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21 juin 2010 1 21 /06 /juin /2010 20:55

Lundi 24.05.2010

  KERALLIC – SAINT-EFFLAM – LE GRAND ROCHER


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les superbes glycines de Kerallic


Départ du Manoir de Kerallic par la plage de Saint Efflam. Je reviens un instant sur la Croix de Mi-Lieue, Kroas an Hanter Lew, pendant très longtemps, l'immense baie de la Lieue de Grève, longue de 4 km, a été le seul passage reliant St.Michel-en-Grève à Saint-Efflam. Pendant des siècles, tous les voyageurs se déplaçant en longeant la côte de Lannion à Morlaix, redoutaient la traversée de la Lieue de Grève. La traversée de la Lieue de Grève ne s'envisageait pas sans un certain effroi surtout quand on savait qu'aux périls de la mer s'ajoutait le risque de fâcheuses rencontres de voleurs et de bandits rançonneurs qui assaillaient les diligences embourbées. Heureusement pour le voyageur esseulé et encore plus pour le pèlerin effectuant son «Tro Breiz» une croix située au milieu de la Grève (Kroas an Hanter Lew) était un repère et d'un grand réconfort. Lorsque la mer atteignait la croix, il devenait dangereux de se lancer dans la traversée de la baie. En août 1944, les américains débarquèrent sur la Lieue de Grève, afin de fournir en carburant et en matériel leurs troupes combattantes. Craignant des dommages à leurs navires, ils retirèrent la Croix de Mi-Lieue, celle-ci fut perdue par la suite. À l'initiative du Centre Culturel de Plestin, une nouvelle croix, à l'image de l'originale, a été édifiée en 1993.

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la plage de Saint Efflam


La traversée sur la plage nous mène auGrand Rocher, un promontoire rocheux de 84 mètres.. Au fond de la baie de Saint-Efflam, entre Saint-Michel-en-Grève et Plestin-les-Grèves, le Grand Rocher domine la Lieue de Grève. Il se prolonge par une crête boisée, en arc de cercle, rejoignant la vallée du Yar plus à l'Est. Le point de vue exceptionnel du haut du promontoire justifie à lui seul la petit grimpette pour y accéder, on y découvre l'immensité de la Lieue de Grève à 180° et les terres intérieures.

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Le Grand Rocher


 

Faisant face à la mer, ce dôme rocheux (grès, quartzite) est propriété du Département, aménagé pour les visites ce site est une balade de premier ordre. Le sentier gravit le rocher à travers des sous-bois aux espèces végétales rares, le paysage naturel est fortement marqué par l'influence maritime. Un apport de sable calcaire dans un environnement plutôt acide explique la particularité des plantes à cet endroit. C'est ainsi que les plantes dunaires tapissent ce dôme jusqu'à son point culminant où l'on retrouve la Marjolaine, la Sauge des prés, le troène, l'orchidée pyramidale…

on sera surpris par les fleurs bleues de l'Ancolie ou bien de sentir les effluves d'une fleur au blanc immaculé, l'ail des ours. Site protégé, à son pied le Grand Rocher abrite des colonies de chauves-souris. Celles-ci sont installées dans des blockhaus datant de la seconde guerre mondiale. Leur présence ici témoigne de la bonne santé de l'environnement. Ainsi trois espèces différentes sont présentes, le grand rhinolophe, le petit rhinolophe et, plus rarement le Murin à moustaches. Pas moins de 300 espèces végétales sont présentes au Grand Rocher.

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Un dernier coup d'œil avant de redescendre du Grand Rocher.


Nous revenons à Kerallic par le sentier empruntant le tracé de l'ancienne ligne du petit train reliant Lannion à Plestin-les-Grèves. En 1894, le département des Côtes du Nord (aujourd'hui Côtes d'Armor) décide de se doter d'un réseau ferré d'intérêt local à voie métrique (écartement entre les rails de 1 mètre) pour faciliter le transport des voyageurs et des marchandises sur tout son territoire. Un premier ensemble de dix lignes est construit de 1905 à 1907 suivi par un second de neuf lignes, ouvertes de 1916 à 1926. La compagnie de chemin de fer des (Côtes du Nord) exploite le 1er réseau et la compagnie des chemins de fer armoricaine le second. En 1921, le département rachète les concessions et exploite alors les 452 km de voies ferrées départementales en Régie. La fermeture du réseau s'échelonne de 1936 au 31 décembre 1956, date de suppression du Petit Train entre Saint Brieuc et Paimpol.

La ligne Lannion – Plestin-les-Grèves, cette ligne inaugure le second réseau lors de son ouverture aux voyageurs le 1er juillet 1916. Dès le 15 juillet 1916, les marchandises peuvent circuler entre Lannion et Plestin-les-Grèves. Alors qu'elle était promise à un bel avenir, la ligne se trouve immédiatement confrontée aux difficultés liées aux hostilités, dès la fin des années vingt, un redoutable concurrent, l'automobile. Les trains à vapeur laissent la place aux services d'autocars de la Régie Départementale à partir de 1934 prélude à la fermeture définitive prononcée le 1er janvier 1937. À peine 21 ans séparent la naissance de la disparition de cette ligne trégorroise. Acteur du développement des stations balnéaires, le Petit Train a laissé son empreinte dans la mémoire collective, et sur le terrain de nombreux vestiges comme la passerelle de St.-Efflam.

