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21 août 2010 6 21 /08 /août /2010 12:27

lundi 12 juillet :

 

Au cœur des Combrailles, la rivière de la Sioule décline de multiples impressions de gorges sauvages en barrages, de méandres en falaises. Autrefois animées par l'activité des blanchisseurs de toile de chanvre, ses berges sont aujourd'hui un havre de paix pour le promeneur. Modelés par l'eau, paysages naturels et panoramas exceptionnels sont nombreux dans les Combrailles, gorges, cascades, sources pétrifiantes et le Méandre de Queuille notre but de randonnée de ce-jour.

auvergne-a1.jpgPorte à Saint Gervais d'Auvergne

Nous traversons Saint Gervais d'Auvergne direction Sauret-Besserve. Commune récente puisque créée seulement au milieu du 19 ème siècle. Au Moyen-Âge, il existait plusieurs fiefs dans les dépendances de Saint Gervais et 2 paroisses, celle de Besserve (Besserva en 1260) et celle de Chambonnet. Le 23 octobre 1843, par ordonnance Royale, les deux communes (Chambonnet et Besserve) sont réunies et donnent naissance à la commune de Sauret-Besserve. Le village de Sauret est alors choisi pour devenir le chef-lieu de commune à cause de sa position centrale par rapport aux différents hameaux de la commune et apparaît alors le nom de Sauret-Besserve.

auvergne-a2.jpgLa Sioule

La Sioule,rivière qui prend sa source au pied des monts de Sancy, traverse les Combrailles du sud au nord et se jette dans l'Allier vers Saint Pourçain sur Sioule. D'abord ruisseau, torrent, elle élargit son lit aux abords des barrages des Fades Besserve et de Queuille en formant de larges et célèbres méandres et une vaste retenue de 400 ha, la plus vaste du département. Généreuse et riche, la Sioule, comme ses nombreux affluents, fait également des Combrailles un paradis pour les pêcheurs. Elle court dans un lit de galets et de dépôt volcanique.

auvergne-a3.jpgLe méandre de Queuille (la Sioule) et la presqu'île de Murat

Arrivés au village de Queuille et sa charmante église… on emprunte l'escalier qui descend vers un promontoire aménagé en belvédère dominant une boucle de la rivière Sioule. Le Méandre deQueuille, un magnifique panorama, l'un des plus beaux des Combrailles. Queuille, étymologiquement, le nom est issu de Cohla, de base latine collium ou colline. Le principe que l'Auvergne fut peuplée depuis le paléolithique étant établi, les invasions rejetèrent progressivement les populations primitives vers les hauteurs. Taillé dans la roche fracturée du plateau granitique, le méandre est dessiné par la Sioule, élargie à ce niveau par un barrage. On se trouve sur la rive concave de la boucle, haute et hérissée de rocs, en face, du côté convexe, la rivière enserre étroitement la presqu'île de Murat, longue échine boisée. Les premières datations de population sur la commune, selon d'anciens auteurs, remontent à l'époque romaine où des fermes «romaines» auraient été installées à Queuille et à Queuillette.

Une voie romaine reliant Bouchetel à Chambonnet existait avec présence de bornes. Queuille subit ensuite, comme toute l'Auvergne, les conséquences des invasions et plus particulièrement l'occupation Normande avec des destructions conséquentes. Queuille est un lieu de passage depuis longtemps, le chevalier Dalmace, Seigneur de Queuille dispose d'un château fortifié (motte castrale) situé sur la butte près du belvédère d'observation des méandres de la Sioule. Mais la paroisse est zone frontière à la limite de l'Auvergne et du Bourbonnais. Àcette époque une zone frontière est une région tampon sujette aux conflits et passages de troupes d'envahisseurs… qui amèneront à la destruction du château dont il ne subsistera que la chapelle, emplacement sur lequel sera édifiée l'actuelle église de Queuille qui subit des aménagements aux XIV ème et XVII ème siècles...

auvergne-a4.jpgBelvédère dominant le méandre de Queuille et Murat

Queuille offre un panorama pittoresque et remarquable sur une sinuosité formée par la rivière qui s'est lentement dessinée au cours du temps.

La presqu'île de Murat, autrefois habitée et cultivée, les habitants d'en bas voyaient Queuille perchée sur son rocher bénéficiant plus souvent de soleil qu'eux, lui donnèrent le nom de «Paradis de Queuille» ! Il est vrai que le paysage est tellement époustouflant que l'on comprend aisément, en dehors de cette explication, qu'on puisse l'appeler ainsi. Le méandre est long d'environ 2 km et enserre la presqu'île de Murat. De nos jours l'agriculture et l'élevage n'ayant plus cours, la presqu'île et l'autre rive ont été recolonisées par la forêt, ce qui ajoute un caractère sauvage et permet la présence d'une biodiversité importante. Curiosité naturelle, surprenante et envoûtante.

