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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 10:33

Mercredi 30 novembre 2011


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Turckheim, une statuette de Mercure, des pièces de monnaie romaines, des poteries, des tombes avec vases funéraires témoignent de la présence romaine dès 27 av. J.C. sur les sites Thalweg et Hohmur …


En 896, un acte du Roi Zwentibold confirme l'existence de l'Abbaye de Munster qui possédait à Turckheim une cour colongère. C'est dans la charte de Wissembourg qu'est cité la première fois le lieu THORENCOHAIME (habitation des Thuringiens).


En 1354, Turckheim entre dans la ligue de la Décapole. Elle était ainsi administrée par un Landvogt et placée sous la protection d'un comte palatin du Rhin. La ville prospère grâce au commerce du vin et à l'autorisation de l'Empereur Maximilien d'un prélèvement de droit d'entrée. Quelques maisons du 16 ème siècle témoignent encore de cette prospérité. La guerre de trente ans (en 1618, Turckheim compte environ 1200 habitants) et l'arrivée des Suédois firent de terribles ravages de telle sorte qu'en 1648 la ville n'héberge plus que quelques familles.


À la fin de cette guerre, le Roi de France réunit le pays d'Alsace à la couronne et Turckheim devient une ville française tout en se considérant encore comme liée à l'Empire ce qui mit à mal l'harmonie au sein de la Décapole...


L'histoire ne s'écrit qu'à partir du 14 ème siècle quand la cité relève également de la Maison d'Autriche par le biais du fief du Hohlandsbourg. La chronique des Dominicains rapporte qu'en juillet 1288 une tempête emporta près de 400 toitures ce qui prouve que l'agglomération était déjà importante.


En 1312, l’Empereur Henri VII élève le village au rang de ville d’Empire et accorde l’autorisation d’édifier une enceinte.


Nous sommes entrés dans la période de l'Avent et les communes ont revêtu leur habit de Noël …


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  Calendrier de l'Avent à Turckheim

 

Rendez-vous 9 heures Porte de France, où nous nous faisons un plaisir d'accueillir au sein de notre groupe Yolande et Lionel.


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À l'origine, la Porte de France était destinée aux échanges économiques de Turckheim, principalement vers la Suisse. Datant de 1330 pour sa partie basse, elle a connu quelques modifications au cours de l'Histoire. Elle était munie d'un pont-levis, d'une herse et bien entendu de deux portes que l'on refermait la nuit et pendant la messe du dimanche. Elle porta successivement les armoiries du St Empire Germanique et de Louis XIV pour se voir dotée de tourelles en 1871, elles-mêmes enlevées en 1912.

 

La première mention d'un sanctuaire chrétien à Turckheim remonte à l'année 898. Il fera place au 12 ème siècle à un édifice roman dont il ne subsiste plus que le magnifique clocher.

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L'église actuelle a été construite entre 1834 et 1839 et restaurée après l'incendie de juillet 1978.


Dernier vestige de l'édifice roman, le clocher comprend 5 niveaux. La base est de 1190 et comprend la porte d'entrée romane avec la première travée de l'église servant actuellement de chapelle baptismale. Restaurée en 1983, elle abrite de nombreuses statues de différentes époques comme Ste Anne patronne de la Paroisse, Saint Urbain patron des vignerons, le Christ Ressuscité, St Nicolas, Ste Barbe, Ste Marguerite etc …

 

Nous entrons dans Turckheim par la Porte de France et ressortons par la Porte de Munster …


construite durant le XIV ème siècle, cette Porte marque avant tout l'histoire de la sorcellerie, puisque c'est par cette porte que les suppliciées rejoignaient la Wann où elles étaient exécutées. Ses fenêtres décorées de coquilles Saint Jacques témoignent pourtant de fonctions moins meurtrières, laissant entendre une étape vers St Jacques de Compostelle. La Porte de Munster était également destinée à prévenir de l'orage comme le montre la cloche sous son petit clocher toujours intact.


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Une belle balade mène à la Bruderhauskapelle ou Chapelle des Frères blottie dans une clairière.


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Sur les hauteurs de Zimmerbach mais sur le ban de Turckheim se dresse, en solitaire, la petite chapelle des Frères. Dès le XVI ème siècle, le lieu dédié à la Vierge Marie attire un ermite … Une chapelle construite vers 1735 pour un ermite, le frère Ignace Goetzenbach qui vécut dans une petite maison à proximité jusqu'en 1757 mais fut détruite à la Révolution. En 1854 le propriétaire d'une tuilerie de Turckheim, Marc Runecher fit reconstruire une chapelle de dimensions plus importantes, elle fut consacrée en 1868, la pierre tombale d'Ignace Goetzenbach fut remise dans le sol de la nouvelle chapelle surtout fréquentée par les paroissiens de Zimmerbach.

 

Et maintenant on grimpe à Obschel pour la pause repas, véritable moment de détente et de rigolade …


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pause repas à Obschel


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la ferme du Maierhof

 Notre Dame des Trois Epis

 

Trois Epis est un hameau partagé entre les communes d'Ammerschwihr, Turckheim et Niedermorschwihr.

 

Pèlerinage autrefois, le lieu-dit tire son nom d'une apparition de la Vierge à un forgeron d'Orbey en mai 1491. Elle aurait tenu trois épis de blé d'une main et un grêlon de l'autre suggérant que la piété serait source de bonnes récoltes. À l'endroit de l'apparition, les habitants édifièrent une petite chapelle en bois. Au XVI ème siècle, le pèlerinage connut un grand essor et la nouvelle chapelle désormais en pierre fut plusieurs fois agrandie afin d'accueillir les nombreux fidèles. Détruite durant la guerre de Trente Ans, une nouvelle fut érigée avec, à ses côtés, un couvent qui hébergea un grand nombre de communautés religieuses.

 

L'église Notre Dame de l'Annonciation, construite en béton brut avec fausse voûte en lamellé-collé et murs partiellement en dalle de verre, date de 1968. Elle est l'œuvre des architectes Pierre Keller et Pierre Dumas. La flèche formée de trois piliers symbolisant les trois épis a été érigée en 1991 à côté de l'église selon le projet de l'architecte Prioleau.

 

Une modeste chapelle ..., la chapelle Saint Wendelin où culmine le vignoble en lisière de la forêt. Saint Wendelin était le grand protecteur du bétail, une chapelle en son honneur est citée dès 1664. Un arrêt s'impose …


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la chapelle Saint Wendelin nichée dans le vignoble

 

Niedermorschwihr et son église au clocher vrillé … mentionnée dès 1260, elle fut placée sous la protection de Saint Gall moine irlandais qui aurait fondé le village aux 8 et 9 ème siècles.


L'église Saint Gall possède un clocher tors qui est une flèche octogonale tordue de droite à gauche de 45 ° recouverte de tuiles.


« Sa vrille est-elle d'origine ? Erreur de calcul ou construction délibérée ? On affirme que la charpente, assemblée à l'aide de bois encore trop vert aurait travaillé au cours du temps … »


laissons cela aux spécialistes, en ce qui nous concerne, nous admirons tout simplement ce magnifique clocher !


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Niedermorschwihr

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Nous revenons à Turckheim par la Porte du Brand. Des trois Portes cernant Turckheim, la Porte du Brand avait la vocation la plus défensive. Une fonction qui a rejailli sur son architecture massive et dénuée d'artifice, si ce n'est la « gorgone  », sculpture destinée à éloigner les curieux ou à se moquer de l'ennemi. La Porte du Brand était dotée d'une herse, d'un pont-levis enjambant un fossé et de deux portes battantes que l'on gardait soigneusement fermées, sauf lors de la saison des vendanges. En 1843, la Porte du Brand connaît une réfection importante, où elle se voit surmontée de sa girouette, œuvre de JB Hun. L'année 2006 fut l'occasion d'une nouvelle rénovation intérieure et extérieure.

 

Le Veilleur de Nuit

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  « Han sori zu Fir und Liacht » ( Prenez soin de l'âtre et de la chandelle )

 

Telle était la recommandation que le veilleur de nuit adressait à ses concitoyens lorsqu'il entamait son service. Elle est d'ailleurs la raison d'être de cet emploi municipal : éviter les incendies. Une chandelle non éteinte ou un foyer mal contrôlé pouvaient déclencher une catastrophe, les moyens de lutte dérisoires de l'époque permettaient difficilement de circonscrire un sinistre. Au fil des ans, le veilleur sera aussi chargé d' annoncer les heures, d'assurer l'ordre dans les rues, plus tard il sera aussi garde champêtre et fossoyeur.

 

Ainsi s'achève la sortie de ce-jour … à bientôt

 

Marthe

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31 décembre 2011 6 31 /12 /décembre /2011 16:18

Mercredi 23 novembre 201


Les romains, grands amateurs de thermalisme appréciaient déjà l'eau de Wattwiller. C'est en 450 av. J.C. qu'elle est découverte dans les Vosges et adoptée. En 735, le comte Eberhard lègue Wasserweiller, le village de l'eau, à la toute puissante abbaye de Murbach dont les moines, pendant plus de dix siècles, s' efforceront de développer la renommée des eaux et des bains.

 

En 1741, Friedrich Bachers, docteur en médecine et physicien d'État déclare « l'eau de Wattwiller a une âme ! » …
Au XIX ème siècle, on se bouscule dans les hôtels et les établissements thermaux qui se sont construits autour des sources, Villa Bellevue, Villa Beauséjour, Villa Bonrepos … on y vient de toute l'Europe. En 1850 un arrêté ministériel reconnaît les vertus thérapeutiques des eaux de Wattwiller. (au cours de la Première Guerre Mondiale, le village et les thermes sont entièrement détruits).