La fin du séjour arrive… un dernier repas en commun au Manoir avant de reprendre la route et replonger dans le cours de notre vie au sein du club Azzurri... que nous remercions particulièrement pour le geste de soutien lors de ce séjour.

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une dernière photo avant de quitter la Bretagne...

 

Nous avons passé un bon séjour en Bretagne, merci à Pierre GUIGOURESE, à notre amie JO responsable des randonnées pédestres et à tous les guides, au comité d'organisation, cuisiniers, serveuses ainsi qu'à nos ami(e)s du rassemblement 2009 en Alsace.

 

KENAVO les amis bretons

nous serons au rendez-vous en 2012...

 

Nous souhaitons un prompt rétablissement à Mme Legoff après sa chute lors de la première sortie.

 

Marthe et Claude, Isabelle et Christian, Yves et Michèle, Jean 

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18 juin 2010 5 18 /06 /juin /2010 12:00

Dimanche 23.05.2010

 

Sentier Côtier ( LE YAUDET, LOCQUEMEAU, SAINT-MICHEL-EN-GRÈVES)


Petit-déjeuner 7h30 face à la Lieue de Grève sous un superbe soleil... la journée promet d'être belle et bien remplie...

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Départ en car vers Poulec'h pour une rando de 23 km avec pique nique à Locquémeau (tiré du sac).

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Le GR 34

Le GR 34 est un sentier de grande randonnée qui longe la côte bretonne. Long de 1700 km, son parcours débute à Vitré (Ille et Vilaine) pour se terminer au Tour du Parc (Morbihan). Il reprend en grande partie les anciens chemins des douaniers. Ces chemins, progressivement abandonnés durant la première moitié du vingtième siècle, permettaient aux douaniers de patrouiller le long des côtes depuis leurs corps de garde, situés sur des points d'observation clés de la côte bretonne.

Partis de Poulec'h nous arrivons au Léguer, petit fleuve côtier qui coule dans le Trégor. Il prend sa source dans les tourbières de Saint Houarneau sur la commune de Bulat-Pestivien. Il traverse Lannion et se jette dans la Manche par un estuaire de 9 km à Beg Léguer. Fréquentée depuis le néolithique, l'embouchure magnifique de ce fleuve permet de s'aventurer sur la pointe du Yaudet et dans la baie de la Vierge.

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Le fleuve Léguer

Le sentier longe le fleuve Léguer sur un sentier ombragé dans une forêt dense... superbe ce début de journée...  jusqu'à la Pointe du Yaudet.

Sur le site du Yaudet, à l'embouchure du Léguer, naquit une cité d'importance, connue au Moyen-Âge sous le nom de Vetus Civitas. Vieille Cité ou Vieux Monastère, selon les étymologies, elle sera ensuite nommée Ar Yodeden breton, le Yaudet en français... Le Yaudet entrera dans l'histoire des hommes à partir du Néolithique, 10 000 ans, environ avant notre ère. Contrairement à d'autres régions du pays où les mégalithes marquent souvent le passage de populations de cette époque, cette ancienne cité n'en a gardé aucun monument encore visible de nos jours. Seules les fouilles entreprises ici ont permis de trouver des objets usuels tels qu'outils de silex, haches polies et fragment de poterie... Le nom de Léguer en est l'héritage, il signifierait fleuve...

Dominant l'estuaire du Léguer au nord, protégé par la vallée de la Vierge à l'Ouest, ce promontoire se révélait être un endroit idéal pour installer une communauté. Aucune trace d'habitation n'a toutefois résisté au temps, même si plus tard, à l'âge de bronze, le site était toujours occupé. La mer était alors plus éloignée de la côte et il n'est pas impossible que le limon et le sable de l'embouchure de la rivière couvrent aujourd'hui des vestiges à jamais perdus, car c'est dans le lit du Léguer que furent draguées des armes de cette époque. Les toutes premières traces d'habitations datent du premier siècle de notre ère.

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Vue sur le Léguer depuis la place du Yaudet

Dès la période gauloise, le promontoire fut fortifié. En s'y installant, les Romains doublèrent les fortifications. Le port commerçait avec l'Angleterre, l'Espagne et la Méditerranée. Un simple village regroupait quelques modestes habitations dans la vallée du Léguer, en bordure d'un chemin franchissant le gué du Buzulzo, carrefour des voies antiques romaines. Une garnison romaine protègera le site jusqu'au IVème siècle. Au Vème siècle, les Bretons insulaires immigrèrent en Armorique apportant leurs langue, culture et légendes. Le Yaudet devint la Vieille Cité.

Au bout du promontoire se dresse Notre Dame du Yaudet, chapelle à la Vierge Couchée, dans son lit de dentelle et ex-voto, qui domine la baie de la Vierge et son mur de pêcherie évoquant la légende d'Efflam et Enora. Cette chapelle a remplacé, en 1861, une chapelle très ancienne détruite en 1858, certains éléments de l'ancien édifice dataient du XIème siècle. La famille de Kerninon fut à l'initiative de la reconstruction de la chapelle. À l'intérieur, on peut découvrir un retable du XVII ème siècle représentant la Vierge couchée avec l'enfant Jésus. Selon la tradition, cette représentation de la Vierge couchée aurait un lien avec un culte pré-chrétien de la déesse de la fécondité et de la fertilité. Par ailleurs, à la racine du nom gwilioudin (en breton accoucher) on trouve la consonance du nom Yaudet. Le Pardon y est célébré le 15 août.

