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10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 09:25

Dimanche 8 mai 2011

 

LE 8 MAI - JOUR DE MÉMOIRE …


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Le 8 mai 1945 à 15 heures, les cloches de toutes les églises sonnent officiellement la fin de la guerre 1939-1945, la population laisse éclater sa joie… essayons de ne pas oublier… jour férié en France, c'est la commémoration de la capitulation de l'armée allemande.

 

Au fil du temps, au fil des saisons, au fil de l'eau… les cascades du Hérisson

 

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saut du château Garnier

 

Il fallait se lever aux aurores pour la sortie de ce-jour ! Àquelque 250 km, dans le Jura, le site classé des 7 lacs et des cascades du Hérisson dont tout le monde a déjà, entendu parler ; oui, mais il faut le voir pour se faire une idée du caractère féerique de ce merveilleux site sauvage. Aussi, l'ami Yves a réuni une bande de copains pour leur faire vivre une journée découverte !

 

Tel un réservoir d'eau, les roches des falaises laissent s'écouler l'eau qui se transforme en torrent avant de continuer en rivières et se jeter dans l'immensité de la mer.herisson-3.jpg

 

Le mot Jura vient du bas-latin ou latin tardif juria et signifie (forêt) ou (forêt sauvage) ou encore (forêt de montagne), du celtique joris. Tout comme le reste de l'ancienne province de Franche-Comté, il fut annexé par la France en 1678 lors du Traité de Nimègue. Le département a été créé à la Révolution Française, le 4 mars 1790 en application de la loi du 22 décembre 1789, à partir d'une partie de la province de Franche Comté.


Le massif du Jura est loin d'être une montagne homogène. Encadré au nord par les Vosges et la pointe méridionale de la Forêt Noire (prolongement du Jura Souabe) il amorce vers le sud un arc de cercle. Partage entre la France et la Suisse, il étale sur sa palette géologique les marnes et les calcaires qui composent l'ébauche du Jura tabulaire à l'Ouest.

 

La célèbre course de ski de fond «Transjurassienne» est un rendez-vous important dans le Haut-Jura, avec des milliers de participants venant du monde entier qui parcourent les 76 km entre les villages de Lamoura et Mouthe.

 

Revenons aux incontournables cascades du Hérisson, but de notre sortie…Le Hérisson, est sans doute la plus fantasque des rivières comtoises, née d'un lac (Bonlieu) pour enfanter un autre lac. Entre les deux, elle n'aura que le temps de bondir de cascade en cascade (une trentaine, autant que le nombre de sources qui l'alimentent). Haute de 65 m on comptera la cascade l'Éventail, et une moins élevée de 60 m ,le Grand Saut, qui la précède.


Rien, sinon quelques vieilles pierres, ne laisse imaginer l'activité qui se déploya le long du Hérisson du XVème au XIX ème siècle. Ne cherchez pas l'explication du nom Hérisson dans un bestiaire, là-derrière se cache l'étymologie grecque«eau sacrée»,racine que l'on retrouve aussi dans Villards-Héria. Il y a quelque chose de divin dans ces paysages. Les lacs du plateau supérieur, Ilay et Bonlieu, alimentent par résurgences le Hérisson.

 

Plusieurs cascades portant des noms qui chantent aux oreilles… l'Éventail, Grand Saut, Gour bleu, Saut château Garnier, Saut de la Forge, Saut Girard etc... chutes principales que renferme le site naturel exceptionnel des cascades du Hérisson.

 

Le départ de la promenade passe devant la Tuffière…

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site formé par une roche appelée tuf calcaire et qui peut-être exploitée souvent comme pierre de construction. C'est en fait une source qui occasionne ces concrétions de calcaire, ce qui lui donne un aspect insolite, souvent en forme d'escaliers géants qui occasionnent une succession de cascades plus ou moins hautes. Phénomène naturel qui mène souvent à des paysages impressionnants. Nous sommes le 8 mai et les spécialistes de l'eau nous parlent depuis quelques semaines du manque d'eau… cela se ressent effectivement devant les cascades. En cette saison les eaux devraient être abondantes… eh bien, les années se suivent et ne se ressemblent pas, cette année l'eau commence à manquer dès les premiers jours du printemps.

 

Cela me fait penser à une citation prêtée à Antoine de Saint Exupéry :

 

Nous n'héritons pas d'un patrimoine, nous l'empruntons à nos enfants …

 

essayons donc de le préserver afin de le garder intact.

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Plus loin, la fameuse cascade nommée l'Éventail, qui éblouit d'entrée tous les visiteurs. Baptisée aussi le voile de la mariée tellement les eaux peuvent être abondantes. Fermons les yeux et laissons courrir notre imagination, ça marche… il suffit d'essayer.

 

Malgré le manque d'eau le paysage reste époustouflant.

 

En 1680, les habitants de Bonlieu cèdent un pré à la famille Grappe, meuniers, déjà détenteurs du Moulin Jeunet plus en amont. Celle-ci installe d'abord une maison autour de laquelle elle cultivera le chanvre, puis quelques années plus tard, la transformera en moulin, construisant un magnifique aqueduc en pierres, complexe et imposant pour l'alimenter en eau. Au début du XIX ème siècle, Jean Joseph Garnier, médecin, rachète la maison-moulin pour en faire le château Garnier. Il vivra ainsi seul avec son domestique jusqu'à sa mort en 1834. Trois ans plus tard, le bâtiment est démantelé, les parcelles attenantes et l'aqueduc rachetés d'abord par un percepteur, puis par un notaire qui les conservera en l'état jusqu'en 1902, date à laquelle ses héritiers céderont le tout à «l'Union Électrique».

