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8 janvier 2011 6 08 /01 /janvier /2011 12:12

Mercredi 29 décembre 2010


pour boucler 2010 !

 

Mulhouse serait née un soir d'hiver...


Selon une légende, en 58 avant J.C., Jules César arriva en Alsace par la Trouée de Belfort afin de bouter les Germains au-delà du Rhin. Les troupes des Germains étaient conduites par le roi Suève Arioviste. Les deux armées les plus redoutables de l'époque s'affrontèrent dans un terrible combat dans le sud de l'Alsace (actuel lieu-dit l'Ochsenfeld entre Wittelsheim et Cernay. L'armée d'Arioviste fut vaincue et les Romains victorieux pourchassèrent et massacrèrent les Germains dans toute la plaine. Un jeune guerrier germain qui fuyait les Romains et tentait de regagner le Rhin, aurait été retrouvé blessé près d'un moulin à l'emplacement actuel de Mulhouse. La fille du meunier l'aurait recueilli et se serait mariée avec lui. D'autres Germains en errance vinrent les rejoindre et épousèrent des filles de la région. Ils s'établirent autour de la « maison du moulin ». Leurs descendants seraient les Mulhousiens. Ceci explique le terme de Mülhausen qui se traduit « maison du moulin » en allemand, et le blason de la ville représentant une roue de moulin à eau.


mulhouse-1.jpg

une façade de maison


Le drapeau mulhousien est flammé de vingt pièces rouges et blanches avec un canton armorié qui reprend la Roue de Mulhouse. Il fut le drapeau officiel de la République de Mulhouse jusqu'à la Réunion en 1798.


mulhouse-2.jpg


Mulhouse est mentionnée pour la première fois dans un document daté de 803 sous Mulinhuson. Il s'agissait alors d'un groupe de quelques maisons autour d'un moulin que faisaient tourner les eaux parfois tumultueuses de l'Ill. Le moulin jette les bases d'une activité économique, lui donne son nom et la roue, qui, aujourd'hui encore, la symbolise... L'empereur Frédéric Ier , dit Barberousse, séjourna à deux reprises à Mulhouse en 1153 et 1186. Il éleva la cité au rang de « Ville libre de l'Empire » en 1163. Après son mariage en 1156 avec Béatrix, héritière du comté de Bourgogne, Frédéric Ier fait de Mulhouse une véritable place forte qui devient la clé du royaume de Bourgogne. Il semble établi que Barberousse ait pris des initiatives de nature à favoriser le développement économique de la petite cité. En 1354, la ville rentre dans l'Alliance des dix principales villes d'Alsace qui sera reconnue sous le nom de Décapole. Après 1450, la ville et désormais république de Mulhouse se rapproche des cantons suisses, rejoint leur alliance et devient ainsi l'alliée du roi de France... En 1308, le statut de ville d'Empire lui donne une quasi-indépendance. Ses alliances avec les cantons suisses (Mulhouse obtient le statut de canton allié en 1515) et le royaume de France lui permettent de préserver son autonomie et d'être épargnée par les conflits qui mettent l'Alsace à feu et à sang, comme la guerre de Trente Ans. La République de Mulhouse parvient à sauvegarder son indépendance jusqu'au 4 janvier 1798, date à laquelle les citoyens ont dû voter pour l'intégration à la France.

mulhouse-3.jpgUne autre façade de maison

Samuel Koechlin (1719-1772), Jean Jacques Schmalzer (1721-1797) et Jean Henri Dollfus (1724-1802) trois précurseurs de l'industrie mulhousienne, vont entrer dans l'histoire et fournir la cour de France. C'est le début de « la mode de Mulhouse ». Devant le succès rencontré par ces « indiennes », les ateliers d'impression se multiplient. De nombreux Mulhousiens changent même de profession pour se lancer dans l'entreprise. Très vite, cet esprit va développer la ville entière et les manufactures envelopper l'ancienne ville dont les remparts et les portes éclatent presque partout. La population passe rapidement de 7 000 âmes à un peu plus de 100 000, en raison de ce foisonnement industriel qui fera très vite de Mulhouse « la ville aux cent cheminées »... le futur Manchester français !!.

