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12 juin 2011 7 12 /06 /juin /2011 10:07

Lundi 6 juin 2011


Ce sera la deuxième étape du périple Wittenheim – Hendaye qui débutera le 21 juin prochain pour se terminer à Hendaye 32 jours plus tard !! Yves ne baisse pas les bras et continue sérieusement son entraînement. Entre autre, la reconnaissance de l'étape qui se déroulera le 22 juin (journée nationale des dons d'organes) avec le slogan :

 

«DON D'ORGANES, POUR SAUVER DES VIES, IL FAUT L'AVOIR DIT».

 

De bon matin, départ à Mortzwiller, village étape du 21 juin. Charmant bourg situé à la jonction des collines du Sundgau et des derniers contreforts des Vosges, on y découvre le massif large et imposant du Rossberg, le Baerenkopf que traversait la frontière entre la France et l'Allemagne en 1870 et le Ballon d'Alsace aux pentes en chute raide qui descendent vers la vallée de la Doller. Le groupe s'est agrandi, ce-jour, quatre amis accompagnent Yves pour avaler les 37 kilomètres qui séparent Mortzwiller de Couthenans. Ne perdons pas de temps et prenons la direction de PetiteFontaine, très vite nous foulons le sol du Territoire de Belfort. Il sonne 9 heures lorsque nous traversons le village de Felon.

felon-1.jpg

Cité en 1227, le village fait partie de la seigneurie de Rougemont et de la paroisse d'Angeot jusqu'en 1767, date à laquelle il fut rattaché à celle de Saint Germain le Châtelet. Les premiers documents retraçants l'histoire de Felon datent du début du XIII ème siècle. À cette époque, le Comte provincial Otton II, devient Comte de Habsbourg. Felon était cité en 1227 sous le nom de Vuolon, ainsi que sous deux autres appellations : Furlon entre 1235 et 1241 et Foulon entre 1565 et 1585 pour ensuite devenir Felon.

 

L'origine du nom du village viendrait d'un moulin à foulon qui aurait existé en ce lieu. Ce hameau appartenait à la famille impériale d'Autriche jusqu'en 1648, date à laquelle il devient la propriété du Royaume de France.

 

Après avoir été rattaché au canton de Fontaine, Felon est depuis 1984 rattaché à celui de Rougemont le Château.

 

Mais qu'est-ce donc que le foulannage ? Le foulonnage consistait à dégraisser les draps de laine dans l'eau de la rivière. Pour cela, on plaçait l'étoffe dans une cuve remplie d'eau et de terre glaise, puis elle était frappée successivement par trois paires de pilons mues par la force hydraulique. Cette opération, en feutrant les fils de laine, apportait aux draps une douceur particulière. Ces villages sont entourés de nombreux étangs.

roppe-2.jpgMonument aux Morts à Roppe


Roppe (Rotbach ou Roppach comme on le trouve nommé autrefois), est un des villages cités dans les plus anciens documents relatifs à ces terres de la Porte de Bourgogne. Mentionné en tant que marche dans une charte datée de 792, et en 828 l'abbaye de Masevaux possédait des biens dans la marche de Roppe. Pendant la Guerre de Trente Ans, le château de Roppe fut pris par les troupes suédoises et il devint un repaire pour des mercenaires croates qui ravageaient les environs. Il fut repris et mis à sac par les troupes du comte de la Suze en septembre 1635, quelques mois avant que celui-ci ne s'empare de la ville de Belfort. Sur le plan religieux Roppe fait partie de la paroisse de Pfaffans, la Baroche et ne possédait qu'une simple chapelle castrale qui, en 1592, était dédiée à Saint Loup. Par la suite, dans les archives, on la rencontre consacrée à Saint Catherine ou Sainte Marguerite.

 

Déjà au XVIIème siècle le minerai de fer, dont est riche le sous-sol de Roppe et des villages voisins (Eguenigue, Pfaffans ...) a été exploité en carrière et à l'aide de puits-galeries pour être fondu dans les fourneaux de Belfort ou de Masevaux. La production de minerai en grains contenant 30 à 40% de fer atteint un niveau de 72 m³ par mois. En 1785 une inondation fait cesser l'extraction en profondeur. Une ultime tentative d'exploitation utilisant une machine à vapeur eut lieu au XIX ème siècle mais se heurta à la concurrence du fer lorrain meilleur marché. Début novembre 1870 eut lieu une bataille entre troupes prussiennes et françaises qui tourna à l'avantage des premiers, le front fut maintenu mais la place forte de Belfort était encerclée. Après la signature du Traité de Francfort qui laissait Roppe à la France, l'autorité militaire décida de renforcer la protection de Belfort par une ligne de fortifications dont un élément important fut construit entre 1875 et 1877 sur le sommet le plus élevé du territoire de la commune. C'est un ouvrage faisant partie des fortifications de l'Est de la France du type Séré de Rivières et fait partie intégrante de la place forte de Belfort, le Fort de Roppe de son vrai nom Fort Ney. Il est situé au sommet d'une colline proche de Roppe (mais situé sur cette commune). En 1889, un abri-caverne est construit à proximité (pour 220 hommes). À partir de 1893, ce fort fut relié à un certain nombre d'autres forts autour de Belfort grâce à un chemin de fer stratégique.

 

À l'époque romaine une voie d'importance secondaire venant d'Offemont et se dirigeant vers Leval ou Rougemont traversait le territoire de la commune également arrosé par l'Autruche, un ruisseau qui prend naissance dans le massif forestier au nord du village où il s'attarde pour former l'étang de l'Autruche.

roppe-3.jpg

Un musée, inauguré le 11 novembre 1997, situé au centre de la commune est dédié au commandant Arnaud et à tous ceux qui ont donné leur vie pour la Liberté de la France.

 

Nous quittons Roppe par la Croisette pour rejoindre Belfort et entrons dans cette ville par le Bois de la Miotte.

 

Un arrêt s'impose au pied de la Tour de la Miotte à notre gauche avec vue sur l'étang des Forges à notre droite.

etang-des-forges-4.jpgL'étang des Forges


Situé sur les communes de Belfort et d'Offemont, l'étang d'origine médiévale a longtemps été utilisé pour des besoins industriels mais aussi piscicoles.

miotte-5.jpgTour de la Miotte


La tour de la Miotte est le vestige d'un ancien château médiéval, qui fut intégré au XIXème siècle dans le Fort de la Miotte. Elle était sans doute utilisée comme tour de guet.
 

La tour de la Miotte fut plusieurs fois détruite au fil des guerres, et subit notamment des bombardements durant le siège de Belfort, en 1870-1871, et durant la Seconde Guerre Mondiale. La dernière reconstruction date de 1947.

 

Entre Vosges et Jura, entre Bourgogne et Alsace, l'imprenable Citadelle de Belfort, créée par Vauban, sur laquelle veille le célèbre Lion de Bartholdi, créateur de la Statue de la Liberté de New York ! Nous entrons dans Belfort, cité fortifiée … Belfort, dont l'origine du nom vient d'une contraction de «beau» et «fort», apparaît dans l'histoire en 1226, au bas du traité dit de Grandvillars qui met fin à une guerre opposant Frédéric II de Ferrette à Richard, Comte de Montbéliard. Un bourg se développe à l'abri du château fort bâti sur une roche inaccessible, et, en 1307, Renaud de Bourgogne, Comte de Montbéliard lui donne ses lettres de franchise. Belfort devient autrichienne par une succession de mariages. C'est une place forte des Habsbourg jusqu'à ce que Charles le Téméraire la reconquiert pour une courte durée de 1469 à 1474 ...

chateaubelfort-6.jpgvue sur le château et le lion depuis la Miotte

 

Belfort, sous la houlette de Vauban, est fortifiée selon des plans particulièrement modernistes pour l'époque. La citadelle se veut imprenable. Les travaux dureront une vingtaine d'années, elle résistera à trois sièges. Deux en 1815 et le fameux siège de 1870. Denfert Rochereau ne déposera les armes face aux Prussiens que sur injection du Gouvernement Français. La défense héroïque de Belfort lui vaut de rester française alors que l'Alsace est annexée.

 

Le Lion de Belfort, symbole de la Ville, de la résistance et du courage des Belfortains lors de la guerre franco-prussienne de 1870-1871.


En 1872, de nombreux Alsaciens choisissent l'option de rester Français et viennent s'installer à Belfort et dans les faubourgs. C'est la renaissance de la ville et son formidable essor économique, la Société Alsacienne de Constructions Mécaniques s'implante à proximité des Faubourgs de Belfort et ne tarde pas à devenir le premier employeur de la ville. Elle construit des locomotives et des installations ferroviaires, elle deviendra Alsthom plus tard, (actuellement Alstom). Des entreprises de tissage dont la célèbre maison DMC, Dollfus-Mieg et Compagnie, entreprises de constructions industrielles, avec familles et main-d'œuvre choisissent également Belfort. Le Belfort moderne est né !

savoureuse-7.jpgLa Savoureuse à Belfort


La Savoureuse est la rivière qui constitue l'axe hydrolique principal de la ville de Belfort. Elle prend sa source 60 m sous le sommet du Ballon d'Alsace avant de se jeter dans l'Allaine qui est alors appelée Allan à son entrée dans le département du Doubs près de Sochaux. Cette rivière alimentait de nombreuses scieries mécaniques tout au long de son parcours. Si aujourd'hui elle ne charrie pas beaucoup d'eau (nous sommes en période de sécheresse) ce n'est pas le cas lors des fontes de neige … où elle occasionne bien des soucis aux Belfortains et à ses voisins.

 

Yves profite de notre passage pour aller frapper à la porte des médias comme RTL 2 sur le quai afin de promouvoir son prochain passage. Son leitmotiv est : il faut parler du don d'organes.

 

Lors d'un repas frugal pris sur une place de Belfort, le logo sur le tee shirt de l'ami Yves interpelle un jeune homme de passage intéressé par sa démarche, ils échangent leurs coordonnées.

 

Nous reprenons la route direction d'Essert, nous quittons le Territoire de Belfort pour passer en Haute-Saône et rejoindre Châlonvillars. Pour cela nous longeons le beau canal de la Haute-Saône, également appelé Canal de Montbéliard à la Haute Saône. Une voie navigable qui débute dans le Nord du département du Doubs, traverse la partie Sud-Ouest du Territoire de Belfort et dont un tronçon, inachevé, est situé dans la partie Est de la Haute Saône. C'est après la perte de l'Alsace en 1871 que le gouvernement de la Troisième République décida en 1878 la construction de canaux dans l'Est de la France afin de permettre la circulation des marchandises, et en particulier des produits sidérurgiques lorrains vers la Franche-Comté, entre la région de Nancy et celles de Bourgogne et de Franche-Comté. Les premiers coups de pioches sont donnés en 1882 mais les difficultés rencontrées lors du percement des tunnels de Châlonvillars et de Chérimont firent que le budget se trouve vite sous-évalué. Les crédits supplémentaires tardant à venir, le chantier traîna et l'achèvement ne put avoir lieu avant la fin de la Première Guerre Mondiale qui rendit l'Alsace et ses voies navigables à la France. L'ensemble du projet fut remis en question et seul le tronçon (12,5 km) reliant le Canal du Rhône au Rhin au port de Botans fut achevé et mis en eau en 1926.

canal-8.jpgle canal de Montbéliard à la Haute Saône


Châlonvillars, charmant petit village est plein de richesses dont un lavoir construit en 1843 au centre du village. Il semblerait que le site de Châlonvillars ait été occupé très tôt. Des silex néolithiques ont en effet été découverts au lieu-dit Sous-la-Côte.

lavoir-9.jpglavoir à Châlonvillars


Nous sommes reçus avec grande gentillesse par un couple charmant habitant dans ce coquet village fleuri qui nous ont spontanément offert de nous désaltérer dans leur jardin. Encore grand merci à eux, ce fut un moment précieux et inoubliable lors d'une longue journée de marche.

chalonvillars-10.jpgRencontre inoubliable à Châlonvillars

 

Après ce moment de convivialité, nous avalons les derniers kilomètres qui nous séparent de l'arrivée. Dans la forêt de Châlonvillars nous tombons sur la source de la Baraque.

fontaine-11.jpgLa fontaine de la Baraque


La fontaine de la Baraque et sa Borne sont citées sous ce nom dans l'atlas cantonal de 1858. Cette source est située au lieu-dit sous la Baraque. Il devait y avoir une habitation dans ce coteau, peut-être une cabane d'un charbonnier. La source est réputée par les anciens ... les bouilleurs de cru venaient y puiser une eau très pure afin de couper la goutte pour en régler le degré. Cette source d'un débit faible mais constant ne tarit jamais, elle avait même été pressentie pour alimenter le village de Châlonvillars.

