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11 avril 2011 1 11 /04 /avril /2011 11:01

Mercredi 30 mars 2011

Cette sortie sera, pour certains d'entre nous, une copie conforme d'une virée vécue en automne 2010, mais tellement belle et enrichissante que nous tenions à la faire partager aux compagnons !!

ammerschwihr-1.jpgLa Porte Haute,tour des cigognes ou encore « Obertor » à Ammerschwihr

L'origine de la Vallée de Kaysersberg remonte à la nuit des temps. Habitée dès la préhistoire, cité gallo-romaine, c'est surtout le Moyen Âge qui va lui façonner cette belle image. De multiples villages vont s'implanter dans ce décor verdoyant qui s'habille d'un lourd et doux manteau blanc en hiver, revêt ses plus belles couleurs au printemps, brille de mille feux en été et devient sauvage et fauve en automne, un vrai paradis.

Une bien belle vallée avec ses beautés naturelles, la vigne monte à l'assaut des collines, les châtaigneraies descendent doucement de la montagne, les belles forêts et, à l'arrière plan, les Hautes Vosges. Tous les siècles y ont laissé des traces. La vallée garde l'empreinte des époques celtes, romaines, des vestiges du Moyen-Âge et des splendeurs architecturales de la renaissance rhénane. Alors que le dialecte alsacien est parlé couramment dans le vignoble, le patois roman résonne encore dans le pays welche. Si le Bas de la vallée est abrité et bénéficie d'un climat semi-continental ensoleillé, chaud et sec et de ce fait, est le terrain de prédilection des vignes, au contraire le Haut hérite d'un climat rude avec des précipitations abondantes et des vents violents. Les hivers y sont froids et enneigés. Cette région représente aussi un haut lieu d'histoire.

Les vignerons élèvent, avec amour et respect, leurs grands crus pendant que les montagnards fabriquent fromages et eaux de vie. L'alchimie étonnante de ces deux terroirs donne à la vallée son caractère et son atmosphère unique et précieuse. Ses habitants perpétuent des traditions séculaires, entretiennent avec passion les sentiers et renseignent avec bonne humeur le promeneur à la recherche d'une source ou encore d'un château.

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La Porte Haute,tour des cigognes ou encore « Obertor » du XIII ème siècle, fait partie intégrante de la fortification. Relevant du Saint-Empire romain germanique, elle était située à la sortie ouest de la ville. Au cours du XV ème siècle, la structure supérieure fut modifiée par un colombage et une bouche à feu. Un cadran solaire aux armes de la ville figure sur les façades Est et Ouest.

La cigogne blanche d'Alsace, aussi nommée le « Grand Blanc d'Alsace » est une des figures emblématiques de l'Alsace, source de contes et de légendes bien entendu.

 

De l'antique Égypte, la cigogne était sacrée et quiconque l'attaquait était puni de mort. En Grèce, jadis, on appela « loi cigogne » l'édit qui obligeait les enfants à nourrir les parents âgés et dans la détresse. De nos jours, en Orient et en Alsace, ce respect et cette vénération traditionnels survivent encore. Des légendes racontent que la cigogne est avant tout un porte-bonheur. Une très vielle légende féodale du Bas-Rhin raconte que les cigognes incarnaient la survivance des trépassés et avaient la mission d'aller quérir au fond du puits l'âme destinée au bébé qui allait naître… de nos jours, c'est encore la cigogne qui apporte les bébés... et bien d'autres légendes encore…

Proche de la Porte Haute, la chapelle Saint Wendelin, est mentionnée dès 1325 sur un lieu placé sous la protection de Saint Wendelin. La toponymie en a conservé le souvenir, l'une des vallées se nommant Wendlingsthal. Le lundi de Pâques 1793, la statuette en terre cuite datant de la fin du XV ème siècle représentant la Vierge douloureuse ornant le maître-autel des Trois Épis fut déposée sur l'autel de la chapelle Saint Wendelin puis déplacée à l'église paroissiale. La statue fut ainsi en sûreté durant toute la période révolutionnaire, alors que la plupart des objets du culte ainsi que le mobilier des églises furent vendus aux enchères... Après la Révolution, la statue fut replacée en avril 1804, dans la chapelle Saint Wendelin et une grande procession la ramena en juillet 1804 aux Trois Épis sur son lieu de dévotion originel. Reconstruite vers 1878-80, la chapelle subit des dégradations de décembre 1944 à janvier 1945. Après une première restauration, la ville d'Ammerschwihr procéda entre 1998-99 à de nouveaux travaux.

ammerschwihr-3.jpgChapelle Saint Wendelin

Départ pour le vignoble... on ne peut parler d'Ammerschwihr sans souligner le cru prestigieux du Kæfferkopf ! Au cœur du vignoble le Kæfferkopf mûrit d'année en année un raisin qui donne le fameux cru du vin d'Alsace. Mentionné dans les archives.

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Dès 1328 sous la dénomination « Zem Kefersberg » ce lieu-dit n'a cessé d'acquérir au cours des siècles ses lettres de noblesse.

Dans les vignes, au pied du massif vosgien, subsiste la base du donjon carré de l'ancien château de Meywihr cité en 1279.

 

Sur la colline, à 423 m d'altitude sur le lieu-dit Croix Meywihr, est érigée une croix. Édifiée par l'Association des déportés, évadés et incorporés de force, les Malgré Nous d'Ammerschwihr, à la mémoire de ses morts et disparus, au cours d'une page douloureuse de l'histoire de l'Alsace.

 

Comme toujours, un splendide panorama récompense les randonneurs de leurs efforts. Une vue sur les trois châteaux de Ribeauvillé ( Saint-Ulrich, Girsberg et le Haut de Ribeaupierre) mais également, à droite le Haut Kœnigsbourg…

 

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la Croix Meywihr

 

Il faut traverser la riche forêt pour arriver sur les hauteurs de Katzenthal, charmant bourg blotti entre les coteaux du Wineck-Schlossberg et du Winterberg situé au pied du château du Wineck. Détruit à 90 % lors de la bataille de la poche de Colmar en décembre 1944, il fut totalement reconstruit retrouvant son charme d'antan. Katzenthal , fier de ses deux grands crus alsaciens, le Wineck et le Schlossberg, dominé par son château, aujourd'hui musée archéologique se blotti au cœur de son charmant vignoble.

Des découvertes néolithiques (2000 à 1700 avant JC), datant de 1899 sur la colline du Dorfbourg, à quelques centaines de mètres au sud-est du village, consistent en trois tombes préhistoriques contenant des squelettes et des fragments de vases, attestent que le vallon de Katzenthal a été habité dès la préhistoire.

 

En 1220 fut fondé le couvent des dominicaines Sainte Catherine (les Catherinettes) assemblée de femmes pieuses dont sainte Catherine était la patronne. Une querelle opposa en 1249 ce couvent au seigneur local Reichard vom Winneg, querelle qu'arrangea un seigneur de Schauenberg. En 1288 le couvent des dominicaines Sainte Catherine fut transféré à Ammerschwihr, pour être transféré, en 1312, à Colmar où il se maintint jusqu'en 1790. À l'heure actuelle, le couvent est une école, et l'église a été aménagée en salle de concert municipal (la salle des Catherinettes).

 

Le territoire de Katzenthal, à l'origine propriété d'Eguisheim, fut réuni à celui d'Ingersheim et le resta jusqu'à la Révolution Française.

 

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Le château de Wineck

 

Le château de Wineck, autrefois appelé aussi Weineck, qui date de la fin du XII ème siècle est à l'origine de la localité actuelle. La première mention du village, sous la forme de Chacindale, figure dans une charte de 1185 du pape Lucius III. Il se pourrait que cette désignation dérive du nom du premier habitant de l'endroit, un dénommé Chazzo, propriétaire du vallon. En 1212, la localité est évoquée sous la graphie Kancedale, pour finir en Katzenthal voulant dire « Val aux Chats ».

La construction du château, sur ordre du comte de Ferrette, date du milieu du XIII ème siècle. Passe par la suite aux mains de la puissante famille des Habsbourg pour finir en fief à la famille des Rathsmanhausen. Tout d'abord uniquement constitué du donjon et d'un petit logis, le château de Wineck s'agrandit et s'entoure de son enceinte au XIV ème siècle. Le château de Wineck est rapidement abandonné, n'ayant aucune importance stratégique. Dès le début du XVI ème siècle il est signalé en ruine. (sources puisées sur le net)

 

Le château est de dimensions très modestes. Une tour quadrangulaire s'appuie contre une enceinte de peu d'espace. Son appareil est lisse avec des chaînages d'angle en bossages. Par sa taille et sa conception, il n'est pas sans évoquer Hagueneck.( sources : dictionnaire des châteaux de l'Alsace médiévale de Charles Laurent Salch)

 

Depuis 1986, Katzenthal, avec plusieurs autres communes de Haute Alsace, est membre de la Fédération des villes de Lazare de Schwendi, qui réunit des communes et des villes de France, de Belgique et d'Allemagne, qui ont fait partie des anciennes seigneuries du diplomate et humaniste Lazare de Schwendi ou qui, de quelque manière, ont eu des rapports très étroits.

 

Lazare de Schwendi, né en juin 1522 à Mittelbiberach en Souabe, fils illégitime de Ruhland de Schwendi et Appolinia Wenken, sa servante, son père décédé en juin 1525 avait établi un testament instituant la ville de Menningen, exécuteur testamentaire et tuteur de son fils. Diplomate et général de Charles Quint et Maximilien II, il est devenu célèbre en Alsace dans la région de Colmar. C'est surtout en Alsace qu'il laissa son empreinte, il se rendit propriétaire, en 1563, de la seigneurie de Hohenlandsberg avec la ville de Kientzheim et de son château, les villages de Sigolsheim, Ingersheim, Katzenthal et de Logelheim, ainsi qu'une partie des localités de Niedermorschwihr, Wintzenheim, Ammerschwihr et Turckheim. C'est dans sa résidence de Kientzheim qu'il résidait le plus volontiers. En 1572, il devint seigneur de Kirchhoffen – commune d'Ehrenkirchen en pays de Bade – et l'année suivante prévôt impérial de Kaysersberg. Décédé en 1583 à Kirchhoffen et, selon ses dernières volontés, inhumé dans l'église de Kientzheim, sa pierre tombale, en grès rose, représentant l'effigie en haut relief du défunt en chevalier est toujours visible (classée à l'inventaire des monuments historiques). Frédéric Auguste Bartholdi réalisa en 1898 une statue de Lazare de Schwendi, brandissant un plant de vigne, qui surplombe la fontaine au milieu de la place de l'Ancienne Douane à Colmar. Fontaine dédiée à Lazare de Schwendi qui commanda l'armée impériale contre l'armée de Soliman le Magnifique en Hongrie. La légende raconte qu'il en rapporta le Tokay, l'un des cépages les plus réputés en Alsace, aujourd'hui appelé pinot gris…


ammerschwihr-7.jpgKatzenthal au pied du château

 

Un raidillon, et déjà nous nous trouvons devant une statue géante… le Galtz ! La récompense de la journée !! Le Christ ouvre ses bras sur la montagne et la plaine en souvenir des morts de la Première Guerre Mondiale érigée en 1930, une nouvelle statue constituée d'un conglomérat de résines et de poussière de pierre a remplacé en 1991 le monument initial rongé par les intempéries. Le panorama du haut du monument est exceptionnel.

