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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 18:01

Lundi 30 août 2010

Lorsque l'on parle de Saint Nectaire nos papilles réagissent automatiquement et pensent « fromage »... aujourd'hui je sais que cette commune détient un grand nombre de valeurs...

Saint Nectaire, vous connaissez sûrement, ne serait-ce que pour le célèbre fromage AOC aux odeurs de noisette. Mais saviez-vous que c'est aussi un charmant village en Auvergne, très touristique et réputé pour ses eaux ? On y vient aussi pour se ressourcer, et profiter du magnifique cadre auvergnat.

Saint Nectaire est en fait constitué de deux villages assez distincts : Saint Nectaire le Haut, situé sur le Mont Cornadore, dominé par sa magnifique église joyau de l'art Roman et Saint Nectaire le Bas réputé pour ses sources.

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L'église de Saint Nectaire qui se dévoile à des kilomètres de distance est une des cinq églises majeures d'Auvergne. Saint Nectaire est un compagnon de saint Austremoine. La fondation et la construction de l'église romane ont laissé peu de traces dans les documents de l'époque. On peut néanmoins penser qu'elle se situerait dans la seconde moitié du XIIème siècle. Elle est en tout cas citée dans les dépendances de l'abbaye de la Chaise Dieu en 1178. Les tours de la façade ont été reconstruites au XIXème siècle. En 1875, l'architecte Bruyerre reconstruit à neuf le clocher de la croisée et ajoute des décorations aux façades du transept.

Le peuplement du site est très ancien, on peut y trouver par exemple un dolmen. La qualité des eaux est reconnue depuis des temps immémoriaux, les Romains en parlaient déjà. Ce ne sont pas moins de 40 sources avec des eaux chaudes et arsenicales que Saint Nectaire possède.

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Ornementation classique en Auvergne sur le mur de fond des croisillons

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Le buste de Saint Baudine, compagnon de Saint Nectaire, évangélisateur de l'Auvergne, en bois recouvert de cuivre, peut être daté du XIIème siècle.

nectaire-4.jpgLe chœur à déambulatoire

Saint Nectaire – fromage de Roi

À la cour du Roi Soleil, le Maréchal de France Henri de la Ferté-Sennecterre vanta si bien les fromages de sa province que Louis XIV en fit servir régulièrement à sa table. Depuis le XVIIème siècle le Saint-Nectaire n'a cessé d'accroître sa notoriété.

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Après avoir été, pendant des siècles, presque uniquement consommé sur place par le peuple, le Saint Nectaire conquit, dans la deuxième moitié du XVIIIème siècle, l'aristocratie. C'est l'onctuosité de sa pâte et son délicat goût de noisette qui font sa renommée... À la ferme, le Saint Nectaire est fabriqué matin et soir. Il est affiné en cave naturelle souvent creusée dans le tuf volcanique.

Une autre merveille à Saint Nectaire, le site des fontaines pétrifiantes, une famille, deux siècles d'histoire...

Issue de bouleversements tectoniques violents, qui donnèrent naissance au volcanisme, l'Auvergne, et particulièrement le Puy de Dôme, conserve des traces d'un passé tumultueux. De cette activité géologique intense, jaillissent des sources chaudes et riches en sels minéraux que l'homme exploite depuis 2000 ans pour le thermalisme, et depuis 2 siècles pour l'industrie de la pétrification. Depuis 200 ans, la famille Papon exploite en Auvergne des sources au pouvoir étrange. C'est à Saint Nectaire que sa fabrique s'ouvre au visiteur. Après une approche géologique du phénomène volcanique, nous partons à la découverte de la grotte où jaillissent les sources pétrifiantes à plus de 50° et cheminons le long de ses 25 mètres de galeries d'épuration, entrons dans les ateliers de fabrication dans lesquels nous découvrons 2 siècles de savoir-faire familial pour découvrir la Fontaine Pétrifiante avec sa surprenante chute d'eau de 14 mètres. Pour finir, un tour dans la boutique où l'on peut admirer le résultat de cette alliance entre l'artisan et les richesses de la nature, que de belles choses...

nectaire-6.jpgarrivée des sources

C'est en 1819 que Jean Serre, aidé de son père Gilbert, ont eu l'idée de domestiquer ces eaux à Saint Nectaire au pied du massif du Sancy.

Le bassin hydrologique de Saint Nectaire compte 46 sources nomenclaturées. Vers 1884 parallèlement à l'exploitation thermale, 19 sources alimentaient 12 fabriques d'objets pétrifiés le long de la vallée du Courançon. Cette véritable industrie employait jusqu'à 60 personnes. Aujourd'hui, seules les Fontaines Pétrifiantes de Saint Nectaire ont su développer autour de ce phénomène de dépôt calcaire un véritable métier d'art. L'idée de contraindre des eaux à déposer leur carbonate de calcium sur des végétaux, des objets ou des animaux naturalisés date de la fin du 18ème siècle. Vers 1815, Jean Serre, familier des milieux scientifiques Clermontois envisage l'installation d'échelles de pétrification. Pour les alimenter en eau, il doit localiser les fissures suivies par les sources à canaliser.

Jean Serre va ainsi mettre au point l'art difficile des incrustations sur moulage et fonder alors officiellement en 1821 les Fontaines Pétrifiantes de Saint-Nectaire.

Pendant 50 ans Jean Serre, puis son gendre Michel Papon aidés de nombreux ouvriers, creusent 150 mètres de galeries et de puits sur 3 niveaux ; ils construisent des barrages empêchant les eaux captées de retourner directement à la rivière.

Les premiers essais d'incrustations sur moulage se font avec des créations sur plâtre et des moulages au soufre ou encore à la cire. Mais les contraintes de rigidité et de conservation de ces deux matériaux interdisent l'utilisation de matrices à motifs complexes.

nectaire-7.jpgdémoulage

Vers 1830, la Gutta-Percha, malléable à chaud, lève ces contraintes et révolutionne la technique de moulage. Introduite par Jean Serre puis améliorée par son gendre et collaborateur, Michel Papon vers 1840. Depuis, leurs descendants développent et perfectionnent le savoir-faire. En véritables artisans d'art, ils créent des incrustations d'une facture unique.

La Gutta-Percha (vierge) est une gomme végétale du type caoutchouc (latex) provenant d'un arbre implanté en Malaisie. Cet arbre est originaire d'Amazonie. Il est apparenté à l'hévéa. Ce caoutchouc a remplacé le soufre dès 1830 et reste de nos jours sans équivalent malgré les matières plastiques. Le temps de séjour des objets sur les échelles dépend de leur nature, de leur taille et de leur relief : 6 à 14 mois pour les moules de Gutta-Percha, 2 mois pour les objets en porcelaine brute, 2 à 3 ans pour les animaux naturalisés.

Chaque jour, des centaines de moules sont tournés manuellement afin d'obtenir un dépôt régulier et empêcher la formation de bulles d'air et de gaz qui laisseraient des trous nuisibles à la qualité des bas-reliefs. Deux fois l'an, il faut retirer le calcaire qui se dépose sur les marches des échelles, la couche pouvant atteindre 14 cm d'épaisseur.

nectaire-8.jpgEchelle de pétrification d'une hauteur de 14 mètres

Deux autres échelles de 25 et 28 mètres sont également exploitées afin de compléter la production.

nectaire-9.jpgLa visite se termine par une visite à la boutique exposant ces merveilles...

magnifique visite, fort intéressante !!

Marthe

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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 10:18

Lundi 30 août 2010

Le volcan du Tartaret, surgissant dans la vallée du Couze, en arrêta les eaux et créa le lac Chambon !!

Ayant goûté à l'Auvergne début juillet de cette année, nous revenons nous faire plaisir dans cette belle région... après une visite au Puy en Velay hier, ce matin nous sommes devant le lac Chambon formé par le volcan le Tartaret qui a obstrué le lit de la Couze situé à 870 m d'altitude, peu profond mais vaste. Ses rives sont très découpées, sauf au nord où une plage est aménagée pour la baignade et les activités nautiques.

chambon-1.jpgLe lac Chambon

La genèse du lac Chambon est étroitement liée à l'édification du Tartaret, volcan strombolien ayant émis en aval du lac une coulée de lave de quelque vingt kilomètres de long.

Le volcan du Tartaret est un petit volcan de 870 m d'altitude, de son sommet, le lac de Chambon s'admire. Le lac n'aurait sans doute jamais existé sans l'éruption tardive du Tartaret qui fait partie des plus récentes formations volcaniques d'Auvergne.

Le lac nous raconte : « il y a 16 000 ans, je n'étais encore qu'un impétueux torrent né sur les pentes Est du massif du Sancy et filant vers la plaine de la Limagne rejoindre la rivière Allier. À cette époque, une éruption volcanique a donné naissance au puy du Tartaret, volcan complexe dont les trois cônes de scories disparaissent désormais sous la végétation mais constituent un barrage naturel derrière lequel j'étale mes 60 hectares. À l'origine, j'occupais une superficie plus importante, mais un glissement du flanc Sud de la dent du Marais a réduit ma surface et accéléré mon comblement : ma profondeur est actuellement de 4 mètres seulement ! »

Quelques millénaires plus tard, le lac est toujours là... cependant il se comble peu à peu à l'amont par les alluvions charriées par le cours d'eau, sa disparition à cours terme est inéluctable... Les pentes du volcan sont habillées de hêtres et de pins. Le sommet est une clairière entourée de pins.

