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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 09:15

Mercredi 26 janvier 2011

 

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Monument du 152ème Régiment d'Infanterie. Cette œuvre impressionnante est due au sculpteur V.Antoine. On y lit les titres de gloire du régiment « Aux Vaillants du 15-2 tombés en Alsace » « Vallée de Munster 1914-1915 Hartmannswilerkopf » « Steinbach 1914-1915 Metzeral ». Le terre-plein, devant le monument, est bordé de fougasses reliées par des chaînes.

 

Le massif des Vosges est le théâtre ancien d'une riche et parfois douloureuse histoire qui a, au fil des siècles, façonné son relief et fondé son identité !!

Symbole fort du massif envisagé comme enjeu stratégique, la situation des Vosges pendant les deux guerres mondiales illustre la façon dont la montagne s'est vu infliger les plaies douloureuses de l'histoire...

 

Départ : Wattwiller... le fief de Wattwiller ( Wattonvilare) est mentionné dès 735 dans une donation du comte Eberhard en faveur de l'abbaye de Murbach. Momentanément incorporée dans le domaine impérial, la ville fut réintégrée dans la principauté de Murbach en 1259, dans laquelle elle restera jusqu'à la Révolution Française. Elle obtint des chartes municipales en 1270 et un marché en 1464. Seconde ville de la principauté de Murbach, Wattwiller est chef-lieu d'un bailliage jusqu'à la Révolution. Dans la seconde moitié du XIII ème siècle le village est érigé en ville fortifiée. Ravagée par les troupes anglaises d'Enguerrand de Coucy en 1375, par les Armagnacs en 1444 et occupée par les Suisses en 1468. À l'époque du soulèvement des paysans en 1525, elle fut assiégée par les rustauds venus du Sundgau, assaut que les habitants repoussèrent avec l'aide des défenseurs du Hirtzenstein également menacé...

 

Que de châteaux... aux alentours !! La ville est stratégiquement importante puisqu'un chapelet de châteaux-forts l'entoure, Herrenfluh, Freundstein et Hirtzenstein en montagne... Weckenthal, Ollwiller et quelques autres en plaine. À Wattwiller même, Charles-Laurent Salch signale l'existence d'une motte appelée « castellum Wattwilre » aux mains des ministériels de Murbach à la fin du XIIIème siècle et occupée, voire détruite par les Armagnacs en 1444 et par les Suisses en 1467.

Wattwiller devint française en 1680 suite au rattachement à la France de l'abbaye de Murbach. Après la révolution de 1789, elle perd peu à peu son statut de ville et les fortifications sont démantelées durant le règne de Napoléon-Bonaparte. En 1871, l'Alsace est rattachée à l'Empire allemand et le restera jusqu'en 1918 (traité de Versailles).

 

L'eau de Wattwiller. Son origine est lointaine, connue et reconnue depuis l'époque romaine, l'eau minérale de Wattwiller naît dans le Parc naturel régional des Ballons des Vosges, loin de toute activité agricole et industrielle. Son jaillissement naturel et une épaisse couche d'argile la préservent de tout contact avec les eaux de surface donc pure et vierge de tout nitrate. Fournie par trois sources dont l'une sensiblement chaude qui se trouvent à une centaine de pas du centre du village. Au cours de l'histoire, ce sont d’abord les princes-abbés de Murbach qui ont exploité l'eau sous forme de bains, puis par la ville elle même entre 1522 et 1712. Le véritable essor commença en 1760 avec l'agrandissement et la rénovation de l'établissement balnéaire et une première analyse des eaux minérales. Changeant plusieurs fois de propriétaire par la suite, l'établissement connaîtra, à partir de 1866, une nouvelle période de prospérité qui durera avec des fortunes diverses jusqu'en 1914. On complétera l'ensemble par un hôtel et trois villas (Beauséjour, Bonrepos et Bellevue). La destruction quasi totale du village et des lieux de villégiature pendant les combats de 1914-18 mit un terme à l'exploitation balnéaire. À partir des années 1920 et jusqu'en 1975, une usine d'embouteillage fonctionna dans le haut du village et commercialisa l'eau des sources « Arsène et Lithinée » sous le nom de « Lithia ». Le groupe multinational « Spadel » reprend cette activité en 1993 dans une nouvelle usine d'embouteillage moderne et commercialise maintenant l'eau en différentes présentations sous le label « Wattwiller ».


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Située au pied du champ de bataille du Hartmannswillerkopf, Wattwiller sert de base stratégique à l'armée allemande pendant toute la durée des hostilités ce que confirment les abris allemands dès la sortie du village. Pendant la Première Guerre Mondiale, le Hartmannswillerkopf, éperon rocheux dominant la plaine d'Alsace au sud des Vosges, occupait une position stratégique. Des régiments venus de toute la France, en particulier les Chasseurs et les Diables rouges du régiment de Colmar, s'y sont battus pendant quatre ans pour reconquérir l'Alsace.


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La fontaine Auguste Kauffmann sur les hauteurs de Wattwiller

 

Viennent le Felseneck, le Bastion Beskid, Adlerhorst, Veilchenstein, Doppelkopf pour déboucher après une grimpette au sommet du HWK.


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montée au sommet


Une montée sportive par le Doppelkopf mène au sommet… qui se présente comme un dédale de tranchées, de sapes et de boyaux reliant des points d'appui fortifiés. On peut y voir des abris, des observatoires, des postes de mitrailleuse et des emplacements de Minenwerfer (lanceur de mines). Penser que les lignes françaises se situaient à quelques mètres des lignes allemandes procurent des sensations étranges… Des frissons parcourent les visiteurs dans cette zone…

 

Au début de la guerre, le Hartmmanswillerkopf n'a pas véritablement attiré l'attention des stratèges… Le sommet de la montagne est un magnifique observatoire sur la plaine d'Alsace, c'est pourquoi, les troupes françaises puis allemandes en occupent les contreforts à la fin de 1914. Il fallait conquérir le sommet, les hostilités commencent le 30 décembre 1914. Malgré les conditions climatiques extrêmement difficiles, es batailles font rage. En janvier 1915, les Allemands sortent vainqueurs des affrontements. Au printemps, le commandement français lance une attaque vigoureuse et bien imaginée et en quelques heures, conquiert les positions allemandes.


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Les tranchées sous la neige ….


Cependant, les Chasseurs Alpins et les troupes d'infanterie sont épuisés, les soldats allemands n'ont guère de difficulté à reprendre leurs positions, au cours d'une bataille meurtrière infligeant de sévères pertes au 152 ème Régiment d'Infanterie. Au cours de l'été 1915, toutes les positions sont consolidées, des souterrains sont creusés de part en part du sommet. Le commandement français veut empêcher ces flux et reflux permanents. Une grande attaque est lancée le 21 décembre 1915. Un déluge de feu et d'acier s'abat sur la montagne, les Allemands sont submergés. Ils organisent une contre-offensive dès le lendemain au cours de laquelle, le glorieux 15-2 est décimé. Chaque régiment revient quasiment à sa position de départ. Durant trois années encore, les bombardements et les coups de mains à la grenade vont secouer la montagne.

 

Le 11 Novembre 1918,les clairons sonnent le cessez-le-feu. Les hommes sortent des tranchées, ébahis, le cœur battant d'un fol espoir, en regardant les lignes adverses. Ils se tenaient droits et immobiles... la Paix, enfin.

 

Divers monuments ont été érigés à la gloire des régiments qui ont combattu sur ce champ de bataille. Les pilleurs et les ferrailleurs sont arrivés… Le silence est retombé sur le Hartmannswillerkopf, la nature a repris ses droits.


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Le cimetière national du Silberloch

 

Dans le prolongement du monument National et la Crypte surmontée d'un grand parvis dominé par l'Autel de la Patrie s'étend le Cimetière National français inauguré le 1er octobre 1922. 1272 soldats reposent dans des tombes individuelles et 378 dans 6 fosses communes. D'autres cimetières militaires se trouvent à Cernay, Moosch et Guebwiller. La plupart des soldats allemands ont été inhummés à Guebwiller et à Cernay après l'Armistice. L'emplacement du grand cimetière, ainsi que celui du monument étaient, avant les dévastations de la guerre, occupés par la forêt. (sources puisées dans « Les Amis du Hartmannswilerkopf 2006). »

 

En pleine forêt, un cimetière hors du commun… le cimetière des Uhlans qui se trouve à la limite des bans de Wattwiller et de Hartmannswiller et conserve des stèles en pierres taillées marquant l'emplacement des tombes des soldats exhumés après la guerre. Il doit son nom à la dizaine de Uhlans, cavaliers allemands équipés de longues lances qui y ont été enterrés en avril 1915. On y enterra aussi d'autres soldats allemands, comme en témoignent des stèles qui mentionnent le 56ème L.I.R. (Landwehr Infanterie Regiment) et le 4ème Garde-Jäger Batallion.

 

Mais qu'est ce donc qu'un Uhlan ?? le mot uhlan vient du tartare Oglan qui signifie « brave guerrier ». Les Uhlans étaient à l'origine des cavaliers légers polonais armés de lances, d'épées et de carabines. Des corps de Uhlans furent incorporés dans les années 1780 aux armées de Prusse et d'Autriche par le commandant Hotz. Les premiers régiments de Uhlans ont été créés au XVIIIème siècle. Au XIXème siècle nombre de régiments de Uhlans ont été mis sur pied par le duché de Varsovie. Au début de la Première Guerre Mondiale, l'armée allemande alignait 26 régiments de Uhlans : 3 régiments de la Garde, 21 régiments de ligne (16 prussiens, 2 wurtemburgeois et 3 saxons) ainsi que 2 régiments de l'armée bavaroise autonome. Après avoir servi comme cavalerie aux premiers mois de la guerre, les régiments de Uhlans ont servi comme fantassins dans les tranchées ou ont été transférés sur le Front Est où les conditions plus primitives permettaient à la cavalerie de jouer un rôle décisif. Les 26 régiments de Uhlans ont été dissous en 1918-1919.


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Aujourd'hui le trajet ne passe pas devant le cimetière des Uhlans… dans une courbe plus bas apparaît une stèle commémorant les morts de la brigade des Uhlans Jaunes tombés en avril 1915 (Gelben Ulanen Brigade 5/UL15).

 

Un rocher quartzitique (proximité de la faille vosgienne) émerge telle une forteresse sur un lieu nommé Hirtzenstein. Lieu emblématique et historique situé sur un épaulement de la pente sud-est du Molkenrain et dominant le village de Wattwiller de ses quelques 570 m. Les princes-abbés de Murbach en profitèrent pour y ériger un château fort (1265) qui fut donné en fief aux nobles de Wattwiller à partir de 1358. Assiégé à plusieurs reprises, d'abord par les Suisses en 1468, puis par les rustauds en 1525, il ne résista cependant pas à la furie destructrice de la guerre de trente ans. Pendant les affrontements de la Première Guerre Mondiale, les Allemands y installent un poste d'observation et creusent des galeries dans le rocher. Du château, il ne subsiste actuellement que la base d'un mur et un fossé. Après les hostilités, les lieux retrouvent une vocation plus paisible avec la construction d'une auberge, sur l'emplacement d'une ancienne bergerie, semble-t-il, dans la clairière située en arrière du rocher.

 

S'y ajoutent d'autres bâtiments pour permettre l'accueil de vacanciers de différentes entreprises, des séminaires et autres manifestations. Cette « Maison familiale de vacances » cesse cependant ses activités en 1995. L'ensemble du site fait désormais partie du « Domaine des Sources ».

 

Retour à Wattwiller… fermons la page historique… et revenons à un moment fort convivial que nous allons vivre grâce à nos hôtes Michèle et Gérard autour d'une bonne raclette !!


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BON APPÉTIT LES COMPAGNONS…

 

Ce fut un merveilleux moment !! merci à Michèle et Gérard !!  et pour finir le repas, nous passons à l'élection de la reine des compagnons 2011 avec un délicieux gâteau en guise de galette des rois.


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Moment solennel, le couronnement de notre nouvelle reine : Simone Première reine des compagnons du mercredi 2011 !!  vive la Reine Simone 1ère


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les compagnons du mercredi !!

