Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
11 février 2011 5 11 /02 /février /2011 14:55

Mercredi 2 février 2011

 

rougemont-1.jpg.jpg

les ruines du château de Rougemont le château

 

Aujourd'hui, la Chandeleur !! « Autrefois Chandeleuse » se fête le 2 février, soit 40 jours après Noël. Son nom vient du mot « chandelle ».

 

Si le deuxième de février
Le soleil apparaît entier
L'ours étonné de sa lumière
Se va mettre en sa tanière
Et l'homme ménager prend soin
De faire resserrer son foin
Car l'hiver tout ainsi que l'ours
Séjourne encore quarante jours

 

Évoquant aujourd'hui la coutume des crêpes, la Chandeleur est d'origine religieuse et aurait été instituée par le futur pape Gélase en 472. Tandis que le paysan y voyait jadis une sorte d'hommage à la déesse des Moissons, on pouvait assister à d'étranges rituels en ce jour de la Purification propice aux idylles champêtres, le cierge de la Chandeleur constituant un précieux talisman contre les mauvais coups du sort et les caprices du ciel. On organisait alors des processions aux chandelles le jour de la Chandeleur, selon une technique précise. Chaque croyant devait récupérer un cierge béni à l’église et le ramener chez lui en faisant bien attention à le garder allumé.

 

Entre temps, une autre tradition vit le jour : celle des crêpes. Cette tradition se rapporte à un mythe lointain selon lequel si on ne faisait pas de crêpes le jour de la Chandeleur, le blé serait carié pour l'année... on dit d'ailleurs : si point ne veut de blé charbonneux, mange des crêpes à la Chandeleur. De plus, chaque famille devait respecter la tradition de la pièce d'or. Cette tradition voulait que l'on fasse sauter la première crêpe de la main droite tout en maintenant une pièce d'or dans la main gauche. Cette pièce était ensuite enroulée dans la crêpe et déposée au-dessus de l'armoire de la chambre familiale jusqu'à l'année suivante. La pièce de l'année précédente était alors récupérée et offerte au premier pauvre croisé. Si tous ces rites étaient bien observés, le bonheur était assuré pour toute la famille... jusqu'à la chandeleur suivante bien sûr !!

 

Rendez-vous à Rougemont le Château pour l'assaut du Baerenkopf. Le village est situé au pied des Vosges du sud, à la limite entre la région de Franche-Comté et celle d'Alsace au point de jonction de deux anciennes voies romaines dont l'une reliait Langres à Strasbourg. Son nom, à l'origine Rubromonte ou Rubens Mons ou Rotenberg ou encore Rothenburg en allemand, est dû à la couleur de la roche affleurant à cet endroit. Actuellement chef-lieu de canton du Territoire de Belfort, la petite ville de Rougemont le Château faisait partie de l'Alsace médiévale par le biais du comté de Ferrette et était rattachée, jusqu'à la partition du Haut Rhin en 1871, au canton de Masevaux. La petite ville a, en effet, été créée par les comtes de Ferrette qui ont construit leur château urbain au pied de la montagne sur laquelle ils avaient déjà bâti la forteresse du Haut-Rougemont, ainsi que le château de Montori. Le village est traversé par la rivière Saint Nicolas qui prend sa source à 6 km dans le hameau du même nom au pied du Baerenkopf.


rougemont-2.jpg.jpg

Le ruisseau Saint Nicolas

 

Le départ de la balade se fait depuis la fouille l'Âne sur la route de Saint Nicolas. Une grimpette mène au hameau de Saint Nicolas blotti au creux de sa magnifique vallée, un havre de paix en toute saison, arrosé par la petite rivière qui prend sa source à 800 mètres d'altitude au pied du Baerenkopf. Son couvent, à l'origine, un orphelinat agricole confié aux dominicaines de Ste Catherine de Sienne. Rapidement traversé pour monter au carrefour du Trou du Loup où un oratoire dédié à la Vierge Marie attend les randonneurs. Une courte halte appréciée par tous avant de continuer l'ascension du Haquin puis le Mont Brûlé. Un peu sportive tout de même !!


rougemont-3.jpg.jpg

la vierge au carrefour du Trou du Loup


rougemont-4.jpg.jpg

Le Ballon Saint Nicolas est encore enneigé… c'est de saison !!

 

rougemont-5.jpg

Le Baerenkopf

 

Magnifiques paysages… la récompense du randonneur !! l'esprit libre, le marcheur avance sur le Ballon Saint Nicolas, à travers la forêt du Neuberg et rejoint l'abri du même nom pas très loin du Bruckenwald. Il est 11h53 juste à l'heure pour poser les sacs et reprendre des forces.

