Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
2 septembre 2011 5 02 /09 /septembre /2011 21:23

Mercredi 20 juillet 2011


rouge-goutte-1.jpg


Rougegoutte alt. 456 m, comme les villages voisins, s'est développé au pied du versant sud du massif des Vosges, le long d'une ancienne voie romaine qui reliait Langres à l'Alsace en contournant la montagne.

Dès le XI ème siècle, le village fit partie de la Seigneurie du Rosemont. La population de Rougegoutte était de 824 âmes en 1881. En 1196 existait déjà une église qui constituait le centre d'une paroisse comprenant Éloie, Giromagny, Grosmagny, Lepuix-Gy, Riervescemont, Rougegoutte et Vescemont. De nos jours, la paroisse d'origine ne rassemble plus que les habitants de Rougegoutte, Éloie, Vescemont et quelques familles de Riervescemont. L'église actuelle date en partie de 1724, elle est consacrée à Saint Georges.

 

L'histoire de Rougegoutte est liée à l'église dont on trouve la première mention en 1196. Le 9 juin 1196, le Pape Célestin III, confirmant les biens et les privilèges du chapitre St Maimboeuf de Montbéliard, signale parmi les dépendances de ce chapitre, l'église de la Rouge Goutte. Cette église est en effet située sur un promontoire au pied duquel coule, sur un fond de grès rose, une goutte (ruisseau) qui rougit lorsqu'il pleut. Elle fut construite sous le Premier Comte de Montbéliard qui régna de 1024 à 1070, en même temps que le château de Rosemont, sur cette voie du pied des Vosges qui allait de Bourgogne en Alsace comme dit ci-dessus, elle porte le vocable de St Georges comme presque toutes les chapelles des châteaux.

 

Au centre du village fleurit toujours un magnifique tilleul qui a plus de 400 ans d'existence puisque l'on sait qu'en 1715 il était déjà adulte, sans doute est-ce un arbre de justice planté vers 1578. Son tronc énorme présente des particularités puisqu'il est constitué de colonnes.


rougegoutte-2.jpg


Ce tilleul fleurit à Rougegoutte depuis plus de 400 ans. Il fut touché par la foudre à la fin du XIX ème siècle. Que ce vénérable tilleul, symbole de justice, cerclé a son pied de grès rose en 1985, s'épanouisse toujours en face de l'église dont ont trouve la première mention en 1196.


Direction château de Rosemond (les ruines d'un mystérieux château) ! Discret, il est maintenant un tas de pierres avec le vestige d'une tour. Dominant la vallée, ce petit fort est situé à Riervescemont dans le Territoire de Belfort. Le château a certainement été construit sous Louis de Mousson-Montbéliard. Ce fut la propriété de Jeanne de Ferrette-Montbéliard au XIV ème, puis le château revient à sa fille aînée, épouse de l'archiduc d'Autriche. Avant 1469, la forteresse est abandonnée et perd donc son rôle stratégique. La Rosemontoise, rivière du Territoire de Belfort prend sa source sur le ban de Riervescemont pour terminer sa course à Valdoie et se jeter dans la Savoureuse. Elle doit son nom au château de Rosemont cité ci-dessus.

abri-3.jpg

Direction col des sept chemins … un abri flambant neuf nous y attend ! Il vient d'être rénové et sent encore la peinture fraîche. La pluie a cessé et c'est avec plaisir que nous prenons place à table et faisons sécher les pèlerines.


rougegoutte-4.jpg

Au col des sept chemins


Une montée soutenue nous attend … dur dur après le repas ! Prochaine étape la chapelle Notre Dame du Grippot.


grippot-5.jpg

Notre Dame du Grippot


Chapelle Notre Dame du Grippot. Ce n'était à l'origine qu'une modeste tour hexagonale coiffée d'un toit en forme de pyramide. Elle avait été élevée par Justine Millot, épouse Vendrely, une pieuse femme de Grosmagny, qui, souffrant de fortes douleurs aux jambes avait été guérie après une neuvaine de prières devant une statuette de la Vierge nichée au creux d'un chêne depuis 1855. Elle se mit d'abord à travailler de ses propres mains à cette construction en utilisant des pierres presque toutes ramassées au clair de lune par des hommes de bonne volonté. À l'époque, le curé de Grosmagny avait lui-même choisi l'emplacement, un terrain situé au flanc sud du Fayé et dominant tout le village et la Trouée de Belfort. Le 15 août 1867 la Tour de David (c'est sous ce vocable que le petit oratoire avait été placé) était bénite et ouverte à la piété des fidèles. En 1869, elle fut à nouveau agrandie, et c'est le 16 juin 1875 qu'enrichie d'une pierre d'autel, elle fut bénite solennellement par le curé Sarazin, muni des pouvoirs nécessaires de Mgr Césaire, cardinal archevêque de Besançon en présence de nombreuses personnalités religieuses et civiles et d'une grande partie de la population du village et des environs. En 1933 une petite construction en forme de nef fut accolée à la tour offrant ainsi un abri au pèlerin venant faire leurs dévotions à la Vierge du Grippot. (explications affichées dans la chapelle).

 

C'est tranquillement que nous rejoignons Rougegoutte, cette coquette commune fleurie … et distinguée. En 1996, Rougegoutte obtient le Grand Prix National de Fleurissement et fait partie, à ce titre, de la centaine de sites remarquables français par la qualité de leur environnement végétal. Bravo à tous les habitants de cette charmante commune.


rougegoutte-6.jpg

église de Rougegoutte

 

Pendant ce temps, notre ami Yves, entame les derniers jours de son périple Wittenheim – Hendaye pour faire connaître le don d'organes.

http://dondorganes.over-blog.fr/

 

bientôt ce sera le retour au bercail et il retrouvera notre mascotte Eliott.

