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6 septembre 2011 2 06 /09 /septembre /2011 18:10

Vendredi 19 août 2011

 

Aujourd'hui nous optons pour une virée sur les hauteurs de Wildenstein avec départ au col du Bramont alt 956 m. Le col du Bramont sépare la Lorraine de l'Alsace et représente la limite départementale entre les Vosges, commune de La Bresse et le Haut-Rhin, commune de Wildenstein. Un agréable sentier s'élève au-dessus de la vallée jusqu'au col de l'étang. Par beau temps une fenêtre s'ouvre sur Wildenstein, le lac du barrage de Kruth-Wildenstein et son Schlossberg. Wildenstein, dernier village alsacien avant le département des Vosges, doit son origine à sa célèbre verrerie fondée par les princes-abbés de Murbach en 1699 qui exista jusqu'en 1884.


barragekruth-1.jpg

vue sur Wildenstein et le barrage

 

Après une agréable montée nous arrivons au col de l'Étang, un petit arrêt s'impose à l'abri du Seesattel alt. 1024m.

 

Malgré une journée de canicule prévue, ici, en hauteur nous ne souffrons aucunement de la chaleur. Quelques vitamines plus tard la randonnée continue direction la route des crêtes et ses géants le Rainkopf et le Rothenbachkopf.

 

C'est ici, en contre-bas du Rainkopf, à 1 050 m d'altitude que surgit de terre, notre bonne vieille Thur. Elle traverse la Vallée de Saint Amarin, alimentée par la multitude de cascades qui dévalent les versants montagnards. D'une longueur de 53 km elle va se jeter dans l'Ill près d'Ensisheim à 214 m alt. Son profil suit une pente de 16 % en amont de Wildenstein et de 0,5 % en aval de Thann. Depuis 1964, un barrage édifié à Kruth régularise son débit de la fonte des neiges, la retenue générée est connue sous le nom du lac de Kruth-Wildenstein. La Thur baigne notamment Saint-Amarin, Thann et Vieux-Thann avant de déboucher dans la plaine d'Alsace à Cernay et d'obliquer vers le nord-est, le cours principal, comme dit ci-dessus, venant se jeter dans l'Ill en aval d'Ensisheim tandis que l'autre bras appelé «vieille Thur» s'oriente vers le nord pour rejoindre la Lauch après avoir longé Rouffach en aval de Pfaffenheim.


kruth-2.jpg

Nous avançons dans la brume

 

Il ne fait pas froid et malgré la brume, nous continuons à grimper. Le Rainkopf est atteint après quelques gouttes de sueur tout de même … son voisin proche, le Rothenbachkof ne se montre pas aujourd'hui, aucune perspective non plus sur l'Altenweiher qui sommeille plus bas.

 

Le Rainkopf 1305 m, l'un des sommets du massif des Vosges à quatre kilomètres du Hohneck, borde la route des Crêtes. Son sommet arrondi dont le flanc est, abrupt et sauvage est un ancien cirque glaciaire, vrai paradis pour la flore alpestre ainsi que la faune (chamois). Son sommet se situe exactement au point où la chaîne se scinde en deux : une branche en arc de cercle vers le sud-est culmine au Grand Ballon, l'autre vers le sud aboutit au Ballon d'Alsace. Au milieu se trouve le profond sillon de la vallée de la Thur.

 

Son proche voisin, un autre géant de la route des Crêtes, le Rothenbachkopf … à cinq kilomètres du Hohneck celui-là. Le Rothenbachkopf 1316 m borde également la route des Crêtes, reconnaissable de loin avec sa tête en corne assez rare dans les Vosges où dominent plutôt les formes arrondies. Nous ne faisons que le saluer au passage, car notre prochaine étape est le lac de la Lande.

 

Toujours dans la brume, nous passons devant le chalet-refuge Louis Hergès du Rainkopf en contre-bas du sommet à 1 207 d'altitude.


rainkopf-3.jpg

Chalet-refuge Louis Hergès du Rainkopf

 

La descente s'amorce direction lac de Blanchemer que nous quittons pour aller en premier lieu au Lac de la Lande situé au pied du Kastelberg à 1 060 m d'altitude. Lac artificiel sur la commune de La Bresse dans les Vosges, il est traversé par la Moselotte. Le barrage est construit en 1983 afin de produire l'électricité et alimenter en eau les canons à neige des pistes voisines.


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Lac de la Lande


Haut de 70 m pour une longueur de 330 m il est géré par la Régie Municipale d'Electricité de la Bresse. Le projet a suscité, en son temps, une forte opposition d'écologistes soucieux de préserver une tourbière remarquable, aujourd'hui noyée.

 

Le soleil vient percer la brume … nous rejoignons le chemin des chaumes et contournons le Grand Artimont tout en surplombant la station de la Bresse.


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Station Eté – Hiver de la Bresse

 

La Bresse, au coeur du Parc Naturel Régional des Ballons des Vosges, est un village montagnard qui s'étend sur 5672 ha, allant de 609 m d'altitude jusqu'au sommet du Hohneck à 1 363 m d'altitude.

 

Le Hohneck, troisième sommet du massif des Vosges domine la ligne des crêtes qui sépare l'Alsace de la Lorraine. En contrebas de ce sommet se niche la station de ski de la Bresse- Hohneck. Un ballon voisin, à l'Est, culmine à 1 272 m est dénommé Petit Hohneck.