Dès la fin du XIXème siècle, de nombreuses manufactures voient le jour et prospèrent pendant cette période. L'aménagement du Nouveau Bassin se termine au début des années 1870. C'est un véritable port fluvial où les péniches du canal du Rhône au Rhin livrent le charbon dont les usines ont besoin, grâce à un tramway à vapeur. Quelques années plus tard, l'électricité s'érige en révolution et galvanise l'essor économique. Le premier tramway électrique est mis en circulation, une école de chimie est construite, le téléphone est installé en 1882 et la première centrale électrique est créée en 1888. Mulhouse l'industrieuse est marquée, entre autres, par la création et l'essor de la Société alsacienne de construction mécanique (SACM) ou Giesserai, du complexe textile Dollfus Mieg et Cie (DMC) et, au début du XXème siècle, par l'exploitation des mines de potasse qui se caractérise par une véritable explosion démographique (émigration polonaise).

La guerre de 1870 puis le traité de Francfort vont entraîner la fuite d'une certaine élite mulhousienne, essentiellement vers Paris et outre-Vosges comme par exemple : le célèbre manufacturier Alfred Koechlin (1829-1895) également connu sous le nom d'Alfred Koechlin-Schwartz suite à son mariage avec Emma Schwartz qui deviendra maire du 7ème arrondissement de la capitale, puis élu député du Nord. Sa propriété de l'Ermitage à Mulhouse se transforma en Waldschule (école de plein air). Dès 1882 on voit sillonner le réseau de tramway à travers Mulhouse, au départ initial du Nouveau Bassin. La cité du Bollwerk devient ville de garnison avec de forts contingents militaires.

mulhouse-4.jpgAncienne école de chimie (aujourd'hui à l'Illberg)

L'École supérieure de chimie, de réputation européenne attire de nombreux Anglais amenant avec eux, la culture du football et qui contribuent à créer le FCM 93. Les Wennables, Mac Donald, Oscar Alliston... apportent dans leur malle un ballon de football et forment une équipe avec quelques condisciples. Nous sommes en 1892 et l'Alsace est territoire de l'Empire allemand depuis la guerre de 1870...

mulhouse-5.jpgla sous-préfecture à Mulhouse en 2010

La réunion de Mulhouse à la France en 1798 devait apporter à la petite cité manufacturière, paix et prospérité, pensaient les partisans du traité... Relevant de l'arrondissement d'Altkirch où se trouvait la sous-préfecture, les Mulhousiens furent allergiques aux Bourbons. « Il est extraordinaire de trouver un Mulhousien dévoué au Roi » notait, en 1821 le préfet du Haut Rhin. Ce que confirme un écrit anonyme de la même année : « ils se donnèrent à la République française et non à la dynastie des Bourbons. »...

Suite à l'explosion démographique et les nécessités administratives, jouant habilement de la « peur sociale » du pouvoir, Mulhouse obtient, par décret du 17 novembre 1857, son érection au sein du département du Haut-Rhin – dont le chef-lieu reste Colmar – en une sous-préfecture dont le rôle ne va cesser de s'affirmer. C'est ainsi que la sous-préfecture, implantée à Altkirch, fut transférée à Mulhouse en 1857. La première sous-préfecture s'installa dans le prestigieux Nouveau Quartier, à quelques pas de la Société industrielle, lieu du pouvoir industriel et donc réel de Mulhouse, ce qui constitue aujourd'hui le Square de la Bourse. Installée dans l'immeuble du numéro 10 de la rue de la Paix – (aujourd'hui avenue du Mal. Joffre) à quelques pas du café Altenberger, ancêtre du Café Moll et ce jusqu'en 1866. Vraisemblablement à l'étroit, la sous-préfecture emménagea dans le bel immeuble particulier construit après 1778 par un certain Samuel Vogel sur l'emplacement de l'ancienne Cour du Chapitre de Bâle, au coin de la rue des Maréchaux et de la rue du Sauvage. Elle y resta jusqu'à l'annexion de l'Alsace par la Prusse en 1871. Elle est remplacée par une « Kreisdirektion ».

