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5 novembre 2010 5 05 /11 /novembre /2010 19:46

Mercredi 3 novembre 2010

MARCHE DÉDIÉE À LA MÉMOIRE DE ROBERT...

Époque de la Toussaint..., à la demande de Brigitte nous avons, de bonne grâce, organisé cette journée et, c'est au contact de la nature que nous dédions cette journée à la mémoire de Robert qui nous a quitté il y a déjà 12 ans...

landersen-1

Cité historique, vieille terre de civilisation au passé prestigieux, à la confluence des deux rivières nommées Fecht, Munster fut fondée vers 660 par des moines bénédictins venus d'Ecosse. Installés à Stosswihr en 634, ces moines s'installèrent définitivement à Munster quelques années plus tard.

Autour d'une abbaye dépendant de l'évêque de Bâle, la ville de Munster prit forme. Ce n'est qu'au XIIIè siècle que l'agglomération de Munster gagna son indépendance vis-à-vis de l'abbé maître des lieux et ceci après de longs conflits. Avec huit autres communes de la vallée fut créée la communauté de la ville et de la vallée de Munster. A partir du XIVè siècle, Munster fit encore partie d'une autre communauté avec neuf autres villes d'Alsace allant de Wissembourg et Landau jusqu'à Mulhouse. Ces 10 villes formèrent la Décapole (alliance militaire de dix villes alsaciennes) dépendant directement de l'empereur du Saint Empire Romain Germanique. En raison des conflits permanents avec l'abbé, la ville de Munster embrassa ensuite la Réforme. Le traité de Munster (Westphalie) en 1648 rattacha la vallée à la France de Louis XIV. Quelques années plus tard, la Décapole fut dissoute. Pendant la révolution, l'abbaye fut vendue comme bien national. Un teinturier de Colmar y installa une filature et un tissage. Les manufactures Hartmann sont créées. Le nom de Munster est également lié à la fabrication du fromage. Celui-ci se fabrique dans les fermes et marcairies de la vallée et des Hautes-Chaumes où il est vendu directement au consommateur. Fromage à pâte molle et à croûte lavée dont l'origine remonte au VIIè siècle lorsque les moines du monastère inventèrent le «Munster Kaes». Le mot «Géromé» est le nom vosgien de la ville de Gérardmer où étaient réalisées les activités commerciales autour du fromage (paiement pour les chaumes...). Comme il est de mise pour les fromages historiques, le munster fut créé pour conserver le lait. De nos jours, le nom qu'on lui donne est essentiellement lié au versant des Vosges où l'on habite. En Alsace on l'appelle «Munster», en Lorraine on l'appelle «Géromé». Il peut s'accompagner de vins rouges puissants, mais il s'harmonise encore mieux avec des produits du terroir alsacien comme le Gewurztraminer, Pinot Noir ou encore la bière.

Le XIX ème siècle voit l'industrialisation de la vallée grâce à la famille Hartmann – usines textiles, création de la route du Col de la Schlucht, ouverture de la ligne de chemin de fer Colmar-Munster, prolongée en 1893 jusqu'à Metzeral.

landersen-2L’église de l’Emm

Au sommet de la colline de l'Emm (nom évoquant la légende d’Emma, nièce de Charlemagne, et Roland de Roncevaux qui s’y seraient rencontrés et aimés). Dominant Metzeral et la haute vallée de la Fecht, se dresse l’église de l’Emm, « Monument de Reconnaissance du Souvenir Alsacien ».
Œuvre du curé bâtisseur Martin Béhé, cet édifice est en effet consacré aux morts de la guerre de 1914-18 dans les Vosges et notamment à ceux tombés lors de la très meurtrière bataille de Metzeral en juin 1915. L’église de l’Emm est également l’église paroissiale de Metzeral-Sondernach ainsi qu’un lieu de pèlerinage séculaire dédié à la Vierge.

landersen-3.jpgÀ nos vaillants soldats – L'Alsace reconnaissante

L'actuelle église catholique-mémorial de l'Emm, bâtie sur le site même d'une ancienne chapelle date du XVè siècle, détruite au cours de la bataille de Metzeral.

De la chanson de Roland est née une douce légende se rattachant à l'ancienne chapelle de l'Emm devenue aujourd'hui, à la suite de la guerre, cet impressionnant monument de souvenirs. Ici comme ailleurs, l'histoire et la légende s'entremêlent et se complètent.