 

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Le départ passe dans un endroit féerique …


Plusieurs fontaines coulent dans ce charmant village … une statue de Saint Sébastien en grès rose surmontait la fontaine octogonale construite en 1866. Saint Sébastien est le patron des arbalétriers et arquebusiers chargés de défendre la cité. Ces derniers disposaient, aux XV et XVIè siècles d'un terrain d'entraînement du nom de Schützenrain. En 2006, lors d'une tempête, la statue et la colonne centrale furent fortement endommagées par la chute d'un tilleul centenaire,  les autorités de la commune la firent alors remplacer par une statue presque à l'identique en pierre blanche.

La fontaine Saint Népomucène près de l'église, est mentionnée dès 1487. Elle comprend un grand bassin octogonal et un bassin rectangulaire taillés dans le grès rouge des Vosges. Saint Népomucène dont la statue surmonte la colonne centrale, fut vénéré comme patron des ponts, des fontaines et des cours d'eau en souvenir de sa noyade tragique dans la Moldau à Prague.


La fontaine de Gohr, sans doute aussi ancienne que la précédente elle fut mentionnée en 1577 pour avoir été reconstruite à cette époque.


La fontaine du Haut, qui se compose de deux bassins rectangulaires en grès. Sa valeur historique repose sur le fait qu'elle fut aménagée en 1786 suite à la demande des habitants du quartier haut de la ville, adressée au Conseil souvenir d'Alsace.


On rencontre également de nombreux calvaires lors de la visite de Wattwiller :
 

Calvaire de Gohr, croix érigée en 1694 qui porte l'inscription « Léopold de Gohr – Jésus fils de David, aie pitié de moi ». Le chevalier Léopold Elie de Gohr (1653-1721) était au service du duc de Bavière, fils du bailli de Wattwiller, issu de la maison de Brandebourg et l'héritier des nobles de Wattwiller.
 

Croix du curé Koch, curieuse  effigie de 1698 due à un curé originaire de Suisse, Jacob Koch, qui se compose de la croix et du monogramme du Christ, mais aussi de deux motifs humoristiques, (une marmite et deux cuillères) destinés à rappeler le nom du curé et son penchant pour la bonne chère.
 

Calvaire du Dürrenberg, en haut du village, à proximité de la zone de captage des eaux minérales, se dresse un calvaire dont l'origine remonte à 1861. Par suite de destructions, il a été reconstruit en 1933, puis rénové par traitement des surfaces en 2008 dans le cadre d'un plan quinquennal de rénovation de tous les calvaires du ban communal.
 

Croix Ablass,datant de 1861 qui se dresse non loin de la salle Katia et Maurice Krafft. Une plaque représente les instruments du supplice de la crucifixion ainsi que l'inscription de la prière qui s'accompagne d'une indulgence.
 

Calvaire de Thierenbach, dans le haut du village où la rue de Thierenbach mène au chemin des Pèlerins. Ces deux voies se confondent également avec l'itinéraire du chemin de Saint Jacques de Compostelle qui longe le Piémont des Vosges dans sa partie alsacienne.

 

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À la sortie de la cité nous tombons sur un rappel à l'ordre fort sympathique … facile à tenir … il n'y plus rien à marauder ...

 

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 un premier abri allemand
 l'eau courante en forêt ...

 

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le grand Bunker du Treffpunkt


La station Gaede sur notre gauche ... de cette station partait le téléphérique qui, passant par la station Sproesser aboutissait au-dessus de la caserne au sommet du HWK. Construit de février à mai 1915, ce téléphérique d'une longueur de 2 kilomètres avait un dénivelé de 500 mètres. Il se déplaçait à la vitesse d'un mètre par seconde. Un deuxième téléphérique partait à proximité du central téléphonique.


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On distingue les vestiges de sacs de sable à la station Gaede.

 
La grimpette continue en forêt pour déboucher à la cantine Zeller.

 

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La cantine Zeller


En ce lieu se trouvaient un poste de commandement allemand et le village des pionniers ainsi qu'un coiffeur, une librairie, un cabinet médical avec dentiste, une cuisine, une chapelle et le cercle des officiers.


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La chapelle en bois surplombant la cantine Zeller.


Abri restauré, et la chapelle reconstruite, une auberge y est ouverte en été. Le nom en référence à Madame Zeller qui y vécut entre 1945 et fin 1970.


Il est temps de redescendre car nous sommes attendus … nos hôtes Michèle et Gérard nous reçoivent en cette journée festive. Nos membres engourdis par la froidure de la matinée ne demandent pas mieux … nous rêvons d'une délicieuse raclette.


Et ce n'est pas tout, merci à Claude, l'heureux papy de trois chérubins, nés il y a quelques jours, qui se fait une joie de lever le verre à la santé des trois futurs randonneurs (il faudra encore attendre un peu). Le groupe félicite les heureux parents et grands parents et souhaite une vie pleine de bonheur à tout ce petit monde.

 

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Une journée bien sympathique … merci à nos hôtes pour ce délicieux moment passé autour d'une bonne table.

À bientôt pour d'autres aventures ...

                                                                   Marthe

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16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 10:37

Mardi 15 novembre 2011

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La crête des Vosges, au cours de la Première Guerre Mondiale, formera pendant près de quatre années la ligne de front entre les armées françaises et allemandes. La montagne conserve toujours ses cicatrices, ouvrages bétonnés ou en pierre sèches, tranchées, tunnels … Et puis il y a ces croix, monuments et cimetières qui rassemblent ceux qui ont perdu leur vie sur ces rochers ou chaumes. Aujourd'hui nous allons découvrir un de ces sites, si nombreux dans les Vosges, où l'enfer devenait le lot du quotidien.


Orbey, faisait partie de la seigneurie du Hohnack et était propriété des comtes d'Éguisheim. En 1049, Brunon d'Éguisheim, devenu le pape Léon IX, fait don de terres sises à Orbeiz, comprenant une cour colongère (groupement de paysans) au couvent de Woffenheim (Ste Croix en Plaine). Le village (nommé Urbeis en allemand) obtient son statut de communauté en 1252, il relève alors des seigneurs de Ribeaupierre. Petite ville située à proximité des deux axes transvosgiens, blottie dans un bassin à 550 m d'altitude à l'écart des circulations de transit. Au creux d'un bassin de plusieurs vallons, Orbey est entourée et protégée des vents par la montagne qui l'entoure, au nord la Tête des Faux et le Grand Faudé, au sud les Hautes Huttes et le Linge, à l'est le Breu et le Hohnack et à l'ouest les Hautes Chaumes et les Immerlins. Cette dernière est la région la plus élevée avec le Gazon du Faing culminant à 1306 m, c'est aussi la plus pittoresque avec le site prestigieux des Lacs Blanc et Noir. Le Val d'Orbey est traversé par la Weiss. Il est difficile de savoir si les premiers habitants d'Orbey étaient francophones (welches) ou germaniques (alsaciens). Mais dès le XII ème siècle, on trouve le lieu de Remeymont toponyme bien francophone certainement dans le secteur de Saint Genest.


Aujourd'hui nous avons du renfort … une charmante Danoise nous accompagne pour cette sortie … bienvenue à Elin ! Quittant Orbey par la grimpette au Sacré Cœur nous sortons de la mer de nuages, moment magique, le soleil brille et c'est un véritable bonheur de se trouver au-dessus d'une épaisse couverture blanche qui plonge la vallée dans un épais brouillard.


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Monument édifié sur la chaume de la colline du Creux d'Argent à la suite d'une mission prêchée en 1933. Sur le socle de la statue du Sacré Cœur deux plaques … l'une commémorant la mission tandis que la seconde rappelle la rupture de la digue du lac Noir en 1933.


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à quelques pas … la chapelle Saint Genest …


C'est en 1813 que fut autorisée la construction d'une première chapelle dans le secteur afin de desservir les nombreux écarts. En 1888, la chapelle est reconstruite, mais sera victime des bombardements au cours de la Première Guerre Mondiale. Reconstruite après le conflit, elle est bénie en 1926.


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moments délicieux


Après le col du calvaire nous grimpons à la tête des Immerlins, puis une descente mène au cimetière Duchesne. À cet emplacement était établi le camp arrière français. Le cimetière, crée en 1924 regroupe les tombes de 408 soldats Français dont seize regroupés dans un ossuaire.


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« En avant ! Mes enfants, en avant ! » Telles sont les dernières paroles du commandant Duchesne, un héros que le 215 ème régiment d'infanterie a eu le malheur de perdre le 2 décembre 1914. Magnifiquement situé, sous de grands sapins comme protégé de leurs ramures. Calme et paix règnent sur ce petit cimetière où nul ne peut rester insensible au sacrifice de ces hommes, bien trop jeunes pour mourir, même pour un idéal… et c'est grâce à eux et beaucoup d'autres que l'Alsace est redevenue française. Ceci concerne une page importante de notre histoire, ne l'oublions pas.


Une étrange impression nous gagne en prenant d'assaut la dernière grimpette pour rejoindre la Tête des Faux … à 1219m d'altitude, ce champ de bataille est classé monument historique.


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Avant le sommet, une stèle en mémoire des officiers et chasseurs Alpins tombés à la Tête des Faux de 1914 à 1918.


Enfin nous débouchons au sommet entre un chaos de rochers, barbelés et chevaux de frise un sentier passe devant une simple croix, témoin de l'horreur d'une guerre. Tout est resté abandonné … encore encombré de barbelés rouillés, de poutrelles métalliques, de vestiges de murs de défense, ce n'est qu'en levant les yeux que l'on se rend compte, que de tous côtés, s'ouvre à nous un paysage panoramique magnifique.


La Tête des Faux domine au fond de la vallée de la Weiss les trois communes du Bonhomme, de Lapoutroie et d'Orbey. Le sommet tire son nom de la forêt de hêtres (fagus sylvatia en latin) fau en vieux français et faou en breton qui jadis la recouvrait.