 

Au sommet d'un petit éperon rocheux à une altitude de 731 m, a été érigée en 1930, une monumentale statue du Christ bénissant la plaine d'Alsace, en reconnaissance du retour de l'Alsace à la France, elle est due au sculpteur Valentin Jaeg et mesure 8 m de haut (23 m avec le socle). La vue est magnifique… on peut monter par un escalier en colimaçon jusqu'à une coursière périphérique au 1er niveau et admirer les alentours. Les Trois Épis, célèbre pèlerinage est tout près, situé au pied du Galtz.


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Le Christ protecteur de l'Alsace

 

Les Trois Épis sont nés en 1491 suite à l'apparition à Thierry Schoeré, forgeron d'Orbey se rendant au marché de Niedermorschwihr, de la Vierge Marie portant trois épis en sa main droite et un glaçon dans sa main gauche… Le milieu du XIX ème siècle marque un tournant décisif pour l'avenir des Trois Épis, une station touristique allait naître. Reconnue pour son air pur bienfaiteur, la station a été choisie (années 1950) comme Centre Médical de Convalescence et Soins par la MGEN.


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Notre Dame des Trois Epis

 

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Au lieu-dit La main de Fer, une stèle en mémoire de Felix Spitz (président du Club Vosgien de Colmar de 1936 à 1966) et pour cause… réalisateur des cartes touristiques des Vosges, vous savez celles qu'on nous envie à l'extérieur de notre belle région… À coté, un kiosque accueille les randonneurs, une pause s'impose pour nous, bon appétit… La descente à Ammerschwihr est plaisante à travers une superbe forêt où le houx est omniprésent. Le sentier débouche sur le golf d'Ammerschwihr.


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De retour à Ammerschwihr, la Porte Haute laisse entrevoir le charme de ses rues…

 

Ammerschwihr, habitée dès l'âge de bronze, puis à l'époque romaine où elle démarre son activité viticole, est citée en 869 sous le nom de « Amalrici Villare » ou « village d'Amalrich ». Élevé au rang de ville dès 1367 elle fut fortifiée dès le XIV ème siècle. Les habitants de Meywihr et Katzenbach, deux hameaux voisins vinrent se réfugier derrière les remparts de la ville…

 

Les petits ruisseaux, le vignoble, les crêtes, les villages devenus d'élégantes petites villes, tout dans cette belle vallée raconte son histoire. Bercés par des légendes, l'atmosphère de la vallée quelque peu mystérieuse nous plonge dans un conte, entre rêve et réalité, dépaysement total assuré pendant une randonnée de ce type…

 

un grand bravo à Aldo pour cette sortie bien orchestrée...

 

Marthe

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8 avril 2011 5 08 /04 /avril /2011 11:05

Dimanche 27 mars 2011

 

La Prière de l'Arbre

 

Homme, écoute-moi

Par les fraîches nuits de novembre je suis la chaleur de ton foyer

C'est en me consumant moi-même que je peux te réchauffer

Je suis l'ombre rafraîchi sous le soleil torride de l'été

Je suis la charpente de la maison et le toit de tes abris

Je suis la planche de ta table et la chaise sur laquelle tu peux te reposer

Je suis la voûte de tes églises et de tes cathédrales

Je suis le lit dans lequel tu dors lorsque ta journée de labeur est terminée

Je suis la matière vivante qui crée l'harmonie de ton violon et les sons harmonieux de ta flûte

Je suis le bois avec lequel tu construis les navires

Je suis le manche de la faucille, le patin de ton traîneau et la porte de ton enclos

Je suis le coffret de tes biens, le rouleau qui façonne la pâte et la cuillère qui remue ton potage

Je suis le berceau de ton enfant et je serai ton cercueil quand tu quitteras ce monde

Si je suis là pour toi, alors respecte-moi !!

 

niederbruck-1.jpgdépart : 9 heures à Niederbruck

 

Niederbruck vient du germanique brucca (pont en allemand) et nieder (bas). Le village est cité pour la première fois en 1482. Il prend forme avec la découverte des mines et des mineurs.

 

Au début du 19 ème siècle, les Witz, les Steffan et les Oswald créent une fonderie pour la fabrication du cuivre à l'usage de la marine et du commerce. L'établissement connaît un développement important en 1882 avec l'arrivée de Joseph Vogt, qui instaure la fabrication des rouleaux en cuivre pour l'impression des tissus. L'industriel est aussi à l'origine de la découverte de la potasse...

 

La montée à Bruckenwald par le chemin forestier est parfaitement adaptée. Un peu plus loin le lac Lachtelweiher, petit lac du versant alsacien des Vosges dans la vallée de Masevaux sur le territoire de la commune de Kirchberg. Situé dans un cadre romantique à 740 m d'altitude, il est propice à la pêche et à la randonnée. Les roches retrouvées dans la digue naturelle du lac et le versant du Stosswald, au nord du plan d'eau, permettent l'hypothèse d'un glissement de terrain. L'amoncellement de roches aurait arrêté les eaux créant le lac. La légende : les pierres étranges trouvées au bord du lac auraient le pouvoir de se transmuter en or… la fameuse pierre philosophale reposerait donc au fond lac, ce lac à l'origine mystérieuse… La pierre philosophale constitue le but ultime de tout alchimiste, elle aurait, entre autres, le pouvoir de changer le plomb en or. On lui prête parfois d'autres vertus comme la vie éternelle.

 

Laissons nos rêves et montons au Lochberg… alt. 890 m situé sur le ban de la commune de Kirchberg, petit village de la vallée de la Doller. Cette bonne vieille Doller qui d'ailleurs prend sa source non loin de la ferme. Après un long repos hivernal, dans la solitude de la montagne la saison reprend pour la ferme-auberge début mai, et chaque année au printemps… quand l'herbe est assez haute sur les pâtures du Lochberg, c'est la transhumance, le troupeau de vaches bien décorées avec les clarines offre un spectacle bucolique !!

 

Sur notre gauche… le Baerenkopf surgit d'une mer de nuages…


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À ses pieds, la Doller prend sa source sur les hauteurs de Dolleren, au lieu-dit Fennematt à 922 m d'altitude. La Fennematt fut de 1871 à 1914, une frontière nationale entre la France et l'Allemagne. La Doller dévale d'ouest en est, sur un dénivelé de 700 m pour rejoindre l'Ill dans l'agglomération de Mulhouse. La Doller alimente également le plan d'eau de Michelbach, réservoir en eau de la région de Mulhouse.

 

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Dans un pré, entourée de crocus… l'eau coule comme par un miracle de la nature… la Doller est née ! C'est ici la Fennematt.

 

Sur un panneau, nous apprenons, que c'est une eau pure pour plus de 200 000 habitants, soit 1/3 de la population du Haut Rhin. Longue de 44 kms elle coule vers Mulhouse.

 

L'éthymologie de son nom est de «die Oller» mot celtique qui se traduit par « l'eau courante ». Son bassin versant d'une largeur maximum de 10 kms couvre une superficie de 238 km². La Doller rejoint l'Ill dans l'agglomération mulhousienne. Parallèle à la Thur qui coule un peu plus au nord, elle baigne Sewen, Dolleren, Wegscheid, Niederbruck, Sickert, Masevaux, Lauw, Sentheim, Guewenheim, Pont d'Aspach, Reiningue, Lutterbach et Pfastatt avant de se jeter dans l'Ill. La Doller alimente ainsi le plan d'eau de Michelbach, réservoir en eau de la région de Mulhouse.Le lac de retenue d'eau de 7 200 000 m³situé au pied des Vosges fut créé en 1982 pour réguler le cours de la Doller et de ce fait l'alimentation de la nappe phréatique dans laquelle l'agglomération mulhousienne puise son eau potable. Classé en réserve naturelle volontaire, les oiseaux y prospèrent compte tenu de la grande tranquillité dont ils bénéficient grâce à l'interdiction de toutes activités nautiques et de pêche.


Le barrage de Michelbach est un barrage artificiel mis en service en octobre 1982, situé sur le ban de commune de Michelbach dans le département du Haut Rhin. Une grande digue et un observatoire ornithologique permettent une bonne observation des oiseaux. Sont présents de nombreux canards de surface ainsi que des canards plongeurs. Le balbuzard pêcheur et le busard Saint Martin sont aussi des hôtes habituels de ce plan d'eau ainsi que cigognes, hérons cendrés, oies cendrées, foulques etc... sans oublier de nombreux limicoles en automne et au printemps.

 

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La Fennematt


À quelques pas de la ferme-auberge Fennematt… la deuxième FA du coin, se dresse une stèle…

 

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la stèle Xavier Langlois

 

Fondateur de la Première Division Française Libre, le commandant Xavier Langlois mourra en ces lieux de la Fennematt le 23 novembre 1944 en compagnie du lieutenant de Fongalland, du sergent Pinasseau et du deuxième classe Haelmaert. Cette stèle érigée en leur honneur sera dévoilée le 5 septembre 1971 par la femme du commandant entrée dans les ordres après la mort de son mari, Sœur Bernadette de Saint François.

 

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Sur le sentier grimpant à l'abri de la Sommerseite… un cairn !! que je nommerai le cairn de la Fennematt

 

Le cairn, mot venant de l'écossais càrn qui a un sens beaucoup plus large : il peut désigner plusieurs types de collines ainsi que des amoncellements naturels de pierres. Évidemment, à cause de la simplicité du concept, les cairns sont présents partout dans le monde dans les régions alpines et montagneuses. On peut aussi les trouver dans les déserts et les toundras. Ces traditions actuelles dérivent de la coutume remontant au moins au Néolithique moyen, de construire les sépultures à l'intérieur de cairns.

 

Ils étaient situés de manière proéminente, souvent sur les hauteurs du village des défunts. On en trouve encore, et ils sont souvent plus grands que les cairns modernes d'Écosse. On pense que ces pierres étaient placées là pour plusieurs raisons, comme par exemple dissuader les pilleurs de tombes ou les charognards. Une théorie plus sinistre prétend qu'ils empêchaient les morts de renaître…

 

En Écosse, il est de coutume de transporter une pierre jusqu'en haut de la colline pour la déposer sur un cairn, ainsi, les cairns deviennent de plus en plus grands. Un ancien dicton écossais dit «Cuiridh mi clach air do càrn» c.a.d. Je déposerai une pierre sur ton cairn. En Bretagne, le cairn est un monument en pierres recouvrant des sépultures comme le grand Cairn de Barnenez dans le Finistère, construit entre 4500 et 3900 ans avant J.C. Mesurant 75 m de long sur 28 de large et qui abrite onze chambres funéraires.

