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13 décembre 2010 1 13 /12 /décembre /2010 20:05

Mercredi 1er décembre 2010


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que de neige pour notre première sortie en raquettes !!

 

1er décembre et déjà 70 cm et plus au massif du Gresson !! Dès le départ à Oberbruck nous chaussons les raquettes… L'histoire d'Oberbruck se confond avec celle de la haute vallée de la Doller pendant de nombreux siècles. Citée pour la première fois en 1482 sous le nom d'Oberbruggen, la localité est une possession de l'abbaye de Masevaux et dépend de la paroisse de Sewen. Les riches filons miniers des alentours contribuent au développement de l'activité métallurgique dès la fin du Moyen-Âge. Le village se peuple alors d'ouvriers et de mineurs, mais est dévasté lors de la Guerre de Trente ans (1618-1648). Sous l'impulsion du maître des forges Henri d'Anthès, l'activité métallurgique (forges, taillanderie…) reprend dès la fin du XVII ème siècle, grâce à l'énergie hydraulique produite par l'aménagement de retenues d'eau du lac des Perches et des Neuweiher. Au XIX ème siècle, l'industrie textile supplante la métallurgie avec la création d'une filature suivi par un tissage par la famille Zeller. Ces établissements perdureront pendant près de 150 ans. Sur le ban du village se trouve le seul aérodrome des vallées vosgiennes.

 

Nous grimpons au Boosberg sur un sentier enneigé, notre première sortie raquettes est un régal tant pour les yeux que pour la randonnée.

Le massif du Gresson est un des endroits les plus sauvages et mystérieux des Vosges... comprenant autrefois trois fermes, la chaume du Gresson s'étale sur une grande étendue immaculée, aujourd'hui sous 70 cm de neige poudreuse, un vrai paradis pour les amoureux de la montagne que nous sommes. L'activité agricole est encore bien présente sur le massif.


Le Gresson Haut noyé dans un brouillard épais ne nous laisse aucune perspective sur le lac d'Alfeld niché en contrebas… nous rentrons dans la forêt, aucune trace de sentier... tout n'est que neige… le chemin menant au Ballon traverse des paysages magnifiques, presque irréels.


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Après une superbe balade sur les hauteurs du vallon d'Isenbach, un sentier dégringole le long du ruisseau du même nom jusqu'au refuge. Nous sommes attendus à la Ferme Auberge Baerenbach.


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Arrivée à la FA Baerenbach


Entre lacs de Sewen et d'Alfeld, tout au fond de la vallée de la Doller, la ferme s'élève à 750 m d'altitude. La ferme a gardé son caractère d'autrefois, son allure basse et sa longueur rappellent les anciennes marcairies. Tout autour les animaux ont la belle vie...


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Personne ne sait de quand elle date vraiment… bien que sur un coin de la maison figure une plaque indiquant 1725 mais personne ne sait si la ferme a vraiment été construite cette année-là. La ferme est située au cœur du site classé du Ballon d'Alsace.

 

Après une bonne soupe fumante, nous rechaussons les raquettes et quittons la ferme-auberge du Baerenbach en longeant le ruisseau du même nom jusqu'au ruisseau du Seebach qui se jette dans le lac de Sewen.


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Selon les géologues, ce lac est l'un des plus rares lacs de surcreusement glaciaire des Vosges alsaciennes resté intact. Envahi par sa tourbe, son plan d'eau compte 6 ha, contre plus de 30 à la fin du XIVème siècle. La faune et la flore sont protégées, l'implantation de castors et d'espèces de plantes carnivores, comme le droséra, fait de ce lac un lieu d'étude pour les botanistes et les zoologues. Sa légende : ce lac serait hanté et n'aurait pas de fond. L'origine de ce plan d'eau remonte à un dimanche d'été, un riche paysan, au lieu de célébrer le seigneur, partit sur un pré pour rentrer le foin. Le soir, un violent orage éclata, la foudre tomba et le sol s'ouvrit engloutissant le paysan, sa charrette ainsi que son attelage.


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Il est 16h20 lorsque nous traversons d'un pas assuré le village de Sewen, la nuit ne va pas tarder à tomber… il ne faut pas traîner.


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L'église Notre Dame, bâtie sur un verrou glaciaire, au milieu d’un cimetière fortifié, l’église Notre Dame se compose d’un chœur carré gothique surmonté d’un clocher du 13ème siècle.

 

Sewen vient du celte see ven ou wen (près du lac). La légende fait remonter au Vème siècle la fondation du village par des chrétiens pourchassés par les Huns. Situé au fond de la vallée de la Doller, le village a très tôt vocation de refuge. Au Moyen Âge, lorsque l'abbaye de Masevaux exerce un pouvoir religieux et laïc, la haute vallée de la Doller n'est formée que d'une seule paroisse, Sewen, à laquelle sont attachés tous les autres villages voisins. Cité pour la première fois en 1302, sous sa dénomination actuelle. Une école est fondée en 1837, preuve de la volonté de francisation du Second Empire. Sur le ban communal de Sewen se trouve une partie du Ballon d'Alsace !

 

Retour à Oberbruck par Dolleren… qui doit son nom à la Doller qui vient probablement du celtique « die Oller » qui signifie l'eau qui coule. Le village est mentionné pour la première fois sous le nom de Tholier en 1567. Au 18 ème siècle sont exploités des carrières de granit ainsi que des mines de fer et de cuivre. Un tissage de coton s'installe en 1847. La source de la Doller située au lieu-dit Fennematt à 922 m d'altitude, le premier captage de la source date de 1906. Elle alimente la Doller qui fournit en eau l'agglomération de Mulhouse.


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La tête remplie de paysages merveilleux, il fait nuit lorsque nous arrivons aux voitures ...

 

vous retrouverez les compagnons mercredi prochain...

 

Marthe

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12 décembre 2010 7 12 /12 /décembre /2010 18:02

 

Mercredi 24 novembre 2010

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Une atmosphère de fête flotte sur la randonnée… c'est bientôt Noël… oui mais aujourd'hui

 

c'est l'anniversaire à Gérard !!

 

Départ de Lauw, 9 heures… Lauw a trouvé ses racines dans l'expression germanique « AUE » qui signifie « pré ou prairie humide » ce qui explique certainement en partie le caractère humide du site que les sources, étangs et autres ruissellements nourrissent naturellement.

 

Ce charmant bourg faisait partie de l'abbaye de Masevaux qui y détenait une scierie. Village frontière de 1870 à 1914 et de 1940 à 1944, Lauw avait un bureau de douane qui contrôlait les routes menant vers Belfort. En 1907, les troupes américaines installent un hôpital de campagne dans les anciennes carrière du four à chaux. Avant d'être libéré le 26 novembre 1944, Lauw est touché par les tirs d'artillerie. Situé sur un champ de fracture séparant les roches primaires des roches secondaires, le village présente un sous-sol intéressant. Un village, le premier aux contreforts des Vosges, en amont de la Plaine d'Alsace, né de l'eau et de la pierre qui ont façonné son histoire... L'eau lui a donné naissance en déposant ici ce qu'elle avait arraché à la proche montagne. La pierre, diverse dans ses teneurs, lui a offert les carrières de calcaire, de grès, d'argile et de marne, dont l'exploitation a nourri ses premières générations.

 

Lauw a choisi Saint Éloi comme patron de sa paroisse, toute une symbolique que dessine son blason et qui rappelle l'alliance indéfectible du travail de l'homme avec la beauté de l'univers.

En 1400 le nom du village apparaît pour la première fois sous la dénomination ÖWEN, pour évoluer en AUW en 1482 et en LAUW 1775, patronyme définitif en 1945 après la libération de l'occupation allemande.

Dans les années 1800 Lauw possédait deux moulins, un taillanderie, une forge et quelques tissages à bras à domicile. En 1857, fut implanté un tissage puis une filature qui connu ses heures de gloire en créant une cité ouvrière avant de fermer en 1856.

 

En avant par un sentier qui monte au Saegekopf et son abri.


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Un court arrêt à l'abri du Saegekopf avant de reprendre la montée au gros chêne et rejoindre le col du Schirm où nous attend une aire de pique nique.


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Où fuse la première boule de neige...


Direction Bourbach le Haut.


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église Saint Michel à Bourbach le Haut


le sentier descend un chemin de croix privé avant de remonter une sente traversant un pré où les vaches se demandent bien ce qu'elles font dehors par ce temps hivernal !!


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bizarre, aujourd'hui l'herbe est blanche…


Arrivés au chalet de Bourbach le Bas, nous sommes accueillis dans une salle à manger bien chauffée, bien agréable !! cette atmosphère de stuwa alsacienne… Gérard en profite pour offrir le verre de l'amitié… bon anniversaire l'ami et merci de tout cœur.


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Gérard et Michèle


La soupe nous réchauffe, il fait bon reprendre des forces avant de reprendre la route par le sentier botanique et rejoindre Bourbach le Bas. Mais qu'est-ce donc le Bourbach... c'est au sommet du massif du Rossberg qu'un ruisseau prend sa source. Issu de sept sources, le Bourbach devient un torrent, il traverse les deux villages (le haut et le bas) en contrebas avant de se jeter dans la Doller.

 

Les visiteurs viennent de très loin à Bourbach le Bas à l'occasion des festivités de la Saint Jean. Àcette époque de l'année les hauteurs du Lierenbuckel vivent une longue nuit placée sous le signe du feu pour fêter dignement le solstice d'été. Avant la mise à feu du grand bûcher d'environ 18 m de haut, à la tombée de la nuit (vers 22h30), tous sont invités à déguster les « Mischtgratzerla » (coquelets rôtis au feu de bois) et à danser au rythme de la musique. La mise à feu du petit bûcher débutera à 21h30 précédent le grand feu d'artifice qui sera tiré à minuit. La tradition des feux de la Saint Jean est une fête accompagnée de grands feux à l'occasion de la fête de Jean Baptiste. Elle a lieu le 24 juin, date symbolique du solstice d'été. C'est donc la nuit la plus courte de l'année, et de ce fait la plus propice pour s'amuser jusqu'au matin...

Mais nous n'en sommes pas là... dans quelques jours nous entrons dans la période de l'Avent.

 

De Bourbach-le-Bas, direction le sentier minier de la Knapphütte… et la chapelle des mineurs sur l'ancien site minier de Bourbach.

Du 17 ème au 19ème siècle, les mineurs de la Knapphütte ont creusé la montagne à la recherche de filons de fer. Différentes techniques d'exploitation sont visibles selon la récolte espérée à l'époque, pour alimenter les haut-fourneaux de la vallée de la Doller. La rivière fournissait ensuite l'énergie pour reprendre le précieux métal et fabriquer pièces mécaniques, outils etc... Les nombreuses carrières ont été abandonnées après la 2ème guerre mondiale, seule restait encore celle du Buchberg.


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La chapelle des mineurs au lieu-dit Knapphütte


Les carrières, situées à la sortie de Lauw vers Masevaux, sont constituées de 21 couches de terrain d'âge primaire ou quaternaire. Lauw a développé très tôt une exploitation des carrières, avec du calcaire pour alimenter les fours à chaux, du grès, du grauwack (pierre grise courante dans la région), de l'argile ou encore de la marne. Cette exploitation a influencé l'activité industrielle du village qui possédait trois tuileries. La dernière carrière de pierres de Lauw a cessé son activité après la seconde guerre mondiale.


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Entrée de galerie de mine près de la chapelle des mineurs


À la fin de l'année 1914, le front paraissant stabilisé, il a fallu construire des voies de communication entre Belfort et la vallée de la Doller. Un important centre ferroviaire est mis en place destiné principalement à l'acheminement du matériel de guerre et de la troupe.


