Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 15:31

26 et 27 octobre 2011

 

EgliseFerrette.png

 

Deux jours sur les sentiers au pays des comtes de Ferrette et source de l'Ill, la rivière de l'Alsace dans la partie nord du Jura. Le Jura alsacien où se succèdent vallons, cluses, magnifiques forêts de hêtres et de sapins sans oublier une multitude d'étangs, grasses prairies, falaises calcaires et gorges encaissées… Charmants et coquets villages aux maisons particulières avec leur colombage caractéristique, ou fermes isolées, le doux murmure d'un ruisseau, deci delà, une chapelle posée délicatement à l'orée d'un bois ou encore les formidables murailles du château du Morimont qui semblent encore raconter quelque légende d'antan … c'est ici le Sundgau, le Sud de l'Alsace et presque le bout du monde …

 

En Alsace, il est bien connu que les seules montagnes sont les Vosges, et on oublie trop souvent le Jura et la capitale du Sundgau, Ferrette qui niche à 600 mètres d'altitude et le Glaserberg qui culmine à 812 mètres et représente le sommet du Jura alsacien.

 

Les deux prochains jours seront pour nous un enchantement, nous allons vivre dans un environnement hors du commun entourés du doux murmure des sources et ruisseaux ... Vallée de la Lucelle, Morimont, Blochmont, Liebenstein des noms qui font rêver et que nous retrouvons toujours avec grand plaisir.

 

Nous partons de Ferrette, ancienne capitale du comté du Sundgau, charmante petite ville, enchâssée dans sa cluse de calcaire avec sa ville basse et sa ville haute. Dominée par ses châteaux et ses superbes falaises comme les Loechfelsen, Ferrette nous rappelle aussi nos belles balades à la Grotte des Nains.

 

DonBosco-2.jpg

Centre d'accueil Don Bosco

 

Un sentier grimpe rapidement au centre d'accueil Don Bosco que nous traversons pour nous trouver dans la belle forêt aux couleurs chatoyantes d'automne. Nous passons à quelques pas de la grotte du docteur Herrings. Grotte que nous avons visitée il y a peu de temps. En 1890, le Docteur Herrings se fixa comme médecin à Ferrette. Passionné d'archéologie préhistorique et pionnier de la spéléologie en Alsace, il consacra ses loisirs à l'exploration des grottes du Jura alsacien. Il trouva la mort en 1914, écrasé par un rocher dans une grotte à Bendorf, c'est la raison pour laquelle cette grotte porte son nom.


saboterie-3.jpg

Lieu-dit, la Saboterie Bendorf


Nous nous trouvons dans une pittoresque petite vallée, une cluse dans laquelle coule un ruisseau, le Grumbach. La dénivellation modérée du terrain fait que le Grumbach décrit de nombreux méandres qui sont à l'origine de son nom. Dans le temps, le Grumbach était fortement utilisé comme source d'énergie pour faire tourner des roues à eau (Wasserräder) installées le long de son cours. Sur une distance d'environ 2 km et demi on en dénombrait cinq, trois sont toujours en place dont une entièrement refaite, les deux autres ne sont plus opérationnelles. Dans le sens du courant on comptait la scierie Hoenner, la saboterie Meister, la scierie Schweitzer, le moulin Meister et la scierie Lutz …


liebenstein-4.jpg

Liebenstein à Liebsdorf


Direction Liebsdorf. La ruine du château de Liebenstein domine une ferme agricole sans doute installée dans la basse- cour et les dépendances castrales. Érigé sur un sommet rocheux dominant un vallon, le Liebenstein présente encore un donjon cylindrique placé du côté de l'attaque et totalement intégré au rempart dans lequel il semble s'enrouler. Il reste par ailleurs quelques pans de murailles démontrant que le château était de plan trapézoïdal.

levoncourt-5.jpg

 

Après 3 heures de marche à travers forêt nous apercevons à nouveau la civilisation et descendons à Levoncourt. Il est temps de penser à la pause repas … une aire de pique nique située en contre bas du château de Morimont nous tend les bras.


yves-claude-6.jpg

Joyeux anniversaires Yves et Claude

 

Nous levons le verre à la santé de nos compagnons Yves et Claude avant de passer à table … Après quoi nous reprenons la route et grimpons aux ruines du château de Morimont.

 

morimont-7.jpg chateaumorimont-8.jpg

auberge du Morimont

les ruines du château du Morimont

 

Cette belle et impressionnante ruine a une caractéristique, c'est le seul château d'Alsace en calcaire.

 

Sur un promontoire, entre les villages d'Oberlarg et de Levoncourt, à 522 m d'altitude, se dresse le château du Morimont. Construit avant 1183, la forteresse verrouille la haute vallée de la Largue qui représente l'un des axes de communication entre l'Alsace et la Confédération Suisse. Les courtines sont hautes et puissantes, des tours semi-circulaires renforcent l'impression d'invulnérabilité. Il y en a 7 de formes et tailles différentes. Presque toutes comportent des bouches à feu avec une ouverture impressionnante, certainement de la fin du 15 ème siècle, prévues pour un tir horizontal, le plus dévastateur à cette époque. Détruit une première fois en 1228 par les troupes de l'évêque de Strasbourg opposées au comte de Ferrette. Reconstruit, il est acquis en 1271 par l'évêque de Bâle.

