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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 09:15

Mercredi 26 janvier 2011

 

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Monument du 152ème Régiment d'Infanterie. Cette œuvre impressionnante est due au sculpteur V.Antoine. On y lit les titres de gloire du régiment « Aux Vaillants du 15-2 tombés en Alsace » « Vallée de Munster 1914-1915 Hartmannswilerkopf » « Steinbach 1914-1915 Metzeral ». Le terre-plein, devant le monument, est bordé de fougasses reliées par des chaînes.

 

Le massif des Vosges est le théâtre ancien d'une riche et parfois douloureuse histoire qui a, au fil des siècles, façonné son relief et fondé son identité !!

Symbole fort du massif envisagé comme enjeu stratégique, la situation des Vosges pendant les deux guerres mondiales illustre la façon dont la montagne s'est vu infliger les plaies douloureuses de l'histoire...

 

Départ : Wattwiller... le fief de Wattwiller ( Wattonvilare) est mentionné dès 735 dans une donation du comte Eberhard en faveur de l'abbaye de Murbach. Momentanément incorporée dans le domaine impérial, la ville fut réintégrée dans la principauté de Murbach en 1259, dans laquelle elle restera jusqu'à la Révolution Française. Elle obtint des chartes municipales en 1270 et un marché en 1464. Seconde ville de la principauté de Murbach, Wattwiller est chef-lieu d'un bailliage jusqu'à la Révolution. Dans la seconde moitié du XIII ème siècle le village est érigé en ville fortifiée. Ravagée par les troupes anglaises d'Enguerrand de Coucy en 1375, par les Armagnacs en 1444 et occupée par les Suisses en 1468. À l'époque du soulèvement des paysans en 1525, elle fut assiégée par les rustauds venus du Sundgau, assaut que les habitants repoussèrent avec l'aide des défenseurs du Hirtzenstein également menacé...

 

Que de châteaux... aux alentours !! La ville est stratégiquement importante puisqu'un chapelet de châteaux-forts l'entoure, Herrenfluh, Freundstein et Hirtzenstein en montagne... Weckenthal, Ollwiller et quelques autres en plaine. À Wattwiller même, Charles-Laurent Salch signale l'existence d'une motte appelée « castellum Wattwilre » aux mains des ministériels de Murbach à la fin du XIIIème siècle et occupée, voire détruite par les Armagnacs en 1444 et par les Suisses en 1467.

Wattwiller devint française en 1680 suite au rattachement à la France de l'abbaye de Murbach. Après la révolution de 1789, elle perd peu à peu son statut de ville et les fortifications sont démantelées durant le règne de Napoléon-Bonaparte. En 1871, l'Alsace est rattachée à l'Empire allemand et le restera jusqu'en 1918 (traité de Versailles).

 

L'eau de Wattwiller. Son origine est lointaine, connue et reconnue depuis l'époque romaine, l'eau minérale de Wattwiller naît dans le Parc naturel régional des Ballons des Vosges, loin de toute activité agricole et industrielle. Son jaillissement naturel et une épaisse couche d'argile la préservent de tout contact avec les eaux de surface donc pure et vierge de tout nitrate. Fournie par trois sources dont l'une sensiblement chaude qui se trouvent à une centaine de pas du centre du village. Au cours de l'histoire, ce sont d’abord les princes-abbés de Murbach qui ont exploité l'eau sous forme de bains, puis par la ville elle même entre 1522 et 1712. Le véritable essor commença en 1760 avec l'agrandissement et la rénovation de l'établissement balnéaire et une première analyse des eaux minérales. Changeant plusieurs fois de propriétaire par la suite, l'établissement connaîtra, à partir de 1866, une nouvelle période de prospérité qui durera avec des fortunes diverses jusqu'en 1914. On complétera l'ensemble par un hôtel et trois villas (Beauséjour, Bonrepos et Bellevue). La destruction quasi totale du village et des lieux de villégiature pendant les combats de 1914-18 mit un terme à l'exploitation balnéaire. À partir des années 1920 et jusqu'en 1975, une usine d'embouteillage fonctionna dans le haut du village et commercialisa l'eau des sources « Arsène et Lithinée » sous le nom de « Lithia ». Le groupe multinational « Spadel » reprend cette activité en 1993 dans une nouvelle usine d'embouteillage moderne et commercialise maintenant l'eau en différentes présentations sous le label « Wattwiller ».


