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12 août 2011 5 12 /08 /août /2011 16:08

Mercredi 13 juillet 2011

 

Fort Queyras, autrefois appelé Château Queyras, toponyme conservé par le village voisin, est un château médiéval qui se trouve à Château-Ville-Vieille.

fortqueyras-1Fort Queyras sur son piton rocheux

 

Orage annoncé … nous profitons de l'occasion pour visiter le Fort Queyras. Installé sur un verrou glaciaire, particulièrement imposant, Fort Queyras domine fièrement la vallée du Guil et Château-Ville-Vieille. Il est vraisemblable que le verrou glaciaire de Fort Queyras a été occupé depuis la plus haute antiquité par un oppidum qui contrôlait la vallée du Guil et permettait de surveiller les incursions susceptibles de venir de l'amont. Mais son existence n'est attestée qu'à partir du Moyen Âge. Il s'agit alors d'un château seigneurial qui, dans les documents du XIII ème siècle, est nommé castrum quadrati, d'où l'hypothèse selon laquelle le Queyras était la région contrôlée par ce castrum quadratum, ce château carré.

 

À quand remonte-t-il ? Sous quelle forme se présenta-t-il ? Il n'est pas possible de répondre avec précision à ces questions. Ce qui est certain, c'est que très tôt un ouvrage fortifié joue ici un rôle de défense contre les pillards, mais aussi le symbole de l'autorité. Celui-ci appartient, à la fin du Moyen Âge au Dauphiné, qui sera cédé au roi de France en 1349. Cependant en 1343, le Queyras, le Briançonnais ainsi que 3 vallées aujourd'hui italiennes (Oulx, Pragelato, Casteldelphino) se sont constituées en territoire quasi autonome : la République des Escartons, ne donnant à l'édifice qu'un pouvoir relatif. Le Fort subsiste comme témoin d'une époque où le cadre de vie était fort différent de ce qu'il est devenu.

fort-queyras-02.jpg

Fort Queyras et son donjon

 

C'est comme Château Delphinal que Fort Queyras entre dans l'histoire, les premiers textes qui font mention de lui remontent à 1260. Une description de 1339 fait état d'un donjon entouré de quelques celliers ou étables, le tout ceint d'une muraille. Selon toute probabilité, il s'agit du donjon actuel, dont l'aspect a sans doute changé dans ses détails, mais dont le gros œuvre est resté intact. Il domine de sa lourde masse, au nord le passage de la route dans le Collet où se nichent quelques maisons, au Sud l'étroite entaille où grondent les eaux du Guil.


fortqueyras-3-copie-1

La citerne à eau


Une construction sur le piton rocheux pose la question de son alimentation en eau, il faut attendre 1398 pour voir la réalisation de la citerne, creusée, qui recevra l'eau de ruissellement des toitures. C'est en 1770 que lui succède une adduction faite de chenaux de mélèze dont le captage se situe sur le versant sud, en deçà du hameau de Meyries. Ainsi l'eau descend jusqu'à Collet pour remonter jusqu'au château, et emprunte toujours le même chemin.

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On voit bien ici, la demi-lune

 

Bâti à 1400 m d'altitude sur le verrou glaciaire dominant les gorges du Guil, Fort Queyras impose sa silhouette caractéristique dans le paysage queyrassin. En raison de la position stratégique de ce verrou, il est probable qu'il ait été aménagé dès l'époque romaine. Dès 1265, la présence d'un château médiéval construit par les comtes d'Albon défendait le Queyras contre les bandes de pillards. Au XVI ème siècle, les guerres de religion ainsi qu'en 1695, l'assaut des troupes savoyardes concourront aux nombreuses modifications du Fort. Outre son rôle défensif, Fort Queyras servait de prison aux bandits ainsi qu'aux femmes accusées de sorcellerie.

 

Vauban vient inspecter la frontière des Alpes et dresse des projets pour rendre le château inviolable. Il prévoit une large extension de l'enceinte sur le front ouest et dote le fort au nord-est d'une enceinte entièrement nouvelle, avec escarpe, fossé, contrescarpe et demi-lune (en 1700).

