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18 octobre 2011 2 18 /10 /octobre /2011 21:02

Mercredi 21 septembre 2011

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La Licorne, animal fabuleux de plus de 3 000 ans, est la farouche gardienne de la ville de Saverne.

 

Elle aurait été choisie par les Savernois en raison de sa pureté et de son courage, qualités faisant de Saverne une ville imprenable.

 

Saverne a une position géographique et stratégique importante. Déjà en leur temps, les Romains en firent une ville fortifiée, de nombreux vestiges (oppidum, village gallo-romains etc …). Elle est traversée par la Zorn et le canal de la Marne au Rhin et est très riche en monuments historiques.


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Château des Rohan

 

Le château construit par le cardinal de Rohan au XVIII ème siècle, Napoléon III fit ajouter les deux ailes et le transforma intérieurement. Aujourd'hui il abrite plusieurs musées, l'auberge de jeunesse, une école primaire et une salle de spectacle. Le majestueux château des Rohan, avec son immense façade néoclassique, rappelle la gloire des princes-Évêques et témoigne du rôle historique de Saverne, siège de l'Évêché pendant plusieurs siècles. Depuis 22 siècles, les grands courants historiques ont marqué la ville de leur empreinte. De l'époque de la cité gauloise, devenue camp romain, dénommé « Tres Taberne » jusqu'à nos jours, Saverne conserve les traces de son rôle historique, de sa vie passée, vestiges du mur d'enceinte romain, mur médiéval, église romane, cloître, maisons anciennes remarquables, tout cela dans un site naturel exceptionnel, au pied des montagnes boisées, couronnées de châteaux-forts qui l'entourent comme autant de sentinelles superbes et éternelles.


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La Tour Cagliostro

 

La Tour Cagliostro, à gauche du Parc du Château des Rohan. C'est dans cette Tour que Joseph Balsamo dit Alessandro comte de Cagliostro, héros sombre et romantique établi à Saverne sur invitation du Prince de Rohan, se serait livré à d'obscures expériences plus proches de l'alchimie que de la science. Il fut également impliqué dans la fameuse « Affaire du Collier de la Reine ».

 

La Roseraie de Saverne, créée en 1898 par la Sté alsacienne et lorraine des Amis des Roses, connaît aujourd'hui une renommée internationale. Véritable lieu d'exposition et de promotion de la culture des roses, la roseraie présente une magnifique collection riche de 8 500 rosiers. La Rose Louise Weiss fait la fierté de la roseraie.

 

C'est à Saverne que le Club Vosgien vit le jour le 31 octobre 1872 sur l'initiative de Richard Stieve, juge au Tribunal de Grande Instance de la Ville.

 

La randonnée d'aujourd'hui part de Saverne, devant le château des Rohan. C'est un plaisir de traverser cette belle et coquette ville de Saverne pour grimper au château du Haut Barr.

 

L'Œil de l'Alsace …, le château du Haut Barr, offre une vue spectaculaire sur la plaine d'Alsace d'une altitude de 470 m. Plateau dominé par trois énormes rochers, hauts de 30 m accessibles de la cour par des escaliers.


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Château du Haut Barr

 

Il se dresse fièrement sur trois grands rochers reliés entre eux par une passerelle appelée « Pont du Diable » et des d'escaliers qui vous conduiront jusque sur les hauteurs du château. Il permet, par temps clair, d'apercevoir la flèche de la cathédrale de Strasbourg. De l'édifice d'origine érigé au XII ème siècle, il reste encore un logis seigneurial ainsi qu'une chapelle romane consacrée à Saint Nicolas. Le château a ensuite fait l'objet de restaurations et d'agrandissements au XVI ème siècle dont il subsiste les murs et les remparts.

 

C'est sur les plate-formes que l'on comprend la raison de l'implantation de ce château devenu citadelle. Chaque rocher est un petit îlot permettant la défense des rochers voisins. La chapelle, en contre bas se confond merveilleusement avec les tours et les gigantesques rochers.

 

De là-haut, nous voyons aisément tout le parcours qui nous attend par cette belle journée, Géroldseck, Tour de Brotsch, la descente à Stambach au canal de la Marne au Rhin et la remontée au Rappenfels sur la crête, la chapelle Saint Vit et le Greifenstein. Tout un programme !

 

La vue est extraordinaire sur la vallée de Saverne et je comprends mieux pourquoi le surnom de l'Oeil de l'Alsace. L'ensemble est puissant et inspire le respect … C'est à regret que nous quittons le château, à peine quelques minutes de marche et nous approchons de la Tour Chappe.


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Au château du Haut-Barr


le Pont du Diable au château du Haut Barr


Le Télégraphe Chappe, principe : envoyer des signaux visibles d'une tour à une autre distante d'une quinzaine de kilomètres environ.


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Télégraphe Chappe du Haut Barr

 

Chaque voyant de l'appareil Chappe est composé d'un régulateur et de deux indicateurs. C'est la position de l'un par rapport aux autres qui forme le contenu codé du message.

 

Le réseau du télégraphe Chappe représentait 5 000 kilomètres de ligne alors qu'il comptait 534 stations. La première ligne construite fut la ligne Paris – Lille en 1793, elle fonctionna jusqu'en 1847. La dernière ligne fut commencée en 1846 en Bayonne et Béhobie en Espagne. La ligne utilisée le plus longtemps est restée en service 55 ans de 1797 à 1852 sur la ligne Paris Metz Strasbourg. Le télégraphe Chappe du Haut Barr appartenait à cette ligne.

 

Les recherches de Claude Chappe aboutirent à un système de 3 bras articulés, formant des figures géométriques correspondant à un chiffre ou un nombre selon un vocabulaire pré-établi, transmis de site à site entre deux points.

 

Le principe fondamental du système Chappe est la transmission d'un signal visuel (codé) soit une figure géométrique à partir d'un point émetteur à l'aide de bras articulés. Ce signal est reçu en un autre site par un agent télégraphier qui scrute avec une longue-vue le site émetteur. À son tour l'agent transmet le signal avec le même mécanisme vers un autre site. Le même signal est donc répété 15 fois sur une ligne comprenant 15 sites relais de transmission. La vitesse de transmission d'un message sera d'autant plus rapide et performante qu'il y aura un nombre faible de retransmissions. Ainsi les tours Chappe sont distantes, suivant la topographie du terrain mais également de la performance des lunettes de visée.

 

Télégraphe : le mot date de l'époque des frères Chappe et vient des mots grecs (Télé qui signifie loin et Graphe qui signifie écriture).


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Grand Géroldseck

 

Grand Géroldseck, alt. 475 m construit au XII ème siècle pour la protection de l'abbaye de Marmoutier, fief de la famille des Géroldseck, avoués de l'abbaye, le château relevait de l'évêque de Metz. Devenu repaire de brigands, il fut assiégé à deux reprises par l'électeur palatin, en 1471 et en 1486. À remarquer les caves de la grande salle rectangulaire et le donjon carré isolé, sectionné par la foudre en 1718.


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Petit Géroldseck

 

Quelques minutes plus tard nous arrivons au Petit Géroldseck.

Petit Géroldseck alt 469 m construit vers la fin du XIV ème siècle par l'évêque de Metz en vue de l'exécution d'un contrat d'hérédité lui assurant une part de la succession future de la seigneurie du Grand Géroldseck.


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Au carrefour, un tout nouveau Hexentisch (table des sorcières) nous attend …


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Nous rejoignons le Schaeferplatz pour la pause repas.


Le trajet de l'après midi est tout aussi riche …


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pour commencer la grotte du Brotsch


le balcon du Brotschberg


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et la tour du Brotsch


Brotsch, nom d'origine celtique. Sommet le plus élevé dans les proches environs de Saverne, ancien refuge préhistorique des populations de la plaine. Le Club Vosgien de Saverne y a érigé une tour en 1897 pour le 25 ème anniversaire de sa fondation. Haute de 18 mètres avec un escalier de 97 marches. Magnifique vue circulaire depuis la plate-forme. Au pied de la tour, une prairie de chaume avec bancs et un petit abri, le tout invite le randonneur à un peu de repos.


