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28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 15:28

Dimanche 2 décembre 2012

 

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Départ de Mittlach, petite commune blottie au pied des massifs du Hohneck-Kastelberg et du Schnepfenried. En quête de paysages préservés, les randonneurs trouvent de nombreux sentiers pour grimper vers les crêtes vosgiennes.

 

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Mittlach, cadette des communes de la vallée de Munster, n'apparaît que vers 1741 sous la désignation de « Medla ou Metla », terme provenant de « mittel » (moyen) et de « aha » (ruisseau).


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Le village se serait formé autour de la ferme de « Zu Fluss », propriété de l'abbaye de Munster. L'immigration de bûcherons commence au XVI ème siècle et atteint son apogée au moment de l' exploitation intense des forêts au XVIII ème siècle menée sous la conduite de l' abbaye de Munster.

 

Le village s'est essentiellement constitué de bûcherons du Tyrol, de Salzbourg, de la Forêt Noire, de la Suisse, de la Lorraine et d'Italie.

 

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Le blason de la commune, une hache plantée de chaque côté d'un tronc d' arbre symbolise leur métier, le bleu autour du tronc rappelle la couleur du ciel et au bas de l'emblème le vert évoque leur cadre paysager.

Dans la seconde motié du VIII ème siècle, le nom d'origine « Zufluss » tend à disparaître au profit de Mittlach.

 

Après le village, la route bute sur la forêt où, des gens de Paris, sont venus un jour, tourner un film ...

Le souvenir s'en est perdu, mais on peut se douter que le tournage, entre septembre 1948 et avril 1949, de la reconstitution de la tragique disparition de l'archiduc Rodolphe et de sa maîtresse Marie Vetsera avait peu de chances de dérouler à Mayerling même, dans une Autriche déchirée de l'après guerre. S'il fallait un décor à la mesure de cette histoire follement romantique, le vallon, blotti entre le Kastelberg et le Schnepfenried ne pouvait que convenir. Le secret de Mayerling fut tourné dans cette merveilleuse vallée par Jean Delannoy avec Jean Marais et Silvia Monfort. Face à la majesté de cette magnifique forêt, Jean Marais disait «mais que c'est beau ici» !

 

Assez rêvé, il n'y a que quelques centimètres de neige au sol, les raquettes seront donc portées sur le dos pour le moment !!

 

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Dès le Schnepfenried, nous chaussons les raquettes pour évoluer dans une neige poudreuse, le bonheur de tout randonneur !

 

Le Schnepfenried fait partie de ces lieux mythiques de la pratique des sports d'hiver en Alsace. De nombreuses générations de skieurs ont débuté sur les pistes du Schnepf, d' importants travaux ont été réalisés pour accueillir les amoureux de la glisse, balade en raquettes et permettre une évasion sur les crêtes vosgiennes et découvrir la beauté de nos magnifiques montagnes enneigées.

 

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Nous quittons la station du Schnepfenried pour le Platzerwasen, à travers des paysages féeriques dans une belle forêt. De plus en plus de neige sous nos raquettes.

 

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Ferme Uff Rain, ferme Salzbach, nous entrons dans la forêt, la neige est haute et nous avançons aussi vite que possible, sportive cette sortie !! mais nous sommes récompensés par tant de beauté.

 

Enfin nous arrivons au Touring Club de Mulhouse au Hahnenbrunnen avec du retard mais heureux de pouvoir faire une pause au chaud. Nous ne nous attardons pas car la nuit tombe vite et il reste encore un bon bout de chemin.

 

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Au retour à Mittlach la nuit commence à tomber, fatigués, heureux nous avons passé une belle journée, la saison débute fort !!

 

Marthe

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29 juin 2012 5 29 /06 /juin /2012 11:12

19 mai STEINLEBACH - CERNAY

 

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Septième et dernier jour de marche. Nous quittons le Steinlebach direction Markstein.

 

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Vers le Steinlebach Le retour à la civilisation !!

 

Le Markstein, l'épreuve de la coupe du monde de ski alpin, organisée en 1990 sur les pentes du Markstein, notamment la «Fédérale», fut la consécration d'une des plus anciennes stations de ski du massif vosgien, surtout fréquentée par les Mulhousiens. Plusieurs ski-clubs y ont construit leur refuge. D'ailleurs, pour la petite histoire, la section des Amis de la nature de Mulhouse a été la première section des AN en France à bâtir un refuge sur ce site. Il s'agit du refuge situé au Treh, qui fut construit en 1926.


Après 1968, année des JO de Grenoble, l'essor du ski de fond a donné un surcroît de vitalité à cette station. Favorisé par sa position au centre de trois lignes de crêtes allant vers le nord en direction de la Schlucht, vers le sud en direction du Grand Ballon et vers l'est en direction du Petit Ballon, le Markstein est devenu un des plus importants centres de ski de fond des Vosges alsaciennes.


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C'est sur le GR qui relie le Markstein au Grand Ballon que nous sommes le plus impressionnés. Face à nous se déroule la plus grande partie de notre périple … époustouflant de voir les distances parcourues.

 

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Un rapide coup d'œil vers le Grand Ballon que nous atteindrons à midi.

 

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Le col du Haag au pied du Storckenkopf deuxième sommet vosgien 1366 m

 

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il reste à gravir le sommet 1 424 m faisant face au Storckenkopf 


Parler des ballons, c'est évoquer la douceur des sommets arrondis, couverts de chaume et l'harmonie des profondes vallées aux versants boisés de sapins et de hêtres. Mais ne vous y trompez pas, les Vosges, malgré leur réputation de montagnes à vaches, offrent d'importants dénivelés.


Le Grand Ballon, avec ses 1 424 m est le point culminant des Vosges. Appelé aussi Ballon de Guebwiller alors qu'il se situe sur la commune de Soultz, il sépare la vallée de Thann et celle de Guebwiller. Il se prolonge vers le sud par le Molkenrain et le Vieil Armand ou Hartmannswillerkopf où eurent lieu de violents combats lors de la Première Guerre Mondiale.

 

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Monument des Diables Bleus


Le monument des Diables Bleus 1927, a été érigé sur le plus haut sommet des Vosges, le Grand Ballon (1424 mètres d'altitude). Il est composé d'une pyramide en granit et d'une statue en bronze (sculpteurs Vermare et Moreau Vautier) à l'effigie d'un Chasseur Alpin. Le Monument des Diables Bleus, inauguré le 25 septembre 1927, est dépossédé de sa statue de bronze par l'envahisseur en septembre 1940, et retrouve la majesté qu'on lui connaît aujourd'hui en octobre 1960 ( statue du sculpteur Bouret 1960).

 

Le Monument des Diables Bleus a été élevé en souvenir des Troupes Alpines qui réussirent à conquérir de haute lutte les sommets des Vosges et à s'y maintenir durant toute la Première Guerre Mondiale au prix de terribles sacrifices.

 

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Un côté hivernal ! Notre descente au col ...


Après avoir repris des forces à la Vue des Alpes nous voilà repartis pour la vallée sur un parcours traditionnel et bien connu de tous … Firstacker – Col Amic – Freundstein – Camp Turenne – Steinbach pour arriver à:


Cernay-10.jpgla traversée se termine à CERNAY !!

 

Les glaciers et l'érosion postglaciaire ont façonné le relief vosgien, signant définitivement le pacte qui unit le massif à l'eau. Les Vosges doivent beaucoup à ce précieux élément. La glace et la force des anciens glaciers entailla et sculpta les Hautes Vosges, donnant naissance aux pentes abruptes, cirques, vallons suspendus et vallées encaissées, avant de fondre pour former ce semis d'émeraudes et saphirs que sont les nombreux lacs vosgiens.

 

Un monde enchanteur alors que début mai, retentissent les carillons des Vosgiennes tachetées de noir qui reprennent le chemin des Hautes Chaumes.

 

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La revanche de la Vosgienne !

 

Considérée sans intérêt, rayée du catalogue officiel des races françaises par l'administration dans les années 70, la voilà Star et tête d'affiche en 2011 du Salon de l' Agriculture de Paris. Quelle belle revanche pour cette vache vouée à l'extinction. Et une formidable récompense pour les éleveurs et techniciens passionnés. Il y a déjà bien longtemps que la Vosgienne promène sa robe tachetée de noir et blanc partout sous la ligne bleue. Appréciée pour sa robustesse, adaptée à tous les terrains et aux rudes conditions d'élevage dans les Hautes Vosges, vache mixte de vêlage facile et de fécondité reconnue, la Vosgienne a repris sa place dans le décor touristique et économique du massif. (source : la Gazette de la Schlucht).