La borne est réalisée en poudingue (grès et galets de quartz). Elle présente sur une face une crosse d'évêque, sur l'autre un fauchon (petite faux droite), les signes et la forme de celle-ci sont typiquement d'époque médiévale. L'orientation actuelle des faces doit différer de la position originelle.

borne-12.jpgLa borne de la Baraque


Prochaine étape Chagey. Le site de Chagey était autrefois un retranchement gallo-romain, dont on a retrouvé quelques vestiges. Au niveau industriel, la particularité de Chagey est sa forge et ses hauts fourneaux installés en 1586 par des réfugiés protestants Lorrains et qui existaient encore au XX ème siècle.

 

Et voilà ... après 37 kilomètres, nous entrons dans le village étape du prochain périple de notre compagnon Yves, une commune nommée Couthenans où il arrivera dans l'après midi du 22 juin prochain.


Pays d'Héricourt, Couthenans a appartenu à l'abbaye de Lure avec la terre d'Etobon. En 1583, Couthenans fut vendu au comte de Montbéliard. Après le rattachement de Montbéliard à la France en 1793, Couthenans s'est trouvé dans le district de Montbéliard puis dans le Haut Rhin en 1800, le Doubs en 1816 et en Haute Saône en 1829.

couthenans-13.jpgl'ultime photo de la journée, à l'arrivée à Couthenans, devant la Mairie

 

Yves s'est présenté à la Mairie et a annoncé son arrivée pour le 22 juin prochain.

 

Marthe, Yves, Dany, Claude, Aldo et la mascotte Eliott

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26 mai 2011 4 26 /05 /mai /2011 17:43

Mercredi 25 mai 2011

 

Yves continue à parfaire sa forme pour la mission qu'il s'est fixée : faire parler et connaître le don d'Organes lors de son prochain périple… aussi une bande de copains s'est donné le mot pour l'accompagner dans la traversée de la vallée de la Largue.

chavannes-1.jpg

Sur les routes et sentiers de France vous reconnaîtrez Yves au logo DON D'ORGANES

chavannes-2.jpg

Une tradition imagine que l'Alsace était, dans une époque reculée, un immense lac, entouré par les Vosges et la Forêt Noire. Le Rhin, bloqué par le massif de la Lorelei, accumulait ses eaux en attendant de trouver une issue. En passant au Maennelstein au Mont Sainte Odile ou encore au rocher des anneaux, appelé aussi Trois Grandes Tables au massif du Taennchel, on peut voir des anneaux où seraient venues s'amarrer les embarcations de la préhistoire.

 

Légendes à l'origine de nombreux récits :

«la sirène de la vallée de la Largue» Blessée par un chevalier amoureux qui voulait l'enlever, son père furieux, finit par vider le lac recouvrant encore la vallée à cette époque...»

«De la tour païenne du Maennelstein, où les pirates du lac enfermaient leurs prisonniers, un jour l'un d'eux s'évada et nagea jusqu'à Bingen pour permettre à l'eau de s'écouler vers la mer et libérer l'Alsace …»

Bernard Clavel disait : «c'est le besoin d'eau qui a réparti nos villes, nos villages et nos fermes …»

cette phrase s'applique parfaitement à cette belle vallée façonnée par son cours d'eau, la Largue. Elle prend naissance au pied du Jura Alsacien, plus précisément dans la commune d'Oberlarg pour se jeter, à 50 km de là dans le plus important curs d'eau d'Alsace, l'Ill. Du Jura naissant aux basses vallées alluviales, la Largue a d'abord sculpté dans les dunes du lœss de la préhistoire, un paysage tout en rondeur fait de vallées profondes et de collines forestières, puis, l'homme s'y installa.

 

Au cours des siècles, la rivière fut, tour à tour, une douce compagne utile pour l'eau et l'enrichissement des terres de ses alluvions fertiles ou encore ses furies féroces, ravageant par ses crues les installations humaines. Le paysage de cette vallée se caractérise par ses villages à flanc de colline, ni trop près, ni trop loin du cours d'eau, entourés de leurs cultures et vergers. La vallée de la Largue renferme de nombreux étangs aménagés par les moines cisterciens de l'abbaye de Lucelle pour y élever la carpe… ce poisson qui donnera au Sundgau sa spécialité culinaire «la Carpe Frite», je vous en parlerai lors du repas.

chavannes-3.jpgLe départ est donné à Chavannes les Grands sur la place de l'église à 8 heures pour une randonnée, non des moindres… 33 kilomètres à travers un territoire offrant une qualité de vie préservée, entre prairies, forêts, rivières, étangs sans omettre le canal du Rhône au Rhin. Maisons à colombages, moulins, lavoirs, puits, viaducs, pont-canal ajoutent au charme de la région.

chavannes-4.jpgLes jardins sont fleuris


Très vite nous arrivons à Suarce. Les traces de Suarce (nom antérieur Schwertz) dans l'histoire sont très anciennes puisque le village est cité dans un acte rédigé le 21 juin 823 par Louis le Pieux, fils de Charlemagne précisant, entre autres, les possessions de l'abbaye de Masevaux. En 1105, Henri de Suarce est cité comme témoin lors de la donation par Ermentrude, comtesse de Montbéliard de différentes propriétés à l'abbaye de Cluny pour la fondation d'un prieuré. En 1333, le fief suit le sort de la seigneurie de Florimont et dépend du comté de Ferrette. L'église actuelle a été reconstruite après la guerre dans un style moderne, de forme cylindrique avec un clocher ouvert de 25 m de hauteur. Elle a remplacé l'ancienne église, très ancienne qui fut malheureusement détruite à la Libération, inaugurée le 22 août 1971, elle est dédiée à Saint Germain, évêque.

 

De Suarce à Hindlingen nous traversons les champs de culture et forêts. Une petite bise nous permet de ne pas souffrir de la chaleur, fort agréable ! cette matinée à travers le Sundgau. L'arrêt prévu arrive à point nommé dès 9h45 autour d'un magnifique étang. Heureux les propriétaires de ce beau chalet au bord de l'eau caché dans la forêt !!. Nous nous permettons d'approcher et nous désaltérer.

chavannes-5.jpgPause à l'étang


Direction Hindlingen,village de Hundilo du nom d'un chef de tribu germanique qui s'est installé au pied du Haeffelberg au Vème siècle. Cité la première fois en 737 sous le nom de Chuntilingas, le comte Eberhard a légué ses biens au couvent de Murbach.

chavannes-6.jpgHindlingen où l'eau coule à flots dans les fontaines pour le bonheur de notre mascotte Eliott.

chavannes-7.jpgle clocher d'Hindlingen


Entre Hindlingen et Dannemarie nous allons vivre des moments magiques !!

chavannes-8.jpgla biche profite du foin qui sèche au soleil


Plusieurs étangs recouverts de nénuphars, moment féerique…

chavannes-9.jpgNénuphar, selon la légende, son nom lui fut donné d'une nymphe qu'un amour passionné pour Hercule conduisit au tombeau. Le héros qui l'avait si cruellement repoussée voulut éterniser sa mémoire et la changea en nymphea ou nénuphar. C'est la fleur reine des bassins en raison de la beauté de ses fleurs jaunes, blanches, rouges ou violacées et de la grosseur de ses feuilles circulaires qui flottent sur l'eau. Elles ont une durée de vie de six à huit jours consécutifs, s'ouvrant le matin pour se refermer en fin d'après midi.

chavannes-11.jpg

Dannemarie en vue …


Dannemarie est située sur la Largue, ses habitants sont appelés les Dannemariens et les Dannemariennes, en alsacien ils sont surnommés les «Dallerschlacker» (un petit clin d'œil à notre ami Jacques), ce qui veut littéralement dire «les lécheurs d'assiettes». Ville connue pour sa gastronomie fait partie de la route des Carpes Frites. Entre les collines sous-vosgiennes et les premiers contreforts du Jura, dans la trouée de Belfort près du seuil de partage des eaux de Valdieu, on trouve un bourg blotti sur les pentes d'une colline de la vallée de la largue. On y arrive tout naturellement par la route, le rail ou par le canal du Rhône au Rhin car c'est depuis des centaines d'années un lieu de passage où a émergé une forte fonction commerciale ou comme nous à pieds à travers champs et forêts. Chef lieu d'un canton qui dépendait initialement de l'arrondissement de Belfort rattaché en 1870 à celui d'Altkirch où la commune prit le nom de Dammerkirch. Ce nom germanisé signifie «l'église de Domna Maria» c'est à dire de la Vierge, «domna» étant la déformation, en latin vulgaire de «domina» (la dame). Bien avant, Dannemarie, qui apparaît en 1016 sous la dénomination «Dannamarachiricha» a appartenu aux XIIIème et XIVème siècles jusqu'en 1324, aux comtes de Ferrette, puis jusqu'en 1648 aux Habsbourg et enfin, de 1658 à la Révolution aux ducs de Mazarin.

 

Dannemarie conserve des maisons et des bâtiments remarquables tels que l'Hôtel de Ville. En effet, installé dans une ancienne halle aux blés datant de 1815, il abritait dans les années 1880, l'école es filles. En 1906, il est vendu par la municipalité au ministère de la Justice du Kaiser, qui y installe le tribunal cantonal impérial. De 1914 à 1918, la bâtisse est occupée par les services administratifs du gouvernement militaire français. Après 1918, l'endroit redevient tribunal jusqu'en 1959. En 1961 et 1962, une classe de 6 ème y est hébergée le temps des travaux de construction du collège. La bâtisse est ensuite rachetée par la commune pour devenir en 1965 l'Hôtel de Ville.

 

Située à un carrefour de communication stratégique (route départementale 419 reliant Bâle à Belfort, canal du Rhône au Rhin et voie ferrée Belfort-Mulhouse), Dannemarie a toujours été un bourg centre. De ce fait, la commune a connu un développement industriel notable dès le milieu du siècle dernier.

chavannes-12.jpg

Dannemarie possède deux viaducs. C'est la liaison ferroviaire Mulhouse-Belfort qui nécessita la construction des deux viaducs. Le premier en direction de Ballersdorf mesure 390 mètres de long pour une hauteur de 20 mètres et possède 36 arches pour un volume de maçonnerie de 26 000 m³, il est construit avec 9 millions de briques cuites sur place et enjambe le Rossbaechel. Le second du côté de Retzwiller, en direction de Belfort appelé Grand Viaduc, surplombe la vallée de la Largue, s'étend sur 500 mètres et s'élève à 29 mètres du sol. Il possède 42 arches et a un volume de maçonnerie de 40 000 m³. Il est construit avec 14 millions de briques cuites sur place. Ce viaduc a été bombardé et détruit plusieurs fois lors des différentes guerres qui ont secoué la France : en 1870, 1914,1915 et en 1944. Il a été, à chaque fois, reconstruit.

 

Nouveau canal à grand gabarit,un projet, lancé en 1961 et déclaré d'utilité publique en 1978 fit couler beaucoup d'encre à l'époque !! Opposition importante sous l'impulsion des mouvements écologistes et défenseurs de la nature. Le site de Valdieu était particulièrement concerné de par sa situation géographique qui imposait la construction d'une nouvelle écluse en aval du village. En 1997, ce projet est définitivement abandonné. Pour mémoire, le projet consistait, à l'époque, à établir une liaison de 229 km entre Mulhouse et la Saône.


Coup de théâtre… Aujourd'hui, une nouvelle étude voit le jour… et tente de démontrer L'intérêt d'un nouveau projet de canal à grand gabarit entre la Saône et le Rhin. Ce canal Saône-Rhin à grand gabarit, irait de Mulhouse à Dijon en passant par Belfort et Vesoul et pourrait transporter de 11 à 19 millions de tonnes de marchandises en 2025 selon l'étude préliminaire socio-économique présentée à Colmar par le Conseil Général du Haut Rhin.


En attendant… le village vit au rythme de la navigation de plaisance et des activités sportives et de loisirs développées aux abords du canal, avec la piste cyclable aménagée sur l'ancien chemin de halage. Cette piste fait partie intégrante de la vélo-route Nantes – Budapest également appelée Euro-Vélo 6 et permet de rejoindre de nombreux autres itinéraires cyclables en Alsace, Franche-Comté, Suisse et Allemagne. Un paradis pour les amoureux de la petite Reine !!


