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28 octobre 2010 4 28 /10 /octobre /2010 16:12

Mercredi 13 octobre 2010

FRANÇOIS, l'enfant de la vallée, nous conte son enfance dans une superbe balade sur les hauteurs...

Moosch-1.jpg

LA BELLE VALLÉE DE SAINT AMARIN… (puisé dans un texte de Paul Stinzi).

Une voie romaine bifurquant de celle longeant le pied des Vosges près de Cernay, passait par la vallée de Saint Amarin. Face à la Filature de laine peignée de Malmerspach, elle quittait le fond de la vallée et entaillait, au-dessus de l'actuelle voie ferrée, un promontoire rocheux de la montagne (voie romaine découverte en 1910 par Désiré Lutz et remise à nu en 1966 par les lycéens de Thann). On peut y voir deux ornières parallèles creusées dans le rocher. Cet endroit est cité en 1342 sous le nom de Hauwenstein (Christian Wildsdorf dans la vallée de la Thur aux XIII et XIV è siècles) pour pénétrer dans le val d'Urbès et sous la dénomination « alter Weg » monter vers le col de Bussang et redescendre vers Saint Maurice. La route romaine reliait ainsi la vallée de la Thur à la vallée de la Moselle. Ce chemin par le col de Bussang servait également après les grandes invasions.

Au VIIè siècle, il est question d'une petite agglomération du nom de DOROANGUS sur les bords de la Thur où un moine, venu sans doute de Luxeuil avait fondé un petit couvent, situé probablement à l'emplacement du cimetière de Saint Amarin (an 625). La vallée était couverte de forêts étendues où seules existaient quelques fermes près de Dorogangus et sur la Thur poissonneuse… le couvent ne se développe guère. Vers 1191 il fut transformé en chapitre de chanoines séculiers qui fit construire une collégiale romane ressemblant à celle de Vieux-Moutier et de Saint Mihiel. En 1442, le chapitre de Saint Amarin fut transféré à Thann dont l'église Saint Thiébaut devint ainsi une collégiale....

L'ancienne église collégiale de Saint Amarin, tombée en ruines fut démolie autour de 1750 lors de la construction de l'actuelle église paroissiale (1757 à 1762) qui fut consacrée en 1786 par Casimir de Rathsamhausen, Prince abbé de Murbach. Autour de Saint Amarin des agglomérations se formèrent au cours des siècles : Hintervogelbach, Meerbaechle, Kattenbach, Breuil (grande ferme de Murbach puis à partir du dernier siècle, le blanchiment de l'industrie de Wesserling) Vogelbach fut réuni à Saint Amarin.

Les ressources de la vallée furent multiples, entre autres, la vigne en faisait partie, elle fut cultivée sur les pentes ensoleillées de Willer sur Thur, de Saint Amarin et même Mollau autrefois, elle est toujours présente sur les coteaux perchés de Thann ouvrant ainsi la porte de la route des vins… On y mentionne aussi la culture du trèfle du blé, du chanvre, de la pomme de terre, l'arboriculture et la distillation de la gentiane. Les ruisseaux autrefois grouillaient de truites et d'écrevisses. Chaque village avait au moins un moulin, nombreuses étaient les scieries et les habitants étaient bûcherons, charbonniers et schlitteurs. Une nouvelle richesse fut découverte au cours des siècles, l'exploitation minière. Dès 1508 on cherchait près de Moosch de l'or de l'argent, du cuivre et du minerai de fer. Les mines étaient riches, mais l'extraction du minerai était difficile parce que l'eau inondait souvent les galeries. Près d'Urbès, Murbach possédait un grand lac, des mines furent exploitées au XVIIè siècle. On en cite six, dont l'une fut sans doute la romantique « cuisine du diable » dans le Bruckenbachtal que les randonneurs connaissent bien ! Des mines de cuivre furent exploitées près de Storckensohn et Mollau. Le XIXè siècle fut le siècle de l'industrialisation de la vallée grâce au rayonnement de l'industrie textile de Mulhouse dans les vallées des Vosges méridionales. Dès le XVIIIè siècle, les frères Koechlin l'avaient introduite à Willer. La voie ferrée Mulhouse-Thann fut prolongée pour des raisons industrielles jusqu'à Wesserling en 1863 et de là jusqu'à Kruth en 1905... Au XIXè siècle on changea et améliora le tracé de la route vers le col. Un tunnel devait rendre le passage d'un versant à l'autre moins dangereux en hiver, abandonné au lendemain de la dernière guerre.

Départ de Moosch 415 m alt., 9 heures pour une grimpette au Niedereckwald 848 m alt. Sur le sentier, à travers la forêt, sur notre gauche, Geishouse nous tend les bras …

Moosch-2.jpgvue sur Geishouse

Un court arrêt devant le chalet Peugeot nous permet de voir l'Abrutchsfels sur lequel est érigé l'abri où est prévu l'arrêt repas, mais avant... il y a du pain sur la planche, une grimpette au col du Haag. Une récompense nous attend dans l'ascension... un chamois nous observe…

Moosch-3.jpgVue sur l'Abrutchsfels depuis la forêt du Niedereckwald

Le sentier pentu débouche devant la ferme-auberge du Haag, nichée à 1 223 m alt. au pied du Grand Ballon. Un chemin forestier descend à l'abri du Faucon… nous ne nous faisons pas prier... pour dévaler, une petite faim s'est réveillée dans la montée !!