 

Avant de prendre congé de nos hôtes… j'ai une respectueuse pensée pour Katia (1942) et Maurice Krafft (1946) les enfants du pays, célèbres géochimistes et volcanologues français. Réunis par une même passion, celle des volcans du monde entier, ils possédaient une maison à Wattwiller pour y séjourner entre deux expéditions et y accumuler une énorme quantité de photos, films, collections pétrographiques et iconographiques relatives aux volcans. Ils succombent ensemble, le 3 juin 1991 dans la fournaise d'une nuée ardente pendant l'éruption du mont Unzen au Japon. En souvenir de leurs attaches avec la commune, la salle polyvalente du village de Wattwiller porte désormais leur nom. (sources tirées du site de la commune)

Après cette superbe journée, les compagnons vous attendent pour d'autres aventures…


Marthe

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24 janvier 2011 1 24 /01 /janvier /2011 11:28

Mercredi 19 janvier 2011

 

Moosch départ 8h30. Cette charmante bourgade, nichée dans la vallée de Saint-Amarin, est le départ de multiples randonnées… toujours aussi belles !! Souvenez-vous des paroles de Louis XIV lorsqu'il découvrit l'Alsace « quel magnifique jardin » se serait-il écrié… Mais n'oublions pas, nous ne disposons pas d'un tel patrimoine, nous n'en sommes que les dépositaires pour les générations futures, alors préservons la nature, elle nous le rend bien !!


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Mairie de Moosch au départ


Départ de l'église de Moosch. Moosch charmant village de la vallée de la Thur dominé par les massifs du Rossberg et du Grand Ballon. Cette commune entre dans l'histoire en 1335 et doit son expansion aux mines d'argent et de cuivre exploitées depuis 1508, reprises en 1715 après l'interruption due à la guerre de Trente Ans, elles furent définitivement abandonnées en 1912. Localité faisant partie du territoire de l'abbaye de Murbach jusqu'à la Révolution. Son église est dédiée à Saint Augustin. Le général Marcel Serret, tué le 6 janvier 1916 au Vieil Armand repose dans cette commune. Moosch tire son nom d'un mot germanique «Moos» signifiant marais. L'altitude est comprise entre 375 et 1190 m, avec le point culminant au Rossberg.

 

Si le mois de décembre était hivernal !! froid et neige lors des balades en montagnes... janvier est d'une étonnante douceur et, si les raquettes sont au repos, il est judicieux de ne pas oublier les griffes, certains sentiers verglacés sont impraticables sans elles et nécessitent un détour.

 

La montée le long du Waldrunz qui déverse ses eaux tumultueuses dans la vallée est une parfaite mise en jambes… avant d'emprunter le chemin forestier qui grimpe au col du Dreimarkstein.

 

À l'endroit des Grubenmatten, à proximité des cascades, on peut prendre connaissance d'une légende de Moosch :

 

«Les croyances liées aux sources et aux cascades ont souvent trait à la fertilité. Ainsi en témoigne celle du Bubalafels (rocher aux bébés) que l'on évoquait à propos de plusieurs sites de la vallée. Cette légende connait différentes variantes locales. À Moosch, on racontait aux enfants que l'on cherchait les bébés au Bubalafels, un rocher situé à proximité de la cascade. Les couples qui attendaient un heureux événement devaient frapper le rocher à l'aide d'une baguette de saule, puis ils tendaient l'oreille. Si l'enfant était prêt, ses cris ne tardaient pas à se faire entendre. Les parents descendaient ensuite au village, chargés de leur bébé. On disait également que la cascade possédait une vertu un peu magique. Son eau limpide aiguisait l'amour des jeunes couples et leur assurait une prolifique descendance.» tel que nous le conte un panneau au début du sentier de la cascade du Bubalafels sur les hauteurs de Moosch.

 

Une montée régulière mène à l'abri de la Mésange puis au col du Dreimarkstein. Un abri face à l'oratoire dédié à Notre Dame des Trois Bornes offre un repos aux randonneurs avant de continuer de grimper sur un agréable sentier à travers forêt vers le Belacker.


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Notre Dame des Trois Bornes au Dreimakstein

 

La chaume du Belacker fut mentionnée pour la première fois en 1550 sous le nom de Boler, puis Bohlacker puis Behlacker (1732) puis Belacker (1789). Il fut un lieu animé avec de nombreuses fêtes champêtres. La végétation du Belacker se présente sous forme de prairies de fauche, de pâturages extensifs et de landes.


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Le Belacker


Pour rejoindre les Vogelsteine (1165 m), promontoires rocheux d'origine volcanique,il faut compter avec un raidillon, mais cela en vaut vraiment la peine. Ces légendaires rochers hérissent l'extrémité du Roosberg comme des dents de scie. De tout temps ces rochers impressionnent les montagnards, ils sont cités dès 1567 sous le nom de Vogelsteine ou même Falkensteine, comme s'ils appartenaient aux faucons…

 

Arrivés au sommet des Vogelsteine… une surprise attend la joyeuse troupe… impossible de rejoindre directement le Gsang, le sentier est recouvert d'un miroir de glace, impraticable, voire dangereux pour ceux qui n'ont pas chaussé les griffes. Pas de panique, il suffit de continuer direction le Rossberg.


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Un rapide coup d'œil au Grand Ballon


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direction Rossberg


Le mot Rossberg fait allusion aux chevaux sauvages qui y vécurent jusqu'au XVIème siècle (Ross = chevaux en allemand). Le Rossberg est une vaste zone de pâture où l'on rencontre bovins et chevaux en saison. Leurs silhouettes se découpent alors dans le paysage jusqu'au sommet. Trois fermes existaient en ces lieux, l'Obere Rossberg, l'Untere Rossberg et le Mittlere Rossberg ; seule une dernière subsiste et maintient une activité agricole. Avec l'arrivée des skieurs, en 1906, sur les pentes du Rossberg, la construction de refuges s'avérait nécessaire et dans les années cinquante, un téléski fut construit à proximité.


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Le Gsang

 

Après le Gsang, il reste à descendre au superbe Holzhauer Hittel vum Blaufels pour enfin poser les sacs et profiter d'une pause repas bien méritée… il est plus de 13 heures et les estomacs crient famine !!


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Repus, reposés et toujours souriants… les compagnons du mercredi sont prêts à affronter la descente à Moosch.


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De retour dans la vallée, on découvre l'autre côté du portail de la Mairie... il fallait lire, ce matin, au départ BIEN VENUE…


et moi je vous dis à bientôt...

Marthe

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20 janvier 2011 4 20 /01 /janvier /2011 11:39

Mercredi 12 janvier 2011

 

8H30 rendez-vous à Cernay, dans la cité des Cigognes au pied des Vosges… la cigogne, symbole de l'Alsace, est aussi celui de Cernay par excellence.


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Porte de Thann à Cernay

 

On trouve le village, répertorié sous le nom de « Sennenheim » dans les archives du monastère de Feldbach et ce, dès 1145. Le bourg fut fortifié en 1268. Il faisait partie du comté de Ferrette et Colmar, avant de passer aux Habsburg en 1324. La forte industrialisation du début du 19ème siècle était essentiellement due au développement de l'industrie textile.

 

À l'aube de l'histoire… selon J.J.Hatt et C.Oberreiner, l'Ochsenfeld est la « magna planitus » où s'est déroulée la bataille qui opposa Jules César et ses légions, à Arioviste, le roi des Suèves en 58 avant J.C. Le tronçon d'une ancienne voie romaine est encore visible en bordure du Nonnenbruch. Cernay aurait pu être une simple mansio (gîte d'étape situé le long d'une voie romaine à l'époque de l'Empire romain) sur la voie Mandeure, Pont d'Aspach, Wittelsheim et son vicus (nom latin donné à une agglomération) et Breisach . Les origines de Cernay pourraient remonter à l'époque franque si l'on se réfère au toponyme « Sennenheim » (le hameau de Sanno) peut être un chef local de l'époque. Sennheim, en allemand, et Sanna en alsacien.

 

La bataille de l'Ochsenfeld, en automne 58 avant J.C., voit la victoire des Romains commandés par Jules César, général et proconsul des Gaules, sur le chef suève Arioviste dans le sud de l'Alsace, chassant les Germains de l'autre côté du Rhin.

 

Un musée occupe en partie la porte médiévale (Porte de Thann) classée Monument historique en 1920, intégrée dans les fortifications de la ville depuis le 13ème siècle. Il a pour vocation de présenter au public le patrimoine historique local de l'Antiquité à la Seconde Guerre Mondiale, et de promouvoir des expositions temporaires.

 

La montée au col de Herrenfluh passe par les hauteurs de Steinbach, au lieu de la Loh et la chapelle Saint Morand placée au milieu des vignes qui date de 1930. Du haut de ce plateau qui domine la région, on peut voir les clochers de Steinbach, Cernay et Uffholz et même, par temps clair, la Forêt Noire et les Alpes.


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Chapelle Saint Morand

 

On ne connaît pas avec certitude l'origine de cette petite chapelle. Aurait-elle été édifiée sur le parcours des pèlerins de Saint Thiébaut à Thann ? Peut-être pour ceux qui se rendaient à ND de Thierenbach... On peut imaginer aussi un rapport avec le proche ermitage Marie Madeleine aujourd'hui disparu. Une campagne pour le sauvetage de la chapelle a suscité un engouement extraordinaire, toutes générations confondues. Un chantier école permet aux élèves du lycée du bâtiment Gustave Eiffel de Cernay de réaliser une œuvre durable, dans les règles de l'art, sous la conduite de leurs professeurs. Les uns rénovent l'enduit d'argile et terre locale avec des sarments de vigne incrustés, les autres restaurent le ciel étoilé de la voûte, les fresques et le retable, tandis que les ferronniers réalisent un grand portail et les protections des fenêtres. Un artiste local sculpte une statue de Saint Morand, les baies retrouvent des vitraux et la commune fait fondre une cloche.

 

Direction Herrenfluh... Avant le col, au sommet d'une crête, à la limite des bans d'Uffholtz et de Wattwiller, il ne reste qu'un pauvre pan de pierres liées par un mortier grossier. C'est un lieu sauvage, abandonné dès le XVème siècle, qui revécut des heures guerrières. Les Français en firent un observatoire pendant la Grande Guerre. Quelque Poilu, vit-il la Dame blanche ??? on ne le saura jamais … toujours est-il qu'on conte dans Uffholtz que, certaines nuits, on entend un bruit de clef entrechoquées avant d'apercevoir une Dame blanche errant sous la lune. On dit aussi que c'est une châtelaine qui « revient ». Pourquoi ?? mystère… et de quelle châtelaine s'agit-il ?? on ne sait pas…

 

11h29 voici le Camp Turenne.cernay-3.jpg


En contournant le Glaserberg, on trouve l'abri du Baecherkopfhisla… où nous nous arrêtons volontiers lors de nos sorties. Aujourd'hui la chance sourit à la joyeuse troupe du mercredi, des randonneurs, arrivés avant eux ont déjà allumé le feu… la chance leur sourit !! Bon appétit !!


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devant l'abri


Le sentier descend le long du Herrenstubenkopf à travers les bois de Cernay pour rejoindre la discrète et silencieuse Waldkapelle ou Chapelle sous Bois. Modeste chapelle avec une histoire, parfois excessive comme celle des hommes qui ont marqué son existence par leur sueur et leur sang, la détresse et la joie. L'histoire de la Waldkapelle commence en 1891 par un événement presque une légende. Antoine Muller né à Thann, amoureux de la nature et de la montagne, arrivé sur la crête entre le Rangen et le Herrenstubenkopf, à l'endroit de l'actuelle chapelle, se sentit pris d'un malaise, s'effondra et perdit connaissance. Revenant à lui, Antoine, homme pieux, craignant devoir passer la nuit dehors et mourir de froid, fit une prière en s'adressant à son patron vénéré Saint Antoine et lui demanda de l'aide. Il promit de construire, à cet endroit, une petite chapelle. C'est alors qu'il ressentit un soulagement dans ses membres, put se relever et se remit en chemin et finit par regagner sa maison. Il tint sa promesse. En 1892, Antoine agrandit sa chapelle. Après son décès ses fils rénovèrent la chapelle malmenée par les intempéries. Pendant la guerre de 1914-18, la chapelle servit d'abri aux combattants avant d'être détruite par un obus en 1917. Une troisième Waldkapelle fut reconstruite par les fils Muller en 1824 et resta, pendant 30 années un agréable but de promenade et de recueillement.