 

Après 7 jours de marche et 175 kilomètres avalés à travers l'Alsace, appelée aussi une des traversées des Vosges nous voici arrivés au terme de notre belle aventure à Cernay.

Cernay est connue dès l'Antiquité (bataille de l'Ochsenfels qui vit la victoire de Jules César sur les troupes barbares d'Arioviste). Elle a abrité durant tout le Moyen-Âge une foire aux bœufs réputée dans toute l'Europe.

 

Lorsque j'ai commencé mon récit, que de  souvenirs se bousculèrent dans ma tête ..., il fallait mettre de l'ordre dans tout cela.


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Une météo capricieuse par moment n'a pas réussi à nous décourager, que de beaux moments passés dans une nature généreuse et merveilleuse. Bravo et merci Yves pour cette sortie nature dans notre magnifique région. Je profite pour saluer tous les participants de ce périple.

 

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Un gros câlin à notre fidèle compagnon Eliott toujours prêt à randonner

 

fleche 081                F.A Steinlebach - Cernay  

 

Fin de la Traversée des Vosges

 

Marthe

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25 juin 2012 1 25 /06 /juin /2012 16:34

18 mai SCHMARGULT – MARKSTEIN STEINLEBACH

 

La Schlucht toute une histoire … lieu stratégique, belvédère, paradis pour randonneurs, sportifs et amoureux de la nature mais également un lieu chargé d'histoire.


Ce col fait communiquer les vallées Lorraines de la Meurthe et de la Vologne avec la vallée Alsacienne de la Fecht, un affluent de l' Ill. Gérardmer et Munster sont respectivement à 15 et 18 km de part et d'autre du col. C'est un des points de passage de la route des Crêtes crée pendant la première Guerre Mondiale. Le profil trop escarpé du versant Alsacien faisait jadis, négliger ce passage au profit du Hohneck. Des aménagements effectués au 19 ème siècle ont inversé la tendance. De 1871 à 1918, le col de la Schlucht fut un poste frontière stratégique entre la France et l'Allemagne.

 

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Vue sur le col de la Schlucht et l'Altenberg

 

En 1904, deux lignes de tramway électriques furent ouvertes sur le parcours Gérardmer – Retournemer – la Schlucht – le Hohneck et en 1907 pour Munster – la Schlucht. Le tramway transportait les habitants de Munster au sommet du Hohneck en une heure. Si la seconde ligne a disparu suite à la guerre, la première fut exploitée jusqu'en 1939, malgré une collision dramatique au Hohneck le 14 juillet 1923 qui fit 4 morts et 19 blessés. La concurrence des lignes de bus acheva son histoire au grand regret des résidents des deux vallées.

 

Sixième jour de marche … nous quittons la chaume de Schmargult direction Kastelberg. De merveilleux paysages nous entourent … une vue plongeante sur le lac-barrage de la Lande.

 

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Situé au pied du Kastelberg, à 1 060 m d'altitude, le Lac ou barrage de la Lande est traversé par la Moselotte. Lac artificiel sur la commune de la Bresse dans les Vosges, construit en 1983 pour produire de l'électricité et alimenter en eau les canons à neige des pistes voisines.

 

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Le collet du Rainkopf

 

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le refuge « Louis Hergès » au pied du Rainkopf au Ferschmuss

 

La population alsacienne créa de nouveaux pâturages jusque vers le Hohneck et même par delà la crête sur le versant lorrain où elle installa quelques pacages d'automne et des réserves d'hiver. C'est pourquoi les chaumes du versant occidental, occupées par des pasteurs alsaciens, portent aujourd'hui encore des noms d'origine alémanique tel que : Ferschmuss (Firstmiss), Breitsouze (breites Haus), Schmargult (Schmalgürtel), Chitelet (Schluchtle), Ventron (Winterung), Cornimont (Hornberg), Saulxures (Sashür).


Nous contournons le Rainkopf sur un magnifique sentier par endroits encore enneigés. Niché dans un écrin de verdure le lac de Blanchemer se dévoile ...

 

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Lors de nos balades nous rencontrons, de près ou de loin, un certain nombre de lacs vosgiens. Ils sont témoins de l'histoire géologique du massif au cours de la période la plus récente : le Quaternaire. Ce sont en effet les traces des trois dernières glaciations (Mindel – Riss et Würm) que l'on retrouve dans les modelés caractéristiques qui donnent ce cachet alpestre à certains paysages des Hautes Vosges, vallées en auge, moraines, rochers abrupts et surtout lacs d'anciens cirques glaciaires. Ces derniers ont souvent été rehaussés par des digues et leur eau a ainsi pu être utilisée à des fins industrielles en liaison surtout avec les activités textiles des vallées.

 

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La grimpette au Rothenbachkopf nous attend !!

 

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Nous ne traînons pas au sommet, le vent glacial nous déloge et nous continuons notre périple par le Kopf suivant, le Batteriekopf …

 

La descente au col du Herrenberg nous conduit tout naturellement à la FA du Huss où une délicieuse tourte sera servie …

 

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au Herrenberg


le lac de Kruth


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chaudron de fromagerie

 

Après un bon repas rien de tel qu'une grimpette au Schweissel pour nous remettre en condition !!

 

Le GR 5 nous mène facilement par le Hundskopf au col d'Hahnenbrunnen pour rejoindre notre gîte d'étape, le Steinlebach.

 

Une petite étape aujourd'hui … magnifiques points de vue, mais tout de même contents d'arriver.


fleche 081                   Schmargult - Steinlebach

À suivre ...

 

Marthe

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22 juin 2012 5 22 /06 /juin /2012 10:20

17 mai COL DU BONHOMME - SCHMARGULT

 

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le départ est donné !!

 

Le Col du Bonhomme est l'un des principaux cols du massif des Vosges. Le village éponyme du Bonhomme, situé à 6 km en contrebas du côté alsacien, provient du latin bono homine en référence à un ermite du nom de Saint Déodat qui a fondé un ermitage sur la commune du Bonhomme, et par la suite celui du monastère de Jointure à Saint Dié, réputé par sa bonté. Situé à 949 m alt. Le col fait communiquer la vallée lorraine de la Meurthe et la vallée alsacienne de la Weiss plus précisément d'un affluent, la Béhine. D'accès facile de part et d'autre, le col du Bonhomme était déjà le lieu de passage de la voie romaine reliant Tour à Vieux Brisach. L'endroit, stratégique, fut régulièrement un lieu d'affrontements au fil des siècles.

 

Première pause au col de Louschbach avant de rejoindre le col du Calvaire. Ensuite nous nous élevons lentement vers la crête au-dessus du lac Blanc. Un fort vent balaye nos visages, le sol est gorgé d'eau et glissant par endroit, nous avançons prudemment jusqu'à la source du lac Blanc.


Du Col du Calvaire au Tanet c'est s'engager pour plusieurs heures de randonnée pédestre au milieu d'un complexe de tourbières élevées et de hautes chaumes entourées de lambeaux de forêt primaires sur éboulis (hêtraies d'altitude, hêtraies sapinières).


La mise en place d'une réserve naturelle de plus de 500 ha sur les communes de Plainfaing et du Valtin en 1988 permet d'assurer la conservation des richesses avec la mise en place d'une protection renforcée sur 140 ha par arrêté préfectoral de biotope. Ce site fait d'ailleurs l'objet d'une désignation au titre de la Directive Habitats dans le cadre du réseau Natura 2000 depuis 1998 afin de renforcer les possibilités.

 

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Passage sur la corniche du lac Blanc vue sur le lac Blanc depuis la corniche

 

Restant à une altitude moyenne de 1200 mètres, nous laissons l'étage forestier et débouchons sur les Hautes Chaumes, nom propre désignant le plateau qui s'étend du Reichsberg dominant le Lac Blanc jusqu'au Gazon du Faing. Les pâturages cèdent localement la place à des tourbières.

