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27 août 2011 6 27 /08 /août /2011 17:38

Dimanche 31 juillet 2011

 

Nous quittons la Guienette et le Jura. Sur le chemin du retour nous allons faire une halte à Mouthier-Haute-Pierre pour une randonnée à la source de la Loue.


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C'est avec regret que nous quittons Françoise et François, mais il faut prendre le chemin du retour mais pas sans ajouter une randonnée supplémentaire à notre week-end.

 

Mouthier-Haute-Pierre, dernier village avant les gorges de Nouailles … avec ses paysages fantastiques où circulent des légendes fabuleuses. Dès les premiers siècles, des religieux fondent le village. Ils défrichent, plantent de la vigne et construisent une abbaye qui figure parmi les grandes abbayes des Gaules. Le célèbre Cardinal de Granvelle fit rebâtir la maison prieurale qui existe encore de nos jours. En aval de la source de Loue, au décor grandiose des gorges de Nouailles, succède un amphithéâtre de verdure qui sert d'écrin à Mouthier-Haute-Pierre. Cette ancienne cité vigneronne, aujourd'hui réputée pour son kirsch, regroupe, autour du monastère qui lui a donné naissance au IX ème siècle, des maisons pittoresques construites sur un réseau complexe de caves voûtées encore équipées de leurs pressoirs. Tout au long des ruelles étroites on découvre sur les façades et les cours, des statues et des vestiges architecturaux uniques.

 

Le Kirsch, si la vigne a disparu, les cerisiers donnent les fameuses marsottes produisant un Kirsch très réputé.

 

La flore, souvent très spécifique, que l'on découvre sur le territoire de Mouthier-Haute-Pierre, est due aux conditions thermiques, lumineuses et hydriques favorisant des formations herbacées primaires à caractère méditerranéen ou steppique.

 

Son église du XV ème siècle avec son cadran solaire et son clocher en tuf, régulièrement visité par l'hirondelle du rocher. Sur le parvis de l'église, la statue de Saint Vernier, saint patron des vignerons, veille sur les éventuelles frasques des buveurs de kirsch.


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l'église Saint Laurent de style gothique

 

Césaire Phisalix (1852-1906) fait ses études au petit séminaire d'Ornans, puis au collège catholique de Besançon. Il est reçu docteur à Paris en 1877. Médecin militaire en Tunisie puis en France, il se spécialise dans la zoologie et devient assistant au Muséum, c'est là qu'il poursuit des recherches et vers 1890, il met au point le vaccin contre le venin des reptiles (vipères) et des batraciens qui lui vaut le prix Monthyon. En 1898, il obtient le prix Bréaut pour l'ensemble de ses travaux. Il était l'époux de Marie Phisalix, née Picot, la spécialiste française des animaux venimeux et des venins.


Dans la Mairie se trouve le petit Musée Phisalix, musée d'histoire naturelle de la faune régionale.


Un curieux « Droit d'arbre » est peut-être à l'origine de la multiplication des arbres fruitiers à Mouthier. Dans les temps très anciens, les habitants du village pouvaient planter des arbres fruitiers dans les communaux, ils en étaient alors les propriétaires et eux seuls pouvaient en cueillir les fruits...


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la Fontaine place du Prieuré

 

Nous débutons la rando, Place du Prieuré devant la fontaine avec une explication fort intéressante :

 

Depuis le 12 ème siècle, le village dût sa prospérité à son vignoble accroché aux coteaux jusqu'à 600 mètres d'altitude. Ses vins clairs, parfumés et capiteux furent longtemps renommés et les noms de ses principaux crus (Fonsemagne, Montevrez et Braye) sont encore présents dans la mémoire des anciens. C'est au 16 ème puis au 17 ème s. que les vignobles connurent leur apogée. Ces vins s'exportaient vers les plateaux jusqu'en Alsace, en Suisse et même à la cour de l'Empereur d'Autriche. Mais au cours du 19 ème siècle, l'épidémie de phylloxéra a fait chuter sa qualité puis l'amélioration des transports et l'extension des vignobles de Bourgogne et du Midi ont conduit à son déclin.

 

Aujourd'hui, il ne reste que des traces de murets en pierres sèches appelés murgets, vestiges de cette culture en terrasse. Désastre de 1895. Le 24 mai, un terrible orage s'abat sur la commune. En moins d'une heure, la terre des vignes est ravinée, les rues du village sont comblées de terre, de pierres et de grêle, les caves remplies d'eau jusqu'à la voûte ...

 

Nous descendons vers le bas du village et traversons la Loue grâce au vieux pont très pittoresque.


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Le pont sur la Loue à Mouthier-Haute-Pierre

 

Nous empruntons un sentier qui n'est plus balisé, assez sportif tout de même, nous sommes récompensés dans la montée ... un magnifique chamois se tient à quelques mètres de nous.


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C'est toujours un moment très émouvant

 

Quelques grimpettes sportives … avant d'arriver au croisement Malchenaux, endroit rêvé pour pique niquer.


champignon-6Ça sent déjà l'automne

 

Nous voilà au-dessus des gorges de Nouailles. Ici la Loue a creusé un canyon profond et sinueux au cœur du massif calcaire. Corniches arides, falaises rocheuses, versants ombragés ou ensoleillés accueillent une flore diversifiée.

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Les Gorges de Nouailles

 

Les Tufs calcaires, très fréquents dans les gorges de Nouailles, ils naissent de la rencontre de l'eau et de la végétation. Au niveau des multiples sources et cascades, l'eau, très riche en calcaire dissout, forme des dépôts qui encroûtent et pétrifient la végétation présente (mousses, algues et fougères). La roche ainsi formée est très poreuse, légère, isolante et résiste bien à la chaleur. Les tufs étaient autrefois exploités comme matériaux de construction dans la fabrication des cheminées et des voûtes. On en voit de beaux exemples dans les maisons à Mouthier et dans bien d'autres villages de la vallée.

 

Un sentier raide descend à la source de la Loue. Cette Loue qui jaillit, déjà formidable, d'une mystérieuse caverne et qui, se prenant pour un torrent alpin, saute de rochers en rochers. Résolument, la Loue s'engage dans les gorges de Nouailles, véritable canyon calcaire de quatre cents mètres de profondeur. De maigres broussailles s'accrochent pourtant aux versants abrupts pour, en été les habiller de vert.


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La source de la Loue

 

La source de la Loue est une résurgence du Doubs, cela a été découvert par hasard en 1901 quand, frappées par la foudre, un grave incendie se déclare dans les usines Pernod de Pontarlier. 650 m³ d'alcool, dont 470 m³d'absinthe sont alors déversés dans le puits perdu de l'usine et dans le Doubs. Deux jours plus tard une forte d'odeur d'absinthe est décelée à la source de la Loue et jusqu'à 25 km en aval.

 

La Loue, longue de 126 kilomètres est une résurgence de la rivière Doubs. Elle a creusé son lit dans les plateaux calcaires du Jura avant de rejoindre le Doubs en aval de Dole. C'est entre la source de la Loue et Ornans, capitale de la haute vallée de la Loue, que la vallée présente le plus d'intérêt. En quelque 20 kilomètres, la rivière perd 229 m d'altitude, elle coule au fond de gorges souvent boisées. La rivière sait se ménager des instants de repos pour que se mirent, en ses eaux limpides, les roches et la végétation des berges. Rivière non seulement courante, mais furieuse et ravissante. La Loue, comme les hommes, est capable de folies quand les pluies sont trop abondantes et se mêlent à la fonte des neiges du Haut-Doubs.

