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6 juillet 2010 2 06 /07 /juillet /2010 20:37

Lundi 7 juin 2010

 

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Départ 6 h30 à Wittenheim, rue de la réunion… Wittenheim,si la première mention de Wittenheim apparaît dans un manuscrit en 829 après JC sous la forme de Witanhaim et en 1180 sous l'orthographe actuel, il est attesté que le ban de la commune fut occupé par les hommes durant les temps préhistoriques, tombes et vases ont été trouvés au Horoederenhubel dans le secteur de Jeune Bois, datant du néolithique. Y ont été relevées, par ailleurs, à différents endroits du ban communal, des traces d'exploitations agricoles de l'époque gallo-romaine. Si un certain nombre de métiers à tisser se sont installés à Wittenheim au milieu du XVIII ème siècle, l'essor industriel démarre en 1885 avec l'implantation des Filatures et Tissages Kullmann et Cie. La population s'accroît rapidement. Mais c'est la découverte de la potasse qui va provoquer la croissance urbaine et économique de la commune.

 L'épopée de la potasse commence à Wittenheim le 11 février 1911 pour se terminer le 14 février 1986. Pendant ces soixante quinze années, près de 130 millions de tonnes de sel seront produites par les Mines de Potasse d'Alsace(MDPA)sur les carreaux miniers de Wittenheim (Théodore, Fernand et Anna). Chaque carreau minier avait son unité de production complète avec les chantiers d'extraction au fond et les installations de traitement de la potasse en surface. Près des puits d'extraction s'élevaient les terrils. Cet important développement industriel s'accompagne de la construction de cités minières (Ste Barbe, Fernand Anna et Jeune Bois plus récent). De 7 000 habitants en 1939 Wittenheim passe à plus de 13 000 en 1982. Malgré la fermeture des mines, la population augmente et atteint plus de 15 000 habitants en 1999.

Après 15 mn de marche, en pleine campagne, un train... un comble... nous laissons passer le train alors que nous partons pour 42 km... à pied ! Oui mais c'est le train Théodore...
 

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 Nous quittons Wittenheim à travers la forêt du Nonnenbruch. Important massif forestier d'Alsace de par sa superficie... la forêt du Nonnenbruch est répartie sur les bans de plusieurs communes du bassin potassique. Àl'origine c'était un vaste bois marécageux où poussaient des essences diverses mais surtout du bois cassant (Bruch), du hêtre, du bouleau, des aulnes où les cochons se gavaient de glands. Propriété dans sa majeure partie des Mines Domaniales de Potasse d'Alsace, elle fut défrichée sur près de 700 ha pour permettre l'installation des sites miniers et de leurs cités ouvrières. Les sentiers forestiers qui la parcourent servaient de longue date de trait d'union entre les populations, les mineurs les utilisaient pour se rendre au travail. Véritable poumon vert, la forêt est classée forêt de protection, on y trouve plusieurs kilomètres de sentiers balisés par le Club Vosgien (le Kalipfad) (sentier de la potasse en alsacien).

Nous traversons une autre cité minière, Staffelfelden...direction Wattwiller. Les sentiers traversent les champs fleuris de coquelicots et bleuets... la vie est belle, nous avançons rapidement, une bonne moyenne dans les jambes encore légères...

Wattwiller, une ville d'eau alsacienne, se dessine devant nos yeux,adossée aux dernières pentes des Vosges méridionales formant une zone de piedmont intermédiaire entre le massif et la plaine rhénane. Si le centre du village se trouve à une altitude de 360 m, le ban communal s'étend sur les versants sud du Hartmannswillerkopf et du Molkenrain et atteint des altitudes, respectivement de 956 m et 1121 m. Sur ces pentes se développe une forêt mixte où les feuillus prédominent. Les terres agricoles s'étendent en direction de la plaine.

marathon-3.jpgUn petit arrêt avant Wattwiller sur la placette Impériale Leymgruawa 

En plein champs, avant Wattwiller, une aire de repos du nom de placette Impériale Leymgruawa est l'endroit idéal pour un petit repos.