Nous empruntons le sentier qui permet de faire le tour du lac, une partie de celui-ci a été réaménagée et des portions sur pilotis permettent de suivre la rive du lac en passant dans les zones marécageuses. Au Nord du lac se dresse une aiguille rocheuse, ancien vestige du volcan, la Dent du Marais, dite « Saut de la Pucelle ».

chambon-2.jpgla Dent du Marais ou Saut de la Pucelle

L'origine de cet amphithéâtre a longtemps intrigué les géologues. Il s'agit d'une formation jeune qui s'est constituée après l'apparition du Tartaret (âgé de moins de 30 000 ans environ), le fond du cirque n'étant pas recouvert par les scories émises par ce volcan. Compte tenu de sa faible altitude ( 1 100m maximum environ pour le rebord) et son jeune âge, l'hypothèse d'un cirque glaciaire ne peut être retenue, en outre, sa structure et sa morphologie permettent d'écarter l'origine du cratère d'explosion. La question a enfin trouvé sa réponse dans les années 1970. Il s'agit en fait de la niche d'arrachement d'un écroulement lié à un important glissement de terrain.

Arrivés au sommet du volcan nous jouissons d'un panorama exceptionnel sur le lac de Chambon avec en arrière-plan le massif du Sancy.

La légende de la Dent du Marais raconte : une jeune bergère, voulant échapper à un seigneur trop entreprenant, se jeta du haut de la Dent du Marais en invoquant la bonne vierge de Vassivière. Elle arrive en bas indemne mais voulut, par vantardise, réitérer cet exploit. Hélas, l'amour de vertu l'a préservée, l'orgueil la perdra, dit la chronique. Elle vint s'écraser au pied du rocher qui prit depuis le nom de « Saut de la Pucelle ».

Le sentier de randonnée chemine quelques instants sur la crête avant de descendre vers le cratère et rejoindre Murol dont les maisons sont taillées dans la cheire du volcan.

chambon-3.jpgLe château de Murol

Plantée sur son dyke volcanique, à quelques encablures du lac Chambon, la forteresse domine un paysage envoûtant sculpté en des temps reculés par le feu de la terre. Le site impressionnant rappelle la puissance des sires de Murol aux XV ème et XVI ème siècles.

De nombreux vestiges témoignent d'une occupation gauloise (dolmen) et gallo-romaine (villa et fanum). Au moyen-âge s'élève une puissante forteresse. Après être resté trois siècles durant aux mains de la noble famille Murol, le château deviendra au XV ème siècle, par mariage de Jehanne de Murol avec Gaspard d'Estaing, propriété des Estaing, lesquels y feront de nombreux travaux pour moderniser les conditions de vie et adapter aux exigences de l'artillerie le système de défense. Délaissé par ses derniers possesseurs, le château tombe en ruines au XIX ème siècle. Il est aujourd'hui propriété de la commune. La troupe les Compagnons de Gabriel anima le site pendant de nombreuses années, puis la succession a été reprise par les Paladins du Sancy.

Le premier château semble avoir été construit au XII ème siècle sur un promontoire en basalte à l'intersection de trois routes. Il est agrandi et renforcé au XIV ème siècle par Guillaume de Samm, avec notamment la construction du donjon et d'une seconde chapelle. Richelieu épargne le château en raison du prestige de la famille d'Estaing, et il n'est pas détruit non plus lors de la Révolution Française. Cependant, il sert de prison, de repaire de brigands puis de carrière de pierres. Par la suite il devient propriété de la commune de Murol au XIX ème siècle par don du propriétaire. Classé Monument historique en 1889, il reste un chef-d’œuvre de l'architecture militaire médiévale.

Les ruines du châteaux sont évoquées par Guy de Maupassant dans son conte Humble drame (1883). « Le lendemain, à la nuit tombante, j'arrivais au château de Murol. La vieille forteresse, tour géante debout sur son pic au milieu d'une large vallée, au croisement de trois vallons, se dresse sur le ciel, brune, crevassée, bosselée, mais ronde, depuis son large pied circulaire jusqu'aux tourelles croulantes de son faîte. Elle surprend plus qu'aucune autre ruine par son énormité simple, sa majesté, son air antique puissant et grave. Elle est là, seule, haute comme une montagne, reine morte, mais toujours la reine des vallées couchées sous elle. On y monte par une pente plantée de sapins, on y pénètre par une porte étroite, on s'arrête au pied des murs, dans la première enceinte au-dessus du pays entier. Là-dedans, des salles tombées, des escaliers égrenés, des trous inconnus, des souterrains, des oubliettes, des murs coupés au milieu, des voûtes tenant on se sait comment, un dédale de pierres, de crevasses où pousse l'herbe, où glissent des bêtes.

Par ces mots tout est décrit...

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Si la nature est prodigieuse à Murol, l'architecture l'est tout autant.

L'Auvergne est réputée pour ses fromages... en suivant la route des fromages d'Auvergne, on découvrira le « Saint Nectaire », ceci est une autre histoire qu'on découvrira dans un prochain article...

à bientôt

Marthe

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29 novembre 2010 1 29 /11 /novembre /2010 10:09

Dimanche le 29 août 2010

puyenvelay-1le rocher et sa chapelle – entre ciel et terre -

On a discuté longuement sur l'origine de ce débris volcanique que l'on appelle « dyke », il s'agit de la cheminée d'un ancien cratère. L'écorce a été détruite par l'érosion et il ne subsiste plus de nos jours que le culot central. L'origine géologique du rocher n'est comprise que depuis 1963, suite à l'éruption du volcan Surtsey en Islande. Il est le résultat de la création d'un volcan sous une couche d'eau.

Lieu sacré dès la plus haute époque, les vestiges d'un dolmen semblent avoir été utilisés pour les fondations. Plus tard, les Romains y ont rendu un culte à Mercure. C'est au Xème siècle que la chapelle dédiée à Saint Michel voit le jour grâce à l'encouragement de l'évêque du Puy, Gothescalk, premier pèlerin français vers Saint-Jacques de Compostelle.

Édifiée au sommet de la cheminée d'un volcan apparu il y a plus de deux millions d'années, la chapelle dédiée à Saint Michel se dresse au nord de la ville du Puy- en Velay. La réalisation de cet édifice répond à l'idée du doyen du chapitre de la Cathédrale Notre-Dame-du-Puy-Truanus qui sollicita l'évêque du Puy Gothescalk pour bâtir une chapelle en l'honneur de Saint Michel.

Si le sommet de l'Aiguilhe était resté en l'état, sans porter la chapelle de l'archange Saint Michel, le rocher serait un dyke pittoresque pour livres de géologie et revues touristiques certes déjà magnifique, mais ce serait trop court ! C'est très certainement ce que le vieux Truanus ressentait déjà en 962 avec tous les témoins de la consécration du rocher à l'Archange par les mains de Gothescalk, (premier personnage à effectuer officiellement le pèlerinage du Puy en Velay à Saint Jacques de Compostelle). Il posa la première pierre de l'oratoire primitif dédié à l'Archange Saint Michel qui n'est autre que le chœur actuel de la chapelle actuelle. Jusqu'au 12ème siècle, la chapelle connaitra des agrandissements afin d'accueillir tous les pèlerins sur la route de Compostelle jusqu'à occuper la totalité de la surface du rocher. Dominant la ville du Puy en Velay et le village d'Aiguille, la chapelle Saint Michel d'Aiguilhe est un bijou de la région d'Auvergne.

Jacquaires, croyants, visiteurs ou simples curieux éprouvent le sentiment étrange de quitter la terre en effectuant l'ascension de ce rocher. C'est monter vers la lumière, le ciel pour rejoindre la chapelle en éprouvant, comme les millions de pèlerins qui gravissent ces marches depuis dix siècles, l'arrachement à la terre...

Les uns disent, « à Saint Michel d'Aiguilhe on prie avec ses pieds », car pour accéder à la chapelle il faut gravir 268 marches ! Il existe des témoignages qu'à l'époque médiévale d'énormes foules se pressent sur le rocher. Il y a également trace de personnages célèbres comme le roi Charles VI et Louis XI.

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Tout prêt du rocher d'Aiguilhe, la chapelle Saint Clair de plan octogonal date du XIIème siècle. Dédiée à Saint Clair au XVIIème siècle et classée monument historique en 1887. Officiellement chapelle funéraire de l'ancien hôpital Saint Nicolas d'Aiguilhe fondé à la fin du XIème siècle qui accueillait les pèlerins venus à Notre Dame. Pendant longtemps, la destination de la chapelle Saint Clair fut sujette à discussions et c'est pour cette raison que l'appellation «  Temple de Diane » est encore parfois utilisée à son sujet.

Sur le plan symbolique, la présence du temple de Diane, au bas du rocher, s'explique par l'analogie cosmique. Diane, divinité incarnant la lune, est au bas du rocher dédié à une divinité solaire, comme la lune est au nadir quand le soleil est à son zénith. Pour que le sanctuaire soit complet, il faut que les deux polarités du culte soient présentes.

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À côté de la chapelle se trouve une petite place avec la fontaine adossée à un ancien mur de fortification d'Aiguilhe avec en son centre un beau Saint Michel terrassant le dragon.