Il est temps de joindre l'utile à l'agréable… la pause repas, qui, comme il se doit se déroulera autour d'une bonne table de carpes frites… moment convivial à souhait !

chavannes-13.jpgrelais Nautique


Nous devons ce délicieux met aux rudes moines Cisterciens de l'abbaye de Lucelle venus en 1123 qui se mirent à défricher, exploiter, christianiser et réformer le pays et ses habitants. La région se couvre d'étangs et la carpe devient, en quelque sorte, le plat du jour régional. L'étang devient d'intérêt public et constitue une importante source de revenus. Et si aujourd'hui les moines ont disparu et que Lucelle n'est plus que vestiges, la carpe frite est devenue le plat gastronomique du Sundgau, au point qu'une route lui est consacrée, au même titre que la route du vin, et qu'il n'est dans la région aucun restaurant, digne de ce nom, qui ne l'affiche en bonne place sur son menu et ce, tout au long de l'année.

chavannes-14.jpgRepus, nous allons quitter Dannemarie


Direction Retzwiller le long du canal. Alors que, de nos jours, il n'est question que de tuiles et de panneaux photovoltaïques… n'oublions pas l'épopée Gilardoni sur notre terre.

L'aventure débute en 1864, Thiebaut Joseph et François Xavier Gilardoni prospectent dans le secteur de Dannemarie. Il leur faut absolument dénicher un lieu conjuguant un sous-sol riche en marne et la proximité la voie de communication essentielle à l'époque qu'est le canal du Rhône au Rhin est une aubaine. Les deux frères, industriels, sont à l'étroit dans leurs installations à Altkirch, l'atelier familial de poêles en faïence, fondé en 1835, avec leur beau-père Pierre Heitschlin, transformé en 1842 en manufacture de tuiles, est vétuste et trop petit. Impossible d'y fabriquer la fameuse tuile à emboîtement, cette invention mondiale datant de 1841, dont la paternité revient donc aux deux frères. L'invention des frères Gilardoni a non seulement transformé les toitures mais toute l'industrie de la terre cuite, car les recherches pour obtenir une pâte convenable au moulage mécanique des grandes tuiles à emboîtement, les ont amenés à imaginer le principe de toutes les machines utilisées encore de nos jours dans l'industrie céramique. Dès les premières années qui suivirent leur brevet, ils cédèrent des licences à des industriels de Marseille, Epinal, Montchanin et Ivry, permettant ainsi la création de puissantes tuileries qui ont diffusé le nouveau produit. Mis à part une étanchéité plus complète et une plus grande facilité de pose, le poids et le prix ne sont pas comparables.

 

En 1864, une première usine est construite en bordure de la Largue, en contrebas de l'actuelle cité ouvrière bâtie en 1880 afin de loger les ouvriers dont le nombre se montait jusqu'à 200 en 1928 au moment où la tuilerie d'Altkirch fut fermée. L'usine de Wolfersdorf cessa son activité en 1934 car à Retzwiller cette fois, une seconde unité ultramoderne tournait à plein régime. Le rachat des tuileries Gessier d'Hagenbach en 1966 fut un échec. Le choc pétrolier de 1973 porte le coup de grâce et la même année, Sturm rachète Gilardoni. Àpeine un an est passé, le 31 octobre 1974 que les ouvriers quittent pour la dernière fois leur usine, la production est arrêtée. Au milieu du XIX ème siècle, il existait en Alsace environ 250 fours à tuiles et à briques répartis dans plus de 200 communes.

chavannes-15.jpgLes pavots illuminent notre chemin


On appelle pavots toutes les papavéracées du genre Papaver, regroupant plusieurs espèces allant du coquelicot (papaver rhoeas) au pavot à opium (papaver somniferum). Les pavots sont souvent très colorés, à quatre pétales satinés et légèrement froissés.

Prochaine étape, Valdieu-Lutranà l'entrée de la trouée de Belfort, sur la ligne de partage des eaux entre les bassins du Rhin et de la Saône. Le seuil de Valdieu est ainsi le point le plus bas de la trouée de Belfort, entre les massifs du Jura et des Vosges. Longtemps, point de passage obligé entre le sud de l'Alsace et la Franche Comté avec la présence conjuguée de trois voies de communication, la route de Belfort à Bâle, la voie ferrée reliant Belfort à Mulhouse et le canal du Rhône au Rhin.

 

Une curiosité, «l'échelle d'écluses» du canal du Rhône au Rhin constituée de 12 écluses entre Valdieu et Wolfersdorf qui permet aux péniches de franchir un dénivelé de 30 mètres sur trois kilomètres.

 

Arrivons à Magny, petite commune d'une centaine d'habitants traversée par la rivière Suarcine sur laquelle plusieurs moulins fonctionnaient jadis. Longtemps rattaché à la seigneurie de Montreux, Magny est un des rares villages à ne posséder ni église, ni cimetière et dépend encore aujourd'hui de la paroisse de Montreux Jeune. La commune bénéficie d'un cadre privilégié et offre plusieurs aires de jeux aux enfants, d'un terrain de foot et d'un étang de pêche communal.

 

Mémorial du Moulin de la Gaille:situé au sud de Dannemarie, en limite du Territoire de Belfort, village francophone, Magny a été le siège d'une célèbre bataille opposant les forces françaises et allemandes le 13 août 1914 sur le site du moulin de la Gaille. Il semblerait que cette bataille ait décidé du sort de Belfort. Aussi, afin de commémorer la mémoire des victimes, un monument a été érigé sur le site.

 

Retour tranquille à Chavannes les Grands

chavannes-16.jpgle Char Foch en mèmoire du 1er régiment de Chasseurs d'Afrique au bord de la route.

 

Merci aux compagnons du mercredi, les uns randonneurs pédestres, d'autres vététistes, à nos amis du CLAS 68 venus renforcer les supporters d'Yves en ce courageux défi consistant à faire parler du DON D'ORGANES…

Marthe

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Published by Marthala - dans Alsace-Lorraine
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23 mai 2011 1 23 /05 /mai /2011 14:25

Mercredi 18 mai 2011

 

Nous sommes en pleine période de Transhumance, accompagnée généralement de festivités tels que repas marcaires sous chapiteau, concours du plus beau costume de vacher, les cors des Alpes et animations musicales et dansantes.


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Au Firstacker les vaches sont de retour

 

Les troupeaux ont à nouveau pris possession des pâturages de montagne, signe du retour de la belle saison. Le début du printemps est marqué par la transhumance qui se traduit par la montée, (au printemps) ou la descente (à l'automne) du bétail sur les hauts pâturages vosgiens. Les troupeaux y trouveront une herbe de grande qualité sur les chaumes et crêtes de nos montagnes.

 

Chaque propriétaire identifie de loin le son des grosses clarines et des sonnailles accrochées le jour de la transhumance. Si les cloches sont généralement fabriquées, de nos jours, dans le Doubs, les vaches meneuses les plus coquettes ont droit à un collier personnalisé par un artiste sellier-bourrelier fort sollicité de Muhlbach.

 

Sur les territoires où les troupeaux d'élevage, bovin, ovin ou caprin sont conduits dans des pâturages collectifs, les paysans attachent des clochettes au cou des bêtes. Ces cloches possèdent plusieurs utilités : identification des animaux appartenant à un troupeau particulier, localisation des bêtes, notamment en cas de brume et cohésion du troupeau.

 

Le terme sonnaille (Kuhglocken en allemand) s'applique aux cloches forgées ou formées à l'aide de plaques soudées, généralement fabriquées en tôle de fer rivetée, de forme trapézoïdale, cylindrique ou en forme de coupe. Le terme clarines s'applique aux cloches de bovins en bronze ou laiton de fonderie qui sont plus lourdes.

 

Ding, deng, dong, nous entendons, à nouveau le son des cloches, sonnailles, toupins et autres clarines. Que deviendraient les vaches paissant dans les alpages et dans les prairies sans ces mélodieuses sonneries de cloches ? Autrefois utiles pour repérer les troupeaux et animaux isolés, les cloches sont désormais un apparat, néanmoins toujours nécessaires lors de la transhumance. Également objet de prestige pour l'éleveur qui la gagne au comice.

 

Ancêtre du GPS, d'accord, c'est un peu plus encombrant qu'un boîtier électronique, mais une clarine ou une sonnaille, ça vous pose une vache quand elle parade avec cette grosse cloche autour du cou et qu'on peut la localiser en alpage rien qu'à son timbre.

 

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La transhumance ne concerne pas que les vaches ou les moutons. Elle signifie également la location et le déplacement des abeilles et de leurs ruches, par l'apiculteur aux agriculteurs et aux maraîchers, pour aider à la pollinisation pendant les périodes de floraison.

 

Départ 9 heures, une marche récréative pour la joyeuse troupe qui démarre du Firstacker au milieu d'un troupeau de Vosgiennes, ces rustiques et attachantes vaches Vosgiennes, reines et princesses des hautes chaumes qu'elles viennent de regagner après de longs mois d'absence … filles d'une race qui faillit disparaître.

 

Les visages rayonnaient de joie dès le départ en grimpant au col de Judenhut. Arrivés à l'abri, une pause s'impose. L'abri a retrouvé de nouvelles fenêtres et porte, un luxe que nous apprécierons à nouveau lors de nos randonnées en hiver, merci à tous ceux qui œuvrent dans l'ombre.


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Abri au Judenhutplan

 

La montée continue agréablement sur un sentier puis un chemin forestier, du Judenhut nous rejoignons le col du Haag et sa chaume au pied du Grand Ballon.


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Les Vosgiennes du Haag

 

La ferme du Haag est nichée au pied du Storckenkopf alt. 1366 m qui est le deuxième sommet des Vosges, méconnu du grand public et pourtant plus haut que le Hohneck qui culmine à 1363 m.

 

Nous ne grimperons pas au sommet aujourd'hui mais descendons directement au Sattelfels.


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Où Maître Yves nous dévoile, une fois encore, ses merveilleux talents de cuistot ...


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sous l'œil attentif de notre mascotte

 

Bien repus nous reprenons la route, direction Gerstacker entourés de genêts en fleurs.


La légende raconte qu'en 1128 Geoffroy V, dit «le Bel», comte d'Anjou et du Maine, chevauchait dans une lande près de la ville du Mans, lorsqu'il aperçut une licorne à tête de femme et vêtue d'un manteau d'or au milieu d'un champ de genêts. Bouleversé par cette apparition, il choisit de faire de cette plante son emblème et d'en planter sur ses terres, d'où l'origine du surnom «Plantagenêt».


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À perte de vue les genêts fleurissent


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la joyeuse troupe au Gerstacker

 

Le Gerstacker est une ferme très ancienne que céda Murbach aux trois communes de Goldbach Neuhausen et Altenbach dès l'année 1558. Le Gerstacker est aussi renommé par ses carrières qui fournissaient une pierre remarquable par sa dureté et son beau granit. La ferme est maintenant louée par bail à ferme.

 

Le retour au Firstacker est rapide, nous y retrouvons le troupeau du matin, belle image au pied de la chapelle du Sudel.


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Race bovine d'une robustesse remarquable, la Vosgienne est une excellente marcheuse sur tous les terrains et est particulièrement adaptée aux reliefs tortueux. Très bonne transformatrice de fourrages grossiers, peu sensible aux brusques variations de température ainsi qu'au stress, elle est parfaitement adaptée aux conditions difficiles de l'élevage en montagne. Elle se reconnaît à la bande blanche plus ou moins régulière couvrant son dos ainsi que son ventre mais également à ses taches noires sur le visage qui donnent à cette bête une marque personnelle. De taille moyenne avec 135 cm au garrot pour un poids moyen de 600-650 kg pour la vache contre 800 kg pour le taureau.

 

À bientôt

Marthe

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13 mai 2011 5 13 /05 /mai /2011 09:26

Mercredi 11 mai 2011

 

  entre le col de Brabant et le col du Bramont

 

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lac des Corbeaux

 

Le lac des Corbeaux situé dans la station de la Bresse – Brabant est un petit paradis pour randonneurs. D'une longueur de 600 m et d'une largeur de 200 m, il a une profondeur moyenne de 23 mètres… mais ce printemps il manque cruellement d'eau comme tous les lacs de la région. Il alimente la Goutte du lac des Corbeaux qui se jette 200 m, en contrebas, dans la Moselotte.

 

Le départ est donné au col de la Vierge, un panneau montre la faune, la flore et l'activité dans ce massif, plus exactement dans la réserve du Grand Ventron. Assise à la fois sur les versants haut-rhinois et vosgiens, la Réserve Naturelle du Massif du Grand Ventron, créée en 1989, s'étend sur 1647 ha entre 720 et 1204 mètres d'altitude. Elle abrite l'une des rares forêts du massif vosgien à avoir conservé son caractère originel ainsi qu'un vaste réseau de clairières tourbeuses…

 

Tandis que les suivis et les études menés sur le site permettent de préciser l'état de santé des milieux et des espèces les plus fragiles (tourbières, chaumes, faucon pèlerin, grand tétras, chouette de tengmalm, etc...), les activités traditionnelles forestières et pastorales continuent à s'exercer en intégrant un objectif de conservation. Une attention particulière est portée à la quiétude du site dont la découverte peut s'effectuer aisément à partir d'un réseau de sentiers balisés. Milieu sauvage, l'espace forestier vosgien est longtemps resté intact.  À partir du VII ème siècle, avec la création d'abbayes et l'installation de communautés villageoises, la forêt commence à régresser au profit des espaces en herbe pour y faire paître les troupeaux.