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Notre Dame du Yaudet, chapelle de la Vierge couchée

La légende raconte qu'Enora, la chaste épouse de Saint Efflam, partie à sa recherche en Armorique, vit son esquif du cuir échouer dans la baie de la Vierge, retenu par les pierres en fermant l'entrée à marée descendante. Un monastère fut dès lors fondé en cet endroit. Il ne subsistera que du V ème au VIII ème siècle et fut sans doute à l'origine d'une légende qui voulait que le Yaudet fut le premier évêché, éphémère du Trégor. Les pierres d'une première église remontent au XI ème siècle de notre ère, sur les fondations d'un temple romain dont elle récupéra certains matériaux. Composée de deux nefs à six travées, elle eut des modifications du XIII ème au XVII ème siècle et sera détruite en 1855. C'est à la requête des Kerninon que la chapelle actuelle fut érigée et achevée en 1861, sur les fondations de l'ancien lieu de culte. Elle a intégré certains des éléments d'architecture de l'ancien édifice.

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La vierge couchée

Nous quittons, non sans regrets, ce petit paradis pour la baie de la Vierge... de jolies maisons bretonnes nous interpellent sur le parcours...

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maison bretonne

Un magnifique sentier côtier mène à la Pointe du Drouven.Marquant l'entrée sud de l'estuaire du Léguer, la Pointe du Drouven se présente comme un éperon rocheux à la végétation encore sauvage, le sommet est recouvert de pins maritimes ce qui lui donne un aspect des plus pittoresques.

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À la Pointe de Dourven

Le lieu Dourven signifie en breton"Pierre bruissante" et a inspiré bien des poètes et musiciens.

Arrivés à la Pointe de Dourven, nous avions le choix entre contourner le sommet ou grimper... bien entendu avides de découvertes nous ne nous faisons pas prier... il y a toujours une récompense à tout effort... Le sommet constitue un remarquable point de vue sur l'estuaire du Léguer, les plages de Beg Léguer et, à l'ouest la Pointe de Séhar.

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Les pommes de pin de Marcel Dinahet

Entre les troncs des Douglas, trois grosses pommes de pin de Marcel Dinahet font un clin d'œil à tous les créateurs qui prennent leur quartier au Dourven.

Par le passé, la pointe servit de poste de surveillance de la côte. Ce site fut choisi pour la construction d'un corps de garde destiné aux milices garde-côtes. Le site se trouva être celui qui avait été utilisé par les Romains pour construire le fortin d'angle de leur dispositif de défense du III ème siècle. Les pierres furent réemployées pour construire le bâtiment actuel qui a été restauré en 1982 et couvert de lauzes (plaques de schiste de Locquémeau).

Un bâtiment élevé sur le site en 1845, le corps des douanes. Cette fois encore, l'emplacement retenu fut celui de la tour d'angle nord-est de la défense romaine. Pour cause, il offre une vue imprenable sur l'entrée de la rivière et surplombe le port du Yaudet. Les derniers vestiges du fortin furent arasés et les pierres servirent à l'édification d'une petite construction où 5 douaniers pouvaient se tenir. À proximité, un banc d'observation fut établi dans le mur d'enceinte romain, vers l'extérieur, abritant des vents dominants les douaniers de service.

Au centre du domaine, la maison de Dourven construite en 1912 par la famille Even, est aujourd'hui dédiée à l'art contemporain.

Le domaine est un site naturel protégé, propriété du Département des Côtes d'Armor ouvert au public. Cet espace naturel remarquable comprend une partie naturelle d'estuaire et de cap, des landes côtières, falaises et abords avec au pied des amas rocheux ou chaos granitiques, avec en prime un parc boisé près du rivage. Un havre de paix comportant une aire de pique-nique est à la disposition des visiteurs et promeneurs.

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Prochaine étape : Locquémemau – Pointe de Séhar – lieu de rassemblement général des randonneurs pour le pique-nique. Il est midi lorsque nous arrivons à la Pointe de Sehar Cette pointe se trouve à l'extrémité d'une presqu'île jointe à la terre, à l'origine, par deux cordons de galets. À la fin du XIX ème siècle, une route fut aménagée sur l'un des cordons afin de favoriser le développement du port de Locquémeau en pleine expansion sardinière. Entre les deux cordons de galets s'étend le petit étang du Vorlenn. À l'origine, celui-ci était recouvert par la marée deux fois par jour. Des travaux de remblaiement au cours des années 70 l'ont, en partie, comblé. Bien que réduit, l'étang a été conservé. Aujourd'hui il accueille des oiseaux migrateurs et abrite une flore rare et spécifique. Sur la façade de la presqu'île se trouve une grève de galets et de sable appelée «an Aod Bras» (la grande plage). Devant cette plage est aménagé le port de plaisance de Locquémeau. En breton, la Pointe e Séhar se nomme Beg Sech'h, ce qui se traduit par pointe sèche. La Pointe de Séhar marque le début de la falaise de Trédez, site naturel classé.

Tous les randonneurs pédestres se retrouvent à la Pointe de Séhar pour un pique-nique. Nous profitons d'un bon repos sur les rochers baignés de soleil, face à la mer... un spectacle inoubliable, c'est tout simplement merveilleux.