LE PUY EN VELAY – VILLE SANCTUAIRE

Carrefour des chemins de grande randonnée... départ en direction du mythique pèlerinage vers Saint Jacques de Compostelle (GR 65) le Puy en Velay est le véritable rendez-vous des marcheurs. Situé au sud-est du Massif Central, le point de départ de la << Via Podiensis >> vers Saint Jacques de Compostelle en Espagne est avant tout un site exceptionnel. Préservée des atteintes du temps, la ville réserve bien des surprises... La Via Podiensis au départ du Puy en Velay est l'une des quatre grandes routes décrites dès le XIIème siècle pour rejoindre le sanctuaire de Saint Jacques en Espagne. Comme l'a dit un pèlerin: « On ne prend pas le chemin de Saint-Jacques; c'est lui qui vous prend ! ». De toute la chrétienté, les pèlerins venaient y vénérer les reliques de l'apôtre du Christ martyrisé en 44 en Palestine et dont le corps était miraculeusement parvenu sur cette terre de Galice.

Depuis la fin de l'Hispanie romaine, les Wisigoths ont dominé la péninsule Ibérique (dite période de l'Hispanie Wisigothe). Après l'invasion musulmane en 711 et la bataille de Guadalete, presque toute la péninsule tombe sous la domination maure en moins de cinq ans.

Au cours des X et XIèmes siècles, le culte de Saint Jaques, étroitement lié en Espagne à la Reconquista, commence à se répandre à la légende de Charlemagne qui mobilise la chevalerie européenne. La Reconquista (mot espagnol et portugais, en français Reconquête) correspond à la reconquête des royaumes musulmans de la péninsule Ibérique par les souverains chrétiens. Elle commence en 718 pour s'achever le 2 janvier 1492 quand Ferdinand II d'Aragon et Isabelle de Castille, (les Rois catholiques) chassent le dernier souverain musulman de la péninsule, Boabdil de Grenade, achevant l'unification de l'essentiel de l'actuelle Espagne, excepté la Navarre, incorporée en 1512... Au début du XIIIème siècle, les royaumes chrétiens unissent leurs forces. Soutenus par une croisade venue de France, ils remportent la victoire de Las Navas de Tolosa en 1212. Les musulmans sont refoulés dans le sud de la péninsule et forment le royaume de Grenade. Après un siège de plusieurs mois, Grenade tombe en janvier 1492, les musulmans sont définitivement expulsés d'Espagne.

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La statue de Saint Jacques dans la cathédrale du Puy en Velay

Mais qui est donc Saint Jacques ??? il est l'un des douze apôtres, fils de Zebedée et de Salomé et le frère de Jean. Nommé Jacques le Majeur pour le différencier de l'autre apôtre qui porte le même prénom Jacques, fils d'Alphée dit le Mineur. Revenu en Palestine il y fut décapité... Ses disciples auraient alors recueilli ses dépouilles mortelles pour les déposer dans une barque qui aborda en Galice à Padron. Le corps fut enterré dans un compostum (cimetière) telle est l'étymologie du nom de Compostelle. Il resta ignoré jusqu'au début du IXème siècle, en juillet 813, une étoile vint indiquer à un ermite du nom de Pelayo l'emplacement de la sépulture, appelé dès lors campus stellae ou champ d'étoiles ce qui aurait donné, selon d'autres étymologistes, le mot Compostelle. Le roi des Asturies, Alphonse II le Chaste, érigea une église à côté du tombeau et c'est ainsi que naquit Saint Jacques de Compostelle.

Le Puy en Velay, la renommée de la cité ponote est également liée à la dentelle à la main fabriquée des siècles durant et dont les gestes et la technique ont été préservés grâce à la création d'un atelier-conservatoire national qui perpétue une présence et une réalité. Déjà attestée en Velay au XVIème siècle, la production de dentelle périclita quelques temps au XVIIème siècle, suite à un arrêt du Parlement de Toulouse l'interdisant. Le jésuite Jean-François Régis ayant contribué à son rétablissement, il fut consacré saint patron des dentellières.

puyenvelay-5.jpgLa dentellière du Puy en Velay

La dentelle redevint florissante sous Colbert, lorsque fut fondée l'institution des demoiselles de l'instruction ou « béates » qui apprenaient notamment l'art dentellier aux jeunes filles. Après les aléas de la Révolution, la dentelle connut au XIXème siècle un nouvel essor. Vers 1860, on comptait, en Haute Loire 130 000 dentellières pour 300 000 habitants. Après 1900, la dentelle à la main décline, concurrencée par la mécanisation.

Encore une spécialité du Puy en Velay, la lentille verte du Puy (AOC) produite sur une centaine de communes du bassin du Puy en Velay, constitue un met réputé employé par les grand chefs. La lentille est cultivée en Velay depuis au moins deux mille ans. Protégée des courants humides de l'Atlantique par les Monts Aubrac, de la Margride et des Cévennes, elle acquiert des spécificités lors de sa culture. De même que la Verveine du Velay célèbre liqueur digestive.

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Vint l'ascension à la cathédrale Notre-Dame de l'Ascension du Puy en Velay érigée au XIIème siècle. Insolite du fait de la diversité de ses styles elle témoigne de la richesse passée de l'art roman. On y trouve de fortes influences byzantines en même temps que des structures qui rappellent celles du sud-ouest de la France. Construite à partir de pierres volcaniques de divers coloris, la façade occidentale, faite de pierres polychromes, de parements mosaïques, d'arcades en plein cintre et de petits frontons, possède un porche à trois arcs. On y accède depuis une rue de la ville par un large et long escalier en pierre de 134 marches.

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La couleur sombre des pierres donne à l'intérieur un aspect austère, mais l'on est impressionné par la hauteur des six coupoles, l'abondance des voûtes qui la couronnent et par le soubassement voûté sur lequel elle s'appuie. Le chœur repose directement sur le rocher, mais pour agrandir la cathédrale aux XI et XIIèmes siècles afin d'accueillir les pèlerins de plus en plus nombreux, quatre travées supplémentaires ont été audacieusement construites sur le vide, et ce, sur le vide en rattrapant un dénivelé de 17 m, d'importants piliers soutiennent les hautes arcades. Cette basilique, construite en plusieurs campagnes, peut être datée du XIème siècle pour l'abside, le carré du transept et les deux dernières travées. Toutefois, l'édifice menaçant de ruine au début du XIXème siècle, fit l'objet, entre 1844 et 1870, dans sa quasi-totalité, d'une démolition suivie d'une reconstruction à l'identique, hormis l'abside et la coupole, qui furent refaites sous une forme différente. L'aspect oriental de la cathédrale et de nombreux édifices de la ville surprend le visiteur.

Le 15 août 1095, à l'occasion de la fête de l'Assomption célébrée au Puy, le pape Urbain II annonça la première croisade (1095-1098) et désigna l'évêque de la vaille, Adhémar de Monteil, pour la mener à bien. Accompagné d'environ quatre cents croisés vellaves, l'auteur du célèbre Salve Regina quitta donc le Puy pour l'Orient. Il mourut lors du siège d'Antioche, mais d'autres eurent la chance de revenir dans leur patrie. Imprégnés d'une nouvelle culture, ces anciens croisés influencèrent les créations de la ville. Dans le même temps, le Puy rassemblait les fidèles en partance et de retour de Saint Jacques de Compostelle. Les pèlerins transformés par les œuvres qu'ils avaient pu découvrir en Espagne alors occupée par les Arabes, eurent eux aussi un rôle dans la diffusion de l'art oriental au Puy.

puyenvelay-8.jpgNotre-Dame de France au sommet du rocher Corneille

Au-delà de la chapelle des Pénitents, s'ouvre le chemin du rocher Corneille dont l'ascension, même si elle peut paraître fatigante... vaut la visite car on y jouit d'un incomparable panorama. La montée jalonnée d'un chemin de croix de bois, portées le 14 août 1942 par les pèlerins routiers au cours d'un pèlerinage de la jeunesse française, ont été érigées, le 27 mai 1944, par Mgr Martin.

Des escaliers aboutissent à la plate-forme du rocher où se dresse la Vierge colossale dominant de 130 mètres la ville basse. La Statue de Notre-Dame de France(1860) a été coulée, d'après le modèle de Bonnasieux avec 213 canons pris aux armées russes après le siège de Sébastopol. Elle mesure 16 mètres de haut, 22,70 m avec le piédestal ! D'un poids total de 835 tonnes dont 110 tonnes pour la statue et 680 tonnes pour le piédestal en pierre et 45 tonnes pour le revêtement en fer, c'est une œuvre impressionnante! Le monument se compose de 80 pièces assemblées par des boulons. Du haut du rocher Corneille, point culminant du bassin du Puy en Velay, un panorama exceptionnel sur la cathédrale, la vieille ville et l'ensemble de la région s'offre à vous.

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Sur la plate-forme du rocher, aux pieds de la Vierge, la statue agenouillée de Mrg de Morlhon en bronze. Une table d'orientation en lave de Volvic permet de détailler l'admirable panorama qui se déroule devant nos yeux… sur la ville et le cirque verdoyant dont elle occupe le centre, sur l'extraordinaire rocher de l'Aiguilhe cité en première partie du récit et le donjon de Polignac, les Monts du Velay ainsi que la colossale statue de Saint Joseph.

