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7 janvier 2010 4 07 /01 /janvier /2010 15:55

Jeudi 26 novembre 200

 

Mer ou étang, lac ou océan ?? le bassin est une échancrure dans la longue Côte d'Argent, une lagune (vaste vivier pour les pêcheurs) sertie par la forêt, autrefois domaine des résiniers. Un univers entre deux eaux, l'eau douce de l'Eyre et le sel des marées. Il constitue une véritable mer intérieure de 155 km² à marée haute et de 40 km² à marée basse. Largement ouvert sur l'Océan Atlantique par l'intermédiaire de «passes» ce bassin de forme triangulaire est délimité par plus de 80 km de côtes plates ou dunaires. Particulièrement isolé de l'océan par un cordon dunaire comprenant notamment le Cap Ferret, la dune du Pilat et le banc d'Arguin. Il offre un cadre idéal pour la pêche, la navigation de plaisance et l'ostréiculture qui s'y est développée dès le XIXème siècle.

Le Cap Ferret, station balnéaire située sur l'étroite bande de terre entre océan et bassin. Le cap court sur une vingtaine de kilomètres pour le bonheur des nombreux touristes et vacanciers...

Le Phare, de ses 52 m de haut, veille la nuit sur l'Océan et l'étroite passe d'entrée dans le bassin (3 km de large). Sa lentille tournante porte à 50 km.

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Il y a environ 6000 ans, le Bassin d'Arcachon n'existait pas, ce n'était que le delta de l'Eyre, encombré de bancs de sable. Puis une petite langue de sable un tombolo a été formé au nord par le courant de deux nœuds qui descend le long de la côte aquitaine, effet du Gulf Stream. Au fil des siècles elle s'est allongée pour devenir la presqu'île du Cap Ferret. Les vents de sud-ouest, dominants en période de tempête, ont déplacé des tonnes de sable qui ont comblé les esteys entre les bancs du sud du delta, formant ainsi une grande presqu'île. Le cours de l'Eyre a du faire le tour de cette presqu'île et redescendre le long du tombolo. Le plus court chemin d'un point à un autre étant, comme chacun sait, le ligne droite, l'Eyre a peu à peu attaqué la presqu'île sud et coupé son extrémité du continent, créant ce que l'on nomme aujourd'hui le chenal du Teychan de l'Ile des Oiseaux.

ARCACHON et ses quatre villes intérieures... jusqu'au début du XIXème siècle, Arcachon se réduit à quelques cabanes de pêcheurs et de résiniers en bordure de Bassin d'Arcachon. Arcasoun (origine celte) voudrait dire «pot de résine», n'oublions pas que nous sommes à deux pas de la forêt landaise. Déjà apprécié pour la qualité de son climat, le site connaît un essor très rapide, en particulier grâce à la création de la ligne de chemin de fer Bordeaux – La Teste, plage de prédilection des Bordelais. Des villas se construisent, Arcachon, station balnéaire est née ! Thalassothérapie, climatothérapie et plus tard thermalisme avec la découverte en 1923 de la source Saint Anne des Abatilles, le destin d'Arcachon s'oriente dès l'origine vers celui d'une ville de santé. En 1852, les frères Pereire, banquiers et propriétaires du chemin de fer entre Bordeaux et La Teste décidèrent de prolonger la ligne jusqu'à Arcachon. Après avoir acquis des terrains, et, pour rentabiliser la ligne, ils créèrent de nouvelles infrastructures : une gare, un buffet chinois, un Grand Hôtel, un casino mauresque et des villas. Ainsi bâtie, au beau milieu du XIXème siècle, l'essor industriel bat son plein. La ville est découpée en quartiers, ville d'Été, ville d'Hiver, ville de Printemps, ville d'Automne, Abatilles-Péreire et le Moulleau.

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La construction de luxueuses villas de la Ville d'Hiver, amène un flot de riches visiteurs venus du monde entier. Les superbes villas sont un enchantement. Ce quartier d'Arcachon a été crée à la fin du XIXème siècle dans une optique sanitaire. Le climat tempéré, l'air marin et les senteurs résinées de la forêt de pins devaient redonner santé et vigueur aux malades de la tuberculose. Les allées sinueuses de ce quartier (aucune voie n'est droite afin de faire barrage aux courants d'air) abritent la plupart de ces belles villas, toutes différentes et chacune avec son histoire. La plupart d'entre elles existent toujours, et flâner dans ce quartier entre les nombreuses villas d'influence basque, mauresque ou anglo-chinoise est un véritable dépaysement avec en prime une leçon d'histoire.

Il fallait satisfaire cette exigeante clientèle et pour cela la construction de lieux de distractions et d'animations s'avéra nécessaire. Aussi la Compagnie du Midi décida d'installer, à proximité des villas, un lieu de spectacle et de jeux où les fortunés résidents de la Ville d'Hiver avaient tout loisir de se distraire et dépenser leur argent.

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Maquette du casino Mauresque

En 1913, un funiculaire fut construit à l'extrémité du parc pour faciliter l'accès de la ville d'Été à la ville d'Hiver, il fut remplacé en 1948 par un ascenseur qui subsiste encore aujourd'hui.

Le Casino Mauresque, non vous ne rêvez pas ! Construit en 1863, à l'origine appelé «Casino de la forêt», situé au cœur de la ville d'Hiver, est certainement le monument de la ville qui contribua le plus à la renommée d'Arcachon.

Idéalement situé au sommet des dunes de la ville d'Hiver, le casino offrait une vue imprenable sur la ville d'été et sur le Bassin d'Arcachon. Manifestement influencé par l'architecture arabe, on écrivit plus tard qu'il était inspiré de l'Alhambra de Grenade et de la Mosquée de Cordoue. Le rez-de-chaussée du casino était occupé par des salles de café et des cercles de jeux. Le premier étage abritait une somptueuse salle de spectacle ainsi qu'un salon de musique, des salles de lecture et une bibliothèque. La nuit tombée, ses quatre-vingts lustres de cristal alimentés au gaz projetaient leur lumière au travers des deux larges coupoles dressées sur son toit. De nombreuses animations se déroulaient également dans le parc Mauresque : concours d'élégance, défilés de voitures anciennes... Le parc Mauresque entourant le casino est l'œuvre des architectes-paysagistes Frusique et Claverie. On pouvait y découvrir un kiosque à musique ainsi que le théâtre de verdure San Carlino où se jouaient des spectacles et des représentations enfantines. Également lieu d'animations, la troupe d'échassiers landais de Sylvain Dornon y donnait des représentations. Le Casino Mauresque fut un haut lieu de la bourgeoisie du début du XXème siècle, réquisitionné pour devenir un hôpital de fortune pendant la première Guerre Mondiale. Ce joyau de la Belle Époque disparu dans un incendie le 18 janvier 1977, il demeure aujourd'hui le parc, transformé en arboretum en 1992, au milieu duquel trône dorénavant une pinasse marquant l'emplacement du bâtiment. La pinasse est une embarcation typique du Bassin d'Arcachon.

Le seul souvenir qui subsiste de l'existence du Casino Mauresque est une maquette à côté de l'ascenseur. (photo ci-dessus)

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Parc Mauresque avec vue sur le Bassin d'Arcachon

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La villa Alexandre Dumas dans la ville d'Hiver

Sans doute l'une des plus belles villas de la ville d'Hiver, construite en 1895 par l'architecte J.de Miramont et l'entrepreneur P.Blavy. Daniel Iffla, son propriétaire, célèbre banquier philanthrope et mécène, la nomma de son propre surnom OSIRIS. De style hispanique avec belvédère à l'italienne c'est un bijou. Plus tard, en 1907, elle fut rebaptisée ALEXANDRE DUMAS.

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Belvédère sainte Cécile dans la ville d'Hiver

Gustave Eiffel a fait son apprentissage dans le Sud-Ouest, notamment à Arcachon ... où il a conçu avec Paul Regnault la passerelle Saint Paul et le belvédère Ste Cécile entre mer et pinède... dans la ville d'Hiver ! Il réalisa de nombreux ouvrages à structure métallique, essentiellement des ponts tel que celui du chemin de fer à Bordeaux. Né à Dijon en 1832 et décédé à Paris en 1923, il est mondialement connu pour la célèbre Tour qui porte son nom et trône majestueusement à Paris depuis l'Exposition Universelle de 1889.

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Passerelle Saint Paul menant au belvédère Saint Cécile

Il a bien d'autres réalisations à son actif à travers le monde, dont la structure métallique de la statue de la Liberté à New-York.

Son véritable nom patronymique était en réalité BÖNICKHAUSEN, issu d'une famille d'origine allemande installée il y a très longtemps en France (vers 1710) qui avait pris le surnom de EIFFEL, sans doute en référence au massif boisé de Eifel en Rhénanie-Palatinat...

La Basilique Notre Dame d'Arcachon, élevée en 1722, à l'endroit même d'une petite chapelle construite afin de célébrer Thomas Illyricus, un religieux qui parcouru la France du XVIème siècle. Épargnée pendant la Révolution française, la basilique a conservé intacte toute son architecture. En revanche, à cette époque, son patrimoine mobilier et liturgique fut entièrement pillé... Cœur spirituel de la ville l'Église Notre Dame abrite depuis 1856 la chapelle des Marins et la Statue de la Vierge à l'Enfant que le moine découvrit sur la plage d'Arcachon en 1519.