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Des décors de toutes sortes garnissent les maisons dans les villages


Dimanche nous entrons dans la période de l'Avent...

L'Avent vient du mot latin « adventus » ce qui signifie  «  l'arrivée ». Très suivie en Allemagne et en Alsace, on se prépare pendant les 4 semaines avant Noël à la naissance de Jésus. Le symbole principal de l'Avent est la lumière. Celle-ci représente l'espoir et la lutte contre le mal. On décore la maison pour y faire régner une atmosphère chaleureuse et agréable. C'est la période où l'on confectionne de nombreux gâteaux de Noël, ces fameux « bredele » (Bas-Rhin), bredala (Haut-Rhin) et le calendrier de l'Avent. Les enfants ont tous un calendrier de l'Avent avec 24 fenêtres allant du 1er au 24 décembre. Tous les jours, une fenêtre s'ouvre sur un petit chocolat, tout cela pour rendre l'attente de Noël moins longue.

Les villes organisent les marchés de Noël, les commerçants proposent, dans des cabanes en bois décorées avec des branches de sapin et des lumières, des spécialités culinaires, des cadeaux à offrir, des couronnes de l'Avent et bien entendu du vin chaud. Noël est dans beaucoup de pays la plus grande fête de l'année.

 

La couronne de l'Avent :tradition vivace en Alsace qui permet d'entrer graduellement dans le mystère de la Nativité. Faite avec une branche de sapin, la couronne de l'Avent comporte quatre bougies correspondant aux quatre semaines de la période de l'Avent. Le premier dimanche, on allume la première, le deuxième dimanche la seconde et ainsi de suite jusqu'au dernier dimanche où les quatre bougies flamboient... venue des pays anglo-saxons, la couronne est également suspendue aux portes, sa forme symbolise le soleil et le cycle d'une année.


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Les joyeux compagnons vous souhaitent


UNE BONNE PÉRIODE DE L'AVENT

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à bientôt en raquettes

Marthe

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23 novembre 2010 2 23 /11 /novembre /2010 11:25

Samedi 21 novembre 2010

Qu'elle est belle cette vallée... elle vous enchante par ses beautés naturelles, la vigne qui monte à l'assaut des collines, les châtaigneraies qui descendent doucement de la montagne , les belles forêts et à l'arrière-plan , les Hautes Vosges !! Tous les siècles y ont laissé leurs traces. La vallée garde l'empreinte des époques celtes, romaines, des vestiges du Moyen-âge et des splendeurs architecturales de la renaissance rhénane. Alors que le dialecte alsacien est parlé couramment dans le vignoble, le patois roman résonne encore dans le pays welche.

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Comité d'accueil sur la Porte Haute à Ammerschwihr

Si le Bas de la vallée est abrité et bénéficie d'un climat semi-continental ensoleillé, chaud et sec et de ce fait, est le terrain de prédilection des vignes, au contraire le Haut hérite d'un climat rude avec des précipitations abondantes et des vents violents. Les hivers y sont froids et enneigés. Cette région est également un haut lieu d'histoire !

Les vignerons élèvent avec amour et respect leurs grands crus pendant que les montagnards fabriquent fromages et eaux de vie. L'alchimie étonnante de ces deux terroirs donne à la vallée son caractère et son atmosphère unique. Ses habitants perpétuent des traditions séculaires, entretiennent avec passion les sentiers et renseignent avec bonne humeur le promeneur à la recherche d'une source ou d'un château.

Quatre amis partent d'Ammerschwihr pour une randonnée… sous l'œil vif de la cigogne... peu de degrés affichés sur le thermomètre. Nous relevons le col et prenons la direction du vignoble, le soleil est déjà au rendez-vous, nous allons vivre une belle journée.

ammerschwihr-2.jpgLa Porte Haute Ammerschwihr

La Porte Haute,tour des cigognes ou encore « Obertor » du XIII ème siècle, fait partie intégrante de la fortification. Relevant du Saint-Empire romain germanique, elle était située à la sortie ouest de la ville. Au cours du XV ème siècle, la structure supérieure fut modifiée par un colombage et une bouche à feu. Un cadran solaire aux armes de la ville figure sur les façades Est et Ouest.

ammerschwihr-3.jpgLa chapelle Saint Wendelin

La chapelle Saint Wendelin, proche de la Porte Hauteest mentionnée dès 1325 sur un lieu placé sous la protection de Saint Wendelin. La toponymie en a conservé le souvenir, l'une des vallées se nommant Wendlingsthal. Le lundi de Pâques 1793, la statuette en terre cuite datant de la fin du XV ème siècle représentant la Vierge douloureuse ornant le maître-autel des Trois Épis fut déposée sur l'autel de la chapelle Saint Wendelin puis déplacée à l'église paroissiale. La statue fut ainsi en sûreté durant toute la période révolutionnaire, alors que la plupart des objets du culte ainsi que le mobilier des églises furent vendus aux enchères.... Après la Révolution, la statue fut replacée en avril 1804, dans la chapelle Saint Wendelin et une grande procession la ramena en juillet 1804 aux Trois Épis sur son lieu de dévotion originel. Reconstruite vers 1878-80, la chapelle subit des dégradations de décembre 1944 à janvier 1945. Après une première restauration, la ville d'Ammerschwihr procéda entre 1998-99 à de nouveaux travaux.

ammerschwihr-4.jpgDans les vignes, au pied du massif vosgien, subsiste la base du donjon carré de l'ancien château de Meywihr cité en 1279.

On ne peut parler d'Ammerschwihr sans souligner le cru prestigieux du Kæfferkopf! Au cœur du vignoble le Kæfferkopf murit d'année en année un raisin qui donne le fameux cru du vin d'Alsace. Mentionné dans les archives dès 1328 sous la dénomination « Zem Kefersberg » ce lieu-dit n'a cessé d'acquérir au cours des siècles ses lettres de noblesse.

Nous quittons donc Ammerschwihr pour la croix de Meywihr par le vignoble. Sur la colline, à 423 m d'altitude sur le lieu-dit Croix Meywihr, est érigée une croix. Édifiée par l'Association des déportés, évadés et incorporés de force, les Malgré Nous d'Ammerschwihr, à la mémoire de ses morts et disparus, au cours d'une page douloureuse de l'histoire de l'Alsace.

ammerschwihr-5.jpgLa stèle au lieu-dit Croix Meywihr

Comme toujours, un splendide panorama récompense les randonneurs de leurs efforts. Une vue sur les trois châteaux de Ribeauvillé (Saint-Ulrich, Girsberg et le Haut de Ribeaupierre) mais également, à droite le Haut Kœnigsbourg...

En route pour Katzentahl… charmant bourg blotti entre les coteaux du Wineck-Schlossberg et du Winterberg situé au pied du château du Wineck. Village habité dès la préhistoire, détruit à 90% lors de la bataille de la poche de Colmar en décembre 1944, il fut totalement reconstruit retrouvant son charme d'antan.

ammerschwihr-6.jpgAu pied du château du Wineck

Le château du Wineck, autrefois appelé aussi Weineck ou Windeck, date de la fin du XII ème siècle est à l'origine de la localité actuelle. La première mention du village, sous la forme de Chacindale, figue dans une charte de 1185 du pape Lucius III. Il se pourrait que cette désignation dérive du nom du premier habitant de l'endroit, un dénommé Chazzo, propriétaire du vallon. En 1212, la localité est évoquée sous la graphie Kancendale, puis, par altérations successives, où sans doute, l'étymologie populaire joua un rôle (Katzenthal voulant dire « Val aux chats »)...

Le château du Wineck, édifié en 1200, surplombe le village et les coteaux du vignoble de Katzenthal, propriété des comtes de Ferrette, de l'évêque de Strasbourg puis des ducs de Habsbourg, fut abandonné au XV ème siècle, restauré en 1972 par les Amis du Wineck, son donjon a été transformé en musée.

Le château est de dimensions très modestes. Une tour quadrangulaire s'appuie contre une enceinte de peu d'espace. Son appareil est lisse avec des chaînages d'angle en bossages. Par sa taille et sa conception, il n'est pas sans évoquer Hagueneck.( sources : dictionnaire des châteaux de l'Alsace médiévale de Charles Laurent Salch)

Une grimpette, et nous voilà, à nouveau récompensés... devant nous, le Galtz, une statue géante du Christ qui ouvre ses bras sur la montagne et la plaine en souvenir des morts de la Première Guerre Mondiale érigée en 1930, une nouvelle statue constituée d'un conglomérat de résines et de poussière de pierre a remplacé en 1991 le monument initial rongé par les intempéries. Le panorama du haut du monument est exceptionnel.

ammerschwihr-7.jpgÀ travers, les branches dénudées… le Christ bénissant l'Alsace

Au sommet d'un petit éperon rocheux à une altitude de 731 m, a été érigée en 1930, une monumentale statue du Christ bénissant la plaine d'Alsace, en reconnaissance du retour de l'Alsace à la France, elle est due au sculpteur Valentin Jaeg et mesure 8 m de haut (23 m avec le socle). La vue est magnifique… on peut monter par un escalier en colimaçon jusqu'à une coursière périphérique au 1er niveau et admirer les alentours. Les Trois Épis, célèbre pèlerinage est tout près situé au pied du Galtz. Les Trois Épis sont nés en 1491 suite à l'apparition à Thierry Schoeré, forgeron d'Orbey se rendant au marché de Niedermorschwihr, de la Vierge Marie portant trois épis en sa main droite et un glaçon dans sa main gauche... Le milieu du XIXe siècle marque un tournant décisif pour l'avenir des Trois Épis, une station touristique allait naître. Reconnue pour son air pur bienfaiteur, la station a été choisie (années 1950) comme Centre Médical de Convalescence et Soins par la MGEN.

Au lieu-dit La main de Fer, une stèle en mémoire de Felix Spitz (président du Club Vosgien de Colmar de 1936 à 1966) et pour cause... réalisateur des cartes touristiques des Vosges, vous savez celles qu'on nous envie à l'extérieur de notre belle région… Àcoté, un kiosque accueille les randonneurs, une pause s'impose pour nous, bon appétit... La descente à Ammerschwihr est plaisante à travers une superbe forêt où le houx est omniprésent. Deux chamois traversent le chemin à quelques mètres devant nous... que c'est beau la nature. Avant d'arriver au Golf, nous croisons les chasseurs avec leurs véhicules, à l'arrière... un sanglier de bonne taille…

Ammerschwihr, habitée dès l'âge de bronze, puis à l'époque romaine où elle démarre son activité viticole, est citée en 869 sous le nom de « Amalrici Villare » ou « village d'Amalrich ». Élevé au rang de ville dès 1367 elle fut fortifiée dès le 14 ème siècle. Les habitants de Meywihr et Katzenbach, deux hameaux voisins vinrent se réfugier derrière les remparts de la ville...

ammerschwihr-8.jpgruelle dans Ammerschwihr

De retour à la Porte Haute, la cigogne veille toujours...

La cigogne blanche d'Alsace, aussi nommée le « Grand Blanc d'Alsace » est une des figures emblématiques de l'Alsace, source de contes et de légendes bien entendu.

De l'antique Égypte, la cigogne était sacrée et quiconque l'attaquait était puni de mort. En Grèce, jadis, on appela « loi cigogne » l'édit qui obligeait les enfants à nourrir les parents âgés et dans la détresse. De nos jours, en Orient et en Alsace, ce respect et cette vénération traditionnels survivent encore. Des légendes racontent que la cigogne est avant tout un porte-bonheur. Une très vielle légende féodale du Bas-Rhin raconte que les cigognes incarnaient la survivance des trépassés et avaient la mission d'aller quérir au fond du puits l'âme destinée au bébé qui allait naître… de nos jours, c'est encore la cigogne qui apporte les bébés... et bien d'autres légendes encore...