Cette dernière doit se sentir à son tour à l'étroit, l'Empire allemand fait construire, en 1882, l'immeuble qui abrite encore aujourd'hui l'actuelle sous-préfecture, à l'angle de l'avenue Kennedy (ancien Quai du Fossé et boulevard du Mal. Pétain de 1919 à 1940) et de la rue d'Alsace. En 1918, tout naturellement les services sous-préfectoraux prendront le relais de la « Kreisdirektion ». Afin de disposer de plus de place, la sous-préfecture changera à nouveau de bâtiment. Elle quittera, au courant du second trimestre 2011, ses locaux de l'avenue Kennedy pour les locaux de l'ancienne Société commerciale des potasses et de l'azote, en face de la gare.

mulhouse-6.jpg

C'est dans la rue des Franciscains que se trouve l'hôtel Loewenfels… avec son décor rocaille, l'une des plus belles demeures des manufacturiers du XVIIIème siècle. Construit après 1760 pour le fabricant et négociant d'indiennes J.Jacques Fehr, en un style qu'on rencontre également à Bâle.

mulhouse-7.jpg

Fresque de Daniel Diminski, angle rue Jacques Preiss et rue de la tour du Diable. Elle représente la cérémonie de la « réunion » de Mulhouse à la France en 1798.

mulhouse-8.jpgSquare de la Bourse

Pour que la ville ne s'étende pas de façon anarchique entre le fossé de la Sinne et le canal, on conçut, à l'initiative des deux plus grandes dynasties d'industriels mulhousiens (les Koechlin et les Dollfus), un aménagement ordonné, géométrique, le Nouveau Quartier. Réalisé entre 1827 et 1829, en un style Empire inspiré par la rue de Rivoli à Paris, ce quartier s'organise autour d'un jardin triangulaire, le square de la Bourse,et d'une place circulaire appelée initialement place Charles X, aujourd'hui place de la République. Ce bel ensemble, avec l'hôtel de la Société Industrielle de Mulhouse (SIM) a subi des dommages lors des bombardements de la gare en 1944, mais a pu être restauré. C'est le cœur du Nouveau Quartier. Nicolas Koechlin établit dans l'hôtel de la SIM les trois moteurs du dynamisme mulhousien, à savoir: la Bourse, la Chambre de Commerce et la Société Industrielle. Au premier étage de la partie centrale, la grande salle de réunion. Les ailes servaient d'appartements aux Koechlin et aux Dollfus. L'hôtel avait été financé par N.Koechlin. Les deux autres côtés de la place correspondent aux alignements des maisons toutes semblables extérieurement, aux rondeurs élégantes des arcades s'oppose l'horizontalité d'un fin balcon continu. La bourgeoisie s'appropria cet espace, de même que la rue Clemenceau voisine et un peu plus loin la rue de la Porte du Miroir.

Le Nouveau Bassin offre aujourd'hui une image en total contraste de ce qu'il fut quand les péniches venaient accoster au bord de cette dérivation du canal du Rhône au Rhin, réalisée seulement à partir de 1870, alors que le canal était achevé depuis 1829. Du coup, le Vieux Bassin, face à la gare, est désaffecté. C'est ici qu'arrivaient les marchandises, notamment le charbon. Trois grues assuraient les transbordements. Les lignes de tramways servaient aussi au transport des marchandises, y compris le charbon à destination des nombreuses usines de la ville. Métamorphosé en une oasis renaturée dont les eaux de bonne qualité font la joie des pêcheurs et les berges vertes le plaisir des promeneurs.

mulhouse-9.jpgLe Nouveau Bassin et la Filature

mulhouse-10.jpgautres emblèmes de Mulhouse la tour du Bollwerk et la Tour de l'Europe

La Tour du Bollwerk,une tour de flanquement greffée au XIVème siècle sur l'enceinte déjà existante depuis environ un siècle. Cette tour a longtemps dominé le Bollwerk (bastion) proprement dit, construit par après, pour rendre plus difficile le franchissement des fossés. Ce bastion a été rasé au XIXème siècle pour laisser place au cimetière du parc Salvator. L'ouvrage subsistant est donc la tour du Bollwerk, radicalement remaniée en 1892, dotée d'une nouvelle toiture et d'une fresque représentant un épisode héroïque de la vie locale. Le mur d'enceinte encore relativement intact de part et d'autre de la tour, fut percé de deux baies.