 

Nous retournons à Mouthier par le magnifique sentier qui longe les berges de la Loue. La rivière tient ses promesses jusqu'à Mouthier-Haute-Pierre, sur quelques six kilomètres, elle roule de cascade en cascade, emprisonnée entre deux murailles , haute de plus de deux cents mètres, des superbes Gorges de Nouailles, au fil de la route qui longe sur sa rive droite, des belvédères offrant de belles perspectives sur les profonds méandres.


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Barrage de Mouthier sur la Loue


Au niveau de l'eau torrentueuse, les falaises étagées, les petits replats boisés, la régularité des corniches et l'étroitesse du défilé prennent leurs véritables dimensions, grottes ou rochers saillants. Au fond de cette puissante entaille, le voisinage des rivières souterraines est sensible.


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La Loue roule de cascade en cascade …


Non loin, la source du Pontet jaillit d'une caverne de tuf calcaire entourée de verdure, la grotte de la vieille roche, trop plein du Pontet, les plateaux avoisinant sont en revanche le domaine des gouffres. Tant de rivières à éclipses, tant de sauvage grandeur, tant de mystère ont depuis toujours inquiété les habitants du pays. Aussi les bénédictins élevèrent-ils, au moyen âge, un monastère rassurant.

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Source du Pontet


Plus haut, la célèbre grotte des Faux-Monnayeurs est un des plus importants site de l'âge de Bronze du Doubs par la quantité et la qualité de mobilier métallique recueilli au cours des années 1960 (épingles, bracelets, couteaux etc …)


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entrée de la célèbre grotte des Faux-Monnayeurs


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Retour à Mouthier

 

et visite de l'église Saint Laurent avant le retour en Alsace.

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Intérieur de l'église à Mouthier-Haute-Pierre

 

superbe randonnée … que du bonheur

 

à bientôt

Marthe

 

PS: cliquer sur les photos pour les agrandir.

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2 août 2011 2 02 /08 /août /2011 16:07

Dimanche 3 juillet 2011

 

Site attrayant et mystérieux à la fois

 

Charquemont,située dans le département du Doubs, région Franche-Comté. Les habitants de Charquemont sont appelés les Charquemontais. En langage populaire, on les appelle les «Cent Sous» et, ou, «Sans sous», puisqu'à l'époque, le salaire perçu par les horlogers charquemontais, était de cent sous, qu'ils dépensaient très vite dans l'un des 46 bistrots du village !!! d'où le sans …


Origine du nom : s'il n'y a pas de doute quant à la seconde partie de Charquemont (évocation de la situation) «en montagne» de la localité, l'étymologie de la première partie est encore obscure. Peut-être vient-elle du latin «essartus», un essart étant le résultat du défrichement d'une contrée très boisée. Au XI ème siècle, Charquemont est encore couverte de «joux», forêts de résineux où ne s'aventurent que les chasseurs et les chercheurs de poix. Au XIII ème siècle, Charquemont est en cours de défrichement, notamment les côtes «au dessus de la mort».

 

Charquemont est un des berceaux de l'horlogerie française. En effet, dès le XVIII ème siècle, de nombreux métiers ont émergé et ont activement participé à l'élaboration de la production horlogère. Aujourd'hui, cet héritage de savoir-faire se traduit par une main d'œuvre très spécialisée, hyper-qualifiée et reconnue comme telle au sein du «Pays Horloger» et bien au-delà de nos frontières. Une société de fromagerie, certifiée au niveau européen, complète cette forte implantation industrielle.

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Les gorges du Doubs ...


C'est au parking de l'usine de Refrain que démarre la randonnée … des échelles de la Mort.

 

Un terme qui fait frissonner … et pour cause :

 

Il fut un temps, les échelles étaient de simples troncs d'arbres traversés par des bouts de bois, puis des échelles de bois à doubles montants leur succédèrent.


Ce site chargé d'histoire, enclavé dans la haute vallée du Doubs ou «Vallée de la Mort», témoigne de la crainte suscitée jadis par ces lieux peuplés de légendes, où de nombreux accidents mortels se produisaient à l'occasion de la «bricotte». Pratique généralisée sur la frontière franco-hélvétique aux XVIII ème et XIX ème siècles, la contrebande était en effet une activité lucrative. Dans ce site impressionnant, on peut encore gravir les échelles qui permettaient aux contrebandiers de transporter à dos d'homme diverses marchandises (farine, sucre, café, tabac, etc...) en déjouant la surveillance des «gabelous» (douaniers).


Cet endroit est aussi un lieu peuplé de légendes. La vallée est un impressionnant canyon naturel. Des noms peu engageants témoignent de la crainte qu'ont pu susciter jadis ces lieux, comme, Désert de la Mort, Couleuse de la Mort, Orgues de la Mort en raison des sonorités du vent dans la falaise. Cela fait frissonner et pourtant on est attiré par ces lieux … les échelles furent évidemment un lieu de passage pour de nombreux contrebandiers et, durant la dernière guerre, pour des passages clandestins.

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Le belvédère au dessus des échelles de la Mort

 

Le Doubs, cette rivière coulant au fond de la vallée, forme à cet endroit une frontière naturelle entre la France et la Suisse. Malgré tout, le cours de la rivière est ici entièrement français, repoussant ainsi la frontière réelle sur la rive droite du Doubs. Cette particularité se trouve modifiée de nombreuses fois, car, de sa source à Mouthe à son confluent Verdun sur Saône, le Doubs passe, tour à tour, de français à franco-suisse avec la frontière au milieu de la rivière, ensuite français mais frontalier, puis suisse pour enfin redevenir entièrement français. Ces bouleversements de frontière apportèrent, parfois, une aide considérable à certains contrebandiers poursuivis par les gabelous (douaniers) tentant de les intercepter...


Les parois rocheuses sont impressionnantes. Depuis le haut des belvédères, on distingue les différentes strates qui constituent les plissements de la vallée du Doubs. Plus difficile à voir est la façon dont s'est formée cette vallée, elle résulte de deux phénomènes synchronisés : Le Doubs, des Brenets à Goumois, dessine ses méandres dans un paysage de rochers, phénomène géologiquement impensable. L'explication vient du fait que le tracé actuel du Doubs est épigénique, c'est à dire antérieur au soulèvement des terres. Au tertiaire (époque géologique), suite à une première surrection du Jura se produit une usure et un aplanissement complet de la chaîne. Le Doubs, manquant de pente, trace des méandres sur ce plateau.


Une deuxième fois, le Jura se soulève lentement. Mais le Doubs réussit à maintenir son cours en érodant le relief qui montait sous lui. Ainsi s'explique les méandres encaissés uniques en Europe Centrale.

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Pour les plus sportifs, une via ferrata permet de grimper au belvédère.

 

Un peu plus loin, le canyon dans lequel se dressent les échelles a également pris le nom de Canyon des Échelles de la Mort. Il est temps de grimper pour commencer la randonnée ...

 

Les frères Louvet, forgerons à Charquemont, fabriquèrent, en 1898, des échelles à base d'acier anglais. Ces dernières, posées en février 1899, furent acheminées par le haut avec l'aide de chevaux et nécessitèrent deux jours de travail et la présence de dix personnes. Ces travaux, antérieurs à ceux de l'usine, ont été financés par les communes de Charquemont et du Boulois afin de faciliter les relations commerciales avec la Suisse. Les Échelles ont été rénovées et sécurisées en 2005.