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La Basilique Notre Dame d'Arcachon

Du parvis de la Basilique, face à la mer, on aperçoit la Croix des Marins dressée en 1902. Elle fut plusieurs fois endommagée ou détruite mais toujours réparée. La croix actuelle est la copie identique, faite en 1980, de celle de 1902 qui avait été abattue accidentellement. Déjà, en 1722, une croix rustique de bois rouge s'élevait à cet emplacement. Il était d'usage, autrefois, quand les chalutiers ou les vapeurs quittaient le port, de saluer au passage de trois coups de corne ou de sirène pour implorer la protection de Marie. Au retour, s'ils avaient réussi à rentrer au port sans encombres, ils venaient la remercier. Dynamique et cossue, la ville de Printemps, tient ses quartiers depuis la jetée de la chapelle et l'église Notre Dame et s'étend autour du Parc Péreire.

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La Croix des Marins

C'est en 1869 que le Docteur de la Bonnardière, médecin arcachonnais, créa le mot «Thalassothérapie», issu de deux mots grecs pour définir une thérapeutique qui met à profit l'ensemble des propriétés du milieu marin au service de la santé. Héritière de la redécouverte depuis le XVIIIè siècle des rapports mer et santé. Dans l'antiquité, les rapports bienfaisants étaient déjà perçus par les Égyptiens, les Grecs et les Romains qui avaient inventé les bains de boues marines. Après la longue éclipse du Moyen-Âge, c'est au XVIIè siècle et surtout au XVIIIè siècle que les Anglais redécouvrent les vertus des bains de mer. Arcachon c'est d'abord une ville riche de son histoire, partagée entre les villes de printemps, d'été, d'automne et la ville d'hiver avec ses maisons d'époque Napoléon III et son parc mauresque. Arcachon capitale balnéaire de la cité bordelaise, merveilleusement étirée le long de son bassin , profite de la douceur de son climat, la senteur des pins maritimes et le relief de ses dunes font tout le charme de la région. Les amoureux de la nature profitent de kilomètres de plage et des nombreux sentiers forestiers serpentant dans les forêts de pins et de chênes verts.

Autre curiosité, la Dune du Pilat, énorme ventre de sable qui enfle chaque année sous l'action des vents et des courants (actuellement environ 2,7 km de long, 500 m de large et 105 m de haut, soit 60 millions de mètres cubes de sable !). Gigantesque, ondulante, naturelle et indomptable elle domine l'entrée des passes du Basson d'Arcachon sur le territoire de la commune de La Teste de Buch.

Jusqu'au milieu du XIXème siècle, les habitants des Landes ont du faire face à l'extrême pauvreté des sols. La Lande se résumait à de grandes étendues nues, marécageuses, plates et insalubres. Regroupés dans des airials (petits hameaux isolés), ils cultivaient le seigle et le millet, base de leur maigre alimentation et élevaient des moutons dont le rôle consistait à fertiliser les terres. C'est de cette époque que vient l'image du berger landais perché sur ses échasses. Ce moyen de locomotion était parfaitement adapté pour surveiller les troupeaux, se déplacer rapidement au sec et éviter les piqûres d'ajoncs. La situation était devenue invivable dans les Landes, où toutes les expérimentations agricoles (riz, mûriers, arachides, tabac...) avaient échoué jusque là. Les sols sablonneux et détrempés ne permettaient pas aux cultures de se développer, et les épidémies de paludisme décimaient la population. Le pin était, et reste toujours, la seule essence capable de supporter de telles conditions. Une loi du 19 juin 1857 impose à toutes les communes des Landes de Gascogne de boiser leurs territoires de pins maritimes. La région comptait jusque là 200 000 ha de forêts naturelles, qui vont être étendues dans toute la Gascogne landaise. Le visage de la région va profondément se transformer et le pin va devenir l'arbre roi des Landes de Gascogne.

Le gemmage est une activité millénaire dans les Landes de Gascogne. Les premiers gemmeurs exploitaient les embryons de ce qui deviendra la plus grande forêt d'Europe, afin de réaliser une sorte de goudron servant au calfatage des bateaux. On les trouvait à proximité du littoral, à Lacanau, La Teste de Buch, Arcachon, Biscarosse et Hossegor. Avec la disparition du pastoralisme et les plantations massives de pins maritimes, le procédé de gemmage va se généraliser à travers toute la forêt et devenir une activité industrielle phare de la région jusque dans les années 1950. On obtenait après distillation de la résine récoltée, deux composés utiles à l'industrie : la colophane et l'essence de térébenthine. Les débouchés se situaient essentiellement dans l'industrie chimique. Le gemmage a disparu à la fin des années 80, et de nos jours, la forêt de Gascogne a une vocation papetière. Le gemmage aurait été pratiqué pendant plus de 2000 ans. Les petits fils des gemmeurs sont devenus bûcherons, là aussi il y a du pain sur la planche ! Un pin de dix ans servira à faire du papier, à vingt ans, on en fera des poteaux et à trente ans il deviendra meuble.

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Au fond de la plage, le Monument des Péris en Mer

À l'extrémité du môle, port de Plaisance, Le Monument des Péris en Mer, est l'œuvre du sculpteur Claude Bouscou né à Arcachon en 1909 dont la ville garde de nombreux témoignages. Selon l'angle, on voit une croix ou une ancre marine. Ce monument fut érigé par les Pêcheries de l'Océan en souvenir des 51 marins noyés lors des naufrages des vapeurs, chaloupes ou chalutiers : l'Albatros, le Pélican, le Héron et la Marie-Françoise, péris en mer de 1868 à 1902.

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Place de Verdun

En quittant la ville, la Place de Verdun, ancien rond point Deganne. D'inspiration pacifiste, le monument d'Arcachon est dominé par une Victoire soutenue par des soldats morts dans leur linceul. Le monument présente des sculptures de pleureuses, d'un vieillard résinier, d'une ostréicultrice du bassin d'Arcachon et des inscriptions pacifistes.
Superbe station balnéaire, Arcachon est une ville intéressante à découvrir et ses villas, un véritable enchantement !!.

Marthe

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24 décembre 2009 4 24 /12 /décembre /2009 11:04
Mercredi 25 novembre 2009

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Le cloître des Récollets

Les moines mendiants, (ordre des Franciscains) ont été installés dans ce couvent construit en 1630 dans l'intention de ranimer la foi catholique à Bergerac pour contrecarrer l'influence protestante, vieille de plus de 300 ans. À leur départ, après la Révolution, les Protestants, jusque là privés de lieu de culte, ont transformé la chapelle en temple. Le cloître présente des galeries des XVI et XVIIIème siècles, un four à pain autour d'une cour ornée d'un magnifique paulownia (arbre d'ornement originaire de Chine et de Corée).

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Le cloître est aujourd'hui le cœur de la Maison des Vins de Bergerac, lieu d'animation d'exposition et de dégustation. Un film nous présente la vigne de Bergerac, très intéressant... derrière nous la grande table où le Consulat de la Vinée se réunit pour les cérémonies d'intronisation. On ressort face à la Dordogne ... émerveillé par tant de beauté...

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le Port de Bergerac

Le Vieux Port, l'ampleur du quai Salvette rappelle le passé portuaire de Bergerac et le rôle majeur tenu par la batellerie dans l'ancienne économie de la ville. Aménagé en 1838, ce port accueillait un trafic annuel de plus de 15 000 tonnes d'une valeur marchande d'environ 3,5 millions de francs. Il s'y enregistrait à peu près 1500 mouvements par année et il employait plus de 200 personnes. Au XIXème siècle, vins bergeracois, bois merrains, huile de noix, châtaigne, forges, tuiles, poteries... étaient exportés vers Libourne, on importait des bois exotiques, houille, métaux, sel, sucre, huile d'olive, poissons salés... Les bois de chêne et de châtaigniers débités et utilisés dans la tonnellerie sont appelés «bois de merrain». Ils répondent à une sélection drastique, le bois doit être particulièrement régulier avec un grain donné. Aujourd'hui, le port est resté identique à celui reconstruit, il a conservé son vaste quai qui permettait aux gabarres d'accoster quelle que soit la hauteur de l'eau. La Gabarre ou Gabare (de l'occitan gabarra) est un type de bateau traditionnel servant au transport de marchandises. Deux types de navires sont désignés par ce mot, les gabarres fluviales et les gabarres maritimes. Le bateau à fond plat de la Dordogne servait au transport de marchandises entre le Massif Central et les ports de Bergerac, Libourne et Bordeaux.

La Batellerie, les hommes du Périgord et du Quercy ont forgé une civilisation fluviale qui date du néolithique. Lot et Dordogne furent aménagés à partir du XIIème siècle afin de réduire le débit et les caprices de l'eau. Durant des siècles, les gabarres ont affronté les hautes eaux hivernales et capricieuses du Lot et de la Dordogne pour descendre bois de chêne et de châtaigniers, noix, huiles, fromages et châtaignes vers Cahors et Bergerac. De ces ports importants, les marchandises descendaient jusqu'à Bordeaux. Au retour, les navires rapportaient du sel, du poisson salé, du sucre et un peu de tout ce que l'on pouvait acheter sur les quais de ce grand port colonial des XVIII et XIXème siècles. Le chemin de fer, plus ponctuel et indifférent à la météo, a raison de la batellerie dans le dernier quart du XIXème siècle. Ne reste aujourd'hui de cette civilisation que la légende des gabarriers, toujours très présente dans les mémoires et les histoires des conteurs.