 

En 1324, meurt le dernier comte de Ferrette, son héritage passe aux comtes de Habsbourg dont les Morimont deviennent les vassaux. Il fut par la suite détruit par le terrible tremblement de terre du 8 octobre 1356. En 1582 les Morimont vendent le château aux comtes Ortemberg-Salamanca, originaires d'Espagne qui le gardent jusqu'à la guerre de Trente Ans (1618-1648). Occupé par les troupes suédoises à partir de 1632, il fut détruit par les Français en juillet 1637. Le château qui comptait parmi les meilleures forteresses d'Alsace ne fut pas reconstruit et servit de carrière. Il fut doublé d'un manoir auberge en 1755 par les nobles de Vignacourt, seigneurs de Morimont depuis 1641. Les ruines du château sont déclarées bien national et vendues à Joseph Bruat, juge au Tribunal civil d'Altkirch et revendues, en juillet 1808 à un nommé Aaron Meyer natif de Durmenach installé à Genève. Depuis le 1er octobre 1841, la ruine est classée monument historique.

 

Ces ruines sont surtout connues pour son grand souterrain voûté, unique en Alsace, situé sous le bâtiment seigneurial (57 m de long sur 10 m de large pour une hauteur de 5 mètres).


chateaumorimont-9.jpg

Salle voûtée du château du Morimont

 

Le serment du Jura. La salle voûtée a servi de décor au Serment du Morimont en 1826. Un groupe de patriotes jurassiens (Xavier Stockmar, Louis Quiquerez et Olivier Seuret) s'y retrouvèrent et firent le serment de délivrer le Jura de l'oligarchie bernoise. Cet acte fut le point de départ de la lutte qui mena en 1979 à la création de la République et Canton du Jura, 23 ème canton suisse. C'est ainsi que le château du Morimont entra dans l'histoire du Jura suisse.

 

chene-10.jpg

 

Comme, à chaque passage au Morimont, nous ne manquons pas de saluer, le gros chêne à quelques pas des ruines avant de revenir sur nos pas et grimper aux Ébourbettes.


ebourbettes-11.jpg


Ici passe la frontière franco-suisse. Un panneau suisse informe que le franchissement de la frontière n'est autorisé que de jour par les promeneurs à pieds ou à bicyclette munis des documents et avec des marchandises n' excédant pas la limite des tolérances.

 

La ferme des Ébourbettes, à quelques pas de la frontière suisse, servait, pendant la Seconde Guerre Mondiale, de base clandestine pour le passage des résistants et de tous ceux qui refusaient l'enrôlement de force dans la Wermacht. C'est en ces lieux, le 26 avril 1942, qu'à eu lieu la célèbre évasion en Suisse du Général Giraud. Pendant que la propriétaire des lieux s'entretenait avec le soldat chargé de surveiller la frontière, le futur responsable du Comité Français de Libération Nationale, accompagné de passeurs, s'éclipsa dans les profondes hêtraies suisses pour rejoindre Alger quelques temps plus tard.

 

Lucelle n'est plus très loin … c'est d'un bon pas que nous arrivons au bout de notre première journée. Nous passons devant le cimetière qui éveille la curiosité des visiteurs. Au nord de l'ancienne abbaye, le cimetière de Lucelle est encore utilisé actuellement. Quelques monuments funéraires en fonte datant de 1860 sont encore visibles. Ils proviennent des fonderies Paravicini. Les installations sidérurgiques de la région de Lucelle ont profité de la force hydraulique des cours d'eau. Aucun de ces bâtiments d'usine ne subsiste, bien que certains étaient encore en fonction il y a 120 ans. Une première forge avec affinerie fut installée à la fin du XVII ème siècle par l'abbaye de Lucelle et considérablement développée dès 1817. Les installations de dérivation du ruisseau et les aménagements de murs le long de la berge sont encore visibles. On y trouve également, sur les bords de la Lucelle, une bonne concentration de scories de forge et de haut fourneau, la grande partie étant recouverte par le pré.

 

Après la destruction de l'Abbaye à la Révolution française, le site de Lucelle fut aménagé en une importante usine de production du fer avec haut fourneau. La force hydraulique était assurée par les eaux de l'étang de Lucelle. L'étang lui-même est bien plus ancien. Il est mentionné déjà en 1516.

 

L'imposante captation d'eau est bien visible à l'est du barrage.

 

Le fer dans le Jura est une longue aventure qui a traversé les siècles, et même les millénaires … Une aventure qui a contribué à façonner l'esprit de la population. C'est elle qui a conduit lentement à l'industrialisation de toute la région. Mais l'aventure du fer, c'est surtout l'aventure des hommes d'ici et d'ailleurs qui, au rythme des évolutions, ont rêvé et souffert pour réaliser de grandes choses. Les premiers contacts ont vu l'arrivée de nouveaux outils. Quelle facilité de pouvoir labourer la terre avec un soc de fer !! Certains ont par la suite importé les connaissances nécessaires pour construire des fourneaux capables de transformer le minerai en une masse forgeable. Que d'essais .. pour arriver à un résultat valable.

 

Il faut aussi noter l'aventure des mineurs … fins connaisseurs des caractéristiques du terrain. Ces derniers qui, au début trouvaient le minerai à fleur de terre, creusèrent toujours plus en profondeur pour s'enfoncer dans des boyaux peu stables jusqu'à 130 m sous terre... (informations trouvées sur divers sites internet).


lucelle-12.jpg

Une fois encore, nous levons nos verres à la santé d'Yves et Claude

 

La journée festive s'achève au Centre Européen de Rencontres où nous passons une bonne nuit.

 

À demain pour le retour à Ferrette …

Marthe

Partager cet article

Repost 0
Published by Marthala - dans Alsace-Lorraine
commenter cet article

commentaires

yves 21/11/2011 17:36

salut Marthala,
un mot super schmoutz
yves