 

Marthe 


PS: cliquer sur les photos pour les agrandir.

Repost 0
29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 19:42

Mercredi 6 juillet 2011

 

Départ à Giromagny pour l'ascension de la Planche des Belles Filles. Giromagny, altitude moyenne de la ville environ 470 mètres, se situe à l'entrée de la vallée de la Savoureuse au pied des Vosges. À l'origine, le village dépendait de la paroisse de Rougegoutte. Avec le développement de l'exploitation des mines de la vallée et surtout le fait que la plupart des mineurs saxons, bavarois ou tyroliens ne parlaient pas le français, une nouvelle paroisse vit le jour en 1569. Elle fut rattachée dès lors au diocèse de Besançon. L'essor de Giromagny date de la fin du Moyen-Âge avec le début de l'exploitation des mines d'argent, de plomb et cuivre par les Habsbourg, alors seigneurs du Rosemont. L'activité des mines s'est poursuivie jusqu'au XVIII ème siècle, avec un fort ralentissement pendant la Guerre de Trente Ans.

 

En 1648, le cardinal de Mazarin devient propriétaire des mines de Giromagny, ce qui n'empêche pas leur déclin et un fort ralentissement économique de la ville qui durera jusqu'au Premier Empire. En 1868, les différentes usines Boigeol employaient plus de 1000 personnes et tissaient en 1882 des toiles de chanvre, lin et coton sur 310 métiers mécaniques et de nombreux autres métiers à bras. La commune comptait en outre une scierie et une tannerie, des tuileries et des moulins.


Querty-1.jpg

Col du Querty alt. 832 m

 

Le sentier continue à grimper, d'abord à la Haute Planche et continue jusqu'à la Planche des Belles Filles.

 

Sur le chemin, un énorme rocher fendu au milieu, surplombe la falaise, un cadeau de la nature comme nous en rencontrons tout au long de nos sorties.


rochefendue-2.jpg

La Roche Fendue

 

Altitude : 1 148 m, nous arrivons au sommet de la Planche des Belles Filles … et sommes récompensés par la beauté des paysages que nous offre cette petite station de sport d'hiver. Nous apercevons le Ballon de Servance et le Ballon d'Alsace. La Planche des Belles Filles offre cinq pistes de ski alpin et cinquante kilomètres de pistes balisées pour le ski de fond, avec possibilité de rejoindre le Ballon d'Alsace. Trois circuits raquettes sont proposés également.

 

Une question revient souvent : pourquoi ce nom énigmatique pour cet endroit retiré...

 

La Planche des Belles Filles aurait été le théâtre d'un abominable massacre au cours de la Guerre de Trente Ans... Entre 1618 et 1648, un terrible conflit opposant les Princes Protestants Allemands à l'autorité Impériale Catholique, s'internationalisait avec l'intervention de la France et de son alliée, la Suède. Les chefs mercenaires qui menaient cette guerre étaient à la tête de troupes indisciplinées de toutes origines, qui menèrent des actes cruels et dévastateurs !

 

L'Alsace, les Vosges et la Franche Comté souffrirent des Suédois qui étaient des plus barbares, pillages, viols, incendies et tueries étaient leurs actes quotidiens et favoris. En 1635, pendant l'hiver neigeux, les Suédois, aux ordres de Mansfeld, chef de guerre brutal agissant pour Richelieu, remontent la vallée du Rahin pour cantonner à Plancher les Mines. Les paysans des vallées du Rahin et de la Savoureuse (côté Belfort) se sauvent dans la montagne de Saint Antoine avec leurs pauvres biens et leur maigre bétail. Les épouses et les filles qui avaient encore plus à craindre de la horde de suédois, continuèrent leur chemin dans la neige jusqu'au sommet du Ballon d'Auxelles pensant être en sécurité... Une trahison mena les Suédois au refuge des paysans, le massacre dura toute la nuit... ils sont tous tués, seul un enfant réussit à s'échapper et courut vers les chaumes au sommet du ballon pour alerter les femmes. Malheureusement, dans la neige fraîche, les traces de pas sont facilement repérables et les soldats le suivirent... les femmes devinent le danger !! , afin d'éviter d'horribles tortures suivies d'une mort certaine, elles dévalent les pentes abruptes du Ballon pour se jeter dans les eaux noires et froides de l'étang situé plus bas. Une jeune fille, échappe à la noyade et raconte ce récit... on dit que depuis ce temps là, l'étang, mais aussi la planche qui le surplombe portent le nom de «Belles – Filles»

 

Au sommet, une stèle rappelle une période plus près de notre époque :


stele-3.jpg

stèle Gaston Wurtz

 

Gaston Wurtz, à l'âge de 34 ans, est tombé au combat, le 17 septembre 1944 contre les Allemands au sommet de la Planche des Belles Filles …

 

Nous descendons à la station pour gagner l'étang des Belles Filles niché dans la forêt … agréable endroit pour le pique-nique.