Le fief de Wattwiller (Wattonvilare) est mentionné dès 735 dans une donation du comte Eberhard en faveur de l'abbaye de Murbach. Momentanément incorporée dans le domaine impérial, la ville fut réintégrée dans la principauté abbatiale de Murbach en 1259 dans laquelle elle restera jusqu'à la Révolution Française. La ville devint française en 1680 suite au rattachement à la France de l'abbaye de Murbach. Après le révolution de 1789, Wattwiller perd peu à peu son statut de ville fortifiée et les fortifications sont démantelées durant le règne de Napoléon-Bonaparte. En 1871, l'Alsace est rattachée à l'Empire allemand jusqu'en 1918. Il existait autrefois à Wattwiller, un couvent qui avait pris en 1336 le règle de Saint Dominique.

Située au pied du champ de bataille du Vieil Armand (Hartmannswillerkopf) la commune de Wattwiller sert de base stratégique à l'armée allemande pendant toute la durée des hostilités. Celle-ci tient également le Hirtzenstein qui sera d'ailleurs assiégé par les chasseurs alpins à deux reprises. L'état-majeur occupe les différents bâtiments de l'établissement balnéaire. De ce fait les positions allemandes, y compris dans le village, deviennent la cible des tirs de l'artillerie française. La population est évacuée vers les villages de la plaine dès décembre 1914 et ne reviendront qu'après la fin des hostilités pour y retrouver que ruines et désolation. Les travaux de reconstruction dureront des années...

Au centre du village, la fontaine Saint Sébastien surmontée de la statue du saint du même nom. Cette fontaine octogonale fut construite en 1866 et comportait, à l'origine, une statue de Saint Sébastien en grès rose posée sur une colonne centrale. Saint Sébastien est le patron des arbalétriers et des arquebusiers chargés de défendre la cité. Lors d'une violente tempête en juin 2006, la statue ainsi que le colonne furent endommagées par la chute d'un tilleul centenaire. Elle fut remplacée par une statue presque identique en pierre blanche.

marathon-4.jpgFontaine Saint Sébastien, une des fontaines à Wattwiller

L'origine de l'eau minérale de Wattwiller est lointaine, connue et reconnue depuis l'époque romaine, elle naît dans le Parc Naturel Régional des Ballons de Vosges. Son jaillissement naturel et une couche d'argile très épaisse la préservent et lui gardent une eau pure... Au cours de l'histoire, ce sont d'abord les princes-abbés de Murbach qui ont exploité l'eau sous forme de bains, puis la ville de Wattwiller elle même entre 1522 et 1712. Changeant plusieurs fois de propriétaire par la suite, l'établissement connaîtra sa grande prospérité durant la période allemande entre 1870 et 1914. Plusieurs bâtiment sont construits… dont un hôtel, une villa Beauséjour et des thermes. À partir des années 20 et jusqu'en 1975, une usine d'embouteillage fonctionne dans le haut du village et commercialise l'eau de deux sources différentes, la source Arsène et la source Lithia. La source reprend son activité en 1993 dans une nouvelle usine d'embouteillage moderne et commerciale l'eau en différentes présentations sous le label Wattwiller.

marathon-5.jpgWattwiller niché au pied du massif vosgien

À la sortie de Wattwiller, sur la petite place du Dürrenberg, en haut du village, tout près de la zone de captage des eaux minérales, se dresse un calvaire dont l'origine remonte à 1861. Par suite de destructions, il a été reconstruit en 1933, puis rénové en 2008. À quelques mètres du calvaire, le Club Vosgien a installé un panneau fournissant de nombreuses informations à l'intention des randonneurs et touristes. C'est ici que démarre la grimpette...

marathon-6.jpgles premières digitales sur les sentiers

Le sentier s'élève vers le col de Herrenfluh à travers le bois d'Uffholz pour continuer jusqu'au Camp Turenne pour l'arrêt repas.

marathon-7.jpgAu camp Turenne

Après un arrêt conséquent il faut penser à reprendre la route et rentrer à Wittenheim... un réapprovisionnement est prévu à Steinbach !! Nous dégringolons donc à Steinbach en longeant l'Erzenbach pour déboucher à l'aire de jeux place du Silberthal.