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Fortin allemand au sommet


La citadelle allemande à l'extrémité du sommet, gros bunker à 2 étages … un véritable donjon pouvant surveiller la vallée possède trois entrées et de nombreuses embrasures de tir avec des volets métalliques.


Après la pause repas au soleil, une rapide descente nous amène devant la roche du Corbeau ou Rabenfelsen alt. 1145 m. Elle fut transformée en fort retranché et servait d'observatoire aux soldats allemands. Une construction en bois habillait ce promontoire.


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Roche du Corbeau ou Rabenfelsen alt 1145 m hall d'arrivée du téléphérique

 

Plus bas nous découvrons une construction en béton, un de ces innombrables blockhaus qu'on rencontre dans cette montagne. C'est ici qu'aboutissait le funiculaire montant de Lapoutroie et les Allemands avaient creusé un tunnel de 1 100 m de long reliant le sommet de la Tête des Faux leur permettant d'amener en première ligne munitions et matériel. La gare d'arrivée du téléphérique … grand abri coiffé d'une épaisse dalle en béton avec à l'intérieur des piliers en acier. Le départ se faisait depuis l'église de Lapoutroie.


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Continuant à dévaler la montagne nous débouchons à l'étang du Devin, une tourbière en fin d'évolution d'environ deux hectares nichée au fond d'un cirque glaciaire. C'était le camp arrière des Allemands. Son nom viendrait de Colin le devin ou Crimmelin qui s'établit ici au Moyen Âge pour prédire l'avenir aux habitants des environs.


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Aujourd'hui abri pour randonneurs … ce fut une station de pompage pour l'alimentation en eau des troupes allemandes durant la Première Guerre Mondiale. Le bâtiment abritait également un générateur pour la production d'électricité.


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Infirmerie


Plus loin, sur le chemin, un grand abri qui, selon le panneau sur le fronton, a servi d'infirmerie.


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Chapelle du cimetière allemand Rabenbuhl

 

Le cimetière allemand désaffecté blotti dans la forêt depuis 1918. Récemment restauré, surtout la chapelle. En plus du portail il reste quelques stèles. Autour du cimetière il subsiste quelques vestiges d'abris qui témoignent de l'importance de l'arrière camp autour de l'étang du Devin.


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Portail du cimetière


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Pour rejoindre Orbey il faut entrer dans la mer de nuages et redescendre dans la vallée où les habitants n'ont pas vu le soleil de toute la journée.


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Les compagnons ont passé une merveilleuse journée dans une région hors du commun !

 

À bientôt

Marthe

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5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 20:15

1er Novembre - Toussaint, nombreux sont venus les amis, entourer Yves et ses proches pour cette journée souvenir au Grand Ballon.

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La fête de la Toussaint est fixée au 1er novembre à la fin du VIII ème siècle et au début du IX ème siècle. Elle permet de se souvenir de tous les saints qui n'ont pas de jour de fête attitré, l'année n'ayant que 365 jours et les saints se comptant par milliers.

 

Les années se suivent et ne se ressemblent pas … l'année dernière, à pareille époque, la neige était déjà bien présente, aujourd'hui, l'été indien continue et nous fait encore bénéficier de magnifiques journées …

 

Depuis des années … Yves grimpe au Grand Ballon, en ce jour du 1er novembre en souvenir de son papa qui a quitté cette terre bien trop tôt … il organise une marche pour les amoureux de la randonnée pédestre. Marcheurs et non marcheurs se retrouvent autour d'une bonne table au Grand Ballon.

 

Aujourd'hui nous avons également une pensée pour son oncle parti pour l'au-delà pendant la mission pour le don d'organes que notre ami Yves a entrepris et mené à bien cet été que vous pourrez vivre sur http://dondorganes.over-blog.fr

 

Départ du Firstacker à quelques pas de la chapelle du Sudel, haut lieu de Mémoire. Chapelle érigée en 1931 à la mémoire des soldats français morts lors de la Première Guerre Mondiale, à quelques pas de la route des Crêtes entre le Col Amic et le Grand Ballon. Proche du sommet culminant des Vosges, elle se dresse à la mémoire des soldats français morts sur cette crête baignée de sang qui servait d'observatoire à sept régiments d'infanterie et à cinq bataillons, qui défendaient l'accès de la vallée de Thann.

 

Cette chapelle a été rénovée, récemment, grâce au Souvenir Français de Saint Amarin, à l'instigation de son président qui a pris les choses en mains : crépissage, peinture, ferronnerie, toiture, tout a été remis à neuf par les bénévoles du Comité de Saint Amarin et voilà la chapelle repartie pour défier le temps !! Soutenue par les autres Comités du Haut Rhin et du siège parisien, la solidarité départementale et nationale est venue renforcer l'opération de restauration, grâce aussi à la générosité des citoyens lors d'une quête du 1er novembre. L'action de Mémoire du Souvenir est soutenue également par la municipalité de Goldbach-Altenbach et d'autres communes.

 

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Direction col du Judenhut à travers la magnifique forêt. On s'est beaucoup interrogé sur l'origine du mot Judenhut dont la traduction serait « chapeau juif » ce qui n'est pas sans rappeler les armoiries de Guebwiller. Pourtant « Hut » peut vouloir dire protection de même que le terme « Jud » peut fort bien être un doublet de « Gut » ou de « Gudan », qui n'est autre que le Dieu Wotan. Selon l'abbé Braun, Judenhut signifie donc « protection de Wotan » ou mieux, « chapeau de Wotan » étant donné l'importance que la mythologie confère à ce couvre-chef divin.

 

Au col du Judenhut, nous faisons un arrêt. Le refuge connu et apprécié par tous les randonneurs de la région fut construit une première fois en 1895, le refuge, sis sur une ancienne casemate de la guerre 14/18 a été reconstruit 4 fois. La dernière fois c'était en 1985, après qu'un gigantesque sapin l'ait écrasé lors d'un ouragan. (sources puisées sur florival info.net)

 

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En-dessous de l'abri la fontaine Jean Schlumberger érigée en 1895 par le club vosgien de Guebwiller à l'occasion des noces d'or de son président,( grand industriel du textile dans la vallée de la Lauch) laisse couler une eau bien fraîche en été, mais aujourd'hui presque à sec.

 

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Quittant ce havre de paix, une grimpette nous attend pour monter au Judenhut et rejoindre le col du Haag.


Bien qu'ayant pris des vitamines au col du Judenhut, nous ne pouvons nous empêcher de penser aux délicieux amuse-bouche préparés par Nicole et Michèle, nous allons nous régaler je puis vous l'affirmer.

 

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Après le col du Haag reste l'assaut du Grand Ballon

 

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Le monument érigé en 1927 à la mémoire des Diables Bleus, les Chasseurs Alpins de la Première Guerre Mondiale. Dépossédé de sa statue de bronze lors de la percée allemande en septembre 1940, il retrouva son état originel en octobre 1960.

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Passant devant les ruines de l'ancien Hôtel du Grand Ballon érigé par le Club Vosgien de Guebwiller 1888-1914 nous descendons au col du Grand Ballon pour la pause repas entourés de nombreux invités. Je profite pour les saluer et particulièrement la maman et la grande sœur Nicole  !!

 

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et maintenant on mange !!

 

Après ce moment convivial le retour passe devant la FA du Ballon pour arriver au Firstacker et ses magnifiques paysages.

 

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Magnifique journée, rendez-vous en 2012 pour une nouvelle journée souvenir.

 

Yves et ses proches accompagnés des compagnons du mercredi

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29 novembre 2011 2 29 /11 /novembre /2011 21:24

Mercredi 09 novembre 2011

 

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Il faut monter haut aujourd'hui pour bénéficier d'un ciel bleu … Oderen serait connu depuis le Néolithique par une présence humaine. Au dessus du Tschar (lieu-dit à Oderen) on aperçoit une colline arrondie et symétrique sur laquelle se dessine un arbre, c'est le «Gummkopf» - Gumm a comme base celtique «cumba» devenue «comm(e)» avec une «e» muet qui signifie une dépression en forme d'auge. Dans ce haut vallon concave s'élève donc le Gommkopf (appellation actuelle) comme un immense kougelhopf !!!

 

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En l'an 735, le comte Eberhard d'Alsace donne la haute vallée de la Thur aux Chanoinesses de Remiremont. Le village d'Oderen est cité pour la première fois après avoir été administré par les abbesses de l'abbaye de Remiremont. Voisin de Kruth, Oderen a une histoire tourmentée, le village d'alors, (Ader au XIII ème siècle, puis Oder en 1302) bien qu'appartenant à l'abbaye de Murbach, mais celle de Remiremont y possède une cour colongère dont les fermiers vont tous les deux ans en procession à Remiremont, où ils restent trois jours aux frais de l'abbesse. Les relations du village avec l'abbaye de Murbach sont souvent tendues. Pendant la guerre de Trente Ans, le château voisin de Wildenstein étant constamment disputé entre les Impériaux, les Suédois, les Lorrains et les Français, Oderen souffre énormément. L'église est détruite et la population décimée par la famine. Le village est repeuplé grâce à une forte colonie suisse et bavaroise.

 

Au XVIII ème siècle, la poigne de l'abbaye de Murbach se fait si durement ressentir que plus tard les habitants d'Oderen seront de fervents révolutionnaires. La chapelle Notre Dame du Bon Secours, construite vers 1685, détruite puis reconstruite en 1893 était un pèlerinage fort fréquenté. Elle est perchée sur une moraine alors qu'en direction de Kruth, l'église Saint Nicolas du Rocher domine le village.

 

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Une grimpette sur sentier en forêt nous élève jusqu'au promontoire des rochers de l'Uhufels (rochers de la chouette). Pas de vue dégagée sur la belle vallée aujourd'hui … le brouillard nous plonge dans un film fantastique, charme de l'automne. La montée continue doucement et comme par enchantement … au-dessus de nos têtes, un magnifique ciel bleu, nous marchons sur une mer de nuages … c'est merveilleux ! Impossible de quitter des yeux les paysages sublimes tout autour de nous. Il reste quelques enjambées et nous voilà arrivés au sommet à 842 m d'altitude et là, le summum de la beauté … on se croirait au paradis, comme seul et unique décor, un arbre magnifique émergeant d'un océan de nuages.