Pendant le repas nous assistons à un spectacle insolite offert gracieusement par les poissons peuplant ce magnifique étang. Ils nous présentent un ballet de sauts … c'est à celui qui réussit le meilleur saut … nous profitons tout simplement d'un show aquatique dans un endroit retiré du monde … dans un profond silence.


etangbellefille-4.jpg

Étang des Belles Filles

 

Le chemin de retour passe par Lepuix-Gy … avec un crochet à la scierie communale construite en 1878 à l'initiative de la municipalité afin de protéger ses intérêts forestiers, gérée depuis cette date par la famille Demouge. Actuellement redevenue propriété de la commune, remise en état, elle continue au rythme de l'eau sa fonction de valorisation du bois lors des journées de démonstration.


scierie-5.jpg

L'arrivée d'eau de la scierie communale

 

Historiquement, la bourgade de Lepuix-Gy, s'est développée sur deux axes principaux. D'une part, le long de la vallée de la Beucinière où se situent le village ancien et le plus grand nombre d'habitants et, d'autre part dans l'ancienne vallée glacière sur l'axe Giromagny-vallée de la Savoureuse jusqu'au hameau de Malvaux. Par ailleurs, la partie sommitale du Ballon d'Alsace a connu depuis plusieurs années une certaine urbanisation liée au tourisme et aux loisirs. Cet habitat éclaté et bien typé est très lié à l'histoire économique de Lepuix, village d'agriculteurs de montagne, complété au fil du temps d'exploitations minières et ensuite d'industries textiles. Le village d'aujourd'hui est devenu plus résidentiel qu'industriel et agricole, bien que ces deux caractéristiques n'ont pas complètement disparus.

 

Cerclés de montagnes, réserve d'eau et puits de mines, le village mérite bien son nom de Lepuix. En 1024, il s'agit d'un hameau dépendant du Haut Rosemont et de la paroisse de Chaux, c'est alors « LE PUIT ». En 1347, le village échoit à Jeanne de Ferrette, épouse de l'archiduc d'Autriche Albert II et devient « LE PUY ». La dénomination commune de LEPUIX GY n'est apparue que vers la fin de la guerre de 1914-18. Pourquoi avoir ajouté GY ? Il n'y a qu'une raison toute simple, GY, n'est que l'abréviation du chef-lieu de canton Giromagny. Plusieurs autres appellations ont été proposées par la suite (Lepuix la Forêt en 1961) ensuite (Lepuix en Ajoie) pour finalement rester Lepuix son appellation officielle et Lepuix-Gy en appellation usuelle.


scierie-6.jpg

La scierie communale à Lepuix Gy

 

L'exploitation des mines argentifères, de cuivre et de plomb se développe au début du XVI ème siècle. Cette activité est prospère et aurait pu continuer si la guerre de Trente Ans n'avait ruiné les travaux et la population. Jusqu'à la fin du XIX ème siècle, de nombreuses tentatives de remise en exploitation échouèrent malgré une richesse incontestable du sous-sol. Avec le déclin de l'industrie minière, les paysans-mineurs devinrent des paysans-bûcherons ou paysans-charbonniers ou alors s'expatrièrent. À la fin du XVII ème siècle, apparaît l'industrie textile avec les métiers à tisser à bras. Les premiers métiers mécaniques mus par la force hydraulique apparaissent en 1828.

 

De nombreuses usines sont construites sur le modèle anglais, les sheds. Au début du XX ème siècle, c'est l'apogée de la période textile. Restée soutenue jusqu'aux années 1960, elle s'affaiblira progressivement pour s'éteindre définitivement le 31 octobre 1987, par la fermeture du Tissage du Pont.

 

La force de l'eau … au milieu du siècle dernier presque chaque cours d'eau de la montagne vosgienne produisait de l'énergie par l'intermédiaire des roues à eau. Cette technique fut progressivement abandonnée avec l'industrialisation. Rénovées et entretenues ces installations étonnantes peuvent, aujourd'hui se visiter.


carriere-7.jpg

Carrière à Lepuix

groupeetang-8.jpg

les compagnons du mercredi vous saluent depuis l'étang des Belles Filles


Marthe


PS: cliquer sur les photos pour les agrandir.

Repost 0
11 février 2011 5 11 /02 /février /2011 14:55

Mercredi 2 février 2011

 

rougemont-1.jpg.jpg

les ruines du château de Rougemont le château

 

Aujourd'hui, la Chandeleur !! « Autrefois Chandeleuse » se fête le 2 février, soit 40 jours après Noël. Son nom vient du mot « chandelle ».

 

Si le deuxième de février
Le soleil apparaît entier
L'ours étonné de sa lumière
Se va mettre en sa tanière
Et l'homme ménager prend soin
De faire resserrer son foin
Car l'hiver tout ainsi que l'ours
Séjourne encore quarante jours

 

Évoquant aujourd'hui la coutume des crêpes, la Chandeleur est d'origine religieuse et aurait été instituée par le futur pape Gélase en 472. Tandis que le paysan y voyait jadis une sorte d'hommage à la déesse des Moissons, on pouvait assister à d'étranges rituels en ce jour de la Purification propice aux idylles champêtres, le cierge de la Chandeleur constituant un précieux talisman contre les mauvais coups du sort et les caprices du ciel. On organisait alors des processions aux chandelles le jour de la Chandeleur, selon une technique précise. Chaque croyant devait récupérer un cierge béni à l’église et le ramener chez lui en faisant bien attention à le garder allumé.