 

On commence à en rencontrer dans notre région, cela me rappelle le tour du Mont Blanc !

 

Au sommet, la nature nous surprend !! un monde fantastique nous attend…


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ou encore…

 

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Nous progressons entre les paysages surnaturels vers l'abri de Sommerseite où nous comptons nous attabler et profiter au maximum de cet endroit extraordinaire. Nous nous attendons presque à voir surgir un cavalier sorti tout droit d'un conte… ou tout autre monstre d'aventures fantastiques de légendes !!


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Comme des fantômes, nous quittons l'abri et continuons la traversée de la forêt enchantée… abandonnant la magie des histoires populaires d'autrefois à cet endroit.

 

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Les crocus de la Fennematt veillant sur la source de la Doller…


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Retour à Niederbruck dans une ambiance, non plus fantastique, mais joyeuse comme d'ailleurs tout au long de cette merveilleuse sortie.

 

À bientôt

Marthe

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5 avril 2011 2 05 /04 /avril /2011 15:56

Mercredi 23 mars 2011

 

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La fleur de l'hépatique Hepatica Nobilis Leberblümchen

 

Enfin… voilà le printemps… il s'éveille tout doucement sous le soleil qui brille de tous ses rayons , comme par miracle la neige et le froid ont disparu, chaque saison à son charme et ses beautés, mais le printemps nous donne l'impression de revivre !! Il ajoute une étincelle dans les yeux de qui prend le temps de le regarder, mais il y a aussi les jours de pluie où le ciel semble pleurer de joie !!

 

LA VALLÉE DE LA DOLLER

 

La Doller est une rivière d'Alsace qui irrigue sa vallée ouverte vers l'est en aval du Ballon d'Alsace. Elle est parallèle à la Thur et prend sa source sur les hauteurs de Dolleren, au lieu-dit Fennematt à 922 m d'altitude. La Fennematt fut de 1871 à 1914, une frontière nationale entre la France et l'Allemagne. La Doller dévale sur 56 km un dénivelé de 700 m pour rejoindre l'Ill dans l'agglomération de Mulhouse. Elle baigne Sewen, Dolleren, Wegscheid, Niederbruck, Sickert, Masevaux, Lauw, Sentheim, Guewenheim, Pont d'Aspach, Reiningue, Lutterbach et Pfastatt avant de se jeter dans l'Ill. Elle alimente le plan d'eau de Michelbach, réservoir en eau de la région de Mulhouse.

 

Les origines de Masevaux remontent au 8 ème siècle. Selon la légende, le comte Mason, neveu de Sainte Odile, Sainte patronne de l'Alsace, se fit construire un somptueux château au lieu-dit du Schlossberg, à l'entrée de Masevaux. Frappé par la disparition de son fils qui s'est noyé dans la Doller, le comte Mason cède la totalité de ses biens pour fonder une abbaye de bénédictines sous le vocable de St Léger et il leur confie la garde du corps de son fils. Au fil des ans, le monastère devient un couvent pour jeunes filles nobles dirigé par une abbesse. Catherine II de Russie aurait séjourné à l'abbaye vers 1750. Les possessions de l'Abbaye s'étendaient du Ballon d'Alsace à la Plaine d'Alsace, soit les limites actuelles de la Communauté de Communes.

 

Départ à LAUW, 9 heures. Lauw, fille de la Doller, sur les bords de laquelle se sont édifiées les premières habitations. L'eau lui a donné naissance en déposant ici ce qu'elle avait arraché à la proche montagne. La pierre diverse dans ses teneurs, lui a offert les carrières de calcaire, de grès, d'argile et de marne, dont l'exploitation a nourri ses premières générations.

 

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C’est au curé ADAM, qui a exercé son ministère à LAUW de 1865 à 1894 et qui a conçu les plans de l’Eglise, que l’on doit ce clocher. Cette conception personnelle donne au clocher un cachet particulier dans la Vallée de la Doller, puisqu’il est de facture franc-comtoise et très coloré. La réfection de la toiture de la nef a intégré le profil du clocher en 1996.

 

Les carrières situées à la sortie de LAUW vers MASEVAUX, sont constituées de 21 couches de terrain d'âge primaire ou quaternaire. Lauw a développé très tôt une exploitation de ces carrières avec du calcaire pour alimenter les fours à chaux, du grès, du grauwack (pierre grise courante dans la région), de l'argile ou encore de la marne. Cette exploitation a influencé l'activité industrielle du village qui possédait trois tuileries. La dernière carrière de pierres de Lauw a cessé son activité après le Seconde Guerre Mondiale. C'est en 1400 que le nom du village apparaît pour la première fois sous la dénomination «Öwen». Mais sa toponymie évoluera pour devenir AUW en 1482 et LAUW en 1775, patronyme qu'il retrouvera définitivement en 1945 après la libération de l'occupation allemande.

 

Départ de Lauw par une grimpette à l'abri Saegenkopf Hütte, un endroit qui mérite un arrêt.

 

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l'abri Saegenkopf Hütte

 

Pour continuer notre mise en jambes, après le carrefour du gros chêne, l'option rocher du Poilu par le Buchberg est toute indiquée.

 

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Le Rocher du Poilu,observatoire de l'armée française durant la guerre 1914-1918.

 

Descente au col du Schirm puis Bourbach le Haut… avant une agréable ascension au col du Hundsrück. Le col du Hundsrück,alt. 748 m est un col du massif des Vosges. Il sépare la vallée de la Thur de la vallée de la Doller via la route Joffre. La première guerre mondiale éclate le 1er août 1914. Dès le 7 août, les troupes françaises entrent à Thann. Ville de front, Thann connaît la terreur des bombardements. En 1915, la construction d'une nouvelle route s'impose.

 

Cette route fut aménagée par l'Armée française afin d'assurer les communications entre les vallées de la Doller et de la Thur. Elle fut l'une des principales artères de la bataille d'Alsace et du Vieil Armand. Elle relie Masevaux à Thann en passant par le col du Hundsrück. Pendant l'hiver 1944-1945 (durant la seconde guerre mondiale), la route Joffre reprit son rôle militaire, ranimée par le trafic des troupes qui ne pouvaient utiliser que cette voie d'accès pour attaquer Thann par le nord. Malgré la neige, la forte poussée de l'Armée française ne laissa pas aux Allemands le temps d'endommager sérieusement cette route, mais les mines qu'ils y avaient semées, firent de nombreuses victimes.

 

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Au sommet du col du Hundsrück , le monument du 1er Bataillon de Choc rend hommage aux hommes qui, en novembre 1944, ont combattu en ces lieux et libéré Bourbach le Haut.

 

«À tous ceux qui sont morts pour la France dans les rangs des Unités de Choc et au Général d'Armée Fernand Gambiez Grand Croix de la Légion d'Honneur 1893-1989 père des Troupes de Choc». « D'Afrique à ce jalon dressé par le 1er Choc sur cette haute porte d'Alsace forcée le 28 XI 1944, cent soixante chasseurs de ce bataillon avaient déjà sacrifié leur vie».

 

La stèle porte les insignes des Commandos d'Afrique, du 47ème Bataillon de Choc (Commando de Cluny), du 2ème Bataillon de Choc et des Commandos de France.

 

Fermons cette page d'histoire. Aujourd'hui notre ami Claude est à l'honneur… Nous allons boire à sa santé !! BON ANNIVERSAIRE l'ami !! merci à toi.La pause repas se passe à l'Hôtel Auberge La Fourmi situé au col du Hundsrück.

 

Après le repas, descente vers Rammersmatt… sur le chemin un nouvel abri s'offre à nous !

 

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Chalet du Hochburg

 

Prochaine étape Bourbach le Bas. Village mentionné pour la 1ère fois en 1347, lorsqu'il appartient à la seigneurie de Masevaux jusqu'à la Révolution. Une petite colonie de mineurs à la Knapphütte au XVII ème siècle. Bourbach le Bas,est situé au pied du Rossberg dans un vallon entre la Thur et la Doller.

 

Un document de 1347 relate que le village faisait partie de la seigneurie de Masevaux, formée à partir des biens repris à l'abbaye par les Ferrette puis les Habsbourg, qui en étaient les avoués. Sentheim est l'église mère de la paroisse jusque vers 1715. La guerre de Trente Ans y fait des ravages considérables et, en 1652, seuls 29 habitants vivaient encore dans le village...

 

Grâce à une petite colonie d'ouvriers mineurs, pour la plupart d'origine suisse qui s'établit, à la fin du XVII ème au lieu-dit Knapphütte pour extraire le minerai de fer qui fournit la matière première aux hauts fourneaux de la vallée de Masevaux, le village renaît. La mine est exploitée jusqu'à la fin du XIX ème siècle. Au moment de la Révolution, le village de Bourbach le Bas est rattaché au canton de Thann.

 

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Sentier du Hameau de la Knapphütte

 

Les mines de Bourbach le Bas font partie du grand district minier ferrifère des Vosges du Sud qui comprend une multitude de mines réparties surtout sur la bordure du massif de la vallée de la Doller à la vallée de la Lauch. La période de pleine activité se situe entre 1750 et 1860. Le minerai extrait dans toute cette région était fondu dans les hauts fourneaux de Masevaux et de Bitschwiller. Pour réaliser cette opération, les exploitants des hauts fourneaux utilisaient le charbon, comme toutes les tentatives d'exploiter le charbon de terre dans la région étaient restées infructueuses, ils ont été contraints d'utiliser le charbon de bois produit en quantité dans les vastes forêts de ces vallées. L'étude de toute cette activité a été entreprise par le Groupe d'Archéologie Minière «les Trolls» elle passe par trois phases, les recherches d'archives, la topographie de surface et l'étude des réseaux souterrains.

 

Le hameau de la Knapphütte,le terme vient de l'allemand Knapp (mineur) et Hütte (habitation). Autour d'une chapelle s'agglutinaient plusieurs maisonnettes habitées par les mineurs, dont 3 emplacements ont pu être reconnus par des documents d'archives et quelques sondages de terrain. Elles étaient plus nombreuses et c'est aux fouilles archéologiques que reviendra la tâche de les localiser et en retrouver les caractéristiques. Par les données matérielles qu'elles livreront, il sera possible de mieux connaître, au quotidien, la vie rude de ces hommes qui vivaient en marge de la société de l'époque. Mais l'étude est loin d'être achevée...

 

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La chapelle de la Knapphütte


La chapelle de la Knapphütte, construite à la fin du XVII ème siècle constituait le centre de gravité du hameau de la Knapphütte. Elle a été restaurée une première fois en 1867 peu après l'abandon des mines. Endommagée par l'explosion d'une mine antichars à la fin de la 2ème Guerre mondiale, elle est tombée progressivement en ruine, au point de disparaître totalement. En 1985, un projet de rectification du chemin forestier qui la longe devait en détruire irrémédiablement les fondations. Une fouille archéologique réalisée par les Trolls a remis à jour un beau dallage de briques sur lequel reposaient quelques pièces de mobilier (croix en fer forgé, fragments de statuettes de plâtre…) et les restes de l'autel. Sensibilisés par ces découvertes, les élus locaux ont accepté de surseoir à cette destruction et ont encouragé la restauration de ce petit oratoire.