Impossible de rater cette immense statue... du Puy en Velay, Notre-Dame de France est la première vision offert au visiteur. Elle le suit partout, au détour d'une rue, par-dessus un toit, dévoilant son visage paisible et couronné.
Cela fait 100 ans que la statue en béton armé de Saint Joseph a été érigée sur le rocher d'Espaly. Saint Joseph de Bon Espoir, de son nom complet, a en effet été érigé en 1910 par André Besqueut à la demande de l'Abbé Fontanille, qui y engloutit toute sa fortune – qu'il tenait de son père, riche hôtelier du Puy. Le rocher d'Espaly sur lequel se dresse la statue en béton armé accueille un pèlerinage depuis le milieu du XIXème siècle, après l'aventure d'une certaine Anne-Marie Buffet. Achevée en 1918, la basilique occupe l'emplacement de l'ancienne chapelle d'un château fort. La monumentale statue mesure 22,40 mètres de haut et semble répondre à Notre-Dame de France située à quelques mètres sur le rocher Corneille au Puy-en-Velay.

puyenvelay-10.jpgSanctuaire Saint Joseph de Bon Espoir

Saint Michel occupant le dyke d'Aiguilhe, la Vierge et son enfant ayant pris possession du rocher Corneille, les habitants du Puy qui ont le sens de la famille, ont eu l'idée, il y a un siècle, de dédier le rocher d'Espaly à Saint Joseph, le chef de la sainte famille...

Après cette journée de découverte... il reste à vous présenter le château de Polignac. Sans doute occupé depuis l'antiquité, ce site est la propriété de la famille de Polignac depuis le XIème siècle. L'emplacement stratégique commandait les routes à l'Ouest et au Nord de la ville du Puy-en-Velay. Pendant deux siècles, les vicomtes de Polignac s'opposeront aux évêques du Puy dans une lutte sans merci à propos des péages sur la route des pèlerinages. Le site est depuis longtemps considéré comme montagne sacrée. Construite entre 1385 et 1421, la forteresse de Polignac fut le berceau de la plus grande famille du Velay, l'une des plus illustres de l'Histoire de France. Perché à 700 m d'altitude, telle une sentinelle veillant sur le Puy, le site de Polignac se situe sur des falaises de 100 m de haut qui en font une place forte naturelle quasi-imprenable. La forteresse avec deux puits de 83 de profondeur pouvait abriter 800 soldats. La famille de Polignac, suzeraine de la région depuis le IXème siècle, construit au XIIIème siècle des remparts le long des falaises puis, à la fin du XIVème siècle, elle édifie un magnifique donjon carré de 32 m de hauteur.

puyenvelay-11.jpgLe château de Polignac

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Nous quittons le Puy en Velay, des images plein la tête, de merveilleux souvenirs...

Marthe 

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26 août 2010 4 26 /08 /août /2010 14:57

Jeudi 15 juillet 2010 

 

Aujourd'hui, dernier jour en Auvergne, nous le consacrons au Puy de Dôme, « géant » de la chaîne des Puys. La désignation « chaîne des Puys » peut se traduire par « alignement de montagnes ». Puy : du latin podium, colline, lieu surélevé. Le Puy de Dôme, géant des Dômes, symbole du département qui porte son nom, le Puy de Dôme, âgé de 11 200 ans, constitué de deux dômes imbriqués, surplombe toute la chaîne des Puys. Depuis toujours ce sommet rude inspira la prière, la pensée, le dépassement de soi...

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à l'assaut du géant de la Chaîne des Puys, avec ses 1 465 m d'altitude, un dôme particulièrement attirant !

Départ au col de Ceyssat pour une bonne ascension… sur le sentier des Muletiers, nombreux sont les randonneurs qui montent au sommet. La voie romaine d'Agrippa passe au col de Ceyssat, l'actuel sentier des Muletiers est alors le dernier tronçon d'un important chemin de pèlerinage dédié à Mercure. C'est par cette ancienne voie romaine, chemin en lacet que montèrent les chars, tirés par cinq à huit chevaux en flèche, qui transportaient les matériaux destinés à la construction du temple de Mercure et, à la fin du XIX ème siècle, à celle de l'observatoire.

Au XII ème siècle, la chapelle Saint Barnabé (disparue) impose le culte chrétien.

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dans la montée au sommet nous rencontrons de magnifiques paysages, époustouflant... c'est une montée agréable, les appareils photos crépitent pour emmagasiner un maximum de photos souvenir. Arrivés au pied du sommet, un escalier monte avant d'entamer une boucle au sommet et découvrir l'ensemble des paysages sur un rayon de 360 °.

L'origine volcanique des puys ne fut reconnue qu'en 1751. Jusque là, on y voyait simplement de gigantesques fortifications dues aux Romains. Dès l'Antiquité, la solitude du Puy-de-Dôme, lieu d'accès difficile, inspira un religieux effroi. Les sanctuaires s'y succédèrent, voués au dieu gaulois Lug, puis à Mercure. Une petite chapelle de pèlerinage dédiée à Saint Barnabé y fut également érigée au XII ème siècle, mais tomba en désuétude.

auvergne-d3.jpgLes ruines du Temple Mercure au sommet du Puy-de-Dôme

Les Gallo-Romains ont installé au sommet un temple dédié à Mercure Dumias dieu romain du commerce et des voyageurs, installé au I er ou au II ème siècle sur l'emplacement d'un ancien temple gaulois, et dont le rayonnement dépassait de loin les limites du territoire arverne. Il fut abandonné vers le III ème ou IV ème et a été redécouvert en 1873 lors de la construction d'un observatoire atmosphérique. Selon Pline l'Ancien, ce temple était orné d'une statue monumentale du Dieu Mercure, œuvre du sculpteur grec Zénodore vers – 60, mais il n'y a actuellement aucune preuve de son existence.

auvergne-d4.jpgLes ruines du temple au sommet du Puy-de-Dôme

Le 19 septembre 1648, Blaise Pascal, né à Clermont-Ferrand 1623-1662 écrivain et penseur de génie fit réaliser par son beau-frère Florin Périer, des mesures démontrant la pesanteur de l'air.

Le premier laboratoire permanent de météorologie de montagne... en été 1876, Émile Alluard fonde, le premier laboratoire permanent de météorologie de montagne. Il existe toujours une station d'étude météorologique.

En 1906 fut entrepris la construction d'un chemin de fer à rail central reliant Clermont-Ferrand alt. 390 m à une plate forme artificielle proche du sommet à 1 414 m d'altitude. Le train circulait de 1907 à 1926.

Le prix Michelin a été crée par les frères Michelin en 1908 et récompensa le premier pilote qui en partant de Paris poserait son avion sur le sommet du Puy-de-Dôme. Le 7 mars 1911, Eugène Renaux accompagné d'Albert Senoucque remporte le prix. Une stèle érigée en 1923 commémore cet exploit.

En 1956, un pylône TDF haut de 76 m a été installé. Destiné à supporter les antennes de diffusion des programmes audiovisuels, il est devenu aujourd'hui un symbole de ce volcan et permet de le reconnaître de très loin.

En 2006, une étude a été lancée afin d'étudier la possibilité de réinstaller un funiculaire pour monter au sommet du Puy-de-Dôme. Le 28 janvier 2008, le Conseil Général du Puy-de-Dôme a voté la réalisation d'un chemin de fer à crémaillère. L'inauguration est prévue pour juin 2012.

Progressivement on découvre la plaine de Limagne avec Clermont-Ferrand, la capitale auvergnate… et les volcans aux formes bien dessinées, recouvertes de pâturages. Ce site, vénéré depuis toujours comme un dieu nous plonge dans une ambiance mythique. Tout autour de nous n'est que beauté !

auvergne-d5.jpgVue sur la capitale auvergnate – Clermont-Ferrand

Clermont-Ferrand, la naissance d'une ville :

Deux monts fortifiés, les places fortes de deux seigneurs rivaux, l'évêque et le comte. Entre Clarus Mons, le mont Clair, et le mont Ferrand, ce fut la guerre durant des siècles. Jusqu'en 1630, où un édit royal les réunit en une ville unique, Clermont-Ferrand. Ouverte sur les volcans, Clermont-Ferrand conjugue les attraits de la ville à ceux de la splendide campagne environnante. Le vieux Clermont est bâti sur une légère butte, vestige de l'un des trois cônes volcaniques qui s'étendait jadis jusqu'à l'entrée de Chamalière. Première ville de France à voir circuler un tramway électrique (de 1890 à 1956) remplacé aujourd'hui par un tramway nommé Translohr.

La cité du pneu :par quel caprice du destin, Clermont, située au cœur de l'Auvergne, loin des ports qui reçoivent le caoutchouc et le coton, et à l'écart des grandes tréfileries, est-elle devenue la capitale du pneu en France et l'un des plus grands centres mondiaux de cette industrie ??

Au beau temps du romantisme, vers 1830, un ancien notaire, Aristide Barbier et son cousin Édouard Daubrée fondent une usine de balles en caoutchouc et de machines agricoles. Cette usine sera à l'origine du groupe Michelin. En 1886, les frères André et Édouard Michelin, petits-fils de Barbier, la reprennent en main. La première usine fabrique des patins pour frein pour vélo. Le premier brevet de pneu pour vélo est déposé en 1891. Suite le pneu pour auto en 1895, le pneu « Confort » à basse pression en 1923. Suivent en 1937 le «  Métalic » à carcasse en acier qui fait du poids lourd un véritable outil de transport, en 1946 le « Radial » (commercialisé sous l'appellation X en 1949) inlassablement perfectionné depuis...