 

Entre temps, une autre tradition vit le jour : celle des crêpes. Cette tradition se rapporte à un mythe lointain selon lequel si on ne faisait pas de crêpes le jour de la Chandeleur, le blé serait carié pour l'année... on dit d'ailleurs : si point ne veut de blé charbonneux, mange des crêpes à la Chandeleur. De plus, chaque famille devait respecter la tradition de la pièce d'or. Cette tradition voulait que l'on fasse sauter la première crêpe de la main droite tout en maintenant une pièce d'or dans la main gauche. Cette pièce était ensuite enroulée dans la crêpe et déposée au-dessus de l'armoire de la chambre familiale jusqu'à l'année suivante. La pièce de l'année précédente était alors récupérée et offerte au premier pauvre croisé. Si tous ces rites étaient bien observés, le bonheur était assuré pour toute la famille... jusqu'à la chandeleur suivante bien sûr !!

 

Rendez-vous à Rougemont le Château pour l'assaut du Baerenkopf. Le village est situé au pied des Vosges du sud, à la limite entre la région de Franche-Comté et celle d'Alsace au point de jonction de deux anciennes voies romaines dont l'une reliait Langres à Strasbourg. Son nom, à l'origine Rubromonte ou Rubens Mons ou Rotenberg ou encore Rothenburg en allemand, est dû à la couleur de la roche affleurant à cet endroit. Actuellement chef-lieu de canton du Territoire de Belfort, la petite ville de Rougemont le Château faisait partie de l'Alsace médiévale par le biais du comté de Ferrette et était rattachée, jusqu'à la partition du Haut Rhin en 1871, au canton de Masevaux. La petite ville a, en effet, été créée par les comtes de Ferrette qui ont construit leur château urbain au pied de la montagne sur laquelle ils avaient déjà bâti la forteresse du Haut-Rougemont, ainsi que le château de Montori. Le village est traversé par la rivière Saint Nicolas qui prend sa source à 6 km dans le hameau du même nom au pied du Baerenkopf.


rougemont-2.jpg.jpg

Le ruisseau Saint Nicolas

 

Le départ de la balade se fait depuis la fouille l'Âne sur la route de Saint Nicolas. Une grimpette mène au hameau de Saint Nicolas blotti au creux de sa magnifique vallée, un havre de paix en toute saison, arrosé par la petite rivière qui prend sa source à 800 mètres d'altitude au pied du Baerenkopf. Son couvent, à l'origine, un orphelinat agricole confié aux dominicaines de Ste Catherine de Sienne. Rapidement traversé pour monter au carrefour du Trou du Loup où un oratoire dédié à la Vierge Marie attend les randonneurs. Une courte halte appréciée par tous avant de continuer l'ascension du Haquin puis le Mont Brûlé. Un peu sportive tout de même !!


rougemont-3.jpg.jpg

la vierge au carrefour du Trou du Loup


rougemont-4.jpg.jpg

Le Ballon Saint Nicolas est encore enneigé… c'est de saison !!

 

rougemont-5.jpg

Le Baerenkopf

 

Magnifiques paysages… la récompense du randonneur !! l'esprit libre, le marcheur avance sur le Ballon Saint Nicolas, à travers la forêt du Neuberg et rejoint l'abri du même nom pas très loin du Bruckenwald. Il est 11h53 juste à l'heure pour poser les sacs et reprendre des forces.

 

Le chemin du retour ne manque pas de charme… direction le Sudel. Le temps est si beau... et incite à lézarder au soleil. Une descente pour une visite à la Chapelle Saint Catherine et sa source. La chapelle que l'on découvre en pleine forêt, non loin du château féodal, est la troisième. Celle-ci construite à l'initiative de la famille de Gaston Ehrard, industriel et maire de Rougemont, est consacrée à Sainte Catherine. L'endroit devient rapidement un lieu de pèlerinage, car l'eau de la source Saint Catherine, située à côté de la chapelle, est réputée guérir les maladies des yeux.

 

Derrière la chapelle, les vestiges de la maison du moine mentionnée dès 1441. Des ermites s'y installèrent. Mis à jour en 1985, ce bâtiment comprenait trois pièces : une cuisine, au sol pavé de briques et de pierres avec, dans l'angle nord-ouest, l'embase et la sole d'un four à pain ; au centre, la seule pièce chauffée grâce à un fourneau à carreaux de poêle dont il subsiste le socle dans l'angle contigu au four à pain. Les éléments constituant ce poêle ont été retrouvés. Les carreaux à glaçure verte présentent pour moitié Saint Georges terrassant le dragon ou un vase avec trois tulipes ; de la troisième pièce il ne reste que la partie basse à usage de cave.

 

Ce lieu de pèlerinage restera important jusqu'à la fin du XIX ème siècle. Probablement, la chapelle actuelle est construite sur la première. La deuxième chapelle date de 1650, des comptes paroissiaux de 1727 à 1728 révèlent des offrandes soixante-quinze fois supérieures à celles trouvées dans le tronc de l'église du village de Rougemont...


rougemont-6.jpg

la chapelle Sainte Catherine

 

rougemont-7.jpg

la source Sainte Catherine

 

Revenir un instant sur ses pas pour emprunter le sentier qui conduit directement aux ruines du château.

 

Le retour dans le passé continue par une visite au château de Haut-Rougemont, appelé le « vieux château » situé au-dessus de la petite ville d'origine médiévale de Rougemont-le-Château. Ce château renaît de ses ruines et d'un oubli quasi total depuis qu'une équipe d'archéologues a entrepris de sérieuses fouilles en 1977. Les fouilles menées à Haut-Rougemont ont permis de mettre en évidence un château fort, militairement conçu. Un donjon cylindrique, enchemisé par les remparts protège du côté de l'attaque, le château bâti en bout de crête et séparé de la montagne par un profond fossé. Le bâtiment principal, le long de la muraille nord, comprend, au niveau inférieur des communs et au niveau supérieur, l'habitation seigneuriale avec oratoire, salle à manger et chambre à coucher. Il est flanqué d'une salle de gardes. D'autres bâtiments (forge, écurie, habitation...) et un puits ont été dégagés. L'accès au château s'effectue par une barbacane (avant-poste fortifié). Les amateurs de vieilles pierres s'y rendent et ne sont pas déçus. Pour franchir le fossé, un solide pont fixe remplace au XXI ème siècle un pont mobile ou levis qui devait être la première défense passive du château.