La base des murs a été reconstruite par les Trolls, la charpente et la toiture remontées par un habitant du village.

 

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Ancienne mine

 

Le retour à Lauw se fit gaiement à travers le Hasenwald…

 

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les compagnons vous saluent…

 

à mercredi

Marthe

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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 11:07

20 Mars 2011

 

« L'histoire d'un ruisseau, même de celui qui naît et se perd dans la mousse est l'histoire de l'infini » (Elysée Reclus 1869)

 

vous trouverez ces quelques mots sur une pierre à côté de la source de l'Ill à Winkel.

 

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Le village de Winkel

 

L E S U N D G A U

 

Vers 750, le Duché d'Alsace formé sous les derniers Mérovingiens et administré par les Etichonides, est partagé en deux comtés, le Nordgau et le Sudgau, mentionné dans le traité de Mersen (870). La limite entre les deux territoires est le Landgraben, au sud de Sélestat. Le terme de Sundgau apparaît dans les textes au XII ème siècle. Au 1er siècle avant JC, le Sundgau est englobé dans un vaste territoire occupé par les Séquanes avec pour centre Besançon. Vers 70 avant JC, les Séquanes pour se libérer du joug de leur voisin les Eduens, font appel aux Romains. Jules César bat Arioviste en 58 avant JC et les Romains s'installent en Alsace. Un réseau de routes très dense se met en place reprenant les chemins des Celtes. Aux bords des routes se construisent les vicus comme à Largitzen, Sierentz, Koestlach… La domination romaine prend fin au début du V ème siècle. Les Alamans occupent alors le Sundgau, puis les Francs suite à la victoire de Tolbiac (496). Le Sundgau est englobé dans le royaume d'Austrasie et fait partie du Duché d'Alsace. Sous les Mérovingiens, le christianisme est introduit dans le Sundgau, sous l'influence de moines irlandais. Vers 700 apparaissent les premières églises-mères dédiées à Saint Martin.

 

Des Vosges au Jura, le Sundgau dévoile ses charmes avec ses nombreux étangs, ses rivières, ses vertes collines et ses villages pittoresques avec maisons à colombage. Dans le Sundgau, au fil de l'eau, vous remonterez jusqu'aux sources du Pays. Départ à Sondersdorf pour une journée riche en découvertes dans une merveilleuse nature.

 

Après Ligsdorf nous débouchons à Winkel. Sous l'imposant massif du Glaserberg se niche Winkel (Haut-Rhin) et la petite source de l'Ill sort de terre... Du germanique Winchil ce joli village nous accueille. Le territoire de la commune conserve des traces d'occupation humaine au néolithique. Peut-être fondation de l'abbaye de Lucelle, la localité est connue sous le nom de Winchelein en 1146 et de Winchele en 1156. Elle fait partie de la mairie de Moernach et de la seigneurie de Ferrette. Depuis le XII ème siècle, l'abbaye de Lucelle y possède une grange ou domaine agricole et des caves à vin. Une famille de petite noblesse porte le nom du village au XIII ème siècle, la tradition locale rapporte que Rodolphe von Warth, noble suisse, y possédait un château.

 

L'activité du village est marquée par la verrerie de Glashütte et les mines de fer, fournisseur de la fonderie de Lucelle qui contribuent à son peuplement au XIX ème siècle. Nous entrons dans Winkel par la rue de la chapelle. Une visite à la chapelle de Warth s'impose !

 

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La chapelle Warth à Winkel

 

L'historique de ce sanctuaire du XIV ème siècle, taillé en partie dans le roc et entouré de légende est lié à la fin tragique du chevalier Rodolphe de Warth complice du parricide Jean de Souabe qui, le 1er mai 1308, avec des comparses assassina Albert Ier de Habsbourg. Rodolphe de Warth fut condamné à mort pour son crime et subi le supplice de la roue et son château fut rasé en représailles. Son agonie dura 3 jours et 3 nuits. Son épouse Adelhaïde de Sargans le veilla lui prodiguant les soins les plus tendres et le préparant à une mort chrétienne. Ce ne fut qu'après lui avoir fermé les yeux qu'elle consentit à le quitter. Consumée de douleurs elle mourut quelques années plus tard dans la fleur de l'âge. Elle avait 3 fils dont 2 s'étaient voués à l'état ecclésiastique. Probablement ce sont eux qui, par la suite ont fait ériger cette chapelle en face du château paternel rasé sur ordre de la reine. Restaurée en 1956, la chapelle est dédiée depuis cette date à Marie, Reine du Monde.

 

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Chapelle Warth à Winkel

 

Cloche magique, vierge de l'apocalypse, retable, vierge et l'enfant, grotte de Lourdes, beaucoup de trésors se cachent dans cette chapelle insolite, taillée à flanc de rocher.

 

Un petit dicton du coin explique qu'à l'annonce d'un orage, un petit coup de cloche de cette chapelle et l'orage allait s'abattre un peu plus loin !! cette même cloche qui, pendant la guerre a été démontée et cachée de nuit dans une fosse à purin, pour ne pas tomber aux mains des Allemands…

 

Fermons cette page d'histoire et grimpons à la source de l'Ill relatée en première partie. L'Ill baigne la plaine d'Alsace. Important affluent du Rhin, elle coule dans les départements du Haut Rhin et du Bas Rhin. L'Ill a donné son nom à l'Alsace : Elsass en langue germanique signifie Pays de l'Ill. Longue de 223 km, elle prend sa source dans le Jura Alsacien, précisément à Winkel avec une résurgence à Ligsdorf. Elle contourne alors Ferrette, la Largue, une autre rivière sundgauvienne se jette dans l'Ill à Illfurth. L'Ill bifurque vers le nord et se jette dans le Rhin en aval de Strasbourg après la chute de Gambsheim.

 

En quelques enjambées nous arrivons à la source de l'Ill. Là, Anne Rochette, artiste-plasticienne, a conçu et réalisé le nouveau site de la source de l'Ill.

 

Ce travail a été conduit avec Dominique Szulc. Dans cet aménagement paysager, qui est l'articulation d'un ensemble de pierres taillées et d'un travail paysager, elle a cherché à établir une relation de complicité et d'échange entre l'oeuvre sculptée, le site et les usagers avec les 10 pierres blanches symbolisant des gouttes d'eau avec la source...

 

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dans ce pré naît l'Ill, la rivière mère de l'Alsace !!

 

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la naissance de l'Ill pour 223 kilomètres …

 

Plus tard, Winkel nous accueille sur le sentier touristique dit « Sentier des Marocains » pour une rencontre de son patrimoine.

 

Entre 1929 et 1940 pour se prémunir de toute invasion ennemie, la France a construit le long de ses frontières du Nord-Est une véritable muraille d'ouvrages fortifiés : la Ligne Maginot. ÀWinkel, dans sa partie la plus au sud, sa construction inachevée entre 1939 et 1940 était étroitement liée à la vie d'un régiment de tirailleurs marocains. En leur souvenir, un chemin portait déjà leur nom, c'est désormais tout un parcours devenu aujourd'hui un témoin privilégié de l'histoire et un authentique élément de l'identité locale... Le Bildstœckle, lieu-dit, dénommé aussi plateau de l'Oratoire (722m), est une aire de repos avec un abri, lieu de départ du sentier des Marocains.L'oratoire en bois sculpté au milieu des tilleuls, représente dans sa partie supérieure la Sainte Famille accompagnée de la Sainte Trinité et en-dessous, une statuette de Saint Antoine.

 

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L'allée des Hêtres ravit les randonneurs... un véritable enchantement… située sur le banc communal de Ligsdorf en forêt domaniale de Saint Pierre Lucelle. Elle est constituée d'un alignement régulier remarquable avec de nombreux arbres de plus de 150 ans avec pour certains 28 m de haut et 3 m de circonférence.

 

Intérêt paysager et historique du site, sans doute aussi l'une des plus belles vues du Jura alsacien sur le Jura suisse voisin. Surplombant la ferme du Grand Kohlberg, ainsi nommé car on y produisait jadis du charbon de bois, elle permet de rejoindre le col de Neuneich.

 

Le col du Neuneich où une aire de pique-nique invite à la pause… c'est précisément ici que nous allons poser nos sacs à dos. Un petit abri est installé sur le site d'une ancienne ferme dont les vestiges du puits sont encore visibles, mais l'option de manger sur les tables extérieures inondées de soleil l'emporte bien sûr.


Le nom de << Neuneich » fait référence à l'alignement de neuf chênes qui se trouvait autrefois près de la ferme, cette dernière, jugée non rentable fut rasée et remplacée par une forêt.

 

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l'allée des Hêtres


Un peu d'histoire : avant la Révolution, la forêt de Saint Pierre appartenait à la célèbre abbaye de Lucelle, fondée en 1123 par Saint Bernard, l'illustre moine cistercien de Clairvaux. Àla Révolution en 1789, les moines durent s'enfuir et les biens de l'abbaye furent confisqués par l'État, la forêt de Saint Pierre qui ne comprenait alors que quelques 340 ha devint domaniale. Les fermes du Grand et Petit Kohlberg furent réunies à la forêt entre 1889 et 1903, mais en raison de leur vocation agricole manifeste, elles ne furent pas boisées, elles seront détachées de la forêt en 1956. La ferme du Neuneich, également appelée Neuhof comprenait, en 1857, une maison d'habitation avec puits, grange, écurie, jardin potager et verger, prés, champs et pâturages, le tout d'un seul tenant sur une surface de 62 ha. On y trouvait sans doute aussi un alignement de neuf chênes, ce qui constitue un élément paysager caractéristique dans la région. Plusieurs familles se sont succédées sur la métairie et quelques personnes y sont même nées... l'acte de baptême le plus ancien remonte à 1696.

 

Longeant les pâturages du Hornihof, au pied du Glaserberg, nous sommes surpris par les troupeaux de lamas qui, curieux… avancent vers les randonneurs ! C'est exceptionnel de rencontrer, dans notre région autant de lamas sur un pré, mais cela fera l'objet d'une autre sortie.

 

Un sentier descend à travers une magnifique forêt… et bientôt nous nous trouvons devant la chapelle Saint Martin Notre Dame de Hippoltskirch. La chapelle est située sur les bords de l'Ill, le long de la voie romaine.

 

Un édifice primitif dédié à Saint Martin, déjà cité en 1144, tenait lieu d'église paroissiale du village de Sondersdorf qui disparu de cet endroit progressivement au profit d'un emplacement plus élevé, hors des ravages des inondations de l'Ill. L'évêque de Bâle la fit démolir en 1770 pour cause de vétusté, mais elle fut fortement restaurée entre 1778 et 1781, avec l'accord du nouvel évêque. En parallèle une nouvelle église dédiée à Saint Ulrich est construite au village haut.