 

Nous partons sur le chemin du Tour de la Bresse et passons devant la Croix Louis Lemaire qui rappelle la mort accidentelle d’un bûcheron en ces lieux.

 

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La croix Louis Lemaire

 

La Bresse est un village montagnard qui s'étend de 609 mètres d'altitude jusqu'au sommet du Hohneck à 1 363 m d'altitude point culminant du département des Vosges. Le territoire du Hohneck est partagé entre les communes de la Bresse dans les Vosges, de Metzeral et de Stosswihr dans le Haut-Rhin.


Territoire de chasse du temps des Mérovingiens, lieu de passage entre les monastères de Remiremont et Munster au VII ème siècle, des gens s'établirent peu à peu et commencèrent à transhumer depuis Munster sur les sommets vosgiens et les terrains défrichés tout le long de la Moselotte. La Moselotte naît à la fontaine de la Duchesse, près du sommet du Hohneck, elle rejoint la Moselle à Remiremont. L'épopée industrielle commença après 1830 avec l'installation d'usines textiles tout au long des chutes d'eau des rivières et l'exploitation de la forêt communale de 3000 ha. À partir de 1905, l'utilisation de l'eau des lacs pour produire de l'électricité permet à la commune de s'engager dans l'utilisation des énergies renouvelables et de se développer. C'est à partir des années 70 que le tourisme prend son plein essor avec le développement des sports d'hiver. La Bresse est une station été et hiver.

Un paradis pour le randonneur qui évolue à travers forêt d'altitude, chaume et tourbières.

 

Du col du Brabant,une grimpette à Rachutte monte facilement dans de magnifiques paysages vosgiens… une pause à Rachutte, avant de finir la montée au collet Mansuy en pleine forêt qui porte le nom d'un ancien inspecteur adjoint des forêts.

 

Sur les hauteurs du Lac des Corbeaux que nous ne distinguons pas encore, au collet Mansuy, une stèle à la mémoire de Jean Claude Abel décédé accidentellement en 1978 à l'âge de 21 ans.

 

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La stèle Jean Claude Abel


La descente au lac des corbeaux est un mal aisée… à travers un pierrier.

 

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Descente au lac des Corbeaux

 

Bientôt nous apercevons le lac à travers la végétation dense. Lac de cirque glaciaire, le lac des Corbeaux doit son nom aux sapins qui l'entourent, aussi noirs que les corbeaux qui, dit-on, hantent l'endroit. Encerclé de forêts luxuriantes, le lac des Corbeaux offre un charmant cadre de promenade.


Il n'est pas rare de trouver une ferme en ruines car il existait autrefois de nombreuses fermes perchées sur les hauteurs. Leurs habitants chaussaient naturellement les raquettes ou les skis, non pas pour s'amuser, mais pour descendre, une fois par semaine, jusqu'au village le plus proche pour aller à la messe dominicale et ramener un peu de ravitaillement.

 

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Rouge Mousse


Le chemin rejoignant le col de la Vierge passe devant l'abri de Rouge Mousse niché dans un écrin de verdure. Sur notre gauche, le Rainkopf nous salue, un peu plus haut, le col de la Vierge ferme notre boucle du matin. Le col de la Vierge où un bûcheron qui échappa de justesse à la foudre jura que s'il s'en sortait vivant il vénérerait la Vierge.

 

À deux pas, une magnifique clairière au lieu-dit, la Vieille Montagne, qui désigne une forêt de vieux bois, où était fabriqué le charbon de bois qui servait ensuite dans les fonderies et autres verreries de la région.

 

Et maintenant place à la fête… une fois encore la sortie est couronnée par un anniversaire. ALDO est l'homme du jour !!


JOYEUX ET PÉTILLANT ANNIVERSAIRE ALDO

 

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Très vite, tout le monde se met au travail, les tables sont mises, de succulentes salades sortent comme par magie du coffre de Simone, l'apéro est servi de mains de maîtres, les saucisses grillent, tout marche comme sur des roulettes, une vraie équipe …

 

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Après le repas, Simone a encore plus d'un tour dans son sac… le col de la Vierge se transforme en place de marché, ses mains vertes offrent de superbes plants à repiquer de son jardin, avis aux amateurs. Grâce aux talents de chacun d'entre nous, les compagnons vivent des jours merveilleux et uniques lors de leurs sorties.

 

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Jour de marché au col de la Vierge

 

Pas question de se quitter après un moment aussi convivial sans une randonnée digestive… aussi nous rejoignons le col de Bramont. Le col de Bramont… viendrait-il du brame du cerf ? Alt. 956 m le col sépare la Lorraine et l'Alsace en plus de représenter la limite départementale entre les Vosges, commune de la Bresse et le Haut-Rhin, commune de Wildenstein.

 

Le retour dans la forêt de Cornimont est reposante. C'est à l'époque de Charlemagne qu'apparaît le nom de Cornimont (allusion à la corne de chasse que l'Empereur aurait perdu ou donnée). Le territoire, à cette époque, était essentiellement constitué de vastes forêts et prairies.


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la joyeuse troupe vous donne rendez-vous la semaine prochaine

 

Marthe

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9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 10:19

Mercredi, 4 mai 2011

 

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encore une belle journée … suivez moi !


LAC DE KRUTH – GRAND VENTRON – WINTERGES


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Kruth se trouve sur la route de Saint Amarin à Wildenstein et est un village plus récent, puisque son nom apparaît d'abord au XIV ème siècle sous le nom de Gereuth. Le village a pu se constituer à l'emplacement d'anciennes fermes et de maisons isolées qui ont donné naissance à une agglomération. Au XVII ème siècle le village est appelé Grut. Ce n'est qu'à partir de 1775 que le nom actuel apparaît. L'endroit était certainement d'abord recouvert de vastes forêts dont les terres ont été défrichées par les premiers occupants. Il fut d'abord la propriété des nobles de Bollwiller qui y installèrent un château. Le village passe ensuite aux abbés de Murbach jusqu'à la Révolution. Son histoire est intimement liée à celle des autres villages du bailliage. Pendant la Première Guerre Mondiale, le village est évacué en raison de la proximité du front. En 1917, le roi Victor-Emmanuel III d'Italie vient inspecter le front et y passe une journée. Kruth possède un barrage qui permet de réguler les eaux de la Thur.


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Le lac de Kruth – Wildenstein

 

Le lac (barrage) de Kruth-Wildenstein, plus couramment nommé lac de Wildenstein, est le plus grand lac artificiel du versant alsacien du massif des Vosges avec une superficie de 81 ha. Malgré son nom, il n'est pas à Wildenstein mais se situe sur le territoire de la commune de Kruth et sur une petite partie de la commune de Fellering. Établi sur la Thur, le barrage permet la retenue d'un maximum de 12 millions de m³.

 

Le bassin versant de la Haute Thur se compose essentiellement de ballons fortement enneigés chaque hiver. Des crues printanières, parfois catastrophiques, ont suggéré dès le XIX ème siècle, lors d'une rupture d'un barrage de retenue utilisé par une fabrique de verre en amont de Wildenstein, l'édification d'un barrage permettant leur régulation. Ce n'est cependant qu'en 1954 que sa construction fut décidée, sept ans après une dernière crue dévastatrice. Édifié de 1959 à 1963, le barrage fut mis en eau en 1964. En raison du faible débit de la Thur à cet endroit, il n'a pas été jugé rentable d'installer une centrale hydroélectrique.

 

Départ au barrage de Kruth pour l'ascension du Gand Ventron. Un sentier monte régulièrement à travers une belle forêt, des torrents descendent de la montagne vers le lac. Les cascades chantent et dansent sur les pentes de la montagne, une eau pure et froide miroite au soleil. Une courte pause à l'abri du Tal.

 

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Nous passons devant l'abri des Pionniers et continuons à grimper jusqu'au Grand Ventron.

 

Point culminant et central d'un massif qui s'étend du col de Bramont au nord jusqu'au col d'Oderen au sud. Partagé entre Ventron et Cornimont du côté lorrain et Kruth du côté alsacien. Le massif est l'un des derniers refuges du Grand Tétras, aussi la pratique des loisirs est-elle réglementée.

 

Il faut remonter à l'époque des rois mérovingiens puis carolingiens pour comprendre la formation des chaumes vosgiennes. Ces rois, possesseurs du sol, décident de renforcer leur autorité politique et religieuse. Jusqu'ici absents, ils laissaient aux quelques montagnards vosgiens (ermites, moines et premiers pionniers) une quasi indépendance. Les souverains successifs aident les abbayes et les monastères à accroître leur implantation et à constituer de nouveaux noyaux de population. En contrepartie, les moines acceptent d'héberger ces monarques pendant leur séjour de chasse. La région sert ainsi de vastes domaines giboyeux pour la noblesse. La tradition veut, par exemple, que Charlemagne soit venu chasser à maintes reprises. Sur ces terres qui leur sont ainsi confiées par le pouvoir royal, par exemple Charlemagne fait don de la vallée de Saint Amarin à l'abbaye de Murbach. Les abbayes deviennent à la fois des centres intellectuels, spirituels et moteurs d'un développement, dont les premiers signes se manifestent sous la forme de défrichements, créant des kritters (champs défrichés) et quelques hameaux isolés, s'organisent ou voient le jour.

 

L'abbaye de Munster aurait ainsi joué un rôle moteur dans le processus de montée des pasteurs alsaciens vers les sommets. En date du 3 février 1339, le traité de Marguard spécifie que les troupeaux dépendant des abbayes de Munster peuvent franchir les crêtes et hiverner sur le versant lorrain. Ce sont donc les Alsaciens qui, faisant figure de pionniers, ont conquis les Hautes Chaumes. Les marcaires occupèrent progressivement tous les espaces disponibles sur les crêtes, naturellement dépourvus d'arbres. Ces milieux herbagés sont baptisés chaumes primaires, puis rapidement ces marcaires ont franchi le first (la ligne de crêtes séparant les Vosges de l'Alsace), étendent leur surface de pâturage en défrichant le versant lorrain et donnant ainsi le jour aux chaumes dites secondaires.


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Les chaumes du Grand Ventron

 

Les marcaires alsaciens occupent les chaumes pendant la période d'estive qui dure généralement du 25 mai, date du départ des troupeaux vers les crêtes, au 29 septembre. Très vite ces pasteurs prendront l'habitude de séjourner l'hiver sur le versant lorrain plutôt que de redescendre avec leur bétail dans la vallée alsacienne. C'est ainsi qu'ils s'établissent ponctuellement, construisant des huttes en bois dans les vallées vosgiennes encore quasi inhabitées. Il faut y voir l'origine du peuplement de la partie lorraine du massif, formant les premiers noyaux d'agglomération qui portent des noms alsaciens, plus tard francisés, lorsque les habitants lorrains s'y établiront à leur tour. C'est dans ces conditions, que dès 1285, le village de WOLLE (LA BRESSE) est fondé… suivront également les bourgs du HORNENBERG (CORNIMONT) et de WINTERUNG (VENTRON). Les cols ont joué un rôle fondamental dans cette colonisation d'origine alsacienne, car chacun favorise le passage des nouveaux arrivants. Àtitre d'exemple, le col du Rotenbach desservait la Bresse, le col d'Oderen reliait Ventron à la vallée de la Thur.

 

Nous arrivons sur les chaumes du Grand Ventron alt. 1 203 m,( ancienne dénomination allemande Gross Winterung), le sentier serpente entre bruyères et plants de myrtilles pour arriver jusqu'au sommet où une table d'orientation permet de se situer.

 

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La table d'orientation au sommet du Grand Ventron

 

Descendant à la FA du Grand Ventron, nous entrons dans l'ambiance fête comme ces derniers mercredis…  JOYEUX ET PÉTILLANT ANNIVERSAIRE MONIQUE ET GUY !

 

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Le couple du jour


 

Pour fêter Monique et Guy, le pur Vosgien de notre groupe… quoi de mieux que de venir au Grand Ventron déguster une spécialité de sa région : la toffaille… Autour d'une délicieuse toffaille, spécialité vosgienne nous passons un merveilleux moment, merci Monique et Guy pour ce délicieux moment de détente de joie.

 

 

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À votre santé les amis, avec une Bête des Vosges bien sûr !!