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Située au pied du champ de bataille du Hartmannswillerkopf, Wattwiller sert de base stratégique à l'armée allemande pendant toute la durée des hostilités ce que confirment les abris allemands dès la sortie du village. Pendant la Première Guerre Mondiale, le Hartmannswillerkopf, éperon rocheux dominant la plaine d'Alsace au sud des Vosges, occupait une position stratégique. Des régiments venus de toute la France, en particulier les Chasseurs et les Diables rouges du régiment de Colmar, s'y sont battus pendant quatre ans pour reconquérir l'Alsace.


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La fontaine Auguste Kauffmann sur les hauteurs de Wattwiller

 

Viennent le Felseneck, le Bastion Beskid, Adlerhorst, Veilchenstein, Doppelkopf pour déboucher après une grimpette au sommet du HWK.


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montée au sommet


Une montée sportive par le Doppelkopf mène au sommet… qui se présente comme un dédale de tranchées, de sapes et de boyaux reliant des points d'appui fortifiés. On peut y voir des abris, des observatoires, des postes de mitrailleuse et des emplacements de Minenwerfer (lanceur de mines). Penser que les lignes françaises se situaient à quelques mètres des lignes allemandes procurent des sensations étranges… Des frissons parcourent les visiteurs dans cette zone…

 

Au début de la guerre, le Hartmmanswillerkopf n'a pas véritablement attiré l'attention des stratèges… Le sommet de la montagne est un magnifique observatoire sur la plaine d'Alsace, c'est pourquoi, les troupes françaises puis allemandes en occupent les contreforts à la fin de 1914. Il fallait conquérir le sommet, les hostilités commencent le 30 décembre 1914. Malgré les conditions climatiques extrêmement difficiles, es batailles font rage. En janvier 1915, les Allemands sortent vainqueurs des affrontements. Au printemps, le commandement français lance une attaque vigoureuse et bien imaginée et en quelques heures, conquiert les positions allemandes.


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Les tranchées sous la neige ….


Cependant, les Chasseurs Alpins et les troupes d'infanterie sont épuisés, les soldats allemands n'ont guère de difficulté à reprendre leurs positions, au cours d'une bataille meurtrière infligeant de sévères pertes au 152 ème Régiment d'Infanterie. Au cours de l'été 1915, toutes les positions sont consolidées, des souterrains sont creusés de part en part du sommet. Le commandement français veut empêcher ces flux et reflux permanents. Une grande attaque est lancée le 21 décembre 1915. Un déluge de feu et d'acier s'abat sur la montagne, les Allemands sont submergés. Ils organisent une contre-offensive dès le lendemain au cours de laquelle, le glorieux 15-2 est décimé. Chaque régiment revient quasiment à sa position de départ. Durant trois années encore, les bombardements et les coups de mains à la grenade vont secouer la montagne.

 

Le 11 Novembre 1918,les clairons sonnent le cessez-le-feu. Les hommes sortent des tranchées, ébahis, le cœur battant d'un fol espoir, en regardant les lignes adverses. Ils se tenaient droits et immobiles... la Paix, enfin.

 

Divers monuments ont été érigés à la gloire des régiments qui ont combattu sur ce champ de bataille. Les pilleurs et les ferrailleurs sont arrivés… Le silence est retombé sur le Hartmannswillerkopf, la nature a repris ses droits.


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Le cimetière national du Silberloch

 

Dans le prolongement du monument National et la Crypte surmontée d'un grand parvis dominé par l'Autel de la Patrie s'étend le Cimetière National français inauguré le 1er octobre 1922. 1272 soldats reposent dans des tombes individuelles et 378 dans 6 fosses communes. D'autres cimetières militaires se trouvent à Cernay, Moosch et Guebwiller. La plupart des soldats allemands ont été inhummés à Guebwiller et à Cernay après l'Armistice. L'emplacement du grand cimetière, ainsi que celui du monument étaient, avant les dévastations de la guerre, occupés par la forêt. (sources puisées dans « Les Amis du Hartmannswilerkopf 2006). »

 

En pleine forêt, un cimetière hors du commun… le cimetière des Uhlans qui se trouve à la limite des bans de Wattwiller et de Hartmannswiller et conserve des stèles en pierres taillées marquant l'emplacement des tombes des soldats exhumés après la guerre. Il doit son nom à la dizaine de Uhlans, cavaliers allemands équipés de longues lances qui y ont été enterrés en avril 1915. On y enterra aussi d'autres soldats allemands, comme en témoignent des stèles qui mentionnent le 56ème L.I.R. (Landwehr Infanterie Regiment) et le 4ème Garde-Jäger Batallion.