La légende d'Emma et de Roland de Roncevaux

Charlemagne, l'illustre empereur, était non moins grand chasseur et, durant ses rares moments de repos, trouvait son passe-temps favori dans la chasse au gibier dans les Vosges. Lors d'une chasse, organisée dans ses vastes propriétés du Val Saint Grégoire, assistaient, parmi une suite nombreuse, la princesse Emma, nièce de l'empereur, et le chevalier Roland, son neveu. La princesse, armée de son arc richement ciselé, était postée aux bords de la Fecht. Un formidable concert, où les sons des cors de chasse se mêlaient aux aboiements sauvages d'une meute, battait son plein. Soudain un énorme ours déboucha et se dirigea vers la rivière dans la direction de la jeune chasseresse. Il voulait se jeter à l'eau, comme le font les bêtes traquées dans les chasses à courre, sans hésiter la princesse visa l'animal au cæur et le transperça d'une flèche. Fou de douleur et apercevant son ennemie, l'ours se lança sur elle. La jeune fille allait être renversée par cette énorme masse lorsque l'ours s'écroula ; un cavalier ayant vu la scène , sauta de cheval et plongea son couteau de chasse dans le cæur de l'animal. Avec émotion, la princesse tendit sa main au courageux chasseur et dit «comment vous remercier, beau cousin, de m'avoir sauvé la vie ?»

le hardi chasseur qui n'était autre que le chevalier Roland, prit la main tendue et répondit ému : «en m'accordant la main qu'avec bonheur je tiens dans la mienne». Les fiançailles célébrées, Charlemagne partit avec ses douze pairs, à la tête d'une formidable armée contre les Basques en Espagne. Après de rudes batailles, l'empereur, d'abord victorieux, rentra en France, laissant son neveu avec 12 000 hommes à l'arrière-garde. Attiré dans un guet-apens, Roland succomba au val de Roncevaux le 17 août 778. Emma ne se consola jamais de la mort de Roland et mourut pieusement, après avoir fait ériger sur la colline de l'Emm, en son souvenir, un ermitage, dont elle confia la garde à un pieux ermite. Depuis, toujours selon la légende, par les nuits sereines, à minuit, l'âme d'Emma, plane autour de la colline dans une plainte émouvante à l'adresse de son vaillant soldat qu'elle pleure toujours. Roland, à la même heure, sur un cheval blanc, traverse les nuées, vient à sa rencontre et renouvelle, avec sa belle, leur ascension vers le ciel !

Le 16 mai 1900, l'ancienne chapelle de l'Emm est entièrement consacrée au culte catholique. La commune entreprend alors la construction d'un temple protestant qui est inauguré le 22 septembre 1901.

Le Petit Ballon ou Kahlenwasen,beaucoup de randonneurs le connaissent, mais il y a de multiples façons d'y accéder. Sommet de 1 268m d'altitude situé sur l'interfluve entre Fecht et Lauch au point de rencontre des Bans de Breitenbach, Wasserbourg, Luttenbach et Linthal. Il forme un relief dénudé d'où son nom Kahlenwasen. Les pentes du Petit Ballon sont jalonnées de fermes auberges.

Aujourd'hui rendez-vous dans le Val Saint Grégoire à Sondernach au centre de vacances de Landersen à 9 heures.L'étymologie de Sondernach est intéressante « zur sundern Ach » ce qui se traduit par « auprès du ruisseau sud de la vallée ».

Une montée soutenue mène à la ferme privée Lechterwann, inoccupée à cette époque ce qui nous permet un arrêt et reprendre notre souffle avant d'emprunter le sentier qui monte au col du Hilsenfirst à travers une belle forêt.

landersen-4.jpgApproche de la ferme Lechterwann

Arrivés au col du Hilsenfirst une énorme réserve de genévriers nous entoure, impressionnant, à perte de vue une forêt d'arbustes à baies bleu violacé aux feuilles épineuses jusqu'au lieudit Steinmauer et bien au-delà. La taille des genévriers peut varier de 4 à 10 mètres de hauteur. Le genévrier commun (Juniperus communis) est le seul avec le genévrier cade (Juniperus oxycedrus) à être comestible. Le fruit appelé genièvre ou baie de genévrier se développe sur deux ans. On appelle également genièvre une eau-de-vie (appelée peket en wallon), les baies parfument la choucroute et les pâtés.

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Nous traversons de merveilleux paysages, fouler la Steinmauer est un moment de bonheur.

landersen-6.jpgSur les rochers de la Steinmauer

Très vite nous arrivons au Bockwasen et rejoignons le sommet du Petit Ballon... pour un moment de recueillement à la mémoire de Robert. Un rayon de soleil apparaît dans le ciel gris... Robert nous salue lui aussi... salut l'ami !! On te laisse sous la garde de la Vierge...

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Le vent s'est levé, dans la descente des rafales glaciales fouettent nos visages… brr... cela pour nous rappeler que nous sommes aux portes de l'hiver et que bientôt nous foulerons la neige !! Mais pour l'instant profitons des merveilleuses couleurs de l'automne !!