C'est un arbre jeune qui aurait été planté en 1888 par un certain Auguste Schneider pour célébrer son mariage.

 

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Beau parcours, très varié alternant les belvédères rocheux, les sentiers en forêt et des vues dégagées. Le dénivelé passe tout en douceur, toujours progressif et sans fortes pentes. Le sommet du Gommkopf porte la vue bien loin avec une vision panoramique sur les crêtes qui dominent la vallée.

 

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Le sentier descend au petit col pour remonter en direction du Trehkopf.

 

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Le Treh est une chaume. Le terme pré germanique devient Tresk, puis dreschen et veut dire : battre, faire un abattage, une coupe. Treh désigne donc un défrichement car on sait que les crêtes des Vosges étaient autrefois boisées et furent dénudées peu à peu. Le Treh est le point de rassemblement de tous les sentiers en provenance de la vallée de la Thur et ouvrant la voie vers tous les sommets les plus hauts et les plus réputés des Vosges.

 

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Vers les années 1900 et 1901, un petit groupe de fervents de la montagne se retrouvait sur ce site, l'été pour faire de belles balades sac à dos, l'hiver pour pratiquer le ski, un sport tout neuf alors. La ferme du Treh devint leur quartier général. C'était à l'époque une habitation rustique dont la partie supérieure formait le grenier. Nos skieurs finirent par louer la ferme pour toute la saison d'hiver et, en 1906, se constituèrent en association privée qui prit le nom de Ski Club Treh.


La vie de l'association fut suspendue lors de la grande guerre et ce pendant de longues années. Une trentaine de chasseurs alpins tombés dans les environs avait trouvé un repos provisoire au petit cimetière militaire du Treh situé en bordure du chemin forestier du Gom. La garde en était confiée au SC Treh qui fleurit régulièrement les tombes jusqu'au transfert des corps dans la grande nécropole du Hartmannswillerkopf.

 

Markstein, pause repas … le soleil est présent.

 

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Retour au Treh à travers la magnifique hêtraie. Descente en forêt sur de beaux sentiers, par l'abri du Schalm dans la forêt du même nom pour un dernier arrêt au Katzensteg avant de sombrer, à nouveau dans le brouillard qui n'a pas quitté la vallée durant la journée.


Nous profitons encore quelques instants du soleil car à nos pieds la mer de nuages est toujours présente et la vallée à nos yeux.


Un dernier coup d'œil au sommet du Gommkopf avant de plonger dans la mer de nuages. Heureux tous les randonneurs qui ont le bonheur de pouvoir s'élever sur notre massif vosgien et vivre des journées fantastiques.

 

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À bientôt

 

Marthe

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22 novembre 2011 2 22 /11 /novembre /2011 15:25

26 et 27 octobre 2011

 

Nous entamons notre deuxième jour, retour à Ferrette. Après une bonne nuit et un bon petit déjeuner au Centre Européen de Rencontres nous voilà prêts à affronter la deuxième journée …

 

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un peu de brouillard au départ, rien de bien méchant … bien vite dissipé

 

On ne peut parler du Sundgau sans évoquer la carpe. Il existe, dans le Sundgau une route des carpes frites comme il existe une route du vin dans le vignoble… voilà pourquoi on ne peut évoquer cette région sans évoquer ce poisson. 

 

En 1123, les moines Cisterciens de l'abbaye de Lucelle se mirent à défricher, exploiter, christianiser et réformer le pays et ses habitants, toujours avec zèle et même parfois à l'excès… Il fallait notamment faire respecter les pratiques religieuses pour maintenir tous ces fils de Dieu dans le bon chemin… le nombre de jours maigres (Carême, mercredi, vendredi et samedi) interdisait la consommation de viande. On pouvait par contre consommer du poisson, or la carpe est un animal facile à reproduire et très résistant, d'autant plus que le sol du pays se prête admirablement à la création d'étangs. Sous l'impulsion des Cisterciens, sans doute influencés par leurs confrères du pays des Dombes, pays de la carpe par excellence, le pays se couvre d'étangs et la carpe devient en quelque sorte le plat du jour régional... Et si aujourd'hui les moines ont disparu et que Lucelle n'est plus ce qu'elle était, la carpe est devenue le plat gastronomique du Sundgau, au point, comme dit ci-dessus qu'une route lui est consacrée, et que les restaurants rivalisent pour l'afficher en tête de leurs menus …

 

Direction le Petit Kohlberg via le Saegerkopf. Clairière de la Charrière, c'est à partir d'ici que sont proposées des itinéraires de découvertes des vestiges de la Ligne Maginot. À Winkel, dans sa partie la plus au sud, sa construction inachevée entre 1939 et 1940 était étroitement liée à la vie d'un régiment de tirailleurs marocains. En leur souvenir, un chemin portait déjà leur nom. C'est désormais tout un parcours. Un régiment de tirailleurs marocains avait tenu la position en 1939. Mais les travaux n'ont jamais été achevés. Entre 1929 et 1940 pour se prémunir de toute invasion ennemie, la France a construit le long de ses frontières du Nord-Est une véritable muraille d'ouvrages fortifiés : la Ligne Maginot. On peut découvrir des blockhaus, le poste de commandement, les abris de troupes, des tranchées et fossés ainsi que des défenses antichars.


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Une croix sculptée est posée en lisière de forêt, elle représente la Sainte Famille dominée par Dieu le Père, entre soleil et lune, avec la colombe de l'Esprit Saint. Le Bildstœckle, lieu-dit, dénommé aussi plateau de l'Oratoire (722m).


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Une somptueuse allée bordée de hêtres se dirige vers le col du Neuneich. L'allée des Hêtres est un véritable enchantement… située sur le banc communal de Ligsdorf en forêt domaniale de Saint Pierre Lucelle, elle est constituée d'un alignement régulier remarquable avec de nombreux arbres de plus de 150 ans avec pour certains 28 m de haut et 3 m de circonférence. Intérêt paysager et historique du site, sans doute aussi l'une des plus belles vues du Jura alsacien sur le Jura suisse voisin. Surplombant la ferme du Grand Kohlberg, ainsi nommé car on y produisait jadis du charbon de bois. Ligsdorf est un petit village niché au pied du massif jurassien du Glaserberg. Le Glaserberg était à l'époque le domaine de verreries et celui des charbonniers (Kohlberg). Le Glaserberg, ce vaste plateau se scinde en deux entités coupées en leur milieu par le col du Neuneich.

 

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Col du Neuneich où Eliott nous attend déjà

 

Une aire de repos avec abri est à la disposition des randonneurs sur le site d'une ancienne ferme dont les vestiges du puits sont encore visibles. Le nom de <<Neuneich» fait référence à un alignement de neuf chênes se trouvant autrefois près de la ferme, cette dernière, jugée non rentable fut rasée et remplacée par une forêt.

 

Un peud'histoire : avant la Révolution, la forêt de Saint Pierre appartenait à la célèbre abbaye de Lucelle, fondée en 1123 par Saint Bernard, l'illustre moine cistercien de Clairvaux. À la Révolution en 1789, les moines durent s'enfuir et les biens de l'abbaye furent confisqués par l'État, la forêt de Saint Pierre qui ne comprenait alors que quelques 340 ha devint domaniale.

 

Les fermes du Grand et Petit Kohlberg furent réunies à la forêt entre 1889 et 1903, mais en raison de leur vocation agricole manifeste, elles ne furent pas boisées, elles seront détachées de la forêt en 1956. La ferme du Neuneich, également appelée Neuhof comprenait, en 1857, une maison d'habitation avec puits, grange, écurie, jardin potager et verger, prés, champs et pâturages, le tout d'un seul tenant sur une surface de 62 ha. On y trouvait sans doute aussi un alignement de neuf chênes, ce qui constitue l'autre élément paysager caractéristique dans la région. Plusieurs familles se sont succédées sur la métairie et quelques personnes y sont même nées... l'acte de baptême le plus ancien remonte à 1696.

 

Du plateau du Neuneich un panorama sur le vallon de Winkel s'ouvre sous nos yeux. Winkel, c'est aussi le village au pied du massif du Glaserberg. L'activité du village est marquée par la verrerie de Glashütte et les mines de fer,fournisseurs de la fonderie de Lucelle qui contribuent à son peuplement au XIX ème siècle.

 

L'Illtal et le Largtal

 

Nées dans le Jura, à moins de 5 kilomètres l'une de l'autre, les deux principales rivières du pays, l'Ill et la Largue forment en coulant vers le nord, les deux principales vallées du Sundgau. Tout au long de leurs cours qui se rejoignent à Illfurth s'égrènent, à flanc de collines ou en bordure de belles et grandes forêts, de charmants et pittoresques villages et, comme des étoiles, les eaux bleues et vertes des innombrables étangs offrent un paysage féerique à cette belle région. Très peu d'étangs sont naturels, mais tous sont peuplés du poisson fétiche du Sundgau, la carpe qui figure même sur les armoiries du pays … Sur les prés du Hornihof, des dizaines et des dizaines de lamas …

 

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lamas du Hornihof

 

Un sentier descend à travers une magnifique forêt … et bientôt nous nous trouvons devant la chapelle Saint Martin Notre Dame de Hippoltskirch. La chapelle est située sur les bords de l'Ill, le long de la voie romaine.


Un édifice primitif dédié à Saint Martin, déjà cité en 1144, tenait lieu d'église paroissiale du village de Sondersdorf qui disparu de cet endroit progressivement au profit d'un emplacement plus élevé, hors des ravages des inondations de l'Ill. L'évêque de Bâle la fit démolir en 1770 pour cause de vétusté, mais elle fut fortement restaurée entre 1778 et 1781, avec l'accord du nouvel évêque. En parallèle une nouvelle église dédiée à Saint Ulrich est construite au village haut.