bergerac-A4La Dordogne à Bergerac

La Dordogne, l'origine du nom provient du celte Du Unna signifiant eau rapide. Sous l'empire romain, elle est baptisée Duranius et à partir du Moyen-Âge, devient successivement Duranna, Durunia, Durdunia, Dordoigne et enfin Dordogne. Elle prend sa source en Auvergne au Puy de Sancy (1886m) et traverse cinq départements (Puy de Dôme, Corrèze, Lot, Dordogne et Gironde) pour rejoindre la Garonne dans l'estuaire de la Gironde. Le présence de l'homme sur les bords de la Dordogne est fort ancienne, les Celtes ont laissé des traces sur la moyenne vallée (IIIème avant JC). Des amphores de vin des Ier et IIème siècles avant JC ont été retrouvé dans le Bergeracois, ce qui dénote un trafic de vin avec la Rome Antique avant que la viticulture ne se propage sur les bords de la Dordogne.
Place de la Madeleine, le site de la vieille fontaine de la Fonsivade est le lieu privilégié pour évoquer les origines du quartier de la Madeleine. L'activité générée par l'ouvrage entraîna à son débouché la formation d'un noyau d'habitats, puis l'établissement d'une chapelle dédiée à sainte Madeleine qui ne tarda pas à donner naissance à une nouvelle paroisse. Le faubourg de la Madeleine trouva aussi les bases de son développent dans la vie de la zone portuaire qui s'établit, dès le Moyen-Âge, sur les atterrissements de graviers favorisant les manœuvres de chargement et déchargement des bateaux en bordure de la rive gauche de la rivière, face à la ville qui ne disposait pas encore de quais. Actif et populaire, ce quartier fut rattaché officiellement à Bergerac en 1530, se forgea une identité forte par le désir des habitants de se constituer en communauté municipale autonome. La réédification du pont, en 1825, dans l'axe de la route royale modifia légèrement l'urbanisation du quartier et entraîna, notamment la création de l'actuelle place de la Madeleine. Sur cette place, une fontaine aux saumons, rappelle la richesse halieutique des eaux de la Dordogne et l'attachement des populations riveraines à leur noble rivière...

 

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fontaine de la Fonsivade

On ne peut quitter Bergerac sans parler Cèpes, Truffes Foie Gras et confits... la Truffe, cet or noir... est un champignon ascomycète comestible de la famille des Tuberaceae. Elle se développe uniquement dans les sols calcaires à une profondeur de 1 à 15 cm au pied d'arbres dit truffiers (chênes, noisetiers, tilleuls, charmes ...) Elle naît au printemps, grossit à partir de mi-août pour arriver à maturité plusieurs mois plus tard. Elle est alors ramassée, on dit cavée, à l'aide d'un chien truffier ou d'un cochon.

Le foie gras, la production de foie gras en Dordogne-Périgord est d'une telle importance qu'il semble naturel de les associer... il n'en a pourtant pas toujours été ainsi ! Un savoir ancestral, les Égyptiens sont sans doute les premiers à avoir gavé les oies, une fresque datant de 2670 ans avant J.C. l'atteste. Cette pratique reprise, améliorée et diffusée par les Romains, tombe dans l'oubli pour ressurgir au XVIème siècle avec les Juifs d'Europe centrale qui utilisent la graisse pour conserver leur viande. La communauté développe cette activité en Alsace où elle est implantée en nombre. Déjà consommé par Louis XIV, le foie gras acquiert ses lettres de noblesse sous Louis XVI, en trônant sur la plupart des tables aristocratiques. La seconde Guerre Mondiale voit la production de foie gras se déplacer vers le Périgord. Les Alsaciens réfugiés dans le Périgord emporte avec eux le foie gras. La rencontre de ce savoir-faire et des grandes capacités énergétiques du maïs, très présent dans la région, permet dès lors l'explosion de la production de foie gras.

Cyrano de Bergerac, le plus connu des Bergeracois reste sans contexte Cyrano et son fameux appendice nasal, héros de la pièce d'Edmond Rostand. Curieusement, malgré son nom, ce personnage, inspiré de l'écrivain philosophe du XVIIème siècle n'a rien à voir avec la ville périgourdine, mis à part les statues de Cyrano rencontrées dans cette magnifique ville qui a su l'adopter....

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Cyrano sur la place Pélissière à Bergerac

fin de la seconde partie...

 

Marthe

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23 décembre 2009 3 23 /12 /décembre /2009 15:28

Mercredi 25 novembre 2009

 

Au cœur de la vallée de la Dordogne, au centre de vignobles prestigieux, la capitale du Périgord Pourpre, Bergerac... La ville prend son essor dès le XIIème siècle, Ville-port mais aussi pont sur la Dordogne, elle voit rapidement se développer une bourgeoisie qui fait fortune dans le commerce fluvial entre les régions de l'intérieur (Auvergne, Limousin) et Bordeaux. Ses pierres, son tabac, Bergerac est une ville blonde. Coiffée de vignes, les pieds dans le bleu sombre de la Dordogne, la ville ne doit rien à Cyrano, mais beaucoup à tout le vin qu'on y négocie depuis des lustres ... Par ses couleurs et ses ruelles, ses maisons de bois et de pierre, son vieux port où l'histoire glorieuse de la batellerie résonne toujours, Bergerac une ville qu'on ne peut oublier... Au XVIème siècle, ce fief des Navarre devient une des capitales du protestantisme, dans un Périgord très catholique.

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Les gabarres sur la Dordogne à Bergerac

 

La ville connaît alors une période brillante. De nombreuses imprimeries publient des pamphlets diffusés dans l'ensemble du monde protestant. En août 1577, la paix de Bergerac est signée entre le roi de Navarre et les représentants d'Henri III. C'est un préliminaire à l'édit de Nantes qui sera, lui, signé en 1598. Mais en 1620, les armées de Louis XIII s'emparent de la ville et démolissent les remparts. Après la révocation de l'édit de Nantes (1685) les jésuites et les récollets essaient de reconquérir des disciples. De nombreux Bergeracois, fidèles à leurs croyances calvinistes émigrent en Hollande, pays avec lequel ils maintenaient des contacts commerciaux. À la Révolution, Bergerac jusque-là première ville du Périgord, se voit dépassée par Périgueux qui devient préfecture du département de la Dordogne. Au XIXème siècle cependant, vignoble et batellerie prospèrent jusqu'à la crise du phylloxéra et l'arrivée du chemin de fer.

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Le pont médiéval actuel à Bergerac

Le pont médiéval de Bergerac était un bel ouvrage de pierre formé d'une dizaine d'arches dotées d'avant-becs triangulaires. Côté ville, l'accès à sa chaussée était maîtrisé par un pont-levis. Côté faubourg de la Madeleine, une puissante barbacane en gardait l'entrée. Emporté par une violente crue durant la nuit du 7 au 8 mars 1783,il sera remplacé en 1825 par l'actuel pont composé de 5 arches de 27m  d'ouverture d'une longueur d'environ 160m.

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L'église Saint Jacques

 

La Place Pélissière, est une des plus belles places, celle des marchands de peau (les pélissiers), agrandie lors de la rénovation du quartier dans les années 1970. Elle offre une superbe vue sur l'église Saint Jacques et son clocher-mur, sur sa fontaine la Font-Ronde. Au bas de la place, l'amenée d'eau du moulin Ribière est l'un des derniers points où reste visible le canal qui fut creusé à la fin du XIIIème siècle pour dériver les eaux du ruisseau du Caudeau vers la ville, et alimenter ses 7 moulins et remplir les fossés de son enceinte.

L'Eglise Saint Jacques, modeste chapelle fondée par les moines bénédictins au XIIème siècle, sa dédicace à l'apôtre Saint Jacques rappelle qu'elle fut longtemps un lieu d'accueil pour les pèlerins de Saint Jacques de Compostelle. Agrandie, elle devint, à partir du XIIIème siècle «la grande église» de la ville médiévale, mais eut à souffrir des dures périodes de crises qui, durant la guerre de Cent Ans, puis au temps des guerres de Religion, entraînèrent plusieurs fois sa ruine. L'architecture composite de ses clochers témoigne de l'histoire des multiples remaniements qui précédèrent l'entière réédification de sa nef au XVIIème siècle et une dernière phase de restauration marquante vers 1860. Seul le clocher-mur avec son balcon est d'origine, il permettait de faire fonctionner les cloches.

Le passé est illustré par de magnifiques maisons à colombages qui ornent les rues de la vieille ville. Dans le vieux quartier de nombreuses maisons bergeracoises sont encore visibles et restaurées. Les encorbellements permettaient d'agrandir la surface hors sol des maisons car seule la base faisait l'objet d'une taxe. Construites en torchis, mélange de mortier et de paille, parfois avec de petites briques (bricous). L'armature en bois est apparente (colombages). La ville qui resta pendant trois siècles sous la domination anglaise, était à l'étroit et les remparts eurent souvent à la protéger.

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Maison à colombages

Au croisement de la rue des Rois de France et de la rue de l'Ancien Pont, un hôtel typique de l'époque Henri IV, la Maison Peyrarède. Magnifique demeure construite en 1604, en pierre de taille avec des fenêtres à meneaux. À l'époque, le rez de chaussée comprenait des boutiques de drapiers et des écuries. Vous remarquerez, encore à ce-jour, sa tour de noblesse en encorbellement et ses fenêtres Renaissance à meneaux. Depuis 1983, cette maison abrite le Musée du Tabac, classé d'Intérêt National.

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La Maison Peyrarède

 

Unique en Europe, le musée retrace 3000 ans d'histoire et de civilisation au travers des collections exceptionnelles.

Chronologie du tabac en Europe : les indiens d'Amérique sont les premiers fumeurs... avec le retour des colons, le tabac pénètre en Europe. En France, il est introduit vers 1560 par Jean Nicot qui, croyant à l'effet curatif de la plante, envoie de la poudre de tabac à Catherine de Médicis afin de traiter les terribles migraines de son fils François II. Le traitement a du succès et le tabac devient ainsi «l'herbe à la Reine». La vente sous forme de poudre est réservée aux apothicaires. On appelle alors le tabac «Nicotiana Tabacum» en l'honneur de Jean Nicot. Fumeurs et fumeuses envahissent les églises... l'engouement est tel que le pape Urbain VIII va jusqu'à excommunier les fumeurs et que Louis XIII interdit la vente de tabac avant d'établir, plus sagement le premier système fiscal le concernant. À la fin du XVIIIème siècle, le tabac n'est plus vendu sous forme de carotte qu'il faut râper mais directement en poudre. Une nouvelle évolution se produit avec l'usage de la pipe. Les officiers du premier Empire en avaient lancé la mode, suivie aussitôt par les romantiques, dont George Sand, au milieu du XIXème siècle apparaît la cigarette.