 

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Lac des truites ou du Forlet paysage printanier sur les Hautes Chaumes

 

Impossible de s'arrêter pour la pause-repas sur la crête, nous continuons jusqu'au Dreieck et jouons au lézard pour nous réchauffer au soleil.

 

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Eliott, la mascotte

 

Le sentier grimpe entre les pierres vers un grand rocher, paysage sauvage et romantique. Ici la vue est magnifique, c'est la roche du Tanet. Son nom d'origine est Taneckfels ou simplement Taneck. Faut-il y voir «la roche au coin des sapins ?».

 

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au Tanet au sommet du Tanet

 

Le Honeck se rapproche légèrement.

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Et nous voilà au col de la Schlucht, le plus élevé des cols routiers avec ses 1139 m alt. Très fréquenté par les touristes, surtout les deux roues (motorisés ou non) importante station d'hiver et d'été. À quelques centaines de mètres, en bordure de la Route des Crêtes, est implanté le jardin d'altitude du Haut Chitelet, situé à 1228 m alt. Il présente 2900 plantes de haute montagne regroupées par région d'origine et englobe une tourbière et la source de la Vologne.

 

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Une ultime pause avant de grimper au Hohneck. Le Hohneck

 

Après avoir dépassé les Trois Fours nous nous approchons véritablement du Hohneck avec ses 1366 m atl. Il n'est que le troisième sommet des Vosges, mais il est le plus important par son caractère alpestre. Certes il a la forme d'un ballon, mais dont le versant Est s'est effondré. Ici plus qu'ailleurs on se rend compte de la différence entre le côté lorrain qui descend en pente douce vers la région des lacs de Gérardmer et de Longemer et le côté alsacien beaucoup plus abrupt.

 

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Nous passons à quelques pas du Hohneck sur des névés, nous avons du mal à garder l'équilibre tant le vent souffle fort … et tout naturellement je pense au géant du Hohneck.

 

Le géant du Hohneck et l'esprit de la montagne

 

Sur les hauteurs inaccessibles des Spitzkœpfle vivait autrefois l'esprit de la montagne. Nul ne l'avait jamais vu, mais chacun savait que le vent de tempête et les orages qui s'acharnent sur le massif expriment ses mauvaises humeurs. Un jour, un géant voulut traverser le massif mais l'esprit ne l'entendait pas de cette oreille et déchaîna une terrible tempête couchant les sapins et brisant les rochers, formant des éboulis au pied des pentes. Le lac de Fischbœdle montre une de ces pentes couvertes de blocs. Le géant ne se laissa pas impressionner. Il appelé à la rescousse les nains de la montagne, qui taillèrent les rochers à grands coups de pic et lui firent un passage à travers les pentes, à l'abri de l'esprit, manifestant ainsi qu'on a souvent besoin d'un plus petit que soi … L'esprit de la montagne, furieux se réfugia dans la forteresse inexpugnable que constituent les pics des Spitzkœpfle, d'où il ne manifeste plus sa mauvaise humeur que par de violents coups de vent ou les craquements du tonnerre.

 

Une dernière descente nous mène à Schmargult pour une nuit réparatrice ...

 

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fleche 081                Col du Bonhomme - Schmargult


À demain …

Marthe

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19 juin 2012 2 19 /06 /juin /2012 19:55

16 mai LE CLIMONT – COL DU BONHOMME

 

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Un peu arrosé le départ du Climont …

 

Une longue journée nous attend … après une bonne nuit de sommeil nous traversons le hameau du Climont.


Au col d'Urbeis nous quittons nos pèlerines la pluie a cessé. Le col d'Urbeis parfois appelé col de Lubine est un col d'importance secondaire du massif des Vosges. Il relie le canton de Provenchères sur Fave en Lorraine et le canton de Villé en Alsace. Comme de nombreux cols du massif, celui d' Urbeis a été frontalier entre 1873 et 1918. Il était le centre d'un important dispositif stratégique. Jusqu'au Col de Sainte Marie, les vestiges (tranchées, fortins) sont encore visibles dans le paysage. Du côté lorrain, le restaurant « Au Premier Français » hébergeait alors la douane française. Les douaniers allemands, plus éloignés du poteau-frontière, occupaient la dernière maison d' Urbeis.

 

L' Ancienne Frontière

 

Du Climont au Col du Calvaire, du Rainkopf au Rouge Gazon, le GR 531 longe, à l'Est ou à l'Ouest, la limite entre les départements du Rhin et celui des Vosges. Elle correspond à l'ancienne frontière entre la France et le Reich Allemand fixée par le traité de Francfort (10 mai 1871) et maintenue en l'état jusqu'à la Première Guerre Mondiale. Le long du sentier, sur l'exacte ligne de crête, parfois enfouies dans une gangue végétale, les anciennes bornes de la frontière s'égrènent du nord au sud du massif. Elles portent sur leur corps de granit trois mentions :

un F pour France, un D pour Deutschland (Allemagne) et un numéro qui permet de suivre la démarcation depuis la frontière luxembourgeoise au nord jusqu'à la frontière helvétique au sud.

 

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Nombreuses sont nos sorties jalonnées de bornes nous rappelant l'ancienne frontière.

 

Une grimpette suivie d'une raide descente et nous voici arrivés pour la pause repas à l'abri du Creux Chêne sur le ban de Rombach le Franc. L'origine du nom «Creux Chêne» est probablement due à une vieille légende médiévale selon laquelle il existait un vieux chêne tellement creux qu'il avait fini par donner son nom à l'ensemble des pâturages des alentours et de la forêt. C'est au pied de ce vénérable chêne que, selon la légende, des sorcières se réunissaient pour leur sabbat.

 

Deux gaillards du Val de Villé décidèrent de chercher fortune dans d'autres régions. Arrivés dans la vallée de la Hingrie, l'un d'eux pressa le pas. L' autre resta en arrière et à la nuit tombée, il s'endormit dans l'obscurité du chêne creux. À peine endormi un bruit le réveilla. Des femmes de tous âges s'approchaient de l'arbre en dansant avec des balais. C'était le sabbat des sorcières qui se tenait dans les branches du chêne, juste au-dessus de lui …

 

Après la pause repas, un long chemin nous attend, une halte dans une belle clairière avec une série de beaux hêtres, c'est le Grand Sterpois avant de rejoindre la chaume de Lusse qui mène au col de Ste Marie.


La Vallée de Sainte Marie a pris le joli nom de Val d'Argent en souvenir des anciennes mines où l'on extrayait ce minerai.


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La commune de Sainte Marie aux Mines possède de nombreuses croix et calvaires anciens.


Sainte Marie aux Mines, appelée en latin Sancte Maria ad Fodinas, en allemand Mariakirch ou Markirch doit sa célébrité à son sous-sol. Toute son évolution est donc conditionnée à l'exploitation des mines. Elle fut longtemps une importante ville industrielle et florissante et la troisième ville du Haut-Rhin par le nombre d'habitants jusqu'à la moitié du XIX è siècle. Les mines auraient été découvertes par les Gallo-Romains qui avaient déjà amorcé l'exploitation des mines au début du IIè ou III ème siècle après JC. Hypothèse abandonnée faute de documents sérieux. Un des traits les plus marquants qui caractérisait les anciens mineurs était le profond respect pour la religion qui guidait toutes leurs actions. Les mineurs étaient très superstitieux et se créaient des fantômes ou des personnages imaginaires qui peuplaient l'intérieur des mines. Ils ne manquaient jamais de prier afin de les préserver contre les mauvais sorts, notamment les lutins et autres mauvais esprits qui hantaient les galeries souterraines afin de la contrarier. Si par exemple leur lampe venait subitement à s'éteindre, c'était un esprit méchant qui l'avait soufflée, arrivait-il un éboulement dans la mine, c'était encore un lutin qui en était la cause …


Très florissantes jusqu'à la fin du XVI ème siècle, le déclin des mines allait sonner le glas de la prospérité de Sainte Marie aux Mines. Les difficultés d'exploitation, le manque de bois nécessaire aux fonderies et boisage des mines vint à manquer, en plus des inondations fréquentes seront le lot quotidien qui amèneront le déclin des mines de la région.