 

Situé à 736 m d'altitude, le château fut édifié par les comtes de Ferrette, très certainement vers la fin du XII ème siècle. À l’extinction de la lignée en 1324, il passe par héritage aux Habsbourg. Le château sera incendié et détruit à la fin du XIV ème siècle par Enguerrand de Coucy.


rougemont-8.jpg

La citerne du château

 

Au Moyen-Âge, l'eau est une préoccupation importante, et dans un château, en cas de siège de l'ennemi, il est important d'avoir une réserve pour plusieurs jours ! Mais comment avoir de l'eau ?

 

Primo : construire un château à côté d'une rivière ou détourner un ruisseau. Solution possible que sur les constructions en plaine… souvent, ces châteaux ne comportent pas de fossé mais des douves.

 

Secundo : pour les châteaux installés sur une colline, il est possible de forer un puits.

 

Tertio : pour la grande majorité des châteaux médiévaux construits sur un pog ou une haute colline rocheuse, le puits est impossible… La solution reste la récupération des eaux de pluie dans une citerne. Mais cette eau descendant des toits est chargée de poussières, il faut donc la filtrer.

 

À Rougemont, le puits était impossible, il fallait donc construire une citerne à filtration. Elle est de forme circulaire ce qui est classique. C'est un immense trou, dont les parois et le fond sont recouverts d'argile. Au centre, un couvercle protégeait l'orifice pour puiser l'eau potable. À l'extérieur, les eaux de récupération sont filtrées par le passage dans une succession de couches de galets, pierres et sable.

 

Retour à la fouille l'Âne par le Plainot à travers une magnifique forêt.

 

Après cette merveilleuse journée… ne pas oublier de confectionner les crêpes en hommage au soleil !!

rougemont-9.gif

 

à la semaine prochaine…

Marthe

Repost 0
1 octobre 2010 5 01 /10 /octobre /2010 17:13

Mercredi, 25 août 2010

Servance : selon une légende locale... l'emplacement de Servance était autrefois occupé par un lac d'origine glaciaire. Vers 1300, la fille du seigneur de Montandré s'y noya et, pour retrouver le corps, son père fit ouvrir le verrou glaciaire, à l'emplacement de l'actuel Saut de l'Ognon. Dans la vallée asséchée se construisit plus tard le village de Servance.

grilloux-1.jpgLes merveilleux paysages de l'automne

Il y a 12 000 ans, les glaciers se sont retirés en laissant derrière eux un paysage remarquable d'étangs, de forêts, de landes et de tourbières. Dès le XI ème siècle le plateau et ses étangs ont été façonnés par l'homme. Le plateau des Mille Étangs, sur une superficie de 200 km² est composé de terres pauvres et marécageuses, il offre un paysage ressemblant aux vastes étendues finlandaises. 

Les glaciers disparus depuis 12 000 ans ayant creusé mille et une cuvettes dans lesquelles étangs et tourbières se sont nichés, l'homme allait transformer ce territoire en une immense réserve piscicole, constituée d'environ 850 étangs et non mille, tant pis pour la magie des chiffres ronds ! Mais qu'importe on gardera son appellation. Les étangs n'ont rien de naturel, ils ont été crées à partir du XI ème siècle par les moines défricheurs et les paysans qui dépendaient de l'abbaye de Luxeuil les Bains. Ils ont longtemps constitué la principale ressource de la région... Nul ne pourra rester indifférent au charme des Mille Étangs ! Vision d'une nature magnifique, entretenue par la main de l'homme. Situé dans les Vosges saônoises, entre la vallée du Breuchin qui arrose Luxeuil les Bains et la vallée de l'Ognon qui arrose Lure. L'Ognon est une rivière longue de 215 km entièrement en Haute-Saône même si elle longe le Doubs et le Jura. Sa source se trouve à Château Lambert à 904 m d'altitude sur les pentes du ballon de Servance. 

À Servance, le saut de l'Ognon creusé à travers la roche d'un verrou glacière fait une chute, d'aspect triangulaire de 13 mètres.

grilloux-2.jpg

Le départ se situe sur l'aire de pique-nique du plateau des Grilloux sur une petite portion de route goudronnée direction des Granges du Monthury.

À l'origine des étangs, l'extraction de tourbe et lapisciculture. Les centaines d'étangs des Vosges Saônoises ont en effet été crées par l'homme, à l'époque médiévale, afin de procéder à l'extraction de la tourbe. Ce combustible de chauffage peu efficace était alors utilisé par les familles les plus démunies. Parallèlement, la pisciculture se développant à travers l'Europe à partir du XII è siècle a catalysé l'aménagement d'étangs dans cette zone rude, où les moindres ressources disponibles étaient exploitées rationnellement. D'étang en étang nous découvrons ce lieu magique plein de richesses et d'histoire. Il est prudent de ne pas s'aventurer à l'aveuglette sur le plateau des Milles Étangs et de bien préparer sa randonnée... les habitants du coin ne se trompent aucunement en disant à l'étranger se risquant pour la première fois «  que vous le vouliez ou non, vous vous perdrez » !  à méditer...