 

La reconstruction de la chapelle s'appuie sur le gros œuvre de l'église primitive et réemploie le plafond à caissons peints de l'ancienne église, une merveille que l'on peut apprécier lorsque la chapelle est ouverte, ce qui fut le cas le jour de notre passage. En réemploi aussi, le couronnement de l'armoire eucharistique gothique est placé au-dessus de la porte d'entrée.

 

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La chapelle, aujourd'hui dédiée à la Vierge Marie, fut depuis le Moyen Âge un lieu de pèlerinage, attesté depuis le 17 ème siècle. Un ermite gardien des lieux, habita un ermitage jusqu'en 1920. À côté, se situait un cimetière. Une maison forestière a pris la place de l'ermitage autour de 1935.


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chapelle de Hippoltskirch

exceptionnel plafond à caissons peints

 

Une vraie merveille cette chapelle … il nous reste une dernière grimpette pour rejoindre Sondersdorf puis Ferrette.


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C'est avec plaisir que nous retrouvons Ferrette que nous avons quittée hier matin. Nous venons de passer deux magnifiques journées de randonnée, bravo et merci à tous ceux qui ont participé à cette sortie à travers le Sundgau que j'affectionne particulièrement.


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Les joyeux compagnons vous présentent l'allée des Hêtres


à bientôt

Marthe

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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 15:31

26 et 27 octobre 2011

 

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Deux jours sur les sentiers au pays des comtes de Ferrette et source de l'Ill, la rivière de l'Alsace dans la partie nord du Jura. Le Jura alsacien où se succèdent vallons, cluses, magnifiques forêts de hêtres et de sapins sans oublier une multitude d'étangs, grasses prairies, falaises calcaires et gorges encaissées… Charmants et coquets villages aux maisons particulières avec leur colombage caractéristique, ou fermes isolées, le doux murmure d'un ruisseau, deci delà, une chapelle posée délicatement à l'orée d'un bois ou encore les formidables murailles du château du Morimont qui semblent encore raconter quelque légende d'antan … c'est ici le Sundgau, le Sud de l'Alsace et presque le bout du monde …

 

En Alsace, il est bien connu que les seules montagnes sont les Vosges, et on oublie trop souvent le Jura et la capitale du Sundgau, Ferrette qui niche à 600 mètres d'altitude et le Glaserberg qui culmine à 812 mètres et représente le sommet du Jura alsacien.

 

Les deux prochains jours seront pour nous un enchantement, nous allons vivre dans un environnement hors du commun entourés du doux murmure des sources et ruisseaux ... Vallée de la Lucelle, Morimont, Blochmont, Liebenstein des noms qui font rêver et que nous retrouvons toujours avec grand plaisir.

 

Nous partons de Ferrette, ancienne capitale du comté du Sundgau, charmante petite ville, enchâssée dans sa cluse de calcaire avec sa ville basse et sa ville haute. Dominée par ses châteaux et ses superbes falaises comme les Loechfelsen, Ferrette nous rappelle aussi nos belles balades à la Grotte des Nains.

 

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Centre d'accueil Don Bosco

 

Un sentier grimpe rapidement au centre d'accueil Don Bosco que nous traversons pour nous trouver dans la belle forêt aux couleurs chatoyantes d'automne. Nous passons à quelques pas de la grotte du docteur Herrings. Grotte que nous avons visitée il y a peu de temps. En 1890, le Docteur Herrings se fixa comme médecin à Ferrette. Passionné d'archéologie préhistorique et pionnier de la spéléologie en Alsace, il consacra ses loisirs à l'exploration des grottes du Jura alsacien. Il trouva la mort en 1914, écrasé par un rocher dans une grotte à Bendorf, c'est la raison pour laquelle cette grotte porte son nom.


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Lieu-dit, la Saboterie Bendorf


Nous nous trouvons dans une pittoresque petite vallée, une cluse dans laquelle coule un ruisseau, le Grumbach. La dénivellation modérée du terrain fait que le Grumbach décrit de nombreux méandres qui sont à l'origine de son nom. Dans le temps, le Grumbach était fortement utilisé comme source d'énergie pour faire tourner des roues à eau (Wasserräder) installées le long de son cours. Sur une distance d'environ 2 km et demi on en dénombrait cinq, trois sont toujours en place dont une entièrement refaite, les deux autres ne sont plus opérationnelles. Dans le sens du courant on comptait la scierie Hoenner, la saboterie Meister, la scierie Schweitzer, le moulin Meister et la scierie Lutz …


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Liebenstein à Liebsdorf


Direction Liebsdorf. La ruine du château de Liebenstein domine une ferme agricole sans doute installée dans la basse- cour et les dépendances castrales. Érigé sur un sommet rocheux dominant un vallon, le Liebenstein présente encore un donjon cylindrique placé du côté de l'attaque et totalement intégré au rempart dans lequel il semble s'enrouler. Il reste par ailleurs quelques pans de murailles démontrant que le château était de plan trapézoïdal.

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Après 3 heures de marche à travers forêt nous apercevons à nouveau la civilisation et descendons à Levoncourt. Il est temps de penser à la pause repas … une aire de pique nique située en contre bas du château de Morimont nous tend les bras.


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Joyeux anniversaires Yves et Claude

 

Nous levons le verre à la santé de nos compagnons Yves et Claude avant de passer à table … Après quoi nous reprenons la route et grimpons aux ruines du château de Morimont.

 

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auberge du Morimont

les ruines du château du Morimont

 

Cette belle et impressionnante ruine a une caractéristique, c'est le seul château d'Alsace en calcaire.

 

Sur un promontoire, entre les villages d'Oberlarg et de Levoncourt, à 522 m d'altitude, se dresse le château du Morimont. Construit avant 1183, la forteresse verrouille la haute vallée de la Largue qui représente l'un des axes de communication entre l'Alsace et la Confédération Suisse. Les courtines sont hautes et puissantes, des tours semi-circulaires renforcent l'impression d'invulnérabilité. Il y en a 7 de formes et tailles différentes. Presque toutes comportent des bouches à feu avec une ouverture impressionnante, certainement de la fin du 15 ème siècle, prévues pour un tir horizontal, le plus dévastateur à cette époque. Détruit une première fois en 1228 par les troupes de l'évêque de Strasbourg opposées au comte de Ferrette. Reconstruit, il est acquis en 1271 par l'évêque de Bâle.

 

En 1324, meurt le dernier comte de Ferrette, son héritage passe aux comtes de Habsbourg dont les Morimont deviennent les vassaux. Il fut par la suite détruit par le terrible tremblement de terre du 8 octobre 1356. En 1582 les Morimont vendent le château aux comtes Ortemberg-Salamanca, originaires d'Espagne qui le gardent jusqu'à la guerre de Trente Ans (1618-1648). Occupé par les troupes suédoises à partir de 1632, il fut détruit par les Français en juillet 1637. Le château qui comptait parmi les meilleures forteresses d'Alsace ne fut pas reconstruit et servit de carrière. Il fut doublé d'un manoir auberge en 1755 par les nobles de Vignacourt, seigneurs de Morimont depuis 1641. Les ruines du château sont déclarées bien national et vendues à Joseph Bruat, juge au Tribunal civil d'Altkirch et revendues, en juillet 1808 à un nommé Aaron Meyer natif de Durmenach installé à Genève. Depuis le 1er octobre 1841, la ruine est classée monument historique.

 

Ces ruines sont surtout connues pour son grand souterrain voûté, unique en Alsace, situé sous le bâtiment seigneurial (57 m de long sur 10 m de large pour une hauteur de 5 mètres).


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Salle voûtée du château du Morimont

 

Le serment du Jura. La salle voûtée a servi de décor au Serment du Morimont en 1826. Un groupe de patriotes jurassiens (Xavier Stockmar, Louis Quiquerez et Olivier Seuret) s'y retrouvèrent et firent le serment de délivrer le Jura de l'oligarchie bernoise. Cet acte fut le point de départ de la lutte qui mena en 1979 à la création de la République et Canton du Jura, 23 ème canton suisse. C'est ainsi que le château du Morimont entra dans l'histoire du Jura suisse.

 

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Comme, à chaque passage au Morimont, nous ne manquons pas de saluer, le gros chêne à quelques pas des ruines avant de revenir sur nos pas et grimper aux Ébourbettes.


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Ici passe la frontière franco-suisse. Un panneau suisse informe que le franchissement de la frontière n'est autorisé que de jour par les promeneurs à pieds ou à bicyclette munis des documents et avec des marchandises n' excédant pas la limite des tolérances.

 

La ferme des Ébourbettes, à quelques pas de la frontière suisse, servait, pendant la Seconde Guerre Mondiale, de base clandestine pour le passage des résistants et de tous ceux qui refusaient l'enrôlement de force dans la Wermacht. C'est en ces lieux, le 26 avril 1942, qu'à eu lieu la célèbre évasion en Suisse du Général Giraud. Pendant que la propriétaire des lieux s'entretenait avec le soldat chargé de surveiller la frontière, le futur responsable du Comité Français de Libération Nationale, accompagné de passeurs, s'éclipsa dans les profondes hêtraies suisses pour rejoindre Alger quelques temps plus tard.