 

Planter une croix est un acte de dévotion, s'arrêter devant une croix c'était prier et gagner des indulgences. Planter une croix à l'entrée des villages répondait souvent au souci de s'adresser aux passants « que Dieu protège ton entrée et ta sortie ». À cette dévotion peut s'ajouter la commémoration d'un événement familial important, le plus souvent tragique. La commune de Ste Croix aux Mines possède de nombreuses croix rurales, vingt deux au total … sans doute le village qui en possède le plus grand nombre dans toute la vallée. Elles sont implantées en bordure des chemins ou en pleine forêt comme la croix Gasperment près du Col de la Hingrie ou encore la croix du Haut de Ribeauvillé au pied du massif du Taennchel.

 

croixjardon-4.jpg

La Croix Jardon


Du XVII è au XIX è siècle il n'est pas rare que des bûcherons ou grumiers trouvent la mort à cause de chutes d'arbres. Les collègues de travail ou la famille font alors installer des croix à l'emplacement de l'accident, certaines sont anonymes d'autres portent le nom de la personne décédée.

 

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Abri au carrefour nommé L' Arbre de la Liberté

 

Du col de Sainte Marie le parcours rejoint l' Arbre de la Liberté.


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L' arbre de la Liberté planté après la Première Guerre Mondiale

 

Sur le sentier enneigé menant au col des Bagenelles, la neige au sol nous surprit.

 

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La Roche des Fées


Une rapide visite à la roche des Fées, abri naturel des soldats français pendant la guerre 1914-1918. Déçus de ne pas rencontrer les fées nous continuons sur un passage rendu mal aisé par la neige fondue vers le col du Pré de Raves où nous traversons la route dédaignant l'aire de pique nique car il n'est plus l'heure de se reposer faut avancer jusqu'au col du Bonhomme.


Le sentier menant au col du Bonhomme était rude car toujours sur la neige fondue … petite galère mais après une bonne douche, de magnifiques assiettes nous attendent dans la salle à manger !!

 

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on jouerait presque les gourmands !!

 

après quoi une bonne nuit, demain est un autre jour !

fleche 081                                   Le Climont -  Col du Bonhomme


À suivre ...

Marthe

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18 juin 2012 1 18 /06 /juin /2012 15:02

15 mai LA CLAQUETTE - LE CLIMONT

 

Une journée maussade s'annonce dès le lever … les nuages sont bien présents.

 

Struthof-1.jpgLe camp du Struthof, moment émouvant !

 

En arrivant à Schirmeck hier en fin d'après midi j'ai relaté l'existence du camp de Schirmeck-Vorbrück qui ne doit pas être confondu avec le camp du Struthof … Dès juillet 1940, les nazis installent à Vorbrück (nom de La Broque germanisé) juste à côté de Schirmeck, un camp de sécurité (Sicherungslager) et de rééducation (Erziehungslager). Il est en effet destiné à accueillir des Alsaciens francophiles ou refusant la nazification menée par le Gauleiter Robert Wagner, chef de l'administration civile en Alsace et dans le Pays de Bade.


Le camp est entouré d'un double réseau de barbelés. Cette enceinte n'est pas sous tension, contrairement à celle du Struthof, mais elle est éclairée la nuit et pourvue d'une zone de sécurité. Très peu de prisonniers ont réussi à s'échapper. Contrairement au Struthof, les prisonniers quittent le camp une fois leur peine purgée. Les prisonniers du camp de Schirmeck-Vorbrück participent aux travaux de construction du camp de Struthof. L'essentiel du camp a été construit en janvier 1968 par les bulldozers, il n'en subsiste plus que le bâtiment d'entrée sur lequel est posée une plaque commémorative.

 

Nous quittons la Claquette pour Rothau d'où nous commençons l'ascension vers le Struthof sur un sentier (Chemin de la Mémoire et des Droits de l'Homme) où panneaux et plaques commémoratives sont posés sur un tronçon qui relie plusieurs lieux importants : la gare de Rothau où arrivaient les déportés, la chambre à gaz et le KL Natzweiler, symboles de l' horreur nazie.

 

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Le parcours correspond en partie au chemin utilisé par les déportés avant la réalisation de la route entre l'auberge du Struthof, autour de laquelle se trouvait le camp provisoire et le camp définitif. C'est sur cette partie du chemin, très pentue, que les prisonniers devaient, entre autres, transporter sur le dos les matériaux nécessaires à la construction du camp. La route fut elle aussi construite par les déportés dans des conditions très dures.

 

En 1940, l'Alsace est annexée par l'Allemagne, ce qui explique que le camp du Struthof soit le seul camp de concentration situé en France.

 

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Le mémorial du Struthof telle une flèche dirigée vers le ciel rappelle de toutes parts la cruauté du monde …

 

Avant la guerre, le Struthof est un lieu de loisir où l'on pratique le ski, on y trouve un restaurant avec une salle de fêtes. Le site est choisi pour y établir le camp en septembre 1940 par le colonel SS Blumberg, maire de Schirmeck et ingénieur-géologue … à 800 mètres d'altitude sur le versant nord de la colline en raison de la présence à proximité d'un gisement de granit rose repéré par Albert Speer, architecte d' Hitler. De plus les conditions climatiques y sont plus dures qu'au sud.


Le Struthof se trouve sur le ban de la commune de Natzwiller (Natzweiler en allemand) c'est pourquoi que le camp est appelé KL Natzweiler (Konzentrationlager Natzweiler). Depuis, le camp a pris le nom du lieu-dit Struthof. Le camp est construit en escalier et est constitué de neuf plates-formes, alors que les autres camps nazis sont construits sur des terrains plats.

 

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L'entrée du camp

 

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vue sur les baraquements

 

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rouleau – compresseur

 

Les déportés vivent dans des baraques (ou block) qui ont été conservées jusqu'en 1953. L'entrée des blocks d'habitation est généralement orientée vers le nord. De part et d'autre se trouvent un dortoir et un réfectoire avec, au centre, les WC et les lavabos.

 

Les baraques sont construites en bois et subissent les intempéries très fortes à cette altitude (neige, pluie et vent). Dans une baraque de 12 m de large pour 44 m de long, il pouvait survivre jusqu'à 300 déportés nombre rapidement dépassé. Réveil à 4 heures en été et à 6 heures en hiver. Rapidement lavés avec de l'eau glacée, ils boivent un demi litre de tisane ou un semblant de café, puis se rangent sur les plates-formes pour le premier appel de la journée après quoi les déportés entament leur journée de dur labeur. Carrières de granit et de sable, construction du camp et de la route, construction de la cave à pommes de terre, réparations de moteurs d'avions etc ….

 

Émus nous quittons ces lieux tragiques pour le Champ du Messin.

 

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Champ du Messin

 

Après avoir traversé les chaumes du Champ du Messin les premières gouttes nous rafraîchissent, le vent glacial nous balaye le visage, nous pressons le pas mais ce n'est que pour mieux affronter une tempête de grêle, aucune visibilité … il fait froid nos pèlerines volent au vent !


Nous nous situons au sommet du Bas Rhin à 1 099 m d'altitude et malgré le vent qui souffle sans arrêt, violent et froid, les nuages bas chargés de pluie et la grêle qui martèle nos visages nous sommes heureux.


Il est temps de penser à la pause repas et pour cela un abri nous attend à quelques pas de la Tour.


Le plateau du Champ du Feu est le massif le plus élevé du Bas Rhin sur lequel domine une Tour d'une hauteur de 20 m, construite en 1898 en souvenir du 25 ème anniversaire de la création du Club Vosgien. C'est la seule tour de ce type érigée en béton, malheureusement en piteux état, impossible de monter à la table d'orientation en grès émaillé au sommet de la tour. Quel dommage !!


C'est la montagne des Vosges qui conserve le plus secrètement ses mystères et ne semble nullement disposée à livrer son histoire. Du point de vue géologique cette montagne est composée essentiellement de granit. Elle est recouverte de terrain tourbeux parsemé de bruyères sauvages.

 

Nous apprécions l'abri face à la Tour où nous sommes à l'abri.

 

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Mémorable arrivée au Champ du Feu et son abri

 

Ce paysage qui ne bouge pas mais n'est jamais le même, change de minute en minute … le vent disperse la brume jouant avec les contrastes.

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Et quelques minutes plus tard …

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le soleil est revenu

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nous avons troqué les pèlerines contre les vestes

 

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le col de Steige


Passage entre le Val de Villé et la haute vallée de la Bruche c'est aussi le point le plus bas de la route des crêtes du Bas Rhin. Un étang de pêche y est aménagé d'où on a une très belle vue vers le Climont. Une des branches du Giessen a sa source en contrebas du col.