 

La reconstruction de la chapelle s'appuie sur le gros œuvre de l'église primitive et réemploie le plafond à caissons peints de l'ancienne église, une merveille que l'on peut apprécier lorsque la chapelle est ouverte, ce qui fut le cas le jour de notre passage. En réemploi aussi, le couronnement de l'armoire eucharistique gothique est placé au-dessus de la porte d'entrée.

 

La chapelle, aujourd'hui dédiée à la Vierge Marie, fut depuis le Moyen Âge un lieu de pèlerinage, attesté depuis le 17 ème siècle. Un ermite gardien des lieux, habita un ermitage jusqu'en 1920. Àcôté, se situait un cimetière. Une maison forestière a pris la place de l'ermitage autour de 1935.

 

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chapelle de Hippoltskirch

 

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exceptionnel plafond à caissons peints

 

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et en prime une chaire unique !!


à bientôt

Marthe

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29 mars 2011 2 29 /03 /mars /2011 11:01

Mercredi 16 mars 2011

 

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Eliott vous invite pour la ronde des châteaux !!

 

L'Alsace, fut de tout temps un lieu de passage, tant pour les populations que pour les commerçants et les armées. À compter du Xè siècle, les résidences des familles seigneuriales commencent à s'édifier non plus en bois mais en pierres. Ces châteaux sont crées, à la fois pour asseoir le pouvoir de la famille mais aussi pour contrôler son territoire.

 

On choisit pour cela des sites stratégiques, sur les hauteurs dominant les vallées, cours d'eau, routes, villes et villages. Les châteaux forts d'Alsace se développent surtout aux XIIè et XIIIè siècles et font l'objet de modernisation, voire de reconstruction aux siècles suivants.

 

Nombreux sont les randonneurs, sac au dos, découvrant ces gigantesques ruines de pierre, pâles reflets de leur grandeur passée mais dont l'impact sur l'imaginaire collectif est en dehors du temps. (extrait des mémoires en images châteaux d'Alsace).

 

Les ruines des anciens châteaux forts couronnant nombreux de nos sommets vosgiens interpellent le randonneur, le passionné d'histoire ou tout être avide d'aventures chimériques...

 

L'ascension vers une ruine et découvrir un château-fort est un moment magique, déambuler dans les vieilles pierres c'est entrer dans l'univers fantastique de l'histoire. L'imagination va bon train !! remettre en place les différentes parties du château de la cuisine aux écuries en passant par la salle des chevaliers.

 

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Pflixbourg ...

 

À l'entrée de la vallée de Munster, une colline surmontée d'une tour ronde telle une sentinelle veillant sur la vallée de Munster… Pflixbourg…

 

9 heures, départ de la gare de Saint Gilles, une première ascension nous fait entrer dans l'univers du Pflixbourg, vous savez... cette tour ronde que l'on aperçoit et qui domine l'entrée de la vallée de Munster, à 454 m d'alt. En 1219, il est dénommé Blicksberg et fut donné en fief, un an plus tard à Frédéric de Schauenbourg alors ministériel de l'empire. De 1276 à 1297, il devient résidence principale du bailli impérial Conrad Werner de Hattstatt. C'est là que mourut sa femme Stéphanie comtesse de Ferrette.

 

En 1434 le Pflixbourg est racheté par Maximin de Ribeaupierre, il est gravement endommagé vers 1440 au cours du conflit qui oppose les Hattstatt aux Ribeaupierre pour la domination de l'Alsace centrale. Depuis la fin du XVè siècle il ne semble plus avoir été habité.

 

L'entrée du château se compose d'une porte en retrait défendue par des courtines rentrantes. Le donjon circulaire est placé au milieu de la cour intérieure. Des fenêtres jumelées avec des niches à banquettes latérales sont bien conservées dans le logis en ruine. Une légende habite ces lieux : «dans les ruines du donjon apparaît encore une Dame Blanche, une belle princesse qui fut autrefois métamorphosée par une fée en un monstre, moitié femme, moitié dragon, seul le baiser d'un chevalier pouvait lui restituer son apparence»

 

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Les ruines de ce château sont certes modestes il est vrai, les visiteurs lui préfèrent son imposant voisin le château de Hohlandsbourg,c'est bien dommage !!

 

Laissant le Pflixbourg se rendormir, nous rejoignons rapidement son célèbre voisin qu'est le Hohlandsbourg !! un remarquable observatoire.

 

Nous revenons sur nos pas pour nous élever au sommet d'une colline, à 620 m d'alt. avec un magnifique panorama à 360° sur la plaine d'Alsace, le massif vosgien et la vallée de Munster . Bâti sur un site occupé dès l'âge de bronze, le Hohlandsbourg fut construit à une date inconnue et est considéré comme l'un des châteaux forts les plus vastes d'Alsace en granit. Surplombant la commune de Wintzenheim, sa large silhouette ne passe pas inaperçue de la vallée.

 

Ce château, conçu comme un fort de garnison, a été édifié au XIIIè siècle par Siegfried de Gundolsheim. Il adopte la forme d'un vaste rectangle de 95 m de long sur 68 m de large avec une grande cour et des bâtiments accolés à l'enceinte. Classé Monument Historique depuis 1840 et après d'importants travaux de restauration le bâtiment est aujourd'hui aménagé en «pôle historique et culturel».

 

La légende nous raconte «l'histoire du Comte Hugues de Hohlandsburg (appelé aussi Hugues le sanguinaire ) qui, un jour de Pâques de l'an 1125, malgré ce jour saint, bravant les interdits, partit à la chasse et fit la rencontre du diable... huit siècles ont passé depuis, et lorsque dans le crépuscule les bûcherons de la Forêt Noire entendent le bruit sourd d'un galop effréné, savent que c'est le fantôme du cavalier maudit qui, malgré lui poursuit sa ronde éternelle...»


À cette époque de l'année, le château est fermé, ce qui nous permet de profiter du calme de l'endroit.

 

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Le Hohlandsbourg


Nous continuons sur les traces de l'écureuil, prochaine étape : la fontaine de la Dame «Il y a bien longtemps, les hommes s'émerveillaient de voir surgir de la terre une onde limpide pure et fraîche. Ils savaient bien que sans eau il n'y avait pas de vie (ce que nous avions presque oublié dans les temps modernes) et les sources étaient sacrées. Certaines avaient la vertu de guérir !! »

 

Dans la profondeur de la forêt, une source apparaît à nos yeux, une belle légende nous est contée :

 

À l'aube de chaque jour, une dame de grande beauté, apparaissait près de la source. Elle lavait sa belle chevelure dans l'eau claire avec un peigne d'or. Seul pouvait la voir, celui qui avait le cœur aussi pur que l'eau jaillissant du roc.

 

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Laissons ce lieu enchanté pour reprendre le sentier que nous avons quitté précédemment qui porte le nom de sentier de l'écureuil.

 

Un petit détour au rocher Turenne, curieux empilement de gros blocs de roche, jadis nommé Hexefelse – rocher des sorcières. Comme édifiée par des mains de géants, sa silhouette laisse une étrange impression de beauté et de mystère.

 

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Le Rocher Turenne

 

Au sommet, une inscription Turenne 1675, évoque le passage du Maréchal Turenne vainqueur des troupes impériales à Turckheim le 5 janvier 1675. Cette victoire fut une étape importante de la conquête de l'Alsace par les troupes de Louis XIV.

 

Prochaine étape, une visite aux trois châteaux d'Eguisheim, la saga du Pape Léon IX. Les trois donjons, se profilent sur le Schlossberg et dominent la plaine d'Alsace à 591 m d'alt. Construits aux XI et XIIIè siècles, le plus ancien, au centre, est le château du Wahlenbourg. Il était la propriété du comte d'Eguisheim, Hugues IV, père du Pape Léon IX. Ce même Léon IX aurait consacré sur le site une chapelle dédiée à St. Pancrace qui donnait lieu à un pèlerinage.

 

Au Nord, le château Dagsbourg, au Sud, le Weckmund. Appelés également Eguisheim Haut situés sur les communes de Husseren-les-châteaux et d'Eguisheim. À la fin du XIIè siècle, chaque château à un propriétaire différent : les Eguisheim-Dabo possèdent le Dagsbourg, le comte de Ferrette le Wahlenbourg et les comtes de Weckmund le château portant le même nom.

 

En 1466, un meunier du moulin municipal de Mulhouse est renvoyé pour inconduite. Il réclame à la ville son arriéré de salaire : six deniers. Il rallie à lui les mécontents et parmi eux Pierre de Réguisheim qui tenait le fief de Wahlenbourg. Commence alors la guerre dite «des six deniers». Elle se termine le 4 juin 1466 avec l'incendie du Wahlenbourg et du Weckmund. Seul le Dagsbourg est épargné sans qu'on n'en connaisse la raison et demeure habité jusqu'à la fin du XVIIè siècle.

 

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Les compagnons toujours aussi heureux d'arpenter le massif

 

Il fait si bon que, d'un commun accord, nous prenons le temps de nous poser et casse croûter sur place.

 

Prochaine étape la Stauffenmatt mais pour cela faut affronter un raidillon… dur dur après le repas.


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L'abri de la Stauffenmatt


Un sentier mène à travers le Hinter Ehrschlecht par une descente assez raide jusqu'à la Croix des Bûcherons érigée à la mémoire de trois braves bûcherons, victimes de leur devoir par la commune de Wintzenheim.

 

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La croix des bûcherons

 

Très vite nous arrivons à la gare de Saint Gilles, et voilà, une nouvelle randonnée riche en histoire à notre actif...


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les compagnons vous invitent pour d'autres aventures...

 

Marthe

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28 mars 2011 1 28 /03 /mars /2011 15:42

Mercredi 9 mars 2011

 

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Sous son aspect actuel, l'église paroissiale de Saint Amarin cache au visiteur, les 14 siècles qui ont marqué ces lieux et dont les origines remontent à l'époque franque… Une grande partie de la vie religieuse de la paroisse Saint Amarin et de la vallée s'est déroulée en trois lieux de culte successifs : 626 – 1809 église primitive de Saint Martin / 1050 – 1756 la collégiale romane de Saint Amarin et Saint Project / 1758 à nos jours l'église paroissiale de Saint Amarin et Saint Project.

 

Région déjà visitée et occupée par les Romains… au début du VII ème siècle, un pieux ermite nommé Marin avait bâti une cellule près de Doroangus. Étant tombé malade, il eut la visite de Saint Prix ou Project, évêque de Clermont qui, de la cour de Childéric II roi d'Austrasie, s'en retournait en Auvergne. L'Austrasie (territoires de l'est) désignait, durant la période mérovingienne un royaume franc couvrant le nord-est de la France actuelle, les bassins de la Meuse et de la Moselle jusqu'aux bassins moyen et inférieur du Rhin. La capitale en fut d'abord Reims, puis Metz. Ce royaume est apparu à la mort de Clovis en 511, lorsque le territoire de celui-ci est partagé entre ses fils, mais mentionné pour la première fois pendant le règne de Childebert II. Berceau de la dynastie carolingienne, l'Austrasie disparaît en 751 avec le dernier roi mérovingien pour être intégrée dans le grand royaume franc que réunirent Pépin le Bref et Charlemagne. Le saint prélat le guérit de la fièvre. Pour lui témoigner sa reconnaissance, Marin le reconduisit dans son diocèse. Mais arrivé à Volvic en Auvergne, les deux voyageurs furent assaillis par des brigands qui s'en prirent d'abord à l'ermite.