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Waldkapelle ou Chapelle Sous Bois

 

Le 18 octobre 1944, une partie de chasse à l'homme est organisée par les Allemands, au départ de Steinbach en direction du Herrenstubenkopf. Si l'endroit où se cache le maquis est bien dissimulé, il est difficile de s'en échapper. Les maquisards se trouvent pris au piège. Le bilan est désastreux, Anatole Jacquot est abattu. Gérard Bemmert et Charles Voisin sont capturés. Armand Neff et René Onkel parviennent à s'enfuir. Gaston et Louis Luttenauer sont arrêtés. Ils seront exécutés le 6 décembre 1944 avec 11 compagnons du maquis de Thann dans la forêt de Rammersweier en Allemagne. Ils reposent au cimetière de Steinbach. En 1949, la chapelle est à nouveau restaurée et fut complétée, le lundi de Pentecôte 1955 par la mise en place du clocher. Le poids des ans a eu progressivement raison de la chapelle et beaucoup de dégradations apparurent. Sous l'égide du Lions Club de Thann, avec l'aide de nombreux volontaires, la chapelle a dû être entièrement reconstruite en 1986, puis bénie le 9 novembre 1986. (source : Vieux-Thann, son site et son histoire)


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stèle Anatole Jacquot dans le Bruderthal.


Une stèle est érigée au Bruderthal, à l'endroit même où les bucherons trouvèrent le corps sans vie d'Anatole Jacquot, avec l'inscription suivante :

« à la mémoire des Maquisard de la Chapelle Sous Bois et de l'un d'eux ANATOLE JACQUOT né à Thann le 10/12/1896, mort pour la France en ce lieu le 18/10/1944 »

Le sentier dégringole en zigzagant autour de l'Amselkopf et débouche à l'oratoire d'Ifiss :

 

Voilà bien longtemps, sans doute dans le haut moyen-âge, un charpentier vivait chichement avec sa femme et son fils Morand, dix ans, au pied du Hirnlestein, rocher devenu but de promenade à Steinbach. Il avait pour voisine, dans une bien pauvre chaumière, la vieille Agathe et sa fillette de 8 ans, Marie. Le jeune Morand, bien qu'intelligent, travailleur, obéissant, ne pouvait s'empêcher de tourmenter les animaux. Marie son amie inséparable, arrivait bien souvent à le raisonner. Un jour ramassant du bois dans le Kraffwald, les deux enfants découvrent un nid de pies avec quatre oisillons. « Tu sais, en leur coupant la langue, ils apprendront à parler ! » propose Morand. Marie lui fait aussitôt promettre de ne rien leur faire, pourtant dès qu'elle tourna le dos, Morand  s' exécute et les oisillons meurent. Marie éclate en sanglots « tu verras, le bon Dieu te punira !! » La mésaventure est oubliée… Plusieurs années passèrent, les deux enfants, devenus de beaux jeunes gens, finirent par se marier. Ils eurent un magnifique petit garçon et on constata rapidement qu'il est muet. Les autres trois enfants le seront aussi. Le jeune couple est effondré Toujours, selon la légende, Morand décide alors de s'adresser à l'ermite du Schletzenbourg, grand connaisseur de plantes médicinales. Il s'agit plus vraisemblablement de l'ermite de Ste Marie Madeleine dans l'actuel Bruderthal, entre Steinbach et Vieux Thann. Le vieil homme lui demande de lui conter sa vie, et, Morand en arrive à l'histoire des oisillons… L'ermite lui suggère alors de construire un oratoire dans le Krafwald. Morand, avec l'aide de ses fils et de quelques amis, se mettent à l'œuvre tant et si bien que la chapelle fut inaugurée pour la fête paroissiale de saint Morand. Après la grand'messe, les fidèles se rendent en procession jusqu'au nouvel oratoire. Le prêtre bénit la chapelle tout et recommande à Dieu la famille de Morand pendant que l'assemblée entonne le « Magnificat ». Àpeine, la dernière strophe achevée, devant une foule médusée… les quatre fils de Morand émirent des bégaiements et rapidement, se mirent à parler.


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L'oratoire d'Ifiss


Entre Vieux-Thann et Steinbach, sur le territoire de ce dernier, dominant la Côte 425, s'étend le Kraftwald. Plusieurs chemins la sillonnent. Au croisement de deux d'entre eux, à environ 440 m d'altitude, se tient un oratoire qui ne manque pas de charme. Certes, la Krafkapelle comme on l'appelle dans le coin, n'est dimensionnée que pour accueillir un petit autel ainsi qu'une icône de la Vierge, mais soigneusement entretenu et fleuri, il ne peut laisser personne insensible, tant la douceur et le recueillement qu'il inspire sont forts. Bien caché au lieu-dit Ifiss, on peut découvrir, à quelques minutes du village, là où jadis les vergers et les jardins touchaient la forêt, l'oratoire d'une exquise simplicité. Décorée affectueusement toute l'année selon les rythmes des saisons. Si une vierge byzantine vous accueille l'été, en hiver vous y verrez le décor de Noël comme sur la photo.

L'oratoire d'Ifiss a été rebâti en 1927 après les affres de la Première Guerre Mondiale, il est vrai que les combats du 15.2 étaient proches.

 

Le retour à Cernay fut rapide.

 

À bientôt

Marthe

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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 13:40

Mercredi 5 janvier 2011

 

Le Firstacker est merveilleux aujourd'hui !! neige, soleil et couleurs chatoyantes… transforment la sortie de ce-jour en sortie hors du commun… un don de la nature que nous oublions de souligner bien des fois !!


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le Firstacker


La montée au col de Judenhut donne des ailes… il fait beau, les paysages n'en finissent pas d'émerveiller et chauffer le cœur des randonneurs. Les mélèzes donnent à cet endroit un air enchanteur.


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La chapelle du Sudel


La chapelle du Sudel, haut lieu de Mémoire, érigée en 1931 à la mémoire des soldats français morts lors de la Première Guerre Mondiale, à quelques pas de la route des Crêtes entre le Col Amic et le Grand Ballon. Proche du sommet culminant des Vosges, elle se dresse à la mémoire des soldats français morts sur cette crête baignée de sang qui servait d'observatoire à sept régiments d'infanterie et à cinq bataillons, qui défendaient l'accès de la vallée de Thann. Cette chapelle a été rénovée, récemment, grâce au Souvenir Français de Saint Amarin, à l'instigation de son président qui a pris les choses en mains : crépissage, peinture, ferronnerie, toiture, tout a été remis à neuf par les bénévoles du Comité de Saint Amarin et voilà la chapelle repartie pour défier le temps !! Soutenue par les autres Comités du Haut Rhin et du siège parisien, la solidarité départementale et nationale est venue renforcer l'opération de restauration, grâce aussi à la générosité des citoyens lors d'une quête du 1er novembre. L'action de Mémoire du Souvenir est soutenue également par la municipalité de Goldbach-Altenbach et d'autres communes.


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Arrivée à l'abri de Judenhut

 

On s'est beaucoup interrogé sur l'origine du mot Judenhut dont la traduction serait « chapeau de juif » ce qui n'est pas sans rappeler les armoiries de Guebwiller. Pourtant « Hut » peut vouloir dire protection de même que le terme « Jud » peut fort bien être un doublet de « Gut » ou de « Gudan », qui n'est autre que le Dieu Wotan. Selon l'abbé Braun, Judenhut signifie donc « protection de Wotan » ou mieux, « chapeau de Wotan » étant donné l'importance que la mythologie confère à ce couvre-chef divin.

 

La fontaine Jean Schlumberger érigée en 1895 par le club vosgien de Guebwiller à l'occasion des noces d'or de son président,( grand industriel du textile dans la vallée de la Lauch) laisse couler une eau bien fraîche.

 

Construit une première fois en 1895, le refuge, sis sur une ancienne casemate de la guerre 14/18 a été reconstruit 4 fois. La dernière fois c'était en 1985, après qu'un gigantesque sapin l'ait écrasé lors d'un ouragan. (sources puisées sur florival info.net)


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arrivée au col de Judenhut

 

Direction Col du Haag par le sommet de Judenhut en parcourant le Roedelenwald. Bientôt, en vue la ferme-auberge du Haag lézardant au soleil au pied du Storkenkopf d'un côté et du Grand Ballon de l'autre.


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La ferme-auberge du Haag située au bord de la route des Crêtes

 

Sur le sentier descendant au Sattelfels on peut découvrir des grottes… l'une d'elles offre une ouverture dans la roche… et permet de s'y aventurer, mais prudence tout de même !!!  À cette saison elle regorge de stalactites et stalagmites…


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la grotte du Haag

 

Vient le temps de manger… l'abri du Sattelfels tombe à pic !


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Le Sattelfels niché au pied du Grand Ballon

 

Le retour se fait à travers le Bieswald et le Rondjeanfels sur les hauteurs de Goldbach-Altenbach avec de magnifiques panoramas jusqu'à la ferme du Gerstacker.


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La ferme du Gerstacker

 

Rapidement la boucle est bouclée avec le retour au Firstacker.

 

À bientôt

Marthe

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17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 15:54

Dimanche 2 janvier 2011

 

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BONNE et BELLE ANNÉE 2011 à toutes et à tous !!

 

Michèle et Yves ont eu la bonne idée de faire une sortie, dès les fêtes passées, afin de dépenser le trop plein de calories ingurgitées... ces derniers jours !!

 

Départ à Thann... pas besoin de raquettes... les griffes suffisent pour grimper au col du Hundsrück.


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L'œil de la sorcière et la flèche de la collégiale


Sous l'œil de la sorcière et la flèche de la Collégiale Saint Thiébaut, la joyeuse troupe prend le départ pour fouler les hauteurs de Thann. Charmant écrin pour la dentelle de pierre que constitue sa collégiale, joyau de l'art gothique. Sa flèche ajourée surplombant la ville, ses vitraux et ses stalles du XVème siècle, son grand portail à triple tympan, sont de remarquables témoins de la richesse architecturale de l'édifice. Les thannois se plaisent à dire en parlant de leur célèbre clocher « Strasbourg a le plus haut, Freiburg le plus gros et Thann le plus beau !! »

 

Thann, fêtera le 850ème anniversaire de sa création en 2011. Les associations thannoises et le service culturel de la ville se mobiliseront et proposeront un riche programme de festivités. Le temps fort des célébrations aura évidemment lieu autour de la crémation des trois sapins correspondant à la date anniversaire des 850 ans de la légende...

 

Thann se développa à partir d'un péage établi par le comte de Ferrette au début du XIII siècle. Quant au château de l'Engelbourg, s'il protégeait ce fructueux péage, il fut détruit sur l'ordre de Louis XIV. Les artificiers eurent bien du mal à en venir à bout, et un morceau du donjon est devenu ce curieux monument que l'on nomme familièrement « l'œil de la sorcière ». Ce qui n'empêche pas le culte de saint Théobaldus, devenu saint Thiébaut. Dominée par les ruines du château de l' Engelbourg, Thann est le départ de la célèbre route des Vins d'Alsace, les vins du Rangen, vignoble classé grand cru dans sa totalité font la renommée de la ville.


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La Croix de Mission sur les hauteurs de Thann fait face au Grand Ballon

 

Sur les hauteurs de Thann, faisant face au Grand Ballon, la Croix de Mission, érigée par les scouts de France à la demande de Monsieur le Curé Doyen de la paroisse catholique, le chanoine Robert Barth, lors de la Mission de 1950. Détruite par la tempête de 1999, elle fut reconstruite en 2003 par la Ville de Thann avec le concours de l'Office National des Forêts.


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Place du Roi de Rome ou Napoleonsplatz

 

À Thann, en 1811, des réjouissances avec « Te Deum », sonnerie des cloches, salves d'artillerie, distribution d'aumônes et même un lâcher de ballons aérien, saluent la naissance du Roi de Rome, futur Napoléon II et duc de Reichstadt, fils héritier de Napoléon Ier. On donnera le nom de « place du Roi de Rome » à une pépinière aménagée dans le col entre le Weckentalkopf et le Herzogerberg. Napoléon donna à son fils le titre de Roi de Rome.

 

Deux minutes avant le carrefour du Plan Diebolt Scherrer l'arbre aux six troncs...