à bientôt

Marthe

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19 novembre 2010 5 19 /11 /novembre /2010 16:39

Mercredi 17 novembre 2010

barnabe-1-copie-1.jpgle loup de la Wolfsgrübe

Buhl,commune située dans la vallée de la Lauch, au pied du massif des Vosges et du Grand Ballon entourée de massifs boisés atteignant des altitudes comprises entre 395 et 860 mètres d'altitude. Ce village, au cœur de la vallée du Florival tout près de Guebwiller traversé par la Lauch, paisible rivière aux eaux claires et limpides doit son nom à la situation pittoresque d'une colline (Bühele), d'où il domine, avec son église, une grande partie de la vallée de la Lauch. Le ban communal s'étend sur deux vallées confluentes traversé par trois cours d'eau, la Lauch, le Murbach et le Krebsbach. Buhl fait face à plusieurs massifs forestiers qui bordent le village...

Le Demberg (628 m alt.) qui domine le village séparé par le Hohrupf (813 m alt.) à travers le col du Schrangen. Le Schimberg (582 m alt.) dont les versants pentus sont couverts de vignes. Le Geisskopf (735 m alt.) séparé par l'Ebeneck et le col du Münsteraeckerlé. L'Ebeneck (859 m alt.) point culminant du banc de Buhl et le Hochkopf (545 m alt.) dominant le château du Hugstein qui est séparé du Geisskopf par le Kohlgraben et le Peternit. Un inépuisable paradis pour les randonneurs en quête de bonheur !!

Le château du Hugstein a été construit à cheval sur les limites communales de Buhl et de Guebwiller en 1227 par Hugo (Hugues) de Rothenbourg, prince abbé de Murbach de 1216 à 1236, pour défendre à la fois l'abbaye de Murbach et l'entrée de la vallée du Florival. Aujourd'hui il n'existe plus que des ruines…

À deux pas du Pont Saint Barnabé, au fond du vallon... se dresse l'abbaye de Murbach.Le Murbach (le ruisseau) prend sa source vers le col de la Judenhut… il connaît des crues hivernales avec la fonte de neiges et vient inonder les prairies du Weihermatten, il se jette dans la Lauch. En 760, le ruisseau du Murbach s'appelait fluvius Morbach en latin.

barnabe-2-copie-1.jpgCadran solaire sur la chapelle Notre Dame de Lorette

Cette chapelle de style baroque est située sur un méplat, en pleine forêt dominant l'ancienne abbaye de Murbach. Elle a été construite en remplacement d'une ancienne chapelle complètement ruinée qui se trouvait près du ruisseau de Murbach et qui a été démolie par les moines en 1692. La chapelle de Notre Dame de Lorette a été édifiée d'après le modèle de celle de Santa Casa de Loreto en Italie. En 1714, le capucin Constantin Mettler fait installer sur le mur arrière de la chapelle un cadran solaire que l'on peut toujours admirer de nos jours bien qu'il ait été restauré.

C'est dans cette modeste commune que se trouvait autrefois l'abbaye bénédictine fondée par saint Pirmin moine wisigoh en 728 que les ducs d'Allemagne avaient forcé de quitter l'abbaye de Reichenau sous le prétexte de son attachement à Charles Martel, ce qui lui a valut le rejet du duc des Alamans. Il se réfugia alors en Alsace où avec ses compagnons ils furent repoussés à deux reprises par la population du lieu choisi appartenant au duc d'Alsace.

L'abbaye de Murbach a été fondée en 727 par le comte Eberhard d'Eguisheim, neveu de Sainte Odile (patronne de notre chère Alsace) et puissant seigneur qui venait de perdre son unique héritier. Il appela pour ce faire saint Pirmin qui avait déjà fondé ou organisé de nombreux monastères dont Reichenau. Saint Pirmin, après avoir séjourné une année à Murbach, le temps que la communauté puisse prendre son autonomie, partit ensuite répandre vers d'autres lieux la réforme de la vie monastique. Il finit ses jours en 758 dans l'abbaye de Hornbach dans le Palatinat. Eberhard quant à lui prit sa retraite à Murbach et rendit son dernier souffle en 747 où son corps fut inhumé à l'intérieur de l'abbaye. Dès le départ, l'abbaye est riche et possède une vaste étendue de terres. Elle prospère et s'accroit jusqu'au X ème siècle, période à laquelle elle est ravagée par les Hongrois. La prospérité revient à partir du XII ème siècle. Murbach devient alors une véritable principauté possédant plusieurs cités telle que Guebwiller. Au XVI ème siècle, l'abbaye est l'une des plus importantes du Saint Empire Romain Germanique. Après la Guerre de Trente Ans, comme le reste de l'Alsace, la principauté devient française (1681). En 1759 elle est transférée à Guebwiller et perd son statut d'abbaye pour devenir chapitre de chanoines. Les bâtiments vides sont détruits et les matériaux réutilisés. Seuls subsistent le chevet et le chœur de l'abbatiale.

barnabe-3-copie-1.jpgSaint Pirmin fondateur de l'abbaye (727) portant dans ses bras l'abbaye... 

Départ 9 heures du Pont Saint Barnabé, il fait gris... 14 compagnons et Eliott sont au rendez-vous. Yves, de retour au pays se fait une joie de nous retrouver... et pourtant les vahinés étaient top...

Un sentier grimpe à travers forêt pour déboucher au col du Schrangen. Direction col de Wolfgsbrübe, pour cela nous abandonnons la visite des ruines du château de Hohrupf pour le chemin forestier qui le contourne, ce qui nous permet de tchatcher tout au long du chemin.

Le château de Hohrupf : au-dessus de Lautenbach-Zell, sur un éperon rocheux à 813 m alt. se trouve le Hohrupf, un poste avancé de l'abbaye de Murbach. D'un côté il domine le Belchenthal (vallon de Murbach au pied du Gd Ballon) et de l'autre la vallée de la Lauch au fond du Florival. Il s'agit là sans doute d'une fortification servant d'observatoire non loin d'un col, lieu de passage entre la seigneurie abbatiale de Murbach et les terres d'un chapitre de Lautenbach inféodé à l'évêché de Strasbourg. Son accès était presque inaccessible en raison de précipices entourant le domaine. Il reste quelques pierres d'un vaste donjon détruit.

Un petit arrêt à l'abri de la Wolfsgrübe… non seulement un loup sculpté veille sur le carrefour mais dans la forêt, un hibou…

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Dans les Vosges, ainsi qu'en Allemagne, Suisse et Autriche, il n'est pas rare, pour le randonneur de rencontrer cette dénomination de Fosse aux Loups. L'étymologie, la plus souvent retenue a trait à la fosse creusée pour capturer les loups attirés par un appât. En effet, pendant des siècles, les autorités ont encouragé la chasse de cet animal jugé nuisible. Cette appellation pourrait néanmoins désigner l'endroit où étaient enterrés les loups capturés et tués par les chasseurs afin de se faire payer la prime. Depuis peu, un gentil loup en bois surveille l'endroit...

Après un court arrêt nous prenons d'assaut l'Ospenkopf puis le Lieserwasen... ancien pâturage trouant la hêtraie plus exploité depuis longtemps, investi par quelques chalets...

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On s'est beaucoup interrogé sur l'origine du mot Judenhut dont la traduction serait « chapeau de juif » ce qui n'est pas sans rappeler les armoiries de Guebwiller. Pourtant « Hut » peut vouloir dire protection de même que le terme « Jud » peut fort bien être un doublet de « Gut » ou de « Gudan », qui n'est autre que le Dieu Wotan. Selon l'abbé Braun, Judenhut signifie donc « protection de Wotan » ou mieux, « chapeau de Wotan » étant donné l'importance que la mythologie confère à ce couvre-chef divin.

La fontaine Jean Schlumberger érigée en 1895 par le club vosgien de Guebwiller à l'occasion des noces d'or de son président,(grand industriel du textile dans la vallée de la Lauch) laisse couler une eau bien fraîche.

Construit une première fois en 1895, le refuge, sis sur une ancienne casemate de la guerre 14/18 a été reconstruit 4 fois. La dernière fois c'était en 1985, après qu'un gigantesque sapin l'ait écrasé lors d'un ouragan. (sources puisées sur florival info.net)

Une désagréable surprise nous attend en ouvrant la porte de l'abri, plus de tables à l'intérieur... disparues… malgré tout nous mangeons de bon appétit !! Le col de la Judenhut est plongé dans le brouillard...

Le chemin du retour passe par le rocher Pirmin… rochers et grottes plongés dans la brume, tout ici fait penser au Taennchel… Contrairement à la dernière sortie où nous déplacions des milliers de feuilles mortes sous nos pieds, aujourd'hui nous foulons un tapis d'épines de mélèzes. Au sommet du rocher, enveloppé dans un épais brouillard, on croirait sentir la présence du fondateur de l'abbaye de Murbach !!! saint Pirmin !! Venait-il se recueillir sur ce rocher ??

barnabe-6-copie-1.jpgRocher saint Pirmin

Un superbe sentier rejoint le chemin forestier qui descend au Münsteraeckerle, un petit arrêt à l'abri pour la photo souvenir et nous voilà dans la descente direction Pont Saint Barnabé.

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Une bien belle sortie d'automne… autour du vallon de Murbach

Marthe et les compagnons

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18 novembre 2010 4 18 /11 /novembre /2010 10:23

Samedi 6 novembre 2010

lucelle-1.jpg

Aujourd'hui nous troquons bâtons et souliers de marche contre escarpins... soirée de danse et d'agapes prévue entre amis d'enfance... nous avons décidé de nous amuser autour d'une table richement garnie.

Depuis des temps immémoriaux, la coutume veut que les Tourangeaux, le 11 novembre, fête de Saint Martin, se réunissent en famille pour manger une oie, l'oie de la Saint Martin...L'origine de cette tradition remonterait au IV ème siècle de notre ère.

Les habitants de la ville de Tours avaient choisi Martin pour succéder à leur évêque décédé, Lidoire. Mais le nouvel élu avait disparu et personne ne savait où il se cachait. On partit donc à sa recherche. Certains parcoururent la campagne, d'autres fouillèrent les grottes des coteaux de la Loire. Finalement quelques hommes arrivèrent près d'une masure isolée qui semblait abandonnée. Lorsqu'ils s'apprêtaient à poursuivre leur chemin, ils entendirent des oies, dérangées par le bruit de leurs pas, s'ébattre à grands cris … ils firent aussitôt demi-tour et poussèrent la porte branlante de la masure et y découvrirent Martin en prières. Grâce à ces oies providentielles, les Tourangeaux retrouvèrent leur évêque !!

En Alsace, la tradition de l'oie remonte au Moyen-Âge, époque à laquelle les Juifs d'Europe centrale s'installant le long du Rhin y ont apporté leur savoir-faire pour l'élevage des oies. Jusqu'au début du XX ème siècle, de nombreux paysans alsaciens possédaient de grands troupeaux d'oies. Aujourd'hui, oies et canards se partagent les basses-cours des producteurs-fermiers. Mais le foie d'oie reste le foie gras de prédilection pour les fêtes de fin d'année.

La Saint Martin était aussi une date repère importante... s'il neigeait à la Saint Martin, Noël serait sans neige. Si la fête tombait un vendredi ou un samedi, l'hiver serait froid...