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les échelles de la Mort

 

Le belvédère offre un panorama exceptionnel sur les gorges du Doubs. Nous traversons une riche végétation et arrivons au puits de la Charbonnière.

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le puits de la Charbonnière (vers 1700)

l'abri de la Charbonnière du Haut

 

Le travail du charbonnier


Les charbonniers vivaient au fond des bois, dans des huttes. La saison commençait début mars et s'achevait en octobre. Il fallait trois jours pour réaliser une meule en forme de cône. Au centre, était aménagée la cheminée d'aération, travail essentiel pour la combustion, que l'on montait avec des bûches de même calibre autour d'une grosse perche. La meule était recouverte d'une couche de feuilles sèches, de mousse, de terre ou de poussière de charbon pour une combustion lente du bois. La meule atteignait 1mètre 50 de hauteur et se composait de 12 à 14 stères de bois.

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Les outils de la charbonnière du haut

 

La meule était allumée tôt le matin, le poteau central retiré et on versait une pelletée de braises dans la cheminée pour alimenter le feu. Portées à haute température, les bûches de bois se carbonisaient lentement. Les charbonniers assuraient une surveillance de la cuisson, de jour comme de nuit, et ce pendant 4 à 5 jours. Le tas de charbon refroidi était ensuite recueilli pendant la nuit, pour vérifier qu'il n'y avait plus de braises. On étendait le charbon en rangs circulaires, toute la famille mettait en sac la marchandise.

 

Une meule donnait 20 sacs de 100 litres de charbon. Les morceaux de charbon ainsi produits allaient alimenter le foyer d'une forge ou d'une laminerie de la vallée.

 

Il faut descendre pour rejoindre le Doubs … à travers une véritable jungle.

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À tout instant on s'attend à voir surgir des personnages de légendes …

 

Même après plusieurs passages, cet endroit m'inspire toujours le même effet. En arrivant au bord du Doubs, on est saisi par la couleur verdâtre de la rivière envahie par les herbes et toutes les nuances de vert présentes dans la forêt sur la rive côté Français. On est impressionné par la différence frappante avec les falaises calcaires présentes du côté suisse. (des panneaux signalent que les lâchers d'eau des barrages peuvent provoquer de subites crues … prudence).

 

L'écho des rapides du Doubs, annonce l'ancien moulin de la Charbonnière du Bas. Construit au XVI ème siècle, il a fonctionné jusqu'en 1896. Les moulins hydrauliques cumulaient en général plusieurs fonctions, moulin à grains, battoir, scie, taillanderie … Du moulin banal de la Charbonnière il ne reste que peu de vestiges, mais on ne peut passer à côté de deux superbes meules qui gisent dans l'amoncellement de pierres écroulées sur la berge sans avoir une pensée pour ces hommes qui ont travaillé dur dans ces gorges.

 

Continuant notre balade, sur le sentier au fil de la rivière, nous goûtons au calme et au magnifique paysage apaisant, composé de jeux de miroirs sur l'eau que nous suivons jusqu'à l'usine hydroélectrique du Refrain.

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Le Doubs

emplacement de l'ancien moulin

de la Charbonnière du Bas

 

Le sentier débouche à la centrale hydroélectrique du Refrain, équipée de trois groupes turbine-alternateur. Chaque turbine, de type Francis double, tourne sous l'action de l'eau, entraînant un alternateur qui produit l'électricité. Les alternateurs sont reliés à un transformateur qui élève la tension de 5 500 à 63 000 volts pour le transport de l'électricité vers le réseau de distribution. L'ensemble a été rénové en 2010.


Situé à l'amont du cours du Doubs, le barrage du Refrain, créé une retenue d'eau – la retenue de Biaufond – d'une capacité de environ 1 200 000 m³ à partir de laquelle une prise d'eau dirige une partie de la rivière dans une galerie souterraine. Après avoir parcouru près de 3 kilomètres à travers la montagne, cette galerie aboutit à deux conduites forcées de 110 m de long qui alimentent en eau les groupes turbine-alternateur de la centrale située en aval.

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Usine de Refrain

 

Au Refrain, le cours du Doubs fait office de frontière naturelle avec la Suisse. Habituellement, c'est le milieu de la rivière qui marque la frontière, mais une convention signée, en 1780, entre Louis XVI et le Prince Évêque de Bâle, stipule que le cours de la rivière de Biaufond à Clairbief appartient en totalité à la France.

 

Sous l'impulsion de la Sté Forces Motrices du Refrain, un aménagement hydroélectrique est réalisé et mis en service dès 1909. L'ouvrage permettra d'irriguer en électricité toute l'industrie du pays de Montbéliard. Pionnière parmi les réalisations hydroélectriques françaises, le Refrain sera nationalisé en 1945 lors de la création d' Électricité de France.

 

Une belle balade que l'on ne se lasse pas de faire ou refaire …

 

Marthe

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26 juillet 2011 2 26 /07 /juillet /2011 19:40

Samedi 2 juillet 2011

 

Le Doubs, rivière française et suisse, sous-affluent du Rhône par la Saône il coule sur une longueur de 453 km dont 430 kilomètres sur le territoire français. Il prend sa source sur la commune française de Mouthe (dépt. Du Doubs) à 937 m d'altitude. Le Doubs a globalement la forme d'un M avec des jambes très allongées et s'écoule d'abord principalement vers le nord-est, traverse successivement le lac de Saint Point, le lac de Chaillexon (appellation française) ou Brenets (appellation suisse) et le saut du Doubs. Il marque la frontière entre la Suisse et la France sur quelques dizaines de kilomètres. Il se jette dans la Saône au niveau de la commune de Verdun-sur-le-Doubs.


Mentionné anciennement sous la forme Dubis qui signifie «la noire» en gaulois. C'est un nom féminin à l'origine «dubui – dubi(s)», comme la plupart des noms de rivières antiques. Le Doubs fut en crue à de nombreuses reprises à travers l'histoire, l'inondation la plus importante fut celle de 1910 qui toucha significativement la ville de Besançon.

 

Il existe un barrage sur le Doubs appelé barrage du Châtelot. Nous en parlerons au retour de la randonnée.

 

Départ sur le parking du barrage de Châtelot. Châtelot est une ancienne Seigneurie située au sud-ouest de la Seigneurie de Montbéliard. La Seigneurie de Châtelot était partie intégrante de la Principauté de Montbéliard. Elle regroupait les villages de Châtelot, Colombier-Châtelot-Blussans, Blussanjeaux, Lougres, Bretigney, Beutal, Longevelle, Colombier-Fontaine, Echelotte, Montenois et Saint-Maurice.

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À nouveau, de merveilleux paysages …

 

Le Doubs (département) est également appelé Pays Horloger, berceau de l'horlogerie franc-comtoise. Les villes principales du territoire sont Charquemont (nous en parlerons demain) Morteau, Villers le Lac (Saut du Doubs).


