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15 mars 2011 2 15 /03 /mars /2011 11:16

Février 2011


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Nice est un vaste jardin ouvert sur la mer où les espèces tropicales, introduites au XIX ème siècle, se mêlent aux essences méditerranéennes. 300 ha d'espaces verts et de nombreux jardins privés font partie intégrante du paysage urbain. Rien d'étonnant à ce que Nice soit une des villes les plus fleuries et les plus verdoyantes de France.


À partir de 1860, sous l'impulsion de l'impératrice Alexandra Féodorovna, la colonie russe installée à Nice se développe imposant la création d'un lieu de culte orthodoxe. Il n'y avait, à Nice, aucune église du culte orthodoxe. Pour certaines cérémonies, les baptêmes et l'assistance aux mourants, il fallait faire appel aux aumôniers des navires de guerre ancrés à Villefranche. Pour d'autres, la célébration des fêtes religieuses et les mariages, il était nécessaire de se rendre à Marseille, où existait une église orthodoxe grecque, et ce voyage ne pouvait, à cette époque, se faire que par mer ou par diligence. C'est en 1857, lors du premier séjour de l'impératrice Alexandra Féodorovna, que fut décidée, sous son égide, et grâce à son généreux appui, la construction de l'église de la rue Longchamp. Son inauguration eut lieu le 31 décembre 1859. Pendant plus de 50 ans , elle fut un centre spirituel, non seulement pour les orthodoxes russes, mais aussi pour les chrétiens du même rite résidant dans la région., Grecs, Serbes, Roumains, Bulgares et autres.

 

Pendant la deuxième moitié du XIX ème siècle, la population de Nice, devenue ville française, avait plus que triplé. Elle était desservie par des voies ferrées qui la reliaient à Marseille et à Gênes. La colonie russe s'était accrue en proportion. Beaucoup de ses membres y avaient acquis des propriétés et y résidaient toute l'année. L'église de la rue Longchamp se révélait nettement insuffisante. Il fut d'abord question de construire une chapelle à Villefranche, qui était alors une base navale russe. Rapidement abandonnée… parce que son accès aurait été difficile aux habitants de Nice, mais aussi parce que les navires de la flotte russe avaient à bord leur propre chapelle ainsi que leur aumônier. On envisagea, d'autre part, d'aménager ou d'agrandir l'église de la rue Longchamp, mais la surface du terrain était trop exiguë pour augmenter l'espace réservé aux fidèles, même si on avait démoli l'église existante pour la remplacer. Un autre projet de construction sur une parcelle à l'angle des rues Verdi et Berlioz fut abandonné à cause du sol trop fragile.

 

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En janvier 1865, le prince héritier de Russie, Nicolas Alexandrovitch, beau et charmant jeune homme de vingt ans, vint chercher sur la Côte d'Azur, la guérison de la grave maladie dont il souffrait. Il s'installa dans l'un des pavillons de la villa Bermond. Sa mère, l'impératrice Marie Alexandrovna, s'établit dans l'un des pavillons de la villa Peillon, séparée par une simple haie de la précédente. Malheureusement il est trop tard, les médecins des plus célèbres, appelés à son chevet doivent se rendre à l'évidence… le jeune prince rend son dernier soupir le 12/24 avril 1865 dans les bras de son père, l'empereur Alexandre II, accouru de Saint Pétersbourg et de sa mère, entourés de nombreux parents et amis ainsi que de sa jeune et belle fiancée, la princesse Dagmarde Danemark. (le calendrier julien étant en retard sur le calendrier grégorien, le 12 avril correspond au 24 avril romain).Les obsèques sont célébrées à l'église de la rue de Longchamp, et les restes du prince sont transportés à Saint Pétersbourg sur un navire de guerre russe, la frégate «Alexandre Nevsky». Plus tard, l'empereur se rend acquéreur, à titre privé, d'une partie du vaste parc de la villa Bermond pour y construire une très belle chapelle commémorative selon les plans de l'architecte David Grimm (1823-1898) à l'emplacement même où son fils aîné avait rendu l'âme à Dieu.

 

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Consacrée le 26 mars 1868, elle fut longtemps un lieu de pèlerinage et s'orna de peintures, d'icônes et d'objets précieux, offerts pour la plupart par des régiments ou par des formations militaires dont le prince héritier était le chef. Elle reçoit toujours de nombreux visiteurs. La ville de Nice donna à la large voie proche de la chapelle le nom de «boulevard Tsarévitch».

 

Dagmar de Danemark, Marie Sophie Frédérique Dagmar de Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Glucksbourg (née le 26 novembre 1847 et décédée le 13 octobre 1928) était un membre de la famille royale de Danemark, devenue impératrice de Russie sous le nom de Marie Fedorovna (Maria Feodorovna ou Maria Fiodorovna). Surnommée Minnie par sa famille, Dagmar, belle-sœur depuis 1863 du prince de Galles, fut d'abord fiancée à l'héritier du trône de Russie, le grand-duc Nicolas, qui mourut à Nice en avril 1865 à l'endroit de la chapelle citée ci-dessus. L'année suivante, elle épousa le frère de Nicolas, le nouveau tsarévitch Alexandre Alexandrovitch de Russie (futur empereur Alexandre III). Au préalable, étant de confession luthérienne, elle se convertit à l'orthodoxie sous les prénoms de Marie Fedorovna écrit aussi en français Féodorovna. Morte en exil en 1928, elle est inhumée au Danemark, son pays d'origine, avant d'être transférée, le 26 septembre 2006 aux côtés de son mari à la Forteresse Pierre et Paul de Saint Pétersbourg.