 

Conscients de l'intérêt que représentait le cours du Hérisson, les moines cisterciens de Balerne décidèrent,herisson-6.jpg au Moyen Âge, de construire une forge hydraulique au Saut de la Forge baptisé à cette époque «Saut de la Boille»,<<boille»signifiant en Franche-Comté un récipient large et arrondi, ressemblant beaucoup au bassin formé sous la chute d'eau. C'est ainsi qu'en 1450, un ferrier de la Cluse et Mijoux dans le Doubs, Robin Patouillard est autorisé par les abbés à construire une écluse pour retenir l'eau et une usine, la «ferrière», constituée d'une roue permettant d'actionner le martinet qui frappe le fer. Le minerai extrait principalement du plateau de Châtelneuf, était lavé puis chauffé au fourneau avant d'être travaillé au martinet et façonné en lingots. L'activité perdurera jusqu'à ce qu'un incendie détruise l'outil de travail en 1489. herisson-7.jpgJehan Patouillard, le fils héritier ne relancera pas l'usine et préférera se consacrer à l'activité meunière et drapière tandis que sa sœur et son mari quitteront le Saut de la Forge pour s'installer au Saut Girard. Il faudra attendre 1656 pour  qu'à nouveau une activité métallurgique reprenne sur le site, relancée d'abord par des artisans venus du Haut Doubs, puis surtout par la famille de Jean Charles Grappe qui, au fil des générations, va donner toute sa notoriété et sa renommée au site, les maîtres de forge de la «forge Jean Charles» travaillant principalement pour l'agriculture. La révolution industrielle et les contraintes climatiques et techniques du site vont lui faire perdre sa compétitivité et précipiter son déclin. L'usine fermera ses portes en 1833, les bâtiments seront vendus à plusieurs propriétaires locaux avant d'être cédés à l'Union Électrique et démolis en 1902.

 

Au XV ème siècle,herisson-8.jpg les seigneurs de Châtelneuf donnent de l'argent aux villageois du Frasnois pour construire un moulin, nommé «Moulin du Frasnois» sur le Hérisson. Ceux-ci l'exploitent pour leur usage personnel contre le paiement d'un impôt. Détruit durant la guerre entre 1635 et 1639, la communauté villageoise, consciente de l'intérêt de ce moulin, mais ruinée par le conflit (donc incapable financièrement de le reconstruire), décide de la céder à Guillaume Grappe en 1663. Celui-ci, ainsi que les propriétaires successifs, rendirent cette entreprise florissante et prospère jusqu'en 1875, date de sa destruction. Pourtant, un an plus tard, un marchand de vin de Lons-Le-Saunier rachète les ruines et le reconstruit. C'est désormais un moulin neuf que Séraphin-François Jeunet achète en 1882 et qui deviendra le «Moulin Jeunet» jusqu'en 1902.

 

Clouterie du Saut Girard

 

C'est au XVIII ème siècle que l'activité artisanale de la Clouterie prend toute son ampleur sous l'impulsion de la famille Epailly qui exploite, en collaboration avec les chartreux de Bonlieu, le site du Saut Girard.

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L'ensemble est constitué d'une écluse, retenue d'eau artificielle en pierres, construite dès le Moyen-Âge en amont de la chute et alimentant un canal d'arrivée d'eau jusqu'à l'usine. Le fer, produit ici, est d'une assez bonne qualité, propre et doux pour la fabrication des clous, parce qu'il est réalisé avec du vieux fer. Les rentes, dues aux chartreux de Bonlieu étaient donc payées en clous mais aussi en fromages, puisque parallèlement au travail de fer, les usiniers de la vallée avaient aussi une activité agricole d'appoint.

 

C'est dans ce contexte favorable que l'activité familiale va perdurer sur ce site jusqu'en 1911, année de la mort d'Elie Epailly, dernier cloutier de la vallée qui mourut dans son usine, mettant fin à près de 7 siècles d'activité métallurgique sur le site des Cascades du Hérisson.

 

En haut des cascades, l'auberge l'Éolienne dans le hameau de la Fromagerie nous accueille pour le repas.

 

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Juste un aperçu sur le début du repas… bon appétit.

 

 

Un espace botanique et une exposition permettent aux visiteurs de se familiariser avec les plantes médicinales de la région des lacs et leurs utilisations traditionnelles.

 

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Espace botanique au hameau de la Fromagerie


Un petit tour à la Boissellerie du Hérisson avant de redescendre le sentier des cascades. Une véritable caverne d'Alibaba dévoile et fait découvrir les joies du bois ...

 

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la joyeuse troupe au complet

 

Un raidillon grimpe au Pic de l'Aigle donne une perspective sur le lac d'Ilay avant de reprendre la route du retour.

 

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Les falaises au pied du Pic de l'Aigle

 

On ne peut quitter cette belle région sans parler de la vache montbéliarde, une résidente, particulièrement emblématique et riche en couleur. La vache montbéliarde dont on suppose que les origines remontent du pays du même nom au nord des montagnes du Jura, bien identifiable avec sa robe pie rouge, est, en effet, un pur produit du terroir, sujet créé, façonné, sélectionné, amélioré par des générations d'éleveurs passionnés.

 

Le plateau de fromages bien fourni par les, Comté, Morbier et Bleu de Gex révèlent au palais tous leurs arômes.

 

Le Comté est bien plus qu'un grand fromage, il est un patrimoine partagé depuis des siècles par tout un territoire. Il est né en des temps où la rudesse des longs hivers obligeait les hommes à penser collectivement leur subsistance. À travers le principe de coopératives, ils mirent alors en commun la production de leurs élevages et apprirent à élaborer et à élever ce fromage «de garde». C'était il y a des siècles, mais l'esprit de solidarité est toujours bien vivant.

 

Merveilleuse journée … merci à Yves et à son épouse


 

Marthe

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Published by Marthala - dans Doubs
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