 

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Un autre clin d'œil à notre ami Guy et à sa région natale, dans les Vosges on ne cueille pas de myrtilles comme chez nous, mais des brimbelles, j'adore ce nom qui sonne comme un carillon.

 

Les myrtilles portent, selon les régions, divers noms vernaculaires comme, brimbelles, bleuets etc... mais au Québec on utilise généralement le terme de bleuets à la fois pour les fruits des vaccinium angustifolium et vaccinium myrtilloides, espèces sauvages exclusivement américaines et pour ceux du vaccinium corymbosum cultivé.

 

Nous remontons au sommet pour rejoindre le Petit Ventron, alt. 1 155 m, (ancienne dénomination allemande Klein Winterung), son sommet boisé n'offre aucune perspective. Plus loin, la tête du chat sauvage, magnifique endroit avec vue sur la vallée de Thann. Nous dégringolons rapidement à la chaume de Winterges, certains disent Vinterges.


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L'abri de Winterges



La bonne humeur aidant, nous arrivons d'un bon pas au lac de Kruth. Fini pour aujourd’hui mais nous avons un super programme pour les jours à venir.


À bientôt,

 

Marthe

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7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 11:07

Mercredi 27 avril 2011

 

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La Schlitte

 

La schlitte, est une sorte de traîneau, à l'armature légère et assez souple en bois. Ce mot très ancien celto-germanique, utilisé de part et d'autre de la frontière linguistique, correspond à ce que le français nomme communément, dans son petit format, une luge. Les schlitteurs, dans le massif vosgien, descendaient sur des chemins de traverse aménagés (sorte de rails en bois) en retenant cette grosse luge (la schlitte) chargée de rondins de bois.

 

Le col de Bussang,situé au point culminant d'une voie commerciale reliant l'Alsace à la Lorraine, le col (alt. 720 m) s'appelait autrefois Pass ou Steig zur Linden. En contre-bas du col, du côté vosgien on découvre la source de la Moselle qui naît dans une fontaine aménagée. Ce maigre filet d'eau passe à Remiremont, baigne Epinal puis Metz, quitte la France, sert de frontière entre l'Allemagne et le Luxembourg avant de se jeter dans le Rhin à Coblence après un beau voyage.

 

Le col de Bussang est la voie de passage la plus méridionale et la plus importante du Sud des Vosges. Elle relie la vallée de la Thur aux villes vosgiennes de La Bresse, Cornimont, Le Thillot. Bussang est aussi très connu pour son fameux théâtre populaire initié par les Pottecher.

 

Le départ du col de Bussang s'apparente à quitter la civilisation… le contraste avec le bruit des voitures et camions avec la quiétude de la forêt est frappante !! presque irréelle. Un sentier traverse une belle hêtraie-sapinière, certains passages sont facilités grâce à des échelles métalliques.

 

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Passage facilité par une échelle métallique

 

Après une cascade, le charmant chalet Saint Hubert surplombe la route menant au col de Bussang. Silencieux, cet abri est un havre de paix, dans un endroit sauvage, pour randonneur aspirant à un repos mérité en laissant courir son imagination sur le massif vosgien et ses belles rondeurs. Le site invite à la méditation et au repos.

 

bussang-3.jpgLe chalet Saint Hubert

 

Une inscription est gravée au-dessus de la porte « nul ici ne s'élèvera au-dessus de quiconque » de la terrasse nous bénéficions d'une très jolie vue sur le Gustiberg en face.

 

Gustiberg, « dans ses échantillons de vocabulaire alsacien » H.Walter nous signale que Gustiberg ne signifie pas le mont de quelque Güsti (Auguste) mais un mont où l'on réunit des génisses et des veaux en été. Güst est en effet une jeune vache qui n'a pas encore vêlé ou encore une vache qui est tarie, avant de vêler.

 

Dans les forêts que nous traversons, nous rencontrons fréquemment de drôles de champignons accrochés aux arbres.

 

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L'amadouvier (fomes fomentarius) un champignon basidiomycète de la famille des polyporaceae est un redoutable parasite de plusieurs feuillus : hêtre, platane, bouleau, peuplier, chêne ou marronnier entre autres. Il se fixe sur des arbres faibles ou blessés, produit une pourriture blanche et finit en quelques années par tuer son hôte. Il s'agit d'un champignon qui croît sur le tronc des arbres de nos forêts. D'apparence anodine et bien trop coriace pour être consommé, il a pourtant été cueilli et utilisé dès les temps préhistoriques. Son usage le plus connu est la fabrication d'amadou pour produire le feu, mais ce polypore fut utilisé à bien d'autres fins… Il aurait été retrouvé de l'amadou dans le sac de la momie du chasseur Ötzi au sud du Tyrol.

 

La traversée d'une magnifique forêt continue et débouche sur les chaumes de Neuf Bois, ses marécages et ses trois étangs (les trois mousquetaires).

 

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C'est ici que la pluie nous surprend… pas pour longtemps car le Rouge Gazon n'est pas loin.

 

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Les pensées de Neuf Bois

 

Après les jonquilles suivies du muguet, les pensées jalonnent à leur tour les sentiers… La pensée symbolise le souvenir… généralement violette (son autre nom) peut être blanche, jaune ou composée. On distingue les violettes (2 pétales vers le haut et trois vers le bas) des pensées (4 pétales vers le haut et une vers le bas. Déjà connue dans l'Antiquité, la pensée a été utilisée en médecine à partir du XVI ème siècle…

 

La ferme-auberge du Rouge Gazon avait été sinistrée en 1902 mais reconstruite aussitôt. Le nom de la chaume provient paraît-il d'une bataille en 1648 lorsque le maréchal Turenne franchit les Vosges. Les combats étaient tellement violents que le gazon était resté rouge de sang. Mais les soirs d'automne lorsque le soleil vient éclairer les myrtilles rougissantes (brimbelles pour les vosgiens), on se dit que l'explication peut être ailleurs…

 

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à votre santé les compagnons


Le repas fut animé, nous sommes en pleine période d'anniversaires et autres événements à fêter. Michèle et François fêtent, à leur tour, leur anniversaire, BON ANNIVERSAIRE les amis, bravo et merci à eux pour ce moment convivial.

 

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Les gourmandises sont avancées…

 

Après cela nous avons procédé à un festival de langues bleues… les amateurs de tartes aux myrtilles savent de quoi je parle.

 

Toutes les bonnes choses ont une fin, il faut reprendre le chemin du retour.


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Nous revenons sur nos pas jusqu'à la tourbière de la chaume de Neuf Bois pour emprunter un large chemin en direction de Bussang. Les discussions vont bon train. Un sentier pentu part à droite jusqu'au kiosque du Sotré. Une descente jusqu'au col des Allemands, puis le chalet de l'Union avant de revenir au col de Bussang à nouveau sur un large chemin. Bravo à Yves pour l'agréable tracé de cette sortie… que du bonheur... quand des amis, amoureux de la nature, se retrouvent et passent ensemble une journée sur les beaux sentiers vosgiens.

 

Marthe

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3 mai 2011 2 03 /05 /mai /2011 16:48

Lundi le 25 avril 2011


Départ à Suarce pour une randonnée, non des moindres, un peu plus de 33 kilomètres à travers un territoire offrant une qualité de vie préservée entre prairies, forêts, rivières, étangs sans omettre de citer le canal du Rhône au Rhin. Maisons à colombages, moulins, lavoirs, puits, viaducs, pont-canal ajoutent au charme de la région.

 

Aujourd'hui c'est jour de fête… repas carpes-frites à Dannemarie pour 9 courageux randonneurs.


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un lundi de Pâques en randonnée pour 33 kilomètres…

 

Suarce, canton de Grandvillars. Commune située dans la région géographique dite du « Sundgau humide » typique par ses légers vallonnements, ses grandes forêts et de nombreux étangs. Le village est traversé par la rivière, la Suarcine et conserve beaucoup de maisons anciennes à colombages, et est considéré comme l'un des plus typiques du Territoire de Belfort. Chaque année, le 15 août, le Comité des Fêtes organise la Fête de l'Âne.


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Je suis le plus beau !! non ?


Les traces de Suarce (nom antérieur Schwertz) dans l'histoire sont très anciennes puisque le village est cité dans un acte rédigé le 21 juin 823 par Louis le Pieux, fils de Charlemagne précisant, entre autres, les possessions de l'abbaye de Masevaux.suarce-3.jpg En 1105, Henri de Suarce est cité comme témoin lors de la donation par Ermentrude, comtesse de Montbéliard de différentes propriétés à l'abbaye de Cluny pour la fondation d'un prieuré. En 1333, le fief suit le sort de la seigneurie de Florimont et dépend du comté de Ferrette. L'église actuelle a été reconstruite après la guerre dans un style moderne, de forme cylindrique avec un clocher ouvert de 25 m de hauteur. Elle a remplacé l'ancienne église, très ancienne qui fut malheureusement détruite à la Libération, inaugurée le 22 août 1971, elle est dédiée à Saint Germain, évêque.

 

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Église Sainte Odile XIX ème à Chavannes les Grands

 

Après avoir traversé Chavannes les Grands, nous arrivons rapidement à Magny. Petite commune d'une centaine d'habitants traversée par la rivière Suarcine sur laquelle plusieurs moulins fonctionnaient jadis. Longtemps rattaché à la seigneurie de Montreux, Magny est un des rares villages à ne posséder ni église, ni cimetière et dépend encore aujourd'hui de la paroisse de Montreux Jeune. La commune bénéficie d'un cadre privilégié et offre plusieurs aires de jeux aux enfants, d'un terrain de foot et d'un étang de pêche communal.

 

Mémorial du Moulin de la Gaille:situé au sud de Dannemarie, en limite du Territoire de Belfort, village francophone, Magny a été le siège d'une célèbre bataille opposant les forces françaises et allemandes le 13 août 1914 sur le site du moulin de la Gaille. Il semblerait que cette bataille ait décidé du sort de Belfort. Aussi, afin de commémorer la mémoire des victimes, un monument a été érigé sur le site.


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Pause bien méritée à Magny

 

Prochaine étape,Valdieu-Lutran. La commune est créée, le 1er janvier 1973 par fusion des anciennes communes de Valdieu et de Lutran. Les deux entités ont une histoire commune bien antérieure à la fusion administrative de 1973. Les deux paroisses sont réunies en une seule dès 1775. L'église commune est érigée à Lutran entre 1774 à 1775. Par ailleurs, l'actuelle mairie et ancienne école intercommunale, construite en 1910, est isolée à mi-chemin entre les deux villages. Le Lutter, petit ruisseau traversant le village a donné son nom à Lutran. Localité mentionnée pour la première fois au XII ème siècle. Au XIII ème siècle fut fondée l'abbaye bénédictine Notre Dame de Valdieu par Agnès de Commercy. La petite agglomération se développa autour de l'abbaye et prit le nom de Valdieu.


Achevé vers 1258, le site de l'abbaye fut abandonné vers 1560 pour être vendu et détruit lors de la Révolution Française, il ne subsiste de nos jours aucun vestige visible. Le réel développement de la localité de Valdieu a été consécutif au creusement du canal du Rhône au Rhin au début du XIX ème siècle. Un petit port, le bassin de Valdieu, achevé en 1829, permettait d'amarrer des péniches. La construction, entre 1855 et 1858, de la voie ferrée qui se trouvait à proximité immédiate apporta au village un certain essor. Malgré leur appartenance à l'arrondissement de Belfort, les villages de Lutran et Valdieu deviennent allemands comme toute l'Alsace et une partie de la Lorraine. Après le traité de Versailles, le 28 juin 1919, les deux communes redeviennent françaises mais sont rattachées à l'arrondissement d'Altkirch dans le Haut Rhin et non plus à celui de Belfort comme avant 1870.

 

Dès le début de la Seconde Guerre Mondiale en 1940, le village est à nouveau occupé puis annexé au Troisième Reich allemand. Commence alors la germanisation comme dans le reste de l'Alsace. Le village est regroupé en une seule commune sous le nom de Gottesthal. Les noms patronymiques à consonance française sont germanisés dans les actes d'état civil et même le port du béret basque est prohibé. La libération du village par la Première Armée Française intervient le 27 novembre 1944 après une semaine de combats. Les activités liées à la présence du canal du Rhône au Rhin se maintiennent jusqu'au déclin du trafic dans les années soixante-dix. La fermeture puis la destruction de la gare ferroviaire interviennent en 1970.