Le Haut-Doubs, terre de moyenne montagne où la forêt était omniprésente, s'est d'abord ouvert à la chrétienté, selon la tradition, grâce à des ermites courageux qui auraient trouvé, là, un cadre authentique, propice à la prière et au recueillement. Puis des moines, Bénédictins de Cluny notamment, ont progressivement développé la pratique religieuse dans des abbayes et des prieurés autour desquels les paysans ont construit des hameaux et participé à l'édification d'églises, de chapelles et d'oratoires. Les troubles de l'histoire, guerres, incendies, Réforme, Contre-Réforme dont ce territoire a été l'un des bastions, révolutions, ont fait subir aux édifices religieux des dommages et des évolutions qui expliquent la grande variété des styles, parfois même sur un seul site. Au delà de l'architecture, l'attrait de son patrimoine provient du mobilier, des objets de culte, vitraux, sculptures, peintures et retables, orgues ou chaires finement ouvragées.

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La grotte du Grenier

 

Avant de grimper, à l'aide d'une échelle en fer, à la grotte du Grenier, venons un instant sur un personnage ayant vécu dans les parages. Némorin des Loutres.

 

Némorin Caille née en 1850 au Pissoux, d'un père meunier. En 1870, Némorin participe à la guerre contre les Prussiens. Suite à cette guerre il perçoit une médaille et une pension. Durant une période de sa vie, il travaille dans des fermes du Pissoux, puis devient pêcheur et particulièrement solitaire en raison de son parti pris pour la République et de son alcoolémie importante dans une région très catholique. Il vivait dans une cabane très simplement meublée, située sur le petit chemin. À partir de 1888, une loi fédérale suisse déclare «la chasse aux Loutres» en échange d'argent. Alors qu'il vivait de la cueillette et de vente de gibier, il décide de s'attaquer aux loutres ce qui le rendit célèbre d'où son nouveau nom, Némorin des Loutres. Sa vie se rythma au fil des saisons … du printemps à la période froide d'automne, il pêche et l'hiver il chasse (loutres, gibier …) il mourut en 1933 à l'âge de 83 ans dans sa cabane.

 

Plus tard, la grotte du Grenier appelle les visiteurs, pour cela faut grimper une haute échelle en fer …

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après la visite des lieux, faut redescendre … courage !

 

voici ce qui nous attend après l'échelle en fer

  Un sentier escarpé mène sur le chemin, direction le hameau du Pissoux.

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Charmant hameau du Pissoux


Le Pissoux, domine les bassins du Doubs, en face de la frontière suisse. Il y a quelques très belles fermes franc-comtoises et une belle église. Cette église domine le hameau depuis le temps où le Pissoux était plus important que Villers centre. Les usines, installées au bord des rapides fabriquaient les faux et les clous. Les scieries et verreries tournaient à plein. L'horlogerie, fin XIX ème siècle a mis un terme à cette suprématie mais l'église est restée le signe d'une présence humaine beaucoup plus importante que de nos jours.


Le pays horloger. Espace de 700 km² situé le long du Doubs à proximité de la Suisse. La vocation de ce territoire se confond avec l'histoire de l'horloge apparue au 18 ème siècle et industrialisée au siècle suivant. À partir du XVIII ème siècle, en complément de l'activité agricole, les fermes abritent notamment pendant l'hiver des ateliers de paysans horlogers. Leur génie, leur savoir-faire, alliance de techniques pointues et de minutie, se mesurent depuis les ébauches jusqu'à la livraison des pendules, horloges ou montres. Morteau créa alors une école spécifique où sont dispensées des formations en horlogerie. On comptera plus de 2300 horlogers en 1880 dans le Val maîtrisant toutes les étapes de la fabrication : aiguilles, balanciers, émaillage des cadrans, confection des bracelets, assemblage de l'horlogerie mécanique. Cette dernière, délaissée à l'arrivée du quartz, connaît aujourd'hui un nouvel essor.


Prochaine étape, le saut du Doubs. Le Doubs tombe de haut ! Délimitant à cet endroit, la frontière franco-suisse. De la vallée de Morteau à Villers-le-Lac, il s'écoule paisiblement pour ensuite s'élargir et former le lac de Chaillexon, au creux des falaises, puis … c'est la chute de 27 mètres. Dans un bouillonnement d'écume, la cascade se jette sur les rochers et dans le lac de Moron.

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La cascade


Le Saut du Doubs fut crée, il y a 14 000 ans, suite à un éboulement des deux versants de la vallée (à l'époque les gorges du Doubs commençaient à l'ouest de Morteau). L'éboulis créa un grand barrage naturel provoquant le remplissage des gorges en amont de l'éboulement, et créa le paléo-lac de Morteau (long de 15 km) dont le lac de Chaillexon (long de 3,7 km) est le vestige.


Enserré entre les parois rocheuses vertigineuses, le Doubs prend des allures de canyon aux rives sauvages et romantiques. Il sort du lac pour se précipiter en contrebas.

 

Le retour au barrage de Châtelot fut un moment de pur bonheur ...

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Entre des falaises verticales de calcaire blanc pouvant atteindre 80 mètres, c'est dans ce magnifique cadre naturel que nous longeons le Doubs, dans cette vallée profonde et sauvage.

 

Arrivés au magnifique site d'Entreroches, le sentier franchit une porte taillée à même la roche.

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Pour finir nous arrivons au barrage de Châtelot. À la fin du XIX ème siècle, l'arrivée de l'électricité dans le canton de Neuchâtel conduit à l'abandon des moulins au fil de l'eau. Facile à utiliser et à transporter, l'électricité permet d'installer des industries loin des sites où elle est produite, vers les villes plutôt qu'au bord des rivières. Les centrales électriques érigées au fil de l'eau comme les anciens moulins, n'arrivent plus à couvrir les pointes de consommation en milieu de journée, d'où la nécessité de stocker l'eau, source de l'énergie, et de pouvoir l'utiliser à l'instant désiré suite à la demande. C'est ainsi qu'en 1930, une première convention est conclue entre la Suisse et la France. En 1947, une concession est octroyée à la Sté des Forces Motrices du Châtelot par la Confédération Suisse, puis une autre en 1954 par l'État Français.

 

Dès le pied de la chute, les rapides du Doubs reprennent leurs droits, il entre dans le lac de Moron mais un ouvrage d'art audacieux, le barrage du Châtelot, délimite un lac artificiel de 7 km de long. Il est partagé entre le département du Doubs et le canton de Neuchâtel et retient les eaux du lac de Moron. Sa mission électrique accomplie, il redevient une rivière qui marque souvent la frontière entre la Suisse et la France.

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Haute de 74 mètres, la voûte de béton passe de 14 mètres d'épaisseur à la base à 2 mètres seulement au sommet. En période de crue, un rideau liquide de 75 m de haut se précipite par dessus la partie sommitale arrondie et s'écrase en contrebas dans un fracas qui fait vibrer l'ouvrage.

 

Il reste un grand nombre de marches à grimper pour arriver au parking du Châtelot.


À suivre ...

Marthe

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25 juillet 2011 1 25 /07 /juillet /2011 11:26

Vendredi 1er juillet 2011

 

Entre Loue et Dessoubre, entre monts et vallées, la magie de la nature !

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  le monastère niché au fond du cirque


Fait géologique, typique, d'effondrement quaternaire et glacière, à l'époque de formation de l'arc.


Le Cirque de Consolation, appelé également Val de Consolation, est une reculée du massif du Jura située dans le département du Doubs, sur le territoire de la commune de Consolation-Maisonnettes. Cette reculée qui constitue une échancrure prononcée et arrondie dans le plateau de Maîche-Le Russey a été formée par un effondrement glaciaire à l'ère quaternaire au moment du plissement alpin. Des falaises de 350 m ferment le cirque où naissent le Dessoubre et aussi les sources intermittentes du Tabourot et du Lançot, ce dernier commence par une cascade de 47 m alimentée lors des fortes pluies ou encore lors de la fonte des neiges. Le belvédère de la Roche au Prêtre offre un point de vue remarquable sur le site, découvrant la petite vallée et les bâtiments d'un ancien monastère isolé dans les bois.

