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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 18:01

Lundi 30 août 2010

Lorsque l'on parle de Saint Nectaire nos papilles réagissent automatiquement et pensent « fromage »... aujourd'hui je sais que cette commune détient un grand nombre de valeurs...

Saint Nectaire, vous connaissez sûrement, ne serait-ce que pour le célèbre fromage AOC aux odeurs de noisette. Mais saviez-vous que c'est aussi un charmant village en Auvergne, très touristique et réputé pour ses eaux ? On y vient aussi pour se ressourcer, et profiter du magnifique cadre auvergnat.

Saint Nectaire est en fait constitué de deux villages assez distincts : Saint Nectaire le Haut, situé sur le Mont Cornadore, dominé par sa magnifique église joyau de l'art Roman et Saint Nectaire le Bas réputé pour ses sources.

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L'église de Saint Nectaire qui se dévoile à des kilomètres de distance est une des cinq églises majeures d'Auvergne. Saint Nectaire est un compagnon de saint Austremoine. La fondation et la construction de l'église romane ont laissé peu de traces dans les documents de l'époque. On peut néanmoins penser qu'elle se situerait dans la seconde moitié du XIIème siècle. Elle est en tout cas citée dans les dépendances de l'abbaye de la Chaise Dieu en 1178. Les tours de la façade ont été reconstruites au XIXème siècle. En 1875, l'architecte Bruyerre reconstruit à neuf le clocher de la croisée et ajoute des décorations aux façades du transept.

Le peuplement du site est très ancien, on peut y trouver par exemple un dolmen. La qualité des eaux est reconnue depuis des temps immémoriaux, les Romains en parlaient déjà. Ce ne sont pas moins de 40 sources avec des eaux chaudes et arsenicales que Saint Nectaire possède.

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Ornementation classique en Auvergne sur le mur de fond des croisillons

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Le buste de Saint Baudine, compagnon de Saint Nectaire, évangélisateur de l'Auvergne, en bois recouvert de cuivre, peut être daté du XIIème siècle.

nectaire-4.jpgLe chœur à déambulatoire

Saint Nectaire – fromage de Roi

À la cour du Roi Soleil, le Maréchal de France Henri de la Ferté-Sennecterre vanta si bien les fromages de sa province que Louis XIV en fit servir régulièrement à sa table. Depuis le XVIIème siècle le Saint-Nectaire n'a cessé d'accroître sa notoriété.

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Après avoir été, pendant des siècles, presque uniquement consommé sur place par le peuple, le Saint Nectaire conquit, dans la deuxième moitié du XVIIIème siècle, l'aristocratie. C'est l'onctuosité de sa pâte et son délicat goût de noisette qui font sa renommée... À la ferme, le Saint Nectaire est fabriqué matin et soir. Il est affiné en cave naturelle souvent creusée dans le tuf volcanique.

Une autre merveille à Saint Nectaire, le site des fontaines pétrifiantes, une famille, deux siècles d'histoire...

Issue de bouleversements tectoniques violents, qui donnèrent naissance au volcanisme, l'Auvergne, et particulièrement le Puy de Dôme, conserve des traces d'un passé tumultueux. De cette activité géologique intense, jaillissent des sources chaudes et riches en sels minéraux que l'homme exploite depuis 2000 ans pour le thermalisme, et depuis 2 siècles pour l'industrie de la pétrification. Depuis 200 ans, la famille Papon exploite en Auvergne des sources au pouvoir étrange. C'est à Saint Nectaire que sa fabrique s'ouvre au visiteur. Après une approche géologique du phénomène volcanique, nous partons à la découverte de la grotte où jaillissent les sources pétrifiantes à plus de 50° et cheminons le long de ses 25 mètres de galeries d'épuration, entrons dans les ateliers de fabrication dans lesquels nous découvrons 2 siècles de savoir-faire familial pour découvrir la Fontaine Pétrifiante avec sa surprenante chute d'eau de 14 mètres. Pour finir, un tour dans la boutique où l'on peut admirer le résultat de cette alliance entre l'artisan et les richesses de la nature, que de belles choses...

nectaire-6.jpgarrivée des sources

C'est en 1819 que Jean Serre, aidé de son père Gilbert, ont eu l'idée de domestiquer ces eaux à Saint Nectaire au pied du massif du Sancy.