 

Soucieux de construire sa « ceinture de fer » de fortifications qui protégeront effectivement le royaume pendant un siècle, il inspecte Embrun et Fort Queyras. De celui-ci il déclare « qu'il ne doit être estimé qu'à l'épreuve du mousquet ». Échauguettes et mâchicoulis protégeront donc la porte du fort.

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Échauguette

 

À la fin du XVIII ème siècle, on renforce la valeur de l'ouvrage en aménageant des batteries casematées.

fort-queyras-06.jpgchemin de ronde

fort-queyras-07.jpgexposition d'armures 

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Batterie Casematée Nord


Elle date de 1841-42 et abrite cinq canons judicieusement orientés. Elle répondait à la nécessité de retarder et même d'empêcher l'établissement du canon ennemi, sur le plateau du Rouet, situé juste en face. Cet ouvrage comporte 5 voûtes de 3,10 m de hauteur sous croisées d'ogives, 5 m de profondeur et 5 cheminées d'aération.

fort-queyras-09.jpg

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La caserne

 

Situé en plein cœur du parc naturel régional et installé sur un verrou glaciaire, Fort Queyras est un château-fort se distinguant par deux grandes périodes de construction. Le XIII ème siècle (Tours, Basse-cour, Haute-cour, Donjon, chemin de ronde, pont-levis …), le XVII ème siècle avec en évidence l'architecture élaborée par Vauban sous Louis XIV (Bastions, demi-lune, Escarpe, Contre-escarpe, échauguette …). À la fin du XVIII ème siècle, on renforce la valeur de l'ouvrage en aménageant des batteries casematées.

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pont-levis

fort-queyras-12.jpgEscalier de 70 marches

 

Crée à partir de 1784, cet escalier obscur compte 70 marches pour 12 mètres de dénivelé. Il dessert la basse enceinte crénelée ainsi que les redans qui s'ouvrent sur la droite. Le premier redan est agrandi en 1843 pour recevoir 2 canons couvrant l'aval. Cet escalier mène vers les anciens jardins du gouverneur.

fort-queyras-13.jpg


En 1940, il sert de garnison pour les éléments des Bataillons de Chasseurs Alpins. Situé en zone démilitarisée, il fut désarmé de 1940 à 1944 puis a servi de colonie de vacances dans les années 1950 et enfin rendu à la vie civile en 1967. De nos jours, le Fort vit une autre histoire, celle du patrimoine culturel, son élégance l'a conduit à être le héros du film «le Bossu» de Philippe de Brocca en 1997, des scènes de ripailles et de combats furent tournées à l'intérieur du fort, mais aussi de l'émission «la carte au Trésor» en 2004.

 

Avant de retourner à Ceillac, il est évident que nous cherchons la Demoiselle Coiffée de Molines.

À environ 5 kilomètres de Ville-Vieille, en direction de Molines, une forme étrange se dresse au milieu d'une forêt de mélèzes, une attraction que l'on ne peut manquer …

 

La Demoiselle Coiffée est une colonne de pierre, issue d'une moraine, coiffée d'un bloc de pierre plus large qui évoque vraiment un chapeau. Cette forme étrange est due à l'érosion naturelle d'une roche friable alors que le sommet est constitué d'une roche plus résistante. Il est vraiment dommage de ne pouvoir l'admirer depuis un belvédère de la route.


Le retour s'avère un peu laborieux, suite aux violents orages de la journée, la route de Ceillac est coupée pour cause d'éboulements … mais tout rentre dans l'ordre et nous arrivons à l'heure pour le dîner et le beau feu d'artifice en l'honneur du 14 juillet.

fort-queyras-14.jpg

la Demoiselle coiffée se dressant dans la forêt de mélèzes

 

à suivre ...

Marthe


PS: cliquer sur les photos pour les agrandir.

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Published by Marthala - dans Queyras
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