 

La présence humaine y est très ancienne puisqu'elle est attestée dans les grottes près de la source du Lançot à l'âge de bronze. L'histoire est ensuite marquée par l'édification, au-dessus des falaises, à Châtelneuf-en-Vennes, d'un château fort à la fin du XIV ème siècle qui sera détruit en 1639 pendant la guerre de dix ans et ses pierres seront utilisées pour la construction d'un monastère dans la vallée en 1670. L'édifice sera plus tard transformé en séminaire avant de fermer ses portes en 1978.

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la grande grotte dans la montée à la roche du Prêtre

 

Tantôt, l'eau jaillit avec force et tumulte, s'engouffrant entre les rochers avant de plonger de près de 50 m dans le vide, tantôt, l'eau est totalement absente. Le lieu est alors d'un calme religieux. Il est propice à la résonance. C'est en ces périodes qu'il ouvre ses portes au monde de la spéléologie. Le calcaire est soluble sous l'action du gaz carbonique présent dans l'eau. Il est lentement érodé, usé, creusé. Ce phénomène se passe en grande partie à l'abri des regards, au cœur de la roche et donne lieu à des cavités souterraines. Ici c'est le recul progressif de la falaise sous l'effet de l'érosion qui a mis au jour cette cavité, la grande grotte. Pour découvrir ce qui se cache derrière cette salle, dans le réseau souterrain, des études spéléologiques ont été menées. Elles ont révélé l'existence de deux autres salles de volume équivalent.

 

De tout temps, et comme pour beaucoup d'autres grottes, l'homme a utilisé ce lieu comme refuge. Ainsi, dès l'époque préhistorique, cette grotte aurait été habitée. Cependant, la certitude de son occupation est attestée par la découverte d'objets datant de l'âge de bronze (2000 ans avant JC) puis de l'âge de fer (800 ans avant JC). Des pièces de monnaie à l'effigie de Constance II datant du IV ème siècle après JC ont aussi été trouvées à proximité de la grotte Saint Catherine. Au Moyen-Âge, un ermite s'y serait également réfugié.

 

Pour comprendre la formation du Cirque de Consolation, il nous faut remonter à des millions d'années. À ce moment c'était l'ère secondaire, l'océan ne s'était pas encore retiré de cette région, et de puissantes couches de vase s'étaient entassées les unes sur les autres. C'est dans ces profondeurs que se constitua le sol jurassien. Au milieu de l'ère tertiaire, des bouleversements gigantesques se produisent qui donnent naissance aux montagnes, le massif alpin s'érige avec une telle violence qu'il relève les régions avoisinantes, parmi lesquelles, le Jura. Les terrains tendres sont alors soumis à une formidable érosion. D'autant plus forte qu'ils sont plus élevés. Or, au quaternaire, nous disent les géologues, apparaît une modification profonde dans la constitution de l'Atlantique. Il en résulte une époque prolongée d'humidité, entrecoupée de siècles de froid où les pluies diluviennes et les courants nés de la fonte des glaces emportent toutes les couches du tertiaire pour ne laisser que quelques traînées de craie dans le Jura dit plissé.

 

Il faut alors imaginer la région de Consolation comme une table horizontale dont sont témoins les plateaux environnants : les formations calcaires absorbant évidemment, par les nombreuses fissures les eaux de pluie.

 

Avec leur double pouvoir d'érosion, une usure mécanique (par frottement) et de corrosion, usure chimique, elles poursuivent inlassablement leur travail de sape. Petit à petit, les cavités s'élargissent. Les «piliers» souterrains s'amenuisent jusqu'à consolation-03devenir incapables de soutenir la grande «plaque» qui joignait les sommets des falaises que l'on voit aujourd'hui. Tout s'effondre !! Naît alors le Cirque de Consolation. (sources sur le net d'après L.Boiteux)

 

Du latin «circulus», cercle, emprunté lui-même au grec «kirkos», anneau, bague, cerceau. Le mot a d'abord désigné une «enceinte circulaire où l'on célébrait les jeux». C'est par analogie qu'on a appliqué ce terme à une plaine circulaire dans un massif montagneux. Autre cirque célèbre, celui de Gavarnie dans les Pyrénées.

 

Le départ se fait dans le parc du monastère en passant devant la roue à aubes. Tout au long du Dessoubre, (rivière, affluent du Doubs qui s'écoule du cirque de Consolation sur le territoire de Consolation-Maisonnettes à Saint Hippolyte suivant une combe parallèle aux gorges du Doubs) étaient installées des industries assez florissantes qui profitaient de la force de son eau torrentueuse. Le génie humain s'était employé à la domestiquer. Il suffisait de fixer, de façon appropriée, sur une roue suspendue, tournant autour d'un axe, des «aubes» - pales – pour que l'eau en y tombant fasse se mouvoir la roue. Cela donna donc la Roue à Aubes. Et pour que cette roue soit installée, à l'endroit le plus indiqué, on n'hésitait pas à créer un petit canal d'adduction en bois avec modulation de la chute d'eau, ce qui, par ailleurs permettait de ne pas gaspiller l'énergie.


Peu à peu, on améliora le système en remplaçant les pales par des godets, ainsi on prolongeait l'effet de la pression de l'eau. Le mouvement de la roue était ensuite transmis par engrenage ou par courroie à l'outil qu'on voulait actionner, scie ou martinet (sorte de gros marteau).

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Cette roue est la reproduction, par un bénévole du Centre (ancien monastère) d'un type de roue à aubes, nombreuses dans la vallée du Dessoubre.

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L'arc de triomphe dans le parc


Le premier oratoire édifié dans le Val de Consolation fut l'œuvre de Humbert de Villersexel, comte de la Roche, seigneur de Châtelneuf, vers 1438. Il l'avait dédié à la Vierge Marie, à Saint Jean Baptiste et à Saint Jean l'Évangéliste. Le conflit qui opposa Louis XI, roi de France, au puissant duc de Bourgogne, Charles le Téméraire, valut bien des malheurs à la Franche Comté. Louis XI soudoya les Suisses contre son ennemi, leurs troupes, après la bataille de Granson firent des incursions en Franche-Comté et c'est au cours de l'une d'elles qu'en 1479 fut anéanti ce premier oratoire. Dans l'année qui suivit, Claude de la Pallud reconstruisit une chapelle et à partir de 1490, on inaugura l'ère des chapelains et religieux qui en avaient la charge. Hélas ! Le passage des Suédois, en réalité des mercenaires, commandés par Bernard de Saxe-Weimar, général suédois au service du roi de France Louis XIII, se soldera à nouveau par toutes sortes d'exactions et de destructions. En 1639, la chapelle sera incendiée. Cet Arc de Triomphe en est le seul vestige, son portail.