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Écluse n° 27 sur le canal de la Marne au Rhin


Un petit raidillon nous élève au Rappenfels, rocher surplombant la vallée de la Zorn. En allemand Rappe désigne un cheval noir …


La chapelle Saint Vit n'est plus très loin.

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Jardin alpestre au-dessus de la Chapelle Saint Vit


À une altitude de 390 m, une importante grotte est aménagée en sanctuaire, et d'un magnifique jardin alpestre. Site appelé jadis Hohlenstein, lieu de pèlerinage très ancien. On invoquait Saint Vit contre l'agitation nerveuse appelée « danse de Saint Guy ».


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grotte-chapelle de Saint Vit

 

Pour descendre à Saverne nous passons au Greifenstein, (Griffon) alt. 360m. Jadis deux châteaux construits par les seigneurs d'Ochsenstein. L'évêque de Strasbourg les céda en fief aux seigneurs de Greifenstein. La famille s'éteignit vers 1450 et peu à peu, les châteaux tombèrent en ruine. L'un des deux donjons a été transformé en belvédère et c'est de la plate-forme que nous suivons le trajet parcouru au courant de la journée. Impressionnant et tellement enrichissant.


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La tour-belvédère Greifenstein (Griffon)

 

Quelle belle journée nous avons passée dans cette merveilleuse région.

 

 

Marthe

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3 octobre 2011 1 03 /10 /octobre /2011 22:09

Mercredi 14 septembre 2011


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Des nouvelles fraîches de notre ami André nous sont parvenues de Corse

 

André est parti pour le GR 20 en Corse, sentier mythique, le plus recherché des amateurs de Grandes Randonnées, nombreux sont ceux qui viennent s'y frotter. Bon courage à notre ami André et merci pour les nouvelles fraîches.

 

Yves est venu nous saluer au départ de cette belle randonnée, belle initiative qui m'a beaucoup touchée.

 

Le col de la Schlucht est le plus haut, le plus accidenté, le plus célèbre et le plus fréquenté des cols vosgiens. Il relie les Vosges lorraines à l'Alsace et a toujours été un axe de passage important. Son nom « die Schlucht » en allemand désigne une gorge. C'est en effet, un passage taillé dans la montagne abrupte et les pentes vertigineuses du versant alsacien. Il matérialise la fameuse «ligne bleue des Vosges» et marquait la frontière franco-allemande. Le col avec ses douaniers, ses drapeaux et ses contrebandiers était un lieu de tous les échanges plus ou moins clandestins. Lors de nos randonnées nous rencontrons encore les nombreuses bornes frontières, gravées d'un F d'un côté et d'un D de l'autre qui jalonnent la crête.

 

Au programme, le sentier des Hirschteine : rochers des cerfs. C'est dans une ambiance, sentier des roches que nous débutons la randonnée. Un magnifique sentier alpestre relie la Schlucht au Lac Vert en passant par les Spitzenfels et Schupferen. Des passages dans les rochers nous ouvrent de superbes points de vue sur la vallée de Munster. Une faille rocheuse permet d'être escaladée au moyen d'un escalier métallique de 50 mètres, un petit détour au belvédère offre un panorama unique. Moins célèbre que son voisin, le sentier des Roches, le sentier des Hirschsteine promet lui aussi une rude ascension au milieu de paysages rocailleux et de splendides panoramas sur les Vosges.


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Les premiers pas sur le sentier des Hirschsteine

 

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passage sur le sentier des Hirschsteine


Après le belvédère, nous continuons vers le Schupferen à travers la tourbière et poursuivons jusqu'au lac Vert.


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Lac Vert ou lac de Soultzeren

 

Le lac Vert n'a pas usurpé son nom et, dans son écrin de verdure il a beaucoup de charme. Petit lac du versant alsacien des Vosges dans le fond de la vallée de Munster, il se niche au pied du massif du Tanet qui s'élève entre 1000 et 1280 mètre d'altitude. De fin juin à fin juillet, la multiplication rapide d'une algue trouble les eaux du lac qui deviennent verdâtres.

 

Un petit mot sur le village de Soultzeren dont la première mention apparaît vers 900 sous la forme de Saltzeren. L'origine de ce nom serait liée à la présence de sources d'eau salée.

 

Après une pause méritée, nous poursuivons jusqu'au lac du Forlet ou lac des Truites. Ce lac est le plus haut des Vosges (1061m) et occupe un ancien cirque glaciaire aux parois vertigineuses. Nous arrivons au lac du Forlet par un sentier ombragé de toute beauté.

Les abbés de Murbach utilisaient le petit lac comme vivier de truites. Un étang situé un peu plus haut accueillait les carpes. Il a depuis été envahi par une tourbière. C'est entre 1849 et 1853 qu'ont été entrepris les travaux pour curer et endiguer le lac et assurer ainsi, en été, un débit suffisant à la Fecht.

 

C'est décidé, le pique nique se fera au bord du lac du Forlet.


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Le lac du Forlet


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entouré de superbes falaises


Il reste à grimper au Soultzeren Eck dans la réserve naturelle du Tanet – Gazon du Faing. Un paysage exceptionnel attend le randonneur sur ces landes appelées «Hautes Chaumes». Les tourbières et la hêtraie d'altitude créent un paysage évoquant les pays nordiques. La crête offre un point de vue unique sur la plaine alsacienne, la Forêt Noire et bien des fois les Alpes. La rigueur du climat et la pauvreté des sols ont sélectionné une flore et une faune originales, aujourd'hui menacées.

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Sur la crête


Direction le Tanet. Son nom d'origine est Taneckfels (la roche du Tanet) ou tout simplement comme nous avons l'habitude de l'appeler, le Tanet. Peut-être «la roche du coin des sapins»... La vue est toujours aussi magnifique. On longe une suite ininterrompue de rochers aux formes fantastiques vers le Wurzelstein et le Haut Fourneau. On grimpe à travers un éboulis de rochers et débouchons au sommet du Tanet. Depuis le sommet la vue porte sur tous les grands sommets du massif et le regard se perd dans les ondulations infinies des ballons vosgiens.


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Montée au Tanet


Tranquillement nous rejoignons le col de la Schlucht avec en toile de fond le Hohneck.


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Une pensée amicale depuis les falaises du Forlet

 

Encore une belle sortie, journée inoubliable, à bientôt


  Marthe

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10 septembre 2011 6 10 /09 /septembre /2011 10:32

Dimanche 28 août 2011

 

LES LACS BLANC ET NOIR

 

Tout est légende, puis tout devient réel … laisser le tumulte de la civilisation, se retrouver dans un site de fantômes, sur un sentier pas toujours facile, dans un endroit extraordinaire, le rêve de tout randonneur. Cette sortie restera inoubliable !

 

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Le Pays Welche, au cœur des Vosges alsaciennes où qualité de vie rime avec nature, montagnes, prairies, lacs, ski et randonnées …

 

La vallée n'apparaît vraiment à la lumière de l'histoire qu'avec la grande révolution économique du XIIème siècle. En effet, déjà connue comme une petite communauté de bûcherons ou de paysans, Orbey allait prendre toute son importance après la fondation, en 1138 par le comte d'Eguisheim, de l'abbaye de Pairis. Après une période de prospérité, l'abbaye eut au cours des siècles à subir bien des épreuves, elle fut réduite à une telle pauvreté, que la maison mère de Lucelle céda Pairis, en 1453, à l'abbaye de Maulbronn qui la réduisit en prieuré. Sous la tutelle des moines, la région d'Orbey se développa et se transforma du tout au tout. Les forêts reculèrent, les prairies apparurent et l'élevage s'établit, avec la fabrication du fromage qui allait devenir la gloire et la richesse de la région. La Révolution va sonner le glas de l'abbaye de Pairis qui fut vendue comme bien national.