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Le Petit Kohlberg, niché dans un écrin de verdure, à 700 m d'altitude à quelques minutes de la Suisse, propose une soirée à thème, ce 6 novembre... TOUT AUTOUR DE L'OIE... animée par les Alpin Vagabunden, un groupe de musiciens autrichiens ! Connus pour leur bonne humeur et leur savoir-faire ils enflamment l'ambiance... des soirées. Peter, Franz, Huby et Helmut sont les joyeux musiciens qui vont nous faire danser toute la soirée.

Le menu alléchant nous ouvre l'appétit et nous comptons bien nous amuser tout en régalant nos papilles par les plats annoncés !!

Lucelle...qualifiée par certains de bout du monde !! cul de sac au fond d'une vallée jurassienne couverte de forêts, loin de tout. Mais Lucelle, c'est la lumière « Lux cella » cellule de lumière. Aux âges obscurs, alors que lentement l'occident se réveillait, après les siècles d'immenses troubles qui l'avait jetée dans la confusion, arrivèrent dans ce pays encore sauvage et obscur les pionniers de Citeaux en Bourgogne, elle même fille réformée de Cluny . Rapidement l'abbaye devient le moteur économique de la région, et de nombreux bienfaiteurs et nobles lui apportent d'importantes possessions. S'il reste aujourd'hui quelques traces de la splendeur de l'établissement dans diverses églises paroissiales du Sundgau, il ne reste des bâtiments eux-mêmes que de maigres vestiges... Mais Lucelle continue de rayonner grâce à son centre européen de rencontres et à son animation spirituelle.

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Les amis d'enfance de Waldighoffen

Situé en pleine campagne sundgauvienne, sur les hauteurs de Lucelle, le Petit Kohlberg est un établissement familial à l'accueil chaleureux et professionnel. Le top pour les amoureux de la nature qui aspirent au calme et aux randonnées pédestres pour ensuite profiter d'une cuisine traditionnelle et du terroir. Tenu de mère en fille depuis trois générations, le Petit Kohlberg est un établissement plein de charme composé d'un hôtel et d'un restaurant dans un magnifique parc.

Vous avez pris connaissance du repas – Martinsgans – je ne vais pas m'étendre sur nos agapes, qui étaient excellentes, bravo à Anita Meister et son équipe, au chef de cuisine mais également félicitations à tous ceux qui ont contribué à la déco et au service.

lucelle-4-copie-1.gifMême le dessert était particulièrement réussi... une oie pâtissière pour clore le menu... bravo.

Une soirée chaleureuse et bien remplie... il faut penser à rentrer... un grand nombre reste sur place pour le lendemain matin se retrouver autour d'un magnifique petit- déjeuner buffet composé d'une quantité de produits faits maison, un énorme buffet nous attendait.

En prenant le petit-déjeuner on peut admirer les maillots des cyclistes professionnels qui ornent les murs de la salle à manger, offerts par les cyclistes lors de leur passage dans l'établissement.

Après ce week end hors du commun, nous sommes prêts à recommencer avec nos amis !!

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à bientôt !!

Marthe

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16 novembre 2010 2 16 /11 /novembre /2010 11:50

Mercredi 10 novembre 2010

westhalten-1.jpgéglise Saint Blaise à Westhalten

La météo annonce une journée exécrable... cela n'arrête pas les compagnons du mercredi ! 9 heures départ à Westhalten. Bienvenue à Irène, une nouvelle randonneuse.

Situé au cœur de la Vallée Noble dans le Parc Naturel Régional des Ballons des Vosges, niché entre les collines du Bollenberg, du Strangenberg et du Zinnkœpflé, le village de Westhalten est un lieu de villégiature privilégie sur la route des vins d'Alsace.

La Vallée noble et le Zinnkœpflé

Le dieu du soleil est aussi le dieu des sources dans la mythologie germanique. Selon la légende, les gens du pays le célébraient jadis sur les hauteurs du Zinnkœpflé, appelé Sonnenkœpflé, le mont du soleil, pour le remercier des bienfaits dont il avait pourvu la vallée. Westhalten et Soultzmatt apparaissent au XI ème siècle dans des textes qui relatent la présence de la vigne. Plus de 60 familles nobles s'installeront au cours des siècles dans la vallée lui donnant ainsi son appellation de Vallis Praenobilis (Vallée noble). Des sept châteaux de Soultzmatt il ne subsiste plus aujourd'hui que le Wagenbourg. Les anciens moellons des bâtisses féodales sont venus paver les chemins du vignoble et soutenir les terrasses du Zinnkœpflé devenu le dépositaire de la noblesse d'autrefois.

Au bout de la reculée, le Petit Ballon dresse un rempart contre les menaces qui voudraient perturber le climat méridional de la zone, le Zinnkœpflé se trouve dans une sorte de cuvette protégée des vents d'ouest et des orages estivaux. La pluviométrie atteint à peine 270 mm pendant la période végétative et les gelées se font rares. Au creux de la vallée, fleurissent l'amandier, le citronnier ou l'oranger tandis qu'au sommet du grand cru, s'épanouit une flore originaire des bords de la Mer Noire, berceau de la viticulture.

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Le Zinnkœpflé

Dans ces lieux enchantés arrosés de soleil, l'Eden de la vigne. Jusqu'à 430 m d'altitude, naissent des grands crus d'Alsace, vendanges tardives et sélection de grains nobles. Certaines années d'exception même les vins de glace... La vallée noble avec Westhalten, Soultzmatt,Wintzfelden, Osenbach est un véritable paradis situé au pied des Vosges, entre la plaine, la vallée de Munster et le Florival qu'elle relie, l'une par le col du Firstplan, l'autre par celui du Bannstein. Strangenberg, Zinnkœpflé, Bollenberg et Pfingsberg produisent un vin incomparable.

Soultzmatt et ses sources... le nom du village dérive de « Sulz ou source minérale » et de « Matte ou pré ». Probablement connue des Romains, la première évocation précise date de 1272 époque à laquelle la source fut remarquée par le moine franciscain Tschamser. Elle fut redécouverte au début du XVII ème siècle et des installations thermales y furent construites dès 1662. La source fut acquise en 1838 par Louis Nessel, c'est sous son impulsion que les eaux minérales de Soultzmatt acquirent une renommée européenne. Consommée sur place les siècles précédents, l'eau de la source fut vendue en bouteille à partir de 1853...

En 1891, un incendie détruisit une grande partie de l'établissement de bains situé le long de la route, son exploitation fut alors définitivement abandonnée.

En 1922, un nouveau forage met à jour une eau moins minéralisée, ces eaux sont alors commercialisées sous l' appellation LISBETH du nom de la fille ainée du propriétaire M.THOMAS. L'eau plate SOULTZMATT est lancée en 1984, mais la marque unique LISBETH est adoptée dès 1996...

Le cimetière du Val du Pâtre est le plus grand cimetière militaire roumain de France. Il regroupe 678 prisonniers de guerre roumains, morts des privations subies par les Allemands au cours de la première guerre mondiale. Après le conflit, la commune de Soultzmatt fit don à la Roumanie du terrain nécessaire à l'aménagement du cimetière au lieu-dit Gauchmatt. Il fut inauguré en 1924 par le roi Ferdinand de Roumanie et la reine Marie. Cette nécropole roumaine constitue aujourd'hui encore un haut-lieu de pèlerinage, où les dirigeants de Roumanie viennent se recueillir chaque année.

Départ de Westhalten 9 heures au cimetière sous l'œil vigilant du comité de réception...

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Fête de l'âne ou Eselfàscht... les habitants de ce charmant village ont pour objectif de faire une fête du vin pas comme les autres ! Aussi ce village viticole a su tourner à son avantage le sobriquet qui affuble ses habitants depuis des lustres. Tout au long de l'année, les ânes... comme on les appelle marquent la vie du village. Une fois l'an, ils sortent de leur réserve pour faire participer la région et les touristes de plus en plus nombreux dans la Vallée Noble à leur fête.

Sorti tout droit des contes et légendes d'Alsace, le « bonhomme aux sonnettes », gardien du vignoble descend et vous guidera dans les petites rues de Westhalten accompagné des ânes, des lutins et la lutine « myrtille ».

Ā travers le vignoble, nous grimpons à Notre Dame du Hubel et rejoignons le carrefour du Heiliger Baum et la vierge noire. Un petit arrêt avant de rejoindre le Pèlerinage du Schauenberg pour la pause de midi.

Le Pèlerinage du Schauenberg, pèlerinage marial s'est développé au début du 15 ème siècle suite à un événement miraculeux concernant une statue de la Vierge et qui aurait eu lieu en 1446. En ces temps là, les bâtiments comprenaient une chapelle et un ermitage. Le sanctuaire fut agrandi en 1515. Une nouvelle chapelle vit le jour en 1685 puis des bâtiments conventuels sur l'emplacement de l'ermitage en 1704. En 1766, les bâtiments reviennent à l'hôpital de Pfaffenheim et servent de maison de repos pour les frères âgés ou infirmes.

La chapelle fut fermée en 1791 et vendue comme bien national en 1793, la statue du pèlerinage fut mise à l'abri à Pfaffenheim. Le retour de la statue fut fêté en 1811. De nombreux travaux de remise en état ont été entrepris. Telle qu'elle se présente de nos jours, la chapelle correspond à l'édifice du 17 ème siècle, à nef unique et chœur à chevet plat au nord, séparés par un grand arc triomphal brisé. L'ancien chœur de 1515, à trois pans et contreforts fait fonction de chapelle latérale...

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Pèlerinage du Schauenberg

Dans la chapelle latérale de Notre Dame du Schauenberg on peu admirer un magnifique retable en bois sculpté en haut-relief par Joseph Saur d'Oberhergheim en 1948. On peut y admirer également un grand tableau, de nombreux ex-voto et de jolis vitraux offerts aussi en ex-voto.

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Nous allons nous réchauffer autour d'une bonne soupe dans la salle des pèlerins...

Avant de reprendre la route nous restons un long moment sur la terrasse à profiter d'un superbe panorama... devant nous, des villages, des clochers, des maisons, des champs, des vignes, des routes, des usines. Des milliers de gens vivent au pied du Schauenberg... plus loin, la vallée, ses forêts qui protègent le Rhin, jadis frontière aujourd'hui trait d'union. Plus loin à l'horizon la Forêt Noire.

westhalten-6.jpgEt bien entendu, sur notre gauche le Haut Koenigsbourg...

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Nous quittons le Schauenberg par le chemin de croix sur un immense tapis de feuilles mortes.

Le retour à Westhalten passe par le Strangenberg, célèbre vignoble… et bien entendu nous nous arrêtons devant la stèle dédiée à Hàri Bannwarth trônant au sommet du vignoble… fondateur en 1976 du Stammdesch de Rouffach. » C'est ici que ses partenaires et amis viennent se retremper dans l'esprit de Hàri, dr Geischt, symbolisé par cette pierre érigée en sa mémoire. » (lu dans un bulletin du Stammdesch de Rouffach)

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impressionnante stèle à la mémoire de Hàri Bannwarth

Il ne reste plus qu'à descendre du Strangenberg et rejoindre Westhalten et l'église Saint Blaise. La première église s'élevait au centre du village, à l'emplacement de l'actuelle école, rue de Rouffach. Elle est citée pour la première fois en 1338, comme filiale de la paroisse de Rouffach et devint paroisse indépendante en 1450.

