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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 20:17

Mardi 21 décembre 2010

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Nous entrons dans la dernière phase de Noël... Père Noël, Father Christmas, Babbo Natale, Santaclaus, Weinachtsmann, Christkindel, il ne connaît pas de frontières, et pourtant il n'est pas bien vieux. Quelques textes le font apparaître au XIIIème siècle.

L'esprit de Noël c'est aussi une maison qui change de visage, qui se cache sous le houx et le gui, et où les fils d'or et d'argent tracent des arabesques. Chaque jour, un signe nouveau : une fenêtre du calendrier de l'Avent s'ouvre sur une promesse, une bougie qui éclaire la nuit, les aiguilles de pin qui parfument la pièce, les boules de verres, irisées ou multicolores, sortent de leur cachette annuelle. Émerveillement, rires émus, tant de souvenirs... Pour les chrétiens, la fête de Noël (du latin « natalis – naissance - nativité ») célèbre la naissance de Jésus, Fils de Dieu, le Sauveur attendu annoncé par les prophètes.

 

19 marcheurs sont au rendez-vous à Soultzbach les Bains, 9 heures. Notre ami Claude absent est retenue par une angine... bon rétablissement à lui. Une rapide grimpette mène à l'oratoire et à l'arbre de la Liberté qui surplombent le village.


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Oratoire et arbre de la Liberté à Soultzbach les Bains

 

Soultzbach les Bains : cité une première fois en 1211 « Sulcebach » de « Sulz » source salée et « Bach » ruisseau. Soultzbach est un village de défrichement tardif qui connut un rapide développement. Les seigneurs de Hattstatt le fortifièrent en 1275, devint une ville dont ils firent hommage au duc de Lorraine en 1294, contre argent comptant. Ils y possédaient aussi un château dès le 13ème siècle. À la suite de leur extinction en 1585, leurs héritiers, les Schauenburg, originaires d'Allemagne, transformèrent le château en hôtel de bains. Des bains, lancés vers 1615 furent fort appréciés aux 17ème et 18ème siècles par la haute société européenne comme lieu de cure et de loisirs. À la limite des bans de Soultzbach et de Guebershwihr, le château de Schrankenfels a été bâti au début du 13ème siècle par les seigneurs de Gueberschwihr. Au 14ème siècle il appartenait aux Hattstatt, au 15ème il était déjà en ruines.


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Les ruines du château de Schrankenfels

 

Une légende attribue à Blaeschen, gourmande génisse du jeune Frantz, la découverte de la principale source thermale de Soultzbach en 1603. Une source qui devait faire couler beaucoup d'encre (près de vingt ouvrages lui furent consacrés). Mais selon la version historique, la source était connue bien plus tôt puisqu'au début du XVIème siècle, Jacques de Hattstatt fit reconstruire la Maison des Bains (Badehus). Par ailleurs, des documents du XIII ème siècle mentionnent le village sous le nom de « Sulzpach » ce qui indique la présence d'eaux minérales.

C'est le propre d'une cité d'eau de renom d'attirer des visiteurs de marque … et on vit se précipiter des personnages illustres comme l'archiduc Léopold d'Autriche, le comte Eberhardt,dernier des Ribeaupierre, de grands bourgeois de Strasbourg et de Bâle, des hommes de sciences et même des poêtes. Le plus emblématique de ces visiteurs reste, sans doute, le célèbre séducteur italien Giacomo Casanova(1725-1798). En 1782, venant des Ardennes et se dirigeant vers Bâle, Casanova avait été attiré à Colmar par quelque intérêt de femmes. Il y entendit parler des eaux de Soultzbach et de la vie qu'on y menait et ne put faire autrement que d' y passer quelques jours. C'est là que se place une aventure défrayant longtemps la chronique des bains. Casanova, l'un des plus passionnés joueurs de son temps, y livra une partie de cartes durant 42 heures sans manger ni dormir… ce tour de force s'acheva par l'abandon de son adversaire, un capitaine français, qui perdit 50 000 francs en Louis d'or. Après ce fameux duel, il quitta les bains pour reprendre le cours de ses aventureuses pérégrinations !!

 

En été 1792, une visite sensationnelle vint illustrer l'histoire de la vallée de Munster et plus particulièrement celle de Soultzbach. Euloge Schneider, prêtre défroqué, jacobin sanguinaire, commissaire civil et accusateur public du tribunal révolutionnaire de Strasbourg, fit en effet un passage dans la station thermale afin d'y détendre ses nerfs surexcités !! Il y fut adulé par toute la société qui cherchait à gagner ses bonnes grâces. Nul ne désirait avoir maille à partir avec ce puissant et redoutable personnage. On festoya chez les citoyens et les citoyennes qui s'étaient hâtés de faire disparaître des belles nappes fines, les insignes brodées de la noblesse. De retour à Strasbourg, Euloge Schneider avait fort à faire pour ne pas laisser rouiller la guillotine. Le destin réserva à ce bourreau une fin guère glorieuse. Dans la nuit du 12 au 13 décembre 1793, le lendemain de son mariage avec une jeune fille de Barr, Saint Just, ami de Robespierre, le fit arrêter sous prétexte qu'il était entré à Strasbourg avec un luxe suspect . Il fut exposé, attaché à la guillotine, sur la place publique (future place Kléber) avant d'être transféré à Paris et guillotiné le 1er avril 1794.