À deux pas… la tour de l'Europe! La place de l'Europe était, il y un peu plus d'un demi-siècle, un espace usinier. L'ancienne usine textile de la Dentsche (Schlumberger Fils et Cie) avait cessé ses activités en 1934 et fit place à un nouveau centre plus fonctionnel. Dans les années 1960-70, tout le secteur de la Porte Jeune est remodelé. La place de l'Europe est alors créée et ornée des armoiries des villes d'Europe. Elle est dominée par la Tour, imaginée par l'architecte mulhousien François Spoerry et inaugurée en 1972. De forme triangulaire, elle représente les trois frontières, France, Allemagne et Suisse. Malheureusement les beaux blasons sont enlevés lors des travaux de démolition en mars 2007 au profit du nouveau centre commercial. (Il existe un magnifique livre sous le nom de Place de l'Europe – Genèse d'une ambition mulhousienne avec textes d'Edouard Boeglin et photographies de Paul Kanitzer – mise en pages par J.Daniel Gissinger aux Éditions Cêtre 2007) dans lequel vous trouverez tous les magnifiques blasons enlevés ainsi que toutes les explications concernant les villes concernées.)

mulhouse-11.jpgLe Klapperstein ou Pierre des bavards

Le Klapperstein (pierre des bavards) est mentionné dès 1576. D'un poids de 12 kg environ, il était attaché » au cou des personnes médisantes. Celles-ci devaient faire le tour de la ville, un jour de marché, assise à l'envers sur un âne. On l'utilisa pour la dernière fois en 1781. Une copie est accrochée sur la façade de l'hôtel de ville, côté Guillaume Tell. L'original étant exposé au Musée Historique. Ci-dessous la traduction de l'inscription allemande :

On m'appelle la pierre des bavards, bien connue des mauvaises langues : qui est d'humeur querelleuse et médisante sera contraint de me porter par la ville.

mulhouse-12.jpgLa gare et le port de plaisance en avril …

 

Situé sur le canal du Rhône au Rhin, face à la gare SNCF, le port de plaisance, de nos jours, un petit air de vacances au cœur de la cité...

 

Les rues qui partaient du Nouveau Quartier débouchaient sur le canal et le bassin, alors qu'il n'était alors pas encore question de chemin de fer et de gare. Les travaux de creusement avaient été entrepris en 1810. On y employa plus de 1 000 prisonniers de guerre espagnols... La partie qui traversait la ville fut achevée en 1812. L'œuvre entière ne fut terminée qu'en 1834, mais la partie comprise entre Mulhouse et Besançon put déjà être mise en service en 1830. Deux ponts franchissaient la voie d'eau créée, le pont de Riedisheim et le pont d'Altkirch.

 

Les péniches s'arrêtaient au quai en vue du déchargement des matériaux. C'est surtout le charbon qui est acheminé vers Mulhouse. Le niveau des quais sur le côté sud du bassin était plus bas qu'aujourd'hui et le niveau du bassin était d'un mètre plus haut qu'actuellement. Le bassin avait d'ailleurs le double de sa surface actuelle. On éprouvera bientôt le besoin d'un nouveau bassin de déchargement, plus vaste, malgré que le premier bassin fut agrandi en 1837. C'est au Nordfeld que fut creusé le « Nouveau bassin » terminé en 1872 dont je vous ai parlé plus haut. En 1836, Nicolas Koechlin, entreprit l'œuvre qui devait être le couronnement de sa vie, la création des premières voies ferrées d'Alsace. Ce fut en premier lieu, le tronçon de Mulhouse - Thann, inauguré en 1839 qui constituait en quelque sorte un banc d'essai pour la voie ferrée plus importante qui devait relier Strasbourg à Bâle en passant par Mulhouse. Cette dernière voie fut achevée en 1841 et s'inscrivait dans le plan, réalisé par la suite, des chemins de fer de l'est de la France en jonction avec les futurs réseaux d'Allemagne. Il appuie de toute son énergie la réalisation de la ligne de chemin de fer Paris-Strasbourg et meurt trois jours après son inauguration, le 15 juillet 1852...

 

En 1839, la liaison Mulhouse-Thann fut la troisième ligne ferroviaire ouverte en France…, le 12 décembre 2010 c'était le premier Tram-Train du genre en France qui reliait la gare de Mulhouse à celle de Thann Saint Jacques !! Le projet tram-train, né dans les années 1990 a enfin vu le jour. Il emprunte successivement le réseau du tramway urbain de Mulhouse, puis la voie ferrée jusqu'à l'arrêt de Thann-Saint-Jacques.