Fini de rêver, faut redescendre sur terre… si on peut dire… nous quittons le géant par un long escalier en bois...

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De merveilleux paysages se succèdent tout au long de la descente… un sentier en dévers, sur les scories demande toute notre attention, le sol est fragile il faut faire attention de ne pas déraper. De jolis passages dans la forêt à travers les noisetiers.

En sortant de la forêt, on arrive sur le plat avec des parcs à moutons à droite et une cabane de berger. Au croisement une fontaine en pierres volcaniques rouge avec un robinet...

auvergne-d7.jpgRetour à Saint Gervais pour le repas festif de clôture, mais avant une visite au camping au bord de l'étang Philippe...

auvergne-d8.jpgphoto souvenir au camping de l'étang Philippe avec nos guides…

Nous tenons à remercier la FSGT 68 et le club Azzurri pour leur contribution…

demain retour… à toutes et à tous bon retour chez vous !!

Marthe

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24 août 2010 2 24 /08 /août /2010 19:48

Mercredi 14 juillet 2010

Nous retournons aux bords de la Sioule... avec ses paysages tellement pittoresques, ses gorges sauvages, ses eaux parfois tumultueuses et la richesse de ses édifices médiévaux, la Sioule est bien plus qu'une rivière. La Sioule est un trait d'union, une ligne de vie entre l'Auvergne et le Bourbonnais. Rivière de caractère, elle serpente depuis le viaduc des Fades jusqu'aux berges de Saint-Pourçain où elle vient gonfler le cours de l'Allier... tantôt bouillonnante, tantôt apaisée, elle coule de méandres en falaises de granit rose, de profondes gorges en retenues… un vrai paradis pour les pêcheurs.

auvergne-c1.jpgLa Sioule

À Châteauneuf-les-Bains, station thermale où l'on vient soigner les rhumatismes et ses articulations rouillées… la Sioule devient plus familière. Une activité originale, aujourd'hui révolue, animait les prairies des bords de rivière : le blanchiment de la toile de chanvre. L'action conjuguée de l'oxygène produit par la chlorophylle de l'herbe et du soleil faisait le bonheur des blanchisseurs qui obtenaient ainsi des toiles d'un blanc si pur que l'on venait de loin pour y apporter des ballots d'étoffes...

Les gorges de Chouvigny sont le trait d'union et la frontière entre Auvergne sur la rive droite et Bourbonnais sur la rive gauche. Les impressionnants canyons nous conduisent sur quelques kilomètres, d'un espace rural constitué d'imposantes fermes montagnardes dans les Combrailles aux immenses métairies de l'Allier.

Et puis… dans un dernier soubresaut en forme d'adieu aux montagnes, la Sioule termine sa course vers le bassin d'Ébreuil où elle ira se noyer dans les eaux de l'Allier, du côté de Saint- Pourçain.

auvergne-c2.jpgChut… nous sommes surveillés…

Nous longeons la rivière pour déboucher au pied d'une magnifique cascade… les trois cuves...

auvergne-c3.jpgla cascade aux trois cuves

L'eau est retenue successivement dans trois cuves naturelles avant de se précipiter à nos pieds dans un cadre idyllique en pleine forêt.

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Nous revenons à l'ex-camp Gabriel Peri… devant une stèle sur laquelle est écrit :

Ex-Camp Gabriel Péri, le 13 août 1944 est partie une expédition d'hommes libres et combattants volontaires FIP pour libérer de la prison de Riom 114 patriotes dont 16 femmes et 30 condamnés à mort avec la coopération du Corps Français M.U.R. de Riom. Ils furent ramenés ici sains et saufs ce-jour à la 1103 ème Compagnie.

Nous retournons à Saint Gervais... après une matinée bien remplie...

Après midi - visite à VULCANIA

Grondements, flammes, fumées, secousses, tremblements... les volcans d'Auvergne se réveillent à Vulcania et vous emmènent à la découverte de la Terre ! Au cœur de la Chaîne des Puys, à Saint-Ours-les-Roches, à 15 km de Clermont-Ferrand, Vulcania est un centre de culture scientifique autour du volcanisme.

Un peu court pour une visite à Vulcania, mais nous ne pouvions pas laisser l'occasion de rendre hommage à nos deux compatriotes alsaciens, Maurice et Katia KRAFFT.

« La vie ne vaut le coup d'être vécue qu'aussi longtemps qu'elle vous consume » ! disait Maurice Krafft. Maurice Krafft né en 1946 à Mulhouse (Alsace) et Katia née Conrad en 1942 à Soultz (Alsace), couple de volcanologues hors du commun, avaient pour quotidien de côtoyer les feux de la Terre aux quatre coins du monde. Amicalement surnommées les « volcano devils » habités pour une boulimie d'éruptions ils étaient attirés par les volcans. Ils s'en approchaient toujours plus... jusqu'à ce 3 juin 1991 où, sur les pentes du volcan japonais, le Mont Unzen en éruption, une coulée pyroclastique leur sera fatale ainsi qu'à 45 autres personnes. Bien après leur disparition, tout laisse encore transparaître une relation forte avec les volcans.

auvergne-c5.jpgLe grand cratère à Vulcania

Vulcania est né du rêve de Katia et Maurice Krafft de créer un musée du volcanisme à l'intérieur du Puy-de-Dôme. Après leur décès, en 1992, le Conseil Régional d'Auvergne décide de lancer le projet et de l'implanter sur le territoire du Parc naturel régional des Volcans d'Auvergne. Cette fois c'est Valéry Giscard d'Estaing qui en est le pilote... Le site semble idéal pour parler volcans. Vulcania fait partie des visites incontournables lorsque l'on séjourne en Auvergne !

Après leur disparition, les héritiers de Katia et Maurice, font don de leur collection d'objets et cèdent les droits d'utilisation des sons et images à Vulcania, à titre gracieux. En 1994, le projet est confié à l'architecte autrichien Hans Hollein. Vulcania ouvre ses portes le 20 février 2002. Hans Hollein a dessiné un ensemble ouvert incorporant un cône monumental faisant référence, par sa forme, aux Puys du Parc naturel régional des volcans d'Auvergne. Les trois quarts des fondations sont enterrés sous terre.

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Le cône, fier de ses 28 m de hauteur fait face au Puy-de-Dôme. La reconstitution d'un cratère de 35 m de profondeur est impressionnante, on se croirait vraiment au centre de la terre.

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Des gradins de geysérite

Dans l'immense jardin volcanique, véritable paradis où des fougères arborescentes d'environ 6 m de haut côtoient des plantes exotiques. Superbe reconstitution végétale montrant combien la vie est capable de reconquérir un sol dévasté...

auvergne-c8.jpgle jardin volcanique

Les fougères colonisent les sols maigres. Parfois elles s'installent directement sur la roche. Les paysages volcaniques de l'hémisphère austral sont marqués par les fougères arborescentes et leur cortège floristique. Celles du jardin volcanique proviennent de Nouvelle-Zélande, rescapées d'une pinède où le plan forestier d'exploitation les destinait à périr.

Le 18 mai 1980, dans l'État de Washington (États Unis) le Mt. St. Helens entre en éruption. À 8h32 c'est l'effondrement, un gigantesque glissement emporte le flanc nord, met à nu l'intrusion magmatique et libère les gaz emprisonnés... En moins de 2 minutes, le souffle dévaste une zone de 600 km². Des millions de sapins sont arrachés, couchés, ébranchés et lacérés. La faune est totalement anéantie. On ne déplore heureusement que 50 victimes humaines car la région avait été évacuée. Le volcan, décapité, a perdu plus de 400 m d'altitude. Une épaisse couche de cendres retombe sur la région. Ce mécanisme éruptif, devenu référence mondiale, a surpris tous les spécialistes.

La reconstitution de cette éruption est sous nos yeux, un décor représentant une ville prise dans les coulées de laves, un décor lunaire, faisant froid dans le dos et dévoilant le danger pour les populations proches d'un volcan, qui, quand il se met en colère, ensevelit tout sur son passage.

On ne peut s'empêcher de penser à la terrible catastrophe de Pompeï... et combien d'autres...

et pendant ce temps, l'orage gronde à l'extérieur ce qui amplifie tous les bruitages autour de nous...

Vint l'espace consacré à Maurice et Katia Krafft, une part de la très belle collection d'échantillons est présentée au sein de l'exposition permanente.

Une affiche relate : Maurice et Katia Krafft : « les diables des volcans »

Pendant 25 ans, Maurice et Katia Krafft ont sillonné la planète de volcan en volcan, d'éruption en éruption. Ils ont su partager avec le grand public la passion qui les animait. Conférences, livres, films, musées, collections témoignent de leur volonté de mettre à la portée de tous les connaissances sur le volcanisme. Ils ont tous deux disparus en juin 1991 durant l'éruption du Mont Unzen (Japon). Une grande partie des images et des échantillons présentés à Vulcania proviennent de leurs collections, offertes par leurs familles.

Je suis très émue devant cet espace... pour avoir lu dernièrement sur un site de la ville de Soultz...

« en quelques secondes, les nuées ardentes du (volcan gris tueur) avaient enveloppé la montagne et le petit village de Kitakamikoba sur l'île de Shimabara, et malgré leurs immenses connaissances, Maurice et Katia n'ont pu échapper, de même que plusieurs de leurs amis japonnais, à leur terrible destin. »

Au fond de moi je leur dis adieux... nul ne peut échapper à son destin...