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l'arbre aux six troncs

 

Un court arrêt sur l'aire de pique nique avant la dernière montée au col du Hundsrück. L'endroit est féerique... les rochers Teufelskanzel sont couverts de givre, merveilleux !!


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rochers Teufelskanzel

 

Il y a 350 millions d'années, la région était occupée par une étendue marine parsemée d'îles volcaniques. Toutes les roches composant le Thanner-Hubel témoignent de ce passé volcanique. Elle offre, aujourd'hui, les plus beaux panoramas sur la Plaine d'Alsace, la grande crête et les vallées de la Thur et de la Doller.

 

La pause-repas à l'hôtel – auberge de la Fourmi... où nous passons un moment convivial est couronnée par le verre de l'amitié, offert par Agnès… d'ici quelques jours elle fêtera son anniversaire, merci à elle et,

 

BON ANNIVERSAIRE AGNÈS !!

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la féerie de l'hiver

 

Une vie pastorale très ancienne. Jusqu'à la Révolution, le Rossberg et le Thanner-Hubel appartenaient aux abbayes de Murbach et de Masevaux. Dès le 10ème siècle, sous l'impulsion de ces abbayes, les déboisements sont engagés pour créer des pâturages d'été sur les hauteurs. À la belle saison, le fermier (marcaire) monte ses troupeaux sur les chaumes et fabrique du fromage. Certaines fermes comme celles du Thanner-Hubel, Gsang et Belacker perpétuent encore cette tradition. Aujourd'hui certaines fermes sont aussi des auberges qui accueillent le randonneur pour une halte bien méritée.

 

À 748 m d'altitude, le col du Hundsrück marque le passage entre les vallées de Thann et de Masevaux. La route qui passe par ce col fut construite par l'armée française lors de la Première Guerre Mondiale afin d'approvisionner le front du Hartmannswillerkopf. Elle est appelée « route Joffre » en référence à Joseph Joffre (1852-1931) qui fut général en chef de l'armée française jusqu'en 1916.

 

Dès le 16ème siècle les charbonniers participent au défrichement de la forêt d'altitude en fabriquant du charbon de bois destiné aux forges et fonderies des vallées voisines. Par ailleurs, dans les clauses du bail qui le liait à l'abbaye, le marcaire s'engagea à entretenir le pâturage en pratiquant le surcenage qui constituait à entailler l'écorce des arbres afin de les dessécher et les laisser mourir.

 

La vache de race « Vosgienne » robuste, sobre et agile est adaptée aux rudes conditions de vie sur les hauteurs. Sa robe est blanche et noire, une bande blanche longe sa colonne vertébrale. C'est une race mixte, appréciée tant pour le lait que pour la viande.

 

Le retour passe par la bute du monument national des Troupes de Choc de Bourbach le Haut. Telle une flamme se dressant vers le ciel, le monument rend hommage aux anciens combattants des 1er et 2ème Bataillons de choc et commandos de France. La mémoire de ces hommes qui ont perdu leur vie en libérant cette haute Porte d'Alsace est toujours présente...


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sur la butte, le monument national des Troupes de Choc

 

Le sentier Joseph Baumann descend rapidement à l'abri Weierle, rejoint le Teufelsgrund et rejoint Thann.


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Relais Joseph Baumann au Klingenfelsenkopf

 

Bien belle journée pour commencer 2011... une remise en forme appréciée de tous.

 

À bientôt

Marthe

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10 janvier 2011 1 10 /01 /janvier /2011 10:13

Mercredi 29 décembre 2010


pour boucler 2010 !

 

Il est temps de quitter Mulhouse si nous voulons arriver à Durmenach (29 km) pour le repas à 13h. Pour cela nous laissons le Moenchsberg à 6h30 lampes frontales allumées pour nous enfoncer dans le Zuhrenwald, cette vaste forêt, à cheval sur les bans de Mulhouse et Riedisheim qui était la propriété des nobles de Zu Rhein dont on peut encore voir le château à côté de l'église Saint Barthélemy de Dornach. On peut donc écrire Zurheinwald mais aussi Zurhenwald. L'agglomération mulhousienne dépassée nous entrons dans la campagne authentique mais il fait encore nuit lorsque nous traversons Bruebach.


Bruebach occupe un très beau site, l'extrémité amont d'un vallon orienté vers le fossé rhénan. Le village est ravagé en 1445 par les Bâlois, souvent en lutte contre la noblesse sundgauvienne fidèle aux Habsbourg, puis à nouveau pendant la guerre de Trente Ans en 1634. Après le village le chemin grimpe doucement, en premier en lisière de l'espace agricole puis à travers bois, jusqu'à l'Oberholz sur le sentier des trois pays.


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Calvaire après l'Oberholz

 

Le jour se lève mais le soleil est absent… nous restons sur le GR pour rejoindre Steinbrunn le Haut. Sur le chemin enneigé… un oratoire :


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la vierge sur le Hubacker

 

Un petit repos à Steinbrunn le Haut pour reprendre des forces… le nom de Steinbrunn le Haut est mentionné pour la première fois avec certitude en 1025 avec résidence de Mangold Von Steinburnen. Cependant, des outils datant de la préhistoire (âge de pierre taillée et polie) ont été retrouvés. Des restes d'une villa romaine ont été découverts dans la cour de la propriété Enderlin, rue de l'église. Mangold von Steinburnen conserva en fief le village jusqu'en 1361. Dans sa famille et descendance, on trouve des noms célèbres, Berthold, abbé de Murbach, Albrecht, chanoine et archidiacre de Strasbourg, Agnès abbesse d'Ottmarsheim en 1323. Godefroy d'Obersteinbrunn (1342) avait cour à Mulhouse.


Le 18 octobre 1356, un tremblement de terre qui ébranla la région de Bâle détruit le château du haut. En 1366, Frédéric de Teck vend le village à Henri de Masevaux auquel succédèrent les nobles de Staufen (1449) puis les Reinach (1478). Jacques fonda en 1538 la branche des Reinach Steinbrunn qui s'éteint en 1838. Elle a compté parmi ses membres des figures prestigieuses comme Jean Nicolas, Bailli d'Altkirch, Philippe Gaspard, Antoine chanoine d'Eichstatt (1711) l'évêque de Bâle, Jacques Sigismond (1737-43) et plusieurs grands maîtres de l'ordre teutonique. Les Reinach construisirent deux châteaux au village dont le château du haut, disparu après la Révolution, abritait une chapelle dédiée à Saint Sigismond.

 

Le chemin passe devant l'étang de pêche gelé à cette époque de l'année… et continue pour le hameau du Heilhoff pour rejoindre Wahlbach. Une petite montée et nous débouchons dans un hameau de toute beauté. Un vrai paradis… à une distance de 2 km de Wahlbach, l'annexe du Heilhof comprenait, avant la construction de maisons individuelles, deux fermes, dont l'une était doublée d'une auberge très fréquentée. À son emplacement se trouvait sans doute le village ou hameau de Kleinwahbach à présent disparu et qui était mentionné sur la carte de Daniel Specklin (1576). Il aurait pu disparaître lors des sombres heures de la Guerre de Trente Ans (1618-1648).


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L'hiver à Steinbrunn le Haut

À l'étang de pêche, aucun visiteur… gelé il est plongé dans le brouillard...


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Le brouillard est la coquetterie du soleil” (Xavier Forneret)


Prochaine étape, Wahlbach… qui pourrait tirer son nom de « wallen » bouillonner et « Bach » ruisseau ce qui se traduit par : le ruisseau bouillonnant ! L'occupation de Wahlbach est attestée par des découvertes archéologiques qui remontent au Néolithique. Située sur une ancienne route celtique qui reliait Altkirch à Sierentz en passant par Emlingen. Citée pour la première fois en 1265 dans une charte conservée à Bâle, sous le nom de Wahlbach, nom qui semble indiquer qu'une population gallo-romaine s'y est maintenue après les grandes invasions.


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De bien jolies maisons sur le ban du Heilhof

 

Le village de Wahlbach dépend jusqu'à la Révolution du comté de Ferrette, seigneurie d'Altkirch. Dans la seconde moitié du XIXème siècle, Wahlbach connaît une forte décroissance de la population, tendance toutefois inversée à nos jours.

 

L'église citée dès le Moyen Âge, filiale de Hundsbach jusqu'en 1780 fut dédiée d'abord à Saint Théodule, puis à Saint Maurice auquel fut joint Saint Laurent après 1883. Le clocher à toit en bâtière, au-dessus du chœur, remonte au XIIIème siècle et, fait particulier, repose sur quatre piliers qui encadrent le maître-autel. La nef date de 1771. Sous le porche, à l'entrée, sont encastrées de vieilles pierres tombales de prêtres des XVIIIème et XIXème siècles.

 

Prochaine étape: Franken, charmant village sundgauvien que nous traversons régulièrement lors de nos sorties dans le Sundgau.

 

Le sentier des Trois Pays continue à travers le Willereck et rejoint l'ancienne voie romaine. Nous laissons la ferme du Windenhof sur la droite pour longer le karting et traverser les prés du Spitzacker et arriver à Muespach.


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Église de Franken pendant la période de Noël


Muespach... commune résultant de la fusion de Moyen-Muespach et de Muespach le Bas en 1972, située dans le vallon de Muesbach appelé Gersbach à Steinsoultz, non loin de Ferrette. La vallée aurait été creusée par un ancien cours du Rhin lorsque celui-ci, à la fin du tertiaire, coulait d'Est en Ouest vers la porte de Bourgogne. Le ban communal est longé, au nord, par une voie romaine. Selon certains historiens, la vieille route « Alti Stross » reliant Waldighoffen à Folgensbourg par les crêtes serait aussi d'origine romaine.


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Photo puisée dans mon album (mars 2010)


Le village tient son nom du ruisseau qui l'arrose. La légende raconte que par un beau jour d'été, une jeune paysanne portant sur sa tête un pot rempli d'un délicieux breuvage, une soupe aux pois « Müas-Suppa » destinée à son homme qui peinait dans les champs depuis l'aube s'apprêtait à traverser le ruisseau à gué. Elle glissa sur un gros galet, le pot se renversa et le précieux contenu se répandit dans l'eau. Confuse, elle s'écria « Müas..Bach » ! que l'on peut traduire par « rivière aux pois ».

 

Au temps de la féodalité, Muespach le Bas était le chef-lieu d'une mairie de la seigneurie de Ferrette, comprenant également Muespach le Haut et Moyen Muespach. Une famille noble de Bâle mentionnée en 1284 portait le nom de Muespach. Au cours de la Guerre de Trente Ans, en 1663, les deux villages furent ravagés par les troupes suédoises. Selon les dires, seules trois maisons subsistèrent (une à Moyen Muespach et deux à Muespach le Bas. La région fut repeuplée par des colons suisses et autrichiens. Le ban communal est longé au Nord par une ancienne route romaine « Remerschtresle ». Une grande route venant de la vallée du Rhône rejoignait la route du Rhin à hauteur de Cambete (Kembs), importante station romaine. La voie qui nous intéresse était une bifurcation de cet axe, partant des hauteurs de Bettendorf pour rejoindre Arialbinum à proximité de Bâle. Selon certains historiens, la vieille route ou Alti Stross reliant Waldighoffen à Folgensbourg par les crêtes serait également d'origine romaine.


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Le numéro 31... rue de la montagne


Pendant la guerre 1914-18, les villages se trouvent en arrière du front qui se localise à Seppois, Pfetterhouse, Largitzen, Ballersdorf... Àpartir de 1915, les restrictions apparaissent… réquisition de céréales, autorisation spéciale pour moudre le blé, cartes alimentaires et vestimentaires, réquisition des alambics, chambre à air et pneus de voitures et bicyclettes, mais aussi de la couverture en cuivre du clocher. En 1917, les autorités réquisitionnent trois cloches sur les quatre que compte le carillon de l'église : l'une est prêtée à la paroisse de Durmenach, une autre à celle de Waldighoffen, elles étaient rendues à la fin des hostilités, sauf la troisième, partie en Allemagne pour être transformée en canons qui ne sera remplacée qu'en 1925.

 

(renseignements puisés sur le site officiel de la commune de Muespach) merci à J.Paul Riether pour tous ces renseignements sur la commune )...