Niché dans le vallon de l'Erzenbach,Steinbacha formé jusqu'en 1847, une seule commune avec Cernay. Entièrement détruit pendant la Première Guerre, le village a été reconstruit. Son sous-sol riche en argent mais aussi en plomb, fut exploité pendant des siècles et les vestiges de ses anciennes mines subsistent au fond du vallon.

marathon-8.jpgLa joyeuse troupe reçue chez Anne Marie et Bruno

Le réapprovisionnement a bien lieu chez Anne Marie et Bruno... merci à eux, ils nous ont reçus à l'ombre d'un cerisier dans leur jardin. Que demander de plus ?? nous étions comme des rois…

Après ce moment de récréation, faut se bouger... il reste encore plusieurs kilomètres… au fait je ne vous ai pas présenté le groupe assoiffé de km : Dany et Marthe, Aldo, Claude, Joël, Rémy et Yves qui nous a concocté ce petit marathon… et bien entendu la mascotte Eliott. Nous quittons le havre de paix d'Anne Marie et Bruno pour Cernay, prochaine étape...

marathon-9.jpgsoulagement pour tous !! le parc à cigognes signale la jolie ville de Cernay.

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Le sentier longe notre bonne vieille Thur que nous sommes heureux de retrouver, moment de rafraîchissement car le thermomètre grimpe...

Cernay, sous la forme de Sennenheim est mentionné pour la première fois dans une charte de 1144 (Frédéric Ier Comte de Ferrette et Stéphanie d' Eguisheim son épouse fondent et dotent le couvent de Feldbach, ils lui attribuent un ensemble de vignes à Cernay «vineas de Sennenheim».

marathon-11.jpgLes Noues à Cernay

Noue, dans le dictionnaire désigne un terrain périodiquement inondé, ou encore terre grasse et humide fournissant des herbages pour le bétail... Il convient d'ajouter la notion hydrologique à savoir : espace à ciel ouvert, potentiellement multifonction, conçu de façon à pouvoir être temporairement inondé et se caractérisant par une forme longitudinale et un faible encaissement.

Dans la partie la plus urbaine, le débit de la Thur est contenu dans le lit de la rivière par des gradins en gabion anticrues qui bordent chaque rive, tandis que cinq ouvrages enterrés stockent les eaux pluviales amenées par des noues situées à proximité des immeubles d'habitation. Dans les jardins de la Thur, secteur plus chahuté par les eaux, les réservoirs d'eaux pluviales sont intégrés dans des talus reliés par des passerelles restant accessibles en cas de pluie centennale.

Dans les siècles passés, les biefs, les bisses étaient des petits canaux chargés d'amener l'eau aux roues à aubes ou aux turbines de moulins, de scieries ou d'usines de tissage. Ils permettaient également d'irriguer les prés et les prairies. Plus loin encore dans le passé, les Romains, grâce à leurs aqueducs, maîtrisaient déjà l'art du transport d'eau en suivant les courbes de niveau. Ces techniques d'un autre âge, pourtant propres et renouvelables, ont été abandonnées au profit d'autres pas forcément mieux...

Après cette agréable promenade le long des rives de la Thur, Wittelsheim est la prochaine étape.

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Devant nous... Wittelsheim, dans 20 minutes nous y serons… ensuite il reste une formalité… mais pas des moindres… rejoindre Wittenheim !!

Enfin Wittenheim pointe son nez, il est 18h30... la suite du programme, je vous laisse deviner !! après l'effort, le réconfort... Yves est aux commandes du barbecue, un fin connaisseur !! bon appétit.

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Une journée bien remplie de kilomètres, de franche rigolade, la bonne humeur a suivi les marcheurs... pour finir devant une bonne table, bravo, d'autres sorties sont programmées.

Marthe

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Published by Marthala - dans Alsace-Lorraine
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commentaires

yves 07/07/2010 07:48


Salut marthala,
a nouveau une histoire ou il ne manque rien, bravo, pour la marche un grand bravo à tous et un bravo spécial pour Aldo qui pour la première fois à fait un 40KM et un peu. Il faut reconnaitre que
les compagnons sont des vrais marcheurs.
@+ schmoutz