L'orage a cessé, dehors je m'arrête un instant devant « les bombes volcaniques de l'éruption de Vulcania… »

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Le seul regret c'est d'avoir manqué de temps... nous sommes repartis à Saint Gervais... un peu sur notre faim...

fin de la quatrième partie

  Marthe

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24 août 2010 2 24 /08 /août /2010 11:24

Mardi 13 juillet 2010 

Ce matin la guide nous fait découvrir les Cabanes de Combrailles… de St Gervais d'Auvergne.

Des cabanes sont construites sans blesser les arbres et de façon à ce qu'ils puissent continuer leur croissance !! De 3 à 9 m de haut, d'ossature et d'accès différents, cela paraît irréel et pourtant nous sommes au pied de cabanes suspendues dans les arbres…

auvergne-b1.jpgla Taverne

Amoureux de la nature, cet endroit n'attend que vous !! Le petit déjeuner sera hissé au petit matin à l'aide d'une corde et d'une poulie pour être savouré sur la terrasse. Les soirées retrouveront l'intimité d'un éclairage à la lampe à huile et la bougie avec le crépitement du poêle à bois pendant les saisons les plus fraîches...

et le bain me direz vous ?? le bain des Combrailles (bain extérieur dans un tonneau chauffé au bois) surprenant non ???

Nous apercevons quelques maisons dans les arbres :

auvergne-b2.jpgla cabane du chef

il faudra grimper sur le tronc d'arbre pour accéder à une plate forme, puis il faudra traverser la passerelle pour arriver sur la terrasse de la cabane à 6 mètres de hauteur…

en voici une qui me plaît !! la cabane du Druide

auvergne-b3.jpgla cabane du Druide

L'accès à la cabane du Druide est réalisé avec un tronc en chêne d'une forme très particulière qui monte à la cabane à 5 mètres, une échelle finira l'ascension à la terrasse au-dessus du toit de la cabane à 8 mètres...

auvergne-b4.jpgla cabane du Pirate

Originale… cette cabane en forme de bateau !! tout un programme avec une terrasse à 3 mètres et une autre à 5 mètres. On a sérieusement envie de monter à bord avec un équipage de pirates !

Dommage le bateau est occupé !!

Le village compte encore une cabane du Pêcheur et une cabane du Barde... il y en a pour tous les goûts.

Un merveilleux endroit pour passer des vacances en pleine nature… dans une végétation luxuriante.

L'après midi nous quittons Saint Gervais et profitons d'une belle balade à travers la campagne jusqu'au moulin de l'arche, endroit paradisiaque !!

auvergne-b5.jpgMoulin de l'arche

D'importants troupeaux de charolais dans les pâturages nous observent... nous arrivons dans la forêt de la Besse que nous traversons pour arriver à Chazal, un charmant bourg fleuri.

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Chazal

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Après le dîner, une visite inoubliable aux barrage et viaduc des Fades...

L'origine du mot Fades : selon les uns, un endroit fréquenté par des fées, pour d'autres, il fait référence à une légende : deux vieilles demoiselles quelque peu originales,deux sœurs qui étaient propriétaires d'un moulin en bordure de la Sioule. Leur vie durant, elles virent passer bon nombre de voyageurs à pied ou à dos de mulets. Par période de hautes eaux; il leur était difficile de traverser à gué la rivière. Aussi, à la veille de leur mort les deux meunières décidèrent de léguer leurs biens pour la construction d'un pont. Une telle générosité paru extravagante, ainsi ces meunières prodigues ne pouvaient être considérées autrement que folles, «fadas» en patois...

Le viaduc des Fades est un ouvrage d'art français lancé au-dessus de la Sioule, entre les communes de Sauret-Besserve (canton de Saint Gervais d'Auvrgne) et des Ancizes-Comps (canton de Manzat) à 40 km au nord-ouest de la ville de Clermont-Ferrand, chef-lieu du département du Puy-de-Dôme (région Auvergne).

La Sioule au caractère impétueux et rapide, quand elle n'est pas domptée par la main de l'homme (barrages des Fades-Besserve et de Queuille, écluses d'anciens moulins). C'est une rivière pleine de personnalité, parfois sauvage et secrète et volontiers sinueuse dans son comportement. C'est à force de travail et d'acharnement qu'elle a patiemment vaincu tous les obstacles... pour la ténacité, c'est une vraie rivière auvergnate !!

auvergne-b8.jpgle viaduc des Fades vu depuis le barrage

Le viaduc des Fades a été conçu pour permettre le franchissement de la profonde vallée de la Sioule à la ligne de chemin de fer de Saint Eloy à Pauniat, concédée en 1893 à la Compagnie du Paris-Orléans (PO). Le vertige des chiffres, fascinants pour l'époque, est à la mesure de celui des calculs savant de l'ingénieur Virard, le père de cette construction monumentale. Pour les hommes de ces temps intrépides, il fallait relever le défi imposé par les gorges de la Sioule, en l'occurrence une enjambée d'un demi-kilomètre à plus de 133 mètre de hauteur !!

La «Société Française de Constructions Mécaniques» (anciens Ets Cail) de Denain s'en chargea. Le chantier commence en octobre 1901. Plusieurs centaines d'ouvriers seront nécessaires pour acheminer les matériaux et pour construire le géant, pierre par pierre, longe de métal après longe de métal, par tous les temps et dans l'inquiétude de la confrontation des calculs à la réalité du terrain.

Son tablier métallique est porté par deux piles de granit espacées de 144 m et hautes de 92 m.

Le barrage de Besserve s'élève en amont du viaduc. C'est un barrage-poids d'une largeur de crête de 8 m, qui résiste aux eaux par sa masse.

Le viaduc des Fades a, dès l'origine, constitué un pôle d'attraction de premier ordre pour l'Auvergne. Si la fréquentation du lieu a connu son apogée dans l'entre-deux-guerres, jusqu'à ces dernières années l'ouvrage d'art n'a jamais cessé d'entretenir à ses abords un fidèle et régulier courant touristique. Aujourd'hui se pose avec acuité le problème de l'entretien de son monumental tablier, indispensable pour assurer la pérennité de l'édifice, et ce d'autant que la ligne de chemin de fer à laquelle il livre le passage a été fermée à l'exploitation le 9 décembre 2007, en raison de son état de vétusté. La dernière réfection des peintures remontant à un quart de siècle, mis à part une trentaine de mètres repeints en 2004, l'ensemble de la structure métallique du viaduc présente actuellement un état de corrosion avancé, susceptible de compromettre à terme la sécurité de l'ouvrage, sans parler du triste spectacle offert par la rouille omniprésente et préjudiciable à la fréquentation touristique des lieux.

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Le viaduc des Fades vu du haut

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à Saint Gervais d'Auvergne

 

fin de la troisième partie

Marthe

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21 août 2010 6 21 /08 /août /2010 12:27

lundi 12 juillet :

 

Au cœur des Combrailles, la rivière de la Sioule décline de multiples impressions de gorges sauvages en barrages, de méandres en falaises. Autrefois animées par l'activité des blanchisseurs de toile de chanvre, ses berges sont aujourd'hui un havre de paix pour le promeneur. Modelés par l'eau, paysages naturels et panoramas exceptionnels sont nombreux dans les Combrailles, gorges, cascades, sources pétrifiantes et le Méandre de Queuille notre but de randonnée de ce-jour.

auvergne-a1.jpgPorte à Saint Gervais d'Auvergne

Nous traversons Saint Gervais d'Auvergne direction Sauret-Besserve. Commune récente puisque créée seulement au milieu du 19 ème siècle. Au Moyen-Âge, il existait plusieurs fiefs dans les dépendances de Saint Gervais et 2 paroisses, celle de Besserve (Besserva en 1260) et celle de Chambonnet. Le 23 octobre 1843, par ordonnance Royale, les deux communes (Chambonnet et Besserve) sont réunies et donnent naissance à la commune de Sauret-Besserve. Le village de Sauret est alors choisi pour devenir le chef-lieu de commune à cause de sa position centrale par rapport aux différents hameaux de la commune et apparaît alors le nom de Sauret-Besserve.

auvergne-a2.jpgLa Sioule

La Sioule,rivière qui prend sa source au pied des monts de Sancy, traverse les Combrailles du sud au nord et se jette dans l'Allier vers Saint Pourçain sur Sioule. D'abord ruisseau, torrent, elle élargit son lit aux abords des barrages des Fades Besserve et de Queuille en formant de larges et célèbres méandres et une vaste retenue de 400 ha, la plus vaste du département. Généreuse et riche, la Sioule, comme ses nombreux affluents, fait également des Combrailles un paradis pour les pêcheurs. Elle court dans un lit de galets et de dépôt volcanique.

auvergne-a3.jpgLe méandre de Queuille (la Sioule) et la presqu'île de Murat

Arrivés au village de Queuille et sa charmante église… on emprunte l'escalier qui descend vers un promontoire aménagé en belvédère dominant une boucle de la rivière Sioule. Le Méandre deQueuille, un magnifique panorama, l'un des plus beaux des Combrailles. Queuille, étymologiquement, le nom est issu de Cohla, de base latine collium ou colline. Le principe que l'Auvergne fut peuplée depuis le paléolithique étant établi, les invasions rejetèrent progressivement les populations primitives vers les hauteurs. Taillé dans la roche fracturée du plateau granitique, le méandre est dessiné par la Sioule, élargie à ce niveau par un barrage. On se trouve sur la rive concave de la boucle, haute et hérissée de rocs, en face, du côté convexe, la rivière enserre étroitement la presqu'île de Murat, longue échine boisée. Les premières datations de population sur la commune, selon d'anciens auteurs, remontent à l'époque romaine où des fermes «romaines» auraient été installées à Queuille et à Queuillette.