 

En passant rue de la montagne, nous avons une pensée pour nos amis Guy et Monique, déserteurs du Sundgau pendant les fêtes…

 

Enfin Durmenach... après 29 km de marche, il est 13h15 nous sommes attendus pour un steak tartare... et un repos bien mérité !!!


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mairie de Durmenach

 

C'estlà que nous retrouvons nos chauffeurs, tous autour d'une bonne table conviviale pour ce steak tartare... Durmenach est jusqu'au milieu du XIXème siècle, une des communautés les plus importantes du Haut-Rhin, la population de religion israélite dépassait en nombre celle des habitants chrétiens. La communauté a été le siège d'un rabbinat de la fin du 18ème siècle jusqu'en 1910. La cohabitation est marquée en 1789 par une première émeute anti-juive, et surtout en 1848 par le «Judenrumpel» , véritable grand «pogrom» lors duquel 75 maisons de familles juives sont incendiées. Très éprouvée lors du second conflit mondial, la population juive a complètement disparue aujourd'hui, reste le seul témoin de la présence de cette importante communauté israélite, le cimetière juif sur les hauteurs du village avec plus de trois cents tombes...

 

Qui ne connaît la célèbre forêt du Kuhwald et son majestueux mélèze de 40 m de haut ? Durmenach possède une forêt de mélèzes qui comptait jadis parmi les plus belles d'Europe. Les mélèzes ont été plantés en 1784 par un gentilhomme d'origine suisse, le baron Béat Frédéric de Reutter de Weyl, à l'époque propriétaire du terrain, il avait apporté ces plants du Voralberg autrichien. Ce bois passa dans les mains de la commune de Durmenach en 1825 après bien des procès. Si l'on croit les récits des Anciens du village, la forêt a été l'objet de nombreux litiges... il existe même une légende à ce sujet.


Le mélèze est originaire des Alpes (1200 – 24700 m d'altitude) et des Carpates. Depuis toujours le mélèze a rendu de grands services aux montagnards. Son bois, rouge saumon au cœur dur, lui donne une grande résistance et écarte de lui les insectes et a servi à construire d'innombrables chalets. Le mélèze préfère un sol argileux, durée de vie 600 ans pour une taille maximale de 40 m et peut mesurer 1,5 m de diamètre. (Sources puisées sur internet et divers livres sur le Sundgau.)

 

Après le repas, il reste 5 km pour finir la traversée… et arriver au pied de l'église de Ferrette. Un dernier effort pour grimper au Kuhwald et la magnifique forêt de mélèzes.

 

«Le Sundgau, pays de collines verdoyantes, parsemées d'arbres et d'étangs, se confond avec les premières chaînes du Jura alsacien, les deux régions ayant partagé le même passé historique », aujourd'hui toute la région est enfouie sous la neige… et le brouillard… plus sportive la traversée en hiver qu'au printemps !! Impossible de voir le clocher de Vieux Ferrette… en été un mur de maïs nous prive de la vue, aujourd'hui c'est le brouillard. C'est dans une purée de pois que nous arrivons sur la place de l'église de Ferrette où nous attendent nos chauffeurs, bravo aux marcheurs et grand merci à ceux qui étaient disponibles pour nous ramener de Ferrette.


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Terminus Ferrette, tout le monde descend...


Il était une fois Ferrette avec d'autres rites et d'autres traditions... en honneur à nos anciens, nous sommes partis à pieds de Mulhouse pour rejoindre Ferrette le 29 décembre et clôturer notre programme de marche pour l'année 2010 avec 34 km de randonnée.


Les Romains ont mis en place un réseau de routes très dense reprenant les chemins des Celtes. Aux bords de ces nouvelles routes on fonde des vicus (petites agglomérations ayant pour origine un village gaulois) c'est le Sundgau !! que nous apprécions tant lors de nos traversées…


BONNE ANNÉE 2011 ÀTOUS NOS LECTEURS


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8 janvier 2011 6 08 /01 /janvier /2011 12:12

Mercredi 29 décembre 2010


pour boucler 2010 !

 

Mulhouse serait née un soir d'hiver...


Selon une légende, en 58 avant J.C., Jules César arriva en Alsace par la Trouée de Belfort afin de bouter les Germains au-delà du Rhin. Les troupes des Germains étaient conduites par le roi Suève Arioviste. Les deux armées les plus redoutables de l'époque s'affrontèrent dans un terrible combat dans le sud de l'Alsace (actuel lieu-dit l'Ochsenfeld entre Wittelsheim et Cernay. L'armée d'Arioviste fut vaincue et les Romains victorieux pourchassèrent et massacrèrent les Germains dans toute la plaine. Un jeune guerrier germain qui fuyait les Romains et tentait de regagner le Rhin, aurait été retrouvé blessé près d'un moulin à l'emplacement actuel de Mulhouse. La fille du meunier l'aurait recueilli et se serait mariée avec lui. D'autres Germains en errance vinrent les rejoindre et épousèrent des filles de la région. Ils s'établirent autour de la « maison du moulin ». Leurs descendants seraient les Mulhousiens. Ceci explique le terme de Mülhausen qui se traduit « maison du moulin » en allemand, et le blason de la ville représentant une roue de moulin à eau.


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une façade de maison


Le drapeau mulhousien est flammé de vingt pièces rouges et blanches avec un canton armorié qui reprend la Roue de Mulhouse. Il fut le drapeau officiel de la République de Mulhouse jusqu'à la Réunion en 1798.


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Mulhouse est mentionnée pour la première fois dans un document daté de 803 sous Mulinhuson. Il s'agissait alors d'un groupe de quelques maisons autour d'un moulin que faisaient tourner les eaux parfois tumultueuses de l'Ill. Le moulin jette les bases d'une activité économique, lui donne son nom et la roue, qui, aujourd'hui encore, la symbolise... L'empereur Frédéric Ier , dit Barberousse, séjourna à deux reprises à Mulhouse en 1153 et 1186. Il éleva la cité au rang de « Ville libre de l'Empire » en 1163. Après son mariage en 1156 avec Béatrix, héritière du comté de Bourgogne, Frédéric Ier fait de Mulhouse une véritable place forte qui devient la clé du royaume de Bourgogne. Il semble établi que Barberousse ait pris des initiatives de nature à favoriser le développement économique de la petite cité. En 1354, la ville rentre dans l'Alliance des dix principales villes d'Alsace qui sera reconnue sous le nom de Décapole. Après 1450, la ville et désormais république de Mulhouse se rapproche des cantons suisses, rejoint leur alliance et devient ainsi l'alliée du roi de France... En 1308, le statut de ville d'Empire lui donne une quasi-indépendance. Ses alliances avec les cantons suisses (Mulhouse obtient le statut de canton allié en 1515) et le royaume de France lui permettent de préserver son autonomie et d'être épargnée par les conflits qui mettent l'Alsace à feu et à sang, comme la guerre de Trente Ans. La République de Mulhouse parvient à sauvegarder son indépendance jusqu'au 4 janvier 1798, date à laquelle les citoyens ont dû voter pour l'intégration à la France.

mulhouse-3.jpgUne autre façade de maison

Samuel Koechlin (1719-1772), Jean Jacques Schmalzer (1721-1797) et Jean Henri Dollfus (1724-1802) trois précurseurs de l'industrie mulhousienne, vont entrer dans l'histoire et fournir la cour de France. C'est le début de « la mode de Mulhouse ». Devant le succès rencontré par ces « indiennes », les ateliers d'impression se multiplient. De nombreux Mulhousiens changent même de profession pour se lancer dans l'entreprise. Très vite, cet esprit va développer la ville entière et les manufactures envelopper l'ancienne ville dont les remparts et les portes éclatent presque partout. La population passe rapidement de 7 000 âmes à un peu plus de 100 000, en raison de ce foisonnement industriel qui fera très vite de Mulhouse « la ville aux cent cheminées »... le futur Manchester français !!.

Dès la fin du XIXème siècle, de nombreuses manufactures voient le jour et prospèrent pendant cette période. L'aménagement du Nouveau Bassin se termine au début des années 1870. C'est un véritable port fluvial où les péniches du canal du Rhône au Rhin livrent le charbon dont les usines ont besoin, grâce à un tramway à vapeur. Quelques années plus tard, l'électricité s'érige en révolution et galvanise l'essor économique. Le premier tramway électrique est mis en circulation, une école de chimie est construite, le téléphone est installé en 1882 et la première centrale électrique est créée en 1888. Mulhouse l'industrieuse est marquée, entre autres, par la création et l'essor de la Société alsacienne de construction mécanique (SACM) ou Giesserai, du complexe textile Dollfus Mieg et Cie (DMC) et, au début du XXème siècle, par l'exploitation des mines de potasse qui se caractérise par une véritable explosion démographique (émigration polonaise).

La guerre de 1870 puis le traité de Francfort vont entraîner la fuite d'une certaine élite mulhousienne, essentiellement vers Paris et outre-Vosges comme par exemple : le célèbre manufacturier Alfred Koechlin (1829-1895) également connu sous le nom d'Alfred Koechlin-Schwartz suite à son mariage avec Emma Schwartz qui deviendra maire du 7ème arrondissement de la capitale, puis élu député du Nord. Sa propriété de l'Ermitage à Mulhouse se transforma en Waldschule (école de plein air). Dès 1882 on voit sillonner le réseau de tramway à travers Mulhouse, au départ initial du Nouveau Bassin. La cité du Bollwerk devient ville de garnison avec de forts contingents militaires.

mulhouse-4.jpgAncienne école de chimie (aujourd'hui à l'Illberg)

L'École supérieure de chimie, de réputation européenne attire de nombreux Anglais amenant avec eux, la culture du football et qui contribuent à créer le FCM 93. Les Wennables, Mac Donald, Oscar Alliston... apportent dans leur malle un ballon de football et forment une équipe avec quelques condisciples. Nous sommes en 1892 et l'Alsace est territoire de l'Empire allemand depuis la guerre de 1870...

mulhouse-5.jpgla sous-préfecture à Mulhouse en 2010

La réunion de Mulhouse à la France en 1798 devait apporter à la petite cité manufacturière, paix et prospérité, pensaient les partisans du traité... Relevant de l'arrondissement d'Altkirch où se trouvait la sous-préfecture, les Mulhousiens furent allergiques aux Bourbons. « Il est extraordinaire de trouver un Mulhousien dévoué au Roi » notait, en 1821 le préfet du Haut Rhin. Ce que confirme un écrit anonyme de la même année : « ils se donnèrent à la République française et non à la dynastie des Bourbons. »...

Suite à l'explosion démographique et les nécessités administratives, jouant habilement de la « peur sociale » du pouvoir, Mulhouse obtient, par décret du 17 novembre 1857, son érection au sein du département du Haut-Rhin – dont le chef-lieu reste Colmar – en une sous-préfecture dont le rôle ne va cesser de s'affirmer. C'est ainsi que la sous-préfecture, implantée à Altkirch, fut transférée à Mulhouse en 1857. La première sous-préfecture s'installa dans le prestigieux Nouveau Quartier, à quelques pas de la Société industrielle, lieu du pouvoir industriel et donc réel de Mulhouse, ce qui constitue aujourd'hui le Square de la Bourse. Installée dans l'immeuble du numéro 10 de la rue de la Paix – (aujourd'hui avenue du Mal. Joffre) à quelques pas du café Altenberger, ancêtre du Café Moll et ce jusqu'en 1866. Vraisemblablement à l'étroit, la sous-préfecture emménagea dans le bel immeuble particulier construit après 1778 par un certain Samuel Vogel sur l'emplacement de l'ancienne Cour du Chapitre de Bâle, au coin de la rue des Maréchaux et de la rue du Sauvage. Elle y resta jusqu'à l'annexion de l'Alsace par la Prusse en 1871. Elle est remplacée par une « Kreisdirektion ».

Cette dernière doit se sentir à son tour à l'étroit, l'Empire allemand fait construire, en 1882, l'immeuble qui abrite encore aujourd'hui l'actuelle sous-préfecture, à l'angle de l'avenue Kennedy (ancien Quai du Fossé et boulevard du Mal. Pétain de 1919 à 1940) et de la rue d'Alsace. En 1918, tout naturellement les services sous-préfectoraux prendront le relais de la « Kreisdirektion ». Afin de disposer de plus de place, la sous-préfecture changera à nouveau de bâtiment. Elle quittera, au courant du second trimestre 2011, ses locaux de l'avenue Kennedy pour les locaux de l'ancienne Société commerciale des potasses et de l'azote, en face de la gare.