 

Project voyant l'erreur s'écria : je suis celui que vous cherchez. À ces mots il tomba sous les coups du brigand nommé Radbert. Rapportées à Doroangus, les reliques de Marin furent honorées en cet endroit, qui lui dut son nom. Ceci se passait en 671. Le monastère de Saint Amarin fut plus tard régularisé par les abbés de Murbach, transformé au XII ème siècle en un chapitre de chanoines dépendant de cette abbaye qui possédait le village fondé autour du couvent et toute la vallée. Au XIII ème siècle, grâce à l'ouverture du col Saint Gothard,la route de la vallée de Saint Amarin s'ouvrit au commerce international entre l'Italie et la Flandre. Pour en profiter, l'abbé de Murbach établit un péage gardé par le château de Friedburg (avant 1255) et le défendit avec succès contre les convoitises des comtes de Ferrette et des seigneurs de Saint Amarin. Saint Amarin fut fortifié entre 1240 et 1260 mais déclina après que le chapitre eut été transféré à Thann en 1441. Totalement dépeuplé par les guerres du XVII ème siècle, Saint Amarin s'industrialisa au XIX ème siècle grâce à d'anciennes mines d'argent, cuivre, plomb, cobalt et zinc.

 

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9 heures, départ sur un agréable sentier vers le Melhuser Brennala (fontaine des mulhousiens).

 

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Arrivés sur les hauteurs du Haberkopf nous bénéficions d'un panorama exceptionnel sur Geishouse. Le village éparpille ses maisons sur un chaume d'altitude dont les pentes sont exposées au sud et dont les quartiers se nomment la vue des Alpes, Hoehe, Bramaly, Langmatt, sous les hauteurs du Haberkopf alt. 872 m et du Bessayfels alt. 1049 m. Coquet village en demi cercle, haut perché, s'appuie sur les contreforts du Grand Ballon et du Vieil Armand par le Col Amic. Connu depuis 1135 sous le nom de Geishusen dépendant alors de l'abbaye de Murbach qui administre le village. Ce sont les Lorrains qui, au XI ème siècle viennent s'installer au village et qui sont à l'origine de la création du village en défrichant les terres et forêts encore sauvages. Vers 1532, on recense dans le village dix fermes soumises à l'impôt.

 

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Les éboulis du Haberkopf à 872 m d'altitude

 

Vient le Moorfeld appelé également Mordfeld au pied du Storckenkopf qui rappelle le massacre de sept moines de Murbach par les Hongrois en 955. Les Hongrois qui étaient alors des nomades apparentés aux Mongols, étaient avides de butins et pillaient particulièrement les couvents et abbayes qui renfermaient souvent des trésors inestimables. Zoltant de la dynastie des Árpád qui régnait sur la Hongrie de 896 à 1301 était secondé par Bulscu qui était particulièrement cruel envers le population. Sept moines âgés qui n'avaient plus la force de quitter la région furent décapités au sabre au lieu dit Mordfeld qui fut appelé par les moines le «champ du meurtre» en emmenant avec eux les ciboires et autres vases sacrés en laissant sur place les cadavres. Les autres moines trouvèrent refuge, temporairement, en Lorraine à Lièpvre, Remiremont, Moyenmoutier et Senones. Plus tard les moines bénédictins revinrent et se mirent à la recherche des sept moines disparus … ils découvrirent les ossements des sept victimes qu'ils s'empressèrent d'ensevelir dans un sarcophage qui est toujours exposé dans le transept nord de l'église abbatiale.

 

Les Hongrois furent finalement défaits lors de la bataille du Lechfeld, près d'Augsburg en 955 face aux troupes menées par l'empereur germanique Othon 1er (912-973) fondateur du Saint Empire romain germanique.

La pause repas est prévue au Markstein et c'est à l'abri du vent que nous nous restaurons.

 

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Sur le chemin du retour nous découvrons un abri dont nous prenons acte de suite pour une prochaine sortie.

 

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Les compagnons heureux de vous saluer …


Le Stockenberg, sur les hauteurs de Saint Amarin est un endroit paradisiaque... le Stockenberg se situe en rive gauche de la Thur sur les contreforts du massif du Markstein-Grand Ballon. Ce petit sommet culmine à 744 m est encadré par deux vallons aux noms évocateurs, le vallon de Ranspach dont le nom d'origine celtique signifierait «le Corbeau» et celui de Vogelbach ou rivière aux oiseaux. Le Vogelbach se jette dans la Thur au niveau d'une terrasse fluvio-glaciaire sur laquelle fut bâtie la ville de Saint Amarin. Un magnifique sentier offre divers points de vue sur la vieille ville. On distingue le tracé du mur d'enceinte édifié au 13 ème siècle et l'emplacement du château du Friedburg dont certaines salles furent décorées en 1449 par le célèbre peintre bâlois Hans Holbein l'aîné.

 

saint-amarin-7.jpgDescente du Stockenberg


Nous voilà de retour au point de départ à Saint Amarin. L'histoire de Saint Amarin est liée à celle de Thann par la collégiale : en 1441, le Concile de Bâle, en accord avec le roi et futur empereur Frédéric III charge le cardinal Jean de Saint Martin les Monts d'ériger l'église St Thiébaut au rang de collégiale, ce qu'elle doit rester à perpétuité, afin de recevoir le transfert des chanoines du Chapitre de Saint Amarin à Thann. Le 30 juin 1442, transfert en grande pompe du chapitre qui comprend 12 religieux dirigés par un prévôt. L'église Saint Thiebaut devient donc une collégiale (Stiftskirche).

 

À bientôt,

Marthe et les compagnons

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22 mars 2011 2 22 /03 /mars /2011 09:34

Mercredi 2 mars 2011 


dans la forêt des Volcans…

 

9 heures, Wegscheid : un petit groupe certes, mais quel groupe !! 8 joyeux lurons, rescapés entre vacanciers et malades… soleil et bons marcheurs, tous les ingrédients réunis pour vivre une merveilleuse journée.

 

La nature se réveille, les oiseaux migrateurs reviennent au pays, les premières fleurs sortent de terre, les grenouilles pondent ça et là, c'est le mois du printemps, du renouveau !!! enfin !


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Bâtie sur une butte, la position étrange de l'église de Kirchberg a fait l'objet de nombreuses légendes… une explication plus rationnelle parle de « moraine » pour ce phénomène déconcertant. Au cœur de nombreuses discussions, il reste pourtant mystérieux.

Une moraine est un amas de débris rocheux transportés par un glacier ou par une nappe de glace. Certaines moraines sont observables au cours de leur transport, sur ou dans la glace, d'autres sont déposées sur le sol sous-jacent, traces d'anciens glaciers : les rochers qui se détachent de la montagne vont être véhiculés par le glacier et déposés lorsque celui-ci fond, généralement à la même altitude, d'où un empilement rocheux.

« L'histoire débute il y a plus de 165 ans, de grands débats passionnés animèrent la Société Géologique de France autour de l'histoire des Vosges… Lors d'une note lue à la séance du 2 décembre 1839, Monsieur Le Blanc, capitaine du Génie, fut le premier à avancer que certains blocs rocheux appartenaient sans doute à des dépôts glaciaires. Dès 1846, l'idée que les Vosges furent englacées est acquise pour les géologues et l'on parle même de trois époques glaciaires. En 1847, la moraine de Kirchberg est pour la première fois décrite par Collomb. Par la suite les études se sont succédées et les théories ont été affinées, étayées par de nombreux arguments, rediscutées, balayées, validées à nouveau... le sujet donne toujours lieu à controverse… Plus récemment, Pierre Fluck, géologue émérite, lors d'un cours à l'université Populaire du Rhin en décembre 2003, évoque la moraine de Kirchberg, une « miraculée » car épargnée par l'érosion fluviatile, elle est donc sauvée des eaux !! » (sources puisées sur internet).

Une bonne grimpette jusqu'au col du Sickertbach, puis au Hirtzenstein nous gratifie d'un panorama exceptionnel sur les impressionnants rochers des Vogelstein.

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Il y a 300 millions d'années un volcan culminait sur le massif vosgien. De ce passé mouvementé il reste des traces minérales et un relief très accidenté qui a permis l'installation d'une flore et d'une faune remarquables. Les Vogelstein, Fuchsfelsen et autres rochers en sont les dignes héritiers...

Un sentier dévale à travers la forêt jusqu'au carrefour du Sattelboden et son abri très apprécié des randonneurs.

L'abri du Sattelboden, au carrefour de plusieurs circuits de randonnées très fréquentés, fait partie du programme d'implantation, en partenariat avec les communes de la vallée. Les chalets de la Doller sont bâtis en mélèze et en épicéa, choisis sur les sites d'implantation, selon une technique particulière la « fuste ».La localisation de ces chalets permet de faire découvrir ou redécouvrir des sites magnifiques de la vallée. Sattelboden, Sommerseite, Stahlberg, Grambaechle, Sickertbach etc... sont des noms qui chantent à nos oreilles car tout au long de l'année nous sommes heureux de les trouver sur nos parcours et tout cela dans un environnement magnifique.

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L'abri du Sattelboden

La Fuste :les peuples originaires de Scandinavie et de Russie seraient à l'origine de la technique d'assemblage de bois brut (fuste). En France, on retrouve également d'anciens assemblages en bois, notamment dans le Massif des Bauges en Savoie, où 52 grangettes à foin sont répertoriées. Exportée en Amérique du Nord, la méthode d'assemblage a été améliorée.

Cette technique adoptée par la plupart des fustiers à travers le monde, permet de construire des maisons solides, chaleureuses et belles, témoignage du travail de l'artisan. Chaque tronc ou fût, simplement écorcé, conserve sa forme, ses courbures et vient épouser celui qui précède. La technique d'ajustage consiste à tracer chaque fût en suivant la forme de celui qui précède, puis à le creuser sous sa face inférieure de manière à permettre le croisement à l'angle du mur et l'encastrement en long sur le bois précédent. Pratiquement disparue en France, la fuste fut réintroduite dans les années 1980 à partir de l'Amérique du Nord.

Fini de rêvasser… la pause repas nous attend au Belacker et pour cela une grimpette est programmée…

Un magnifique sentier contourne à flanc de montagne, les Vogelstein et rejoint les chaumes du Belacker. Mentionné pour la première fois en 1550 sous le nom de Boler, puis Bohlacker et Behlacker (1732) et pour finir Belacker en 1789. Le Belacker fut animé avec de nombreuses fêtes champêtres, la végétation du Belacker se présente sous forme de prairies de fauche, de pâturages extensifs et de landes.