 

Lucelle n'est plus très loin … c'est d'un bon pas que nous arrivons au bout de notre première journée. Nous passons devant le cimetière qui éveille la curiosité des visiteurs. Au nord de l'ancienne abbaye, le cimetière de Lucelle est encore utilisé actuellement. Quelques monuments funéraires en fonte datant de 1860 sont encore visibles. Ils proviennent des fonderies Paravicini. Les installations sidérurgiques de la région de Lucelle ont profité de la force hydraulique des cours d'eau. Aucun de ces bâtiments d'usine ne subsiste, bien que certains étaient encore en fonction il y a 120 ans. Une première forge avec affinerie fut installée à la fin du XVII ème siècle par l'abbaye de Lucelle et considérablement développée dès 1817. Les installations de dérivation du ruisseau et les aménagements de murs le long de la berge sont encore visibles. On y trouve également, sur les bords de la Lucelle, une bonne concentration de scories de forge et de haut fourneau, la grande partie étant recouverte par le pré.

 

Après la destruction de l'Abbaye à la Révolution française, le site de Lucelle fut aménagé en une importante usine de production du fer avec haut fourneau. La force hydraulique était assurée par les eaux de l'étang de Lucelle. L'étang lui-même est bien plus ancien. Il est mentionné déjà en 1516.

 

L'imposante captation d'eau est bien visible à l'est du barrage.

 

Le fer dans le Jura est une longue aventure qui a traversé les siècles, et même les millénaires … Une aventure qui a contribué à façonner l'esprit de la population. C'est elle qui a conduit lentement à l'industrialisation de toute la région. Mais l'aventure du fer, c'est surtout l'aventure des hommes d'ici et d'ailleurs qui, au rythme des évolutions, ont rêvé et souffert pour réaliser de grandes choses. Les premiers contacts ont vu l'arrivée de nouveaux outils. Quelle facilité de pouvoir labourer la terre avec un soc de fer !! Certains ont par la suite importé les connaissances nécessaires pour construire des fourneaux capables de transformer le minerai en une masse forgeable. Que d'essais .. pour arriver à un résultat valable.

 

Il faut aussi noter l'aventure des mineurs … fins connaisseurs des caractéristiques du terrain. Ces derniers qui, au début trouvaient le minerai à fleur de terre, creusèrent toujours plus en profondeur pour s'enfoncer dans des boyaux peu stables jusqu'à 130 m sous terre... (informations trouvées sur divers sites internet).


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Une fois encore, nous levons nos verres à la santé d'Yves et Claude

 

La journée festive s'achève au Centre Européen de Rencontres où nous passons une bonne nuit.

 

À demain pour le retour à Ferrette …

Marthe

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8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 17:15

Mercredi 12 octobre 2011

 

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l'automne est installé …

 

Malgré le temps maussade nous avons réussi une superbe balade sur les crêtes des sommets des Hautes Vosges du Sud, aux limites de l'Alsace, La Lorraine et de la Franche Comté.


Sur les contreforts sud des Vosges, le Ballon (du dieu celte Bel) d'Alsace culmine à 1 247 m d'altitude. Dans les vallées environnantes, forêts, rivières et tourbières alternent tandis que sur les hauteurs, la végétation se fait alpestre. Le sol est riche de fleurs superbes, lys et gentianes, et les myrtilles sauvages sont savoureuses.

 

Départ de Saint Maurice sur Moselle … charmante commune située sur la Haute Vallée de la Moselle, aux pieds des Ballons d'Alsace et de Servance, dans une zone de montagne de 550 m à 1250 mètres d'altitude avec 2581 ha de forêt principalement sapins et épicéas.

 

Une première grimpette nous élève à la Jumenterie à travers de verts pâturages avant de traverser la forêt où d'anciennes croix jalonnent le sentier. L'origine de ce lieu-dit vient d'un établissement destiné à l'élevage de chevaux que les ducs de Lorraine firent installer en 1619. La Jumenterie perpétue le souvenir de la tradition hippique de la commune. Le blason reprend la bande du blason lorrain mais les alérions (petits aiglons) laissent la place à des fourmis, surnom donné aux habitants de Saint Maurice. La tête de cheval symbolise la tradition hippique de la commune comme relaté ci-dessus, un tour fut jadis construite à la Jumenterie.

 

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Quelques chevaux …

 

Une petite pause s'impose avant de reprendre la montée au Ballon d'Alsace. Point culminant des Vosges comtoises, à 1247 m d'altitude à la jonction de trois régions. « Le marcheur débouchant au sommet a un pied sur l'Alsace, le deuxième sur la Lorraine, étend un bras sur la Franche-Comté, son regard se perd avant que l'horizon ne se termine» relatait un ascensionniste du 18 ème.

 

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Du brouillard émerge, la statue de Jeanne d'Arc, bien que Lorraine elle symbolise l'attachement des Français à l'Alsace perdue …

 

La Savoureuse, rivière qui arrose Belfort, prend sa source à quelques mètres du sommet du Ballon d'Alsace. Après avoir traversée Belfort, elle se jette dans l'Allaine, ses eaux rejoignent la Méditerranée. Les fermes d'alpages sont aujourd'hui auberges.

 

Le monument des Démineurs a été érigé en 1950 à la mémoire des démineurs morts pour la France.


Le Ballon d'Alsace du haut de ses 1 247 m est l'un des plus hauts sommets des Vosges et constitue un belvédère incomparable à l'extrémité méridionale de la chaîne. Au contact de trois régions (Lorraine, Alsace et Franche-Comté). Site classé, le Ballon d'Alsace est un lieu touristique dont les richesses naturelles ont enchanté les botanistes depuis des siècles. C'est aussi un lieu chargé d'histoire. Dès le siècle des lumières, le Ballon d'Alsace devient un but de promenade à la mode. Il est de bon goût d'en faire l'ascension pour contempler le lever du soleil au solstice d'été ou encore pour apercevoir les Alpes bernoises lors des claires journées d'automne. En 1871, la frontière avec l'Alsace devenue allemande fait du Ballon un but de pèlerinage patriotique. Le XX ème siècle fait entrer le Ballon d'Alsace dans l'histoire du Tour de France.


Il est composé de belles forêts, de jolis sous-bois, de ravins impressionnants et, sur les hauteurs de grands pâturages parsemés de fleurs alpestres. Sa vaste calotte aplatie offre un panorama grandiose sur une grande partie des Vosges et les Alpes.

 

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En route pour le col du Stalon

 

Nous quittons le Ballon d'Alsace pour rejoindre son cousin, le Ballon de Servance, par une descente au col du Stalon avant de remonter au col du Luthier.

 

Le Ballon de Servance, est le toit de la Haute-Saône, un peu moins élevé (1 216 m) que son cousin le Ballon d'Alsace et se présente comme le plus méridional des Ballons des Vosges. Il est séparé de lui par le col du Stalon (958m). Ces deux Ballons sont les géants incontestés des Vosges comtoises. Situé à la limite des départements des Vosges et de la Haute-Saône dont il est le point culminant.

 

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Col du Stalon, col du Luthier nous avons hâte d'arriver à l'abri du Sailley, c'est sous une pluie fine que nous prenons possession de l'abri situé sur le flanc du Ballon de Servance. Ouf … à l'abri pour la pause repas.Bel abri où nous passons un moment convivial, les discussions vont bon train comme d'habitude.

 

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Stèle à la mémoire des aviateurs


À quelques pas du refuge, une stèle à la mémoire de William Evans et William Whittington, Pilotes à l'USAF qui se sont fracassés dans les rochers du Luthier au cours d'une mission aérienne par mauvais temps pendant la guerre froide. Pour la Liberté, le 26 juin 1963. (Selon certains écrits ce serait le 25 juin et non le 26, mais quelle importance … ils sont morts pour la Liberté).

 

Le sommet du Ballon de Servance, est une zone militaire interdite au public. Un fort est placé au sommet (point culminant de la Haute Saône). Construit au bord d'une falaise il peut surveiller la nouvelle frontière qui passe le col de Bussang, la route qui descend du Ballon d'Alsace et l'important carrefour du Thillot. Il peut défendre les forts de Giromagny et de Château Lambert. Son armement est renforcé par une batterie annexe reliée au fort. Aux avants postes de défense dans les temps de l'occupation allemande, il demeure aujourd'hui un site militaire, dépendant de la base aérienne de Luxeuil les Bains (menacée de fermeture il y a quelques années, mais sauvée).


Après la défaite de la France face à la Prusse en 1871, il fut décidé la construction d'un réseau de forts en rive gauche de la Moselle. C'est ainsi qu'a été érigé le Fort du Ballon de Servance ou Fort Scherr entre 1877 et 1879. Ce fort pouvait accueillir plus de 200 hommes de troupe.

 

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Descente du Ballon de Servance

 

La descente du Ballon de Servance est raide mais tout de même aisée … une nouvelle pause à l'abri forestier de Longeligoutte, joli refuge très bien entretenu.

 

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Abri de Longeligoutte

 

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la joyeuse troupe vous salue

 

Nous retournons à Saint Maurice par l'étang des Presles.

 

Belle randonnée, il ne manquait que le soleil … nous reviendrons, promis.

 

à bientôt

Marthe

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5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 20:38

Mercredi 5 octobre 2011

 

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croix lumineuse au sommet du HWK

 

Une autre journée sportive nous attend aujourd'hui … grimper au Hartmannswillerkopf par la Suisse Lippique et la Himmelsleiter n'est pas de tout repos.

 

Le fief de Wattwiller (Wattonvilare) est mentionné dès 735 dans une donation du comte Eberhard en faveur de l'abbaye de Murbach. Momentanément incorporée dans le domaine impérial, la ville fut réintégrée dans la principauté abbatiale de Murbach en 1259 dans laquelle elle restera jusqu'à la Révolution Française. Implantée sur le fameux axe nord-sud qui longe le piémont vosgien et au pied du fameux Hartmannswillerkopf dans le canton de Cernay, la cité de Wattwiller est promue au rang de ville seigneuriale vers 1260 en plein Interrègne, par ses maîtres, les abbés de Murbach.


Stratégique importante puisqu'un chapelet de châteaux forts l'entoure, Herrenfluh, Freundstein et Hirtzenstein en montagne ou Weckenthal, Ollwiller et d'autres encore en plaine.