La région de Bergerac a été détrônée par l'Alsace pour la production française de tabac, mais Bergerac en reste la capitale grâce à l'Institut expérimental des tabacs et au Centre de formation et de perfectionnement des planteurs de tabac.

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La fontaine Font Rond était autrefois utilisée comme lavoir.

La maison dite Maison des Consuls, cette vaste bâtisse du XIXème comprenant deux unités d'habitation, témoigne de l'architecture bourgeoise qui, progressivement s'est définie au terme d'une évolution qui suivit celle de l'expansion de la ville entre 1250 et 1350. Elle offre des dispositions classiques de l'habitat des plus riches bourgeois qui cherchaient alors à disposer de demeures répondant à la fois aux besoins de leurs activités commerciales et artisanales, à leur désir de confort et de paraître.

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La maison dite Maison des Consuls
Une ou deux larges et hautes arcades mettaient en relation avec la rue publique les locaux du rez de chaussée destinés à servir d'entrepôt, d'échoppe ou de boutique. Une petite porte indépendante, donne accès à la cage d'escalier permettant de gagner l'étage où se tenaient les salles des appartements privés aux murs soigneusement enduits et ornés de décors peints, qu'éclairaient de larges baies (remplacées ici par des fenêtres quadrangulaires au XVIème siècle). Pour le chauffage, l'usage des braseros restant dominant, certaines de ces maisons n'étaient pas encore équipées de cheminées...

fin de la première partie
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15 décembre 2009 2 15 /12 /décembre /2009 16:58

Mardi 24 novembre 2009

 

VESONE - VESUONNA – la ville antique de PERIGUEUX

 

 Quartier de la Cité:

Elle est la ville gallo-romaine la mieux connue en Aquitaine. Situé à l'emplacement de l'antique Vésone, ce quartier possède encore quelques vestiges témoignant de l'importance de la ville à l'époque gallo-romaine. Le symbole de cette ville antique est sans conteste la Tour de Vésone, imposant vestige d'un temple dont elle était le cœur.

Eglise Saint Etienne de la Cité, construite au XIème siècle à l'emplacement du temple antique de Mars, cette église est le premier sanctuaire chrétien de la cité, très pur exemple du style roman périgourdin. Consacrée par Saint Front au martyr Saint Etienne, elle demeure la cathédrale de Périgueux jusqu'en 1669, date à laquelle elle est remplacée par Saint Front. Après l'occupation de la ville en 1577, les protestants ne laissèrent de l'édifice d'origine que deux travées des quatre qui constituaient la nef et détruisirent le clocher. Restaurée au XVIIème siècle,  mutilée à nouveau pendant la Fronde, Saint Etienne fut désaffectée à la Révolution et rendue au culte sous le premier Empire. À l'intérieur, contre le mur sud de la première travée se trouve un imposant retable du XVIIè s. en chêne et noyer exécuté pour le grand séminaire. En face, l'arcade sculptée qui faisait partie du tombeau de Jean d'Asside, Evêque de Périgueux de 1160 à 1169 et encadre aujourd'hui des fonts baptismaux du XIIè siècle.

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Église Saint Etienne de la Cité

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Arcade sculptée du tombeau de Jean d'Asside

Dans un parc archéologique très agréable, Les Arènes, les vestiges antiques nous parlent des heures fastes dédiées aux jeux romains.

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Vestiges des arènes

La construction de l'amphithéâtre de Périgueux, due à la famille Pompéia, commença vraisemblablement sous le règne de Tibère au 1er siècle et comparable à celui de Nîmes ou d'Arles pouvant accueillir 20 000 spectateurs. D'énormes blocs de maçonnerie font encore apparaître des cages d'escalier, des vomitoires (larges sorties) et des voûtes, mais toute la partie inférieure reste enfuie dans le sol. La démolition des arènes commença dès le IIIème s. lorsqu'elles furent aménagées en bastions et incorporées aux remparts de la cité. Transformées ensuite en carrières, les arènes servirent à l'édification de certains immeubles de la ville....

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la maison Romane

On remarquera les vestiges d'une muraille gallo-romaine qui servit de soubassement pour les constructions médiévales. La maison romane, datant du XIIème siècle en est une parfaite illustration. De forme rectangulaire, la demeure côtoie les ruines d'une tour de l'enceinte gallo-romaine où s'enchevêtrent éléments de chapiteaux et tambours de colonnes. C'est ici que fut découvert l'autel taurobolique exposé au site-musée gallo-romain Vesunna.

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Porte du château Barrière

Le château Barrière, du nom de la famille qui l'occupa, ce château présente un donjon du XIIème siècle qui surmonte l'une des tours des remparts. Remanié à la Renaissance, il a gardé la belle porte d'honneur de sa tour d'escalier. Incendié lors des guerres de Religion, il ne fut pas reconstruit. Tout prêt, la Porte Normande témoigne de la permanence des invasions dans les derniers siècles du premier millénaire.

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Le château Barrière

Vesunna, le musée Gallo-Romain:

En plein cœur de la cité antique de Périgueux, Vesunna, le musée conçu par l'architecte internationnal Jean Nouvel protège et met en valeur les vestiges d'une grande et riche demeure gallo-romaine (4000 m²) mis à jour lors d'un projet de construction urbaine en 1959. L'architecte a imaginé cette architecture sobre, qui joue sur la transparence, pour préserver les lieux et mettre en valeur cet héritage du passé. Une maquette permet de mesurer l'étendue de la cité de Vésone au IIème siècle et de situer la demeure, près du sanctuaire et du double forum. La vie quotidienne et la ville antique sont présentées au travers de collections archéologiques datées du Ier au IIIème siècle de notre ère.

Derrière le musée se dresse la Tour de Vésone, unique vestige d'un grand temple romain dédié à la déesse tutélaire. Du Temple de Vésone, édifié au IIème siècle après J.C., il ne reste à présent que la cella, partie sacrée où seul le prêtre pénétrait pour servir la déesse celte «Tutela Vesunna» adoptée par les Romains et associée au culte des eaux. 24,50 m de haut et 17,10 m de diamètre, elle était entourée d'une promenade à colonnes pour permettre aux fidèles de déambuler et d'apporter leurs offrandes. On y accédait par un escalier monumental à l'est correspondant à la brèche. La légende raconte que celle-ci est due au mauvais sort jeté par Saint Front pour ruiner le temple païen. Elle servit en réalité de carrière de pierres jusqu'à la protection des monuments historiques (fin XIXème siècle)

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Temple de Vésone

 

Fin

 

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15 décembre 2009 2 15 /12 /décembre /2009 12:34

Mardi 24 novembre 2009

 

Le Périgord renferme quatre grandes régions naturelles : le Périgord blanc au centre autour de Périgueux et de la vallée de l'Isle, le Périgord noir au sud-est, Sarlat la principale concentration de sites et châteaux, les forêts, la vallée de la Vézère et de la Dordogne ; le Périgord vert au pied des monts du Limousin, de Nontron à Excideuil, Brantôme, le val de Dronne... et le Périgord pourpre, Bergerac et son vignoble, le sud Dordogne et son pays des Bastides... Les terrains du Périgord ont commencé à se former dès l'ère primaire, lorsque le Massif Central a émergé de l'écorce terrestre. On retrouve ces roches cristallines dans le nord est, à la lisière du Limousin, mais la formation du Périgord s'est produite surtout à l'ère secondaire, lorsque la mer a envahi l'Aquitaine, refoulant des dépôts calcaires au pied du Massif Central. Plus tard, le calcaire jurassique forme le sol du Périgord blanc et la majeur partie du Périgord noir. C'est à l'ère quaternaire que les principales rivières comme la Dordogne, la Vézère, l'Isle et le Dronne font leur apparition et vont creuser les vallées.

Aujourd'hui, le sujet sera Le Périgord blanc, formé de plateaux calcaires découpés par les rivières Isle, Auvézère, Loue et Dronne dont le chef-lieu du département de la Dordogne est Périgueux que nous allons visiter...

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Ayant beaucoup de mal à choisir une première photo représentant Périgueux, j'ai opté pour une plaque qui m'a particulièrement interpellée, au hasard d'une rue... la Mairie de Strasbourg à Périgueux de septembre 1939 à juillet 1945 ! je retrouve l'Alsace !! dans le Périgord...

 

Un extrait du discours du maire de Périgueux pour l'inauguration de l'exposition «Périgueux à l'heure alsacienne» et lancement des cérémonies de commémoration du 70ème anniversaire de l'Évacuation des Strasbourg à Périgueux, le 7 novembre 2009...

«Dès le début septembre 1939 en effet, c'est une succession ininterrompue de trains venus d'Alsace qui posent en gare de Périgueux, plus de quinze jours durant, un flot d'évacués, parvenus ici dans des conditions souvent très difficiles. Les principales administrations de Strasbourg sont également rapatriées dans la capitale du Périgord. Plus d'une dizaine de milliers de personnes arrivèrent ainsi à Périgueux et environ 80.000 en Dordogne, Périgueux qui vivra plus d'une année complètement à l'heure alsacienne. Un an après, encore une fois sur ordre des autorités, l'heure du retour sonnera pour de nombreux Alsaciens qui réintègreront avec soulagement, parfait crainte, leur patrie. C'est donc avec émotion qu'à Périgueux et à Strasbourg, on se souvient aujourd'hui de cette histoire commune au travers d'expositions, de célébrations et de commémorations... Choc culturel, choc social, déracinement : l'Évacuation a bouleversé les vies de familles entières. En Périgord, et ici à Périgueux particulièrement, on se souvient toujours de l'arrivée de ceux qu'on appelait alors les -ya-ya-. Parmi les familles évacuées, certaines feront souche en Périgord, créant de nouveaux liens culturels...