 

Mais qu'est ce donc qu'un Uhlan ?? le mot uhlan vient du tartare Oglan qui signifie « brave guerrier ». Les Uhlans étaient à l'origine des cavaliers légers polonais armés de lances, d'épées et de carabines. Des corps de Uhlans furent incorporés dans les années 1780 aux armées de Prusse et d'Autriche par le commandant Hotz. Les premiers régiments de Uhlans ont été créés au XVIIIème siècle. Au XIXème siècle nombre de régiments de Uhlans ont été mis sur pied par le duché de Varsovie. Au début de la Première Guerre Mondiale, l'armée allemande alignait 26 régiments de Uhlans : 3 régiments de la Garde, 21 régiments de ligne (16 prussiens, 2 wurtemburgeois et 3 saxons) ainsi que 2 régiments de l'armée bavaroise autonome. Après avoir servi comme cavalerie aux premiers mois de la guerre, les régiments de Uhlans ont servi comme fantassins dans les tranchées ou ont été transférés sur le Front Est où les conditions plus primitives permettaient à la cavalerie de jouer un rôle décisif. Les 26 régiments de Uhlans ont été dissous en 1918-1919.


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Aujourd'hui le trajet ne passe pas devant le cimetière des Uhlans… dans une courbe plus bas apparaît une stèle commémorant les morts de la brigade des Uhlans Jaunes tombés en avril 1915 (Gelben Ulanen Brigade 5/UL15).

 

Un rocher quartzitique (proximité de la faille vosgienne) émerge telle une forteresse sur un lieu nommé Hirtzenstein. Lieu emblématique et historique situé sur un épaulement de la pente sud-est du Molkenrain et dominant le village de Wattwiller de ses quelques 570 m. Les princes-abbés de Murbach en profitèrent pour y ériger un château fort (1265) qui fut donné en fief aux nobles de Wattwiller à partir de 1358. Assiégé à plusieurs reprises, d'abord par les Suisses en 1468, puis par les rustauds en 1525, il ne résista cependant pas à la furie destructrice de la guerre de trente ans. Pendant les affrontements de la Première Guerre Mondiale, les Allemands y installent un poste d'observation et creusent des galeries dans le rocher. Du château, il ne subsiste actuellement que la base d'un mur et un fossé. Après les hostilités, les lieux retrouvent une vocation plus paisible avec la construction d'une auberge, sur l'emplacement d'une ancienne bergerie, semble-t-il, dans la clairière située en arrière du rocher.

 

S'y ajoutent d'autres bâtiments pour permettre l'accueil de vacanciers de différentes entreprises, des séminaires et autres manifestations. Cette « Maison familiale de vacances » cesse cependant ses activités en 1995. L'ensemble du site fait désormais partie du « Domaine des Sources ».

 

Retour à Wattwiller… fermons la page historique… et revenons à un moment fort convivial que nous allons vivre grâce à nos hôtes Michèle et Gérard autour d'une bonne raclette !!


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BON APPÉTIT LES COMPAGNONS…

 

Ce fut un merveilleux moment !! merci à Michèle et Gérard !!  et pour finir le repas, nous passons à l'élection de la reine des compagnons 2011 avec un délicieux gâteau en guise de galette des rois.


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Moment solennel, le couronnement de notre nouvelle reine : Simone Première reine des compagnons du mercredi 2011 !!  vive la Reine Simone 1ère


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les compagnons du mercredi !!

 

Avant de prendre congé de nos hôtes… j'ai une respectueuse pensée pour Katia (1942) et Maurice Krafft (1946) les enfants du pays, célèbres géochimistes et volcanologues français. Réunis par une même passion, celle des volcans du monde entier, ils possédaient une maison à Wattwiller pour y séjourner entre deux expéditions et y accumuler une énorme quantité de photos, films, collections pétrographiques et iconographiques relatives aux volcans. Ils succombent ensemble, le 3 juin 1991 dans la fournaise d'une nuée ardente pendant l'éruption du mont Unzen au Japon. En souvenir de leurs attaches avec la commune, la salle polyvalente du village de Wattwiller porte désormais leur nom. (sources tirées du site de la commune)

Après cette superbe journée, les compagnons vous attendent pour d'autres aventures…


Marthe

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Published by Marthala - dans Alsace-Lorraine
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commentaires

yves 05/02/2011 18:24


Salut Marthala,
super le blog, tu nous as manqué mais heuresement pour eliott, je pense qu'il ne voulait pas te laisser toute seule, tu es aussi pour lui une amie, encore un grand merci à MIMI et SKIPI pour
l'acceuil le repas et leur gentillesse domage que nous ne pouvions faire les cascades trops dangereux avec du verglas.
un gros schmoutz à eux un scmoutzà la reine et un pour toi Marthala
salut à tous
yves