 

Le village de Steige a une histoire intéressante qui mérite quelques mots  :

Lundi 6 juillet 1885, la femme du boulanger de Steige, Angelique Meister, se présente au laboratoire de Pasteur, rue d' Ulm, accompagnée de son fils Joseph âgé de 9 ans et de Théodore Vonne, épicier aubergiste au village voisin de Meissengott (précisons qu'en 1919, après la première guerre mondiale, le village de Meissengott repris son nom traditionnel de Maisonsgoutte et que c'est ainsi qu'on le nomme aujourd'hui.)

 

48 heures plus tôt, le chien enragé de Théodore Vonne a légèrement mordu son maître et cruellement le petit Joseph. Pasteur va-t-il pouvoir les traiter et les protéger contre la rage, comme il l'a déjà fait pour des chiens ? Samedi 4 juillet, Joseph Meister, fils du boulanger de Steige va à la brasserie Witz à Meissengott à quelques kilomètres chercher de la levure. Il est agressé par le chien de l'épicier qui le mord aux jambes et au bras droit en 14 endroits différents. Vonne accourt et est mordu légèrement à son tour. Avec la mère de Joseph prévenue aussitôt, ils se rendent tous trois chez le Dr Weber exerçant à Villé. Celui-ci désinfecte à l'acide phénique les plaies de Joseph mais devant la gravité des blessures, laisse peu d'espoir à sa maman. La rage est malheureusement fréquente en Alsace et l'on en connaît ses conséquences, aussi conseille-t-il d'aller à Paris consulter Pasteur, connaissant le succès de son traitement de vaccination antirabique.


Pasteur n'a traité que des chiens et n'étant pas médecin il hésite à passer à l' homme. Joseph est considéré comme perdu, aussi Pasteur prend-il l'avis de deux éminents collègues, le Dr Vulpian et le Dr J.Grancher. Ces deux médecins le confortent dans sa décision et dès 20 heures, le soir même, Grancher commence avec le nouveau vaccin à traiter Joseph, hébergé avec sa mère à l'annexe Rollin du laboratoire Pasteur. Vonne n'est pas traité et renvoyé car il ne présente pas de blessures réelle. Les inoculations sont poursuivies pendant 10 jours avec le succès que l'on connaît. Pasteur entretiendra avec le petit Alsacien une correspondance affectueuse et paternelle. Joseph Meister sera par la suite engagé à l'institut Pasteur en qualité de gardien.

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  La journée se termine au hameau du Climont.


Le Climont appelé autrefois Clivemont en ancien français, Winberg en vieil-alsacien, est un sommet gréseux de forme conique. Le mont à la forme clivée est reconnu de fort loin par les marcheurs et les voyageurs. Au XVIIè siècle le hameau du Climont est un lieu recouvert de bois. L'endroit sera défriché par une communauté d' anabaptistes qui dispose à l'époque d'un lieu de culte et d'un cimetière. Au XX è siècle, les anabaptistes retournent progressivement au protestantisme puis émigrent aux Etats Unis. La construction du temple est financée grâce à l'impératrice Augusta Victoria, l'épouse de Guillaume II. Le Climont (650 m) domine sur près de 300 m les hauteurs et plateaux environnants.


C'est dans ce havre de paix, à la ferme auberge des Cimes que nous reprenons les forces pour demain …

fleche 081  La Claquette - Le Climont

à suivre

Marthe

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12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 15:12

14 mai DABO - LA CLAQUETTE commune de LA BROQUE

 

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le village de DABO

 

L'histoire de ce petit village blotti dans une clairière au cœur des forêts et des montagnes mérite que l'on s'y attarde un peu avant de le quitter. C'est au X ème siècle que fut construit le château de Dabo ou Dagsburg sur le rocher. Les murailles encerclaient le pourtour de celui-ci et protégeaient une tour d'habitation, de petites tours de guet ainsi qu'un bâtiment pour les réserves et les écuries et un puits.

 

Le comté passa ensuite sous l'autorité de la famille des Linange en 1225. Les Comtes de Linange qui refusèrent allégeance à Louis XIV prirent les armes contre lui en 1672. Après un long siège devant le château, qui constituait un obstacle à l'avancée des troupes françaises, celui-ci dut capituler le 13 mars 1677. Le château de Dabo fut rasé en 1679 sur les ordres du roi de France et de son ministre d'État Louvois, avant que quelques siècles plus tard, un nouveau monument, la chapelle vienne recouvrir le sommet du rocher.

 

Des vestiges attestant de la présence humaine dès l'âge de pierre, des Celtes, des Triboques, des Romains puis des Francs. À partir de la percée des Alamans en 355, chassant les Romains, la région sera frontière linguistique entre ce qui deviendra plus tard le français et l'allemand. Le rocher de Dabo était un centre de culte celtique consacré chez les gallo-romains à l'adoration de Belen, dieu du jour et de l'amour.

 

Après une bonne nuit sur le rocher, nous quittons le rocher mythique et Saint Léon IX.

 

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Un dernier coup d'œil au rocher de Dabo avant de rejoindre le col de la Schleif par le Rutschfelsen.

 

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Cette grande dalle serait une pierre fertilisante. Les femmes en mal d'enfants venaient ici dans l'espoir d'enfanter.

 

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Face au rocher de Dabo se trouve le Backofenfelsen, la photo de groupe s'impose.

 

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Et la Croix Hengster Sepp 

 

Une croix en bois avec l'inscription suivante : « Croix du Hengster Sepp – le dimanche 27 novembre 1831 François Schmitt garde forestier du Hengst fut assassiné ici alors qu'il se rendait à Dabo pour assister à la messe. »


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Pause repas au refuge de l' Altmatt

 

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Direction le Donon par la baraque Carrée très appréciée pour des petites pauses lors de nos différents passages autour du Donon.

 

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Le Massif du Grand-Donon, point culminant des Basses Vosges aux confins de la vallée de la Bruche, carrefour entre l'Alsace et la Lorraine, est un de ces lieux où souffle l'esprit. Endroit privilégié où l' Histoire rencontre la légende, ce sommet fut successivement place forte dès le Néolithique, refuge temporaire à l'époque de l' Age de Fer, lieu de culte gallo-romain puis site occulté au nom d'un christianisme conquérant.  L'endroit a été très fréquenté depuis cinq mille ans.

 

C'était un important centre culturel celte. Pour rappeler ce passé, un petit temple d'inspiration grecque y a été édifié en 1869. Pour garder la magie, oublions que le temple installé au sommet n'est qu'une reconstitution et laissons travailler notre imagination. Un petit bémol cependant, une antenne-relais un peu en contre bas nous ramène sur terre !! Le temple domine les vallées depuis le sommet de cette montagne magique, lieu mystérieux. Il y a une vingtaine d'années je me suis retrouvée devant ce temple et son souvenir ne m'a jamais quitté.

 

Avec le Champ du Feu ( 1099m) et le Rocher de Mutzig (1010m), le Donon est l'un des trois sommets des Vosges Centrales avec 1009m. Cerné par deux cols, le col du Donon et le col d'entre les Deux Donon, il domine depuis la nuit des temps un lieu de passage très fréquenté entre la Lorraine et l' Alsace.

 

De Mercure au roi Pharamond … depuis des millénaires, le Donon tutoie les cieux. Pas surprenant que les hommes se le soient appropriés dans leur quête de recherche des puissances divines. Trois mille ans avant notre ère, la région était déjà fréquentée. Était-ce un refugium auquel on pouvait accéder pour se protéger ? Un téménos, autrement dit un lieu de culte cerclé d'une muraille sacrée ? Sans doute un peu tout cela, tant diverses furent les civilisations à s'octroyer une hauteur qui domine à tout vent et qui porte le regard sur la Forêt Noire, la plaine d'Alsace, mais aussi le plateau lorrain et les plus hauts sommets vosgiens.


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Le XIX ème siècle marque un nouveau tournant dans l'histoire déjà si riche de ce sommet. La passion archéologique de Napoléon III trouve un écho auprès d'un médecin de Schirmeck, M. Bedel et de l'architecte Boltz. Le projet initial de 1860 pharaonique qui visait à redonner au Donon son lustre d'antan avorte et accouche finalement, en 1867, du petit temple qui surplombe encore de nos jours la partie sommitale. Un temple d'inspiration grecque construit en tas de charge, c'est à dire sans mortier.