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Cathédrale Saint Front

Situé au cœur du département de la Dordogne, le Périgord Blanc est nommé ainsi en raison de la blancheur de la pierre du pays, incomparable pour exercer l'art des sculpteurs. Il est sillonné par les vallées de l'Isle et de l'Auvézère propices à la pêche. Cette terre accueille Périgueux, l'ancienne Cité Vesunna et ses vestiges gallo-romains. Capitale du département, classée d'Art et d'Histoire avec ses ruelles étroites bordées d'hôtels particuliers, ses quartiers sauvegardés et sa cathédrale Saint Front, classée au Patrimoine de l'Unesco au titre des chemins de Saint Jacques de Compostelle. Réputée aussi pour sa gastronomie familiale parfumée par la truffe, canards gras, oies grasses, fraises... reine dans les marchés animés tout au long de l'année.

VESUONNA – la ville antique de PERIGUEUX

Vésone la romaine : la source sacrée de Vésone est à l'origine de Périgeux. C'est près d'elle que les Gaulois Pétrocores établissent, sur la rive gauche de l'Isle, leur principal oppidum. Après avoir pris fait et cause pour la résistance de Vercingétorix contre César, les Pétrocores doivent accepter la domination romaine, mais profitent largement de la Pax romana qui fait de la ville l'une des plus belles cités de la province d'Aquitaine. Vésone s'étend au-delà de la boucle de l'Isle, tandis que s'élèvent temples, forums, basiliques et arènes. Cette prospérité est brusquement ruinée au IIIè siècle par les Alamans qui détruisent la ville, ainsi que 70 autres bourgades de la Gaule. Pour éviter un nouveau désastre, les Vésoniens s'enferment dans une étroite enceinte, les pierres des temples servent à élever un rempart, les arènes sont transformées en donjon. Malgré tout, la ville subit des assauts des envahisseurs barbares : Wisigoths, Francs et Normands la pillent et la brûlent tour à tour. Dans cette cascade de malheurs, Vésone perd jusqu'à son nom, on ne l'appelle plus que la Cité des Pétrocores. Au Xème siècle, siège d'un évêché fondé par Saint Front, la Cité (nouveau nom de Vésone) devient la modeste capitale du comté du Périgord. Non loin de la Cité s'élevait un petit sanctuaire abritant le tombeau de Saint Front, apôtre du Périgord. Ce lieu saint devient un centre monastique autour duquel se groupe un bourg actif. Puy-Saint-Front éclipse la Cité. Isolée sur l'échiquier politique, la Cité doit accepter et composer avec sa voisine. En 1240, les deux entités scellent leur union en une seule communauté gouvernée par un maire et douze consuls sous le vocable de Périgueux. Les deux anciennes villes devenues quartiers gardent leur personnalité, dans la Cité, clercs et aristocrates, à Puy Saint Front, commerçants et artisans... En 1790, lors de la création du département de la Dordogne, Périgueux est choisie comme préfecture plutôt que Bergerac et connait alors un nouvel essor.

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La Tour Mataguerre

Périgueux se parcourt comme un livre d'histoire, la ville Médiévale et Renaissance avec le quartier Saint Front et la Cité Antique avec sa villa gallo-romaine abritée sous un préau de verre...

Quartier Saint Front :

La Tour Mataguerre, cette tour ronde (dont le nom viendrait d'un Anglais, emprisonné dix sept ans entre ces murs) est le dernier bastion de l'enceinte médiévale, constituée jadis de 28 tours et 12 portes. Mâchicoulis, archères cruciformes et canonnières témoignent des temps belliqueux (XVème siècle).

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Hôtel Abzac de Ladouze

L'Hôtel Abzac de Ladouze,au n° 16 de la rue Aubergerie comprend une grande arche soudée à une tour octogonale et à une tourelle en encorbellement, caractéristique du XVème siècle. Cet hôtel particulier fortifié atteste, tout comme celui de Sallegourde n° 4 et 8 de la richesse des marchands sous le règne de Louis XI.

La Cathédrale Saint Front, sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle, Saint Front est à ce titre inscrite au patrimoine mondial de l'Humanité. C'est la première des églises à coupoles élevée au Moyen Âge le long de la voie romaine allant de Rodez à Cahors et à Saintes. Dès le XIème siècle une chapelle avait été édifiée à l'emplacement du tombeau de Saint Front, bientôt rejointe par une abbaye. En 1047, une église plus vaste était consacrée. Ravagée par un incendie en 1120, l'on décida alors la construction d'une église encore plus grande dans le prolongement de l'église endommagée. Achevée vers 1173, cette troisième basilique, de type bysantin rappelle par ses coupoles et son plan en croix grecque, rare en France, St Marc de Venise et les Saints Apôtres de Constantinople. À l'intérieur, un magnifique retable baroque et le lustre qui a vu le mariage de Napoléon III avec Eugénie de Montijo à la cathédrale Notre Dame de Paris.

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Cloître de la cathédrale Saint Front

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Ce magnifique retable baroque du XVIIème siècle, remonté en 1974 dans la Cathédrale Saint Front, après un séjour d'une centaine d'années dans l'église Saint Etienne de la Cité, était originairement dressé dans la chapelle des Jésuites, place Hoche. Il est à la gloire de la Vierge Marie dans son Assomption...

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La maison du Pâtissier, place Saint Louis XIVè s dont la très belle porte renaissance (XVIème s) est surmontée d'une coquille annonçant les pèlerinages.

Maison Tenant ou maison du Pâtissier, c'est l'ancien hôtel des Talleyrand constitué d'un logis en équerre accolé d'une tourelle en encorbellement. Elle fut, au XIXème siècle la demeure d'un célèbre pâtissier fabricant le fameux pâté de Périgueux. Le marché de gras se déroule sur cette place de novembre à mars.

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Le quartier Saint Front a gardé toutes ses ruelles étroites et commerçantes et présente aujourd'hui le visage d'une cité moyenâgeuse au charme inégalé ... c'est un bonheur de pouvoir déambuler dans ce vieux quartier très bien restauré et emprunter les venelles-escaliers... bravo Périgeux...

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En 1967, plusieurs scènes du film Jacquou le Croquant furent tournées dans ce vieux quartier médiéval.

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Fontaine Wallace

Les fontaines Wallace sont des points d'eau potable publics qui se présentent sous la forme de petits édicules en fonte présents dans plusieurs villes dans le monde. C'est à Paris qu'elles furent implantées en premier et qu'on en trouve le plus grand nombre. D'une grande réussite esthétique, elles sont reconnues dans le monde entier comme un des symboles de Paris. Comme toutes les grandes villes, Périgueux possède sa fontaine Wallace, sur la Place Saint Silain.
Fin de la première partie... à suivre

 

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13 décembre 2009 7 13 /12 /décembre /2009 18:49

Lundi 23 et Vendredi 27 novembre 2009

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la tour du Roy

La Tour du Roy, dernier donjon-citadelle encore intact en Gironde, sa construction débute dès l'achèvement des remparts. Dans une charte de 1224, Louis VIII, le roi de France qui s'est rendu maître des territoires au Nord de la Garonne, fait part de sa décision d'édifier une forteresse dans l'enceinte de la ville, mais les travaux ne commenceront qu'en 1237, sur demande de Henri III d'Angleterre, alors que la région est de nouveau passée aux mains du souverain anglais. Les textes ne permettent pas de déterminer lequel des deux souverains a choisi l'emplacement pour l'édification de ce donjon, il est isolé du centre de la ville et des principaux axes de circulation et protégé sur trois côtés par un fossé... Peu importe à qui on attribut sa construction, il se dresse majestueux devant nous à ce-jour. Il s'élève sur deux étages au-dessus d'une cavité souterraine qui permet d'y accéder et de surplomber la cité médiévale. Ce donjon a abrité l'Hôtel de ville jusqu'en 1720

C'est du haut de cette tour que la Jurade de Saint Émilion proclame, le troisième dimanche de juin le jugement du vin nouveau au moment de la Fête du Printemps et, le troisième dimanche de septembre le ban des vendanges... tout un poème... La Jurade, confrérie des Vins de Saint Emilion, fut instaurée en 1199 par Jean Sans Terre, roi d'Angleterre. Ce dernier délégua ses pouvoirs économique, politique et judiciaire, à des notables et des magistrats afin de gérer l'administration générale de la cité. L'autorité de la Jurade perdura jusqu'à la Révolution Française de 1789. En 1948, quelques viticulteurs ressuscitèrent la confrérie qui devint alors l'ambassadrice des vins de Saint Émilion à travers le monde avec pour ambition de garantir l'authenticité et la qualité de ses vins. La Jurade est ainsi porteuse de la notoriété des appellations. Lors de ces manifestations, les membres de la Jurade défilent dans la cité, vêtus de la robe rouge traditionnelle, rappelant la toute puissante Jurade des siècles passés...

La Collégiale, dans le bourg médiéval, un vaste édifice à la nef romane et au chœur gothique, c'est l'église collégiale des XIIème et XVIème siècles. L'entrée se fait sur le côté gauche du chœur par un somptueux portail du XIVème siècle, monté à l'époque où Gaillard de la Mothe, neveu de Clément V, était doyen des chanoines. Son tympan est sculpté d'un jugement dernier... ses cloches datent du XVIème siècle.

