16 août 2009, 5 membres du club AZZURRI prennent la route pour le Haut Doubs, que nous connaissons déjà pour y avoir fait de brefs séjours .... 14h30 rendez vous à Rochejean, Hôtel Les Gentianes où nous attend Sophie de JURA RANDO pour nous faire vivre une semaine inoubliable à travers des paysages à couper le souffle .... nous faisons connaissance avec le reste du groupe avec qui nous allons vivre une aventure de sept jours dans le Haut Doubs et les Balcons du Jura Suisse.

Église de Rochejean avec son clocher typiquement comtois

Rochejean, village situé à 907 m d'altitude au pied du Mont d'Or sur la rive gauche du Doubs. Fondé par Jean de Chalons, sire de Salins qui fit construire le château fort et l'église en 1266 et fit de Rochejean un chef-lieu de seigneurie. Quant à la tradition populaire un ermite appelé Jean, habita longtemps le creux de la roche, sous l'église d'où vient le nom de Rochejean donné à cet endroit. On y exploitait le minerai de fer extrait du Bassin du Mont d'Or (1494-1843).

Je vous présente mes compagnons, Claude mon époux, Sylvie et Jacques, Joël mes amis du club Azzurri, Josette, Jocelyne, Louisa, Patrick, Catherine, Raphaëlle, Christine. Notre guide Sophie est originaire des Fourgs, le plus haut village du département du Doubs à 1 100 m d'altitude, tout près de la frontière Suisse, appelé le toit du Haut Doubs.

Au fil des jours, elle va s'avérer être une merveilleuse guide, avec une parfaite connaissance de la vie dans le Jura, elle est également musher, élève des chiens de traîneaux (5 chiots venaient de naître juste avant notre départ), monitrice de ski de fond, raquettes etc. une fille du pays ....

Sophie nous réunit une première fois pour présentation du programme et consignes à suivre pendant la semaine. Dès que nous sommes installés, une première mise en jambes au Belvédère des deux lacs à 940 md'altitude avec une vue sur :

le lac de Saint Point et la réserve de Remoray

à une altitude avoisinant les 900 m s'étend la troisième plus grande étendue naturelle d'eau de France (398 hectares). Véritable mer intérieure, le lac de Saint Point impressionne par ses dimensions : 8 km de long et 62 m de profondeur face aux Grangettes, à l'endroit de la cassure sous-marine appelée «Trou noir». En été le lac est un lieu idéal pour la baignade et la pêche. En hiver, la surface du lac gelée offre une féerique patinoire naturelle.

Créée en 1984, la réserve naturelle du lac de Remoray, située directement en amont du lac de Saint Point, couvre une superficie de 430 ha. Constituée par différents milieux (marais, tourbières, parcelles forestières, prairies ...) la réserve peut s'enorgueillir de compter 223 espèces d'oiseaux.

Avez vous déjà croqué des épines de sapins ?? moi oui aujourd'hui !!, Sophie nous a fait découvrir ce goût d'agrûmes ..

Après cette petite mise en condition, nous retournons aux Gentianes à Rochejean où Martial et son équipe nous régalent de spécialités jurassiennes .... avant de passer une bonne nuit, demain c'est le vrai départ..... nous avons une pensée pour Marcel qui n'a pas eu la chance de nous accompagner ...

à demain ...

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