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Vers 16h20 nous bénéficions d'une perspective intéressante vers le Climont, le Struthof et le Champ du Feu que nous foulerons demain matin.


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Arrivés à Schirmeck nous faisons quelques provisions avant de rejoindre La Claquette pour la nuit.

 

Un peu d'histoire : découvertes en 1260 à Framont, les mines de fer de Grandfontaine firent la fortune des Princes de Salm qui, après les avoir disputées aux abbés de Senones, possesseurs des lieux, finirent par mettre la main sur cette richesse et purent les exploiter durant des siècles. L'ensemble Salm – La Broque – Framont au NE de la principauté de Salm, devint une sorte de capitale économique de fait, alors que le reste de ce petit pays demeurait une zone forestière faiblement peuplée.


Vorbrück est la germanisation de La Broque, commune limitrophe de Schirmeck, qui furent fusionnées par les Allemands avec Barembach et Rothau en une unique commune Gross-Schirmeck.


Schirmeck a une histoire particulière, enfouie, méconnue : celle de son camp d'internement ouvert en 1940 par les nazis et qui était censé faire plier les mentalités et transformer les populations. Ce n'était pas le camp de concentration du Struthof, c'était son antichambre...

 

Nous arrivons au terme de la journée et avons mérité une bonne nuit de sommeil,

 

fleche 081  Dabo - La Claquette

 

à demain

Marthe

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5 juin 2012 2 05 /06 /juin /2012 15:13

DE SAVERNE À CERNAY

 

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Le massif des Vosges est le théâtre ancien d'une riche et parfois douloureuse histoire qui a, au fil des siècles, façonné son relief et fondé son identité. Les Vosges ont très tôt constitué un lieu de passage traversé par des voies de communication nombreuses, propices aux échanges humains et commerciaux. Des passages importants, comme le col de Bussang ou celui de Saverne, tous deux antérieurs à la période romaine, mais aussi d'innombrables chemins beaucoup plus modestes permettaient ainsi aux hommes de se déplacer d'un versant à l'autre, pour communiquer ou faire du commerce. Les produits les plus divers comme vins, soie ou épices y ont pendant fort longtemps transité, transportés par des marchands venus du monde entier. Les cols du Bonhomme, du Hantz ou de Saverne connaissaient, notamment dans les derniers siècles du Moyen Âge, un trafic très dense …

 

La grande aventure du Club Vosgien – Vogesen-Club.

 

Crée en 1872 par un fonctionnaire allemand. Richard Stieve, fonctionnaire originaire de Poméranie nommé juge au tribunal de Grande Instance à Saverne un an plus tôt, lance en octobre 1872 (l'Alsace étant alors rattaché à l'Allemagne) un appel à la création d'un Club Vosgien dont il fonde toute affaire cessante la première section dans sa ville d'affectation. C'est ainsi que Saverne devient le berceau de cette grande aventure.

 

fleche 081 13 mai SAVERNE – DABO

 

Notre aventure commence sur le quai de la gare à Mulhouse. En TER à 7h32 nous rejoignons Saverne où la traversée pédestre débute à 9h55.


Ce projet a germé au courant du printemps 2011 entre Yves, Claude et moi. Yves s'est mis au travail et nous a concocté 7 jours de rando à travers le Bas-Rhin, la Moselle, les Vosges et le Haut-Rhin. Une fois le plan établi, d'autres marcheurs se joignent à nous et c'est un groupe de 12 marcheurs avec la mascotte Eliott qui prennent le départ.


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La Licorne, animal fabuleux de plus de 3 000 ans, est la farouche gardienne de la ville de Saverne.

Elle aurait été choisie par les Savernois en raison de sa pureté et de son courage, qualités faisant de Saverne une ville imprenable.

Saverne a une position géographique et stratégique importante. Déjà en leur temps, les Romains en firent une ville fortifiée, de nombreux vestiges (oppidum, village gallo-romains etc …). Elle est traversée par la Zorn et le canal de la Marne au Rhin et est très riche en monuments historiques.


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Château des Rohan

 

Le château construit par le cardinal de Rohan au XVIII ème siècle, Napoléon III fit ajouter les deux ailes et le transforma intérieurement. Aujourd'hui il abrite plusieurs musées, l'auberge de jeunesse, une école primaire et une salle de spectacle. Le majestueux château des Rohan, avec son immense façade néoclassique, rappelle la gloire des princes-Évêques et témoigne du rôle historique de Saverne, siège de l'Évêché pendant plusieurs siècles.

 

Depuis 22 siècles, les grands courants historiques ont marqué la ville de leur empreinte. De l'époque de la cité gauloise, devenue camp romain, dénommé « Tres Taberne » jusqu'à nos jours, Saverne conserve les traces de son rôle historique, de sa vie passée, vestiges du mur d'enceinte romain, mur médiéval, église romane, cloître, maisons anciennes remarquables, tout cela dans un site naturel exceptionnel, au pied des montagnes boisées, couronnées de châteaux-forts qui l'entourent comme autant de sentinelles superbes et éternelles.

 

La Tour Cagliostro, à gauche du Parc du Château des Rohan. C'est dans cette Tour que Joseph Balsamo dit Alessandro comte de Cagliostro, héros sombre et romantique établi à Saverne sur invitation du Prince de Rohan, se serait livré à d'obscures expériences plus proches de l'alchimie que de la science. Il fut également impliqué dans la fameuse « Affaire du Collier de la Reine ».


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La Tour Cagliostro

 

La Roseraie de Saverne, créée en 1898 par la Sté alsacienne et lorraine des Amis des Roses, connaît aujourd'hui une renommée internationale. Véritable lieu d'exposition et de promotion de la culture des roses, la roseraie présente une magnifique collection riche de 8 500 rosiers. La Rose Louise Weiss fait la fierté de la roseraie.


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L'Œil de l'Alsace … le château du Haut Barr, offre une vue spectaculaire sur la plaine d'Alsace d'une altitude de 470 m. Plateau dominé par trois énormes rochers, hauts de 30 m accessibles de la cour par des escaliers. Édifié en 1170 il est transformé et restauré au XIV ème siècle. La première partie du château est construite au début du XII ème siècle, en grès pour surveiller la vallée de la Zorn et la plaine d'Alsace par les évêques de Strasbourg, c'est ainsi qu'il est surnommé « l'Œil de l'Alsace » par les Strasbourgeois. Le château est abandonné vers 1770 mais il continue à être occupé jusqu'à le Révolution Française.


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La Tour Chappe


Au pied du Haut Barr se trouve la Tour Chappe. La France est le premier pays à s'être doté, dès 1794, d'un réseau de communications, grâce au télégraphe aérien inventé par Claude Chappe. Le télégraphe Chappe repose sur la répétition de signaux géométriques au moyen d'un mécanisme à trois bras. Cette tour est le seul vestige de la ligne reliant Paris à Strasbourg de 1798 à 1852.


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le Grand Geroldseck

 

Construit au XII ème siècle pour la protection de l'abbaye de Marmoutier, fief de la famille des Geroldseck, avoués de l'abbaye, le château alt. 475 m relevait de l'évêque de Metz. Devenu repaire de brigands, il fut assiégé à deux reprises par l' Electeur palatin, en 1471 et 1486.


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Petit Geroldseck

 

À 469 m alt. le Petit Geroldseck a été bâti par l'évêque de Metz en vue de l'exécution d'un contrat d'hérédité lui assurant une part de la succession future de la seigneurie du Grand Geroldseck.


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Hexentisch ou table des sorcières


Pause repas au Schaeferplatz que nous connaissons tous pour y avoir pique niquer plusieurs fois lors de nos sorties autour de Barr.


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Ochsenstein

 

Le château d' Ochsenstein se trouve en pleine forêt domaniale de Saverne et occupe l'extrémité sud du massif du Schlossberg, à 584 m alt. Il domine un ancien passage stratégique qui montait depuis la plaine d'Alsace de Reinhardsmunster, via le vallon du Mosselthal pour rejoindre la vallée de Baerenbach et l'annexe de Stambach, puis enfin Lutzelbourg et Phalsbourg en Lorraine.