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C'est dans la rue des Franciscains que se trouve l'hôtel Loewenfels… avec son décor rocaille, l'une des plus belles demeures des manufacturiers du XVIIIème siècle. Construit après 1760 pour le fabricant et négociant d'indiennes J.Jacques Fehr, en un style qu'on rencontre également à Bâle.

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Fresque de Daniel Diminski, angle rue Jacques Preiss et rue de la tour du Diable. Elle représente la cérémonie de la « réunion » de Mulhouse à la France en 1798.

mulhouse-8.jpgSquare de la Bourse

Pour que la ville ne s'étende pas de façon anarchique entre le fossé de la Sinne et le canal, on conçut, à l'initiative des deux plus grandes dynasties d'industriels mulhousiens (les Koechlin et les Dollfus), un aménagement ordonné, géométrique, le Nouveau Quartier. Réalisé entre 1827 et 1829, en un style Empire inspiré par la rue de Rivoli à Paris, ce quartier s'organise autour d'un jardin triangulaire, le square de la Bourse,et d'une place circulaire appelée initialement place Charles X, aujourd'hui place de la République. Ce bel ensemble, avec l'hôtel de la Société Industrielle de Mulhouse (SIM) a subi des dommages lors des bombardements de la gare en 1944, mais a pu être restauré. C'est le cœur du Nouveau Quartier. Nicolas Koechlin établit dans l'hôtel de la SIM les trois moteurs du dynamisme mulhousien, à savoir: la Bourse, la Chambre de Commerce et la Société Industrielle. Au premier étage de la partie centrale, la grande salle de réunion. Les ailes servaient d'appartements aux Koechlin et aux Dollfus. L'hôtel avait été financé par N.Koechlin. Les deux autres côtés de la place correspondent aux alignements des maisons toutes semblables extérieurement, aux rondeurs élégantes des arcades s'oppose l'horizontalité d'un fin balcon continu. La bourgeoisie s'appropria cet espace, de même que la rue Clemenceau voisine et un peu plus loin la rue de la Porte du Miroir.

Le Nouveau Bassin offre aujourd'hui une image en total contraste de ce qu'il fut quand les péniches venaient accoster au bord de cette dérivation du canal du Rhône au Rhin, réalisée seulement à partir de 1870, alors que le canal était achevé depuis 1829. Du coup, le Vieux Bassin, face à la gare, est désaffecté. C'est ici qu'arrivaient les marchandises, notamment le charbon. Trois grues assuraient les transbordements. Les lignes de tramways servaient aussi au transport des marchandises, y compris le charbon à destination des nombreuses usines de la ville. Métamorphosé en une oasis renaturée dont les eaux de bonne qualité font la joie des pêcheurs et les berges vertes le plaisir des promeneurs.

mulhouse-9.jpgLe Nouveau Bassin et la Filature

mulhouse-10.jpgautres emblèmes de Mulhouse la tour du Bollwerk et la Tour de l'Europe

La Tour du Bollwerk,une tour de flanquement greffée au XIVème siècle sur l'enceinte déjà existante depuis environ un siècle. Cette tour a longtemps dominé le Bollwerk (bastion) proprement dit, construit par après, pour rendre plus difficile le franchissement des fossés. Ce bastion a été rasé au XIXème siècle pour laisser place au cimetière du parc Salvator. L'ouvrage subsistant est donc la tour du Bollwerk, radicalement remaniée en 1892, dotée d'une nouvelle toiture et d'une fresque représentant un épisode héroïque de la vie locale. Le mur d'enceinte encore relativement intact de part et d'autre de la tour, fut percé de deux baies.

À deux pas… la tour de l'Europe! La place de l'Europe était, il y un peu plus d'un demi-siècle, un espace usinier. L'ancienne usine textile de la Dentsche (Schlumberger Fils et Cie) avait cessé ses activités en 1934 et fit place à un nouveau centre plus fonctionnel. Dans les années 1960-70, tout le secteur de la Porte Jeune est remodelé. La place de l'Europe est alors créée et ornée des armoiries des villes d'Europe. Elle est dominée par la Tour, imaginée par l'architecte mulhousien François Spoerry et inaugurée en 1972. De forme triangulaire, elle représente les trois frontières, France, Allemagne et Suisse. Malheureusement les beaux blasons sont enlevés lors des travaux de démolition en mars 2007 au profit du nouveau centre commercial. (Il existe un magnifique livre sous le nom de Place de l'Europe – Genèse d'une ambition mulhousienne avec textes d'Edouard Boeglin et photographies de Paul Kanitzer – mise en pages par J.Daniel Gissinger aux Éditions Cêtre 2007) dans lequel vous trouverez tous les magnifiques blasons enlevés ainsi que toutes les explications concernant les villes concernées.)

mulhouse-11.jpgLe Klapperstein ou Pierre des bavards

Le Klapperstein (pierre des bavards) est mentionné dès 1576. D'un poids de 12 kg environ, il était attaché » au cou des personnes médisantes. Celles-ci devaient faire le tour de la ville, un jour de marché, assise à l'envers sur un âne. On l'utilisa pour la dernière fois en 1781. Une copie est accrochée sur la façade de l'hôtel de ville, côté Guillaume Tell. L'original étant exposé au Musée Historique. Ci-dessous la traduction de l'inscription allemande :

On m'appelle la pierre des bavards, bien connue des mauvaises langues : qui est d'humeur querelleuse et médisante sera contraint de me porter par la ville.

mulhouse-12.jpgLa gare et le port de plaisance en avril …

 

Situé sur le canal du Rhône au Rhin, face à la gare SNCF, le port de plaisance, de nos jours, un petit air de vacances au cœur de la cité...

 

Les rues qui partaient du Nouveau Quartier débouchaient sur le canal et le bassin, alors qu'il n'était alors pas encore question de chemin de fer et de gare. Les travaux de creusement avaient été entrepris en 1810. On y employa plus de 1 000 prisonniers de guerre espagnols... La partie qui traversait la ville fut achevée en 1812. L'œuvre entière ne fut terminée qu'en 1834, mais la partie comprise entre Mulhouse et Besançon put déjà être mise en service en 1830. Deux ponts franchissaient la voie d'eau créée, le pont de Riedisheim et le pont d'Altkirch.

 

Les péniches s'arrêtaient au quai en vue du déchargement des matériaux. C'est surtout le charbon qui est acheminé vers Mulhouse. Le niveau des quais sur le côté sud du bassin était plus bas qu'aujourd'hui et le niveau du bassin était d'un mètre plus haut qu'actuellement. Le bassin avait d'ailleurs le double de sa surface actuelle. On éprouvera bientôt le besoin d'un nouveau bassin de déchargement, plus vaste, malgré que le premier bassin fut agrandi en 1837. C'est au Nordfeld que fut creusé le « Nouveau bassin » terminé en 1872 dont je vous ai parlé plus haut. En 1836, Nicolas Koechlin, entreprit l'œuvre qui devait être le couronnement de sa vie, la création des premières voies ferrées d'Alsace. Ce fut en premier lieu, le tronçon de Mulhouse - Thann, inauguré en 1839 qui constituait en quelque sorte un banc d'essai pour la voie ferrée plus importante qui devait relier Strasbourg à Bâle en passant par Mulhouse. Cette dernière voie fut achevée en 1841 et s'inscrivait dans le plan, réalisé par la suite, des chemins de fer de l'est de la France en jonction avec les futurs réseaux d'Allemagne. Il appuie de toute son énergie la réalisation de la ligne de chemin de fer Paris-Strasbourg et meurt trois jours après son inauguration, le 15 juillet 1852...

 

En 1839, la liaison Mulhouse-Thann fut la troisième ligne ferroviaire ouverte en France…, le 12 décembre 2010 c'était le premier Tram-Train du genre en France qui reliait la gare de Mulhouse à celle de Thann Saint Jacques !! Le projet tram-train, né dans les années 1990 a enfin vu le jour. Il emprunte successivement le réseau du tramway urbain de Mulhouse, puis la voie ferrée jusqu'à l'arrêt de Thann-Saint-Jacques.

Construite en 1840, la première gare de Mulhouse se situait dans l'enclos actuel de la SACM, à droite de la voie ferrée Mulhouse-Thann et non pas entre le canal et le Cockrouri comme on pouvait le penser... La deuxième gare se trouvait en retrait par rapport à la gare actuelle. Elle a été construite en 1842 après l'inauguration de la ligne de chemin de fer Bâle – Strasbourg.

Mais qu'est ce donc que le Cockrouri si cher aux mulhousiens ? ce n'est autre que l'amoncellement des tonnes des scories produites par l'ancienne fonderie qui s'étendait juste de l'autre côté de la voie ferrée.


Sous le bitume mulhousien, des rivières oubliées... Mulhouse est longtemps restée une sorte de « petite Venise »… s'en suivit le comblement de ruisseaux. Les noms de rues perpétuent le souvenir des ruisseaux qui y coururent autrefois : la rue du Moulin, la rue des Tanneurs, la rue du Mittelbach, la rue de la Sinne et le « Graben » le Quai du Fossé devenu la pompeuse avenue du Président Kennedy. D'autres noms ont été complètement oubliés comme la Dentsche, ( qui est la Digue et pour cause, c'est là que se situait le point de jonction des canaux entourant le Vieux Mulhouse, la petite ville enserrée dans l'enceinte fortifiée d'antan), au profit de la Place de l'Europe ou encore le Steinbaechlein, converti en Pierrefontaine. Aujourd'hui, ces ruisseaux courent toujours sous les rues et les avenues par les égouts ou les canaux sous-terrains de la ville...

La plupart de ces cours d'eau étaient tributaires de l'Ill, dont on est en droit de considérer qu'elle traversait autrefois la cité en son milieu avec tous les méandres que cela implique.

 

La Sinne était une dérivation de l'Ill qui coulait jadis à découvert. Entrepris en 1859, les travaux d'enfouissement, de la Fonderie jusqu'au delà de la tour du Bollwerk durèrent jusqu'en 1866. La rue de la Sinne, ancien ruisseau comblé relie la porte du Miroir à la place de la République. Le Traenkbach (abreuvoir), autre ruisseau domestique, servait jadis de douves le long des remparts. À la Belle Époque, le cours d'eau n'était pas encore comblé. Le passage couvert du centre ville, connu aussi sous le nom de Mittelbach (rivière du milieu), était un autre ruisseau comblé qui longeait les remparts. Cette verrière commerçante existe toujours et l'eau circule encore sous ce passage piétonnier.

 

Un canal de décharge, rebaptisé canal de l'Ill est construit en 1846 pour évacuer le surplus des eaux de l'Ill en cas de crue, évitant ainsi les inondations dont Mulhouse était coutumier. L'Ill disparaît à nos yeux... à Mulhouse, si jadis elle se divisait en plusieurs bras qui formaient les douves de l'enceinte fortifiée du XIXème siècle, elle fut aménagée de manière à éviter les inondations. Un bras entre dans le périmètre de l'ancienne Fonderie et coule sous terre jusqu'à l'extrémité du Nouveau Bassin. Un peu plus loin à Illzach, elle est rejointe par la Doller. L'autre bras, dûment aménagé à partir de 1846, est devenu « canal de décharge » ou canal de l'Ill. À partir du pont des Fabriques, et jusqu'au pont de la rue de Strasbourg, le canal coule sous la dalle (réalisée en 1906/07) d'un parking puis sous le marché et même sous la grande halle du marché du canal couvert.

 

La Belle Époque de Mulhouse fit couler de l'encre... quand Mulhouse donne le ton à la mode parisienne dont madame de Pompadour, en son temps, vantait déjà les merveilles. Ses grandes qualités furent évoquées par Stendhal dans « le Rouge et Noir »


sources: Mulhouse – Contades – le Temps des Cités

Histoire de Mulhouse des origines à nos jours (éditions DNA ISTRA) Willy Fischer

Mémoires en Images MULHOUSE dans les années 1900

Mulhouse et ses environs Club Vosgien – Promenades et découvertes La Nuée Bleue

Promenade illustrée dans les vieux quartiers - Mulhouse au début du siècle Jacques Conrad ainsi que divers articles parus dans le journal l'Alsace au courant des vingt dernières années

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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 20:17

Mardi 21 décembre 2010

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Nous entrons dans la dernière phase de Noël... Père Noël, Father Christmas, Babbo Natale, Santaclaus, Weinachtsmann, Christkindel, il ne connaît pas de frontières, et pourtant il n'est pas bien vieux. Quelques textes le font apparaître au XIIIème siècle.