 

Orbey, petite ville située à proximité des deux axes transvosgiens, blottie dans un bassin à 550 m d'altitude à l'écart des circulations de transit. Au creux d'un bassin de plusieurs vallons, Orbey est entourée et protégée des vents par la montagne qui l'entoure, au Nord la Tête des Faux et le Grand Faudé, au Sud les Hautes Huttes et le Linge, à l'Est le Breu et le Hohnack et à l'Ouest les Hautes Chaumes et les Immerlins. Cette dernière est la région la plus élevée avec le Gazon du Faing culminant à 1306 m, c'est aussi la plus pittoresque avec le site prestigieux des Lacs Blanc et Noir. Le Val d'Orbey est traversé par la Weiss.

 

Départ Orbey direction Creux d'Argent, Blancrupt, une grimpette bien agréable … entourés de superbes paysages, le bonheur parfait !

 

Après deux heures de montée, une première récompense, devant nous, le rocher Hans domine le lac Blanc, le sommet de ce rocher légendaire est coiffé d'une statue de la vierge, à gauche le rocher-belvédère avec vue sur les montagnes au-delà de la vallée de la Weiss.

 

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Le lac Blanc

 

Le lac Blanc est à 1 054 m d'altitude. Son nom viendrait des sables de quartz qui tapissent le fond. Le lit du lac est une cuvette glaciaire. En 1858, afin d'alimenter en énergie les usines construites dans les vallées, on rehaussa le niveau par la construction d'une digue posée directement sur la moraine. On pouvait dès lors assurer un débit constant en eau pour alimenter les turbines. Il fait une superficie de 29 ha, il est donc le second lac, de par sa superficie, des Vosges alsaciennes avec 1,2 millions de m³de retenue d'eau.

 

Arrivés au lac Blanc, une montée sportive au Rocher Hans nous attend. Il s'agit d'un immense rocher de granite qui domine le lac. La forme tourmentée du roc lui donne la silhouette d'un château fantastique hérissé de tours. Le rocher est truffé de cristaux, le feldspath-orthose qui forme de curieuses paillettes. Mais c'est avant tout une légende qui hante les lieux.

 

 

« Sur ce château régnait Hans von Felsenstein . Chevalier sans foi ni loi, brutal et sans morale. Alors qu'il donnait à nouveau une fête, le jour même de la Toussaint, un bien étrange hôte s'invita. Il avait les pieds fourchus … c'était le diable ! Quand Hans cria vers le ciel que les seuls saints qu'il honorait étaient les bouteilles de sa cave, Dieu foudroya le repaire. Le château fut entièrement détruit et seul subsiste le rocher sur lequel il était assis. Les eaux du lac Blanc devinrent noires. Pour leur rendre la blancheur, disait la rumeur, il fallait sacrifier un innocent. De la famille de Hans de Felsenstein survivaient deux garçons élevés avec droiture par des fermiers. Voilà qu'un jour un aigle emporta le plus jeune, la charge étant trop lourde lâcha l'enfant juste au-dessus du lac. Le petit garçon tomba dans les eaux du lac qui, aussitôt, redevinrent blanches…».

 

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montée du Rocher Hans

 

Nous grimpons sur la crête par le sentier sauvage traversant de gros blocs de granit en direction du rocher Hans surmonté de la vierge. Une portion du sentier sur des éboulis est particulièrement impressionnante. Un escalier, quelques passages équipés de rampes et mains courantes demandent un peu d'adresse et nous élèvent au sommet rapidement. Comme souvent après un effort nous sommes récompensés par un panorama remarquable.

 

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Vue sur le Lac Blanc


On reprend son souffle et direction l'observatoire Belmont.


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Observatoire Belmont ressemblant à un siège de géants

 

Une plaque commémorative rappelle le sacrifice du jeune capitaine Ferdinand Belmont du 11 ème Chasseurs Alpins mort pour la France en décembre 1915 sur ce sol d'Alsace. Une rapide descente conduit au deuxième lac, le Lac Noir. Situé au cæur du Massif Vosgien à une altitude de 955 m, le lac Noir avec les superbes panoramas qui l'entourent, propices à de formidables randonnées, une centrale électrique parfaitement intégrée dans son environnement naturel est un endroit unique. Il niche dans un site préservé du Massif Vosgien, sur le territoire de la commune d'Orbey sur une superficie de 14 ha pour une profondeur moyenne de 45 m.

 

L'aménagement du Lac Noir – Lac Blanc associe de façon originale les deux lacs naturels datant de la période glacière, dans un Système de Transfert d'Énergie par Pompage-turbinage (STEP). Construite de 1928 à 1933, par l'industriel René Koechlin inventeur de l'aménagement hydroélectrique du Rhin, elle fut la première installation française de ce type.

 

Dans un paysage de rochers et de sombres forêts qui le bordent, le lac Noir prend une allure alpine. Une usine hydroélectrique se dresse sur l'un de ses flancs. Durant les heures creuses elle pompe l'eau du lac Noir au lac Blanc qui se trouve à une altitude de 1 050 m pour assurer le retour des eaux dans le lac Noir si besoin est, lors de grande consommation. La rapidité de mise en service des groupes (environ 80 000 kw en 7 minutes pendant 6 heures si nécessaire) le lac Noir représente un maillon intéressant dans la sécurité d'alimentation électrique des consommateurs.

 

Le 4 janvier 1934, peu après 21 heures, toute la masse d'eau du lac Blanc, libérée par la rupture de la conduite forcée d'un diamètre de 4,60 m a fait 9 victimes, ingénieurs, monteurs et manœuvres. Les installations, en grande partie dévastées, le canal de trop plein, saturé, laisse s'écouler dans la vallée des tonnes d'eau en excédent. 

 

Une chapelle commémorative «aux victimes de la catastrophe du 4 janvier 1934» a été érigée sur l'initiative de Marie et Lucien Gérard, bâtisseurs et propriétaires de l'Auberge du Lac Noir.


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Le lac Noir

 

Une forte émotion m'étreint à chaque passage en ces lieux … il y a bien des années mon père y travaillait ... salut papa, si tu nous vois de là-haut, toi qui aimait tant les Vosges, protège les randonneurs.

 

Direction les Hautes Huttes, nous prenons la pause repas, bien méritée je vous l'accorde sur la terrasse du refuge des Amis de la Nature. Il fait un temps magnifique et nous nous attardons volontiers … et pourtant, faut reprendre la route direction le Col du Wettstein.

 

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Cimetière au col du Wettstein

 

Col du Wettstein, un mémorial consacré au souvenir des milliers de soldats morts en 1915 au Lingekopf. Un gisant repose au pied de la Grande Croix du cimetière français du Wettstein, un chasseur tombé au champ d'honneur...

 

Direction le Vallon, la source Madelon offre aux randonneurs un instant de repos avant de rejoindre les Basses Huttes. Il existerait plus de 400 sources sur le territoire de la commune d'Orbey.

 

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Source la Madelon

 

Pas question de finir la randonnée sans grimper aux pierres Tremblantes !! nous ne sentons aucunement la fatigue tant cette sortie est magique. Un sentier s'élève doucement en forêt jusqu'à un ensemble rocheux de grès sur la crête séparant le vallon des Basses Huttes à l'ouest de celui de Tannach à l'Est.

 

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 Pierres Tremblantes
 sur les Pierres Tremblantes

 

Bien entendu nous n'oublions pas de faire un tour à la Pierre du Loup ... avant de descendre à Orbey.


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Pierre du Loup

 

La langue welche, une origine lorraine : dès l'époque carolingienne, les abbayes lorraines de Saint Dié et d'Etival ont des possessions dans la vallée de la Weiss. Les comtes d'Eguisheim ont des terres de chaque côté des Vosges, ces seigneuries installent probablement des colons lorrains sur leurs terres du Val d'Orbey. Pendant plusieurs siècles, une population de langue romane vécut dans le cadre d'une administration de langue germanique, la seigneurie du Hohnack. Vivant dans des fermes dispersées, comme dans les Vosges lorraines, les paysans conservaient leur patois roman. Cette langue fut parlée couramment jusqu'à la Seconde Guerre Mondiale, soutenue par le monde paysan, mais le déclin de l'agriculture a entraîné le déclin de la langue.

 

Retour à Orbey après une merveilleuse journée dans un cadre exceptionnel.

 

Marthe

 

PS: cliquer sur les photos pour les agrandir.