Le village de Locquémeau fut fondé au VI ème siècle par un moine venant de Grande Bretagne, Quémeau (Kemo en breton). Il y fonde un monastère mais ce n'est que vers le Xème siècle que ce hameau adopta son nom actuel. Loc (venant du latin locum désignant en Bretagne un lieu de culte ou ermitage), le nom pourrait avoir été influencé par une présence romaine au début de notre ère. Les landes du village comportent, en effet, les ruines de deux fortins gallo-romains au préfixe de Ty-Coaz. Succursale de la paroisse de Tredrez à partir de 1426, la chapelle de Locquémeau tiendra toutefois ses propres registres jusqu'à la Révolution et abrite toujours la plus grande partie de la population de l'entité communale.

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La Pointe de Séhar

À marée basse, les lignes de granit surgissent d'une eau dont la houle peut aisément drosser les bateaux mal pilotés vers les pièges que constituent les hauts-fonds. Ces arrêtes aux contours rugueux, semblent parfois faites de tranches magmatiques superposées surgissant ici et là parmi les galets pour aller se noyer jusqu'au bout de la Pointe de Séhar qui s'engouffre lentement dans la mer. Le paysage y paraît irréel et unique. Contrairement aux autres rives, aucune végétation ne s'accroche, aucune vie ne semble possible sur ces cailloux entrecoupés de galets.

Locquémeau a toujours vécu des richesses d'une mer où ses marins puisaient leur subsistance. Connues depuis des temps immémoriaux pour leur fécondité, les eaux baignant les rives du village étaient exploitées tant pour la pêche que pour la récolte du goémon. Il existe d'ailleurs encore les vestiges de pêcheries artisanales sur la plage. Le port s'est progressivement développé, connaissant son apogée au XIX me siècle. En ce temps-là, la baie de Lannion voyait régulièrement ses eaux côtières envahies de bancs de sardines dont la pêche devint une spécialité locale. Deux conserveries seront construites à côté du port et fonctionneront jusqu'au milieu du XX ème siècle. La sardine a ensuite disparu de la baie et les conserveries ont fermé leurs portes... la dernière campagne de pêche à la sardine sera clôturée en 1954. Il reste aujourd'hui une quinzaine de bateaux de pêche inscrits au rôle du petit port, draguant au chalut, pêchant à la ligne, à la palangre ou aux casiers. Lieux, maquereaux et soles ont remplacé la sardine. Le homard, l'araignée ou la coquille Saint-Jacques font désormais l'ordinaire des patrons-pêcheurs.

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merveilleux paysage à la pointe de Séhar

Nous reprenons notre bâton de randonneur pour découvrir et vivre un après-midi de rêve... sur des kilomètres de sentiers côtiers nous vivons des moments à jamais gravés dans notre mémoire.

Les falaises de Trédez (site classé) s'étendent sur environ 2 kilomètres depuis le port de Locquémeau jusqu'à la pointe de Beg ar Forn qui marque l'entrée de la Lieue de Grève. Je n'ai pas de mots pour décrire toute cette beauté... époustouflant !! voyez vous-mêmes...

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ou encore...

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La magnifique promenade de Locquémeau à St Michel en Grève dure environ deux heures, elle permet d'admirer les falaises de Trédez et le panorama que l'on découvre à Beg Ar Forn est superbe. Il s'agit de l'un des plus grands ensembles de falaises vierges de Bretagne. Le sentier des Douaniers traverse des paysages restés sauvages avec un panorama exceptionnel sur les côtes finistériennes.

Saint-Michel-en-Grève, 4 km de plage de sable fin aux couleurs changeantes… une plage magique marquée en son milieu d'une croix ancestrale, vestige de l'ancienne voie gallo-romaine...  Son église et son clocher à dentelle de lumière et son remarquable cimetière marin, l'un des seuls d'Europe battu par les flots à marée haute. L'équivalent breton est «Lokmikael-an-Traezh», les habitants se nomment les Michelois. Pendant des siècles, tous les voyageurs se déplaçant en longeant la côte, de Lannion à Morlaix, redoutaient la traversée de la Lieue de Grève sur plus de quatre kilomètres de sable. Les dangers pouvaient être aussi nombreux que variés, aux périls de la mer, s'ajoutait le risque de fâcheuses rencontres de voleurs et de bandits qui rançonnaient la grève. La Croix de Mi-Lieue, en 1956 l'abbé L. Le Clec'h précisait dans son ouvrage sur le Yaudet que «près de nous, il y a moins d'un siècle, on pouvait voir émergeant des flots, dans la baie de St.Michel-en-Grève, aux grandes marées d'équinoxe surtout, la croix d'un calvaire. Comment ce calvaire s'y trouvait-il, sinon parce qu'autrefois cette partie de la plage était en terre ferme et qu'une route passait par là, reliant directement Trédez, St.Michel-en-Grève d'une part, et Saint Efflam». Ce calvaire autrefois en terre ferme était appelé Kroaz an Hanterlev, la croix de la demi-lieue. Une légende raconte que la Lieue de Grève recèle sous ses sables une des cités endormies.

Nous rentrons au Manoir de Kerallic en parcourant, par la plage de St.Michel-en-Grève, prolongée par la plage de Saint-Efflam sous un soleil de plomb...

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la plage de Saint-Efflam et ses chars à voiles...