Construite en 1840, la première gare de Mulhouse se situait dans l'enclos actuel de la SACM, à droite de la voie ferrée Mulhouse-Thann et non pas entre le canal et le Cockrouri comme on pouvait le penser... La deuxième gare se trouvait en retrait par rapport à la gare actuelle. Elle a été construite en 1842 après l'inauguration de la ligne de chemin de fer Bâle – Strasbourg.

Mais qu'est ce donc que le Cockrouri si cher aux mulhousiens ? ce n'est autre que l'amoncellement des tonnes des scories produites par l'ancienne fonderie qui s'étendait juste de l'autre côté de la voie ferrée.


Sous le bitume mulhousien, des rivières oubliées... Mulhouse est longtemps restée une sorte de « petite Venise »… s'en suivit le comblement de ruisseaux. Les noms de rues perpétuent le souvenir des ruisseaux qui y coururent autrefois : la rue du Moulin, la rue des Tanneurs, la rue du Mittelbach, la rue de la Sinne et le « Graben » le Quai du Fossé devenu la pompeuse avenue du Président Kennedy. D'autres noms ont été complètement oubliés comme la Dentsche, ( qui est la Digue et pour cause, c'est là que se situait le point de jonction des canaux entourant le Vieux Mulhouse, la petite ville enserrée dans l'enceinte fortifiée d'antan), au profit de la Place de l'Europe ou encore le Steinbaechlein, converti en Pierrefontaine. Aujourd'hui, ces ruisseaux courent toujours sous les rues et les avenues par les égouts ou les canaux sous-terrains de la ville...

La plupart de ces cours d'eau étaient tributaires de l'Ill, dont on est en droit de considérer qu'elle traversait autrefois la cité en son milieu avec tous les méandres que cela implique.

 

La Sinne était une dérivation de l'Ill qui coulait jadis à découvert. Entrepris en 1859, les travaux d'enfouissement, de la Fonderie jusqu'au delà de la tour du Bollwerk durèrent jusqu'en 1866. La rue de la Sinne, ancien ruisseau comblé relie la porte du Miroir à la place de la République. Le Traenkbach (abreuvoir), autre ruisseau domestique, servait jadis de douves le long des remparts. À la Belle Époque, le cours d'eau n'était pas encore comblé. Le passage couvert du centre ville, connu aussi sous le nom de Mittelbach (rivière du milieu), était un autre ruisseau comblé qui longeait les remparts. Cette verrière commerçante existe toujours et l'eau circule encore sous ce passage piétonnier.

 

Un canal de décharge, rebaptisé canal de l'Ill est construit en 1846 pour évacuer le surplus des eaux de l'Ill en cas de crue, évitant ainsi les inondations dont Mulhouse était coutumier. L'Ill disparaît à nos yeux... à Mulhouse, si jadis elle se divisait en plusieurs bras qui formaient les douves de l'enceinte fortifiée du XIXème siècle, elle fut aménagée de manière à éviter les inondations. Un bras entre dans le périmètre de l'ancienne Fonderie et coule sous terre jusqu'à l'extrémité du Nouveau Bassin. Un peu plus loin à Illzach, elle est rejointe par la Doller. L'autre bras, dûment aménagé à partir de 1846, est devenu « canal de décharge » ou canal de l'Ill. À partir du pont des Fabriques, et jusqu'au pont de la rue de Strasbourg, le canal coule sous la dalle (réalisée en 1906/07) d'un parking puis sous le marché et même sous la grande halle du marché du canal couvert.

 

La Belle Époque de Mulhouse fit couler de l'encre... quand Mulhouse donne le ton à la mode parisienne dont madame de Pompadour, en son temps, vantait déjà les merveilles. Ses grandes qualités furent évoquées par Stendhal dans « le Rouge et Noir »


sources: Mulhouse – Contades – le Temps des Cités

Histoire de Mulhouse des origines à nos jours (éditions DNA ISTRA) Willy Fischer

Mémoires en Images MULHOUSE dans les années 1900

Mulhouse et ses environs Club Vosgien – Promenades et découvertes La Nuée Bleue

Promenade illustrée dans les vieux quartiers - Mulhouse au début du siècle Jacques Conrad ainsi que divers articles parus dans le journal l'Alsace au courant des vingt dernières années

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Published by Marthala - dans Alsace-Lorraine
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commentaires

yves 08/01/2011 14:41


salut Marthala,
et bien super le blog sur Mulhouse, merci pour toute cette histoire, encore un grand bravo à la bande pour les KM
@+ yves