L'église actuelle fut construite entre 1836 et 1841, en face du cimetière, à la sortie nord du village. Le bâtiment est à nef centrale avec bas-côté et le clocher-porche contient 4 cloches. Le village a conservé son charme authentique grâce à l'architecture typique des maisons, les petites ruelles et sa fontaine alimentée par une source.

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la joyeuse troupe vous salue...

Marthe et les compagnons

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5 novembre 2010 5 05 /11 /novembre /2010 19:46

Mercredi 3 novembre 2010

MARCHE DÉDIÉE À LA MÉMOIRE DE ROBERT...

Époque de la Toussaint..., à la demande de Brigitte nous avons, de bonne grâce, organisé cette journée et, c'est au contact de la nature que nous dédions cette journée à la mémoire de Robert qui nous a quitté il y a déjà 12 ans...

landersen-1

Cité historique, vieille terre de civilisation au passé prestigieux, à la confluence des deux rivières nommées Fecht, Munster fut fondée vers 660 par des moines bénédictins venus d'Ecosse. Installés à Stosswihr en 634, ces moines s'installèrent définitivement à Munster quelques années plus tard.

Autour d'une abbaye dépendant de l'évêque de Bâle, la ville de Munster prit forme. Ce n'est qu'au XIIIè siècle que l'agglomération de Munster gagna son indépendance vis-à-vis de l'abbé maître des lieux et ceci après de longs conflits. Avec huit autres communes de la vallée fut créée la communauté de la ville et de la vallée de Munster. A partir du XIVè siècle, Munster fit encore partie d'une autre communauté avec neuf autres villes d'Alsace allant de Wissembourg et Landau jusqu'à Mulhouse. Ces 10 villes formèrent la Décapole (alliance militaire de dix villes alsaciennes) dépendant directement de l'empereur du Saint Empire Romain Germanique. En raison des conflits permanents avec l'abbé, la ville de Munster embrassa ensuite la Réforme. Le traité de Munster (Westphalie) en 1648 rattacha la vallée à la France de Louis XIV. Quelques années plus tard, la Décapole fut dissoute. Pendant la révolution, l'abbaye fut vendue comme bien national. Un teinturier de Colmar y installa une filature et un tissage. Les manufactures Hartmann sont créées. Le nom de Munster est également lié à la fabrication du fromage. Celui-ci se fabrique dans les fermes et marcairies de la vallée et des Hautes-Chaumes où il est vendu directement au consommateur. Fromage à pâte molle et à croûte lavée dont l'origine remonte au VIIè siècle lorsque les moines du monastère inventèrent le «Munster Kaes». Le mot «Géromé» est le nom vosgien de la ville de Gérardmer où étaient réalisées les activités commerciales autour du fromage (paiement pour les chaumes...). Comme il est de mise pour les fromages historiques, le munster fut créé pour conserver le lait. De nos jours, le nom qu'on lui donne est essentiellement lié au versant des Vosges où l'on habite. En Alsace on l'appelle «Munster», en Lorraine on l'appelle «Géromé». Il peut s'accompagner de vins rouges puissants, mais il s'harmonise encore mieux avec des produits du terroir alsacien comme le Gewurztraminer, Pinot Noir ou encore la bière.

Le XIX ème siècle voit l'industrialisation de la vallée grâce à la famille Hartmann – usines textiles, création de la route du Col de la Schlucht, ouverture de la ligne de chemin de fer Colmar-Munster, prolongée en 1893 jusqu'à Metzeral.

landersen-2L’église de l’Emm

Au sommet de la colline de l'Emm (nom évoquant la légende d’Emma, nièce de Charlemagne, et Roland de Roncevaux qui s’y seraient rencontrés et aimés). Dominant Metzeral et la haute vallée de la Fecht, se dresse l’église de l’Emm, « Monument de Reconnaissance du Souvenir Alsacien ».
Œuvre du curé bâtisseur Martin Béhé, cet édifice est en effet consacré aux morts de la guerre de 1914-18 dans les Vosges et notamment à ceux tombés lors de la très meurtrière bataille de Metzeral en juin 1915. L’église de l’Emm est également l’église paroissiale de Metzeral-Sondernach ainsi qu’un lieu de pèlerinage séculaire dédié à la Vierge.

landersen-3.jpgÀ nos vaillants soldats – L'Alsace reconnaissante

L'actuelle église catholique-mémorial de l'Emm, bâtie sur le site même d'une ancienne chapelle date du XVè siècle, détruite au cours de la bataille de Metzeral.

De la chanson de Roland est née une douce légende se rattachant à l'ancienne chapelle de l'Emm devenue aujourd'hui, à la suite de la guerre, cet impressionnant monument de souvenirs. Ici comme ailleurs, l'histoire et la légende s'entremêlent et se complètent.

La légende d'Emma et de Roland de Roncevaux

Charlemagne, l'illustre empereur, était non moins grand chasseur et, durant ses rares moments de repos, trouvait son passe-temps favori dans la chasse au gibier dans les Vosges. Lors d'une chasse, organisée dans ses vastes propriétés du Val Saint Grégoire, assistaient, parmi une suite nombreuse, la princesse Emma, nièce de l'empereur, et le chevalier Roland, son neveu. La princesse, armée de son arc richement ciselé, était postée aux bords de la Fecht. Un formidable concert, où les sons des cors de chasse se mêlaient aux aboiements sauvages d'une meute, battait son plein. Soudain un énorme ours déboucha et se dirigea vers la rivière dans la direction de la jeune chasseresse. Il voulait se jeter à l'eau, comme le font les bêtes traquées dans les chasses à courre, sans hésiter la princesse visa l'animal au cæur et le transperça d'une flèche. Fou de douleur et apercevant son ennemie, l'ours se lança sur elle. La jeune fille allait être renversée par cette énorme masse lorsque l'ours s'écroula ; un cavalier ayant vu la scène , sauta de cheval et plongea son couteau de chasse dans le cæur de l'animal. Avec émotion, la princesse tendit sa main au courageux chasseur et dit «comment vous remercier, beau cousin, de m'avoir sauvé la vie ?»

le hardi chasseur qui n'était autre que le chevalier Roland, prit la main tendue et répondit ému : «en m'accordant la main qu'avec bonheur je tiens dans la mienne». Les fiançailles célébrées, Charlemagne partit avec ses douze pairs, à la tête d'une formidable armée contre les Basques en Espagne. Après de rudes batailles, l'empereur, d'abord victorieux, rentra en France, laissant son neveu avec 12 000 hommes à l'arrière-garde. Attiré dans un guet-apens, Roland succomba au val de Roncevaux le 17 août 778. Emma ne se consola jamais de la mort de Roland et mourut pieusement, après avoir fait ériger sur la colline de l'Emm, en son souvenir, un ermitage, dont elle confia la garde à un pieux ermite. Depuis, toujours selon la légende, par les nuits sereines, à minuit, l'âme d'Emma, plane autour de la colline dans une plainte émouvante à l'adresse de son vaillant soldat qu'elle pleure toujours. Roland, à la même heure, sur un cheval blanc, traverse les nuées, vient à sa rencontre et renouvelle, avec sa belle, leur ascension vers le ciel !

Le 16 mai 1900, l'ancienne chapelle de l'Emm est entièrement consacrée au culte catholique. La commune entreprend alors la construction d'un temple protestant qui est inauguré le 22 septembre 1901.

Le Petit Ballon ou Kahlenwasen,beaucoup de randonneurs le connaissent, mais il y a de multiples façons d'y accéder. Sommet de 1 268m d'altitude situé sur l'interfluve entre Fecht et Lauch au point de rencontre des Bans de Breitenbach, Wasserbourg, Luttenbach et Linthal. Il forme un relief dénudé d'où son nom Kahlenwasen. Les pentes du Petit Ballon sont jalonnées de fermes auberges.

Aujourd'hui rendez-vous dans le Val Saint Grégoire à Sondernach au centre de vacances de Landersen à 9 heures.L'étymologie de Sondernach est intéressante « zur sundern Ach » ce qui se traduit par « auprès du ruisseau sud de la vallée ».

Une montée soutenue mène à la ferme privée Lechterwann, inoccupée à cette époque ce qui nous permet un arrêt et reprendre notre souffle avant d'emprunter le sentier qui monte au col du Hilsenfirst à travers une belle forêt.

landersen-4.jpgApproche de la ferme Lechterwann

Arrivés au col du Hilsenfirst une énorme réserve de genévriers nous entoure, impressionnant, à perte de vue une forêt d'arbustes à baies bleu violacé aux feuilles épineuses jusqu'au lieudit Steinmauer et bien au-delà. La taille des genévriers peut varier de 4 à 10 mètres de hauteur. Le genévrier commun (Juniperus communis) est le seul avec le genévrier cade (Juniperus oxycedrus) à être comestible. Le fruit appelé genièvre ou baie de genévrier se développe sur deux ans. On appelle également genièvre une eau-de-vie (appelée peket en wallon), les baies parfument la choucroute et les pâtés.

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Nous traversons de merveilleux paysages, fouler la Steinmauer est un moment de bonheur.

landersen-6.jpgSur les rochers de la Steinmauer

Très vite nous arrivons au Bockwasen et rejoignons le sommet du Petit Ballon... pour un moment de recueillement à la mémoire de Robert. Un rayon de soleil apparaît dans le ciel gris... Robert nous salue lui aussi... salut l'ami !! On te laisse sous la garde de la Vierge...

landersen-7.jpg

Le vent s'est levé, dans la descente des rafales glaciales fouettent nos visages… brr... cela pour nous rappeler que nous sommes aux portes de l'hiver et que bientôt nous foulerons la neige !! Mais pour l'instant profitons des merveilleuses couleurs de l'automne !!

La ferme auberge du Rothenbrunnen nous accueille dans une ambiance chaleureuse... la bonne odeur de la soupe nous fait rapidement oublier les rafales de vent essuyées pour arriver jusque là.

LES FERMES AUBERGES DU HAUT RHIN, toute une histoire …

La majorité des fermes auberges étaient à l'origine des marcairies, bâtiments situés en montagne accueillant durant l'été des vaches en pension. Ces vaches appartenaient aux habitants de la vallée qui étaient des ouvriers-paysans qui travaillaient à l'usine et possédaient un peu de terre et quelques bêtes. Au début du XX ème siècle les marcairies proposent aux randonneurs du fromage et du lait, c'est ainsi que débute l'esprit d'accueil des fermes auberges.

Du Rothenbrunnen, le panorama sur les Hautes Vosges est exceptionnel : Hohneck, Gaschney, Trois Fours, Kastelberg… la ferme est déjà citée dans des documents datant du Premier Empire napoléonien. Elle sera détruite lors des bombardements de la Première Guerre Mondiale. À 1 139 m d'altitude, la ferme est orientée plein Ouest, à deux pas du sommet du Petit Ballon et se trouve sur plusieurs sentiers du GR 532. La ferme d'origine située un peu plus haut pouvait abriter plus de 100 bêtes et employer une dizaine d'employés. Construite en 1923, la ferme actuelle accueille ses premiers locataires en 1926.

Le secteur est parcouru de failles et fissures granitiques remplies de quartz et de fer. C'est ce dernier qui donne cette teinte rouge à la roche. Ces formations datent de l'ère tertiaire et du fameux plissement alpin qui a provoqué le soulèvement du Massif Vosgien et l'effondrement de la plaine rhénane. Chaumes et landes à myrtilles recouvrent le massif, on peut également y admirer l'arnica, l'orchis blanchâtre, l'œillet et l'airelle rouge...