Petite Rocholle, Grande Rocholle nous cheminons sur des sentiers agréables... jusqu'aux Viaux-Dessus, magnifique étang. Nous restons un instant à flâner autour de ce bel étang, un régal pour les yeux et la libération totale de l'esprit.

Arrivés à la Goutte du Frêne, après avoir traversé la cour d'une grande ferme, deux étangs s'offrent à nos yeux. La décision de prendre le repas sur le bord de l'un des deux fait l'unanimité.  

grilloux-3

Sur les feuilles de nénuphars, les grenouilles lézardent au soleil sans se soucier des promeneurs.

grilloux-4.jpg

La Goutte du Frêne

La Goutte du Frêne, que les cinéphiles ont certainement reconnu pour être un lieu de tournage d'une scène du film « les Rivières Pourpres 2, les Anges de l'Apocalypse ».

Le Plateau des Grilloux est parsemé de plans d'eau tous plus beaux les uns que les autres... tantôt entourés de landes, tantôt de tourbières tantôt de pâtures. Bon nombre de ces étangs sont privés, mais l'accès aux rives reste cependant relativement accessible pour le randonneur respectueux. Comme dans toutes les tourbières, le bouleau est très présent autour des étangs.

grilloux-5.jpgUn autre aspect de la Goutte du Frêne

Direction Les Grilloux, le Pré Guénée puis le Pré Boichey. Aux Rouillons... le plaisir de randonner est à son comble ! Tant de beauté... le lieu-dit les Rouillons est aussi un paradis pour les pêcheurs.

grilloux-6.jpgles Rouillons

Après Frahy le retour à l'aire de Pique-nique du plateau des Grilloux se déroule entre de superbes étangs de toutes formes, il y a bien longtemps que personne ne compte plus le nombre d'étendues d'eau que nous croisons depuis le matin.

grilloux-7.jpg

Et voilà comment se termine cette randonnée à la rencontre d'une nature préservée du Plateau des Mille Étangs. Àtravers forêts et landes, le paysage marqué par l'omniprésence de l'eau, une multitude d'étangs, ruisseaux et cascades, d'étranges tourbières avec une végétation particulière nous a offert un dépaysement total de l'homme avec la nature.

à bientôt

Marthe et les compagnons

Repost 0
14 septembre 2010 2 14 /09 /septembre /2010 18:04

Mercredi 4 août 2010

Le Territoire de Belfort ! cher à mon époux, pour cause ! Un véritable belfortain.

Curieux département que le Territoire de Belfort et original à bien des égards ! Je vous rappelle que ce petit territoire faisait partie du Haut-Rhin !! il est devenu un département français par une loi de 1921 suivi d'un décret de février 1922.

Belfort, autrefois lambeau d'Alsace, demeura français après le désastre de 1870, il devait réintégrer le Haut-Rhin après la reconquête des provinces perdues et ne reçut de ce fait qu'un statut administratif provisoire. L'Alsace et la Lorraine redevinrent françaises en 1918, mais le Territoire ne rejoignit pas le Haut-Rhin. Il devint par la suite, le 90ème département français. De ce département, Belfort en est le cœur, la matrice, car il est né d'elle, il est le fruit de son héroïque résistance en 1870-71.

C'est autour de la ville qu'il s'est constitué et qu'il s'est forgé une identité. De 1871 à 1914, durant plus de 40 ans, Belfort l'a porté à bout de bras et a contribué à transformer la chétive entité administrative provisoire en un département de plein exercice. Epoque oubliée bien que proche de la nôtre. (texte sorti de la préface du livre «Belfort autrefois 1871-1914» d'André Larger).

truite-1.jpgSaut de la Truite

Le lion de Belfort,statue en grès rose adossé au flanc du château dominant la ville, œuvre du sculpteur colmarien Frédéric-Auguste Bartholdi, également connu sous le nom de Amilcar Hasenfratz, symbolise la vaillance de ses défenseurs lors du mémorable siège de 1870/1871.

Départ : 8h30 parking à Malvaux pour une balade de 15 km600 profil 870 m direction Saut de la Truite 11 marcheurs présents. Yves excusé pour raisons professionnelles nous a délégué son épouse et Eliott bien entendu !!

Le sentier des cascades, site classé du Ballon d'Alsace nous mène du saut de la Truite aux cascades du Rummel, alt. 803 m. La Savoureuse, quel joli nom ! qui arrose Belfort, prend sa source au sommet du Ballon d'Alsace à 1200m d'altitude. Dans les premiers kilomètres sa pente est de l'ordre de 200m au km, torrent de montagne bondissant sur les rochers taillés par les glaciers pour se calmer à l'arrivée dans l'étang du Petit Haut, avant de se précipiter dans la cascade du Rummel.

truite-2.jpg

La savoureuse traverse l'étang du Petit Haut, utilisé autrefois pour alimenter en eau des usines textiles de la vallée. On ne peut qu'admirer la beauté sauvage de cet étang perdu dans la forêt au pied du Ballon d'Alsace.

Cette même Savoureuse, aura perdu plus de 600m d'altitude un peu plus bas, à la roche du Cerf, le verrou glaciaire de Malvaux.

Appelée la capricieuse Savoureuse, vu que son régime est celui d'un torrent. Son débit peut varier de 0 à 209 m³/s. comme lors de la crue du 15.2.1990 qui a provoqué des dégâts considérables... Ces variations sont dues principalement au fait que l'essentiel de ses eaux vient des précipitations sur le massif du Ballon d'Alsace, un des endroits le plus arrosé de France ; associé à un redoux faisant fondre le manteau neigeux couvrant le massif des Vosges une forte montée des eaux se déclenche.