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9 septembre 2011 5 09 /09 /septembre /2011 16:06

Mardi 23 août 2011

 

CASCADE DU NIDECK – CHÂTEAUX DU NIDECK – ROCHER DE MUTZIG – P.PIERRE

 

Faut se lever tôt pour mériter cette balade ! Départ à Gensbourg - Oberhaslach, joli petit hameau dans la vallée de la Hasel, petite rivière dont nous trouverons la source pendant la randonnée.

 

Il y a bien longtemps que je connais la cascade du Nideck et depuis, je n'ai de cesse de faire découvrir cet endroit magnifique. Dès notre arrivée nous prenons d'assaut la célèbre cascade du Nideck. Du parking, un chemin, parcours botanique, avec panneaux explicatifs, malheureusement abîmés, sur les diverses essences, grimpe le long du ruisseau et conduit au pied de la magnifique cascade du Nideck ! Arrivant dans ce sens, cascade et falaises du Nideck prennent une dimension surréaliste. On découvre sur la gauche la barrière rocheuse formée de piliers d'une cinquantaine de mètres de hauteur et bientôt on perçoit le donjon du château inférieur. Tel un cirque de montagne, la paroi rocheuse sert de tremplin aux eaux d'un ruisseau et donne naissance à l'une des plus belles cascades des Vosges, le tout dans un décor de rêve.

 

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cascade du Nideck


Un site légendaire, situé au sud des vestiges d'un château à 534 mètres d'altitude, la cascade du Nideck s'intègre à un site naturel parfaitement conservé. Lieu de promenade fort apprécié en été pour sa fraîcheur le tout dans un écrin de verdure. La légende des géants du château du Nideck confère au lieu une ambiance particulière, renforcée par son côté sauvage et boisé.


De la cascade, un fort raidillon grimpe de la cascade au sommet muni d'un belvédère, dévoilant un point de vue superbe embrassant la vallée, traverse un pont et rejoint la tour du Petit Nideck qui porte un médaillon en bronze en l'honneur du poète Adalbert von Chamisso apposé par le Club Vosgien en 1884.


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château inférieur

 

Nideck, un nom qui chante au rythme de sa cascade ! Sa légende a fait le tour du monde. Un site enchanteur dans une contrée de géants. Sombres forêts, rocs titanesques au dessus de nos têtes et pour finir une superbe cascade, tous les ingrédients pour un récit romantique où l'on devine aisément la présence d'une belle ondine. Adalbert von Chamisso composa le «Riesenfraülein», la fille du géant, le poème devint un classique, des générations d'écoliers allaient apprendre le texte et contribua à la célébrité de la ruine du château de Nideck à travers tout l'empire germanique. Magnifiquement placées sur un éperon rocheux, les ruines dominent la vallée de la Hasel à 534 m alt. On y trouve le Grand Nideck (château supérieur) et le Petit Nideck (château inférieur). Construit au XIVè siècle le château fut assiégé un siècle plus tard et incendié en 1636.

 

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médaillon en bronze en l'honneur du poète Adalbert von Chamisso


Voici un petit résumé du poème : il y a bien longtemps, résidait dans ce château une famille de géants, la fillette du châtelain s'ennuyait fort et aimait se promener dans les alentours. Un jour, elle découvrit ce qu'elle prit pour un jouet merveilleux, un paysan labourant son champ avec ses deux bœufs. Elle ramassa le jouet, le plaça dans le creux de son tablier et l'emporta au château. Là, elle posa son trésor sur une table. La fillette fut grondée par son père. Papa géant expliqua à sa fille qu'elle venait de s'emparer d'un brave paysan et que c'était cet être minuscule qui leur permettait, à eux les géants, de trouver leur nourriture. Une légende moralisatrice faisant comprendre que les grands de ce monde ne sont rien sans le travail des petites gens !!

 

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château supérieur

 

Les ruines du château du Nideck, il s'agit de deux châteaux distincts qui s'élèvent à flanc de montagne. Celui du haut présente un fossé et un mur-bouclier à l'attaque. Son habitat très réduit est mal conservé. Celui du bas présente un donjon carré qui protège un logis exigu. Cet établissement bas date du milieu du XIII ème siècle, alors que celui du haut plus tardif, date du début du XIV ème. Les deux châteaux occupent l'extrémité d'une crête qui domine la vallée de la Hasel. Ce sont deux châteaux nettement distincts, résultant d'un partage familial dont une charge datant de 1336 serait le seul témoignage... En 1636, un incendie ravage les bâtiments qui semblent délaissés par la suite.


Nous grimpons au château supérieur ... à l'horizon se dessine le Mémorial blanc « aux Martyrs et Héros de la Déportation » du Struthof se mirant dans le soleil comme pour réchauffer cet endroit qui, encore aujourd'hui fait froid dans le dos en nous rappelant cette triste époque.

 

Nous redescendons à Gensbourg-Oberhaslach puis remontons la Hasel jusqu'à sa source. Le nom de Haslach provient de ce cours d'eau que nous allons suivre pendant une bonne partie de la matinée … la première mention connue date de 817 (Rivolus Hasla) : le ruisseau Haslach de l'allemand primitif Hasalah qui se traduit par point d'eau planté de noisetiers. L'emblème du village comporte d'ailleurs une branche de noisetier et une houlette de berger, cité pour la première fois en 1576 sur cachet trouvé sur un acte de l'époque. Dès 1216 apparaît le nom latin d'Oberhaslach, Hasela supérior, devenu en 1389 Oberhaselahe. Le territoire était déjà fréquenté à l'époque Romaine et une station Romaine y était implantée. Fait prouvé par la découverte de pierres tombales romaines du 2 ème siècle après JC, en 1937 et 1973. Il existait un poste romain au croisement de trois routes … d'ailleurs nous grimpons allègrement sur une voie romaine encore bien visible.

 

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Est-ce une maison sortie d'un conte de fées ? Non c'est tout simplement la baraque des bûcherons où nous faisons un petit arrêt ...

 

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la source de la Hasel


enfin nous arrivons au carrefour où nous quittons le chemin forestier pour le sentier sur lequel se trouve la source de la Hasel qui nous permet de nous rafraîchir. Une petite grimpette pour déboucher sur le Kahlweg et rejoindre le col du Narion et son abri en rondins de bois du nom de cabane des Juifs . C'est la fin de l'été et les guêpes sont toujours aussi virulentes ...

 

Après la pause repas, le sentier serpente à travers les roches et nous découvrons avec un plaisir partagé, le rocher de Mutzig ou plutôt les rochers. C'est toujours avec le même bonheur que je retrouve cet endroit … et je suis heureuse de pouvoir le partager avec des amis.

 

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Suivez-moi, vous allez être époustouflés ...


Formé d'énormes blocs fissurés, il présente d'énormes crevasses. Il est composé de conglomérats gréseux et de galets de quartz blanc, appelé poudingue. Altitude 1 009 m, le rocher de Mutzig est le plus haut sommet des Vosges du Nord, titre qu'il se dispute avec le Donon. Ici commence un autre monde, rien à voir avec l'environnement que nous venons de quitter ! Sur la crête une vue panoramique nous dévoile toute la beauté de la vallée de la Bruche. Une plaque à l'effigie de Saint Christophe, collée sur un rocher, rappelle le patron des voyageurs et randonneurs.


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Le rocher de Mutzig


Le rocher de Mutzig est un énorme rocher fait de blocs disloqués en gros cubes. Il s'agit de l'un des plus beaux exemples de « poudingues », ces conglomérats de grès incrustés de multiples galets.

 

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Nous quittons cet endroit pour un lieu encore plus énigmatique. Une force mystique nous attire vers cet endroit magnifique. L'émerveillement que procure l'arrivée devant la Porte Pierre est inoubliable. Des dizaines de photos de la Porte Pierre garnissent mon album, j'ai beaucoup de mal à en sélectionner une pour illustrer mon récit. Cela ne s'explique pas, ça se vit ...