 

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Billebaum ou Bilderbaum


Les kilomètres défilent … un hêtre remarquable Billebaum ou Bilderbaum s'élève sur notre passage. Un panneau en bois nous renseigne : âge environ 350 ans, circonférence 612 cm. Victime d'une tempête le 25 mars 1989 il est recouvert d'un chapeau.

 

Depuis Stollstock nous apercevons le rocher de Dabo, rocher mythique, l'émotion est grande à son approche... on a beau connaître c'est toujours aussi impressionnant !

 

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Rocher de Dabo

 

Il s'élève comme une île, un récif, au beau milieu de cet océan de verdure constitué presque exclusivement de résineux. Un beau château se dressait sur le rocher de Dabo. Il fut détruit et complètement rasé lors des campagnes militaires de Louis XIV. C'est là, sur les contreforts des Vosges mosellanes, dans ce cadre somptueux et enchanteur, véritable paradis que se dresse le rocher de Dabo, le phare de la ligne bleue des Vosges, site incontournable de tout le massif vosgien. Formé il y a plus de 200 millions d 'années pendant l'ère du Trias, cet extraordinaire rocher de grès rose (647m alt) est surmonté de la chapelle Saint Léon (664 m alt) datant de 1889 de style néo roman auquel on ajouta une tour qui servirait de belvédère pour le Club Vosgien.

 

C'est ici que serait né en 1002, Bruno de Dabo, évêque de Toul élu Pape en 1048 sous le nom de Léon IX. Le rocher offre un magnifique panorama sur le plateau lorrain et la ligne bleue des Vosges aux sommets recouverts d'immenses forêts. Le soir, la vue sur le rocher avec la chapelle illuminée est époustouflante de magie et de mystère.

 

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C'est sur le rocher que nous allons passer la nuit … depuis la terrasse du rocher nous apercevons le Donon, chut … ceci est une autre histoire, nous verrons cela demain …

 

à suivre

Marthe

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3 mars 2012 6 03 /03 /mars /2012 10:45

Mercredi 28 décembre 2011

 

La ville de Guebwiller rassemble dans ses murs des trésors d'art et d'architecture. Pas moins de trois impressionnantes églises, de vieilles chapelles, les vestiges de châteaux forts, des manoirs urbains, un musée remarquable. S'ajoute un paysage exceptionnel, des hauteurs qui invitent à des découvertes multiples et offrent des panoramas impressionnants.

 

Nous allons terminer l'année par cette sortie classique avec départ du Pont Saint Barnabé.

 

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Porte-tour du château de Hugstein

 

Vous remarquerez la frise lombarde sur la porte Renaissance, appelée également faux mâchicoulis.

 

Impossible de passer à Buhl et Guebwiller sans évoquer le château de Hugstein. Il constitue le seul vestige médiéval de cette taille dans l'arrondissement de Guebwiller. La ligne de partage intercommunal passe par le centre du donjon et le site bénéficie depuis de longues années de plusieurs campagnes d'entretien et de nettoyage. Érigée sur un mamelon rocheux au débouché du vallon de Murbach, dominant Buhl et Guebwiller, la forteresse, aujourd'hui ruinée, a été construite en 1227 sur l'initiative de Hugo (Hugues), dit de Rothenbourg, abbé de Murbach, promu prince du Saint Empire romain germanique par Frédéric II de Hohenstaufen. Le prélat alsacien avait été récompensé de cette manière pour avoir accompagné l'empereur souabe en Terre Sainte. Le plus fameux des habitants du Hugstein fut sans conteste l'abbé Barthélemy d'Andlau (1447-1476). C'est lui qui a fait construire, semble-t-il, la magnifique tour-porte d'entrée et entourer le château de murailles supplémentaires. Grand érudit devant l' Éternel et véritable prince de la Renaissance alsacienne, le dignitaire ecclésiastique a également été un sévère administrateur, imposant une discipline et un ordre implacable dans ses bailliages de Guebwiller, Saint-Amarin et Wattwiller.

 

Je salue le travail du Club Vosgien de Guebwiller pour le travail et le fléchage des sentiers d'accès.

 

Comme le dit si bien Jean Marie Nick, que je salue par la même occasion, dans son article sur le château de Hugstein, les emprunter c'est aussi rendre hommage aux nombreux bénévoles qui s'investissent pour la sauvegarde du site.

 

Une première grimpette part du Pont Saint Barnabé dans le vallon de Murbach et rejoint le col du Schrangen .

 

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Nous débutons dans une mer de nuages …

 

Le Murbach prend sa source au col du Judenhut, il connaît souvent des cures hivernales avec la fonte des neiges et bien inonder les prairies du Weihermatten. Il se jette dans la Lauch. En latin le ruisseau du Murbach est appelé fluvius Morbach en 760.

 

Après le col du Schrangen nous faisons un arrêt à la Wolfsgrübe …

Dans les Vosges,  ainsi qu'en Allemagne, Suisse et Autriche, il n'est pas rare, pour le randonneur de rencontrer cette dénomination de Fosse aux Loups. L'étymologie, la plus souvent retenue a trait à la fosse creusée pour capturer les loups attirés par un appât. En effet, pendant des siècles, les autorités ont encouragé la chasse de cet animal jugé nuisible. Cette appellation pourrait néanmoins désigner l'endroit où étaient enterrés les loups capturés et tués par les chasseurs afin de se faire payer la prime. Depuis peu, un gentil loup en bois surveille l'endroit...


Après un court arrêt nous prenons d'assaut l' Ospenkopf puis le Lieserwasen ... ancien pâturage trouant la hêtraie plus exploité depuis longtemps, investi par quelques chalets ...


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superbe perspective depuis le Lieserwasen

 

On s'est beaucoup interrogé sur l'origine du mot Judenhut dont la traduction serait « chapeau de juif » ce qui n'est pas sans rappeler les armoiries de Guebwiller. Pourtant « Hut » peut vouloir dire  protection de même que le terme « Jud » peut fort bien être un doublet de « Gut » ou de « Gudan », qui n'est autre que le Dieu Wotan. Selon l'abbé Braun, Judenhut signifie donc « protection de Wotan » ou mieux, « chapeau de Wotan » étant donné l'importance que la mythologie confère à ce couvre-chef divin.


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L'aire du Judenhutplan est idéal pour la pause repas …

 

Construit une première fois en 1895, le refuge, sis sur une ancienne casemate de la guerre 14/18 a été reconstruit 4 fois. La dernière fois c'était en 1985, après qu'un gigantesque sapin l'ait écrasé lors d'un ouragan.  (sources puisées sur florival info.net)

 

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la fontaine Schlumberger, avec un mince filet d'eau en hiver …


La fontaine Jean Schlumberger érigée en 1895 par le club vosgien de Guebwiller à l'occasion des noces d'or de son président, ( grand industriel du textile dans la vallée de la Lauch) laisse couler une eau bien fraîche.


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Ultime photo 2011 de la joyeuse bande


Pour le retour nous ne manquons pas de faire une pause à l'Ebeneck, havre de paix à l'aspect de lande sauvage.

 

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L'Ebeneck (859 m) qui est le point culminant du banc de Buhl au Münsteraeckerle nous tombons sur un reste de mâchoire ...


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Une dernière descente et bien vite nous sommes de retour au Pont Saint Barnabé.

 

Ainsi se termine l'année 2011, dans quelques jours nous passons en 2012 avec d'autres aventures en attendant bon réveillon !!

 

Marthe et les compagnons …

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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 17:49

Mercredi 21 décembre 2011

 

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  Sundgau veut dire Comté du Sud en dialecte germanique


Les deux bars adossés sont ceux du Comté de Ferrette (1125-1324). Le champ de gueules avec la fasce d'argent (Rouge-Blanc-Rouge) rappelle la souveraineté de la Maison d'Autriche sur la Haute Alsace (1324-1648), tandis que les trois étoiles sont portées en fasce dans les armes du Cardinal Mazarin Premier Ministre du Roi de France, successeur des Habsbourg dans le Sundgau.