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le canal du Rhône au Rhin

 

Valdieu-Lutran se situe à l'entrée de la trouée de Belfort, sur la ligne de partage des eaux entre les bassins du Rhin et de la Saône. Le seuil de Valdieu est ainsi le point le plus bas de la trouée de Belfort, entre les massifs du Jura et des Vosges. Longtemps, point de passage obligé entre le sud de l'Alsace et la Franche Comté avec la présence conjuguée de trois voies de communication, la route de Belfort à Bâle, la voie ferrée reliant Belfort à Mulhouse et le canal du Rhône au Rhin.

Une curiosité, «l'échelle d'écluses» du canal du Rhône au Rhin constituée de 12 écluses entre Valdieu et Wolfersdorf qui permet aux péniches de franchir un dénivelé de 30 mètres sur trois kilomètres.

 

Nouveau canal à grand gabarit, un projet, lancé en 1961 et déclaré d'utilité publique en 1978 fit couler beaucoup d'encre à l'époque !! Opposition importante sous l'impulsion des mouvements écologistes et défenseurs de la nature. Le site de Valdieu était particulièrement concerné de par sa situation géographique qui imposait la construction d'une nouvelle écluse en aval du village. En 1997, ce projet est définitivement abandonné. Pour mémoire, le projet consistait, à l'époque, à établir une liaison de 229 km entre Mulhouse et la Saône.

 

Coup de théâtre… Aujourd'hui, une nouvelle étude voit le jour… et tente de démontrer l'intérêt d'un nouveau projet de canal à grand gabarit entre la Saône et le Rhin. Ce canal Saône-Rhin à grand gabarit, irait de Mulhouse à Dijon en passant par Belfort et Vesoul et pourrait transporter de 11 à 19 millions de tonnes de marchandises en 2025 selon l'étude préliminaire socio-économique présentée à Colmar par le Conseil Général du Haut Rhin.

 

En attendant… le village vit au rythme de la navigation de plaisance et des activités sportives et de loisirs développées aux abords du canal, avec la piste cyclable aménagée sur l'ancien chemin de halage. Cette piste fait partie intégrante de la vélo-route Nantes – Budapest également appelée Euro-vélo 6 et permet de rejoindre de nombreux autres itinéraires cyclables en Alsace, Franche-Comté, Suisse et Allemagne. Un paradis pour les amoureux de la petite Reine !!

 

Retzwiller,s'est construit au flan d'un vallon (affluent de la Largue) dont le fond a été occupé ensuite par le canal du Rhône au Rhin. En 1914 furent découverts des haches et des ossements préhistoriques dans la glaisière des tuileries Gilardoni. Le «Heidenhübel» pourrait être un ancien tumulus. Le nom du village a subi de nombreuses modifications au cours de l'histoire. On sait très peu de choses sur l'histoire de Retzwiller qui a fait partie du comté de Ferrette puis du domaine des Habsbourg jusqu'au traité de Westphalie en 1648. Annexé à l'Allemagne en 1870, le village fut libéré dès 1914. Lors de la deuxième guerre mondiale, plusieurs habitants furent fusillés pour avoir fait partie du groupe de «l'affaire de Ballersdorf». Triste jour, ce 12 février 1943 où se déroula le massacre de Ballersdorf sur 18 jeunes Français réfractaires à l'incorporation dans l'armée allemande. Le village a été libéré le 23 janvier 1945.


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au fil de l'eau…

 

En route pour Dannemarie… chef lieu d'un canton qui dépendait initialement de l'arrondissement de Belfort rattaché en 1870 à celui d'Altkirch où la commune prit le nom de Dammerkirch. Ce nom germanisé signifie «l'église de Domna Maria» c'est à dire de la Vierge, «domna» étant la déformation, en latin vulgaire de «domina» (la dame). Bien avant, Dannemarie, qui apparaît en 1016 sous la dénomination «Dannamarachiricha» a appartenu aux XIIIème et XIVème siècles jusqu'en 1324, aux comtes de Ferrette, puis jusqu'en 1648 aux Habsbourg et enfin, de 1658 à la Révolution aux ducs de Mazarin.

 

Dannemarie conserve des maisons et des bâtiments remarquables tels que l'Hôtel de Ville. En effet, installé dans une ancienne halle aux blés datant de 1815, il abritait dans les années 1880, l'école es filles. En 1906, il est vendu par la municipalité au ministère de la Justice du Kaiser, qui y installe le tribunal cantonal impérial. De 1914 à 1918, la bâtisse est occupée par les services administratifs du gouvernement militaire français. Après 1918, l'endroit redevient tribunal jusqu'en 1959. En 1961 et 1962, une classe de 6 ème y est hébergée le temps des travaux de construction du collège. La bâtisse est ensuite rachetée par la commune pour devenir en 1965 l'Hôtel de Ville.

Située à un carrefour de communication stratégique (route départementale 419 reliant Bâle à Belfort, canal du Rhône au Rhin et voie ferrée Belfort-Mulhouse), Dannemarie a toujours été un bourg centre. De ce fait, la commune a connu un développement industriel notable dès le milieu du siècle dernier.


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C'est à la pimpante gare de Dannemarie que nous posons nos sacs… repas carpes frites !!


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le cirque aussi est de passage à Dannemarie…


Après un bon repas nous revenons à Suarce par Altenach. Un rapide coup d'œil à Gildwiller qui se situe derrière nous, mais nécessite une petite réflexion.


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Au fond, l'église Notre Dame de Gildwiller


On trouve la première mention «Gyldulfoviler» dans les documents de l'Abbaye de Murbach en 728. Jusqu'en 1324, la localité fait partie du comté de Ferrette puis appartient aux Habsbourg jusqu'en 1648. Sous le régime allemand de 1870 à 1914, le village se nommait «Gildweiler». L'Église Notre Dame, le cimetière, le Presbytère, l'ancienne école, le monument aux Morts… forment le riche patrimoine de Gildwiller sur le Mont. Le chemin de croix fait la liaison entre le Mont et le village. La mairie-école, construite en 1850, agrandie en 1995 est coiffée d'un clocheton.


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Dans le paysage, le viaduc...


Le village est situé à l'entrée supérieure de la Largue, limitrophe de Suarce. Mentionné la première fois en 1302.


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Altenach, l'ancienne gare…

 

Hindlingen,village de Hundilo du nom d'un chef de tribu germanique qui s'est installé au pied du Haeffelberg au Vème siècle. Cité la première fois en 737 sous le nom de Chuntilingas, le comte Eberhard a légué ses biens au couvent de Murbach.


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La traversée de Hindlingen


Dans la forêt, plusieurs étangs… parmi eux l'Altweiher où Eliott ne se fait pas prier pour se rafraîchir et se désaltérer… après tant de kilomètres… c'est si bon !!


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bonne baignade Eliott


Après une pause, en moins d'une heure nous sommes de retour à Suarce.

Bravo à tous, ce fut une belle journée, la bonne humeur fait oublier le nombre de kilomètres… un groupe homogène peut accomplir de grandes choses… merci à vous tous.



Marthe

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30 avril 2011 6 30 /04 /avril /2011 17:03

Mercredi 20 avril 2011

 

Impossible de vous traduire ce que nous ressentons tous en ce jour… nous avons la chance et l'honneur de côtoyer, tout au long de nos randonnées, deux fidèles marcheurs, mais aussi merveilleux papys… d'un même petit garçon et depuis peu, d'une même jolie petite fille prénommée MAELYNE.

 

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Nous ne voulions, en aucun cas, manquer cela !!

 

Départ, 9 heures à Ligsdorf charmant village niché dans le Sundgau.Le Sundgau... c'est le sud de l'Alsace et c'est presque le bout du monde… On appelle cette région le Jura Alsacien, et elle le lui rend bien avec ses collines, ses falaises, ses gorges encaissées, ses magnifiques forêts de hêtres et de sapins sans oublier une multitude d'étangs, réservoirs de vie sauvage. Les carpes attirent les grenouilles qui attirent les oiseaux, les fauvettes et les martins-pêcheurs… les maisons y sont particulières avec leur colombage caractéristique.

 

Nées dans le Jura, à moins de 5 kilomètres l'une de l'autre, les deux principales rivières du pays, l'Ill et la Largue forment en coulant vers le nord, les deux principales vallées du Sundgau.


l'Illtal et le Largtal


Tout au long de leurscours qui se rejoignent à Illfurth s'égrènent, à flanc de collines ou en bordure de belles et grandes forêts, de charmants et pittoresques villages et, comme des étoiles, les eaux bleues et vertes des innombrables étangs offrent un paysage féerique à cette belle région. Très peu d'étangs sont naturels, mais tous sont peuplés du poisson fétiche du Sundgau : la carpe qui figure même sur les armoiries du pays...

 

Sundgau veut dire Comté du Sud en dialecte germanique


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Voilà pourquoi on ne peut parler du Sundgau sans évoquer ce poisson, la carpe frite si connue et appréciée dans cette région. Il existe une route des carpes frites comme il existe une route du vin dans le vignoble…

 

En 1123, les moines Cisterciens de l'abbaye de Lucelle se mirent à défricher, exploiter, christianiser et réformer le pays et ses habitants, toujours avec zèle et même parfois à l'excès… Il fallait notamment faire respecter les pratiques religieuses pour maintenir tous ces fils de Dieu dans le bon chemin… le nombre de jours maigres (Carême, mercredi, vendredi et samedi) interdisait la consommation de viande. On pouvait par contre consommer du poisson, or la carpe est un animal facile à reproduire et très résistant, d'autant plus que le sol du pays se prête admirablement à la création d'étangs.

 

Sous l'impulsion des Cisterciens, sans doute influencés par leurs confrères du pays des Dombes, pays de la carpe par excellence, le pays se couvre d'étangs et la carpe devient en quelque sorte le plat du jour régional... Et si aujourd'hui les moines ont disparu et que Lucelle n'est plus ce qu'elle était, la carpe est devenue le plat gastronomique du Sundgau, au point, comme dit ci-dessus qu'une route lui est consacrée, et que les restaurants rivalisent pour l'afficher en tête de leurs menus…


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Nous passons une première fois au col de Neuneich où une aire de repos avec abri est à la disposition des randonneurs sur le site d'une ancienne ferme dont les vestiges du puits sont encore visibles. Le nom de << Neuneich » fait référence à l'alignement de neuf chênes qui se trouvait autrefois près de la ferme, cette dernière, jugée non rentable fut rasée et remplacée par une forêt.

 

Un peu d'histoire : avant la Révolution, la forêt de Saint Pierre appartenait à la célèbre abbaye de Lucelle, fondée en 1123 par Saint Bernard, l'illustre moine cistercien de Clairvaux. Àla Révolution en 1789, les moines durent s'enfuir et les biens de l'abbaye furent confisqués par l'État, la forêt de Saint Pierre qui ne comprenait alors que quelques 340 ha devint domaniale.

 

Les fermes du Grand et Petit Kohlberg furent réunies à la forêt entre 1889 et 1903, mais en raison de leur vocation agricole manifeste, elles ne furent pas boisées, elles seront détachées de la forêt en 1956. La ferme du Neuneich, également appelée Neuhof comprenait, en 1857, une maison d'habitation avec puits, grange, écurie, jardin potager et verger, prés, champs et pâturages, le tout d'un seul tenant sur une surface de 62 ha. On y trouvait sans doute aussi un alignement de neuf chênes, ce qui constitue un élément paysager caractéristique dans la région. Plusieurs familles se sont succédées sur la métairie et quelques personnes y sont même nées... l'acte de baptême le plus ancien remonte à 1696.


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le bétail du Steinerhof


Direction Blochmont sur les hauteurs du Hornihof où nous comptions rencontrer les troupeaux de lamas sur de magnifiques pâtures , déception… ils ont déserté pour d'autres prés. Le château du Blochmont doit son nom à sa situation sur un des points culminants du Blauenberg (Blaumont, Blochmont).

 

Ce château occupait une croupe rocheuse sur le sommet de la montagne, à proximité d'une voie importante qui, venant de Ferrette, passait par le col du Blochmont pour descendre dans la vallée de la Lucelle. Les Romains y avaient établi un castellum comme l'atteste les monnaies trouvées dans les environs. Le château est mentionné une première fois en 1271. Comme bon nombre d'autres castels, le Blochmont est sérieusement endommagé par le tremblement de terre qui dévasta la région en octobre 1356.

 

De nos jours, il ne subsiste que de maigres vestiges du Blochmont se résumant à un pan de mur... ce qui rend la lisibilité du plan du château très difficile. Le site, à 680 m d'altitude est entouré par un profond fossé taillé dans la roche. Par la suite le château servit de carrière de pierres pour la construction de la ferme du même nom située en contre-bas.


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Toujours pas de lamas à l'horizon… mais nous sommes éblouis par les prés en fleurs…

 

Nous revenons une nouvelle fois au col du Neuneich, mais cette fois c'est pour fêter l'arrivée d'une jolie poupée tant attendue dans le foyer du couple que nous félicitons de tout cœur.