L'esprit de Noël c'est aussi une maison qui change de visage, qui se cache sous le houx et le gui, et où les fils d'or et d'argent tracent des arabesques. Chaque jour, un signe nouveau : une fenêtre du calendrier de l'Avent s'ouvre sur une promesse, une bougie qui éclaire la nuit, les aiguilles de pin qui parfument la pièce, les boules de verres, irisées ou multicolores, sortent de leur cachette annuelle. Émerveillement, rires émus, tant de souvenirs... Pour les chrétiens, la fête de Noël (du latin « natalis – naissance - nativité ») célèbre la naissance de Jésus, Fils de Dieu, le Sauveur attendu annoncé par les prophètes.

 

19 marcheurs sont au rendez-vous à Soultzbach les Bains, 9 heures. Notre ami Claude absent est retenue par une angine... bon rétablissement à lui. Une rapide grimpette mène à l'oratoire et à l'arbre de la Liberté qui surplombent le village.


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Oratoire et arbre de la Liberté à Soultzbach les Bains

 

Soultzbach les Bains : cité une première fois en 1211 « Sulcebach » de « Sulz » source salée et « Bach » ruisseau. Soultzbach est un village de défrichement tardif qui connut un rapide développement. Les seigneurs de Hattstatt le fortifièrent en 1275, devint une ville dont ils firent hommage au duc de Lorraine en 1294, contre argent comptant. Ils y possédaient aussi un château dès le 13ème siècle. À la suite de leur extinction en 1585, leurs héritiers, les Schauenburg, originaires d'Allemagne, transformèrent le château en hôtel de bains. Des bains, lancés vers 1615 furent fort appréciés aux 17ème et 18ème siècles par la haute société européenne comme lieu de cure et de loisirs. À la limite des bans de Soultzbach et de Guebershwihr, le château de Schrankenfels a été bâti au début du 13ème siècle par les seigneurs de Gueberschwihr. Au 14ème siècle il appartenait aux Hattstatt, au 15ème il était déjà en ruines.


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Les ruines du château de Schrankenfels

 

Une légende attribue à Blaeschen, gourmande génisse du jeune Frantz, la découverte de la principale source thermale de Soultzbach en 1603. Une source qui devait faire couler beaucoup d'encre (près de vingt ouvrages lui furent consacrés). Mais selon la version historique, la source était connue bien plus tôt puisqu'au début du XVIème siècle, Jacques de Hattstatt fit reconstruire la Maison des Bains (Badehus). Par ailleurs, des documents du XIII ème siècle mentionnent le village sous le nom de « Sulzpach » ce qui indique la présence d'eaux minérales.

C'est le propre d'une cité d'eau de renom d'attirer des visiteurs de marque … et on vit se précipiter des personnages illustres comme l'archiduc Léopold d'Autriche, le comte Eberhardt,dernier des Ribeaupierre, de grands bourgeois de Strasbourg et de Bâle, des hommes de sciences et même des poêtes. Le plus emblématique de ces visiteurs reste, sans doute, le célèbre séducteur italien Giacomo Casanova(1725-1798). En 1782, venant des Ardennes et se dirigeant vers Bâle, Casanova avait été attiré à Colmar par quelque intérêt de femmes. Il y entendit parler des eaux de Soultzbach et de la vie qu'on y menait et ne put faire autrement que d' y passer quelques jours. C'est là que se place une aventure défrayant longtemps la chronique des bains. Casanova, l'un des plus passionnés joueurs de son temps, y livra une partie de cartes durant 42 heures sans manger ni dormir… ce tour de force s'acheva par l'abandon de son adversaire, un capitaine français, qui perdit 50 000 francs en Louis d'or. Après ce fameux duel, il quitta les bains pour reprendre le cours de ses aventureuses pérégrinations !!

 

En été 1792, une visite sensationnelle vint illustrer l'histoire de la vallée de Munster et plus particulièrement celle de Soultzbach. Euloge Schneider, prêtre défroqué, jacobin sanguinaire, commissaire civil et accusateur public du tribunal révolutionnaire de Strasbourg, fit en effet un passage dans la station thermale afin d'y détendre ses nerfs surexcités !! Il y fut adulé par toute la société qui cherchait à gagner ses bonnes grâces. Nul ne désirait avoir maille à partir avec ce puissant et redoutable personnage. On festoya chez les citoyens et les citoyennes qui s'étaient hâtés de faire disparaître des belles nappes fines, les insignes brodées de la noblesse. De retour à Strasbourg, Euloge Schneider avait fort à faire pour ne pas laisser rouiller la guillotine. Le destin réserva à ce bourreau une fin guère glorieuse. Dans la nuit du 12 au 13 décembre 1793, le lendemain de son mariage avec une jeune fille de Barr, Saint Just, ami de Robespierre, le fit arrêter sous prétexte qu'il était entré à Strasbourg avec un luxe suspect . Il fut exposé, attaché à la guillotine, sur la place publique (future place Kléber) avant d'être transféré à Paris et guillotiné le 1er avril 1794.

 

Une longue montée régulière débouche devant la bifurcation du château du Haneck que nous ignorons pour grimper directement au château du Schrankenfels. Juste quelques mots sur les ruines du Haneck.


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vue sur la vallée de Munster depuis le château du Haneck

 

Ce petit castel a certainement été construit au XIIIème siècle, probablement à la suite d'un partage familial de son proche voisin, le Schrankenfels. Il passera successivement de la tutelle des chevaliers de Schrankenfels aux Hattstatt puis finalement aux Schauenburg. Le Haneck sera détruit pendant la guerre de Trente Ans pour ne jamais être reconstruit. À peine cinq minutes de marche séparent le Haneck du Schrankenfels au-dessus de la vallée du Krebsbach à 765 mètres d'altitude. Il ne reste que de faibles ruines perdues dans la végétation ce qui rend très difficile la lisibilité du plan de ce petit château.

 

Arrivés au château du Schrankenfels, nous nous octroyons un court repos avant de rejoindre le col de Wolfsgrübe à travers le Schlosswald. La Borne Jaune n'est plus très loin…


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le carrefour de la Borne Jaune


Du carrefour du Hundsplan, il reste à peine 15 minutes pour arriver à Osenbuhr… et notre repas de Noël. Je ne vous ai pas encore dit pourquoi les compagnons du mercredi marchent exceptionnellement le mardi... c'est tout simplement pour déguster un bon  pot au feu au Bon Chasseur à Osenbuhr ! Située au cœur de la forêt, la petite auberge est fort accueillante... bon choix pour le pot au feu qui était comme d'habitude, excellent… nous avons repris la route, la peau du ventre bien tendue... pour monter à la vierge du Bildstœckle.


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Du carrefour du Bildstœckle part un sentier menant aux ruines du château de Hattstatt. La dynastie prédominante à Soultzbach est celle des Hattstatt dont le château d'origine, le Haut-Hattstatt, est situé dans cette montagne entre Soultzbach et Guebershwihr. Dès 1250, ils s'assurent des biens de l'abbaye de Marbach située à proximité et font entourer le village d'une enceinte fortifiée en 1275. En 1504, Jacques de Hattstatt s'installe à Soultzbach avec son épouse Marguerite de Rathsamhausen. Nicolas de Hattstatt, illustre guerrier, séjourna souvent à Soultzbach entre deux campagnes militaires. Il mourut sans descendance en 1585 et avec lui s'achève la lignée. En 1603, les barons de Schauenburg prirent la succession des Hattstatt en héritant du village, du château et de la source.

 

L'eau a apporté charme et bien-être au village grâce à ses sources thermales et ses fontaines , symboles de vie et d'échanges sociaux. L'eau de Soultzbach est une eau bicarbonatée mixte, alcalinisante, diurétique et reconstituante, légèrement gazeuse en plus d'un goût agréable. Les derniers seigneurs de Soultzbach, les Schauenburg, avaient bien compris tout l'intérêt de l'utilisation médicale de la source… aux XVIIème et XVIIIème siècles, ils développèrent l'activité thermale en faisant construire des bains tout en logeant les curistes au château. Au XVIII ème siècle, on y mène grande vie et de brillantes fêtes alternent avec les séances de cure. Après une période de désaffection, les affaires reprennent au début du XIXème siècle et on commence à commercialiser l'eau en cruches... Sauvés une première fois par la famille De Gonzenbah, venue de Suisse en 1842, les bains allaient disparaître. Quant à la commercialisation de la source, elle fut brutalement arrêtée en 1993. Il semble que le rajout « les Bains » ait été donné entre les deux guerres afin de rappeler son passé thermal et prestigieux. Mais les bains passent de mode et la station thermale tombe peu à peu dans l'oubli. Le bâtiment des bains a définitivement disparu en 1976. En revanche, l'eau de Soultzbach ne connut jamais de déclin, exploitée de façon industrielle depuis la fin du XIXème siècle par les descendants de M. De Gonzenbach, elle est commercialisée aujourd'hui sous la société Carola de Ribeauvillé.

 

Du carrefour du Bildstœcklé, un sentier dévale au col de Marbach, rejoint le Stumpfenkopf dans la forêt de Wihr au Val pour arriver à Soultzbach les Bains par la grotte de Lourdes.


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La troupe des compagnons du mercredi souhaite à tous ses lecteurs :

 

UN JOYEUX NOËL !!


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Marthe et les compagnons

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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 10:25

Mercredi 15 décembre 2010

 


avec ses frais vallons, l'été murit chez elle les vignes et houblons !

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et l'hiver nous offre des paysages féériques ...


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Je vais commencer par un profond chauvinisme, une fois n'est pas coutume... en été nous sommes comblés par richesse et beauté de la nature, et l'hiver nous sommes entourés de paysages féériques, même si, en vieille France on nous taxe de Sibérie !! nous sommes comblés !!

 

J'utilise le terme « Vieille France » car toute ma carrière professionnelle s'est déroulée au rythme du droit local. Ce fameux droit local alsacien-mosellan qui est applicable dans les trois départements de l'Est (Bas-Rhin, Haut-Rhin et Moselle) qui ont une histoire commune. Comment ne pas évoquer une pièce maîtresse de notre système local que constitue le Livre Foncier ! Ses avantages sur d'autres régimes de publicité foncière sont largement reconnus... Un formidable travail a été accompli par Maître François Lotz de par son livre « le Notariat Alsacien de 1800 à nos jours » paru en 1989. L'histoire de la Moselle, et par le fait même celle du notariat, était liée à celle de l'Alsace pendant l'annexion à l'Empire allemand de 1870 à 1918, en formant avec elle « l'Alsace-Lorraine ». Et depuis le retour à la France, l'évolution du notariat mosellan se confond avec celle du notariat alsacien. On sait que l'Alsace formait, jusqu'au Traité de Francfort, deux départements français : le Bas Rhin et le Haut Rhin dont dépendaient également les localités de l'actuel Territoire de Belfort. La province, moins le Territoire de Belfort, fut alors annexée à l'Empire allemand et forma, avec le département de la Moselle, également annexé, un « Land » allemand, l'Alsace-Lorraine. Les trois départements revinrent à la France après la Première Guerre Mondiale, à la suite du Traité de Versailles. L'Alsace détient à la fois un lourd et riche passé.

 

Après ce bref retour au passé, une journée merveilleuse s'ouvre à nous !! Willer sur Thur, 19 personnes au rendez-vous à 9 heures, pas de raquettes aujourd'hui, les griffes feront l'affaire pour grimper au Freundstein. La température négative avec moins 8 ° ne nous fait pas peur !! même pas froid... Nous avons le plaisir de retrouver Monique après une courte absence !


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montée au Freundstein

 

Direction Col Amic par le sentier qui démarre derrière le camping et grimpe à travers la forêt offrant des paysages féériques. Une superbe sente à travers la forêt...Sur notre gauche, en contrebas, Goldbach, l'un des villages les plus élevés d'Alsace (alt. 695 m) , tire son nom d'une rivière poissonneuse en truites dont le fond est semé de paillettes de mica pulvérulent.