 

Une longue montée régulière débouche devant la bifurcation du château du Haneck que nous ignorons pour grimper directement au château du Schrankenfels. Juste quelques mots sur les ruines du Haneck.


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vue sur la vallée de Munster depuis le château du Haneck

 

Ce petit castel a certainement été construit au XIIIème siècle, probablement à la suite d'un partage familial de son proche voisin, le Schrankenfels. Il passera successivement de la tutelle des chevaliers de Schrankenfels aux Hattstatt puis finalement aux Schauenburg. Le Haneck sera détruit pendant la guerre de Trente Ans pour ne jamais être reconstruit. À peine cinq minutes de marche séparent le Haneck du Schrankenfels au-dessus de la vallée du Krebsbach à 765 mètres d'altitude. Il ne reste que de faibles ruines perdues dans la végétation ce qui rend très difficile la lisibilité du plan de ce petit château.

 

Arrivés au château du Schrankenfels, nous nous octroyons un court repos avant de rejoindre le col de Wolfsgrübe à travers le Schlosswald. La Borne Jaune n'est plus très loin…


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le carrefour de la Borne Jaune


Du carrefour du Hundsplan, il reste à peine 15 minutes pour arriver à Osenbuhr… et notre repas de Noël. Je ne vous ai pas encore dit pourquoi les compagnons du mercredi marchent exceptionnellement le mardi... c'est tout simplement pour déguster un bon  pot au feu au Bon Chasseur à Osenbuhr ! Située au cœur de la forêt, la petite auberge est fort accueillante... bon choix pour le pot au feu qui était comme d'habitude, excellent… nous avons repris la route, la peau du ventre bien tendue... pour monter à la vierge du Bildstœckle.


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Du carrefour du Bildstœckle part un sentier menant aux ruines du château de Hattstatt. La dynastie prédominante à Soultzbach est celle des Hattstatt dont le château d'origine, le Haut-Hattstatt, est situé dans cette montagne entre Soultzbach et Guebershwihr. Dès 1250, ils s'assurent des biens de l'abbaye de Marbach située à proximité et font entourer le village d'une enceinte fortifiée en 1275. En 1504, Jacques de Hattstatt s'installe à Soultzbach avec son épouse Marguerite de Rathsamhausen. Nicolas de Hattstatt, illustre guerrier, séjourna souvent à Soultzbach entre deux campagnes militaires. Il mourut sans descendance en 1585 et avec lui s'achève la lignée. En 1603, les barons de Schauenburg prirent la succession des Hattstatt en héritant du village, du château et de la source.

 

L'eau a apporté charme et bien-être au village grâce à ses sources thermales et ses fontaines , symboles de vie et d'échanges sociaux. L'eau de Soultzbach est une eau bicarbonatée mixte, alcalinisante, diurétique et reconstituante, légèrement gazeuse en plus d'un goût agréable. Les derniers seigneurs de Soultzbach, les Schauenburg, avaient bien compris tout l'intérêt de l'utilisation médicale de la source… aux XVIIème et XVIIIème siècles, ils développèrent l'activité thermale en faisant construire des bains tout en logeant les curistes au château. Au XVIII ème siècle, on y mène grande vie et de brillantes fêtes alternent avec les séances de cure. Après une période de désaffection, les affaires reprennent au début du XIXème siècle et on commence à commercialiser l'eau en cruches... Sauvés une première fois par la famille De Gonzenbah, venue de Suisse en 1842, les bains allaient disparaître. Quant à la commercialisation de la source, elle fut brutalement arrêtée en 1993. Il semble que le rajout « les Bains » ait été donné entre les deux guerres afin de rappeler son passé thermal et prestigieux. Mais les bains passent de mode et la station thermale tombe peu à peu dans l'oubli. Le bâtiment des bains a définitivement disparu en 1976. En revanche, l'eau de Soultzbach ne connut jamais de déclin, exploitée de façon industrielle depuis la fin du XIXème siècle par les descendants de M. De Gonzenbach, elle est commercialisée aujourd'hui sous la société Carola de Ribeauvillé.

 

Du carrefour du Bildstœcklé, un sentier dévale au col de Marbach, rejoint le Stumpfenkopf dans la forêt de Wihr au Val pour arriver à Soultzbach les Bains par la grotte de Lourdes.


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La troupe des compagnons du mercredi souhaite à tous ses lecteurs :

 

UN JOYEUX NOËL !!


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Marthe et les compagnons

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Published by Marthala - dans Alsace-Lorraine
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commentaires

yves 24/12/2010 12:02


salut Marthala,
et bien à mon tour de souhaiter un joyeux Noël mes voeux pour la nouvelle annéeet surtout en montagne avec toute la bande
schmoutz
à tous