À marée basse, la partie est de la plage est souvent utilisée pour des activités du type char à voile. Tous les ans, la plage est le théâtre de grandes courses hippiques. Les cyclos arrivent à notre hauteur, eux aussi ont fini leur périple... nous les saluons avec des grands signes de la main avant de nous retrouver tous au Manoir pour le repas du soir.

La fontaine Saint-Efflam. Cette fontaine date du XVI ème siècle, elle est toute proche de la chapelle du même nom et fait aussi l'objet de la dévotion des fidèles. On attribue à son eau des vertus miraculeuses. Du temps de l'abbé Déric, qui écrivit en 1777, «on se rendait à jeun, le lundi, à la fontaine de Saint-Efflam, lorsque l'on avait été volé. Là on jetait dans l'eau plusieurs morceaux de pain, à chacun on donnait le nom des personnes soupçonnées. Celui des morceaux qui restait au fond indiquait le nom du voleur». Une autre légende : les jeunes filles laissaient tomber deux morceaux de pain, s'ils se rejoignaient, elles se mariaient dans l'année (je préfère cette dernière...)

À la fin de la révolution, le dôme qui couvre la fontaine, du XVII ème siècle, a été remonté vers l'intérieur compte tenu de l'érosion marine. Un grand escalier de pierre permet d'accéder à l'esplanade entourant la Chapelle située plus haut. À l'aplomb du dôme, un carré de pierres taillées laisse apparaître une eau claire qui s'écoule ensuite dans un petit canal lui-même taillé dans la pierre qui traverse une succession de minuscules petits bassins. L'eau s'écoule ensuite dans la direction de la mer.

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La fontaine Saint-Efflam

La chapelle est installée à mi-hauteur, sous Kérallic, sur le flanc ouest de la plage de Saint-Efflam. Elle est solidement installée sur une grande terrasse bordée de murets. Le mur du cimetière de la chapelle bordait la route (voie romaine) reliant Lokmikael (Saint-Michel-en-Grève).

Après environ 26 km nous sommes heureux d'avoir vécu pleinement cette journée... Après le repas, l'intervention de clôture des organisateurs suivie d'un concert de Fanch Le Marrec, artiste local (chants marins et anecdotes...) à la salle de spectacles, fut une façon fort agréable de terminer la soirée.

à demain...

Marthe

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15 juin 2010 2 15 /06 /juin /2010 21:07

 

Du 21 au 24 mai 2010



Vélo, cyclo balades, VTT et Randos Pédestres


Plestin-les-Grèves,Plistin en breton, dans les Côtes d'Armor en Bretagne accueille près de 600 participants au 14ème Tour de Bretagne FSGT (TDB 2010) avec 360 cyclosportifs et cyclotouristes pour les grandes boucles, 60 cyclo-balades, 130 randonneurs pédestres et 40 bénévoles issus de la FSGT pour assurer l'accueil, l'organisation, l'animation, l'intendance et la sécurité.

Bonne organisation, convivialité et un temps exceptionnel avec des températures de 28 à 30° pour un mois de mai sont les ingrédients d'un TDB parfaitement réussi. Bravo et merci les amis Bretons.

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Le club Azzurri FSGT ALSACE


60 clubs, 25 départements ainsi qu'une délégation anglaise sont représentés… Normandie, Bretagne, Centre, Région Parisienne, Pays de Loire, Anglais... et bien entendu l'Alsace avec le club de randonnées pédestres Azzurri 7 membres et le Cyclo Club Kingersheim avec 2 membres.


En Juillet 2009, la FSGT Sud Alsace avait organisé le 1er rassemblement fédéral de cyclotourisme et randonnées pédestres et nous avions hâte de retrouver nos amis marcheurs en Bretagne...

Plestin-les-Grèves est citée pour sa participation à la Révolte des Bonnets Rouges survenue en 1675 en Bretagne. Le littoral plestinais est composé de falaises, de criques rocheuses, de plages de sable fin et la Lieue de Grève. C'est l'une des plus grandes baies des Côtes-d'Armor et de Bretagne. On appelle ainsi la vaste étendue sableuse (4 km de long, un estram large de plus d'un km) largement ouverte vers le Nord qui s'étend de Saint-Michel-en-Grève à Saint-Efflam, ce dernier lieu étant un village de la commune de Plestin-les-Grèves. La Lieue de Grève est très propice à l'échouage de tout ce qui flotte sur et dans la mer, elle a reçu en abondance les hydrocarbures de l'Amoco-Cadiz et elle reçoit depuis au moins 20 ans des apports importants d'algues vertes qui sont appelés «marée verte» et constituent une nuisance importante. L'amoco-Cadiz est le nom du pétrolier «supertanker» de 234 000 tonnes, naufragé au large des côtes bretonnes le 16 mars 1978 provoquant une marée noire considérée, aujourd'hui encore, comme l'une des pires catastrophes écologiques de l'histoire.

Le Grand Rocher culmine à 84 m, le site protégé offre un panorama de 180° sur la Lieue de Grève et abrite une réserve de chauves-souris. De nombreux oiseaux marins vivent dans l'arrière-pays tels que les tadornes de belon, casarcas, aigrettes garzettes, hérons cendrés, martins pêcheurs et d'autres espèces limicoles. L'orchidée sauvage y est présente, parmi lesquelles deux espèces rares, l'Ophrys abeille et l'Anacamptis Pyramidalis.

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Le Manoir de Kerallic

où nous allons séjourner pendant les 4 jours du TBM.