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La collégiale

je suis fortement impressionnée lorsque j'entre dans un édifice aussi ancien et retient mon souffle... afin de profiter pleinement de ces moments...

Le cloître, ajouté au XIVème est un modèle d'élégance et présente des analogies avec celui des Cordeliers que nous verrons plus bas, notamment dans le dessin des colonnettes géminées. Aux angles, des arcs consolident les galeries dont l'une abrite une série de beaux enfeus qui servaient jadis de sépultures. Le réfectoire et le dortoir des religieux, restaurés, forment le Doyenné, siège de l'office du tourisme.

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Le cloître de la Collégiale

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porte Brunet

La Porte Brunet, que l'on découvre presque dans l'état d'origine débouche sur un pont de pierre. Du haut de ses 9,50 m, voûtée en berceau, elle devait être surmontée d'éléments défensifs, un hourd ou des mâchicoulis. Il reste des vestiges du poste de garde à l'intérieur. Elle est encore debout car elle n'ouvrait pas sur un axe de passage mais sur le vignoble et la campagne d'où l'on domine la vallée de la Dordogne et n'eut pas à souffrir des guerres de religion. Néanmoins elle joua un rôle important lors de ces évènements douloureux qui marquèrent profondément l'histoire de la cité: c'est par cette porte que Sully et ses troupes forceront l'entrée dans la ville en 1580.

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le cloître des Cordeliers

Construit, ainsi que la chapelle, au XIVème siècle, le cloître des Cordeliers, carré est composé de colonnettes géminées, sur lesquelles prennent appui des arcs d'aspects roman. Au fond et à droite, un arc ogival du XVème siècle précède l'escalier qui conduisait aux cellules des moines. L'ensemble recouvert d'une végétation où trillent les oiseaux est très romantique et invite à la rêverie. Après l'aspect historique de la visite, on découvre les chais de Crémant de Bordeaux bancs et rosés installés dans le roc dans cet ancien cloître.

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Cloître des Cordeliers

La visite de cette cité c'est autant de chapitres ouverts sur un livre d'histoire d'une rare beauté. Nous avons passé une journée magnifique, le temps maussade n'a rien oté à la beauté de notre découverte et, même si Saint Émilion attire toute l'année une foule de visiteurs, nous avons bénéficié d'une journée hors saison avec peu de visiteurs... ce qui fut fort agréable... dès l'instant que nos pieds foulent les pavés des ruelles pleines de charme et que nous côtoyons les monuments tels des trésors... nous sommes transportés dans un autre monde comme envoûtés par cette atmosphère irréelle...

La légende de Saint Émilion: né en Bretagne au VIIIème siècle au sein d'une famille modeste il fut choisi comme intendant par le comte régnant sur la province. Le choix s'avéra néfaste pour l'intendant que certains jaloux n'hésitèrent pas à accuser de vol pour le discréditer aux yeux de son maître et confident. Un jour, alors qu'il partait pour distribuer du pain aux pauvres, le comte soupçonneux lui demanda d'ouvrir son manteau. Par miracle, les morceaux de pain qu'il y avait cachés s'étaient transformés en fagots de bois mort !! Après cette aventure, le jeune homme pieux décida de partir en pèlerinage. Ses pas l'emmenèrent à une forêt, séduit par la sérénité des lieux, il décida d'y creuser une grotte et de consacrer sa vie à Dieu. Après sa mort en 767, l'ermite avait accomplit tant de miracles et fait tant de bien autour de lui qu'il fut décidé de donner son nom au site sur lequel il avait vécu, c'est ainsi que naquit SAINT ÉMILION.

 

 

Marthe

 

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13 décembre 2009 7 13 /12 /décembre /2009 18:04

Lundi 23 et vendredi 27 novembre 2009

 

SAINT ÉMILION pour le plaisir des papilles mais aussi pour le plaisir des yeux. UN JOYAU DE PIERRE DANS UN ÉCRIN DE VERDURE

Saint Émilion, vraiment une bien jolie cité d'Aquitaine, une ville médiévale de pierre dorée, de placettes et de venelles. La juridiction de Saint Émilion est classée au Patrimoine mondial de l'Unesco, au titre de paysage culturel !

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Village médiéval de Saint Emilion

 

À l'est de Libourne, le bourg médiéval de Saint Émilion commande, du haut de sa position éminente, un remarquable vignoble qui regarde la vallée de la Dordogne. À l'évocation du nom de Saint Émilion, certains penseront vin, d'autres penseront macarons !! une autre spécialité gourmande de cette belle cité qui se transmet de génération en génération et qui fleure bon dans les ruelles. Une délicieuse recette qui remonte à l'an 1620 quand les sœurs Ursulines établirent leur couvent à Saint Émilion. À l'origine de la cité, un monastère bâti au VII ème siècle, place forte au Moyen Âge, la ville passe tour à tour aux mains des anglais et des français.... traversant les siècles elle a conservé son aspect médiéval ce qui a valu à ce site historique son inscription au Patrimoine Mondial...

Véritable musée à ciel ouvert qui conserve son histoire régionale, sa ferveur religieuse est inscrite dans la pierre, remarquablement préservée, la cité nous offre d'étonnants vestiges du passé autour de ses anciens remparts: une église monolithe creusée au flanc de la colline, des catacombes, des couvents, une église collégiale, le château du Roy etc... Son histoire se dévoile à vos yeux au détour des ruelles et au fil des visites. Cet authentique et ravissant village médiéval, situé au cœur du célèbre vignoble bordelais est unique en son genre, du fait des nombreuses propriétés viticoles, de la qualité de ses vins et de la majesté de son architecture et ses monuments. Baigné par l'influence bénéfique du fleuve, le terroir fait état d'une carte géologique variée, particulièrement favorable à la naissance des plus grands crus ...

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À l'entrée de la ville, les grandes murailles, 25 m de long et 20 m de haut, restes d'un couvent occupé par les franciscains, dominicains et les jacobins. Le cœur de la cité abrite plusieurs édifices religieux, témoins de l'influence de l'église au fil des siècles.

Le sous-sol de la cité et de ses environs est un véritable gruyère, du IXème au XIXème siècle, les hommes ont eu la volonté d'extraire la roche calcaire pour édifier l'ensemble architectural du bourg et les châteaux viticoles. Pour témoin la présence de 200 km de galeries souterraines et de la plus vaste église monolithe d'Europe. Le calcaire, omniprésent offre un sol d'exception aux vignes, les hommes se sont adaptés à ce magnifique paysage vallonné sans jamais le transformer, offrant ainsi une harmonieuse homogénéité dans l'architecture et les couleurs... Tout autour de nous, raconte son riche et extraordinaire passé !

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Saint Emilion se parcourt à pied... avec des chaussures confortables, car les ruelles sont pavées et pentues... comme ci-dessus...

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église monolithe et son clocher

Au VIIIème siècle, un modeste ermite, un moine breton natif de Vannes nommé Émilion se mit en quête du havre de tranquillité nécessaire à la méditation. Il s'arrêta dans la forêt de Combes. Ce n'était alors qu'une forêt à peu de distance de la Dordogne. On pense aujourd'hui que la forêt de Combes était située sur un ancien site gallo-romain appelé ASCUMBAS. Sur le bord de la forêt il y avait un escarpement rocheux avec des grottes. Il fixa son ermitage et un oratoire dans l'une de ces grottes où coulait une source. Par ses miracles et sa générosité, sa renommée rayonna par-delà la vallée et de nombreux disciples le rejoignirent. Émilion évangélisa la population, créant ainsi une grande cité monastique à laquelle les fidèles donnèrent son nom... ce saint homme mourut le 6 janvier de l'an 767, après avoir passé les 17 dernières années de sa vie dans son ermitage, autour duquel furent construits la cité et son ensemble troglodytique exceptionnel.

Saint Émilion compte de nombreux exemples d'architecture religieuse, mais son fleuron reste sans aucun doute l'église monolithe, unique en Europe par ses dimensions et sa majesté. C'est sur ces sols de tradition viticole immémoriale que naissent des vins prestigieux de renommée internationale, que Louis XIV, en son temps, qualifiait déjà de «nectar des Dieux»...

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église monolithe

j'ose à peine approcher cette merveille de peur qu'elle s'effrite tellement elle paraît fragile... instant magique qui nous plonge dans le passé... non loin de l'église monolithe...

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chapelle de la Trinité

la chapelle de la Trinité, ce petit édifice fut construit au XIIIème siècle par les bénédictins, rare exemple dans le Sud-Ouest d'une abside gothique à pans. Elle se distingue à l'intérieur par une élégante voûte, à nervures rayonnantes convergeant sur une clef frappée de l'agneau mystique. Transformée, un temps en tonnellerie, ses parois furent, en partie, recouvertes de suie, ce qui eut l'avantage de protéger les jolies fresques murales...

 

  à suivre...

 

 

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12 décembre 2009 6 12 /12 /décembre /2009 10:20

Dimanche 22 novembre 2009 n° 3

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le Palais Rohan - l'Hôtel de Ville

Le Palais Rohan – Mairie de Bordeaux c'est pour l'archevêque de Bordeaux Ferdinand-Maximilien Mériadec de Rohan, que ce palais a été construit entre 1771 et 1784 par deux architectes successifs, Joseph Etienne puis par François Bonfin. Le Palais Rohan qui fut préfecture de la Gironde à partir de 1800 abrita même Napoléon Ier lors d'un séjour bordelais. Enfin, c'est en 1837 qu'il est devenu l'Hôtel de Ville qu'il est encore aujourd'hui. Situé en bout de la place Pey Berland, le palais Rohan est situé au cœur du centre ville historique, et ceci est d'autant plus important qu'il abrite les services de la Mairie de Bordeaux. Depuis la place Pey Berland on aperçoit essentiellement une façade avec colonnes, ouvertures et statues. Le Palais Rohan en lui-même est en retrait de cette façade protectrice au fond d'une cour d'honneur. À l'arrière du Palais Rohan, donnant cette fois-ci sur le Cours d'Albret et le quartier Meriadeck, se trouve un jardin ouvert au public appelé «Jardin de la Mairie».