 

Le chemin du retour ne manque pas de charme… direction le Sudel. Le temps est si beau... et incite à lézarder au soleil. Une descente pour une visite à la Chapelle Saint Catherine et sa source. La chapelle que l'on découvre en pleine forêt, non loin du château féodal, est la troisième. Celle-ci construite à l'initiative de la famille de Gaston Ehrard, industriel et maire de Rougemont, est consacrée à Sainte Catherine. L'endroit devient rapidement un lieu de pèlerinage, car l'eau de la source Saint Catherine, située à côté de la chapelle, est réputée guérir les maladies des yeux.

 

Derrière la chapelle, les vestiges de la maison du moine mentionnée dès 1441. Des ermites s'y installèrent. Mis à jour en 1985, ce bâtiment comprenait trois pièces : une cuisine, au sol pavé de briques et de pierres avec, dans l'angle nord-ouest, l'embase et la sole d'un four à pain ; au centre, la seule pièce chauffée grâce à un fourneau à carreaux de poêle dont il subsiste le socle dans l'angle contigu au four à pain. Les éléments constituant ce poêle ont été retrouvés. Les carreaux à glaçure verte présentent pour moitié Saint Georges terrassant le dragon ou un vase avec trois tulipes ; de la troisième pièce il ne reste que la partie basse à usage de cave.

 

Ce lieu de pèlerinage restera important jusqu'à la fin du XIX ème siècle. Probablement, la chapelle actuelle est construite sur la première. La deuxième chapelle date de 1650, des comptes paroissiaux de 1727 à 1728 révèlent des offrandes soixante-quinze fois supérieures à celles trouvées dans le tronc de l'église du village de Rougemont...


rougemont-6.jpg

la chapelle Sainte Catherine

 

rougemont-7.jpg

la source Sainte Catherine

 

Revenir un instant sur ses pas pour emprunter le sentier qui conduit directement aux ruines du château.

 

Le retour dans le passé continue par une visite au château de Haut-Rougemont, appelé le « vieux château » situé au-dessus de la petite ville d'origine médiévale de Rougemont-le-Château. Ce château renaît de ses ruines et d'un oubli quasi total depuis qu'une équipe d'archéologues a entrepris de sérieuses fouilles en 1977. Les fouilles menées à Haut-Rougemont ont permis de mettre en évidence un château fort, militairement conçu. Un donjon cylindrique, enchemisé par les remparts protège du côté de l'attaque, le château bâti en bout de crête et séparé de la montagne par un profond fossé. Le bâtiment principal, le long de la muraille nord, comprend, au niveau inférieur des communs et au niveau supérieur, l'habitation seigneuriale avec oratoire, salle à manger et chambre à coucher. Il est flanqué d'une salle de gardes. D'autres bâtiments (forge, écurie, habitation...) et un puits ont été dégagés. L'accès au château s'effectue par une barbacane (avant-poste fortifié). Les amateurs de vieilles pierres s'y rendent et ne sont pas déçus. Pour franchir le fossé, un solide pont fixe remplace au XXI ème siècle un pont mobile ou levis qui devait être la première défense passive du château.

 

Situé à 736 m d'altitude, le château fut édifié par les comtes de Ferrette, très certainement vers la fin du XII ème siècle. À l’extinction de la lignée en 1324, il passe par héritage aux Habsbourg. Le château sera incendié et détruit à la fin du XIV ème siècle par Enguerrand de Coucy.


rougemont-8.jpg

La citerne du château

 

Au Moyen-Âge, l'eau est une préoccupation importante, et dans un château, en cas de siège de l'ennemi, il est important d'avoir une réserve pour plusieurs jours ! Mais comment avoir de l'eau ?

 

Primo : construire un château à côté d'une rivière ou détourner un ruisseau. Solution possible que sur les constructions en plaine… souvent, ces châteaux ne comportent pas de fossé mais des douves.

 

Secundo : pour les châteaux installés sur une colline, il est possible de forer un puits.

 

Tertio : pour la grande majorité des châteaux médiévaux construits sur un pog ou une haute colline rocheuse, le puits est impossible… La solution reste la récupération des eaux de pluie dans une citerne. Mais cette eau descendant des toits est chargée de poussières, il faut donc la filtrer.

 

À Rougemont, le puits était impossible, il fallait donc construire une citerne à filtration. Elle est de forme circulaire ce qui est classique. C'est un immense trou, dont les parois et le fond sont recouverts d'argile. Au centre, un couvercle protégeait l'orifice pour puiser l'eau potable. À l'extérieur, les eaux de récupération sont filtrées par le passage dans une succession de couches de galets, pierres et sable.

 

Retour à la fouille l'Âne par le Plainot à travers une magnifique forêt.

 

Après cette merveilleuse journée… ne pas oublier de confectionner les crêpes en hommage au soleil !!

rougemont-9.gif

 

à la semaine prochaine…

Marthe

Partager cet article

Repost 0

commentaires