Altitude 858 m, un majestueux édifice de grès rose constitué de trois piliers et de deux arches accueille les randonneurs. Défiant le temps depuis des siècles sur le plateau sommital tel un arc de triomphe naturel !! Lors de mon premier passage j'ai pris précieusement des photos de peur que cet instant magique ne disparaisse … aujourd'hui je prends tout mon temps et laisse filer mon imagination en entrant dans ce monde de mystère. Je reviendrai, encore et encore, cette Porte sera toujours là pour me faire revivre des instants de bonheur.

 

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À la Porte Pierre

 

Scènes païennes, religieuses ??  de quoi fut témoin cette porte durant tous ces siècles ?? des milliers de randonneurs s'arrêtent, émus, la touche de leurs mains afin de s'imprégner de sa force et de son pouvoir mystérieux ! Une porte s'ouvrant sur un monde que nous ne connaissons pas,un instant de pur bonheur que le randonneur aime partager... comment a-t-elle résisté au gel,dégel, aux secousses sismiques et autres ...

 

Nous laissons cette sculpture crée par l'érosion et formant un arc de triomphe. Formation naturelle qui porte à la dimension des géants.

 

Nous revenons à Gensbourg après une journée formidable, remplie de découverte et de moments de pur bonheur. Une bière bien fraîche à l'arrivée était la bienvenue.

 

Marthe

 

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7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 20:28

Mercredi 24 août 2011

 

steinberg-1.jpgau Steinberg

 

Départ Vallon du Hilsen plus précisément, le hameau d'Obersengern. Le coquet village de Linthal est dispersé dans un joli vallon, jusque sur les hauteurs du Petit Ballon, le long d'un ruisseau qui descend du Hilsenfirst. La première mention de Linthal apparaît dans les archives sous la dénomination de «Lindtal» en 1154 époque à laquelle il appartenait partiellement à la prévôté de Lautenbach. Les chanoines de Lautenbach en devinrent les véritables propriétaires en 1363. Il est gouverné par le chapitre ecclésiastique de Lautenbach, propriétaires des terres de cette vallée encaissée et entourée de montagnes jusqu'à la Révolution. À l'origine, le village était occupé par une petite communauté de paysans vivant du bétail et de la transhumance. En 1251, les habitants de Linthal voulurent construire un moulin sans l'accord du prieur du chapitre, ils furent violemment réprimandés et durent démolir le moulin qu'ils venaient d'installer. Les charrons furent, par contre, autorisés à couper du bois dans la forêt appartenant au chapitre.

 

Entre les hameaux du Hilsen et de Remspach se trouvent de nombreuses fermes, jadis toutes exploitées avec leurs prés de fauche délimités de haies et d'arbres et quelques lopins de terre cultivés en potager ou plantés de seigle et de pommes de terres, entourés de murets de pierres sèches.

 

Les hameaux traversés portent des noms significatifs … Obersengern qui vient de «sengen» (éroder), appelé Seneberg en 1494 avant de passer à «auf Sengeren» en 1671. Rimbuhl désigné sous Reinbuh (colline pure) et Rindbuhl (colline aux bovins). Puis le Hilsen du latin «ilex» (houx) plante pionnière après les défrichements (Hilsach en 1499). Actuellement les cultures sont abandonnées et les endroits colonisés par les bouleaux, les érables, les sorbiers, les alisiers.

 

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Ferme isolée Mullermatt FA Strohberg

 

Nous nous dirigeons vers le Strohberg, sous les sommets s'étendent les pâturages communaux, prairie, pelouse, chaume où poussent la myrtille, la bruyère qui est magnifique à cette époque, la gentiane jaune, la fougère ainsi que des bouquets d'églantier, de genévrier et d'aubépine.

 

Entre le Strohberg et le Buchwald il reste les vestiges de la station intermédiaire du téléphérique allemand Wasserbourg – Petit Ballon 1915-1918.

 

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vestiges de la station intermédiaire du téléphérique


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Une plaque en rappelle l'histoire en ces termes :

 

« Au cours de l'année 1915, l'armée allemande a transformé le Petit Ballon en véritable forteresse avec 4 étages de casemates souterraines. Elle s'attendait à une offensive française qui n'a jamais eu lieu. Pour desservir les installations du Petit Ballon, la Festungeisenbahn-Bau-Kompagnie F.E.B.K., la compagnie de construction de chemins de fer de forteresse a construit un téléphérique qui partait de Wasserbourg à côté de l'église et qui avait sa station intermédiaire ici. La station terminale se trouvait plus haut sur la pente sud du Petit Ballon. C'est un des plus importants vestiges qui subsiste de la Première Guerre Mondiale dans les Hautes Vosges. Un autre téléphérique allait de Soultzbach les Bains à l'Ilienkopf en passant par le Ried ».

 

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la ferme auberge Buchwald toujours joliment fleurie …

 

Nous arrivons sur les chaumes du KahlenWasen où bovins et équidés cohabitent. L'exploitation de ces chaumes se pratique de façon extensive : troupeaux gardés par des clôtures électriques. Le panorama est superbe, à perte de vue, le vert intense des prairies, ravivé par les dernières pluies, rappelle les paysages de cartes postales.

 

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Les chevaux dans les alpages

 

Nous dépassons la ferme auberge du Petit Ballon, appelée aussi Kahlenwasen pour le carrefour du Kegelritz et monter au Steinberg par la face du Grothkopf afin de profiter au maximum du bain vibratoire cosmo-tellurique en traversant de part en part la crête du Steinberg.

 

Montée peu classique au sommet du panoramique Steinberg pour déambuler dans un chaos granitique à l'allure de menhirs …

 

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  le Steinberg

 

Un cousin du Taennchel que nous arpentons régulièrement, sauf que le Steinberg est complètement dépourvu de forêt … Le Steinberg, (la montagne de pierres) est considéré comme un haut-lieu vibratoire … des pierres dressées laissent penser à un ancien lieu de culte divinatoire de la période celtique. C'est dans ce chaos de roches, entre les menhirs naturels de granit qui ornent la crête et les parterres de pensées sauvages que nous posons nos sacs à dos. Repos bien mérité après la dernière grimpette … diront mes compagnons !

 

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la joyeuse troupe vous envoie des ondes positives ...

 

Retour par le Bockwasen, nous traversons une énorme réserve de genévriers, à perte de vue une forêt d'arbustes à baies bleu violacé aux feuilles épineuses au lieu-dit Steinmauer et bien au-delà. La taille des genévriers peut varier de 4 à 10 mètres de hauteur. Le genévrier commun (Juniperus communis) est le seul avec le genévrier cade (Juniperus oxycedrus) à être comestible. Le fruit appelé genièvre ou baie de genévrier se développe sur deux ans. On appelle également genièvre une eau-de-vie (appelée peket en wallon), les baies parfument la choucroute et les pâtés. Les airelles également dévoilent leurs baies rouges sur notre passage.


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 Genévrier

pensées sauvages au Steinberg

 

Traverser la Steinmauer (1 232 m) la muraille de pierres où les éboulis de roches rappellent l'activité volcanique du carbonifère, il y a 360 millions d'années qui a secoué le vieux massif hercynien et fait naître les ballons, est un moment unique.

 

Plus bas, le col du Hilsenfirst est un endroit propice à la nidification des oiseaux, une centaine d'espèces niche ici, c'est également un lieu de passage migratoire connu des ornithologues.

 

Superbe randonnée, heureux, nous arrivons au terme de notre balade, le cœur léger, des souvenirs plein la tête.

 

À bientôt …

Marthe

 

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6 septembre 2011 2 06 /09 /septembre /2011 18:10

Vendredi 19 août 2011

 

Aujourd'hui nous optons pour une virée sur les hauteurs de Wildenstein avec départ au col du Bramont alt 956 m. Le col du Bramont sépare la Lorraine de l'Alsace et représente la limite départementale entre les Vosges, commune de La Bresse et le Haut-Rhin, commune de Wildenstein. Un agréable sentier s'élève au-dessus de la vallée jusqu'au col de l'étang. Par beau temps une fenêtre s'ouvre sur Wildenstein, le lac du barrage de Kruth-Wildenstein et son Schlossberg. Wildenstein, dernier village alsacien avant le département des Vosges, doit son origine à sa célèbre verrerie fondée par les princes-abbés de Murbach en 1699 qui exista jusqu'en 1884.