Au Vème siècle, la barque de Saint-Efflam est dite s'être échouée sur un rocher, depuis couronné d'une croix, mais ce qui reste de cette croix est aujourd'hui entouré de sable, ce qui indiquerait un fort apport de sable depuis cette époque. Le moignon de la croix était même, à la fin février 1993, couvert d'une trentaine de centimètre de sable à la suite d'une importante migration de sable vers le niveau de mi-marée. On a pu retrouver le rocher, à plus d'un mètre sous la surface du sable, lors du sondage entrepris à l'occasion de l'extraction du moignon de croix en vue de la fabrication d'une croix neuve ; la légende disait donc vrai....

Plus de 300 000 ans d'histoire. Plusieurs vestiges archéologiques datant de l'âge de bronze (tumuli d'ar Hastel et de Henguer, trace de sépulture en coffre à Kervigné , dépôt de haches à douilles à Rest-Menou), de l'âge du fer (souterrain de Keronic, stèle funéraire du Peulven), et de la période gallo-romaine (substructions de Toul-an-Héry, sanctuaire de Mezou-Penannech, temple de Coz-Illis, dépôts de monnaies de la carrière du Rocher, thermes du Hogolo) attestent l'ancienneté de l'implantation humaine sur le territoire communal. Les ancêtres des Bretons traversèrent la mer, Mor Breizh, pour s'établir en Armorique, qui devient la Bretagne. Le prince irlandais Efflam débarqua sur la Lieue de Grève avec ses sept saints compagnons pour s'installer sur le littoral.

BIENVENUE ! DEGEMER MAD ! En Bretagne – Côtes-d'Armor

L'accueil se fait au site principal, le Manoir de Kerallic, haut lieu d'Histoire et de Légendes le vendredi à partir de 15 heures, secondé de deux sites annexes : le village de l'Armorique à environ 1,5 km de Kerallic et le camping de St Efflam à 1,7 km de Kerallic.

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Une de nos chambres à Kerallic

D'emblée nous retrouvons avec grand plaisir nos amis bretons, qui en 2009 ont participé au 1er rassemblement en Alsace, nous avions hâte de les revoir... sur leur terre, la Bretagne cette fois !

Une fois installés, le dîner est servi. Nous sommes conviés à la soirée d'accueil à la salle de spectacle de Kerallic où le collectif d'organisation du 14ème Tour de Bretagne nous souhaite la bienvenue et donne les consignes pour les jours à venir.

Pierre GUIGOURESE. rappelle que le 1er Tour de Bretagne en 1987 rassembla 87 participants contre 100 en 1988 et aujourd'hui en 2010 nous sommes 600 participants. Un grand succès pour les organisateurs de cette manifestation, bravo à eux. Une partie musicale suivit le briefing animée par le groupe local de Pleumeur Bodo «sous le signe des Iles» avec des chants de marins.

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Le groupe «sous le vent des Iles»

Après une bonne nuit de sommeil nous voilà prêts à arpenter la terre bretonne... Kerallic domine d'une quarantaine de mètre la mer et une immense plage encadrée d'harmonieuses collines boisées, la superbe Lieue de Grève. Au pied de Kerallic et sur la Lieue de Grève passaient les voies romaines et les pèlerins sur le chemin du Tro Breiz... La Lieue de Grève, en Saint Michel en Grève, c'est ici, dans ce lieu mythique, qu'une légende situe le point de départ de la colonisation de l'Armorique par les premiers émigrés bretons.

TRO BREIZ, ou Tour de Bretagne : au moyen âge le Tro Breiz désignait le pèlerinage en l'honneur des sept saint fondateurs de la Bretagne.

Le pèlerin allait s'incliner sur les tombeaux des évêques fondateurs, Brieuc et Malo dans leur ville, Samson à Dol de Bretagne, Patern à Vannes, Corentin à Quimper, Pol Aurélien à Saint Pol de Léon et Trugdual à Tréguier. Les anciens statuts du chapitre de la cathédrale de Rennes accordaient autant d'importance à ce pèlerinage qu'aux voyages de dévotion fait à Rome, Jérusalem ou Saint Jacques de Compostelle.

Samedi matin, départ de Kerallic, le temps est magnifique, on se croirait en été. Nous prenons la direction de la plage ..un circuit d'environ 7 km pour nous mettre en jambes. Une magnifique demeure se dresse devant nous, Ker Goz, une maison d'architecte construite vers 1930 pour Lord et Lady Mond (d'après la tradition orale). Le bâtiment est construit à partir de remplois d'architecture religieuse de la fin du 15ème siècle et du début du 16ème siècle. Il est rapporté à ce sujet, que la chapelle de la Ste Trinité de Plounérin, construite au début du 16ème siècle par l'atelier Beaumanoir, fut vendue par la municipalité et transportée à St Efflam en Plestin pour l'édification d'une villa.

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La villa dite Ker Goz à Saint Efflam

La mer monte... nous escaladons les rochers recouverts de milliers de moules et d'algues vertes un passage mal aisé pour rejoindre de petit port de Beg Douard (La Pointe de Terre) qui abrite les bateaux de plaisance. Une attention soutenue est nécessaire pour traverser les rochers et, c'est soulagés que nous reprenons le circuit normal.

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Suivre les sentiers côtiers est un régal pour nous qui randonnons en montagne toute l'année, un dépaysement total. Une heure plus tard nous descendons à la très belle plage de Pors Mellec. Le sentier côtier continue, nous longeons de merveilleux sites de falaises schisteuses d'aspect tourmenté. Les formations volcaniques multiples que la nature a sculptées donnent à cet endroit un effet féérique.