Il existait autrefois à Wattwiller, un couvent, qui avait pris en 1336, la règle de Saint Dominique. Située au pied du champ de bataille du Vieil Armand, Wattwiller servit de base stratégique à l'armée allemande pendant toute la durée des hostilités.


L'origine de l'eau de Wattwiller est lointaine, connue et reconnue depuis l'époque romaine, l'eau minérale de Wattwiller naît dans le Parc naturel régional des Ballons des Vosges. Au cours de l'histoire, ce sont d'abord les princes-abbés de Murbach qui ont exploité l'eau sous forme de bains, puis la ville de Wattwiller elle-même entre 1522 et 1712. Le véritable essor commença en 1760 avec l'agrandissement et la rénovation de l'établissement balnéaire et une première analyse des eaux minérales. Changeant plusieurs fois de propriétaire par la suite, l'établissement connaîtra, à partir de 1866, une nouvelle période de prospérité qui durera avec des fortunes diverses jusqu'en 1914.

 

On compléta l'ensemble par un hôtel et la construction, à l'écart, et trois villas comme Beauséjour, Bonrepos et Bellevue. Les curistes venaient de Haute-Alsace et parfois de plus loin, mais la destruction quasi totale du village et des lieux de villégiature pendant les combats de 1914-18 mit un terme à l'exploitation balnéaire. À partir des années 1920 et jusqu'en 1975, une usine d'embouteillage fonctionna dans le haut du village et commercialisa l'eau des deux sources (Arsène et Lithinée) sous le nom de Lithia. Aujourd'hui, une nouvelle usine d'embouteillage moderne commercialise l'eau en différentes présentations sous le label «Wattwiller».


Katia et Maurice Krafft étaient réunis par une même passion, celle des volcans du monde entier. En 1977, ils acquièrent une maison à Wattwiller pour y séjourner entre deux expéditions et accumulent une énorme quantité de photos, films, collections pétrographiques et iconographiques relatives aux volcans. Ils succombent ensemble le 3 juin 1991 dans la fournaise d'une nuée ardente pendant l'éruption du mont Unzen au Japon.

 

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Au Rehfelsen


Départ au Hirtzenstein, sur les hauteurs de Wattwiller, lieu emblématique et historique situé sur un épaulement de la pente sud-est du Molkenrain et dominant le village de ses quelque 570 m. Un rocher quartzitique (proximité de la faille vosgienne) en émerge telle une forteresse. Les princes-abbés de Murbach en profitèrent pour y ériger un château fort qui fut donné en fief aux nobles de Wattwiller à partir de 1358. Assiégé à plusieurs reprises, d'abord par les Suisses en 1468 puis par les rustauds en 1525, il ne résista pas à la furie destructrice de la guerre de Trente Ans. Pendant les affrontements de la première guerre mondiale, les Allemands y installent un poste d'observation et creusent des galeries dans le rocher. Du château il ne subsiste actuellement que la base d'un mur et un fossé. Après les hostilités, les lieux retrouvent une vocation plus paisible avec la construction d'une auberge. S'y ajoutent d'autres bâtiments pour permettre d'accueillir des vacanciers de différentes entreprises, des séminaires et autres manifestations. Cette Maison familiale de vacances cesse ses activités en 1995. L'ensemble du site fait désormais partie du Domaine des Sources.


Débute une journée pas comme les autres … Suisse Lippique, Cuisse Droite, Fesse Gauche, Fesse Droite, Entre-Cuisses, Himmelsleiter, des appellations qui pourraient prêter à sourire ... eh bien non !! surtout pas ! Ces lieux font partie de la montagne tragique que les Poilus nommaient HWK ou Hartmann mais jamais Vieil Armand. Il existe maintes façons de grimper au Hartmannswillerkopf,à la Croix lumineuse et au monument du 152 ème régiment d'infanterie, mais celle que nous empruntons aujourd'hui est la plus spectaculaire et de loin la plus respectueuse. Laissant Hirtzenstein nous passons devant le Leopoldsbad, le Bieberstein et montons dans la forêt.

 

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Cimetière des Uhlans

 

En pleine forêt, le cimetière des Uhlans … qui doit son nom à la dizaine de Uhlans, cavaliers allemands équipés de longues lances, enterrés en avril 1915. À la limite des bans de Wattwiller et de Hartmannswiller sur le Rittgen-Pfad, vers un endroit aussi perdu qu'insolite, le cimetière conserve des stèles en pierres taillées marquant l'emplacement des tombes des soldats. On y enterra aussi d'autres soldats allemands comme en témoignent des stèles qui mentionnent le 56 ème L.I.R. (Landwehr Infanterie Regiment) et le 4 ème Garde-Jäger Batallion.

 

Nous redescendons le Dickbuchenweg et rejoignons la tranchée de la Suisse Lippique. Remarquable tranchée allemande profonde de 2 m 50 par endroit dont le nom pourrait provenir d'une région du Nord de l'Allemagne LIPPE et du caractère montagneux du secteur. Bonnes chaussures et prudence sont conseillées. Au départ nous sommes surpris non seulement par la hauteur mais surtout par l'étroitesse de la tranchée, à peine la largeur du sac à dos ... nous passons devant de nombreux abris fortifiés et positions de lance-mines. Atmosphère pesante dans cette ascension vers l'Unter-Rehfelsen, impressionnante forteresse. Nous passons devant l'abri Hexenküche (cuisine des sorcières). Cette zone était très exposée aux tirs et méritait bien son nom. Nous rejoignons la Himmelsleiter, (échelle du ciel) grand escalier de pierres avec 560 marches qui débute à 790 m d'altitude sur le Bergpfad et se termine en dessous de la Rohrburg à 930 m d'altitude. Construite par les Allemands elle servait de tranchée.

 

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Suisse Lippique

 

Tranchée installée sur la forte pente entre le chemin Dickbuchenweg et le rocher Unter Rehfelsen.

 

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Le rocher fortifié de l'Unter Rehfelsen comprend 3 étages de souterrains

 

La grimpette pour atteindre le sommet passe par la « Himmelsleiter » ou « Échelle du Ciel », appelée ainsi parce que les combattants qui l'empruntaient savaient qu'ils allaient vers une mort quasi certaine...

 

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Himmelsleiter

 

La Himmelsleiter débouche au sommet. Tout autour de nous, des restes de tranchées balafrent le sommet comme pour nous rappeler les profondes cicatrices laissées dans la souffrance et le sang, le tout entouré de barbelés rouillés. Nous restons sur les sentiers balisés, traversons cet immense sanctuaire jusqu'à la croix en fer érigée sur un bloc rocheux qui domine toute la vallée.


À cet endroit oubliez votre fatigue et descendez au monument des Diables Rouges, dédié aux fantassins du 152 Régiment d'Infanterie. Impressionnante œuvre due au sculpteur V.Antoine, on y lit les titres de gloire du régiment «Aux vaillants du quinze deux tombés en Alsace» «Vallée de Munster 1914-1915 Hartmannswillerkopf» «Steinbach 1914-1915 Metzeral»


Revenant sur nos pas à travers les vestiges, nous arrivons au pied de la Grande Croix, symbole de la Paix et du Recueillement visible de très loin tel un phare veillant sur les enfants de la vallée...


Si vous décidez de faire cette rando, prenez votre temps, il ne s'agit pas de grimper les marches comme une épreuve sportive pour arriver au sommet, arrêtez vous à chaque vestige, les milliers de morts de cette montagne surnommée la mangeuse d'hommes, le méritent bien.

 

HWK – Hartmannswillerkopf ou Hartmann aujourd'hui on l'appelle Vieil Armand, personnellement je l'appelle Hartmannswillerkof ... par respect pour ce haut-lieu vibratoire d'Alsace comme le Taennchel, le Donon et le Mont Sainte Odile, les druides le considéraient comme un lieu sacré.


L'immense champ de bataille de la Grande Guerre où 30 000 hommes, français et allemands ont été broyés sous un orage d'acier est devenu l'un des sites les plus visités du massif vosgien. On y organise des cérémonies du souvenir. Le sommet de la montagne est un magnifique observatoire sur la plaine d'Alsace, c'est pourquoi les troupes françaises puis allemandes en occupent les contreforts à la fin 1914. Il fallait conquérir le sommet, les hostilités commencent le 30 décembre 1914 et c'est dans des conditions climatiques extrêmement difficiles que les batailles font rage.

 

«Le 11 novembre 1918, les clairons sonnent le cessez-le-feu, les hommes sortent des tranchées, ébahis, le cœur battant d'un fol espoir en regardant les lignes adverses. La Paix, enfin ... le silence est retombé sur l'Hartmann, la nature a repris ses droits ...»


J'ai repris ce texte dans le magnifique ouvrage livre-guide 5 ème édition Les Amis du Hartmannswillerkopf que je conseille à tout randonneur d'acquérir avant d'entreprendre la montée de ce haut lieu de lutte. Je remercie et félicite les amis du HWK, le club vosgien ainsi que tous les bénévoles allemands et français qui œuvrent tout au long de l'année pour le balisage, nettoyage et restauration des nombreux sentiers afin de nous permettre d'essayer, je dis bien essayer, de comprendre ce qui s'est passé en ces lieux où des milliers de soldats ont vécu l'enfer.


Classé Monument Historique en 1921 le Hartmannswillerkopf est un lieu de souvenirs.

 

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Le Hartmannswillerkopf - mangeuse d'hommes

 

Les barbelés ont transformé certaines zones en forêt vierge, impossible de s'y engager et c'est très bien ainsi, c'est un sanctuaire. De nombreuses tranchées, des galeries creusées dans le rocher, des abris et des bunkers sont disséminés sur la croupe sommitale.

 

Quelques minutes plus tard nous apercevons le col du Silberloch niché au pied du Molkenrain. Image impressionnante depuis le sentier descendant au cimetière national comportant 1264 tombes identifiées et 6 ossuaires renfermant les corps non identifiés.