 

Territoire de chasse du temps des Mérovingiens, lieu de passage entre les monastères de Remiremont et Munster au VII ème siècle. Des gens s'établirent peu à peu et commencèrent à transhumer depuis Munster sur les sommets vosgiens et les terrains défrichés tout le long de la Moselotte. L'épopée industrielle commença après 1830 avec l'installation d'usines textiles tout au long des chutes d'eau des rivières et l'exploitation de la forêt communale de 3 000 ha. À partir de 1905, l'utilisation de l'eau des lacs pour produire de l'électricité permet à la commune de s'engager dans l'utilisation des énergies renouvelables et de se développer. Le tourisme prend son essor dans les années 70 avec le développement des sports d'hiver. La première coupe du Monde de ski de fonds est organisée en 1981. Aujourd'hui, la Bresse est une station été et hiver.

 

Bientôt nous apercevons le chalet au toit rouge sur le bord du lac de Blanchemer. Une rapide descente mène à ce lac paisible et sauvage niché à 984 m dans un écrin de verdure au pied du Rainkopf, cirque glaciaire appuyé sur une moraine. La tourbe forme des radeaux, véritables îles flottantes de sphaignes, flore spécifique d'origine glaciaire que l'on retrouve encore au col des Feignes et à l'étang de Machey. Autrefois, les fées étaient nombreuses dans la région, et le soir, toutes se retrouvaient pour danser autour du Hohneck.


lacblanchemer-5.jpg

Lac de Blanchemer


Et comme toujours, une légende accompagne notre sortie au lac de Blanchemer :

« alors que les chaumes ruissellent encore de lumière sous les derniers rayons de soleil automnale, le lac de Blanchemer, niché au creux d'un immense entonnoir, se laisse draper dans les brumes légères du soir. Au bord de l'eau, une jeune femme lave de fins voiles brodés d'or. Elle met tant de cæur à son ouvrage qu'elle n'entend pas s'approcher un paysan qui s'est attardé dans une marcairie et qui rentre chez lui. Lorsqu'il l'aperçoit, l'homme s'esclaffe si bruyamment que toute la forêt environnante se met à vibrer ... surprise, la femme se dresse, les yeux brillants de haine, tandis que son vêtement s'illumine comme une nuit mouchetée d'étoiles et que l'air s'emplit d'une irritante odeur de soufre : passe ton chemin homme irrespectueux et pervers. Là où est ta maison, sache que tu ne trouveras que la place pour faire un champ d'oignons» !! Pris de panique, l'homme s'enfuit dans la forêt. Ce n'est qu'au petit matin, après avoir erré toute la nuit, qu'il retrouve le chemin de sa ferme. De sa maison, hélas, il ne reste plus que cendres et ruines. Le paysan comprend alors qu'il a rencontré la fée de Blanchemer et que celle-ci lui a jeté un sort, pour le punir de l'avoir importunée ».

 

Pause casse-croûte sur les bords du lac … bien méritée je vous l'accorde !

et c'est dans des endroits comme celui-ci que prennent un sens certaines paroles … le monde est plein de merveilles, mais toutes ne sont pas forcément au bout du monde, souvent elles sont tout près de chez nous, il suffit d'ouvrir les yeux et les oreilles …

 

Blanchemer, circulaire, d'une superficie de 7ha et de 15m de profondeur, blotti dans un cirque glaciaire doit son nom à la transparence de son eau où se reflètent les sapins qui l'entourent et la crête du Rainkopf qui le domine. Malheureusement sa superficie se rétrécit lentement car la tourbe l'envahit petit à petit.

 

Les Tourbières, reliques des temps glaciaires, souvent discrètes, sont de véritables témoins du passé. Lieux mouvants et humides, les tourbières recèlent une flore rare comme les plantes carnivores, droseras, grassettes et une faune ornithologique originale. Ces espaces spongieux sont habités par diverses associations du monde végétal et parcourus par d'innombrables rigoles parfois profondes où serpente une eau noire, acide et froide. Des couches de sphaignes (grosses mousses) peuvent atteindre plusieurs mètres d'épaisseur.

 

aulacblanchemer-6.jpg

Au lac de Blanchemer

 

C'est à regret que nous nous remettons en route … nous longeons le lac pour prendre le chemin des Italiens jusqu'au chalet forestier de Machey.

 

Avant de monter par le chemin Vaxelaire, nous longeons la vaste étendue de l'étang de Machey. Il est complètement envahi par la végétation, zone protégée, on ne peut qu'en faire le tour, il est interdit de s'en approcher. Ce lieu tout à fait remarquable, par la richesse de son écosystème a une histoire de près de dix mille ans. On peut y retrouver en cercles concentriques les différentes étapes de la vie de la tourbière, l'extérieur étant déjà colonisé par une végétation arbustive. Au centre de la tourbière, il ne reste qu'une petite partie du lac originel.

 

tourbieremachey-8.jpg

Tourbière de Machey


Le chemin Vaxelaire nous ramène tranquillement au point de départ, le col du Bramont.


À bientôt …

Marthe


PS: cliquer sur les photos pour les agrandir.

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Published by Marthala - dans Alsace-Lorraine
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