L'orage commence à gronder, le vent, la grêle… une tempête… nous nous réfugions dans un abri et décidons de pique niquer en attendant une accalmie…

auvergne-a5.jpgéglise Saint Jean Baptiste à Queuille

Un bus nous retourne à Saint Gervais nous laissant l'après midi libre…

Profitant de ce temps libre nous visitons la ville de Saint Eloy les Mines.Saint Eloy les Mines, située dans la vallée de la Bouble qui s'élargit en vaste bassin, vestige sans doute d'un lac de piémont, cité industrielle, étire en une longue procession désordonnée ses maisons le long de la route départementale, ancienne voie romaine qui partait d'Augustonemetum (Clermont-Ferrand) pour aboutir à Avaricum (Bourges).

auvergne-a6.jpgLe mineur de Saint Eloy les Mines

Les Mines de Saint Eloy, le groupe est appelé : groupe des Flambants ! Situé sur ce qu'on appelle fréquemment le «Grand Sillon houiller du Massif Central», qui s'étend de Moulins à Decazeville, le bassin de Saint Eloy a été le plus grand bassin de la bordure ouest de l'Auvergne. Exploité selon la tradition orale, depuis un jour de 1789, juste avant la Révolution, jusqu'au 15 janvier 1978, date du dernier jour d'exploitation, il a laissé des traces encore visibles de la longue période d'activité.

Surprise de voir un chevalement à notre arrivée samedi, je n'avais qu'une hâte, revenir à Saint Eloy les Mines et approcher son histoire.

Reste aujourd'hui lechevalement du Puits Saint Joseph, seul survivant d'un glorieux passé. Une stèle a été déposée aux pieds du Puits en hommage à la grande famille des mineurs. Une statue représentant un mineur de fond au travail, orne également le rond point de l'entrée sud de la ville.

L'histoire de la nouvelle ville se confond avec celle des Mines, avec celle du développement économique et des chemins de fer de la fin du XIXème siècle et de la première partie du Xxème.

Celle du Vieux Bourg qui, en dépit de sa mélancolique réserve, nous confie en même temps que le secret de sa naissance, les quelques faits dont il a été témoin et dont il se souvient encore… Une charmante légende enveloppe son berceau : Saint Ménélée et ses compagnons après de longues marches et de dures privations arrivèrent dans le pays des Arvennes. Ils furent arrêtés par les eaux grossies d'un ruisseau, la Bouble, et durent attendre avant de reprendre leur marche, une aubépine fleurit spontanément et les abrita. C'est à la même place que, plusieurs années plus tard vers 690, en souvenir d'une si aimable hospitalité, Ménélée bâtissait une chapelle. Plus tard, fut édifiée l'église romane qui, après bien des transformations, des réparations, est devenue celle que nous pouvons contempler de nos jours, élevant son clocher massif derrière un rideau de peupliers.

auvergne-a7.jpgChevalement du Puits Saint Joseph

Dans l'industrie minière, le chevalement est la structure qui sert à descendre et remonter les mineurs ainsi que le minerai, via une cage d'ascenseur. Qu'il soit en bois, en métal ou en béton, le chevalement remplit toujours la même fonction : il supporte les molettes par dessus lesquelles passent les câbles d'extraction qui, mus par la machinerie, plongent au droit du puits pour retenir la cage. Élément essentiel d'une exploitation minière souterraine, le chevalement en est le bâtiment le plus visible et le plus haut avec les terrils et, de ce fait le plus symbolique. Sa fonction va au-delà du lien entre le jour et le fond. Par diversité de son architecture (aucun chevalement n'étant identique à un autre), il souligne la particularité du paysage minier, mais permet également d'identifier la compagnie minière qui l'a élevé. Dans le Nord de la France, les chevalements du bassin houiller étaient parfois désignés par le terme «beffroi» en raison de leur forme rappelant les tours municipales des villes flamandes. En Belgique, on trouve également la dénomination «belle fleur» ou «châssis à molettes», tandis qu'en France le terme chevalet est couramment employé. Dans le bassin de la Loire on utilise systématiquement le terme chevalement.

L'exploitation minière a laissé de nombreuses traces visibles. Àla fermeture définitive des Mines en 1978, la ville n'avait pas le visage que nous découvrons aujourd'hui. Des jardins se trouvaient à l'emplacement du plan d'eau actuel. Les quartiers sud, notamment, ont beaucoup souffert. Le cimetière, suite à un effondrement a été déplacé aux Nigonnes où il se situe toujours. Le quartier du Theix a complètement disparu, les maisons se sont toutes écroulées suite au travail de sape de la mine. Les jardins et un champ de foire ont disparu pour laisser place à deux trous d'effondrement minier et laissait une vision désolée de l'entrée sud.

Un pari audacieux fût alors lancé : faire de ces vestiges un lieu de détente et de loisirs pour les Eloysiens, composé d'un plan d'eau entouré de divers équipements et aménagements.

auvergne-a8.jpgLe plan d'eau avec vue sur l'église Saint Eloy du vieux bourg

Pari réussi, puisqu'aujourd'hui cette zone de 30 ha offre des activités diverses et variées, grâce à son plan d'eau principal de près de 17 ha. Avec une plage de sable fin, d'étendues herbeuses et nombreux jeux pour enfants.

Nous passons un agréable moment dans cette ville de mineurs… le temps nous manque c'était hors programme mais très réussi.
 

Marthe

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Published by Marthala - dans Auvergne
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