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Les falaises sauvages bordées de landes impénétrables, criques rocheuses, amoncellement de granit et de schiste préservent la beauté naturelle des lieux.

Ici,le Douron se faufile dans le dernier méandre de la vallée qu'il a creusé, bordé de plages d'un sable d'une clarté éblouissante. Comme dans un rêve, presque sous nos pieds, les premières pierres d'un édifice peu courant de nos jours s'alignent en fondations géométriques longeant la rive. Il s'étire sur un balcon de végétation rase, à peine caché par les derniers pins de la Pointe de l'Armorique. Époustouflant !! les thermes du Hogolo.

Au pied de la colline, les thermes du Hogolo, solitaires, regardent la mer depuis deux mille ans. C’est un endroit magique.

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Remarquablement conservés dans une dune littorale, les thermes du Hogolo ont été découverts en 1892, plusieurs campagnes de fouilles ont été effectuées au XXème siècle. Le monument date de l'an 50, agrandi au second siècle, il a été transformé en habitation agricole au III ème siècle puis démoli au IV ème. Les Romains apprirent des Grecs l'usage et les bienfaits des bains. Le rite thermal comprend d'abord un passage dans une salle tiède (le tepidarium) où le corps est frotté avec une lame de fer munie d'un manche, ensuite on se rend au (caldarium) une salle chaude comprenant des bains de vapeur pour la sudation. Le parcours se termine par le (frigidarium) une salle de bains froids. C'est ainsi que partout où s'établirent des communautés d'une certaine importance, ils construisirent des complexes tels que celui de Plestin. Les galères romaines parcourant les côtes d'Armorique trouvèrent en ces lieux un havre naturel que ces hommes venus du sud s'empressèrent d'aménager afin d'y faire commerce. Pour peu que l'eau fut à disposition en quantité suffisante, les architectes dessinaient et faisaient édifier des lieux d'ablution dont la plupart disparurent peu de temps après leur départ. Nos ancêtres étaient, comme nous, sensibles à la beauté des paysages. C'est ainsi que naissent les thermes gallo-romains du Hogolo en Plestin, ils sont probablement les seuls, en Bretagne à offrir un tel niveau de restauration.

Ils avaient pourtant presque entièrement disparus, perdant comme bien souvent l'essentiel de leur matériaux au profit d'autre constructions, lorsqu'un beau jour de 1892, le hasard d'un trait de labour en exhuma les fondations et quelques pans de murs oubliés sous les terres qui les avaient progressivement couverts au cours des siècles. Des fouilles entreprises en 1938 cesseront deux ans plus tard et, une nouvelle fois le site sera partiellement comblé. Un habitant de Plestin redécouvrira la partie chaude des thermes et, se prenant de passion pour cet endroit chargé d'histoire sur cette plage de sable fin s'en fit une demeure. À sa mort, le département acquit le site, le mit en valeur pour l'ouvrir au public en 1993.

Le sentier continue... un peu plus loin, le petit port de Toul-an-Hery blotti dans la dernière courbe du Douron, comptait au Moyen-Âge jusqu'à une quinzaine d'embarcations, qui étaient principalement dévolues à la pêche côtière. La chapelle Sainte Barbe, une des nombreuses chapelles dont s'enorgueillissait le village, construite au début du XVII ème siècle.

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Construite dans le quartier du port ducal de Toul-an-Hery qui exportait des céréales en direction de l'Angleterre et de l'Espagne, la petite chapelle Ste Barbe se présente comme un édifice rectangulaire avec une chapelle adjacente. Le clocheton du clocher-mur porte la date de 1609. À la Révolution, la chapelle est vendue comme Bien National au citoyen Le Cosquer de Plestin. À l'intérieur, on peut découvrir une poutre de gloire ainsi qu'un coffre à grains pour les offrandes. Placée sous le vocable de Sainte Barbe, patronne des gardes-côtes, selon la tradition, la chapelle protège aussi les femmes enceintes et les nourrissons. Peu avant la seconde Guerre Mondiale la marée remontait encore à quelques mètres de la chapelle. Plestin-les-Grèves a connu une histoire riche en événements, prenant une importance telle qu'au lendemain de la Révolution elle ne comptait pas moins de 16 chapelles. La plupart construites à l'intérieur des terres. Les seigneurs locaux furent nombreux, le plus souvent de petite noblesse, ils avaient construit leur demeure en manoir et château dont la plupart ont aujourd'hui disparus. Confisqués le plus souvent, à l'avènement de la République, ils seront attribués à des paysans qui les transformeront en fermes ou métairies. À cette époque, 25 moulins à eau et 2 moulins à vent tourneront à plein régime pour assurer un développement dont l'essentiel était tourné vers l'exploitation de la terre.

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À Toul-an-Hery

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Un clin d'œil aux accompagnateurs des randonnées pédestres qui ont bien du mérite, mener 130 randonneurs sur les routes et les sentiers n'est pas une mince affaire...

merci à Jo pour toutes les documentations...