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Les chaumes du Belacker

Le retour passe inévitablement par le Stahlberg !! autre endroit paradisiaque avec un bel abri où nous comptons prendre un bon moment de détente avant de retrouver la vallée.

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De magnifiques hêtraies dans la forêt des volcans… un réel bonheur… de traverser ces bois classés, Réserve Naturelle Régionale depuis le 28 mars 2008 par délibération du Conseil Régional d'Alsace pour la préservation de la biodiversité.

Le faible nombre de sentiers parcourant la réserve naturelle et la chasse exercée de manière discrète procurent une certaine quiétude qui profite à la faune montagnarde. Lynx, chamois, chats forestiers et potentiellement le grand tétras et la gelinotte des bois y trouvent refuge.

 

Tout naturellement il me vient… Mars qui rit, malgré les averses, prépare en secret le printemps, et un jour prochain nous nous réveillerons et ce sera vraiment « le Printemps ».

 

Au Stahlberg, nous passons un long moment à lézarder au soleil, les discussions vont bon train... la photo de groupe est tout un poème… le photographe avait perdu les figurants !! quelle idée !! d'abandonner son appareil photos au moment où passe une bourrasque au-dessus de nos têtes !! pas de panique, tout va bien ils sont tous revenus dans la boite !! ouf…

 

Dommage… il est déjà temps de reprendre la descente pour Wegscheid, faudra attendre mercredi prochain pour retrouver d'autres aventures. Promis nous reviendrons…

 

 

Marthe et les joyeux lurons

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19 mars 2011 6 19 /03 /mars /2011 12:29

Mercredi 23 février 2011

 

Départ à Rimbach près Guebwiller au lieu-dit Diefenbach. Rimbach se trouve au fond d'un étroit vallon, situé au pied du Grand Ballon. La vallée de Rimbach située sur le flanc d'une montagne et de forêts se perd sur les hauteurs du Grand Ballon. Une petite colonie de défrichement, installée au Moyen Âge, au pied du massif semble être à l'origine de Rimbach. C'est sous le nom de Rinpach, vers 1291, qu'apparaît le village. Il fut une possession du bailliage de Soultz relevant de l'évêque de Strasbourg qui l'inféode aux seigneurs de Jungholz jusqu'en 1784. Ce village était, autrefois, composé d'habitations dispersées le long du ruisseau. Rimbach dépendait de la paroisse de Soultz, il fut par la suite réuni à la paroisse de Rimbachzell pour finalement, en 1850, former une paroisse indépendante. En 1755, l'agglomération comptait essentiellement des familles de bûcherons et de charbonniers.

 

Sur les hauteurs de Rimbach, existe un lieu-dit du nom de Diefenbach, que tout le monde connaît pour y avoir dansé, aujourd'hui encore réputé pour son dancing. C'est ici que les compagnons se retrouvent, non pas pour danser, mais pour grimper au Grand Ballon !!


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Je vous laisse évaluer la température au départ de Diefenbach, brr …

 

Nous ne traînons aucunement et une grimpette, dès le départ, au Sudelkopf nous réchauffe sensiblement. En contre-bas de la route des Crêtes, entre le Col Amic et le Grand Ballon, le refuge du Sudel accueille les randonneurs. Le refuge est une ancienne métairie.


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Le refuge du Sudel

 

Deux kilomètres 700 plus loin, l'arrivée au Firstacker est récompensée par des paysages givrés, merveilleux …


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le soleil a balayé toute trace de brume, nous voilà éblouis par tant de beauté ...

 

Boudant la montée directe au Gerstacker, nous la contournons sur le chemin de la Goldenmatt pour profiter au maximum du soleil et du panorama à couper le souffle.


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Dépassant le Bieswald et l'abri du Sattelfels la montée au col du Haag est aisée, et… surprise... pas de vent… nous pouvons profiter au maximum de ce magnifique endroit.


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Le Grand Ballon vu du col du Haag


Le Grand Ballon (Grosser Belchen) 1 424 m est le point culminant du massif des Vosges, la fameuse route des Crêtes contourne le sommet par l'est, franchissant un col à l'altitude de 1 325 m entre le Markstein et le Vieil Armand. C'est généralement le point le plus froid et venteux d'Alsace avec le Hohneck. Le 10 février 1956 la température affichée était de – 30,2 ° et le 13 août 2003 une température de 29 ° contre 41 ° un peu plus bas, à 1200 m. L'épaisseur du manteau neigeux est généralement supérieur à un mètre en hiver, couramment 1,50 m, au-dessus de 1 350 m. Le 7 mars 2006 on mesurait 3,70 m.

Le sentier de grande randonnée GR5 reliant la mer du Nord à la mer Méditerranée passe au Grand Ballon.


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Arrivée au Grand Ballon

 

La tradition fait remonter au IX ème siècle la première occupation des sommets par les agriculteurs de montagne, éleveurs et fromagers ; on les appelle les marcaires. Les chaumes sont le plus souvent façonnés par l'homme, qui, pour des besoins en pâturages, n'a cessé de les étendre autour des marcairies. Par le développement du tourisme, celles-ci se sont transformées en fermes-auberges combinant l'activité agricole et l'accueil à la ferme. Les routes, d'origine militaire ou forestière, permettent de franchir aisément les ballons du Massif Vosgien et de découvrir de splendides panoramas. L'accès aux hautes chaumes est possible au départ de chaque vallée. La création de la route des crêtes fut décidée pendant la guerre 1914-18 par le Haut Commandement français afin d'assurer sur le front des Vosges des communications Nord-Sud entre les différentes vallées.

Il est temps de prendre place autour d'une table au chalet hôtel du Grand Ballon ... bon appétit.


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Après quoi, il faut penser à redescendre, Judenhut, ferme auberge du Ballon, Firstacker… et tout au long du chemin nous bénéficions en toile de fond d'un merveilleux panorama sur les Alpes.


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lorsque les Alpes font un clin d'oeil aux Vosges...

 

Au Firstacker, la chapelle du Sudel dans un paysage figé… dédiée à Jeanne d'Arc en hommage aux combattants de la grande guerre tombés dans le secteur.

 

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Au XVIII ème siècle, l'économie locale repose essentiellement sur la verrerie et l'exploitation de la forêt. En 1976 on a découvert une galerie de sondage et des traces de prospection sur les flancs de l'Ebeneck qui attestent de l'exploitation de minerais dans le vallon dès le XVI ème siècle. Vers 1700, l'abondance du bois permet l'installation d'une verrerie à Diefenbach et à la Glashütte, deux hameaux voisins sur le banc communal de Soultz. Cette activité s'interrompit dès 1714 avec le départ des verriers pour les terres de l'abbaye de Murbach. S'en suit alors la culture et surtout l'élevage et l'exploitation de la forêt.

 

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Une pensée à Albert Backert à chacun de nos passages…


Nous allons précisément vers la Glashütte… à quelques mètres de la ferme, un peu à l'écart du chemin, un monument à la mémoire de Albert Backert décédé dans la fleur de l'âge en 1911, épuisé et gelé en solitaire par un temps de brouillard.

Très vite nous sommes de retour à Diefenbach… très belle sortie malgré la température négative.

 

À bientôt...

Marthe et les compagnons

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11 mars 2011 5 11 /03 /mars /2011 17:29

Mercredi 16 février 2011

 

 

Ce mois qui tire son nom de Junon que les Romains nommaient februalis et qui était honoré d'un culte particulier. Une autre version affirme que ce nom viendrait des sacrifices en l'honneur des morts, appelés februales, qui se célébraient aussi à ce moment. Les anciens représentèrent le mois de février sous la figure d'une femme vêtue d'une seule tunique relevée par une ceinture. Afin d'indiquer la nature pluvieuse du mois, on avait placé entre les mains de cette femme une cane, oiseau aquatique, et à côté d'elle, une urne d'où l'eau s'échappait en abondance. À Rome, surtout, où l'hiver est moins long que dans nos climats, le mois de février est en effet celui des pluies...

 

On cite également :

 

Quand février commence en lion, il finit en mouton,

S'il ne pleut ni ne neige à la Saint Blaise, en mars le froid en prendra à son aise

À la Saint Gaston, surveille les bourgeons

À la Sainte Jacqueline froid et bruine

Quand la bise oublie février elle arrive en mai

Rosée à la Chandeleur, hiver à la dernière heure

À la Saint Valentin tous les vents sont marins

À la Sainte Bernadette souvent le soleil est de la fête

À la Saint Pierre-Damien, l'hiver reprend ou s'éteint...


ranspach-1.jpg Ranspach

 

À l'assaut du Markstein depuis Ranspach

 

Niché au pied du Markstein, le village de Ranspach est exceptionnellement bien situé. Situé dans un écrin de verdure, ses sommets offrent des vues imprenables sur la vallée de la Thur. Ranspach apparaît dans les archives dès le Moyen-Âge. Son histoire est intimement liée aux différentes invasions et guerres qui eurent lieu sur la terre convoitée d'Alsace. Son histoire est également liée aux Princes Abbés de Murbach qui dominèrent la Haute Vallée de la Thur durant de nombreux siècles.


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La forêt communale avec 740 ha couvre environ 65 % de la surface du ban communal. Elle débute au-dessus du village à 500 m alt. Elle monte jusqu'à 1 200 m alt. environ. Le sous-sol est principalement formé d'une roche volcano-sédimentaire, les schistes de la série d'Oderen. On peut observer ponctuellement quelques veines de micro-granite. Sur la partie droite du vallon vers le Koestel on trouvera le granite des ballons. La végétation est caractéristique des forêts vosgiennes, on observe des hêtraies en altitude sous les hautes chaumes, puis en descendant vers le village on rencontre des hêtraies sapinières, composées d'un mélange de hêtres, sapins et de quelques autres essences en faible densité. Dans certaines zones, après l'intervention de l'homme, les épicéas et mélèzes forment le couvert végétal. Sur le côté gauche du vallon serpente, au- dessus des maisons, le sentier botanique qui présente une importante diversité végétale qui s'est développée dans les années 1950.

 

La faune sauvage est importante, les biches paissent tranquillement dans les clairières, on peut observer également des renards, des chevreuils et des chamois. Les oiseaux sont aussi très nombreux et les geais ne manquent pas de signaler l'arrivée des randonneurs dans la forêt comme pour avertir du danger… La tempête de décembre 1999 a été particulièrement meurtrière dans cette forêt.

 

Le départ passe par le sentier botanique, et d'emblée je promets au groupe de revenir sur les lieux dès que les feuilles recouvriront les branches.

 

La montée au Treh est régulière et agréable sur un sentier traversant les belles forêts...


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au pied du Treh l'abri Hochmiss nous offre une pause avant de grimper au Treh.