La Tour Pey Berland est le clocher de la cathédrale Saint André. Édifice gothique flamboyant éléve entre 1440 et 1450, elle doit son nom à son constructeur, l'archevêque Pey-Berland.

La tour Pey Berland, isolée du reste de l'édifice, a été construite entre 1440 et 1450. L'originalité de cette tour-clocher dissociée de la cathédrale a permis de la doter de cloches imposantes, dont les vibrations auraient pu menacer sa structure. On couronna le clocher d'une flèche haute de 12,50 m. Partiellement détruite par une tempête en 1667, elle est finalement rasée en 1793. Une nouvelle flèche est construite en 1851, et couronnée en 1863 par une statue colossale de Notre Dame d'Aquitaine. Six années plus tard, la tour accueillit un gros bourdon de 8 tonnes. La situation isolée de cette tour n'a rien de bien étonnant en Gironde où les exemples sont légion.

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La Tour Pey – Berland

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Cathédrale Saint André

Consacrée par le pape Urbain II en 1096, la cathédrale est le plus majestueux des édifices religieux de Bordeaux. Conçue pour avoir quatre clochers, deux seulement ont leur flèche car on se rend très vite compte que la cathédrale est bien trop lourde pour le sol marécageux et s'enfonce. Les deux autres clochers sont abandonnés. La Porte Royale date de la première moitié du XIIIè siècle tandis que le chevet et le transept remontent aux XIVe et XVè siècles. Parmi les évènements liés à cet édifice il y a le mariage d'Aliénor d'Aquitaine avec Louis VII, futur roi de France en 1137. La cathédrale est classée au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1998.

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le Palais Gallien

L'amphithéâtre de Bordeaux dit Palais Gallien, est une arène romaine datant du troisième quart de siècle dont il ne reste aujourd'hui que des vestiges... le palais a subi de graves mutilations au fil des siècles et il ne reste que peu de choses du grand amphithéâtre d'origine dont la majeure partie de l'assiette est maintenant recouverte de maisons d'habitation. Seules quelques travées et arcades enserrées dans le tissu urbain sont encore visibles. Une partie bien dégagée montre l'arrondi du mur extérieur, avec une élévation en arcade sur trois niveaux. La ville gallo-romaine de Burdigala pourrait avoir construit cet amphithéâtre à l'occasion du passage de Caracalla en Aquitaine...

Il y aurait tant à dire sur cette belle ville de Bordeaux... mais je ne peux quitter cette ville sans vous offrir une photo de la magnifique façade de la maison Fenwick ... vous remarquerez les deux bâteaux au dessus de l'entrée...

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Joseph Fenwick premier consul américain à Bordeaux en 1790 vécu dans cette maison, le plus ancien consulat américain au monde... une plaque en commémoration du Bicentenaire du consulat des Etats Unis à Bordeaux figure sur la façade...

 

Marthe

 

 

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11 décembre 2009 5 11 /12 /décembre /2009 13:54

Dimanche 22 novembre 2009 n°2

 

Le Musée national des Douanes, unique en France, ouvert en 1984 à Bordeaux, présente l'histoire de l'administration des Douanes (l'une des plus anciennes en France), de l'époque moderne à nos jours, et, à travers elle une partie de l'Histoire de France.

Le musée est situé dans l'Hôtel des Fermes du Roi qui borde la Place de la Bourse, un bâtiment construit entre 1735 et 1738 spécifiquement pour accueillir la Ferme Générale, compagnie privée, ancêtre de la douane sous l'Ancien Régime, qui prélevait pour le compte du roi des droits et taxes sur les marchandises. Le bâtiment abrite aujourd'hui la Direction Interrégionale des Douanes de Bordeaux et est classé monument historique. La façade de style classique dessinée par Jacques Gabriel a des proportions équilibrées. Le bâtiment s'organise autour d'une cour rectangulaire qui recevait les marchandises avant et après le dédouanement.

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Musée de la Douane place de la Bourse Bordeaux

Un pont ou une passerelle à durée limitée ou la passerelle de l'artiste japonais Tadashi Kawamata. Sur les quais, une passerelle imaginée comme point central du festival culturel Evento, elle a été construite avec les pins tombés dans la région Aquitaine lors de la tempête Klaus de janvier 2009.

Elle aurait du être détruite après le festival, mais ayant séduit son public, elle joue les prolongations... et devrait normalement passer les fêtes de fin d'année 2009 entre les colonnes rostrales face à la place des Quinconces et la prairie des Girondins. Pour peu que son état le permette elle pourrait encore accueillir d'autres manifestations pour le plaisir des Bordelais et des visiteurs ! Les colonnes rostrales hautes de 21 m, ont été édifiées par Pierre Alexandre Poitevin en 1828.

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passerelle à durée limitée de l'artiste japonais Tadashi Kawamata face aux colonnes rostrales

La place des Quinconces a été créée sur dix ans de 1818 à 1828, immense place au cœur de Bordeaux, où trônait jadis le Château Trompette. Depuis la fin du XVIII è siècle, la grande affaire de l'urbanisme bordelais était la destruction de cette forteresse et l'aménagement des immenses terrains qu'elle occupait. En 1816 par ordonnance royale, Louis XVIII remit à la ville la propriété de la forteresse et de ses glacis. La municipalité prit à son compte la démolition et l'aménagement des terrains. On planta alors sur l'esplanade une série d'arbres disposés en quinconces, d'où son nom.

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Fontaine des Girondins, place des Quinconces à Bordeaux

C'est en 1881, à l'approche du centenaire de la Révolution, que la ville de Bordeaux émit le vœu d'ériger ce monument aux Girondins et à la République, à la mémoire des Girondins décapités en 1792. Le monument fut construit entre 1894 et 1902. Il forme un ensemble sculptural étonnant. En haut d'une colonne de 50 m de haut, la Liberté brisant ses fers surmonte deux remarquables fontaines en bronze: des chevaux marins toute crinière au vent, cabrés et levant haut leurs sabots palmés, y tirent les chars du Triomphe de la République (côté Grand Théâtre) et celui du Triomphe de la Concorde (côté jardin public). À terre, côté Grand Théâtre, les trois personnages tragiques ne représentent pas les Girondins, mais le Vice, l'Ignorance et le Mensonge...

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la colonne de la fontaine des Girondins

À quelques pas, le Grand Théâtre occupe une position centrale dans Bordeaux. Il est situé place de la Comédie, entre la rue Sainte Catherine, le cours du chapeau rouge, le cours de l'Intendance et face aux allées de Tourny. Les travaux débutent en 1773, il faudra 7 ans pour l'édifier. L'inauguration officielle du Grand Théâtre a eu lieu en avril 1780, Athalie tragédie en 5 actes de Racine fut alors la première pièce interprétée. En façade, on peut voir douze colonnes corinthiennes surplombées par douze statues représentant 9 muses et 3 déesses (Vénus, Junon et Minerve).

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Le Grand Théâtre

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la Porte de la Grosse Cloche

La Porte de la Grosse Cloche est un des rares monuments civils (avec la Porte de Cailhau) que la ville conserve du Moyen Âge. Il s'agit du beffroi de l'ancien Hôtel de Ville, elle figure d'ailleurs sur les armoiries de la ville. Edifiée au XVème siècle sur les restes de l'ancienne Porte Saint Eloy du XIIIème siècle. Composée de deux tours circulaires de 40 m de haut reliées par un bâtiment central. À l'origine il y avait six tours crénelées. La cloche est coulée en 1775 par Turmel et pèse 7800 kg. L'horloge est réalisée en 1759 sur les plans du mathématicien Larroque. La porte jouxte la jolie église Saint Eloi.

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La Porte de Cailhau

La Porte Cailhau place du Palais. Elle faisait partie des remparts de la ville. Au Xème siècle, la place du Palais bordait le Palais de l'Ombrière, résidence des ducs de Guyenne. Le futur roi de France, Louis VII y séjourna à l'occasion de son passage à Bordeaux pour son mariage avec Aliénor d'Aquitaine. Au fond de la Place se dresse la Porte Cailhau. Elevée dans un style gothique Renaissance (mâchicoulis toitures aigues de 35 m de haut, lucarnes, lanternes) au XVème, en souvenir de la victoire remportée en 1495 par Charles VIII à Fornoue, elle faisait office d'arc de triomphe et de porte défensive (présence d'une niche à l'effigie du roi).

Fin de la deuxième partie... à suivre...

 

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Published by Marthala - dans Aquitaine
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10 décembre 2009 4 10 /12 /décembre /2009 14:56

Dimanche 22 novembre 2009  n° 1


Capitale de l'Aquitaine. Le mot Aquitania, qui signifie «le pays des eaux» apparaît une première fois dans les commentaires de César. Avec la prononciation anglaise, Aquitaine devient Guyenne et ce nom lui restera jusqu'à la Révolution. Burdigala est le nom antique de l'actuelle ville de Bordeaux. Le Port de la Lune est le nom familièrement donné au port de Bordeaux du fait d'un large méandre en forme de croissant que décrit la Garonne lorsqu'elle passe dans la ville. Ce serait l'origine du croissant de lune figurant au bas du blason de la ville. Depuis le mois de juin 2007, cette partie de la ville est classée au patrimoine mondial de l'UNESCO ! L'arrivée du tram, l'aménagement des quais fait de Bordeaux une ville fière de son passé et résolument tournée vers l'avenir !!