Une voie romaine reliant Bouchetel à Chambonnet existait avec présence de bornes. Queuille subit ensuite, comme toute l'Auvergne, les conséquences des invasions et plus particulièrement l'occupation Normande avec des destructions conséquentes. Queuille est un lieu de passage depuis longtemps, le chevalier Dalmace, Seigneur de Queuille dispose d'un château fortifié (motte castrale) situé sur la butte près du belvédère d'observation des méandres de la Sioule. Mais la paroisse est zone frontière à la limite de l'Auvergne et du Bourbonnais. Àcette époque une zone frontière est une région tampon sujette aux conflits et passages de troupes d'envahisseurs… qui amèneront à la destruction du château dont il ne subsistera que la chapelle, emplacement sur lequel sera édifiée l'actuelle église de Queuille qui subit des aménagements aux XIV ème et XVII ème siècles...

auvergne-a4.jpgBelvédère dominant le méandre de Queuille et Murat

Queuille offre un panorama pittoresque et remarquable sur une sinuosité formée par la rivière qui s'est lentement dessinée au cours du temps.

La presqu'île de Murat, autrefois habitée et cultivée, les habitants d'en bas voyaient Queuille perchée sur son rocher bénéficiant plus souvent de soleil qu'eux, lui donnèrent le nom de «Paradis de Queuille» ! Il est vrai que le paysage est tellement époustouflant que l'on comprend aisément, en dehors de cette explication, qu'on puisse l'appeler ainsi. Le méandre est long d'environ 2 km et enserre la presqu'île de Murat. De nos jours l'agriculture et l'élevage n'ayant plus cours, la presqu'île et l'autre rive ont été recolonisées par la forêt, ce qui ajoute un caractère sauvage et permet la présence d'une biodiversité importante. Curiosité naturelle, surprenante et envoûtante.

L'orage commence à gronder, le vent, la grêle… une tempête… nous nous réfugions dans un abri et décidons de pique niquer en attendant une accalmie…

auvergne-a5.jpgéglise Saint Jean Baptiste à Queuille

Un bus nous retourne à Saint Gervais nous laissant l'après midi libre…

Profitant de ce temps libre nous visitons la ville de Saint Eloy les Mines.Saint Eloy les Mines, située dans la vallée de la Bouble qui s'élargit en vaste bassin, vestige sans doute d'un lac de piémont, cité industrielle, étire en une longue procession désordonnée ses maisons le long de la route départementale, ancienne voie romaine qui partait d'Augustonemetum (Clermont-Ferrand) pour aboutir à Avaricum (Bourges).

auvergne-a6.jpgLe mineur de Saint Eloy les Mines

Les Mines de Saint Eloy, le groupe est appelé : groupe des Flambants ! Situé sur ce qu'on appelle fréquemment le «Grand Sillon houiller du Massif Central», qui s'étend de Moulins à Decazeville, le bassin de Saint Eloy a été le plus grand bassin de la bordure ouest de l'Auvergne. Exploité selon la tradition orale, depuis un jour de 1789, juste avant la Révolution, jusqu'au 15 janvier 1978, date du dernier jour d'exploitation, il a laissé des traces encore visibles de la longue période d'activité.

Surprise de voir un chevalement à notre arrivée samedi, je n'avais qu'une hâte, revenir à Saint Eloy les Mines et approcher son histoire.

Reste aujourd'hui lechevalement du Puits Saint Joseph, seul survivant d'un glorieux passé. Une stèle a été déposée aux pieds du Puits en hommage à la grande famille des mineurs. Une statue représentant un mineur de fond au travail, orne également le rond point de l'entrée sud de la ville.

L'histoire de la nouvelle ville se confond avec celle des Mines, avec celle du développement économique et des chemins de fer de la fin du XIXème siècle et de la première partie du Xxème.

Celle du Vieux Bourg qui, en dépit de sa mélancolique réserve, nous confie en même temps que le secret de sa naissance, les quelques faits dont il a été témoin et dont il se souvient encore… Une charmante légende enveloppe son berceau : Saint Ménélée et ses compagnons après de longues marches et de dures privations arrivèrent dans le pays des Arvennes. Ils furent arrêtés par les eaux grossies d'un ruisseau, la Bouble, et durent attendre avant de reprendre leur marche, une aubépine fleurit spontanément et les abrita. C'est à la même place que, plusieurs années plus tard vers 690, en souvenir d'une si aimable hospitalité, Ménélée bâtissait une chapelle. Plus tard, fut édifiée l'église romane qui, après bien des transformations, des réparations, est devenue celle que nous pouvons contempler de nos jours, élevant son clocher massif derrière un rideau de peupliers.

auvergne-a7.jpgChevalement du Puits Saint Joseph

Dans l'industrie minière, le chevalement est la structure qui sert à descendre et remonter les mineurs ainsi que le minerai, via une cage d'ascenseur. Qu'il soit en bois, en métal ou en béton, le chevalement remplit toujours la même fonction : il supporte les molettes par dessus lesquelles passent les câbles d'extraction qui, mus par la machinerie, plongent au droit du puits pour retenir la cage. Élément essentiel d'une exploitation minière souterraine, le chevalement en est le bâtiment le plus visible et le plus haut avec les terrils et, de ce fait le plus symbolique. Sa fonction va au-delà du lien entre le jour et le fond. Par diversité de son architecture (aucun chevalement n'étant identique à un autre), il souligne la particularité du paysage minier, mais permet également d'identifier la compagnie minière qui l'a élevé. Dans le Nord de la France, les chevalements du bassin houiller étaient parfois désignés par le terme «beffroi» en raison de leur forme rappelant les tours municipales des villes flamandes. En Belgique, on trouve également la dénomination «belle fleur» ou «châssis à molettes», tandis qu'en France le terme chevalet est couramment employé. Dans le bassin de la Loire on utilise systématiquement le terme chevalement.

L'exploitation minière a laissé de nombreuses traces visibles. Àla fermeture définitive des Mines en 1978, la ville n'avait pas le visage que nous découvrons aujourd'hui. Des jardins se trouvaient à l'emplacement du plan d'eau actuel. Les quartiers sud, notamment, ont beaucoup souffert. Le cimetière, suite à un effondrement a été déplacé aux Nigonnes où il se situe toujours. Le quartier du Theix a complètement disparu, les maisons se sont toutes écroulées suite au travail de sape de la mine. Les jardins et un champ de foire ont disparu pour laisser place à deux trous d'effondrement minier et laissait une vision désolée de l'entrée sud.

Un pari audacieux fût alors lancé : faire de ces vestiges un lieu de détente et de loisirs pour les Eloysiens, composé d'un plan d'eau entouré de divers équipements et aménagements.

auvergne-a8.jpgLe plan d'eau avec vue sur l'église Saint Eloy du vieux bourg

Pari réussi, puisqu'aujourd'hui cette zone de 30 ha offre des activités diverses et variées, grâce à son plan d'eau principal de près de 17 ha. Avec une plage de sable fin, d'étendues herbeuses et nombreux jeux pour enfants.

Nous passons un agréable moment dans cette ville de mineurs… le temps nous manque c'était hors programme mais très réussi.
 

Marthe

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20 août 2010 5 20 /08 /août /2010 17:15

11 Juillet 2010 - séjour FSGT

La grande majorité des volcans du Massif Central se déploie du nord-ouest du Puy de Dôme au sud-ouest du Cantal. Du nord au sud se succèdent les monts Dôme ou chaîne des Puys, les monts Dore et les monts du Cantal. Le massif du Cantal qui culmine à 1 855 m au plomb du Cantal, est le volcan d'Europe le plus étendu, avec 70 km de diamètre. Il se compose de vieux volcans âgés de 13 à 2,8 millions d'années, à la différence de ceux de la chaîne des Puys qui ont environ 100 000 ans.

auvergne-1.jpgLa chaîne des Puys depuis le sommet du Puy de Dôme

Les volcans plantés là, puissants et immuables, érodés ou acérés, veillent, comme de vieux sages, depuis des millions d'années pour certains !! témoins d'une lutte titanesque  livrée  par la pierre et le feu en ces lieux. Dômes, gorges, lacs et tourbières… les éruptions volcaniques ont sculpté ici des paysages variés et grandioses.