Après les cascades du Rummel nous laissons la Savoureuse et continuons sur un large chemin en légère montée jusqu'à l'étang des Roseaux situé à 866 m d'altitude.

Endroit charmant, le plan d'eau encercle une petite île, le tout dans un écrin de verdure, que c'est beau !!. nous nous laissons charmer !!

truite-3.jpg

C'est avec regret que nous laissons ce bel endroit et continuons notre chemin vers le Plain de l'Epine à 1030 m tout à côté du refuge de la Grande Goutte.

Le bel abri nous offre un peu de repos avant de rejoindre, par le col 1078, l'étang du Petit Haut alt.920 m dont je vous ai tracé le portrait un peu plus haut, vous savez celui qui est traversé par la Savoureuse. Pour y arriver nous passons une zone humide, nos pas s'enfoncent dans la gadoue qui nous entoure. Un vrai parcours du combattant ! Enfin l'étang se dessine devant nous, les mauvais passages sont aussitôt oubliés !! Je sais, pour y être passé plusieurs fois, que la zone humide est présente en toute saison et par tous les temps.

Après l'étang du Petit Haut un sentier serpente et grimpe à travers bois et mène sur la route au niveau du restaurant «La Chaumière» qui est tout simplement un ancien poste de gardes frontières. Nous traversons la route et gagnons le GR 5 pour grimper au Plain de la Gentiane alt. 1093 m. Avant d'entreprendre la grimpette nous passons à une chose importante, la pause casse-croûte.

Avant d'arriver au sommet nous nous arrêtons devant un chalet ayant appartenu à Jean Pierre Etienne, alpiniste disparu sur le GR20 en Haute Corse lors d'une traversée à ski avec sa chienne Lola en 2003.

Nous avançons vers le Wissgrut qui tirerait son nom de «Im weissen Gereuth» le défrichage blanc tel qu'on le nommait en 1597 selon un écrit glané sur le net.

En gravissant une croupe herbeuse pour saluer une Vierge défiant les tempêtes, nous bénéficions d'une large vue sur le Ballon d'Alsace, la vallée de Masevaux et le Territoire.

Devant la ferme du Wissgrut de superbes troupeaux dans les pâturages font très souvent le plaisir des randonneurs. Une descente raide nous mène au col du Chantoiseau et son abri.

Après un court repos nous dévalons le sentier pentu, jonché de fleurs et rejoignons Malvaux, faisons une boucle pour longer la Savoureuse, douce promenade le long de l'eau, endroit reposant, et voilà la sortie touche à sa fin.

truite-4.jpgLa joyeuse troupe vous salue devant l'étang de Petit Haut...

À la prochaine

Marthe

Repost 0
26 avril 2010 1 26 /04 /avril /2010 16:54

Mercredi 14 avril 2010

auxelles-1.jpg

 

Aujourd'hui, virée dans le Territoire de Belfort avec une petite incursion en Haute Saône...

Petit village du Territoire dans la région de Franche Comté, Auxelles-Haut (en franc-comtois Ossare-Hât) fait partie du canton de Giromagny. Appelés les Quichelots et Quichelottes, les habitants d'Auxelles-Haut résident à une altitude de 584 m et voient passer les nombreux randonneurs à l'assaut des sentiers qui les conduiront au sommet de la Planche des Belles Filles à 1 148 m d'altitude.

 

Auxelles-Haut, Ober-Assel, comme on l'appelait à l'époque autrichienne, doit son existence à l'exploitation minière qui s'est développée dès la fin du XIVème siècle dans tout le nord du département. Des mineurs venus du Tyrol et de Saxe immigrent au XIVème siècle pour travailler au creusement des puits et des galeries pour l'extraction du minerai de plomb et d'argent. Ce métal obtenu est alors utilisé par les ateliers de frappe de monnaie. L'exploitation des mines avait cessé à la fin du XVIIIème siècle, les filons les plus rentables étant épuisés. Plus tard un tissage mécanique, entraîné par la force de l'eau est construit par l'industriel Boigeol. Des étangs portent encore son nom.

 

Le Territoire de Belfort faisait partie du Haut-Rhin, il est né en 1871 du traité de Francfort qui mettait fin à la guerre de 1870. Alors que l'Allemagne annexait par ce traité la plus grande partie de l'Alsace et une part importante de la Lorraine, l'extrême sud-ouest du Haut Rhin autour de Belfort fut laissé à la France et ainsi séparé de l'Alsace. Original, ce Territoire de Belfort par le fait d'être un département jamais crée officiellement. Ce lambeau d'Alsace, appelé Territoire de Belfort/Haut-Rhin est pourvu pendant 50 ans d'un statut administratif provisoire dans l'attente du retour des provinces perdues. L'Alsace et la Lorraine redevinrent françaises en 1918, mais le Territoire de Belfort ne rejoignit pas le Haut-Rhin et le statut provisoire demeura. Il devint, en 1922, le 90 ème département français.

8h50 départ au pied de l'église d'Auxelles... Sylvie, Jacques, Kevin et Marlène, leurs enfants, ainsi que Danielle sont venus renforcer le groupe. 18 marcheurs, à l'assaut de la Planche des Belles Filles...

auxelles-2.jpg

 

de superbes forsythias annoncent le printemps...