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depuis le célèbre Pont de Pierre, Bordeaux se livre à vous ...

La cité des «rois du monde» - Burdigala est fondée par une tribu celte au IIIè siècle avant J.C., les Bituriges vivisques, (ce qui signifie rois du monde, rien de moins.....) Au VIIème siècle, le bon roi Dagobert crée un duché d'Aquitaine dont Bordeaux est la capitale. L'un des ducs d'Aquitaine, le mythique Huon de Bordeaux est resté célèbre.. ayant occis, sans le connaître, l'un des fils de Charlemagne, il est condamné à l'exil.

La dot d'Aliénor, en 1137, Louis, fils du roi de France (il sera plus tard roi Louis VII) épouse Aliénor d'Aquitaine qui lui apporte en dot les pays Girondins. Le mariage a lieu dans la cathédrale de Bordeaux. Après quinze années de vie conjugale, le roi, à son retour de croisade, fait prononcer son divorce (1152). Outre sa liberté, Aliénor recouvre sa dot. Deux mois plus tard, elle se remarie avec Henri Plantagenêt, comte d'Anjou et suzerain du Maine, de la Touraine et duc de Normandie.

Catastrophe politique pour les Capétiens, les domaines réunis de Henri et d'Aliénor sont plus vastes que ceux du roi de France... En 1154, Plantagenêt devient, par héritage, roi d'Angleterre sous le nom d'Henri II. Cette fois l'équilibre territorial est rompu, et la lutte franco-anglaise qui s'engage durera trois siècles.

Capitale du Prince Noir, au XIVème siècle, Bordeaux est la capitale de la Guyenne, rattachée depuis deux siècles à la couronne anglaise. Le commerce ne se ralentit pas pendant la guerre de Cent Ans : la ville continue d'exporter ses vins en Angleterre et fournit des armes à tous les belligérants. Le Prince Noir (fils du roi d'Angleterre Edouard III) ainsi nommé à cause de la couleur de son armure, y établit son quartier général et sa cour. C'est l'un des meilleurs capitaines de son temps et l'un des plus féroces pillards. Il terrifie tour à tour le Languedoc, le Limousin, l'Auvergne, le Berry et le Poitou. Atteint d'hydropisie, l'héritier anglais meurt sans avoir pu régner ailleurs qu'à Bordeaux. En 1453, Bordeaux est repris définitivement par l'armée royale française avec toute la Guyenne. C'est la fin de la guerre de Cent Ans.

Le Bordeaux des intendants, c'est Richelieu qui, le premier, a installé dans les provinces ces hauts représentants du pouvoir central et Colbert qui a mis l'organisation au point. D'une cité aux rues étroites et tortueuses, entourée de marais, Claude Boucher, le marquis de Tourny et Dupré de Saint Maur en font au XVIIIème siècle, l'une des plus belles villes de France, aux solides constructions de pierre. Alors surgissent de terre les grandioses ensembles que forment les quais, la place de la Bourse, les allées de Tourny, de superbes monuments comme l'hôtel de Ville, le Grand Théâtre, l'hôtel des Douanes, l'hôtel de la Bourse, des plantations comme les cours et le jardin public. Bordeaux devient le premier port du royaume...

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le Pont de Pierre enjambe la Garonne à Bordeaux

Le Pont de Pierre, qui était aussi appelé pont Napoléon, relie la rive gauche au quartier de la Bastide. Premier pont sur la Garonne, il fut construit sur ordre de Napoléon Ier entre 1810 et 1822. Œuvre de Claude Deschamps, le pont de pierre compte 17 arches en forme d'anse de panier et s'étend sur plus de 500 m. Durant douze ans les bâtisseurs durent faire face à de nombreuses difficultés en raison du courant très fort à cet endroit-là. Il convient de noter que si les piles et les arcs sont effectivement en pierre, les voûtes comportent, elles, des briques qui lui donnent sa teinte rougeoyante. Sur les côtés, chaque pile de briques est rehaussée d'un médaillon blanc en l'honneur de l'empereur. Il porte aussi les petites armoiries de la ville (les trois croissants entrelacés). Ce pont fut le seul jusqu'à la construction du pont Saint Jean en 1965. Inauguré le 1er mai 1822, il fit l'objet de travaux d'élargissement en 1954, c'est à ce moment que les deux bâtiments de l'octroi, que l'on voit sur la plupart des cartes postales anciennes, ont été rasés.

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Porte de Bourgogne

Bordeaux, quelque peu isolée de son fleuve, comptait dans sa période fortifiée un grand nombre de portes médiévales détruites par la suite. Afin d'ouvrir la ville et, sous l'influence de Tourny il a été bâti de nouvelles portes, ouverture en forme d'arc de triomphe dont subsistent encore aujourd'hui les portes d'Aquitaine, de Bourgogne (photo ci-dessus), Dijeaux et porte de la Monnaie. On peut également encore admirer la Grosse Cloche et la porte Cailhau vestiges du XIIIè et XVè siècle que nous verrons plus tard.

La Porte de Bourgogne, le long des quais, place Bir-Hakeim, se trouve exactement dans l'axe du pont de pierre et au départ du Cours Victor Hugo également connue pendant longtemps sous le nom de Porte de Salinières. Erigée au XVIIIè siècle (1750-1855) on la doit aux architectes Ange Jacques Gabriel et André Portier.

On ne peut, ne pas parler du vignoble de Bordeaux, en partie ancien et en partie récent. On sait peu de choses des vignobles antiques girondins, sinon que c'est sous les règnes de César et Néron que les Bordelais commencèrent à planter la vigne et exporter leur vin. Les seuls écrits sont ceux d'Ausone au IVème siècle et ceux de Sidoine Apollinaire un siècle plus tard. Par Ausone, nous connaissons «les coteaux couverts de vignes et de feuillage qui se reflètent dans la blonde Garonne sous un ciel doux et clément où la terre toujours arrosée est bonne et féconde, où le printemps est long et l'hiver bref». Nous apprenons également que le vignoble est blanc et qu'il est réputé jusqu'à Rome. Sidoine Apollinaire nous montre les coteaux de Burgus (Bourg) entièrement consacrés à la culture de la vigne.

Au temps de Henri Plantagenêt et d'Aliénor d'Aquitaine, le vignoble se développe sous l'influence du marché anglais, l'Aquitaine étant alors le cellier de l'Angleterre. On y fit le claret, un rosé par mélange de cépages, avec macération courte, ce qui donne un primeur à boire avant juin. En 1308-1309 l'exportation des vins de Bordeaux passe par un maximum de 900 000 hectolitres et c'est à cette époque que l'on prend l'habitude de jauger les navires d'après leur capacité en tonneaux bordelais (1 tonneau contient environ 900 litres).

C'est un bonheur de se promener sur les quais le long de la Garonne ... puis cerise sur le gâteau ...

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la fontaine des Trois Grâces sur la place de la Bourse

La fontaine des Trois Grâces (1869) représente Aglaé, Euphrosyne et Thalie, les filles de Zeus, est dessinée par Louis Visconti et coulée par Gumery et Jouandot. En octobre 2009, une campagne de sensibilisation au dépistage du cancer du sein utilise comme vecteur les trois grâces de la place de la Bourse, enrubannées de rose et baignant dans une eau rouge.

Cette fontaine se dresse au milieu de la magnifique Place de la Bourse, réalisée sous l'intendance de Boucher par l'architecte du roi Jacques Ange Gabriel entre 1730 et 1775. La place de bourse est la première brèche dans les remparts du Moyen Âge et est destinée à servir de somptueux écrin à la statue équestre, (détruite à la Révolution) du roi Louis XV. Inaugurée en 1749, elle est le symbole de la prospérité de la ville. Successivement appelée place Royale, place de la Liberté pendant la Révolution, Place Impériale lors d'un passage de Napoléon Ier puis à nouveau place Royale à la Restauration. En 1848, à la chute de Louis Philippe Ier, elle devient la Place de la Bourse. Boucher souhaitait ouvrir la ville sur le fleuve et tout en modernisant Bordeaux, offrir un visage de la ville plus accueillant à l'étranger qui arrive par la rive droite de la Garonne. On supprime une partie des murailles qui ceinturent la cité et on construit la Place Royale, avec au centre la statue équestre de Louis XV. À la Révolution la statue est remplacée par un arbre de la Liberté. Sous la Restauration, en 1828, la ville élève une modeste fontaine en forme de colonne de marbre rose surmontée d'un chapiteau blanc et d'un globe, à l'emplacement de la statue équestre disparue à la Révolution.

Aujourd'hui une place magique vous accueille ... avec un miroir d'eau ...

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le miroir d'eau place de la Bourse à Bordeaux

En fait de miroir, il s'agit d'une dalle de granit de 130 m de long et d'une largeur de 42 m qui lorsqu'elle n'est pas recouverte d'eau peut ressembler à une ardoise géante. En dehors des périodes de gel, cette dalle est alimentée en eau selon des cycles d'un quart d'heure pilotés par ordinateur. Première étape, la dalle se recouvre de 2 cm d'eau, lorsqu'elle est totalement recouverte, l'effet inondation donne l'impression d'un gigantesque miroir dans lequel viennent se refléter les belles façades du XVIIIème de la place de la Bourse, de l'hôtel des douanes ainsi que la fontaine des Trois Grâces. Puis l'eau se retire et des buses laissent échapper des volutes de brume qui en quelques minutes plongent l'espace dans un épais brouillard. Magique je vous l'avais bien dit !!

fin de la première partie ... à suivre ...

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