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MAELYNE fait le bonheur de ses parents, son grand frère et de ses grands parents , car si j'ai cité ses deux merveilleux papys je ne voudrais pas oublier ses deux formidables mamys !!

 

Après un copieux apéro dont nous remercions les deux heureux papys nous revenons à Ligsdorf par Winkel en traversant la magnifique allée des Hêtres.

 

L'allée des Hêtres est un véritable enchantement… située sur le banc communal de Ligsdorf en forêt domaniale de Saint Pierre Lucelle. Elle est constituée d'un alignement régulier remarquable avec de nombreux arbres de plus de 150 ans avec pour certains 28 m de haut et 3 m de circonférence.

 

Intérêt paysager et historique du site, sans doute aussi l'une des plus belles vues du Jura alsacien sur le Jura suisse voisin. Surplombant la ferme du Grand Kohlberg, ainsi nommé car on y produisait jadis du charbon de bois.


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Les joyeux compagnons dans l'allée des hêtres

 

Le Bildstœckle, lieu-dit, dénommé aussi plateau de l'Oratoire (722m), est une aire de repos avec un abri, lieu de départ du sentier des Marocains. L'oratoire en bois sculpté au milieu des tilleuls, représente dans sa partie supérieure la Sainte Famille accompagnée de la Sainte Trinité et en-dessous, une statuette de Saint Antoine.

 

Vint le tour de Winkel… et la source de l'Ill. Dugermanique Winchil ce joli village fleuri nous accueille. Le territoire de la commune conserve des traces d'occupation humaine au néolithique. Peut-être fondation de l'abbaye de Lucelle, la localité est connue sous le nom de Winchelein en 1146 et de Winchele en 1156. Elle fait partie de la mairie de Moernach et de la seigneurie de Ferrette. Depuis le XII ème siècle, l'abbaye de Lucelle y possède une grange ou domaine agricole et des caves à vin. Une famille de petite noblesse porte le nom du village au XIII ème siècle, la tradition locale rapporte que Rodolphe von Warth, noble suisse, y possédait un château.

 

L'activité du village est marquée par la verrerie de Glashütte et les mines de fer, fournisseur de la fonderie de Lucelle qui contribuent à son peuplement au XIX ème siècle.

 

Au départ un petit ru sort de terre, se faufile à travers les prairies, disparaît et reparaît avant de devenir, quelques dizaines de kilomètres plus loin, une agréable petite rivière ombragée où l'on trouve la truite fario... L'Ill coule sur 223 km, elle sort de terre à Winkel avec une résurgence à Ligsdorf, elle contourne Ferrette. La Largue, autre rivière sundgauvienne se jette dans l'Ill à Illfurth, elle bifurque vers le nord et se jette dans le Rhin en aval de Strasbourg après la chute de Gambsheim.


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Sous l'imposant massif du Glaserberg se niche Winkel (Haut-Rhin) et la petite source de l'Ill sort de terre... Là, Anne Rochette, artiste-plasticienne, a conçu et réalisé le nouveau site de la source de l'Ill. Dans cet aménagement paysager, qui est l'articulation d'un ensemble de pierres taillées et d'un travail paysager, elle a cherché à établir une relation de complicité et d'échange entre l'oeuvre sculptée, le site et les usagers avec les 10 pierres blanches symbolisant des gouttes d'eau avec la source... Ce travail a été conduit avec Dominique Szulc...


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Depuis peu, les environs de la source sont aménagés et je félicite vivement la commune pour ce travail considérable réalisé.

 

À quelques pas, une chapelle…


ligsdorf-10.jpgLa chapelle de Warth à Winkel

 

L'historique de ce sanctuaire du XIV ème siècle, taillé en partie dans le roc et entouré de légende est lié à la fin tragique du chevalier Rodolphe de Warth complice du parricide Jean de Souabe qui, le 1er mai 1308, avec des comparses assassina Albert Ier de Habsbourg. Rodolphe de Warth fut condamné à mort pour son crime et subi le supplice de la roue et son château fut rasé en représailles. Son agonie dura 3 jours et 3 nuits. Son épouse Adelhaïde de Sargans le veilla lui prodiguant les soins les plus tendres et le préparant à une mort chrétienne. Ce ne fut qu'après lui avoir fermé les yeux qu'elle consentit à le quitter. Consumée de douleurs elle mourut quelques années plus tard dans la fleur de l'âge. Elle avait 3 fils dont 2 s'étaient voués à l'état ecclésiastique. Probablement c'était eux qui, par la suite ont fait ériger cette chapelle en face du château paternel rasé sur ordre de la reine. Restaurée en 1956, la chapelle est dédiée depuis cette date à Marie, Reine du Monde.

 

Après cette belle aventure nous revenons à Ligsdorf, tout à une fin, mais nous revenons mercredi prochain... promis.

 

Marthe

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15 avril 2011 5 15 /04 /avril /2011 21:40

Mercredi 13 avril 2011

 

au pied du TAENNCHEL la Montagne magique…

 

La randonnée qui va suivre est, à mon avis, la perle pour tout randonneur amoureux de la nature et d'histoire… aussi, je vous invite à vivre avec les compagnons une merveilleuse journée !

 

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Commençons par les couleurs printanières qui sont très en avance cette année, ce qui n'est pas pour nous déplaire.

 

Une légende pour agrémenter cette journée mystérieuse !

 

Il existe plus d'une dizaine de légendes autour des châteaux et de leurs seigneurs. Celle du sire de Ribeaupierre qui, trouvant sur sa route un ménétrier qui a cassé son fifre, lui donne de l'argent pour en acheter un neuf et devient ainsi le roi des ménétriers, figure dans tous les récits touristiques sur Ribeauvillé, ainsi que celle du frère qui tue accidentellement son cadet d'une flèche tirée dans un volet trop tôt ouvert. Je préfère vous conter la belle légende, très peu connue, du bateau mystérieux.

 

La Belle Sarrasine

 

Un seigneur de Ribeauvillé partit un jour en croisade. Il avait bien juré fidélité à son épouse, mais le temps est long et la chair faible. Fait prisonnier il séduisit une jolie Sarrasine. Elle était si amoureuse qu'elle l'aida à s'évader. Il partit, non sans promettre de revenir la chercher un jour. De retour à Ribeauvillé, le seigneur retrouva les bras de son épouse et oublia promesse et Sarrasine. Les années passèrent. Un jour, il regarda la plaine depuis son château de Saint Ulrich, et eut l'impression de voir une mer recouvrir les terres de telle sorte que les montagnes devenaient des îles. Eau et nuages se confondaient. Sur les flots… apparut un bateau, pareil à celui qui le ramena d'Orient. Le bateau allait accoster devant le portail du château quand le seigneur se sentit défaillir. Il glissa à terre et s'évanouit. Quand il revint à lui, il était gravement malade. On le soigna, mais rien n'était plus jamais comme avant. Un an, jour pour jour, après l'apparition du mystérieux bateau, il disparut lors d'une partie de chasse et personne ne le revit jamais. Certaines nuits, on peut voir un bateau de brume, la-haut, près du château de Saint Ulrich. Une femme vêtue de blanc en descend et parcourt tristement les environs comme si elle cherchait… un amour perdu. Qui sait ?? (source contes et légendes d'Alsace Roger Maudhuy).

 

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les ruines du Girsberg avec au fond les vestiges du Saint Ulrich

 

Ribeauvillé, blottie au pied du massif du Taennchel, au cœur du vignoble alsacien, l'une des plus jolies villes d'Alsace est une vieille cité historique où régnèrent, au Moyen Âge, les très puissants seigneurs de Ribeaupierre, dont les trois châteaux en ruine dominent la cité. Cité viticole au charme médiéval où il fait bon se promener. Pittoresque à souhait, ses rues tortueuses bordées de maisons artisanales et vigneronnes vieilles de 2 à 3 siècles, s'allongent nonchalamment au pied des coteaux plantés de vignes. Au long de sa riche histoire, Ribeauvillé sut ajouter maints fleurons à sa couronne avec ses fameuses nappes d'Alsace et sa source d'eau minérale Carola.

 

Quand on regarde les trois châteaux qui dominent la ville, la splendeur du Saint Ulrich ou le nid d'aigle du Girsberg, on se demande quelle lignée d'illustres dynastes un peu mythique ont pu vivre ici...

 

9 heures, il est grand temps de prendre la route… le sentier monte sur les hauteurs du célèbre vignoble de Ribeauvillé.

 

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Depuis les temps les plus reculés, la vigne est présente à Ribeauvillé. Seigneurs de Ribeaupierre et moines bénédictins se sont chargés de mettre en valeur ce patrimoine naturel exceptionnel que constituent le sous-sol et les conditions d'exposition des parcelles au soleil, sur les contreforts vosgiens, si particuliers à Ribeauvillé. On rapporte même, le rôle essentiel du moine-chevalier Martin Zahn, de retour des croisades, dans la création d'un clos «le clos du Zahnacker», un terroir béni des Dieux. Ce clos est la propriété exclusive de la Cave de Ribeauvillé, première cave vinicole sur notre territoire. La cave vinicole de Ribeauvillé est la coopérative vinicole la plus vieille de France, fondée en 1895 selon le modèle que préconisait un théoricien allemand aux idées avant-gardistes Frédéric Raiffeisen. Ce clos du Zahnacker, au passé chargé d'histoire, a été tour à tour la propriété de gens d'épée et de gens d'église, il porte le nom d'un de ses premiers propriétaires recensés, le moine-chevalier Martin Zahn (Zahn Acker, le champ de Zahn). Avec ses 124 ares d'origine, le clos est dominé par le Château du Haut Koenigsbourg et est situé au cœur du Grand Cru Osterberg.

 

Un raidillon nous transporte jusqu'au Girsberg alt. 528 m. Ce tout petit château est une des plus grandes réussites du XIII ème siècle. Les sires de Ribeaupierre édifièrent, au XIII ème siècle ce château dénommé d'abord Stein (le rocher) et le reconstruisirent après un incendie provoqué par la foudre en 1288. Sur un espace très réduit, il place un donjon pentagonal dont l'angle est orienté vers la pente, prolongé par une courtine qui épouse exactement le tracé du rocher. En 1304 il fut donné en fief à des vassaux, les chevaliers de Girsberg dont il prit le nom. Les Girsberg le gardèrent jusqu'à leur extinction au XV ème siècle. Il fut abandonné au XVII ème siècle.

 

Impressionnante… la visite du Girsberg. Depuis sa terrasse nous bénéficions d'une vue exceptionnelle sur le Saint Ulrich. Le Saint Ulrich ou Grand Ribeaupierre. Appelé primitivement Ribeaupierre, il fut du XI ème au XV ème siècle la principale résidence des puissants sires de Ribeaupierre. Anselme II de Ribeaupierre y soutint victorieusement deux sièges, en 1287 contre Rodolphe de Habsbourg et en 1293 contre Adolphe successeur de Rodolphe. Au début du XIII ème siècle, on construit un autre château sur la partie sud du rocher, il comprend l'actuelle salle des chevaliers, ainsi qu'un petit donjon en arrière. En 1281, Rodolphe de Habsbourg y passe la nuit, six ans plus tard, il l'assiège pour essayer de calmer l'ardeur du bouillant Anselme de Ribeaupierre sans grand succès comme relaté ci-dessus. En 1435 est consacrée la chapelle Saint Ulrich qui laissera son nom au château. Mais dès le XV ème siècle, le château est délaissé par les Ribeaupierre qui s'installent en ville et il tombe petit à petit en ruine.

 

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Châtelaines et châtelains d'un jour vous invitent à cette balade…


La salle des chevaliers est éclairée du côté du Levant par un alignement de sept fenêtres géminées munies de niches à banquettes latérales encore bien conservées.


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Les fenêtres géminées du Saint Ulrich


Du haut du donjon nous surplombons Ribeauvillé et ses alentours. À cela s'ajoute la prochaine étape, le Haut-Ribeaupierre appelé aussi Altenkastel qui occupe l'extrémité d'un sommet plat à 645 m d'altitude. Malheureusement la visite de ce château est maintenant interdite ! Sa tour ronde enchemisée veillera sur nous une grande partie de la journée.

 

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Le Haut-Ribeaupierre

 

Bien qu'on ait recueilli au sommet de la montagne des monnaies romaines du IV ème siècle, l'ancien nom d'Altenkastel ne doit pas faire illusion, il signifie simplement « château d'en haut » ou « vieux château ». Son emplacement l'apparente aux grandes enceintes avec donjon rond, caractéristiques du XIII ème siècle. Au XVI ème siècle, le château est encore modernisé contre les armes à feu. Il a sans doute été abandonné après la guerre de Trente Ans.