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Non loin de l'abri, un énorme rocher fendu…

 

Quelques enjambées et nous débouchons devant la F.A du Treh à la grande surprise des jeunes veaux de la ferme.


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Passant en-dessous du ski-club Treh (alt. 1153m) nous ne tenons pas compte de la variante Markstein par la hêtraie car encore verglacée et franchissons la D 27 pour une petite ascension (la dernière de la journée, promis…) et progressons vers l'amont en dominant la route que nous venons de traverser. Arrivés sur le chemin plus large, nous le suivons vers l'amont sur les pentes du Jungfrauenkopf pour sortir au Markstein avant le carrefour. La vue sur la vallée de Thann est magnifique avec l'enfilade de ses sommets , qui s'enchaînent les uns aux autres.


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Notre mascotte, Eliott fait son show, tout heureux de pouvoir se défouler dans la neige !!

 

Le Markstein, au début du 9 ème siècle : l'abbaye de Murbach était propriétaire du Markstein et de ses environs, suite à la donation de Charlemagne. Le nom de Markstein proviendrait d'ailleurs de la pierre-borne délimitant la propriété.


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Nous retrouvons les paysages enneigés au Markstein.

 

Dans les années 1810 sont construites les métairies du Steinlebach, du Treh, du Hofried et du Moorfeld. Le barrage du lac de la Lauch fut édifié dans les années 1889-95, pour l'alimentation en eau potable de Guebwiller. Le début du 19 ème siècle marque le début de la grande aventure du ski sur le Markstein avec le premier concours de ski organisé au Treh. (sources lemarkstein.net)

 

Les chaumes sont le plus souvent dûs à l'homme qui, pour des besoins de pâturages, n'a cessé de les étendre autour des marcairies. Par le développement du tourisme, celles-ci se tranforment en fermes-auberges combinant ainsi l'activité agricole et l'accueil à la ferme des touristes. Les routes, d'origine militaire ou forestière, permettent de franchir aisément les ballons du Massif Vosgien et de découvrir de splendides panoramas. L'accès des Hautes-Chaumes est possible au départ de chaque vallée vosgienne. La création de cette route stratégique fut décidée pendant la guerre 1914-1918 par le Haut Commandement français afin d'assurer sur le front des Vosges des communications Nord-Sud entre les différentes vallées. Tracée constamment en ligne de crête, cette magnifique route relie Cernay à Sainte Marie aux Mines sur plus de 77 km permet d'admirer les paysages caractéristiques de la chaîne des Vosges, ses cols, ses ballons, ses lacs, ses chaumes et offre en prime des panoramas très étendus. Elle passe par le Grand Ballon, sommet culminant des Vosges, le Markstein, le Hohneck et le col de la Schlucht.

 

Le Markstein est aussi le berceau de l'arnica… les chaumes abritent une flore remarquable, caractéristique des sols acides et pauvres en éléments minéraux. Parmi celles-ci, l'Arnica, qui forme ici les plus belles populations du massif vosgien, en particulier sur l'axe Uff Rain – Salzbach – Breitfirts – Treh, ce dernier constituant un des plus importants lieux de cueillette destinée aux laboratoires pharmaceutiques. (sources : tirées du net)

Après un repas pris au chaud, au Markstein, le retour passe par les cascades Bruscher…


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aux cascades supérieures

 

Ranspach et le Gambrinus. Située à l'entrée nord du village, sur un bâtiment, trône la statue du Gambrinus, majestueuse !! Gambrinus, symbole des amateurs de bière, représente la bonne humeur et la joie de vivre typique des Flandres. On identifie parfois Gambrinus à Jean sans Peur, duc de Bourgogne, auquel on attribue l'invention de la bière de houblon. Gambrinus était aussi le nom d'un échanson de Charlemagne.

 

Bière,bonne humeur et joie de vivre, la devise du parfait randonneur !!

 

à bientôt ...

 

Marthe

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14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 09:19

Mercredi 9 février 2011

 

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En février, si au soleil ton chat tend sa peau…. en mars, il l'exposera au fourneau !!

(source : dico-citations Tm)

 

Février court, il court vers le printemps et il y a des jours comme aujourd'hui où l'on pense qu'il est même arrivé !! On ne sait pas très bien si c'est sérieux ou si on se fait des illusions. Ce qui est sûr, c'est que le temps passe et que, de toute évidence le printemps gagne du terrain et qu'un beau matin le cri strident de l'hirondelle viendra nous annoncer le printemps.

 

Le mimosa aussi est impatient… il illumine les débuts d'année de ses pompons jaunes d'or parfumés. Même si dans notre région, il ne se cultive pas, les fleuristes n'en manquent pas. L'arbre est originaire d'Australie et a été introduit en Europe à la suite des voyages du capitaine Cook. Il a été planté au XIXème siècle sur la Côte d'Azur, qui offrait un climat favorable à son développement grâce à son ensoleillement et à la rareté des gelées. Le mimosa est avant tout un acacia : acacia dealbata (couramment désigné sous le nom de « mimosa des fleuristes »).

 

Une journée printanière nous attend… rendez vous à Willer sur Thur 9 heures. Le soleil est présent et malgré la fraîcheur matinale on sent bien que nous allons passer une superbe journée sur les hauteurs. Laissant la grisaille dans la vallée nous nous élevons rapidement jusqu'au village d'Altenbach.

 

Goldbach-Altenbach, commune se trouvant sur un éperon rocheux, née de la fusion, en 1972 de deux des plus hautes communes d'Alsace, Goldbach et Altenbach. Le village se trouve au pied des ruines du Freundstein cité dès 1297.


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à l'entrée du village, une stèle en mémoire de Paul Acker, patriote écrivain français, mort pour la France le 27 juin 1915 en ces lieux.

 

Au centre du village, une maison portant une plaque…

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Madame Sans Gêne… eh oui, la populaire « Madame Sans Gêne » est alsacienne. Elle est née Catherine Hubscher en 1753, dans la commune d'Altenbach, près de Goldbach dans la vallée de Thann. Issue d'un milieu modeste, elle quitta de bonne heure l'Alsace pour se faire blanchisseuse à Paris. Éminent personnage qui marque l'histoire de la vallée et qui exerce son métier de repasseuse à Oderen. Catherine, femme de tempérament épouse le 1er mars 1783 un soldat, François Joseph Lefebvre, lui aussi alsacien originaire de Rouffach, sergent aux gardes françaises, homme coquet et gracieux. De par l'élévation de son époux, elle intègre la cour impériale sans perdre son vocabulaire et ses manières populaires, au grand dam de beaucoup. Fidèle serviteur de Napoléon 1er, Lefebvre fit une brillante carrière militaire et l'empereur le nomma maréchal et duc de Dantzig. Vivant dans une grande richesse, elle n'oubliera jamais ses origines modestes, bonne et généreuse, elle venait en aide à ses proches moins favorisés qu'elle.


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Le Grand Ballon s'offre à nous dès Altenbach et surveille notre ascension jusqu'au Sattelfels.

 

L'homme a toujours regardé vers le haut... dans les Vosges, c'est tout naturellement que, lors de nos randonnées, nous cherchons de nos yeux, le Grand Ballon, enjeu de nombreuses batailles, les monuments commémoratifs érigés sur ses pentes sont là pour en témoigner. Le Grand Ballon est un symbole, culminant à 1424 m, il est le toit des Vosges.

 

Nous continuons à grimper jusqu'au pied du Grand Ballon où se trouve l'aire de repos du Sattelfels qui nous servira de salle à manger, il fait si beau, pas question de nous enfermer… deux randonneurs ont allumé un feu et grillent des saucisses à l'intérieur.

 

Au centre de l'aire de repos, un grand tétras en bois sculpté veille et nous rappelle combien la survie de sa race est menacée. Dans les Vosges, comme partout ailleurs en France, le grand tétras se raréfie beaucoup. Sa population y présente aujourd'hui un niveau critique.


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Le grand tétras du Sattelfels


Le grand tétras « symbole des Vosges » est classé parmi les espèces gibier en France, mais il est protégé en Alsace, Lorraine, Franche-Comté et Rhône-Alpes. Il fait partie des espèces « en déclin » sur la liste rouge des espèces nicheuses d'Alsace.

 

En France, le grand tétras vit dans les forêts de montagne… Vosges, Jura, nord des Alpes (relictuel), Cévennes (réintroduit) et Pyrénées. Il fréquente les vieilles forêts mixtes peu dérangées, riches en clairières et en lisières, où la myrtille abonde. Il est sédentaire et mène une existence à la fois arboricole et terrestre, se nourrissant d'aiguilles de conifères en hiver, de bourgeons et de jeunes pousses (feuillus et myrtille) au printemps, d'herbacées et de baies variées en été-automne. En hiver, une neige abondante peut le confiner presque exclusivement dans les arbres. Au printemps, les mâles d'un même secteur se rassemblent au sol pour le chant traditionnel où ils seront rejoints par les femelles. Tout dérangement à cette période de l'année peut totalement compromettre la reproduction.

 

Après le repas le retour s'engage à travers le Bieswald pour rejoindre les chaumes du Gerstacker. La ferme du Gerstacker est une ferme très ancienne que céda Murbach aux trois communes de Goldbach, Neuhausen et Altenbach dès l'année 1558. Le Gerstacker est aussi connu pour ses carrières qui fournissaient une pierre remarquable par sa dureté et son beau granit. On peut en voir un superbe échantillon dans le piédestal du monument à la gloire de Kléber à Strasbourg. La ferme est maintenant louée par bail à ferme. Au Firstacker nous prenons le soleil, c'est tellement agréable… avant de descendre à Goldbach.


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Église Saint Laurent à Goldbach


Retour à Willer sur Thur par le Holzschlag et le Moulin. Àmi-chemin entre Willer et Goldbach, un petit groupe d'habitations blotties dans le vallon est signalé en passant par un panneau « Le Moulin » dit Mehl. Il ne subsiste plus rien aujourd'hui de l'antique moulin établi sur la berge du torrent du Wyssbach. Une ancienne scierie existait, placée en amont du pont avant la montée du Kilchwag. La scierie fut remplacée par un atelier de serrurerie taillanderie. Le bâtiment endommagé pendant la première guerre devait être totalement abandonné. En 1865 fut construit un tissage de 117 métiers. Vers 1906, l'ensemble des bâtiments , à savoir l'ancien moulin ainsi que l'usine étaient aux mains de la société Gerrer qui y faisait battre 160 métiers. La première guerre mondiale a ruiné définitivement toute industrie à Goldbach. L'actuelle maison portant le n° 47 fut érigée dans les années 1927 avec les matériaux de réemploi du vieux moulin.


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Après le lieu-dit le Moulin, un magnifique sentier traverse la forêt pour déboucher à Willer sur Thur au-dessus des étangs de pêche.


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Nous avons eu le plaisir de compter parmi nous, la Reine 2010 Brigitte 1ère , remplacée depuis peu par la Reine 2011 Simone 1ère.

Bonne semaine à vous, à bientôt.

Marthe

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