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vue sur Wildenstein et le barrage

 

Après une agréable montée nous arrivons au col de l'Étang, un petit arrêt s'impose à l'abri du Seesattel alt. 1024m.

 

Malgré une journée de canicule prévue, ici, en hauteur nous ne souffrons aucunement de la chaleur. Quelques vitamines plus tard la randonnée continue direction la route des crêtes et ses géants le Rainkopf et le Rothenbachkopf.

 

C'est ici, en contre-bas du Rainkopf, à 1 050 m d'altitude que surgit de terre, notre bonne vieille Thur. Elle traverse la Vallée de Saint Amarin, alimentée par la multitude de cascades qui dévalent les versants montagnards. D'une longueur de 53 km elle va se jeter dans l'Ill près d'Ensisheim à 214 m alt. Son profil suit une pente de 16 % en amont de Wildenstein et de 0,5 % en aval de Thann. Depuis 1964, un barrage édifié à Kruth régularise son débit de la fonte des neiges, la retenue générée est connue sous le nom du lac de Kruth-Wildenstein. La Thur baigne notamment Saint-Amarin, Thann et Vieux-Thann avant de déboucher dans la plaine d'Alsace à Cernay et d'obliquer vers le nord-est, le cours principal, comme dit ci-dessus, venant se jeter dans l'Ill en aval d'Ensisheim tandis que l'autre bras appelé «vieille Thur» s'oriente vers le nord pour rejoindre la Lauch après avoir longé Rouffach en aval de Pfaffenheim.


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Nous avançons dans la brume

 

Il ne fait pas froid et malgré la brume, nous continuons à grimper. Le Rainkopf est atteint après quelques gouttes de sueur tout de même … son voisin proche, le Rothenbachkof ne se montre pas aujourd'hui, aucune perspective non plus sur l'Altenweiher qui sommeille plus bas.

 

Le Rainkopf 1305 m, l'un des sommets du massif des Vosges à quatre kilomètres du Hohneck, borde la route des Crêtes. Son sommet arrondi dont le flanc est, abrupt et sauvage est un ancien cirque glaciaire, vrai paradis pour la flore alpestre ainsi que la faune (chamois). Son sommet se situe exactement au point où la chaîne se scinde en deux : une branche en arc de cercle vers le sud-est culmine au Grand Ballon, l'autre vers le sud aboutit au Ballon d'Alsace. Au milieu se trouve le profond sillon de la vallée de la Thur.

 

Son proche voisin, un autre géant de la route des Crêtes, le Rothenbachkopf … à cinq kilomètres du Hohneck celui-là. Le Rothenbachkopf 1316 m borde également la route des Crêtes, reconnaissable de loin avec sa tête en corne assez rare dans les Vosges où dominent plutôt les formes arrondies. Nous ne faisons que le saluer au passage, car notre prochaine étape est le lac de la Lande.

 

Toujours dans la brume, nous passons devant le chalet-refuge Louis Hergès du Rainkopf en contre-bas du sommet à 1 207 d'altitude.


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Chalet-refuge Louis Hergès du Rainkopf

 

La descente s'amorce direction lac de Blanchemer que nous quittons pour aller en premier lieu au Lac de la Lande situé au pied du Kastelberg à 1 060 m d'altitude. Lac artificiel sur la commune de La Bresse dans les Vosges, il est traversé par la Moselotte. Le barrage est construit en 1983 afin de produire l'électricité et alimenter en eau les canons à neige des pistes voisines.


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Lac de la Lande


Haut de 70 m pour une longueur de 330 m il est géré par la Régie Municipale d'Electricité de la Bresse. Le projet a suscité, en son temps, une forte opposition d'écologistes soucieux de préserver une tourbière remarquable, aujourd'hui noyée.

 

Le soleil vient percer la brume … nous rejoignons le chemin des chaumes et contournons le Grand Artimont tout en surplombant la station de la Bresse.


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Station Eté – Hiver de la Bresse

 

La Bresse, au coeur du Parc Naturel Régional des Ballons des Vosges, est un village montagnard qui s'étend sur 5672 ha, allant de 609 m d'altitude jusqu'au sommet du Hohneck à 1 363 m d'altitude.

 

Le Hohneck, troisième sommet du massif des Vosges domine la ligne des crêtes qui sépare l'Alsace de la Lorraine. En contrebas de ce sommet se niche la station de ski de la Bresse- Hohneck. Un ballon voisin, à l'Est, culmine à 1 272 m est dénommé Petit Hohneck.

 

Territoire de chasse du temps des Mérovingiens, lieu de passage entre les monastères de Remiremont et Munster au VII ème siècle. Des gens s'établirent peu à peu et commencèrent à transhumer depuis Munster sur les sommets vosgiens et les terrains défrichés tout le long de la Moselotte. L'épopée industrielle commença après 1830 avec l'installation d'usines textiles tout au long des chutes d'eau des rivières et l'exploitation de la forêt communale de 3 000 ha. À partir de 1905, l'utilisation de l'eau des lacs pour produire de l'électricité permet à la commune de s'engager dans l'utilisation des énergies renouvelables et de se développer. Le tourisme prend son essor dans les années 70 avec le développement des sports d'hiver. La première coupe du Monde de ski de fonds est organisée en 1981. Aujourd'hui, la Bresse est une station été et hiver.

 

Bientôt nous apercevons le chalet au toit rouge sur le bord du lac de Blanchemer. Une rapide descente mène à ce lac paisible et sauvage niché à 984 m dans un écrin de verdure au pied du Rainkopf, cirque glaciaire appuyé sur une moraine. La tourbe forme des radeaux, véritables îles flottantes de sphaignes, flore spécifique d'origine glaciaire que l'on retrouve encore au col des Feignes et à l'étang de Machey. Autrefois, les fées étaient nombreuses dans la région, et le soir, toutes se retrouvaient pour danser autour du Hohneck.


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Lac de Blanchemer


Et comme toujours, une légende accompagne notre sortie au lac de Blanchemer :

« alors que les chaumes ruissellent encore de lumière sous les derniers rayons de soleil automnale, le lac de Blanchemer, niché au creux d'un immense entonnoir, se laisse draper dans les brumes légères du soir. Au bord de l'eau, une jeune femme lave de fins voiles brodés d'or. Elle met tant de cæur à son ouvrage qu'elle n'entend pas s'approcher un paysan qui s'est attardé dans une marcairie et qui rentre chez lui. Lorsqu'il l'aperçoit, l'homme s'esclaffe si bruyamment que toute la forêt environnante se met à vibrer ... surprise, la femme se dresse, les yeux brillants de haine, tandis que son vêtement s'illumine comme une nuit mouchetée d'étoiles et que l'air s'emplit d'une irritante odeur de soufre : passe ton chemin homme irrespectueux et pervers. Là où est ta maison, sache que tu ne trouveras que la place pour faire un champ d'oignons» !! Pris de panique, l'homme s'enfuit dans la forêt. Ce n'est qu'au petit matin, après avoir erré toute la nuit, qu'il retrouve le chemin de sa ferme. De sa maison, hélas, il ne reste plus que cendres et ruines. Le paysan comprend alors qu'il a rencontré la fée de Blanchemer et que celle-ci lui a jeté un sort, pour le punir de l'avoir importunée ».

 

Pause casse-croûte sur les bords du lac … bien méritée je vous l'accorde !

et c'est dans des endroits comme celui-ci que prennent un sens certaines paroles … le monde est plein de merveilles, mais toutes ne sont pas forcément au bout du monde, souvent elles sont tout près de chez nous, il suffit d'ouvrir les yeux et les oreilles …

 

Blanchemer, circulaire, d'une superficie de 7ha et de 15m de profondeur, blotti dans un cirque glaciaire doit son nom à la transparence de son eau où se reflètent les sapins qui l'entourent et la crête du Rainkopf qui le domine. Malheureusement sa superficie se rétrécit lentement car la tourbe l'envahit petit à petit.