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En quittant la ferme on passe devant un troupeau de vaches. La Tarentaise, également appelée Tarine, se reconnaît d'abord à sa robe fauve uniforme, qui peut légèrement varier d'un jaune foncé à un rouge léger. C'est la seule race française à posséder deux noms… vache typiquement française, son nom vient de la vallée de la Tarentaise (en Savoie, non loin d'Albertville) mais elle doit néanmoins ses origines à des bovins bruns indo-asiatiques. Elle a pris son nom de Tarentaise en 1863, et son livre « herd-book » a été créé en 1888.

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Calme, fière et curieuse, on la reconnaît bien avec ses cornes blanches aux extrémités noires, elle possède en outre de grandes qualités laitières et fromagères.

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Sur les pâturages où les troupeaux d'élevage bovin, ovin ou caprin (chèvres) sont conduits, les paysans attachent des clochettes au cou des bêtes. Ces cloches possèdent plusieurs utilités, identification des animaux appartenant à un troupeau particulier, localisation des bêtes notamment en cas de brume et cohésion du troupeau. Le terme sonnaille (Kuhglocken en allemand) s'applique à des cloches légères généralement fabriquées en tôle de fer rivetée, cylindrique ou en forme de coupe. Le terme clarine s'applique aux cloches de bovin en bronze ou laiton de fonderie qui sont plus lourdes.

Depuis des siècles, les cloches carillonnent...

elles invitent au recueillement, chantent la joie ou guident les troupeaux sur le flanc des collines...

mais comment sont-elles nées ? Qui le premier a eu l'idée de créer ces sources de tintements mélodieux ? L'histoire en a oublié le nom, il est vrai... c'était il y a si longtemps ! La cloche existe depuis la plus haute Antiquité. Dès que l'homme sut créer des vases en argile, il se rendit compte qu'en les heurtant, ceux-ci produisaient un son, il avait inventé la cloche. La cloche est certainement l'un des premiers instruments sonores créés par l'homme. On trouve ainsi des cloches de bois réalisées par quantité de peuplades primitives. Un document chinois date de 2260 avant JC rapporte que l'Empereur Hoang-ti fit fondre douze cloches. Des cloches de bronze datées de 1100 avant JC ont été retrouvées en Chine. La Chine serait donc le berceau de la cloche.

L'usage religieux de la cloche prend son réel essor en 1095 où le Pape Urbain II institue la sonnerie de l'angélus. Au fil des siècles, les cloches deviendront très présentes dans la vie de l'homme qui améliore sa connaissance des techniques pour faire des cloches de plus en plus grandes et de plus en plus mélodieuses et qui les utilisera pour ponctuer les instants de l'histoire.

La descente directe à Landersen fut un vrai moment de bonheur entre des paysages de toute beauté.

Marthe et les compagnons avec Eliott bien entendu.

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4 novembre 2010 4 04 /11 /novembre /2010 16:46

Dimanche 26 septembre 2010

RENDEZ VOUS ANNUEL DES GOURMANDS  

Manger – bouger... un slogan que nous voyons à longueur de journée...

sondersdorf-1.jpg

que nous avons scrupuleusement respecté... tout au long de la balade

Comme les années précédentes, l'Amicale des Sapeurs Pompiers de Sondersdorf a organisé avec brio son authentique septième Balade Gourmande le 26 septembre 2010...

Sondersdorf dans le Sundgau... à quelques pas de la Suisse. La région est déjà connue depuis la préhistoire. La découverte d'un atelier de taille de silex de l'époque paléolithique supérieure, puis par des tombes des VIIè et VIIIè siècles attestent de la présence humaine dans les lieux.

Le village qui se trouve d'abord sur la partie inférieure des terres est déplacé sur les hauteurs pour échapper aux fréquentes inondations de l'Ill nombreuses au cours du XII ème siècle. Le village est alors connu sous le nom de Sundrolttesdorf (1139-1147) relève de la seigneurie de Ferrette et est rattaché à Wolschwiller. Le couvent de Feldbach possède, à cette époque une courcolongèreet un château des Schoenenberg appartenant à l'évêque de Bâle, mentionné dès 1239. Le village passe ensuite, vers 1324 aux Habsbourg. Le château est détruit à la fin du Moyen Âge. Vers 1648 avec le traité de Westphalie, le village est rattaché à la France et les Habsbourg dépossédés de leurs biens. Une cour colongère est un vaste domaine qui relève d'un propriétaire, qui rassemble en général de nombreux exploitants agricoles auxquels sont concédées des terres pour lesquelles ils doivent rendre des comptes aux gestionnaires.

sondersdorf-2.jpg

Élevage d'autruches et d'émeus à Sondersdorf

Si à Kiffis on rencontre des lamas, ici on rencontre de drôles d'oiseaux tout aussi curieux ...

Un élevage d'autruches a été crée en 1995 par l'achat de 4 reproducteurs et complété en 2000 par un couple d'émeus reproducteurs. Aujourd'hui environ 200 autruches et 50 émeus s'ébattent dans les prés à Sondersdorf. Un spectacle unique dont on ne se lasse pas.

Le verre gravé autour du cou, le groupe de Jean Claude démarre pour une balade d'environ 10 km avec 6 étapes de dégustation...

ci-après l'alléchant menu qui nous est proposé...

COCKTAL MARTINIQUE

BRETZEL

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DE L'ALAMBIC, CRÈME DE CAROTTES MAISON

ROSÉ

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SOURIRE DU LIMOUSIN EN ESTOUFFADE

SAUCE BOURGUIGNONNE

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CASSOLETTE DE LÉGUMES FRAIS

VIN DU SOLEIL

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CRÉMANT

SABLÉS

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PLANCHETTE DE FROMAGE DU PAYS

TOKAY – BORDEAUX

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CAFÉ

DOUCEUR DE CHEZ NOUS

VIN DOUX

Après 1 km 800, l'heure de l'apéritif à sonné...

sondersdorf-3.jpggsundheit !!

Après un bon cocktail et un délicieux bretzel la cloche sonne le départ, laissant la place au groupe suivant.

Une quarantaine de minutes plus tard, une bonne odeur de soupe flotte à travers la forêt et nous attire vers l'énorme chaudron, quatre charmantes jeunes filles nous offrent un verre de rosé...

sondersdorf-4.jpg

Aujourd'hui l'alambic est de service pour confectionner la délicieuse crème de carottes maison, on peut lire : pour votre peau mesdames et votre humeur messieurs, Daniel et sa clique vous le proclament « la crème de carottes est ce qu'il y a de mieux !! »

sondersdorf-5.jpg

les gourmands se délectent... de l'exquise crème de carottes

Avant de repartir vers d'autres délicatesses à travers la belle région des contreforts du Jura Alsacien, le tout savamment décoré aux couleurs chatoyantes de l'automne...

sondersdorf-6.jpg

sondersdorf-7.jpg

Quelques kilomètre plus tard, un cuisinier et sa charmante assistante... nous invitent à déjeuner.

Le gros chêne, situé sur la commune de Sondersdorf, sur le canton « Hocheiche » est un des arbres remarquables de la région du Sundgau. Voici ce qu'il nous raconte :

J'étais encore tout petit lorsque, en 1525 éclata la guerre des paysans. J'étais là également quand la peste et la guerre de Trente Ans ont dévasté toute la région. Plus tard j'ai échappé de justesse à l'abattage quand les forêts voisines furent exploitées pour la construction de vaisseaux de guerre de la marine royale puis impériale. En 1947, j'ai vu un violent incendie ravager cinq maisons du village. Ensuite ce fut la foudre, la sècheresse et la terrible tempête de 1999.

Le nez en l'air, les pieds sur terre, le gros chêne de Sondersdorf a échappé à tous les bûchers. Rescapé errant, il a traversé toutes les époques et dévoré toutes les superstitions. Il est le reflet d'une puissance qui le dépasse, profonde et mystérieuse. Il est un cri sans fin qui transperce les abîmes du temps...

Le déjeuner fut parfait, le sourire du Limousin en estouffade était, hum... on ne peut plus tendre. Le groupe suivant arrive, faut lever le camp car une distribution de crémant et petits gâteaux nous attend plus loin.

Ensuite c'est le tour de la pause fromages du pays accompagnés de Tokay ou de Bordeaux, au choix de chacun... nous avons parcouru environ 9 km et avalés un sacré menu, et ce n'est pas fini.

sondersdorf-8.jpgDans un écrin de verdure le fromage est servi

Le retour à Sondersdorf ne tarde pas, et c'est sous le grand chapiteau que se déroule la pause café et la dégustation de douceur pour finir la balade... gourmande, le terme est approprié en effet, et en musique s'il vous plait.

sondersdorf-9.jpgComme par le passé, plus de mille participants se sont élancés par vagues de gourmands, amoureux de la nature vers les différents arrêts de dégustation à travers bois et prés. La réussite va en grandissant, bravo aux organisateurs et aux nombreux bénévoles qui œuvrent pour la réussite de cette journée.

à la prochaine...

Marthe

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1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 11:26

Mercredi 27 octobre 2010

marbach-1.jpgéglise Saint Pantaléon de Gueberschwihr

8 heures à Gueberschwihr, nous saluons Simone, venue rejoindre le groupe des compagnons du mercredi.

Au pied des riches coteaux sous-vosgiens, au sud de Colmar, Gueberschwihr est un coquet village du vignoble alsacien riche en traditions et en coutumes, à l'image de son magnifique clocher du XII ème siècle, vestige de l'ancienne église romane. Cité médiévale pittoresque, Guebershwihr est un village caractéristique de la Route des Vins dAlsace. Nichée dans un écrin verdoyant, cette charmante bourgade qui a gardé son charme d'antan et son authenticité nous dévoile son riche patrimoine avec ses maisons à colombages avec encorbellements, porches sculptés, architecture remarquable, soutenue d'un fleurissement et d'un vignoble fait le bonheur des visiteurs. Dans ce pays de vignerons, tout vit au rythme des saisons et du vignoble admirablement exposé, doré de soleil, soigné avec amour depuis des générations.

Le départ est donné... la première grimpette nous réchauffe, la température fraîche du matin annonce une belle journée ensoleillée. En gravissant les rues, pavées, escarpées à souhait... je pensais que le jour de la grande fête du village, ces ruelles étaient ornées de multiples stands d'artisanat et comprenais mieux l'allusion faite dans un article sur Gueberschwihr de « Petit Montmartre ».

Direction la forêt de Gueberschwihr et ses magnifiques carrières, une joyeuse bande est en route.