Après le repas pris au Manoir de Kerallic, départ en covoiturage pour le Moulin de la Rive... pour d'autres découvertes. Locquirec Lokireg en breton, petite station balnéaire située à la limite du Finistère et des Côtes d'Armor. Le village est situé sur une presqu'ile qui s'étire dans la baie de Lannion. La vue de la pointe de Locquirec offre une vue splendide sur toute la partie ouest de la Côte de granite rose, de l'Ile Miliau à Plestin les Grèves, en passant par Trébeurden, Saint-Michel-en-Grève et Tréduder. Plusieurs kilomètres de randonnée s'offrent à nous… le sentier longe toute la presqu'île et ses plages de sable fin, le Moulin de la Rive, les Sables blancs, Pors ar Villieg etc...

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les plages de Locquirec

Le village est formé autour de l'église et du port de plaisance. L'église Saint-Jacques, agrandie au XVIII ème siècle, possède une nef des XIIè et XIIIè siècles, son joli clocher à tourelle d'escalier date du XVIIè.

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Le sentier longe la presqu'île


L'église Saint Jacques a succédé au XII-XIIIe siècle à un oratoire dédié à Saint-Guirec. La nef et le bas-côté nord remontent à cette époque. Le clocher-porche, daté de 1634-1691, est de type trégorois avec trois chambres de cloches accessibles par une tourelle d'escaliers. L'église renferme un retable en bois polychrome de la fin du XV è siècle, de style flamand.

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Église Saint Jacques à Locquirec


Née il y 600 millions d'années, la pierre de Locquirec, savant mélange de sédiments marins et de produits volcaniques, a subi au cours de son histoire différentes transformations chimiques, qui lui ont donné cet aspect schisteux fin et régulier, parsemé de felspaths et de feuillets de mica. La baie de Lannion et ses environs étaient traversés par des cordillères du type de celles qui jalonnent le pourtour de l'Océan Pacifique, c'est là que naquit la pierre de Locquirec. Ici, tout le monde reconnaît aisément cette pierre bien particulière, puisque seule la ville de Locquirec a exploité la roche, pourtant présente de Lanmeur à Tréguier. Déjà à l'âge de bronze, les hommes s'en servaient pour fabriquer les caveaux funéraires, mais très vite, on s'aperçu de ses qualités fonctionnelles et esthétiques. À Locquirec débute dès le XVIIè siècle l'exploitation intensive du schiste et ceci jusqu'au début du XX ème siècle. Les carrières sont alors nombreuses et tournent à plein régime. D'abord extraite à la pioche puis à la dynamite pour être acheminée par bateaux jusqu'à la région du Mont Saint Michel, où sa couleur bleue-verte bien particulière est fort appréciée. On l'utilisait pour l'édification des manoirs ou monuments religieux, mais aussi pour la couverture et les dallages des maisons particulières. La pierre est encore visible sur les toits des maisons anciennes de Locquirec. Aujourd'hui les carrières de schistes sont abandonnées et envahies par la végétation. Cette pierre se fait de plus en plus rare.

Nous quittons les sentiers côtiers pour l'intérieur des terres, de nombreux champs d'artichauts bordent le chemin.

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Champ d'artichauts


Une plante nommée cynara était connue des Grecs et des Romains. Reste à savoir à quoi elle correspondait exactement. On lui a attribué des pouvoirs aphrodisiaques et elle tirerait son nom d'une jeune fille séduite par Zeus, puis transformée par lui en artichaut. Il semblerait cependant que l'artichaut que nous connaissons ne soit apparu en Europe qu'à la fin du Moyen Âge, et qu'il s'agisse d'un chardon transformé par sélection par les horticulteurs. Fleuron du terroir breton, statut qu'il partage avec le chou-fleur entre autres...

Il serait originaire d'Afrique du Nord, d'Egypte ou d'Ethiopie. On dit que Catherine de Médicis l'apporta de son Italie natale lorsqu'elle épousa le roi de France. C'est sans doute peu après qu'il arriva en Bretagne, et l'appellation «camus de Bretagne» fait son apparition vers 1810. Il craint le froid le gel en hiver et la chaleur en été, il a trouvé en Bretagne son terroir de prédilection. Il est utilisé également à la fabrication du célèbre apéritif du nom de Cynar...

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Le Manoir de l'Ile Blanche Locquirec domine l'anse de Tour an Héry, un bel édifice datant du XVIIè siècle. Son fondateur, Richard de la Haye, était un personnage haut en couleur. Originaire de Keraudy en Pouaret, il combattit en Flandres et en Allemagne au service de Louis XIV, il fut enterré en 1668 dans l'église Saint Melaine à Morlaix. En 1903 le domaine devint la propriété de Early John Norton, avocat à Madras. Son épouse, Lady Norton, aimait vivre dans le luxe, elle transforma le manoir pour accueillir ses invités dans de fêtes fastueuses. Les deux ailes, les tourelles, le portique d'entrée avec son clocheton furent bâtis à cette époque. Fatigué, son époux mit le manoir en vente en 1926, il fut acquis par le Diocèse de St Brieuc qui le confia aux Filles de St Esprit. Cette communauté anime toujours le domaine, l'Ile-Blanche propose des haltes spirituelles et met ses locaux à la disposition des entreprises pour l'organisation de séminaires, de congrès.. durant l'hiver, le manoir héberge des personnes âgées.

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La chapelle de Linguez


Un peu plus loin, la chapelle de Linguez. Nous rentrons au Moulin de la Rive afin de rejoindre le Manoir de Keralic.

Fin de la première partie...

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Published by Marthala - dans Bretagne
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