 

Les Tourbières, reliques des temps glaciaires, souvent discrètes, sont de véritables témoins du passé. Lieux mouvants et humides, les tourbières recèlent une flore rare comme les plantes carnivores, droseras, grassettes et une faune ornithologique originale. Ces espaces spongieux sont habités par diverses associations du monde végétal et parcourus par d'innombrables rigoles parfois profondes où serpente une eau noire, acide et froide. Des couches de sphaignes (grosses mousses) peuvent atteindre plusieurs mètres d'épaisseur.

 

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Au lac de Blanchemer

 

C'est à regret que nous nous remettons en route … nous longeons le lac pour prendre le chemin des Italiens jusqu'au chalet forestier de Machey.

 

Avant de monter par le chemin Vaxelaire, nous longeons la vaste étendue de l'étang de Machey. Il est complètement envahi par la végétation, zone protégée, on ne peut qu'en faire le tour, il est interdit de s'en approcher. Ce lieu tout à fait remarquable, par la richesse de son écosystème a une histoire de près de dix mille ans. On peut y retrouver en cercles concentriques les différentes étapes de la vie de la tourbière, l'extérieur étant déjà colonisé par une végétation arbustive. Au centre de la tourbière, il ne reste qu'une petite partie du lac originel.

 

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Tourbière de Machey


Le chemin Vaxelaire nous ramène tranquillement au point de départ, le col du Bramont.


À bientôt …

Marthe


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6 septembre 2011 2 06 /09 /septembre /2011 15:47

Mercredi 10 août 2011

 

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à la tête des Perches alt. 1 222 m

 

Départ Rimbach près Masevaux, petit groupe certes, d'aucuns sont en vacances … mais quel groupe !

 

La vallée de Masevaux est la vallée la plus méridionale des Vosges alsaciennes. Elle est parcourue par la Doller qui descend de la Fennematt et se jette dans l'Ill près d'Illzach. Direction Ermensbach, joli petit hameau point de départ pour de belles randonnées vers les lacs.

 

La chapelle Notre Dame du Perpétuel Secours, c'est à partir de 1882, quand une image de la Vierge du Perpétuel Secours et une lettre d'indulgence du pape Léon XIII furent rapportées de Rome, que cette chapelle est devenue un lieu de pèlerinage. Mais c'est en 1840 que les habitants du coin l'on érigée, puis restaurée en 1860, puis un lifting en 1928 et à la fin du XX ème siècle.

 

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chapelle Notre Dame du Perpétuel Secours à Ermensbach

 

Sur de magnifiques sentiers de forêt nous rejoindrons au fur et à mesure trois lacs de montagne dans un site sauvage. Superbes points de chute aujourd'hui. Calme et beauté sauvage sont au programme. Pas de tout repos mais du vrai bonheur.

 

Sur le sentier grimpant aux deux lacs Neuweiher à l'entrée de la forêt, quelques marcheurs et Eliott sont agressés par un essaim de guêpes … que nous avons dérangé. Plusieurs piqûres pour quelques uns … pas de panique nous avions une pommade miracle ! Après quelques instants, nous continuons de grimper jusqu'aux lacs.

 

Nous arrivons aux deux lacs Neuweiher, séparés par un barrage. Ces plans d'eau voisins, de taille inégale, sont situés dans une cuvette glaciaire. Le grand lac est retenu au fond d'un cirque, derrière un verrou glaciaire, son surcreusement est beaucoup plus marqué qu'au lac des Perches.

 

Les retenues artificielles des Neuweiher, dont les premières constructions datent du XVI ème siècle, ont servi autrefois à l'alimentation des forges, puis d'une usine textile jusqu'en 1960. À partir de 1990, le grand barrage, présentant des signes importants d'usure du temps, des études furent engagées pour remédier à l’étanchéité insuffisante et renforcer sa stabilité. La solution d'une reconstruction à neuf s'impose rapidement par mesure de sécurité et les travaux s'effectuent de 2004 à 2007 sur l'emplacement de l'ancienne grande digue … Ce chantier important a conféré au site un aspect lunaire mais aura permis de dégager les ruines d'une ancienne ferme et mettre en valeur les caractéristiques du relief. Remis en eau il fait à nouveau le bonheur des randonneurs.


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Petit Neuweiher

Grand Neuweiher

 

La montée continue sur le sentier, passe devant la statue Saint Joseph, patron des bûcherons, pour déboucher sur les magnifiques chaumes de la Haute Bers et son élégant chalet.

 

Les chaumes du Gresson et de la Bers sont déjà citées en l'an 823. Des immigrés suédois et germaniques s'établirent sur ce site comme charbonniers d'où le nom de Col des Charbonniers tout proche. Toute la région appartenait alors à l'Abbaye de Masevaux. Un chemin reliait la vallée à Saint Maurice dans les Vosges par le Gresson et le col des Charbonniers à la fin du XV ème siècle.


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Abri à Haute Bers

 pause à Haute Bers

 

Le toponyme Bers a été formé du verbe latin « bersare » qui veut dire chasser avec des flèches. La Bers était donc un endroit réservé à cette chasse. La Bers (les chaumes de la Bers rassemblant l'Untere « la basse » l'Obere « la haute » et la Mittlere « la moyenne » Bers) défrichées au Moyen Âge. Une petite pause à Haute Bers s'impose avant de grimper à la tête des Perches pour la pause repas...

 

Depuis la tête des Perches, nous bénéficions d'un panorama exceptionnel sur le lac du même nom. L'appétit n'en est que meilleur je vous le confirme.


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Lac des Perches vu de la tête des Perches


Pour redescendre à Rimbach nous optons pour le chemin qui passe au Rouge Gazon et descend au bord du lac des Perches.


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Nous venons de vivre une merveilleuse journée, Rimbach est en vue et bientôt la boucle sera bouclée.

 

À bientôt sur d'autres sentiers vosgiens …

Marthe

 

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5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 16:10

Mercredi 3 août 2011

 

Le col de Bussang alt. 731 m situé au point culminant d'une voie commerciale reliant l'Alsace à la Lorraine, le col s'appelait autrefois Pass ou Steig zur Linden, c'est à cet endroit que la Moselle se dévoile aux humains. En contre-bas du col, du côté vosgien on découvre la source de la Moselle qui naît dans une fontaine aménagée. Ce maigre filet d'eau passe à Remiremont, baigne Epinal puis Metz, quitte la France, sert de frontière entre l'Allemagne et le Luxembourg avant de se jeter dans le Rhin à Coblence après un long et beau voyage.

 

La haute vallée de la Moselle était empruntée par la voie romaine reliant Metz à Bâle. Bussang et Saint Maurice sur Moselle étaient regroupées sous le nom de Visentine jusqu'en 1420, nom que garda la paroisse jusqu'à sa partition en 1767.

 

Le petit Drumont alt. 1 200 m, le grand Drumont ou Tête de Fellering 1 223 m , voilà deux grands sommets des Hautes Vosges du Sud, magnifiques, souvent ignorés par les randonneurs et les promeneurs, à tort, car situés dans un environnement resté sauvage et préservé.

 

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À l'approche du Petit Drumont

 

Direction le Petit Drumont par le beau sentier des Russiers, s'élevant à travers forêt, au début pentu, certes en lacets mais rude … devenant par la suite plus régulier. On traverse de somptueuses hêtraies sur les versants de la Tête des Russiers pour finalement quitter la forêt, et, au milieu des chaumes, se pointe le sommet du Petit Drumont. Rapidement nous gravissons le sommet pelé qui surplombe la ferme-auberge. Le coup d'œil sur la vallée découvre Bussang, niché sur le flanc de la Tête des Corbeaux. Le panorama sur le Ballon d'Alsace, le Rossberg et le Grand Ballon est tout simplement grandiose. À 1 200 m une table d'orientation du club alpin français datant de 1891 explique le merveilleux panorama circulaire.

 

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Les deux Claude C. devant la table d'orientation

 

Il fait beau mais au sommet le vent souffle fort et malgré une petite laine nous descendons assez rapidement nous mettre à l'abri vers le Hasenkopf pour la pause vitamines.


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récréation pour Eliott

 

Direction Langenbach, puis un sentier grimpe à la Faigne des Minons pour descendre au chalet du Pont Martin où est programmé le pique nique.