Les chaînes des Pyrénées et des Alpes surgissent, ébranlant fortement le Massif Central dont le centre se bombe, se lézarde et se disloque. Àla faveur des fissures, le magma en fusion jaillit et les volcans s'édifient. Les premiers volcans d'Auvergne surgissent çà et là , il y a environ 22 millions d'années, dans la Comté et dans le Livradois, au sud de la Limagne. Puis ce sont les grandioses et complexes massif du Cantal (entre 13 et 2,8 millions d'années) et mont Dore (entre 3,5 millions et 200 000 ans) qui se seraient étalés sur une surface totale d'environ 600 km². Les géologues estiment que cet appareil volcanique a émis plus de 200 km²de matériel volcanique !!

auvergne-2.jpgle sommet du Puy de Dôme

La chaîne des Puys apparaît, quant à elle, il y a environ 100 000 ans. C'est l'un des rares sites au monde à présenter autant de volcans alignés, autant de diversité de formes et de types d'activité volcanique. On ne compte pas moins de 80 volcans qui s'étirent sur une quarantaine de kilomètres de long, autour du Puy de Dôme. Les dernières éruptions datent de 7000 ans, le Puy de Montcineyre et le lac Pavin étant considérés comme les vestiges éruptifs les plus récents.

L'atmosphère du globe subit un refroidissement général entre 75 000 et 10 000 ans avant notre ère. Les régions d'Auvergne les plus élevées et les plus exposées aux vents d'ouest humides, les monts Dore, l'Artense et le Cantal sont recouvertes à plusieurs reprises par les glaciers. Par leur masse qui se déplace lentement, ceux-ci rabotent les plateaux, élargissent les vallées et en redressent les versants, modelant de façon originale les cirques de montagne. Dès le Moyen Âge, sans savoir qu'il s'agissait véritablement de volcans, l'homme utilise la lave extraite des carrières de la Nugère, près de Volvic, pour la transporter en de laborieux convois jusqu'au chantier de la cathédrale de Clermont-Ferrand. Il capte les eaux de sources cachées sous les anciennes coulées, c'est ainsi que naissent les stations thermales dont l'Auvergne est si prodigue. Ce n'est qu'à la fin du 18 ème siècle que la nature volcanique de la chaîne des Puys en Auvergne est clairement identifiée, en 1752 par Jean Etienne Guettard (1715-1786) naturaliste et géologue français sur le matériau de construction dans des maisons des villes de Moulins ou de Riom.

La pierre de Volvic, comme son nom l'indique, provient de carrières proches de la commune auvergnate de Volvic. Elle a probablement été exploitée depuis très longtemps. Son essor date de la construction de la cathédrale de Clermont-Ferrand au XIII ème siècle. Elle a d'abord été exploitée dans des mines souterraines. Au XIX ème siècle, l'exploitation se modifia et devint une exploitation à ciel ouvert ce qui permettait d'augmenter les quantités extraites. Au cours du XIX ème et au XX ème siècle l'exploitation s'est mécanisée. L'extraction de la pierre de Volvic employait 1 500 personnes entre les deux Guerres Mondiales. Elle a depuis fortement diminué.

La ville de Volvic, implantée au cœur d'un paysage façonné par les éruptions volcaniques, Volvic est aujourd'hui réputée internationalement pour la pureté de son eau. Pourtant, la ville fut d'abord connue pour sa pierre sombre et résistante, exploitée dès le XII ème siècle. Monuments publics ou demeures privées en conservent les repères visibles pour le promeneur.

auvergne-3.jpgL'Alsace en Auvergne

Samedi 10 juillet, nous arrivons à Saint Gervais d'Auvergne dans le Pays des Combrailles,situé au nord-ouest du département du Puy de Dôme sur un plateau cristallin traversé par un sillon houiller et les gorges de la Sioule qui irriguent le territoire du nord au sud et constituent ainsi une véritable épine dorsale. Il faut comprendre sous le nom de Combraille ou Combrailles tous les pays qui forment les vallées supérieures du Cher et de la Sioule… Au-delà des Dômes et des Dores, les Combrailles sont composées d'une mosaïque de petites entités autour de Pionsat, de Montaigut, de Saint Gervais d'Auvergne, de Manzat ou d'Herment parsemées de monastères, de châteaux, de moulins, d'églises, de chapelles romanes fécondées par les gorges de la Sioule.

auvergne-4.jpgCoucher de soleil à Saint Gervais d'Auvergne

Saint Gervais d'Auvergne et sa voisine Sauret Besserve vont être le théâtre d'un grand rassemblement national des activités vélo FSGT – une semaine fédérale de cyclotourisme et randonnée pédestre.

auvergne-5.jpgbasilique de Saint Gervais d'Auvergne

Saint Gervais d'Auvergne, perchée sur l'un des derniers contreforts de la Combraille, groupe ses maisons autour de sa vieille basilique fortifiée construite au XII ème et XV ème siècle, ornée de gargouilles moyenâgeuses, laquelle a conservé de nombreuses parties romanes, dont un portail au transept et, sur le flanc droit, une échauguette. De magnifiques tilleuls se dressent sur la terrasse de l'église. Saint Gervais fut possession des Comtes d'Auvergne au début du XII ème siècle, grenier à sel jusqu'en 1790.

Dimanche 11 juillet,aujourd'hui commence notre séjour de randonnée à travers les Combrailles, de sympathiques accompagnatrices nous font découvrir leur belle région. Nous rejoignons Saint Priest des Champs à travers champs et forêts. Sur le chemin, le coquet manoir de Neuvialle nous fait rêver, il fait déjà chaud, nous reprenons la route et arrivons à la charmante bourgade de Saint Priest des Champs. Une fontaine permet de nous rafraîchir… les rares vestiges du passé recensés dans la commune concernent l'époque gallo-romaine. Il existe encore plusieurs portions pavées de la voie romaine reliant Clermont Ferrand à Evaux les Bains qui traversa la commune. Au Moyen Âge, Saint Priest des Champs , comme toute l'Auvergne possédait de nombreux châteaux dont la plupart ont été rasés lors de la guerre de cent ans et pendant la révolution.

Saint Priest des Champs tire son nom de Priest, évêque d'Auvergne massacré au XV ème siècle. Avant la révolution, 27 métairies occupent presque 40 % de la superficie et le reste est partagé entre environ 300 propriétaires, ce qui assure à chacun en moyenne 7 ha la révolution modifiera peu la propriété et le sort misérable des métayers. La commune ne changera pas de nom sous la révolution.

Au XIX ème siècle, l'ouverture de la voix ferrée reliant Saint Eloy les Mines à Volvic et la construction du Viaduc des Fades font naître beaucoup d'espoir sur l'expansion de la commune. Cependant, le viaduc livré à la circulation en 1909, la gare eut un trafic bien modeste.

Nous laissons le bourg et rejoignons le ruisseau le Coli au lieu dit les Eaux Minérales. Là, les sources d'eau minérale gazeuse sont nombreuses... nous approchons d'une source ferrugineuse privée … dommage que les sources de la commune soient laissées à l'abandon ! Nous remontons quelques mètres plus haut, un sentier dans la forêt nous sert d'aire de pique nique pour le repas de midi.

auvergne-6.jpgLa source ferrugineuse privée en pleine forêt…

L'après- midi sera consacrée à la cascade de Gour Saillant, d'une hauteur de 10 m qui se situe dans la vallée du Chalamont.

Nous passons devant un magnifique lavoir ancien… impossible de continuer notre route sans faire goûter aux randonneurs la méthode Kneipp qui se pratique couramment chez nous lors de nos sorties…

auvergne-7.jpgséance Kneipp dans le lavoir

Contre les coups de pompe… le bain de bras jusqu'aux biceps donne un coup de fouet à l'organisme, régule la tension, soulage les vertiges et les maux de tête. Durée : trente secondes. Sébastien Kneipp était un prêtre catholique allemand qui est à l'origine de cures (thérapies) naturelles (soins par l'eau froide, les plantes, etc...) portant son nom (en allemand Kneippp-Kur). L'eau froide est idéale pour rétablir l'ordre dans le corps était sa devise...

Les randonneurs se sont tous adonnés à cette pratique… et en sortaient ravis, il faisait tellement chaud que ce petit rafraîchissement tomba à pic... que du bonheur !

Après une bonne descente dans la forêt nous arrivons à la cascade de Gour Saillant ! Enchâssée dans son écrin de verdure, elle nous offre une halte relaxante, on y reste un bon moment et profitons de son calme reposant.

Le ruisseau l'Auzelle, après un parcours en pente douce sur des roches dures et compactes (granites, grès) a dû s'abaisser d'une cinquantaine de mètres pour rejoindre le Chalamont qui a creusé son lit dans une roche granitique rendue plus tendre par altération naturelle d'un des ses minéraux. La cascade résulte de l'encaissement rapide du ruisseau : celui-ci, grâce aux mouvements tourbillonnaires des galets qu'il charrie, a creusé une vasque circulaire appelée marmite de géant. Le ruisseau gronde en se jetant dans le Chalamont, qui lui-même court pour se jeter dans la Sioule comme de nombreux ruisseaux de cette région des Combrailles.

Pendant des milliers d'années, les hommes ignoraient l'électricité. En Combrailles comme partout, c'est l'eau des ruisseaux et des rivières qui faisait tourner les roues des moulins et des machines.

Il y avait des moulins pour tout : moulin à farine… à huile qui broyaient les noix, noisettes, les faînes ( la faîne ou faine est le fruit du hêtre)... moulin à tan qui broyaient les écorces pour extraire du tanin, indispensable à la préparation du cuir... moulin à papier, à forge, à aiguiser… malheureusement presque tous en ruines aujourd'hui.

auvergne-8.jpgÀ la cascade de l'Auzelle – Gour Saillant

Nous quittons ce havre de paix et remontons sur la route de St Gervais en passant par le moulin Chautaix puis le moulin Balot.

Marthe

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