En 1697, Louis XIV décide de protéger le village de Neuf-Brisach des Autrichiens qui ont pris pied dans la forteresse de Brisach. Vauban y réalise donc une véritable place forte à la demande du roi. Fin 1698 de nombreux militaires et paysans locaux sous la direction de Regemorte, son concepteur originaire de Hollande, on creuse le canal Vauban ou canal de Neuf-Brisach pour charrier les pierres qui viennent des carrières de Gueberschwihr et de Pfaffenheim. Il faut l'alimenter en eau par le biais d'un autre canal, puisant l'eau dans le Quatelbach à Ensisheim et l'emmenant jusqu'à Oberhergheim. Le canal Vauban va de Rouffach à Neuf-Brisach. Dès 1703 il est en partie comblé pour des raisons militaires, ailleurs il est utilisé pour irriguer les terres agricoles. Certains tronçons existent toujours. Le canal débutait au pied de la colline « Bill » à l'Est de le N 83 où se trouvait le port de chargement (aujourd'hui ce lieu-dit apparaît sous le vocable de « Schiffweier » (port). À proximité se situe une carrière de calcaire (aujourd'hui appelée Rochschtislöre) dont la pierre, selon sa qualité était utilisée comme pierre de taille ou de matériau de base pour élaborer la chaux. Une vingtaine de fours à chaux étaient alors en activité sur le site de la partie nord de la colline également exploitée. Le bois nécessaire à la construction de Neuf-Brisach fut fourni par la riche forêt de Pfaffenheim, pas assez cependant pour répondre à la demande, c'est ainsi que du bois a été exploité à Orschwihr et Bergholtz et acheminé sur Pfaffenheim par ce qui aujourd'hui encore s'appelle le « Holtzkanal ». 110 barges pouvant charger 30 tonnes de matériaux effectuèrent la navette, tirées par 3 hommes.

marbach-2.jpgdans les carrières de Gueberschwihr

Nous passons au-dessus du couvent Saint Marc l'un des plus anciens monastères du pays. Il remonte, sous le nom de « Sigismundzell », à l'époque mérovingienne. Une tradition fait remonter cette maison au temps de Dagobert sous l'invocation de Saint Sigismond. Au X ème siècle, vers 926, le couvent comme d'autres monastères de la région, fut ruiné par l'invasion des Hongrois, puis fut restauré en 1050 avec l'appui du Pape alsacien Léon IX. La nouvelle église fut ensuite placée sous le patronage de Saint Marc. Le Pape y établit les moines bénédictins et fit appeler ce vallon et son monastère du vocable de « Saint Marc ». Aujourd'hui on n'aperçoit plus rien des anciennes constructions. Entre 1360 et 1375 ce sont les grandes compagnies (troupes d'aventuriers qui, financées par les princes en temps de guerre, vivaient du pillage et de rançons en temps de paix ou de trêve) qui pillent le couvent. Ils font main basse sur toutes sortes d'objet précieux dont un reliquaire en argent contenant la fameuse « griffe du dragon » que Saint Hymer aurait rapportée d'un pèlerinage en Terre Sainte. Recrutées parmi les étrangers de toutes nationalités, surtout des Germaniques que le roi Édouard III d'Angleterre avait licenciés après le traité de Brétigny en 1360. Elles désolèrent la France du XIV ème siècle. Le couvent alors rattaché à l'abbaye de Saint Georges en Forêt Noire, transformé en prieuré est ensuite occupé par des religieuses bénédictines qui furent chassées pendant la guerre des paysans... aujourd'hui les bâtiments abritent les religieuses du couvent.

Le sentier débouche dans le superbe hameau d'Osenbuhr au milieu de la forêt profonde avant de replonger dans la forêt de Hattstatt, grimper au lieu-dit Bildstoeckle ( carrefour du château de Hattstatt en ruines) plonger au col de Marbach, contourner le Stauffen et arriver à l'abri de la Stauffenmatt pour le repas.

marbach-3.jpgÀ l'abri de la Stauffenmatt

Direction Voegtlinshoffen, autre village viticole qui possède sur son territoire les maigres vestiges de l'ancien prieuré de Marbach qui fit tant parler de lui lors de la querelle des Investitures...

marbach-4.jpg

L'abbaye de Marbach fut un ancien prieuré d'Alsace occupé depuis le XII ème siècle par des chanoines réguliers de Saint Augustin.

marbach-5.jpgLe porche de Marbach

L'abbaye de Marbach fut fondée en 1809 par le chevalier Burckard de Gueberschwihr ministériel fortuné, vassal de l'Église de Strasbourg. La légende rapporte que c'est au cours d'une partie de chasse, près du ruisseau du Marbach où il se reposait et s'endormit que Burckard fit un rêve : Jésus, la Sainte Vierge et Saint Augustin lui demandent de fonder un monastère à l'endroit même où il se trouve. À son réveil, il n'a plus qu'une idée en tête, entreprendre la construction d'un vaste bâtiment pouvant recevoir des moines. L'installation du bâtiment débute d'abord par la construction d'une petite chapelle dédiée à Saint-Augustin. Cette construction de forme carrée, à nef unique et abside semi-circulaire fut la première fondation.

L'ensemble sera terminé avec l'ample Narthex entre 1130 et 1140. L'église de l'abbaye fut consacrée à Saint Irénée, évêque-martyre et à Saint Augustin et à tous les saints. Burckard de Gueberschwihr engagea sa fortune personnelle, il fut encouragé par plusieurs familles de la noblesse alsacienne qui le gratifièrent d'importantes donations. La construction de l'abbaye de Marbah fut suffisamment avancée en 1094, pour que Burckard songe à y établir quelques conventuels ou franciscains. L'abbaye, monastère double, abritait également, au début de son existence des chanoinesses. Elles reçurent, en 1117, un terrain au fond du vallon de Wintzfelden et décidèrent d'y édifier un oratoire consacré à la Vierge. Elles quittèrent Marbach pour fonder, vers 1124, le Couvent de Schwartzenthann qui était situé au-dessus de Soultzmatt près du hameau de Wintzfelden. (voir à la fin du récit).

Cette célèbre abbaye de Marbach fut plus tard le centre de plusieurs autres établissements monastiques fondés dans le Haut-Rhin, en Allemagne et en Suisse. Située sur les hauteurs d'Obermorschwihr et de Voegtlinshoffen elle fut vendue en 1791 au cours de la Révolution Française. Le nouveau propriétaire fit pratiquement démolir entièrement les bâtiments de l'abbaye entre 1791 et 1806. Les deux tours de l'église sont démolies à leur tour en 1830. Seuls quelques vestiges subsistent encore de nos jours dont le narthex et la ferme.

marbach-6.jpgLe Narthex

Le Narthex échappera à la destruction en servant successivement d'auberge, puis de quarantaine après la construction du préventorium. Dans l'art roman, le Narthex ou Paradis ou encore Galilée, est un vestibule ouvert situé à l'entrée de la nef. Il était réservé aux catéchumènes (non baptisés) qui n'avaient pas accès à l'église. Il servait aussi d'abri à la dernière station des processions régulièrement effectuées par la communauté. À partir du XIII ème siècle, les Narthex seront peu à peu remplacés par un porche largement ouvert vers l'extérieur. Érigé en 1140 et partiellement démoli lors de la Révolution, le Narthex de Marbach a pu être restauré et consolidé grâce aux travaux financés sur les fonds publics entre 1986 et 1993. Cette vaste construction présente une remarquable série de trois arcades de pur style roman.

marbach-7.jpg

La ferme de Marbach

La ferme (der Bauernhof), champs et vergers couvraient le domaine de Marbach durant les siècles derniers. La ferme subsiste et abrite aujourd'hui des ateliers qui sont utilisés par des équipes de jeunes qui assurent entre autres l'entretien du parc. Il ne reste malheureusement aucune trace des anciennes dépendances de l'abbaye comme moulin à grains et moulin à huile alimentés par le ruisseau du Marbach dont on réglait le débit à partir de l'étang de Bumatt.

Le mur d'enceinte, d'une longueur de plus d'un kilomètre a nécessité cinq années de travaux à la fin du XV ème siècle. C'est le seul vestige de ce type en Alsace, et à ce titre classé monument historique.

Bâtiment Auguste Biecheler, en 1925, l'avant garde du Rhin, sous l'impulsion de son président Auguste Biecheler, acquiert le domaine de l'ancienne abbaye de Marbach en ruine. Il fait entreprendre des travaux pour y développer un centre de vacances qui deviendra rapidement un préventorium destiné à soigner des enfants susceptibles de développer la tuberculose. C'est ainsi que plusieurs milliers d'enfants âgés de 6 à 14 ans venus de la France entière vont bénéficier d'un séjour réparateur, encadrés par des religieux de l'ordre de Saint Camille de Lellis et des sœurs de Saint Marc. Après la Seconde Guerre Mondiale, les progrès de la médecine permettent la régression de la maladie et en 1968, le bâtiment est aménagé pour devenir un établissement accueillant des enfants en difficultés (IME-IMPRO).

Le retour à Gueberschwihr passe à travers la forêt de Hattstatt.

marbach-8.jpgGueberschwihr

Gueberschwihr a dû être doté assez tôt d'un lieu de culte chrétien, c'est ce que suggère l'antiquité du cimetière établi autour de l'ancienne église romane et qui recèle des sarcophages de l'époque mérovingienne et franque.

De l'église Saint Pantaléon ne subsiste que le clocher, particulièrement beau. Le reste de l'église est néo-romane du XIX ème siècle. Le clocher en grès rose, haut de 36 mètres est orné de fenêtres géminées. Entre autres trésors on peut admirer les nombreuses peintures, le chemin de croix, la chaire et les tableaux en bois sculptés et peints au fond de l'église. Dans le bras est du transept se trouve le reliquaire de Sainte Charitine (la gracieuse) dont le corps fut découvert dans les catacombes de Saint Basile à Rome en 1845, don de l'abbé J.B. Keller natif du village qui était présent lors des fouilles. Il a fait façonner un corps et habiller la relique en remettant les ossements à un cirier. Charitine est un nom d'origine grecque que l'on pourrait traduire par « la gracieuse, la charmante »

marbach-9.jpgreliquaire de Sainte Charitine

À l'extérieur de l'église, des sarcophages du VIIIè siècle... Lors de la reconstruction de l'église au XIX ème siècle, des sarcophages qui étaient enfouis dans un ancien cimetière ont été exhumés. Ces sarcophages datent de l'époque mérovingienne et témoignent de la présence d'un ancien sanctuaire dès le haut Moyen-Âge à côté d'une source sous l'actuelle église. Certains sarcophages sont exposés au musée d'Unterlinden de Colmar, d'autres sont visibles derrière le clocher de l'église Saint Pantaléon à Gueberschwihr.

marbach-10.jpgSarcophages

Avant de clore cette journée, juste quelques mots sur le couvent de Schwartzenthann qui était situé près du hameau de Wintzfelden. Le couvent connut son apogée en 1154 avec la réalisation du célèbre codex Guta-Sintram, calligraphié par la chanoinesse Guta de Schwartzenthann et enluminé par le chanoine saint Augustin Sintram de Marbach. En 1154, tous deux achevèrent cet ouvrage prestigieux pour le dédier à la sainte Vierge. L'atelier d'enluminure du couvent produisit également plusieurs manuscrits, conservés dans divers musées européens. En 1298, le couvent fut dévasté par les troupes du comte de Ferrette et le déclin du couvent se confirma dès la fin du XIV ème siècle, accéléré par l'abbé de Marbach qui le vida de ses occupantes. De nouveau partiellement occupé, le couvent fut à nouveau saccagé par les paysans en 1525, les dernières sœurs quittèrent Schwartzenthann en 1531. Les ruines servirent de carrière aux habitants du lieu jusqu'au XVIII ème siècle. Ces ruines furent retrouvées accidentellement en 1969, en particulier un sarcophage roman et des dalles funéraires qui ont été mis à l'abri dans le lapidarium, élevé à côté de l'église de Wintzfelden.

Joyau de l'enluminure romane : le codex Guta-Sintram, est l'un des manuscrits les plus précieux d'Alsace qui, compte tenu de son âge, du décor roman extraordinaire et de son contenu, appartient aux trésors culturels d'envergure en Europe. Le manuscrit occupe une place particulière du fait que nous connaissions et le scribe et l'enlumineur chargés de sa réalisation ainsi que de la date et le lieu de son achèvement.

à bientôt pour d'autres découvertes.