 

Tournons momentanément cette page d'histoire et montons au Taennchel. Un beau sentier nous conduit jusqu'au carrefour du cerisier noir puis une montée raide au carrefour du Brigadier Denny ; encore un petit effort pour arriver au pied du Pointu, ça y est nous sommes au Taennchel. Traverser le Taennchel est toujours une étape émouvante.

 

Le Taennchel, montagne aux mystères.


Connu pour son énergie tellurique intense, le Taennchel se découvre rocher après rocher, puis le long du mur « dit païen ». Il n'est pas rare de croiser des radiesthésistes avec des pendules…

 

Imaginez un plateau élevé aux flancs escarpés, parsemé de chaos de gigantesques rochers moussus aux formes étranges avec leurs cupules… et recouvert d'une forêt mystérieuse dont la tempête de décembre 1999 a multiplié les enchevêtrements. Voici le Taennchel, la montagne magique des Vosges où vécurent les géants, les premiers habitants de la Terre.


Les archéologues se sont penchés sur ces petits trous qui ne seraient pas l'œuvre de la nature mais celle de l'homme préhistorique car elles avoisinent toujours des menhirs, dolmens et tumulus. Le mot cupule, issu du latin cupula ( petite coupe ) désigne un creux circulaire de petite dimension pratiqué dans la roche. L'imagination va bon train…

 

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les cupules au rocher des Géants

 

Quel que soit le sentier emprunté, vous entrez au fur et à mesure de votre ascension dans cette atmosphère étrange qui baigne tout le massif. Des à-pics vertigineux côtoyant de molles ondulations tapissées de myrtilles, forêts puissantes ou arbres rabougris, rochers géants où Noé amarra son arche ou le mur dit-païen pour le différencier de celui du Mont Sainte Odile, aux origines incertaines, tout concourt à faire du Taennchel cette montagne fascinante qui hante encore et toujours l'imaginaire alsacien. Notre reconnaissance va vers tous ces bénévoles, Amis du Taennchel, Club Vosgien ainsi que la section de Ribeauvillé pour le balisage et l'entretien des sentiers.

 

Taennchel est cité pour la première fois dans un document en 1357. Son nom a changé plusieurs fois d'orthographe, Taennchel en 1441, Thennichel en 1473, Dannchel en 1538, Tenchel en 1416, Thaennchel, Tännchel en 1871 pour redevenir Taennchel en 1918.  

 

D'après Robert Forrer, archéologue renommé, le nom Taennchel viendrait du mot gaulois dunon ou dunum qui signifie enceinte fortifiée.

 

Géologiquement le massif du Taennchel est constitué par un socle de gneiss datant du pré-cambrien (première ère de l'histoire de la Terre) recouvert par les granits du carbonifère supérieur ( environ 300 millions d'années ). La couche supérieure est formée du grès vosgien à conglomérat (environ 200 millions d'années). Le Taennchel est classé zone de tranquillité et de silence. Il est célèbre pour ses rochers dont certains ont des formes insolites et bizarres. 27 d'entre eux ont été baptisés de noms mythiques ou poétiques, tel que Roche de la Petite Fée, Source des Géants ou de noms symbolisant leur forme, Pierre des Cordonniers, Rocher des Géants, les Trois Petites Tables, Roche Renversée. Certains rochers sont désignés par des noms d'animaux, Rocher du Reptile ou du Crocodile et Rocher du Corbeau. (sources Hauts-Lieux d'énergie d'Adolphe Landspurg).

 

Le Taennchel constitue l'un des plus importants potentiels d'énergie cosmo-tellurique et qu'une journée passée en ce lieu constitue un véritable bain vibratoire bénéfique.

La pause repas pique nique se passe au rocher des Titans…

 

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Drôle d'impression de manger au milieu de ces lieux occupés autrefois, toujours d'après les légendes, de fées jetant des ponts entre les rochers… tout est mystère autour de nous mais cela ne nous coupe aucunement l'appétit.

 

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Le rocher du Reptile

 

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la Pierre des Cordonniers

 

De roches en roches le Taennchel nous fascine toujours autant… et dans la descente un magnifique rocher, sous lequel coule la source des Corbeaux.

 

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le rocher des Corbeaux et sa source

 

Grande et Petite Verrerie... à la fin du XVII ème, les Ribeaupierre accordent à Abraham Greiner, originaire de Passau en Bavière, un coin de vallon pour le défricher et le cultiver et y installer une verrerie. Un siècle plus tard, plusieurs autres familles de verriers les ont rejoints, ils sont d'origine allemande et welche et la cohabitation des deux communautés est difficile. Cette première verrerie, à proximité de l'ancien couvent d'Eberlinsmatt, semble abandonnée. D'autres verreries s'installent en contrebas peu après. Ils s'engagent à entretenir la forêt où ils ne doivent pas allumer de feu, ni chasser ni pêcher… il leur est allouée une parcelle pour faire paître leur bétail. En 1707, des verriers de Ribeauvillé, associés à d'autres de la région de Soucht-Meisenthal, fondent la grande verrerie de Vallérysthal près de Sarrebourg. D'autres s'installent dans un autre vallon et fondent la Nouvelle (Petite) Verrerie. L'activité verrière s'arrête définitivement en 1733, pendant ce temps une soixantaine de familles originaires de toute l'Europe ont fait fonctionner la verrerie. Ils ont subsisté assez longtemps pour assurer l'existence de deux hameaux de Grande et Petite Verrerie.

 

Prochaine étape... Cerise sur le gâteau !! le retour se fait par un endroit de recueillement dans un vallon tout près de Ribeauvillé, le pèlerinage de NOTRE DAME DE DUSENBACH !! du même nom que le torrent qui longe les édifices. Un site sauvage imprégné de plusieurs siècles de prières et de recueillement détruit à trois reprises et toujours reconstruit témoigne de la foi vivante et fidèle d'un peuple. Le sanctuaire remonte à 1221, Egelolphe de Ribeaupierre revient de croisade et rapporte une statuette de la Vierge, la remet à l'ermite de la vallée de Dusenbach en remerciement, fait construire dans un cadre naturel une chapelle sur le rocher. Cet endroit devient un lieu de pèlerinage très recherché. Une deuxième chapelle puis une troisième furent ajoutées à la première.

 

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Un chemin de croix est édifié dès 1895. Des stations du chemin de croix avec des personnages grandeur nature, il est inauguré le 24 juin 1896. En 1902-03 l'église actuelle de style néo-gothique est construite sur un emplacement du rocher plus spacieux.

 

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Fin de randonnée superbe sur le sentier Maria Raydt pour revenir à Ribeauvillé entre vignes et forêts.

 

Une citation de Stendhal : « À quoi bon aller si loin chercher le bonheur, il est là sous mes yeux ! »  est tout appropriée.

 

À mercredi prochain

 

Marthe

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14 avril 2011 4 14 /04 /avril /2011 09:57

Mercredi 6 avril 2011

 

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LEIMBACH DANS LE VALLON DU GOTTESTHAL


Une bien jolie dénomination… qui illustre parfaitement cette journée passée dans ce vallon !

 

Juste un mot sur les vignes du Gottesthal, vallon qui entoure les ruines de l'Eglise Saint Blaise... le Clos du Gottesthal est perché à plus de 400 m d'altitude, au cœur de la forêt, idéalement exposé Sud-Est. Une situation qui permet une maturation lente et régulière du pinot gris, seul cépage planté sur cette parcelle. La commune de Leimbach est riche d'une histoire viticole de plus de huit siècles… mais faute de vignerons, le vignoble le plus méridional de l'AOC Alsace est lentement tombé dans l'oubli ces dernières années. À partir de 2004, le domaine Paul BUECHER commence à réaménager et à replanter les vignes du Gottesthal, ce beau vallon qui entoure les ruines de l'Eglise Saint Blaise afin qu'il retrouve son illustre passé. Après avoir défriché plusieurs hectares et replanté 20 000 pieds, ce viticulteur redonne vie à ce vignoble.

 

LEIMBACH, au Moyen-Âge la moitié de la surface de la commune était couverte de vignes. Leimbach était très réputé, l'évêché de Bâle venait se ravitailler en vins. En 1659, sur les 23 chefs de famille recensés, 18 étaient vignerons. Au fil du temps, les parcelles non cultivées sont laissées à l'abandon. Or les coteaux de Leimbach sont très propices à la culture de la vigne. Le Gottesthal, lieu-dit situé au-dessus du village en direction de Rammersmatt forme un vallon protégé des vents. L'ensoleillement et le sol de nature argilo-calcaire font le reste.


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Les couleurs printanières nous accompagnent tout au long de la journée !!

 

En route pour la vue Zuber… endroit paradisiaque au point de vue bien connu sur les hauteurs de Thann avec un panorama exceptionnel sur le Thanner Hübel. Un magnifique abri touristique attend les randonneurs. Sur un terrain de 16,34 ares, vendu par la commune de Leimbach à la ville de Thann, la communauté des communes a fait ériger une construction en bois dépourvu du moindre clou selon la technique des chalets jurassiens traditionnels. De larges baies vitrées en plexiglas aux murs et sur le toit illuminent son intérieur. Conçu pour abriter une vingtaine de randonneurs. Un poêle permet de chauffer les jours de grand froid…


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abri Zuber

 

Financé à 50 % par la communauté des communes du pays de Thann et 50 % par le Conseil Général du Haut Rhin pour le bonheur des randonneurs avec un panorama exceptionnel sur le Thanner Hübel et le Grand Ballon. (sources bulletin municipal n°73 dec. 2007 Thann à la une).


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Vue sur le Thanner Hubel depuis le lieu-dit Zuber

 

Après le Teufelsgrund le magnifique sentier Baumann mène au Weierle où un autre abri, ouvert cette fois, attend les marcheurs aspirant à un repos.


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Abri au Weierle


Le sentier Baumann débouche un peu plus haut au Monument du Hundsrück. Nous quittons rapidement le col du Hundsrück et dégringolons à travers la forêt et rejoignons Bourbach le Haut, rendez vous à la Framboiseraie pour un repas convivial autour d'une bonne table. Randonneurs pédestres et cyclos se retrouvent avec la traditionnelle bonne ambiance du mercredi. Bon appétit...


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Il est l'heure de quitter les cyclos pour le retour à Leimbach. Le sentier pour Rammersmatt passe devant un chemin de croix.


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Le chemin de croix de Bourbach le Haut

 

En plein milieu de la forêt de Masevaux, la tombe d'un soldat inconnu, mort pour la Patrie en 1944. Triste sort pour un soldat ayant combattu pour son pays… ne connaissant pas son identité, les restes d'un soldat mort sans identification et dont l'identité du corps reste impossible. Une famille pleure cet homme sans jamais connaître l'endroit où repose son corps…


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Paix à son âme…


La forêt est magnifique… nous avançons d'un bon pas, le chemin débouche sur les hauteurs de Rammersmatt et de superbes villas à l'orée du bois, un peu plus bas, la jolie chapelle de Notre Dame du bon secours.


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Retour à Leimbach…


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Nous nous retrouvons devant l'Eglise Saint Blaise à Leimbach qui fut l'un des endroits les plus vénérés en Haute Alsace. Construite à la fin du XII ème siècle dans un style roman. Détruit une première fois en 1358 pendant la guerre des Suisses, le sanctuaire fut rebâti dans le style gothique.

 

Àcette époque la paroisse dépendait de Rammersmatt. En 1454 Leimbach obtint son indépendance. Haut Lieu de pèlerinage attirant chaque année des milliers de pèlerins d'Allemagne, de Suisse et d'Autriche. Durant la première guerre mondiale le sanctuaire fut bombardé, détruit par un incendie le 15 décembre 1917 et ensuite voué à l'abandon. La commune décida de construire une nouvelle église dédiée à Saint Blaise au centre du village tandis que les ruines de l'ancienne église furent classées Monument Historique en 1924. Restaurées en 1971 ces vénérables pierres apportent aujourd'hui le témoignage de la ferveur de nos ancêtres.

 

Situé à la sortie du village, direction Rammersmatt, dans le vallon du Gottesthal, le cimetière entoure les ruines de l'ancienne église Saint Blaise. Ne subsistent que la tour et le porche roman. Saint Blaise est invoqué contre les maux de gorge.

 

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Les marcheurs vous saluent…

 

Une bien belle sortie… avec la rencontre des cyclos… et Simone et Irène, nos deux marcheuses que nous espérons revoir très vite parmi nous.

 

Bravo Aldo... prochaine sortie, les châteaux de Ribeauvillé et le Taennchel, tout un programme...

 

Marthe

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