 

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Vue sur le col du Silberloch et le Molkenrain en arrière plan


Le col du Silberloch alt 908m pourrait tenir son nom d'une mine d'argent aujourd'hui disparue. Une nouvelle grimpette nous élève au Molkenrain, magnifique endroit d'où nous jouissons de paysages superbes sur le massif vosgien.


Une descente aisée nous mène à la FA du Freundstein, c'est au carrefour, sous les ruines du château, que nous nous décidons pour la pause pique-nique.


Nous remontons au col du Silberloch à travers la forêt pour ensuite dévaler au Hirtzenstein.

 

Journée souvenir …

 

à bientôt

Marthe

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Published by Marthala - dans Alsace-Lorraine
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30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 17:26

Mercredi 28 septembre 2011


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Stosswihr fait partie des plus anciens villages de la vallée de Munster. Selon une légende, des moines écossais ou irlandais se seraient établis en 634 au lieu-dit Schweinsbache. Ils y auraient construit une première église abbatiale et un monastère avant de fonder vers 660 l'abbaye Saint Grégoire, à la confluence des deux Fecht. Le village est connu en 783 sous le nom de Stozzovilare puis Scotenwilre en 817. La partie nommée Ampfersbach n'apparaît qu'au XIII ème siècle. De 1287 à la Révolution Française, le village faisait partie de la Communauté du Val de la Ville de Munster. En 1543, la réforme luthérienne est adoptée par les habitants de Stosswihr. Gravement endommagé au courant de la Première Guerre Mondiale, le village doit être presque entièrement reconstruit.

 

Il y a quelques temps, je me trouvais devant le panneau annonçant le sentier du Tramway … je promis de faire cette grimpette, le temps passe et jusqu'à ce jour je ne suis jamais montée à la Schlucht par ce sentier. Aussi, avant l'hiver, 10 joyeux compagnons, partent de Stosswihr pour une journée inoubliable … et pleine de découvertes.

 

Il fait beau, nous allons pouvoir combiner le sentier du Tramway pour la grimpette au col de la Schlucht avec le sentier des roches menant au Gaschney par le Frankenthal. Journée sportive certes, mais que les amoureux de la nature aiment entreprendre.

 

Dès le départ, au fond du vallon d'Ampfersbach, une échauguette nous interpelle ...


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Une échauguette surplombe le mur d'enceinte de la Moraine, elle proviendrait des anciennes fortifications de Strasbourg, érigées par Vauban après 1681. Acquise par le propriétaire de la maison au moment du démantèlement de ces fortifications, après la guerre de 1870.

 

La ligne de tramway de Munster à la Schlucht fut une ligne de chemin de fer à crémaillère éphémère située en Alsace annexée, reliant la gare de Munster au point-frontière de la Schlucht entre 1907 et 1914. Le 13 mai 1907, le mythique tramway à crémaillère Munster-La Schlucht était inauguré en grande pompe. Il constitue alors, la plus haute remontée mécanique à crémaillère d'Allemagne. Il ne fonctionnera que pendant sept ans, stoppé par la guerre. L'épopée fut de courte durée, une période faste, pendant laquelle celui qu'on nommait le tram des crêtes, transporta près de 410 000 voyageurs de Munster à la Schlucht.

 

L'originalité de ce tram, selon l'historien Gérard Leser, est qu'il combine une partie de 10,8 km en adhérence normale et une autre de près de 2,8 km à crémaillère afin de grimper des pentes de 22 %. Il était en adhérence normale de Munster au fond de la vallée de Stosswihr. Il commençait par rouler en ville, où il marquait des arrêts, puis suivait la route pour la quitter à gauche de l'église catholique de Stosswihr, jusqu'au restaurant des Cascades, dernière station à plat. Pour grimper la pente de 22 %, il empruntait une crémaillère installée grâce à du matériel suisse jusqu'à la route devant l'emplacement de l'Altenberg où avait été construit, à l'initiative d'Alfred Hartmann, issu de la famille d'industriels de Munster, un hôtel de luxe. Hôtel où sont passés des gens célèbres, notamment Raymond Poincaré futur président de la République, la reine Wilhelmine des Pays Bas et les fils de l'empereur Guillaume II, qui était même pourvu d'un terrain de tennis au Montabey et d'un golf aux Trois Fours. Au pied de l'hôtel, le tram était à nouveau en adhérence normale.

 

Nous démarrons donc la randonnée par le sentier indiqué « sentier du Tramway Saegematt. La montée à 22 % nous élève jusqu'au col de la Schlucht.


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Vue sur le col de la Schlucht et l'Altenberg

 

Le col de la Schlucht, 1 139m alt. est l'un des principaux cols du massif des Vosges. Il tire son nom du mot allemand signifiant gorge, défilé. C'est ici que le petit train de fer à crémaillère aménagé, aujourd'hui malheureusement disparu arrivait. Il fait communiquer les vallées lorraines de la Meurthe et de la Vologne avec la vallée alsacienne de la Fecht, un affluent de l'Ill. C'est un des points de passage de la Route des Crêtes créée pendant la Première Guerre Mondiale. Le profil trop escarpé du versant alsacien faisait jadis négliger ce passage au profit du Hohneck. Des aménagements effectués au XIX ème siècle ont inversé la tendance. De 1871 à 1918, le col de la Schlucht fut un poste frontière stratégique entre la France et l'Allemagne. La beauté sauvage de l'endroit relève de l'exceptionnel et reste pour les randonneurs, amoureux de la nature, un véritable paradis. Le Tour de France est passé plusieurs fois au col de la Schlucht.


À quelques mètres … démarre le mythique sentier des roches qui demande une attention particulière. Un brin d'histoire avant de nous aventurer dans ce formidable endroit. Une pensée admirative pour un certain Henri Strohmeyer, garde forestier, président du Club Vosgien. Henri Strohmeyer, fasciné par toutes ces roches du col de la Schlucht, créa en 1906 le sentier qui porta son nom, plus connu de nos jours sous l'appellation « sentier des Roches ». Il s'agit sûrement de l'un des sentiers les plus célèbres des Vosges. Particulièrement alpin, il progresse en belvédère au milieu des rochers dans l'esprit des sentiers du vertige. Marches métalliques ou taillées à même la roche, des mains courantes lui donnent un petit air de via ferrata.


Henri Strohmeyer (1871-1955) père du sentier des roches arrive en Alsace en 1871 à l'âge de trois mois avec ses parents … son père est nommé garde général des forêts. Sa mère décède alors qu'il n'a que 5 ans. Il fréquente les écoles de Thann et Haguenau où son père est muté entre temps. Il poursuit ses études à Strasbourg et à Munich et suit les traces de son père puisqu'il devient stagiaire forestier en 1896 avant d'être nommé à Munster. C'est à force de ténacité et d'obstination que ce sentier, devenu un symbole, a pu être taillé dans les roches du Montabey et des Trois Fours à la fin du XIX ème siècle sans oublier tous ses successeurs du Club Vosgien qui en assurent le difficile entretien depuis.


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Tunnel percé dans le roc

 

Le Sentier des Roches descend à pic, traverse des éboulis, s'accroche à des falaises, passe un tunnel percé dans le roc, coupe des ruisseaux, se joue des escarpements et plonge dans la forêt de hêtres et de sapins. La mousse et les fougères sont omniprésentes.


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Passer le sommet d'un piton rocheux procure une sensation étrange et laisse entrevoir la forêt environnante tout en s'ouvrant sur la vallée de Munster en contrebas. Les passages difficiles sont sécurisés par des mains courantes, des escaliers et des passerelles.


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Nous avançons dans un monde fantastique, seuls au monde… si vous avez le bonheur de traverser cet univers de roches sans rencontrer la grande foule de la pleine saison, le bonheur est total, vous entrez dans un autre univers. Périodiquement nous nous faisons plaisir sur ce sentier, impossible de décrire cette merveille, il faut le vivre.

 

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  sentier des roches Vue depuis la ferme du Frankenthal

Les arbres s'écartent et nous débouchons au Frankenthal, véritable joyau avec sa petite ferme et sa tourbière qui attendent le randonneur fatigué, un lieu enchanteur pour la pause repas bien méritée tout de même. Le Frankenthal, un monde à part, taillé par un glacier sur les flancs du Hohneck. Le vertige vous prend en contemplant les pentes escarpées et les rochers surplombants le cirque. Un monde qu'il faut approcher avec respect et humilité. La Martinswand et ses impressionnantes falaises, se dressent avec arrogance devant nous.


Mais l'aventure est loin d'être finie … nous laissons sur notre droite la montée par la Grotte Dagobert et reprenons le sentier rocailleux et accidenté à travers forêt pour rejoindre le Gaschney par le Blaufels.

 

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Après les cailloux, le sentier devient plus agréable. Après le Gaschney nous dévalons à Stosswihr.

 

Merci à notre bonne fée Simone qui nous a offert un met en l'honneur de Rosh Hashana et ce sur le sentier des Roches.


Dans le calendrier hébraïque, l'année nouvelle commence le jour de Rosh Hashana, le 1er Tichri, c'est à dire en 2011 le 28 septembre. Rosh Hashana célèbre l'anniversaire de la création du monde et conduit aux dix jours de pénitence qui précèdent la fête de Yom Kippour, Le Grand Pardon.

 

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Le nouvel an est naturellement l'occasion de repas festifs. La tradition veut que l'on trempe des quartiers de pomme dans du miel en disant «  que cette année soit pour nous aussi douce que la pomme trempée dans du miel ». Nous avons découvert cette tradition avec beaucoup de respect et de plaisir. En plus c'est excellent, essayez vous verrez !!

 

Nous venons de vivre une formidable journée … un peu sportive certes mais un grand bonheur nous accompagne lors de randonnées comme celle-ci.

 

À bientôt

 

Marthe

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