 

En 1896, l'impératrice Marie Féodorovna, veuve de l'empereur Alexandre III, était venue passer l'hiver sur la Côte d'Azur, au Cap d'Ail. L'impératrice était accompagnée par ses deux fils aînés, Georges et Michel et de sa plus jeune fille, la grande-duchesse Olga espérant que la douceur du climat aurait une action bienfaisante sur la santé du prince Georges, âgé de 25 ans, gravement atteint de tuberculose. L'archiprêtre Serge Lubimoff se rendait fréquemment au Cap d'Ail remplissant le rôle d’aumônier auprès de l'impératrice et de sa famille. C'est donc par lui que l'impératrice connut les besoins spirituels et les inquiétudes de la colonie russe de Nice et de son désir d'y voir édifier une nouvelle église. N'était-ce pas à Nice que, trente ans plus tôt, elle avait eu la douleur de voir mourir son fiancé, le grand-duc héritier Nicolas Alexandrovitch ?

N'était-ce pas là que s'était précipitée sa destinée qui devait en faire l'épouse de l'empereur Alexandre III ?

 

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Façade de la cathédrale Saint Nicolas

 

L'impératrice fut immédiatement acquise à cette idée. Rentrée à Saint Petersbourg, elle s'assura des appuis nécessaires et, particulièrement, de celui de son fils, l'empereur Nicolas II, et, en 1900, elle accepta d'accorder son haut patronage à la «Commission pour la construction d'une nouvelle église orthodoxe russe à Nice». Suite à l'abandon du terrain initialement prévu, rue de Verdi, l'empereur Nicolas II voulut bien permettre que la nouvelle église soit érigée dans le parc Bermond, qui était une propriété personnelle, et qui était situé dans l'un des quartiers de Nice appelés au plus bel avenir. Il y a lieu de croire que le choix de l'endroit ne fut pas l'effet du hasard, mais eut des causes profondes, liées avec un lointain et triste passé, à des événements qui s'étaient déroulés bien des années auparavant, en ces lieux mêmes, qui avaient décidé de la destinée de l'impératrice Marie Féodorovan elle-même. C'est en effet, comme dit ci-dessus, dans l'un des pavillons de la villa Bermond qu'était mort, en 1865, le jeune prince héritier Nicolas de Russie. Les travaux commencèrent vraiment en 1903 sur un terrain offert par le tsar Nicolas II, mais durent s'interrompre dès 1906 par manque de crédit. Ils furent repris en 1908 et l'inauguration eut lieu en 1912. C'est aujourd'hui le plus grand édifice de ce type hors de la Russie.

 

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Elle est composée d'une coupole centrale, la plus importante et la plus élancée, entourée de quatre autres coupoles majestueuses, formant un ensemble harmonieux de lignes et de proportions caractéristiques de l'architecture religieuse de cette époque. D'égale pureté de lignes, mais plus riches en détails ornementaux, sont la tour du clocher revêtue de feuilles d'or véritable et les deux porches d'entrée. Il faut savoir que c'est la disposition du terrain choisi en premier lieu, à l'angle de deux rues d'importance égale, qui imposa à l'architecte, l'idée de réaliser deux porches d'entrée de même importance et d'aspect, un sur chacune des rues. La vaste étendue du parc où fut finalement édifiée l'église, permit de conserver cette disposition favorable à l'aspect architectural. L'extérieur est un mélange de briques roses, de marbre gris clair, de céramiques de couleurs vives et de tuiles vernies. À l'intérieur se trouvent des icônes, des fresques et des boiseries sculptées et peintes, représentatives de l'art orthodoxe russe, et forment un véritable musée.

 

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Autre fait troublant, on procéda solennellement à la cérémonie de la pose de la première pierre de l'édifice, le 12/24 avril 1903, date anniversaire du décès, en ces lieux, du prince héritier.

 

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L'un des porches d'entrée


Chacun des deux porches d'entrée constitue un ensemble d'une harmonie parfaite. Leur style, très pur est soutenu sans défaillance dans tous les détails. La richesse des marbres sculptés, des pendentifs, le dessin et la couleur des majoliques, les colonnes monumentales en pierre de taille choisie, tout frappe et retient l'attention des visiteurs. Les pyramides qui les coiffent sont ornées de tuiles de couleur, séparées par six nervures dorées, elles sont surmontées par des girouettes représentant l'aigle bicéphale, symbole de la Russie Impériale. On quitte un instant Nice et la France pour se laisser transporter en Russie…


Il y a plus de 40 ans que nous avons découvert cette merveille… revenir sur ces lieux nous procura toujours autant de plaisir mêlé de surprise !

 

Marthe

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Published by Marthala - dans PACA
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commentaires

yves 15/03/2011 11:50


Super commentaire nice est vraiment une belle ville shmoutz a demain