 

C'est à travers un merveilleux parc qu'on commence la balade … les cascades, les grottes se rencontrent au détour des sentiers, un paradis pour les randonneurs. Il ne faut pas s'arrêter et grimper jusqu'à la Roche du Prêtre, fantastique belvédère sur tout le parc de consolation et la vallée du Dessoubre. Des échelles grimpent, grimpent …

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Dommage qu'elles enlèvent un peu le charme que nous avons connu lors de notre dernière visite, mais sécurité oblige …

 

Entre les échelles des passages merveilleux se succèdent dans des vires impressionnantes ! Une fois dépassée, la grande Grotte, le sentier rejoint la roche du Prêtre. Les cascades manquent d'eau mais les paysages restent époustouflants.

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Des vires impressionnantes ...

 

Le cirque naturel culmine à 870 m d'altitude au sud du territoire communal. Sur le rebord de la falaise, le belvédère de la Roche du Prêtre offre une vue extraordinaire sur la vallée du Dessoubre et le parc de l'ancien monastère, d'où nous sommes partis, qu'il surplombe de 350 mètres. Sous nos pieds, coulent le Dessoubre, le Lançot, le Tabourot et la Source Noire et se cachent de nombreuses grottes.

 

À faire frémir … Consolation, terre de légendes, grottes et cascades à découvrir dans un abondant fouillis de verdure qu'on sait habité par les hommes depuis l'âge du bronze et à l'âge de fer I et II. On se retrouve hors du temps, à rêver, loin du bruit et du monde civilisé, un immense bonheur qui fait presque peur.

 

La Roche du Prêtre, c'est ici que le 23 juillet 1726, Guillaume Ignace Etevenard, vicaire à Mont-de-Laval, tomba dans l'abîme pour une raison inconnue.

 

Une légende dit que cette énorme roche cache l'entrée d'une grotte où vit le géant Dessoubre, sorte d'ogre sans foi ni loi qui sévissait dans le pays, enfermé là par un prêtre. Le prêtre fut précipité du haut de la falaise quelques temps plus tard par les amis du géant, d'où le nom de Roche du Prêtre. On raconte que l'eau s'écoulant de la source est la sueur du Géant. Une autre explication, plus rationnelle, rapporte qu'un prêtre fut précipité du haut de ce promontoire avec son cheval alors qu'il revenait de visiter l'une des fermes de la montagne.

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Le Monastère vu depuis la roche du Prêtre


Un oratoire a été érigé en 1432-1433 pour honorer Notre Dame de Consolation. Des ermites se sont installés dans la vallée sauvage. Au XVII ème siècle, répondant au vœu de sa mère, Ferdinand-François-Just de Rye, marquis de Varambon et seigneur des lieux, décide de fonder à Consolation une maison de religieux de Minimes, l'Ordre rigoureux de Saint François de Paule. À sa mort prématurée en 1657, il confie la réalisation du projet à sa femme en souhaitant être inhumé dans la chapelle de Consolation.

 

Le projet est retardé par un procès concernant l'héritage puis par l'attente de l'autorisation du roi d'Espagne qui administre alors, la Franche-Comté. Une nouvelle église est cependant construite et consacrée en 1665. En 1669 on y transfère solennellement les restes du marquis de Varambon, son mausolée majestueux, détérioré à la Révolution et restauré à la fin du XIX ème siècle, existe toujours dans une chapelle néo-romane achevée en 1682. En octobre 1669, la licence de Charles II d'Espagne arrive et les quatre premiers Minimes s'installent en mai 1670 avant même que ne débutent, au printemps 1671, les travaux qui dureront deux ans. Achevé en 1673, l'édifice forme un carré de 40 m de côté et les bâtiments enferment un cloître central alors que le quatrième côté est occupé par l'église. Les bâtiments comportaient un étage où se trouvaient 18 cellules alors que le rez-de-chaussée était occupé par la cuisine et les réfectoires. Les bâtiments transformés au XIX ème siècle pour servir de séminaire comporteront deux étages et pourront accueillir plus d'une centaine d'élèves.

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le mausolée en marbre du marquis de Varambon

 

Avec une inscription : « Apprends, Bourgogne, combien de héros tu as perdus en un seul, combien de flambeaux tu as vus s'éteindre qui brillaient pour toi – Apprends, voyageur, à quoi tiennent les magnifiques choses qui disparaissent à jamais en ce moment». Ce mausolée, restauré par les soins de l'abbé Delœuvre, supérieur du séminaire, a été classé monument historique le 29 janvier 1910. Il a été exécuté en 1670 à la demande de Marie-Henriette de Cusance et de Vergy, veuve du marquis.


Le monastère était à peu près désaffecté à la Révolution française et ne comptait plus que quatre moines quand il a été vendu comme bien national et transformé en dépôt de fourrage. Laissé à l'abandon, il est redevenu propriété de l'Eglise en 1827, a été transformé en petit séminaire en 1833, fermé en 1906 pour défaut d'élèves avant de rouvrir en 1920, toujours en tant que petit séminaire pour former de futurs missionnaires jusqu'à sa fermeture définitive en 1978. Depuis une Fondation du Val de Consolation gère les lieux et abrite des séminaires, stages, colloques et rassemblements familiaux.

 

Les bâtiments du séminaire abritent une importante collection d'oiseaux naturalisés.

Sur le retour, une visite à la roche Saint Catherine s'impose. Le sentier sur la corniche, escarpé, parfois technique, rejoint depuis l'oratoire la Roche Sainte Catherine, petit promontoire de roche blanche d'où le point de vue sur tout le Cirque de Consolation est saisissant. De nombreuses espèces d'oiseaux, notamment de rapaces, nichent et chassent dans les environs.

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La roche Sainte Catherine

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De retour au monastère, nous visitons le musée des oiseaux etc …

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dans la cour du séminaire

 

belle sortie …

 

à suivre, Marthe

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10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 09:25

Dimanche 8 mai 2011

 

LE 8 MAI - JOUR DE MÉMOIRE …


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Le 8 mai 1945 à 15 heures, les cloches de toutes les églises sonnent officiellement la fin de la guerre 1939-1945, la population laisse éclater sa joie… essayons de ne pas oublier… jour férié en France, c'est la commémoration de la capitulation de l'armée allemande.

 

Au fil du temps, au fil des saisons, au fil de l'eau… les cascades du Hérisson

 

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saut du château Garnier

 

Il fallait se lever aux aurores pour la sortie de ce-jour ! Àquelque 250 km, dans le Jura, le site classé des 7 lacs et des cascades du Hérisson dont tout le monde a déjà, entendu parler ; oui, mais il faut le voir pour se faire une idée du caractère féerique de ce merveilleux site sauvage. Aussi, l'ami Yves a réuni une bande de copains pour leur faire vivre une journée découverte !

 

Tel un réservoir d'eau, les roches des falaises laissent s'écouler l'eau qui se transforme en torrent avant de continuer en rivières et se jeter dans l'immensité de la mer.herisson-3.jpg

 

Le mot Jura vient du bas-latin ou latin tardif juria et signifie (forêt) ou (forêt sauvage) ou encore (forêt de montagne), du celtique joris. Tout comme le reste de l'ancienne province de Franche-Comté, il fut annexé par la France en 1678 lors du Traité de Nimègue. Le département a été créé à la Révolution Française, le 4 mars 1790 en application de la loi du 22 décembre 1789, à partir d'une partie de la province de Franche Comté.


Le massif du Jura est loin d'être une montagne homogène. Encadré au nord par les Vosges et la pointe méridionale de la Forêt Noire (prolongement du Jura Souabe) il amorce vers le sud un arc de cercle. Partage entre la France et la Suisse, il étale sur sa palette géologique les marnes et les calcaires qui composent l'ébauche du Jura tabulaire à l'Ouest.