«Le Sundgau, pays de collines verdoyantes, parsemées d'arbres et d'étangs, se confond avec les premières chaînes du Jura alsacien, les deux régions ayant partagé le même passé historique. Quant au nom Sundgau, il s'est formé au cours des siècles. On sait qu'à l'époque des derniers rois mérovingiens décadents, l'Alsace avait formé un seul duché. Celui-ci, gouverné par les Etichonides, est partagé par les premiers Carolingiens redoutant les duchés devenus trop puissants, en deux comtés : celui du Nordgau englobant la basse Alsace et celui du Sundgau comprenant la haute Alsace. Les évêchés de Bâle et Strasbourg ont d'ailleurs conservé ces limites jusqu'à la Révolution. Or, au cours des siècles, le nom de Sundgau ne désigne plus que les terres autrichiennes de haute Alsace (y compris la plus grande partie du Territoire de Belfort) du Rhin jusqu'au-delà de Belfort, du Jura à la Thur, ceci pour le Sundgau historique. De nos jours, on désigne sous le nom de Sundgau la région de collines au sud de Mulhouse jusqu'au Jura alsacien, de la voie ferrée de Mulhouse-Bâle jusqu'à la vallée de la Largue, en y ajoutant la contrée allant jusqu'à la Doller entre Sentheim et Mulhouse, c'est le Sundgau géographique. Caractérisé par des collines de 300 à 500 mètres et par des petits bassins dont celui de l'Ill et de ses deux principaux affluents dans le Sundgau, la Largue et le Thalbach. L'Ill prend sa source à Winkel, traverse notamment Oltingue, Hirsingue, Altkirch et Illfurth.» (sources : Mémoires en Images Le Sundgau par Paul-Bernard Munch).


À quelques jours de Noël, une virée dans le Sundgau pour 28 joyeux randonneurs ! Au départ de Durmenach.


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Durmenach est jusqu'au milieu du XIXème siècle, une des communautés les plus importantes du Haut-Rhin, la population de religion israélite dépassait en nombre celle des habitants chrétiens. La communauté a été le siège d'un rabbinat de la fin du 18 ème siècle jusqu'en 1910. La cohabitation est marquée en 1789 par une première émeute anti-juive, et surtout en 1848 par le «Judenrumpel» , véritable grand «pogrom» lors duquel 75 maisons de familles juives sont incendiées. Très éprouvée lors du second conflit mondial, la population juive a complètement disparu aujourd'hui, reste le seul témoin de la présence de cette importante communauté israélite, le cimetière juif sur les hauteurs du village avec plus de trois cents tombes...


Direction la célèbre le Kuhwald et sa forêt de mélèzes. Qui ne connaît la célèbre forêt du Kuhwald et son majestueux mélèze de 40 m de haut ? Durmenach possède une forêt de mélèzes qui comptait jadis parmi les plus belles d'Europe. Les mélèzes ont été plantés en 1784 par un gentilhomme d'origine suisse, le baron Béat Frédéric de Reutter de Weyl, à l'époque propriétaire du terrain, il avait apporté ces plants du Voralberg autrichien. Ce bois passa dans les mains de la commune de Durmenach en 1825 après bien des procès. Si l'on croit les récits des Anciens du village, la forêt a été l'objet de nombreux litiges... il existe même une légende à ce sujet.


Le mélèze est originaire des Alpes (1200 – 2400 m d'altitude) et des Carpates. Depuis toujours le mélèze a rendu de grands services aux montagnards. Son bois, rouge saumon au cœur dur, lui donne une grande résistance et écarte de lui les insectes et a servi à construire d'innombrables chalets. Le mélèze préfère un sol argileux, durée de vie 600 ans pour une taille maximale de 40 m et peut mesurer 1,5 m de diamètre. (Sources puisées sur internet et divers livres sur le Sundgau.)


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Luppach est un ancien monastère franciscain dont le sanctuaire servait d'église paroissiale à Durmenach au Moyen Âge. Actuellement transformé en maison de repos, il possède dans son parc une étrange crypte du XVème où sont inhumés les moines.


Une bonne petite grimpette à travers bois et comme dans la légende, devant nous la fameuse grotte des Nains. Connaissant cet endroit depuis fort longtemps, l'émotion qui me gagne en descendant au fond du gouffre, la gorge aux loups, est toujours aussi forte, époustouflant !! Pour accéder à l'entrée de la grotte des Nains, il faut descendre entre de hautes falaises de calcaire.


Il est difficile de décrire le caractère impressionnant de cette visite. D'après une légende ce sont de petits hommes qui habitaient les entrailles de la Terre. Du pied de la falaise on aperçoit le plateau des Nains que nous allons rejoindre dans quelques instants, un belvédère offrant un panorama sur Bouxwiller, Werentzhouse et le Sundgau.


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Il y a très longtemps, un peuple de nains habitait dans la Gorge-aux-Loups située sur les hauteurs du ban de Bouxwiller. Ils y avaient taillé d’innombrables petites chambres à même le roc et y vivaient douillettement par groupe de deux, homme et femme, dans une entente parfaite.Tous leurs instruments de culture et de jardinage ou de cuisine étaient en argent brillant et joliment travaillés. Ils restaient éternellement jeunes, ceux qui les connaissaient, racontaient l’ agrément de leur personne et surtout l’éclat particulier de leurs yeux, luisants comme les étoiles. Mais ils n’avaient jamais vu d’enfants, car les Nains ne pouvaient pas en avoir. Ils imitaient le langage des humains de leur petite voix douce. Les humains les appréciaient, car au moment des foins et de la moisson, ils sortaient des cavernes et venaient avec leurs outils et aidaient les faucheurs à faire tomber dru le blé mûr sous les coups de leurs faucilles.

 

Dans les villages du Sundgau, beaucoup de familles avaient leur couple de nains avec lequel elles partageaient peines et joies. Chaque visite était toujours une fête et quand ils rendaient visite à leur famille les nains venaient toujours avec des cadeaux pour tous. Tout le monde était plein de gratitude avec leurs petits bienfaiteurs, et aucune fête ne se déroulait sans que les nains ne soient conviés. Les meilleures places, les meilleurs plats et le meilleur vin étaient réservés pour eux. Pourtant le monde extérieur se posait toujours la même question : pourquoi les nains portaient-ils toujours une longue tunique couvrant leurs pieds de sorte que personne ne les avait jamais vus.

 

Quelques jeunes filles de la région, afin de percer le secret, se rendent à la Gorge des Loups avant le lever du soleil et répandent du sable fin sur la plate forme … tout ceci pour faire découvrir les empruntes des pieds des nains pour enfin découvrir la forme de leurs pieds.

 

Cachées dans les buissons, elles attendent le jour … dès les premiers rayons du soleil, les nains sortent et marchent sur le sable. Les jeunes filles découvrent que les traces laissées par les nains sont des traces de pattes de chèvres … ne pouvant s'empêcher de rire si fort que les nains se sentant trahis se réfugièrent au fond de la Gorge aux Loups et disparurent à jamais. Comme quoi, la curiosité n'est pas toujours bonne conseillère !!

 

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la descente dans la Fosse aux Loups


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à la fosse aux loups

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remontée de la Fosse aux Loups

 

Une fois remontés de la Fosse aux Loups il reste à grimper au plateau des Nains et rejoindre les majestueux Loechlenfelsen dominant le charmant bourg de Ferrette.


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Ferrette, tout le monde descend !!


Ferrette perle du Jura alsacien, la petite ville a conservé un certain cachet médiéval. Nichée sur les premiers contreforts du Jura, au pied d'un rocher de 613m de hauteur surmonté d'un château, le château des comtes de Ferrette. Le prince Albert de Monaco porte parmi ses nombreux titres celui de comte de Ferrette. Deux ruines distinctes, le château Unterburg en bas et le château Oberburg sur la partie supérieure. La bourgade s'est développée à partir du XII ème siècle. On peut y voir des maisons bourgeoises des 16 et 17 ème siècles.


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Retour à Durmenach pour le repas. Un moment convivial se déroule au Restaurant de l'Ill autour d'une bonne table. Je remercie sincèrement tous les amis présents : les amis d'enfance de Waldighoffen, les compagnons du mercredi au grand complet, les amis du Clas 68 de Lutterbach, Bernard notre beau-frère à tous et Eliane qui nous a rejoint pour cette journée. Merci également à l'ami Yves pour l'organisation du steak tartare !!


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Au pied du château de Ferrette

 

À bientôt

Marthe

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Published by Marthala - dans Alsace-Lorraine
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