 

À la sortie du village nous traversons un torrent et prenons le raidillon qui nous fait prendre conscience que nous allons monter... !! Sur le sentier grimpant au col du Querty, à différents endroits, l'on trouve des plaques, des croix, des stèles rappelant aux passants le sacrifice des résistants, enfants du pays, tombés lors des combats de 1944...

Après le col de Querty et malgré les magnifiques forsythias annonçant le printemps au départ d'Auxelles, la neige nous attend sur le chemin forestier direction l'étang des Belles Filles !! encore présente la neige...

auxelles-3.jpg

 

une bonne couche de neige...

 

enfin l'étang se dévoile à nos yeux, un havre de paix... il fait froid, le soleil a disparu derrière un rideau de nuages... malgré tout nous apprécions un arrêt dans ce petit paradis...

auxelles-4.jpgEliott est le premier à s'approcher de l'étang, il a soif... bien parti pour vider l'étang...

 

Ici pas de neige... mais ça ne dure pas... Derrière l'étang un sentier recouvert de neige grimpe à la Planche des Belles Filles, une question me vint aux lèvres, pourquoi ce nom énigmatique pour cet endroit retiré...

La Planche des Belles Filles aurait été le théâtre d'un abominable massacre au cours de la Guerre de Trente Ans... Entre 1618 et 1648, un terrible conflit opposait les Princes Protestants Allemands à l'autorité Impériale Catholique, s'internationalisait avec l'intervention de la France et de son alliée, la Suède. Les chefs mercenaires qui menaient cette guerre étaient à la tête de troupes indisciplinées de toutes origines, qui menèrent des actes cruels et dévastateurs ! L'Alsace, les Vosges et la Franche Comté souffrirent des Suédois qui étaient des plus barbares, pillages, viols, incendies et tueries étaient leurs actes quotidiens et favoris. En 1635, pendant l'hiver neigeux, les Suédois, aux ordres de Mansfeld, chef de guerre brutal agissant pour Richelieu, remontent la vallée du Rahin pour cantonner à Plancher les Mines. Les paysans des vallées du Rahin et de la Savoureuse (côté Belfort) se sauvent dans la montagne de Saint Antoine avec leurs pauvres biens et leur maigre bétail. Les épouses et les filles qui avaient encore plus à craindre de la horde de suédois, continuèrent leur chemin dans la neige jusqu'au sommet du Ballon d'Auxelles pensant être en sécurité... Une trahison mena les Suédois au refuge des paysans, le massacre dura toute la nuit... ils sont tous tués, seul un enfant réussit à s'échapper et courut vers les chaumes au sommet du ballon pour alerter les femmes. Malheureusement, dans la neige fraîche, les traces de pas sont facilement repérables et les soldats le suivirent... les femmes devinent le danger !! , afin d'éviter d'horribles tortures suivies d'une mort certaine, elles dévalent les pentes abruptes du Ballon pour se jeter dans les eaux noires et froides de l'étang situé plus bas. Une jeune fille, échappe à la noyade et raconte ce récit... on dit que depuis ce temps là, l'étang, mais aussi la planche qui le surplombe portent le nom de «Belles – Filles»

Nous traversons de magnifiques hêtraies et arrivons à la Buvette au pied de la piste de ski. Il est midi et nous décidons de faire l'arrêt repas sur les marches de l'escalier de la buvette. La saison hivernale close, la buvette attend sagement les beaux jours et ses estivants.

auxelles-5.jpg

 

Après le repas nous nous trouvons sur un sentier recouvert de neige glacée... toute notre attention est en éveil pour arriver sains et saufs devant la roche fendue. Là nous sommes récompensés de nos efforts... voyez vous-même !! Un énorme rocher séparé au milieu, surplombe une falaise !! un cadeau de la nature comme nous en rencontrons tout au long de nos sorties.

auxelles-6.jpg

 

la roche fendue à 1 087 m alt.

 

Après cela c'est le sommet de la Planche des Belles Filles qui nous attend ! Nous avons bien fait de pique-niquer plus bas car le vent s'est levé et il fait nettement plus froid !! cela n'enlève rien à la beauté des paysages aux alentours que nous offre ce sommet alt. 1 148 m. Nous apercevons, le Ballon de Servance et le Ballon d'Alsace que nous allons très prochainement relier depuis Saint Maurice sur Moselle. Une belle rando en perspective !

Petite station située à 1 148 m d'altitude, la Planche des Belles Filles offre cinq pistes de ski alpin et cinquante kilomètres de pistes balisées pour le ski de fond, avec possibilité de rejoindre le Ballon d'Alsace. Trois circuits raquettes sont proposés pour découvrir cette station des Vosges.

L'été le plaisir est immense sur le GR 533 pour randonner en toute liberté !! Une raide descente nous fait dévaler jusqu'à un vaste espace dénudé... la Lande du Mont Ménard comprise entre 630 et 850 m d'alt. Déboisé à une époque très ancienne, sans doute pour permettre un pâturage pour chèvres et vaches. Un abri surplombe cette lande bien explosée, à nouveau envahie par des milliers de genêts, myrtilles, ronces et sorbiers. Je m'imagine cette lande au moment de la floraison des genêts... Plus bas une statue de la Vierge veille sur les communes d'Auxelles Haut et Bas.

auxelles-7.jpg

 

au sommet de la Planche des Belles Filles

 

Au-dessus de nos têtes, un étrange oiseau bleu a pris son envol... et nous salue... bon vent l'ami !

auxelles-8.jpg

 

Une journée bien remplie... on ne peut qu'être heureux et apaisé après une telle sortie...

 

À bientôt

Marthe et les compagnons

Repost 0