 

La célèbre course de ski de fond «Transjurassienne» est un rendez-vous important dans le Haut-Jura, avec des milliers de participants venant du monde entier qui parcourent les 76 km entre les villages de Lamoura et Mouthe.

 

Revenons aux incontournables cascades du Hérisson, but de notre sortie…Le Hérisson, est sans doute la plus fantasque des rivières comtoises, née d'un lac (Bonlieu) pour enfanter un autre lac. Entre les deux, elle n'aura que le temps de bondir de cascade en cascade (une trentaine, autant que le nombre de sources qui l'alimentent). Haute de 65 m on comptera la cascade l'Éventail, et une moins élevée de 60 m ,le Grand Saut, qui la précède.


Rien, sinon quelques vieilles pierres, ne laisse imaginer l'activité qui se déploya le long du Hérisson du XVème au XIX ème siècle. Ne cherchez pas l'explication du nom Hérisson dans un bestiaire, là-derrière se cache l'étymologie grecque«eau sacrée»,racine que l'on retrouve aussi dans Villards-Héria. Il y a quelque chose de divin dans ces paysages. Les lacs du plateau supérieur, Ilay et Bonlieu, alimentent par résurgences le Hérisson.

 

Plusieurs cascades portant des noms qui chantent aux oreilles… l'Éventail, Grand Saut, Gour bleu, Saut château Garnier, Saut de la Forge, Saut Girard etc... chutes principales que renferme le site naturel exceptionnel des cascades du Hérisson.

 

Le départ de la promenade passe devant la Tuffière…

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site formé par une roche appelée tuf calcaire et qui peut-être exploitée souvent comme pierre de construction. C'est en fait une source qui occasionne ces concrétions de calcaire, ce qui lui donne un aspect insolite, souvent en forme d'escaliers géants qui occasionnent une succession de cascades plus ou moins hautes. Phénomène naturel qui mène souvent à des paysages impressionnants. Nous sommes le 8 mai et les spécialistes de l'eau nous parlent depuis quelques semaines du manque d'eau… cela se ressent effectivement devant les cascades. En cette saison les eaux devraient être abondantes… eh bien, les années se suivent et ne se ressemblent pas, cette année l'eau commence à manquer dès les premiers jours du printemps.

 

Cela me fait penser à une citation prêtée à Antoine de Saint Exupéry :

 

Nous n'héritons pas d'un patrimoine, nous l'empruntons à nos enfants …

 

essayons donc de le préserver afin de le garder intact.

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Plus loin, la fameuse cascade nommée l'Éventail, qui éblouit d'entrée tous les visiteurs. Baptisée aussi le voile de la mariée tellement les eaux peuvent être abondantes. Fermons les yeux et laissons courrir notre imagination, ça marche… il suffit d'essayer.

 

Malgré le manque d'eau le paysage reste époustouflant.

 

En 1680, les habitants de Bonlieu cèdent un pré à la famille Grappe, meuniers, déjà détenteurs du Moulin Jeunet plus en amont. Celle-ci installe d'abord une maison autour de laquelle elle cultivera le chanvre, puis quelques années plus tard, la transformera en moulin, construisant un magnifique aqueduc en pierres, complexe et imposant pour l'alimenter en eau. Au début du XIX ème siècle, Jean Joseph Garnier, médecin, rachète la maison-moulin pour en faire le château Garnier. Il vivra ainsi seul avec son domestique jusqu'à sa mort en 1834. Trois ans plus tard, le bâtiment est démantelé, les parcelles attenantes et l'aqueduc rachetés d'abord par un percepteur, puis par un notaire qui les conservera en l'état jusqu'en 1902, date à laquelle ses héritiers céderont le tout à «l'Union Électrique».

 

Conscients de l'intérêt que représentait le cours du Hérisson, les moines cisterciens de Balerne décidèrent,herisson-6.jpg au Moyen Âge, de construire une forge hydraulique au Saut de la Forge baptisé à cette époque «Saut de la Boille»,<<boille»signifiant en Franche-Comté un récipient large et arrondi, ressemblant beaucoup au bassin formé sous la chute d'eau. C'est ainsi qu'en 1450, un ferrier de la Cluse et Mijoux dans le Doubs, Robin Patouillard est autorisé par les abbés à construire une écluse pour retenir l'eau et une usine, la «ferrière», constituée d'une roue permettant d'actionner le martinet qui frappe le fer. Le minerai extrait principalement du plateau de Châtelneuf, était lavé puis chauffé au fourneau avant d'être travaillé au martinet et façonné en lingots. L'activité perdurera jusqu'à ce qu'un incendie détruise l'outil de travail en 1489. herisson-7.jpgJehan Patouillard, le fils héritier ne relancera pas l'usine et préférera se consacrer à l'activité meunière et drapière tandis que sa sœur et son mari quitteront le Saut de la Forge pour s'installer au Saut Girard. Il faudra attendre 1656 pour  qu'à nouveau une activité métallurgique reprenne sur le site, relancée d'abord par des artisans venus du Haut Doubs, puis surtout par la famille de Jean Charles Grappe qui, au fil des générations, va donner toute sa notoriété et sa renommée au site, les maîtres de forge de la «forge Jean Charles» travaillant principalement pour l'agriculture. La révolution industrielle et les contraintes climatiques et techniques du site vont lui faire perdre sa compétitivité et précipiter son déclin. L'usine fermera ses portes en 1833, les bâtiments seront vendus à plusieurs propriétaires locaux avant d'être cédés à l'Union Électrique et démolis en 1902.

 

Au XV ème siècle,herisson-8.jpg les seigneurs de Châtelneuf donnent de l'argent aux villageois du Frasnois pour construire un moulin, nommé «Moulin du Frasnois» sur le Hérisson. Ceux-ci l'exploitent pour leur usage personnel contre le paiement d'un impôt. Détruit durant la guerre entre 1635 et 1639, la communauté villageoise, consciente de l'intérêt de ce moulin, mais ruinée par le conflit (donc incapable financièrement de le reconstruire), décide de la céder à Guillaume Grappe en 1663. Celui-ci, ainsi que les propriétaires successifs, rendirent cette entreprise florissante et prospère jusqu'en 1875, date de sa destruction. Pourtant, un an plus tard, un marchand de vin de Lons-Le-Saunier rachète les ruines et le reconstruit. C'est désormais un moulin neuf que Séraphin-François Jeunet achète en 1882 et qui deviendra le «Moulin Jeunet» jusqu'en 1902.

 

Clouterie du Saut Girard

 

C'est au XVIII ème siècle que l'activité artisanale de la Clouterie prend toute son ampleur sous l'impulsion de la famille Epailly qui exploite, en collaboration avec les chartreux de Bonlieu, le site du Saut Girard.

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L'ensemble est constitué d'une écluse, retenue d'eau artificielle en pierres, construite dès le Moyen-Âge en amont de la chute et alimentant un canal d'arrivée d'eau jusqu'à l'usine. Le fer, produit ici, est d'une assez bonne qualité, propre et doux pour la fabrication des clous, parce qu'il est réalisé avec du vieux fer. Les rentes, dues aux chartreux de Bonlieu étaient donc payées en clous mais aussi en fromages, puisque parallèlement au travail de fer, les usiniers de la vallée avaient aussi une activité agricole d'appoint.