Entre Willer-sur-Thur et Goldbach, un petit groupe d'habitations blotties dans le vallon est signalé par un panneau « Le Moulin » dit Mehl. Il ne subsiste plus rien aujourd'hui de l'antique moulin établi sur la berge du torrent du Wyssbach. Une ancienne scierie existait, placée en amont du pont avant la montée du Kilchwag. La scierie fut remplacée par un atelier de serrurerie taillanderie. Le bâtiment endommagé pendant la première guerre devait être totalement abandonné. En 1865 fut construit un tissage de 117 métiers. Vers 1906, l'ensemble des bâtiments, à savoir l'ancien moulin ainsi que l'usine étaient aux mains de la société Gerrer qui y faisait battre 160 métiers. La première guerre mondiale a ruiné définitivement toute industrie à Goldbach. L'actuelle maison fut érigée dans les années 1927 avec les matériaux de remploi du vieux moulin.


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Le charmant bourg de Goldbach niché au pied du Grand Ballon


Il fait beau, nous ne sentons pas le froid, après une courte pause nous bifurquons vers le Freundstein et ses ruines.


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Les ruines du château du Freundstein en habit d'hiver


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endroit propice pour immortaliser la joyeuse troupe


Après la ferme-auberge du Freundstein, il reste la descente jusqu'à la ferme-auberge d'Ostein et nous réchauffer autour d'une bonne soupe de légumes. Ça fume et ça réveille nos papilles...


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Montée à la FA du Freundstein

 

Après quoi nous dévalons à Willer sur Thur par un chemin longeant d'énormes rochers, impressionnant... une bien belle journée s'achève.

Il y a quelques jours nous parlions tous de la Saint Nicolas qui reste un mythe pour les enfants. La nuit du 5 au 6 décembre, en Alsace, on ne parle que de lui... le patron des écoliers apporte des friandises, des pains d'épices et clémentines. Petits et grands mangent les « Manala » ces fameux petits bonshommes briochés, l'un des symboles de cette fête... qui intriguent tant les visiteurs en cette saison de l'année, car toutes les vitrines des boulangers-pâtissiers regorgent de ces attendrissantes petites figurines...

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Le Saint Nicolas, tradition de l'Europe du Nord, il est le saint le plus populaire en Alsace où il est célébré depuis le 11ème siècle. Qui était Saint Nicolas ? Évêque de Myre au IV ème siècle, ses reliques furent transportées plus tard à Bari, au Monte Gargano en Italie. La légende s'empara de lui, et en fit un des saints les plus miraculeux. Comment devint-il le patron des Lorrains ? En l'an 1100, un gentilhomme lorrain, revenant de la croisade, passa par l'Italie et reçut , ou vola, les os d'un doigts de saint Nicolas. Il en fit don à l'église de Port, alors consacrée à la Vierge Marie. Les pèlerins se pressèrent en foule, l'église devint Saint Nicolas de Port... des miracles eurent lieu.

willer-8.gifImage empruntée sur le net


Habillé en évêque, il porte un long manteau rouge, une mitre sur la tête, une crosse à la main et une longue barbe blanche. Saint Nicolas est considéré comme l'ancêtre du Père Noël… les enfants l'attendent avec impatience, il vient dans les villages accompagné du père Fouettard (Hans Trapp) qui lui, punit les enfants pas sages... ce dernier dépose des verges ou des martinets pour les enfants méchants, mais aussi peut les emporter avec lui, leur infliger la pire punition, l'éloignement de la famille, rejoignant ainsi la grande famille des croquemitaines, des loups-garous, des monstres de la nuit. Qui de nous ne se rappelle un épisode de sa jeunesse… la frayeur que l'on éprouvait en entendant les clochettes de Saint Nicolas dans la nuit profonde du 5 au 6 décembre !!


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Et pourtant... une bien triste histoire actuelle pourrait prêter à sourire si cela ne concernait pas directement nos traditions... bientôt le Saint Nicolas lorrain accompagné de son Hans Trapp (père Fouettard) devant le Tribunal de Strasbourg nouvellement compétent pour faire condamner pour contrefaçon de marque tous les pains d'épice alsaciens à l'effigie de Saint Nicolas et portant son nom ? Faire du patron des enfants une marque déposée, il fallait y penser et les villes de Nancy et Saint Nicolas de Port (Meurthe et Moselle) l'ont fait ! En effet, elles ont porté plainte auprès de l'Institut national de la propriété industrielle (Inpi). Espérons que tout rentrera dans l'ordre car la culture populaire n'appartient à personne ! Et que rien ni personne n'empêchera le Saint Nicolas de continuer à distribuer, comme à l'accoutumée, des friandises aux enfants sages, qu'ils soient alsaciens, lorrains ou de n'importe quelle région… Je souhaite ardemment que cette tradition vive, il y va de nos traditions anciennes et que les collectivités publiques continuent à fêter Saint Nicolas envers et contre tous !!! affaire à suivre...

Marthe

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16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 11:37

Mercredi 8 décembre 2010

 

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Il manque de neige aujourd'hui !! au départ à Rimbach/Guebwiller. Les raquettes resteront dans le coffre de la voiture… 9 heures au parking de la grotte de Lourdes, installée dans la roche avant Rimbach, nous chaussons les griffes car le terrain paraît verglacé et grimpons au col de Peternit.

Nous souhaitons la bienvenue à l'ami André qui vient rejoindre notre groupe.

 

Rimbach près Guebwiller à ne pas confondre avec Rimbach près de Masevaux… Rimbach près Guebwiller se trouve au fond d'un étroit vallon situé au pied du Grand Ballon. La vallée du Rimbach sur le flanc d'une montagne et de forêts se perd sur les hauteurs du Grand Ballon et conserve encore des métairies comme la Glashütte… À droite de la vallée de Rimbach on trouve la vallée de Guebwiller.

La vallée du Rimbach tire son nom de son cours d'eau Le Rimbach du versant oriental des Vosges ; il naît au Sudelkopf juste à l'est du Grand Ballon dans l'enclave de Soultz, arrose Rimbach près Guebwiller et Rimbachzell pour déboucher dans la plaine à Soultz et se verser dans la Lauch au sud-est de Rouffach.

 

Une petite colonie de défrichement installée au Moyen Âge au pied du massif du Grand Ballon semble être à l'origine de Rimbach. C'est sous le nom de Rinpach, vers 1291, qu'apparaît le village. Il fut une possession du bailliage de Soultz relevant de l'évêque de Strasbourg qui l'inféode aux seigneurs de Jungholtz jusqu'en 1784. Autrefois composé d'habitations dispersées le long du ruisseau aux deux extrémités, le village dépendait de la paroisse de Soultz et fut ensuite réuni à la paroisse de Rimbachzell et en 1850 forma une paroisse indépendante. En 1755, l'agglomération comptait 16 familles de bûcherons et de charbonniers. Au XVIII ème siècle, l'économie locale repose essentiellement sur la verrerie et l'exploitation de la forêt.

Connaissez vous le « Puppelstein » ?? (pierre à bébés) considéré par la légende comme l'endroit où les sages-femmes cherchaient les bébés pour les apporter aux jeunes mamans. Il fallait bien expliquer les origines aux enfants... ce n'est que depuis 1870 que les bébés alsaciens sont apportés par les cigognes !! Cette pierre, au temps de la christianisation reçut le nom de « Hexenstein » (pierre aux sorcières) afin de mettre un terme à des pratiques païennes. Également connu sous le nom de « Rutschfelsen » (pierre à glissade) servait de test aux jeunes gens. Ceux qui arrivaient à glisser d'un trait le long de la pierre étaient assurés de se marier dans l'année. Cette tradition perdure visiblement toujours comme le prouvent les traces de glissades au centre de la pierre...

 

Après le Münsteraeckerle nous montons au rocher Saint Pirmin afin de bénéficier d'une vue plus dégagée qu'à notre dernier passage...


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vue sur la vallée de Murbach depuis le rocher Saint Pirmin

 

Du rocher nous apercevons l'abbaye de Murbach fondée par Saint Pirmin en 728 financée par le comte Eberhard, frère du duc d'Alsace. Murbach, au XVIème siècle, était l'une des plus illustres abbayes en Europe. Après la Guerre de Trente Ans, comme le reste de l'Alsace, la principauté devient française (1681). En 1759 elle est transférée à Guebwiller et perd son statut d'abbaye pour devenir chapitre de chanoines. Les bâtiments vides sont détruits et les matériaux réutilisés. Seuls subsistent le chevet et le chœur de l'abbatiale.

 

Du rocher Saint Pirmin nous nous dirigeons à l'Ebeneck (859m) qui est le point culminant du ban de Buhl. En 1976, on a découvert une galerie de sondage et des traces de prospection sur les flancs de l'Ebeneck qui attestent de l'exploitation de minerais dans le vallon dès le XVI ème siècle. Vers 1700, l'abondance du bois permet l'installation d'une verrerie à Dieffenbach et à la Glashütte, deux hameaux voisins sur le ban communal de Soultz. Cette activité s'interrompit dès 1714 avec le départ des verriers pour les terres de l'abbaye de Murbach. S'organise alors la culture mais surtout l'élevage et l'exploitation de la forêt.


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L'Ebeneck point culminant du ban de Buhl

 

Un sentier rejoint le col de Judenhut d'où nous prenons le chemin allant à la ferme-auberge Glashütte pour le repas. Il pleut depuis un moment et nous apprécions d'arriver pour manger au chaud.


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Arrivée à la ferme-auberge Glashütte 

 

Un peu à l'écart du chemin forestier reliant le Firstacker à la ferme auberge, une stèle à la mémoire de Albert Backert mort dans la fleur de l'âge en 1911, épuisé et gelé en solitaire dans une mer de brouillard de montagne.

 

Comme relaté plus haut, le nom Glashütte provient probablement d'une ancienne verrerie qui existait au XVIII ème siècle et où travaillèrent de nombreux verriers. Aujourd'hui la ferme-auberge accueille de nombreux randonneurs, en toutes saisons, qui viennent se désaltérer et se rassasier après avoir fait une longue randonnée dans les alentours. De là, plusieurs chemins forestiers et sentiers permettent de se rendre sur les contreforts du Grand Ballon ou encore au Roedelen.


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Pour les gourmands, d'énormes meringues glacées, sont servies avant de reprendre la route...

 

Aucun de nous n'est pressé d'affronter le temps humide pour repartir et nous traînons volontiers dans l'atmosphère chaude de la stuwa alsacienne... sous le regard des merveilleuses poupées en pâtes à sel accrochées aux murs... mais le rêve s'arrête là et il faut penser à redescendre à Rimbach.

 

Une visite à Casimir et Esmeralda de la Glashütte avant de dévaler la pente et rejoindre Rimbach.

Les deux lamas de la Glashütte sont à eux seuls une attraction… on ne peut passer devant le pré sans leur faire un petit coucou...

 

Les premiers écrits concernant le lama le comparent généralement au mouton. Pourtant on s'aperçut très vite de sa parenté avec le chameau et donc avec les camélidés. Surprenant bien que fascinant, cet animal, encore peu présent dans notre région, reste encore mystérieux pour nous, il gagne à être connu du grand public. Le lama, avec l'alpaga, la vigogne et le guanaco, font partie de la même famille que le chameau et le dromadaire, les camélidés, il est adapté à l'altitude. D'un tempérament curieux, il s'approche de nous, nous observe avec ses grands yeux bordés de longs cils qui pourraient rivaliser avec les plus beaux yeux maquillés... Animal un peu nonchalant, empreint d'une grande noblesse avec sa robe de laine soyeuse, finement ondulée. Une grande variété de couleurs reflète une grande beauté. Originaires des Andes, les lamas (lama glama) sont des camélidés, comme il en existe quatre espèces, originaires d'Amérique du Sud. Alpagas et lamas sont domestiqués depuis 7 à 8000 ans. Indispensables aux peuples Indiens des Andes, les lamas jouent un rôle important dans les rituels et la mythologie indigène.


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Casimir devant la FA Glashütte

 

un dernier coup d'œil à Casimir et son domaine avant de dégringoler à Rimbach.

 

Les compagnons vous donnent rendez-vous la semaine prochaine...

Marthe

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