La ferme auberge du Rothenbrunnen nous accueille dans une ambiance chaleureuse... la bonne odeur de la soupe nous fait rapidement oublier les rafales de vent essuyées pour arriver jusque là.

LES FERMES AUBERGES DU HAUT RHIN, toute une histoire …

La majorité des fermes auberges étaient à l'origine des marcairies, bâtiments situés en montagne accueillant durant l'été des vaches en pension. Ces vaches appartenaient aux habitants de la vallée qui étaient des ouvriers-paysans qui travaillaient à l'usine et possédaient un peu de terre et quelques bêtes. Au début du XX ème siècle les marcairies proposent aux randonneurs du fromage et du lait, c'est ainsi que débute l'esprit d'accueil des fermes auberges.

Du Rothenbrunnen, le panorama sur les Hautes Vosges est exceptionnel : Hohneck, Gaschney, Trois Fours, Kastelberg… la ferme est déjà citée dans des documents datant du Premier Empire napoléonien. Elle sera détruite lors des bombardements de la Première Guerre Mondiale. À 1 139 m d'altitude, la ferme est orientée plein Ouest, à deux pas du sommet du Petit Ballon et se trouve sur plusieurs sentiers du GR 532. La ferme d'origine située un peu plus haut pouvait abriter plus de 100 bêtes et employer une dizaine d'employés. Construite en 1923, la ferme actuelle accueille ses premiers locataires en 1926.

Le secteur est parcouru de failles et fissures granitiques remplies de quartz et de fer. C'est ce dernier qui donne cette teinte rouge à la roche. Ces formations datent de l'ère tertiaire et du fameux plissement alpin qui a provoqué le soulèvement du Massif Vosgien et l'effondrement de la plaine rhénane. Chaumes et landes à myrtilles recouvrent le massif, on peut également y admirer l'arnica, l'orchis blanchâtre, l'œillet et l'airelle rouge...

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En quittant la ferme on passe devant un troupeau de vaches. La Tarentaise, également appelée Tarine, se reconnaît d'abord à sa robe fauve uniforme, qui peut légèrement varier d'un jaune foncé à un rouge léger. C'est la seule race française à posséder deux noms… vache typiquement française, son nom vient de la vallée de la Tarentaise (en Savoie, non loin d'Albertville) mais elle doit néanmoins ses origines à des bovins bruns indo-asiatiques. Elle a pris son nom de Tarentaise en 1863, et son livre « herd-book » a été créé en 1888.

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Calme, fière et curieuse, on la reconnaît bien avec ses cornes blanches aux extrémités noires, elle possède en outre de grandes qualités laitières et fromagères.

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Sur les pâturages où les troupeaux d'élevage bovin, ovin ou caprin (chèvres) sont conduits, les paysans attachent des clochettes au cou des bêtes. Ces cloches possèdent plusieurs utilités, identification des animaux appartenant à un troupeau particulier, localisation des bêtes notamment en cas de brume et cohésion du troupeau. Le terme sonnaille (Kuhglocken en allemand) s'applique à des cloches légères généralement fabriquées en tôle de fer rivetée, cylindrique ou en forme de coupe. Le terme clarine s'applique aux cloches de bovin en bronze ou laiton de fonderie qui sont plus lourdes.

Depuis des siècles, les cloches carillonnent...

elles invitent au recueillement, chantent la joie ou guident les troupeaux sur le flanc des collines...

mais comment sont-elles nées ? Qui le premier a eu l'idée de créer ces sources de tintements mélodieux ? L'histoire en a oublié le nom, il est vrai... c'était il y a si longtemps ! La cloche existe depuis la plus haute Antiquité. Dès que l'homme sut créer des vases en argile, il se rendit compte qu'en les heurtant, ceux-ci produisaient un son, il avait inventé la cloche. La cloche est certainement l'un des premiers instruments sonores créés par l'homme. On trouve ainsi des cloches de bois réalisées par quantité de peuplades primitives. Un document chinois date de 2260 avant JC rapporte que l'Empereur Hoang-ti fit fondre douze cloches. Des cloches de bronze datées de 1100 avant JC ont été retrouvées en Chine. La Chine serait donc le berceau de la cloche.

L'usage religieux de la cloche prend son réel essor en 1095 où le Pape Urbain II institue la sonnerie de l'angélus. Au fil des siècles, les cloches deviendront très présentes dans la vie de l'homme qui améliore sa connaissance des techniques pour faire des cloches de plus en plus grandes et de plus en plus mélodieuses et qui les utilisera pour ponctuer les instants de l'histoire.

La descente directe à Landersen fut un vrai moment de bonheur entre des paysages de toute beauté.

Marthe et les compagnons avec Eliott bien entendu.

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Published by Marthala - dans Alsace-Lorraine
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