 

Marthe et les compagnons

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31 octobre 2010 7 31 /10 /octobre /2010 10:11

Mercredi 20 octobre 2010

CHÂTEAU MÉDIÉVAL à vendre... cette annonce fait l'effet d'une douche froide ou d'une bombe, comme vous voudrez... pour les amoureux de ces vieille pierres que nous arpentons depuis notre plus tendre enfance… FERRETTE !! le symbole de la cité des Comtes, classé au patrimoine des monuments historiques depuis 1930, est à vendre... impossible de vous parler du Sundgau sans vous faire part de cette nouvelle.

glaserberg-1.jpgLe château de Ferrette lors des fêtes médiévales le 27 juin 2010

Chaque année nous foulons ces vieilles ruines… ce château fait partie de notre histoire… une question est sur nos lèvres... pourrons nous continuer à profiter de ce rendez-vous de l'histoire du Sundgau lorsqu'il sera vendu ???? Ferrette, ancienne capitale du comté du Sundgau est une petite ville enchâssée dans sa cluse de calcaire. On déambule dans la ville basse autour de l'église Saint Bernard de Menthon, on grimpe vers la ville haute par la ruelle médiévale, on visite les deux châteaux et on pousse jusqu'aux Loechlefelsen... sans oublier la célèbre Grotte des Nains ! Ferrette sans ses châteaux ne sera plus jamais la même ! En Alsace, c'est bien connu, les seules montagnes sont les Vosges... sauf que Ferrette, niche à 500 m d'altitude (plus haut que Schirmeck ou Wangenbourg) et que le Glaserberg est à plus de 800 m alt. qui plus est dans le Jura ! Quand on vous dit que le Sundgauvien n'est pas un Alsacien comme un autre...

Après ce petit message je vous emmène pour la randonnée au Glaserberg avec départ de Lutter.

Coquet petit village dans le Sundgau,Lutter.

glaserberg-2.jpgDes martiens ?? non non il pleut tout simplement au départ à Lutter...

Direction la forêt de Lutter, très vite la pluie cesse. Dépassant l'oratoire nous arrivons devant Kiffis.

glaserberg-3.jpgL'oratoire au pied du Blauenberg

Kiffis est situé à 575 m d'altitude sur le flanc du Blochmont. Son finage s'étire sur près de 7 km de longueur entre, au sud la Lucelle qui emprunte le fond d'un synclinal et, au nord, les crêtes du Glaserberg (810 m) Blauenberg, sommet d'un anticlinal. La présence de couches calcaires diaclasées explique l'existence de grottes dans cette région. La grotte du Saalhof, située à 200 m au sud des fermes du même nom, longue de 32 mètres, est le résultat du travail d'un cours d'eau souterrain. Les gouffres du Fluhberg dont la profondeur varie entre 2 et 30 mètres, occupent l'emplacement de diaclases verticales.

glaserberg-4.jpgÉglise Saint Pierre et Paul à Kiffis

Nous laissons sur notre gauche le petit village de Kiffis, dont les flancs tombent dans la Lucelle, charmante rivière serpentant entre la France et La Suisse. Les crêtes calcaires du Jura Alsacien gardent dans leurs nombreux sentiers, la mémoire des histoires contrebandières.

Direction le Blochmont. Le château du Blochmont doit son nom à sa situation sur un des points culminants du Blauenberg (Blaumont, Blochmont). Ce château occupait une croupe rocheuse sur le sommet de la montagne, à proximité d'une voie importante qui, venant de Ferrette, passait par le col du Blochmont pour descendre dans la vallée de la Lucelle. Les Romains y avaient établi un castellum comme l'atteste les monnaies trouvées dans les environs. Le château est mentionné une première fois en 1271. Comme bon nombre d'autres castels, le Blochmont est sérieusement endommagé par le tremblement de terre qui dévasta la région en octobre 1356. De nos jours, il ne subsiste que de maigres vestiges du Blochmont se résumant à un pan de mur... ce qui rend la lisibilité du plan du château très difficile. Le site, à 680 m d'altitude est entouré par un profond fossé taillé dans la roche. Par la suite le château servit de carrière de pierres pour la construction de la ferme du même nom située en contre-bas.

Direction Steinerhof, puis Hornihof. À lui seul, le Hornihof vaut le détour... parcs animaliers, troupeaux de lamas sur les pâturages... l'élevage « La Montagne Bleue » se situe au lieu-dit « Hornihof » sur le versant sud de la colline du Jura Alsacien, appelé aujourd'hui « Glaserberg » ou le « Mont des Verriers ». Deux kilomètres de chemin forestier relient la route principale à la ferme, agréable promenade dans un paysage pittoresque.

Aujourd'hui on parle de « Montagne Bleue » cette appellation dérive du nom du sommet jurassien « Blochmont » 788 m alt., situé à côté de la colline « Blauenberg ». Dans toute la région se trouvent divers "Blauen", car cette désignation s'est probablement transmise pour les sommets qui servaient de points de repère définissant les positions de la lune dans un système de calendrier néolithique. Le terme "Blauen" proviendrait de "Belana", le nom d'une Déesse Mère de l'âge de pierre, à laquelle étaient consacrées ces cimes.

Arrivés devant le Hornihof, de magnifiques chiens (heureusement derrière un grillage) nous font comprendre que nous foulons une propriété privée, et pas n'importe laquelle... nous entrons dans un domaine particulier… un élevage de lamas et de Bergers d'Asie Centrale.

glaserberg-5.jpg

Sur le chemin longeant le domaine du Hornihof un drôle d'engin, conduit par un digne sosie du Père Noël, passe tout près du groupe, emmène une de nos marcheuses sur son véhicule afin de lui éviter les énormes flaques d'eau... rêvons nous ?? mais non c'est bien réel. Noël n'étant pas bien loin, Papa Noël, serait-il déjà descendu sur terre ??

Un peu plus loin, le véhicule garé au bord d'un pâturage nous incite à entrer dans l'enclos rejoindre le propriétaire entouré d'un troupeau de lamas... ouf nous retrouvons également notre amie ! Jalousement protégé, la visite du domaine se mérite.

Ronald Guldenshuh, l'heureux propriétaire de l'endroit éclaire notre lanterne... depuis 1991, il consacre son temps à l'élevage de lamas et de chiens protecteurs de troupeaux dans sa ferme du Hornihof, en pleine nature. C'est lors de voyages au Chili, en Argentine et au Pérou qu'il importa les lamas. La plus grande partie du troupeau descend des deux premières importations du Chili en 1991 et 1994. Entre temps des lignées argentines et nord-américaines s'y sont rajoutées. Blanc, crème fauve, charbonnée, paille, roux, brun, gris-brun, gris et noir, bringé, pie et tacheté, le lama c'est un peu comme la haute couture, tous les goûts sont présents. (sources sur internet sur divers sites consacrés à l'élevage de la Montagne Bleue dans le Sundgau).

Une bouille bien sympathique, ces lamas. Le lama est un animal surprenant, fascinant et attendrissant. L'éleveur procède au travail de dressage afin de donner entière satisfaction à son nouveau propriétaire.

Le lama, avec l'alpaga, la vigogne et le guanaco, font partie de la même famille que le chameau et le dromadaire, les camélidés, il est adapté à l'altitude. Au tempérament curieux, il s'approche de nous, nous observe avec ses grands yeux bordés de longs cils. Une attitude un peu nonchalante, empreinte d'une grande noblesse. Sa robe de laine soyeuse, finement ondulée, avec une grande variété de couleurs reflète une grande beauté. Animal peu présent dans notre région, il gagne à être connu du grand public. Un rapide rappel historique nous montrera que les lamas ont énormément souffert sous les conquistadors qui ont été la cause d'un effondrement des effectifs.

glaserberg-6.jpgLes femelles et leur petit

Originaires des Andes, les lamas (lama glama) sont des camélidés, comme il en existe quatre espèces, originaires d'Amérique du Sud. Alpagas et lamas sont domestiqués depuis 7 à 8000 ans. Indispensables aux peuples Indiens des Andes, les lamas jouent un rôle important dans les rituels et la mythologie indigène.

Histoire ou légende: l'empire Inca n'est pas loin avec le lama, animal indissociable des civilisations Andines, utile au portage, fournissant sa laine, sa viande, ses os pour l'artisanat et, même ses crottes comme combustible. L'élevage des lamas était régi très sévèrement par l'Inca. Les lamas étaient impliqués aussi dans l'univers sacré civilisations Andines, malheureusement ils participaient en victimes aux rituels de sacrifice.

Mais ce n'est pas tout… Ronald Guldenschuh,d'abord éleveur de chiens Montagnes des Pyrénées, se consacre, depuis 1993 aux chiens Bergers d'Asie Centrale avec spécialisation dans les lignées afghanes et tadjiques. Les Bergers d'Asie Centrale sont d'un tempérament remarquablement serein et équilibré envers leurs proches bien qu'étant d'une rapidité impressionnante. Chiens précieux par leurs qualités, les Bergers d'Asie Centrale font partie des races canines les plus anciennes. Leur région d'origine est immense. Les chiens les plus originels et les plus aptes au travail viennent d'Afganistan du Tadjkistan et du Turkménistan. Protecteurs de troupeaux, ils savent défendre et prendre des initiatives. Intelligents et indépendants, ils ont malgré tout besoin d'autorité et d'affection. Le dressage est déterminant pour le futur caractère du chiot. Au domaine du Hornihof, dès qu'ils commencent à explorer un territoire un peu plus vaste, vers six à huit semaines, les chiots sont en contact direct avec les lamas et chevaux de l'élevage. Une visite au Hornihof vous fera découvrir un domaine hors du commun, ça vaut le détour comme on dit sur les guides touristiques...

Pour nous il est largement l'heure de rejoindre notre point repas, le col du Neuneich. Un petit abri est installé sur le site d'une ancienne ferme dont les vestiges du puits sont encore visibles. Le nom de » Neuneich » fait référence à l'alignement de neuf chênes qui se trouvait autrefois près de la ferme, cette dernière, jugée non rentable fut rasée et remplacée par une forêt.

glaserberg-7.jpgUne pluie fine se met à tomber au départ de l'abri

Un peu d'histoire : avant la Révolution, la forêt de Saint Pierre appartenait à la célèbre abbaye de Lucelle, fondée en 1123 par Saint Bernard, l'illustre moine cistercien de Clairvaux. À la Révolution en 1789, les moines durent s'enfuir et les biens de l'abbaye furent confisqués par l'État, la forêt de Saint Pierre qui ne comprenait alors que quelques 340 ha devint domaniale. Les fermes du Grand et Petit Kohlberg furent réunies à la forêt entre 1889 et 1903, mais en raison de leur vocation agricole manifeste, elles ne furent pas boisées, elles seront détachées de la forêt en 1956. La ferme du Neuneich, également appelée Neuhof comprenait, en 1857, une maison d'habitation avec puits, grange, écurie, jardin potager et verger, prés, champs et pâturages, le tout d'un seul tenant sur une surface de 62 ha. On y trouvait sans doute aussi un alignement de neuf chênes, ce qui constitue un élément paysager caractéristique dans la région. Plusieurs familles se sont succédées sur la métairie et quelques personnes y sont même nées... l'acte de baptême le plus ancien remonte à 1696.

Pour le retour nous nous trouvons sur l'autre versant des pâturages du Hornihof où se trouve un autre troupeau de lamas. Ce n'est pas courant de voir tant de lamas…

glaserberg-8.jpgun des troupeaux de lamas du Hornihof au pied du Glaserberg

Une forte descente dans les cailloux retient toute notre attention... jusqu'au blockhaus, le soleil est revenu ce qui nous permettra de finir la rando presque secs…

glaserberg-9.jpgdans la forêt de Lutter

L'oratoire Saint Joseph dépassé, nous sortons de la forêt vers la scierie et rejoignons la place de l'église.

Marthe et les compagnons  avec Eliott.

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