 

C'est dans ce contexte favorable que l'activité familiale va perdurer sur ce site jusqu'en 1911, année de la mort d'Elie Epailly, dernier cloutier de la vallée qui mourut dans son usine, mettant fin à près de 7 siècles d'activité métallurgique sur le site des Cascades du Hérisson.

 

En haut des cascades, l'auberge l'Éolienne dans le hameau de la Fromagerie nous accueille pour le repas.

 

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Juste un aperçu sur le début du repas… bon appétit.

 

 

Un espace botanique et une exposition permettent aux visiteurs de se familiariser avec les plantes médicinales de la région des lacs et leurs utilisations traditionnelles.

 

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Espace botanique au hameau de la Fromagerie


Un petit tour à la Boissellerie du Hérisson avant de redescendre le sentier des cascades. Une véritable caverne d'Alibaba dévoile et fait découvrir les joies du bois ...

 

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la joyeuse troupe au complet

 

Un raidillon grimpe au Pic de l'Aigle donne une perspective sur le lac d'Ilay avant de reprendre la route du retour.

 

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Les falaises au pied du Pic de l'Aigle

 

On ne peut quitter cette belle région sans parler de la vache montbéliarde, une résidente, particulièrement emblématique et riche en couleur. La vache montbéliarde dont on suppose que les origines remontent du pays du même nom au nord des montagnes du Jura, bien identifiable avec sa robe pie rouge, est, en effet, un pur produit du terroir, sujet créé, façonné, sélectionné, amélioré par des générations d'éleveurs passionnés.

 

Le plateau de fromages bien fourni par les, Comté, Morbier et Bleu de Gex révèlent au palais tous leurs arômes.

 

Le Comté est bien plus qu'un grand fromage, il est un patrimoine partagé depuis des siècles par tout un territoire. Il est né en des temps où la rudesse des longs hivers obligeait les hommes à penser collectivement leur subsistance. À travers le principe de coopératives, ils mirent alors en commun la production de leurs élevages et apprirent à élaborer et à élever ce fromage «de garde». C'était il y a des siècles, mais l'esprit de solidarité est toujours bien vivant.

 

Merveilleuse journée … merci à Yves et à son épouse


 

Marthe

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22 septembre 2009 2 22 /09 /septembre /2009 18:16

Lundi 14 septembre 2009


VAUBAN l'un des douze sites majeurs inscrits sur la liste du patrimoine mondial - BESANÇON

 

Sébastien Le Prestre marquis de Vauban, (1633 1707) maréchal de France sous le règne de Louis XIV, se présenta comme un grand spécialiste des fortifications de châteaux et des techniques de sièges. Ingénieur militaire, serviteur infatigable du Roi, il travaille à l'optimisation de la fortification bastionnée et cherche à standardiser les bâtiments militaires, sans jamais appliquer de modèle préconçu.

Le maréchal Vauban à Besançon

 

Cette statue en bronze du Maréchal Vauban, oeuvre du sculpteur franc-comtois Pierre Duc vous accueille dès que vous passez le front Saint Etienne. Placée là en commémoration du tricentenaire de la mort de l'Ingénieur du Roi, en hommage à son travail immense de fortification, à son sens de la tactique et de l'adaptation au terrain et à la marque majeure qu'il laisse à Besançon.

Les douze sites majeurs (Besançon, Briançon, Mont Dauphin, Villefranche-de-Conflent, Mont Louis, Blaye/Cussac-Fort Médoc, Saint Martin de Ré, Camaret-sur-Mer, Saint-Vaast-La-Hougue, Arras, Longwy et Neuf-Brisach) figurent désormais parmi les monuments culturels et naturels les plus emblématiques et les mieux connus du monde. Inscrits au Patrimoine mondial de l'UNESCO.

Construite de 1668 à 1683, la citadelle de Besançon, s'étend sur onze hectares et surplombe de plus de cent dix mètres la vieille ville, contribuant ainsi à caractériser le remarquable site où elle fut édifiée. La ville de Besançon s'inscrit dans un site particulièrement exceptionnel, une boucle formée par un méandre du Doubs et fermée par une colline. Place forte naturelle, position stratégique exceptionnelle, elle fut remarquée par Jules César qui l'investit en 58 avant J.C.

Vue intérieure avec la Tour du Roi au fond

 

D'énormes murailles, larges de cinq à six mètres et hautes de quinze à vingt mètres, relient le fond de Secours au front Royal et Vauban y édifie en l'honneur des souverains la guérite du Roi (du côté de Rivotte à l'est) et la guérite de la Reine (du côté de Tarragnoz, à l'ouest).

Vue intérieure avec la Tour de la Reine

Les murailles comportent des chemins de ronde et assurent la protection de la forteresse contre les feux plongeants des batteries installées sur les collines qui l'entourent, Bregille et Chaudanne.

Chemin de ronde avec échaugette et la Tour de la Reine

 

Face à la ville, Vauban entreprend l'édification du front Saint Etienne, vraisemblablement à l'emplacement de l'ancienne église.

La cour des Cadets du Roi

 

La cour des Cadets du Roi dont les dalles de pierre qui recouvrent la majeure partie du sol constituent le dessus de l'anticlinal formant la colline.

Le puits, profond de cent trente deux mètres, est creusé dans le roc jusqu'à la nappe phréatique. Surmonté d'un pavillon, il possède une roue de quatre mètres de diamètre qui était mise en mouvement pour remonter les cuves d'eau. L'eau y était saumâtre et n'était employée que pour le nettoyage et pour les animaux. La citadelle disposait également de quatre citernes recevant l'eau des toits.

La machinerie permettant de remonter l'eau du puits


Dans la partie gauche de la cour, proche du puits se trouve la chapelle, construite de 1681 à 1683 et dédiée à Saint Etienne en souvenir de l'église disparue. Dévastée sous la Révolution, elle fut restaurée en 1848. En travaux aujourd'hui, nous reportons la visite à un prochain jour.

La chapelle Saint Etienne

 

Le restaurant Le Grand Couvert permet de se restaurer sur place et continuer la visite l'après midi.

Forteresse militaire, caserne, prison ... la citadelle a rempli de différents rôles au cours des siècles. Construite pour protéger la ville contre les attaques ennemies, elle doit faire face à plusieurs sièges : celui des Autrichiens en 1814, celui des Prussiens en 1871 et ne subit que peu de dommages. Depuis sa construction et jusqu'en 1940, elle sert à loger les troupes de la garnison. De 1682 à 1694, elle abrite une école militaire de Cadets, Louvois étant à l'initiative de la fondation de ces établissements destinés aux jeunes gens de petite noblesse.

Un important musée de la Résistance et de la Déportation occupe une vingtaine de salles situées dans le bâtiment des Cadets. Photographies et textes, ainsi que des documents originaux traitent les thèmes liés à la guerre 1939-1945, le nazisme depuis son origine, la guerre et le régime de Vichy, la résistance franc-comtoise, nationale, européenne et la Libération. Durant l'occupation, de 1941 à 1944, une centaine de résistants furent fusillés à la citadelle.

Tigre de Sibérie

Une journée fut nécessaire pour la visite de la citadelle avec ses divers musées. Muséum d'histoire naturelle, jardin zoologique avec fauves, primates, oiseaux et aquarium, noctarium et insectarium nous ont fait passé une bonne journée tant culturelle que récréative.
Marthe  
sources puisées dans la citadelle de Besançon- fortifications de Vauban de Marie Hélène Bloch.
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