Moosch-4.jpg

Nous voilà au lieu-dit Abrutschfels, c'est dans cet endroit paradisiaque qu'est érigé un abri où il ne manque rien… l'abri Faucon, altitude 1 010 m ! Nous y passons un moment fort agréable, inoubliable…

Moosch-5.jpg

à l'abri du Faucon...

La descente à Moosch passe à Geishouse,coquet village implanté en forme de fer à cheval sur les contreforts sud du Grand Ballon (1 424m) plus haut sommet du massif vosgien. En toutes saisons, de nombreuses activités à pied, à VTT, à cheval ou à raquettes les amoureux de la nature se retrouvent ici.

Autour de l'an 1000, une grande forêt touffue, le bruit des cognées, les fûts craquent, les défricheurs lorrains s'installent, voici les débuts de Geishusen...En 1532, 10 fermes sont recensées, soumises à l'impôt. Mais, peste, épidémies diverses, mauvaises récoltes suivies de famine la guette ! En 1616 on ne compte que 20 foyers, les groupes de maisons sont dispersés et les habitants vivent, bon an, mal an, de culture et d' élevage.

En 1678, la paix de Nimègue (traité signé le 10 août 1679 à Nimègue – aujourd'hui Pays Bas -) entre les Provinces Unies et la France mit fin à la guerre de Hollande. La fumée des cheminées monte à nouveau dans le ciel bleu et le pain cuit à nouveau dans les fours accolés aux chaumières, la forêt donne son bois et le bleu des myrtilles barbouille les petites bouches.

Les années suivantes, usines et mines s'installent, machines à tisser cliquètent et hommes, femmes et enfants revenant d'un dur travail peinent dans la raide montée. Les machines engouffrent de plus en plus de bois dont les habitants pouvaient user pour se chauffer, pour construire et vendre, maintenant il faut pratiquement le voler et les gardes ne sont pas tendres... les contraventions pleuvent et peu à peu, au cours de cette fin du XVIIè siècle, la misère s'installe.

En 1800, Geishouse devient commune indépendante, en 1803 comme les autres villages de la vallée, Geishouse entre en possession et jouissance de ses forêts, mais le partage ne devient définitif qu'en 1813, le vent dans les feuilles chante l'air de liberté !! ….

Moosch-6.jpg

école et mairie sur les hauteurs de Geishouse

En 1829, poussé par le préfet, le Conseil municipal décide de construire un bâtiment pour abriter la « maison Commune », l'école et le logement de l'instituteur, mais hélas faut trouver les fonds…

En mai 1841, enfin !! les écoliers vont avoir un toit à eux et le conseil ne se réunira plus dans la « Stuwa » du maire. La commune achète la maison Pfeiffer inhabitée. Mairie et école y logent encore actuellement ! C'est dans ce bâtiment que le petit François, l'enfant du pays apprendra à lire et à compter ... comme des centaines de petits Geishousois et Geishousoises…C'est à cette époque, que le petit François apprit à avaler des kilomètres à pieds, par tous les temps... en toutes saisons… car figurez vous qu'il habitait à la ferme de la Steinmatt nichée en contrebas du village de Geishouse… que de kilomètres parcourus pour ses petites jambes… et ceci quatre fois par jour.

De 1803 à 1810, l'industrialisation du textile bat son plein, condamnant, à terme, les métiers à bras installés chez les habitants. Mais les usines textiles ont elles mêmes été condamnées… que reste-t-il de leur gloire passée ???

Jusqu'en 1856, la paroisse de Geishouse dépendait de celle de Saint Amarin. Depuis le XVIIème siècle, le village disposait d'une chapelle érigée dans l'actuelle rue du Ravin (citée en 1674). La construction de l'église paroissiale a été réalisée entre 1859 et 1862. Cette belle église que tout randonneur aperçoit et reconnaît aisément à son clocher-mur à 3 baies. L'église Saint Sébastien !! Le village devient autonome et va avoir son curé, une église toute neuve l'attend !

Moosch-7.jpgL'église de Geishouse vue depuis le lieu-dit Hoehe...

En octobre 1860, le conseil décide l'achat de trois cloches. Dans leur campanile, elles vont sonner à toute volée annonçant joies et malheureusement aussi de grandes peines car les guerres éclatent…

En 1918, la paix revient… et ouvre la transition vers la vie moderne. 1939 – 1940, la guerre et l'horreur reviennent avec le feu et le sang ! Le 4 février 1944, les cloches enfin sonneront la fin du cauchemar, il faudra penser toutes les plaies… mais ici la vie à triomphé !!

Moosch-8.jpgdu haut de ses 1 424 m d'altitude, le Grand Ballon veille sur nous...

(sources : site de Geishouse) sur internet.

La descente sur Moosch, passe à quelques pas de la Steinmatt…

Merci à François pour cette belle randonnée… nous en avons plein les yeux !!

à bientôt, et bonnes vacances à l'ami Yves qui nous abandonne pour les jolies vahinés…

Marthe et les compagnons

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Published by Marthala - dans Alsace-Lorraine
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