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La Loge du Pont Martin

 

Après le repas, il s'agit de grimper à la Loge du Plain du Repos, un autre chalet où nous aimons nous arrêter pour la pause repas, mais aujourd'hui nous ne faisons que passer.

 

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Un peu plus bas, l'étang Jean, un petit paradis …

 

Après une pause détente nous reprenons la route et rejoignons le parking de la source de la Moselle.

 

Bien agréable cette sortie, même si par endroit la montée est rude ..

 

à bientôt …

 

Marthe

 

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5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 14:10

Mercredi 27 juillet 2011

 

Aujourd'hui grand jour de retrouvailles … Yves notre pèlerin a bouclé son périple … nous sommes heureux de le retrouver.


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Des vitamines ... à consommer avec modération bien entendu …

 

Après avoir traversé la France en 32 jours et avalé 1 045 kilomètres pour rallier Wittenheim à Hendaye, (mission pour faire connaître le don d'organes accomplie), le pèlerin retrouve les compagnons du mercredi et les sentiers Vosgiens qu'il affectionne particulièrement. Départ à Oberbrück pour une journée récréative entre amis.

 

Oberbrück, son histoire ... possession de l'abbaye de Masevaux se confond avec celle de la vallée de la Doller pendant de nombreux siècles. Le village est alors une dépendance de la paroisse de Sewen. Cité pour la première fois de manière indépendante en 1482, sous la dénomination d'Oberbruggen. Sa position de carrefour de la haute vallée de la Doller s'affirme durant le Moyen Âge avec le développement des hauts fourneaux destinés à la métallurgie et devient un village de mineurs et d'ouvriers. Le village dispose d'importants réservoirs d'eau pour réguler le débit de la Doller. Au début du XIX ème siècle, la famille Zeller marque la vie industrielle du village par l'installation d'usines de tissage pendant près de 150 ans mais également dans le reste de la vallée. (sources : le site d'Oberbrück sur le net).


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La Doller à Sewen


Direction Sewen … qui, d'après la légende, son origine remonterait au V ème siècle. Ce serait des chrétiens pourchassés par les Huns qui auraient fondé ce village. Au début du Moyen Âge, Sewen est la seule paroisse, à laquelle sont rattachés tous les autres hameaux et villages. C'est en 1302 que l'on cite le village pour la première fois sous l'appellation actuelle.


Lac de Sewen, d'après les géologues, ce lac est l'un des plus rares lacs de surcreusement glaciaire des Vosges alsaciennes mais surtout le plus intact.


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Le lac de Sewen


Envahi par sa tourbe, son plan d'eau compte 6 ha contre plus de 30 à la fin du XIV ème siècle. La faune et la flore sont protégées, l'implantation des castors et d'espèces de plantes carnivores, comme le droséra, fait de ce lac un lieu d'étude pour les botanistes et les zoologues. On peut parfois apercevoir des feux follets s'allumer par les temps chauds et humides sur les abords tourbeux. D'après sa légende, ce lac serait hanté et n'aurait pas de fond.

 

Nous grimpons au lac d'Alfeld tout en longeant les jolies cascades se faufilant dans les rochers … formant un canyon.


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Les cascades

 

Le barrage d'Alfeld fut construit entre 1884 et 1887 et mis en eau pour la première fois en 1888.

 

L'aménagement est constitué de deux ouvrages, un grand et un petit murs, séparés par un rocher. Le grand mur est composé de deux parties rectilignes raccordées par partie de rayon de 180 mètres environ. Cette partie, courbe, permet de faire travailler le barrage en voûte. À l'origine ce barrage était constitué d'un mur de maçonnerie de 4 à 18 mètres d'épaisseur. En 1895, les ingénieurs se sont aperçus que le poids de la maçonnerie est insuffisant pour tenir la poussée de l'eau en toute sécurité. Ils ont alors fait remblayer l'avant du barrage avec de la terre et des roches afin de soutenir le mur d'origine.

 

En temps normal, l'eau sort du barrage par deux vannes. Lors des crues, lorsque la retenue est pleine, le trop plein passe par deux déversoirs situés de part et d'autre du grand mur. Ce barrage sert à apporter de l'eau à la rivière en été pour qu'elle ne soit pas à sec et à retenir une partie des eaux de crues en hiver afin de limiter les inondations dans la vallée.


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Wasserfall

 

Un passage au Wasserfall avant de déboucher au très joli chalet Schahling Hütte avec une superbe vue sur Alfeld et Sewen.


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À gauche Sewen et son lac - à droite le lac d'Alfeld


Une grimpette à Ronde Tête puis direction la Petite Chaume alt 1 090 m entre la Tête du Moinechamp et le col des Charbonniers pour le pique nique.

 

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Chalet de la Petite Chaume

intérieur de l'abri

 

Un détour par Isenbach avant de remonter au Moyen Gresson. Une bonne descente nous attend pour revenir à Oberbrück et déjà il est temps de se quitter.

 

À mercredi prochain pour une autre sortie ...

 

Marthe


PS: cliquer sur les photos pour les agrandir.

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24 juin 2011 5 24 /06 /juin /2011 20:14

Mercredi 22 juin 2011

 

dondorganes-01.jpgHier, jour de l'été nous avons accompagné l'ami Yves dans la première étape de son périple Wittenheim – Hendaye 1 045 km à pied à travers la France pour faire connaître et parler du don d'organes. Arrivés à Mortzwiller, après 33 km nous l'avons abandonné à son sort … il s'est lancé un défi, une mission, vous pourrez le suivre pendant 32 jours avec une moyenne de 35 km/jour sur son site :

 

http://dondorganes.over-blog.fr/

 

Aujourd'hui, sortie du mercredi, ce sera journée grillades, à la Triade … nous retrouvons avec plaisir Simone … d'autres compagnons sont en vacances, Claude est revenu après quelques semaines d'absence , Eliott nous accompagne bien entendu.

 

Départ à Willer sur Thur direction les ruines du château de Freudstein. Construit vers la fin du XIII ème siècle, ce château appartenait à deux propriétaires : l'évêque de Strasbourg et l'abbaye de Murbach (située près de Guebwiller). En 1297, première date sûre à laquelle fût mentionnée le castel, il a été donné en fief à une noble famille de Guebwiller qui prit le titre de Waldner de Freundstein. Après avoir tout d'abord subi les attaques des mulhousiens en 1441, il a été dévasté par les habitants de Soultz en 1490. Il fut également incendié par des paysans en révolte en 1525 puis détruit par la foudre en 1562. Ses propriétaires le remirent en état au XVI ème siècle mais il fut finalement abandonné quelques années plus tard. Situé non loin du Grand Ballon, ses 927 mètres d'altitude en font la ruine médiévale la plus haute d'Alsace. On appréciera la belle vue sur les crêtes des hautes Vosges. Cette position stratégique fut d'ailleurs mise à profit durant la guerre 1914-1918 comme poste observatoire militaire étant situé non loin de la ligne de front.


Arrivés au pied des ruines du château, un orage éclate … nous enfilons les pèlerines et essuyons une bonne averse, le ciel s'éclaircit assez rapidement et nous permet de continuer à monter jusqu'à la ferme-auberge du Freundstein.

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Vue sur le massif du Grand Ballon depuis la FA du Freundstein après l'orage


Rapidement nous arrivons à l'abri de la Triade, la cheminée fume, un randonneur est déjà attablé, à notre tour de préparer nos grillades. Les discussions vont bon train, le soleil est revenu tout va pour le mieux, l'appétit aussi.

 

Trois scies pliables sont présentées .. bien entendu chacun vante les qualités de sa scie, ni une, ni deux, André se livre à un concours de scies :

 

résultat, elles se valent !!

 

il ne reste plus qu'à les remballer d'autant plus qu'elles n'ont pas servies pour le feu.

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Il ne s'agit aucunement d'une pub

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sous l'œil attentif du jury

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à l'abri de la Triade

 

Le retour se fit par la descente directe, le ciel s'assombrit et la douche revint à quelques mètres de l'arrivée.

 

À bientôt

Marthe

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