Le bassin hydrologique de Saint Nectaire compte 46 sources nomenclaturées. Vers 1884 parallèlement à l'exploitation thermale, 19 sources alimentaient 12 fabriques d'objets pétrifiés le long de la vallée du Courançon. Cette véritable industrie employait jusqu'à 60 personnes. Aujourd'hui, seules les Fontaines Pétrifiantes de Saint Nectaire ont su développer autour de ce phénomène de dépôt calcaire un véritable métier d'art. L'idée de contraindre des eaux à déposer leur carbonate de calcium sur des végétaux, des objets ou des animaux naturalisés date de la fin du 18ème siècle. Vers 1815, Jean Serre, familier des milieux scientifiques Clermontois envisage l'installation d'échelles de pétrification. Pour les alimenter en eau, il doit localiser les fissures suivies par les sources à canaliser.

Jean Serre va ainsi mettre au point l'art difficile des incrustations sur moulage et fonder alors officiellement en 1821 les Fontaines Pétrifiantes de Saint-Nectaire.

Pendant 50 ans Jean Serre, puis son gendre Michel Papon aidés de nombreux ouvriers, creusent 150 mètres de galeries et de puits sur 3 niveaux ; ils construisent des barrages empêchant les eaux captées de retourner directement à la rivière.

Les premiers essais d'incrustations sur moulage se font avec des créations sur plâtre et des moulages au soufre ou encore à la cire. Mais les contraintes de rigidité et de conservation de ces deux matériaux interdisent l'utilisation de matrices à motifs complexes.

nectaire-7.jpgdémoulage

Vers 1830, la Gutta-Percha, malléable à chaud, lève ces contraintes et révolutionne la technique de moulage. Introduite par Jean Serre puis améliorée par son gendre et collaborateur, Michel Papon vers 1840. Depuis, leurs descendants développent et perfectionnent le savoir-faire. En véritables artisans d'art, ils créent des incrustations d'une facture unique.

La Gutta-Percha (vierge) est une gomme végétale du type caoutchouc (latex) provenant d'un arbre implanté en Malaisie. Cet arbre est originaire d'Amazonie. Il est apparenté à l'hévéa. Ce caoutchouc a remplacé le soufre dès 1830 et reste de nos jours sans équivalent malgré les matières plastiques. Le temps de séjour des objets sur les échelles dépend de leur nature, de leur taille et de leur relief : 6 à 14 mois pour les moules de Gutta-Percha, 2 mois pour les objets en porcelaine brute, 2 à 3 ans pour les animaux naturalisés.

Chaque jour, des centaines de moules sont tournés manuellement afin d'obtenir un dépôt régulier et empêcher la formation de bulles d'air et de gaz qui laisseraient des trous nuisibles à la qualité des bas-reliefs. Deux fois l'an, il faut retirer le calcaire qui se dépose sur les marches des échelles, la couche pouvant atteindre 14 cm d'épaisseur.

nectaire-8.jpgEchelle de pétrification d'une hauteur de 14 mètres

Deux autres échelles de 25 et 28 mètres sont également exploitées afin de compléter la production.

nectaire-9.jpgLa visite se termine par une visite à la boutique exposant ces merveilles...

magnifique visite, fort intéressante !!

Marthe

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Published by Marthala - dans Auvergne
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commentaires

hotel la condamine 05/12/2010 13:51


Votre blog nous donne envie de retourner à Saint nectaire, félicitations.
Notre région est très belle aussi venez la découvrir.
http://hotellacondamine.over-blog.com