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31 octobre 2010 7 31 /10 /octobre /2010 10:11

Mercredi 20 octobre 2010

CHÂTEAU MÉDIÉVAL à vendre... cette annonce fait l'effet d'une douche froide ou d'une bombe, comme vous voudrez... pour les amoureux de ces vieille pierres que nous arpentons depuis notre plus tendre enfance… FERRETTE !! le symbole de la cité des Comtes, classé au patrimoine des monuments historiques depuis 1930, est à vendre... impossible de vous parler du Sundgau sans vous faire part de cette nouvelle.

glaserberg-1.jpgLe château de Ferrette lors des fêtes médiévales le 27 juin 2010

Chaque année nous foulons ces vieilles ruines… ce château fait partie de notre histoire… une question est sur nos lèvres... pourrons nous continuer à profiter de ce rendez-vous de l'histoire du Sundgau lorsqu'il sera vendu ???? Ferrette, ancienne capitale du comté du Sundgau est une petite ville enchâssée dans sa cluse de calcaire. On déambule dans la ville basse autour de l'église Saint Bernard de Menthon, on grimpe vers la ville haute par la ruelle médiévale, on visite les deux châteaux et on pousse jusqu'aux Loechlefelsen... sans oublier la célèbre Grotte des Nains ! Ferrette sans ses châteaux ne sera plus jamais la même ! En Alsace, c'est bien connu, les seules montagnes sont les Vosges... sauf que Ferrette, niche à 500 m d'altitude (plus haut que Schirmeck ou Wangenbourg) et que le Glaserberg est à plus de 800 m alt. qui plus est dans le Jura ! Quand on vous dit que le Sundgauvien n'est pas un Alsacien comme un autre...

Après ce petit message je vous emmène pour la randonnée au Glaserberg avec départ de Lutter.

Coquet petit village dans le Sundgau,Lutter.

glaserberg-2.jpgDes martiens ?? non non il pleut tout simplement au départ à Lutter...

Direction la forêt de Lutter, très vite la pluie cesse. Dépassant l'oratoire nous arrivons devant Kiffis.

glaserberg-3.jpgL'oratoire au pied du Blauenberg

Kiffis est situé à 575 m d'altitude sur le flanc du Blochmont. Son finage s'étire sur près de 7 km de longueur entre, au sud la Lucelle qui emprunte le fond d'un synclinal et, au nord, les crêtes du Glaserberg (810 m) Blauenberg, sommet d'un anticlinal. La présence de couches calcaires diaclasées explique l'existence de grottes dans cette région. La grotte du Saalhof, située à 200 m au sud des fermes du même nom, longue de 32 mètres, est le résultat du travail d'un cours d'eau souterrain. Les gouffres du Fluhberg dont la profondeur varie entre 2 et 30 mètres, occupent l'emplacement de diaclases verticales.

glaserberg-4.jpgÉglise Saint Pierre et Paul à Kiffis

Nous laissons sur notre gauche le petit village de Kiffis, dont les flancs tombent dans la Lucelle, charmante rivière serpentant entre la France et La Suisse. Les crêtes calcaires du Jura Alsacien gardent dans leurs nombreux sentiers, la mémoire des histoires contrebandières.

Direction le Blochmont. Le château du Blochmont doit son nom à sa situation sur un des points culminants du Blauenberg (Blaumont, Blochmont). Ce château occupait une croupe rocheuse sur le sommet de la montagne, à proximité d'une voie importante qui, venant de Ferrette, passait par le col du Blochmont pour descendre dans la vallée de la Lucelle. Les Romains y avaient établi un castellum comme l'atteste les monnaies trouvées dans les environs. Le château est mentionné une première fois en 1271. Comme bon nombre d'autres castels, le Blochmont est sérieusement endommagé par le tremblement de terre qui dévasta la région en octobre 1356. De nos jours, il ne subsiste que de maigres vestiges du Blochmont se résumant à un pan de mur... ce qui rend la lisibilité du plan du château très difficile. Le site, à 680 m d'altitude est entouré par un profond fossé taillé dans la roche. Par la suite le château servit de carrière de pierres pour la construction de la ferme du même nom située en contre-bas.

Direction Steinerhof, puis Hornihof. À lui seul, le Hornihof vaut le détour... parcs animaliers, troupeaux de lamas sur les pâturages... l'élevage « La Montagne Bleue » se situe au lieu-dit « Hornihof » sur le versant sud de la colline du Jura Alsacien, appelé aujourd'hui « Glaserberg » ou le « Mont des Verriers ». Deux kilomètres de chemin forestier relient la route principale à la ferme, agréable promenade dans un paysage pittoresque.

Aujourd'hui on parle de « Montagne Bleue » cette appellation dérive du nom du sommet jurassien « Blochmont » 788 m alt., situé à côté de la colline « Blauenberg ». Dans toute la région se trouvent divers "Blauen", car cette désignation s'est probablement transmise pour les sommets qui servaient de points de repère définissant les positions de la lune dans un système de calendrier néolithique. Le terme "Blauen" proviendrait de "Belana", le nom d'une Déesse Mère de l'âge de pierre, à laquelle étaient consacrées ces cimes.

Arrivés devant le Hornihof, de magnifiques chiens (heureusement derrière un grillage) nous font comprendre que nous foulons une propriété privée, et pas n'importe laquelle... nous entrons dans un domaine particulier… un élevage de lamas et de Bergers d'Asie Centrale.

glaserberg-5.jpg

Sur le chemin longeant le domaine du Hornihof un drôle d'engin, conduit par un digne sosie du Père Noël, passe tout près du groupe, emmène une de nos marcheuses sur son véhicule afin de lui éviter les énormes flaques d'eau... rêvons nous ?? mais non c'est bien réel. Noël n'étant pas bien loin, Papa Noël, serait-il déjà descendu sur terre ??

Un peu plus loin, le véhicule garé au bord d'un pâturage nous incite à entrer dans l'enclos rejoindre le propriétaire entouré d'un troupeau de lamas... ouf nous retrouvons également notre amie ! Jalousement protégé, la visite du domaine se mérite.

Ronald Guldenshuh, l'heureux propriétaire de l'endroit éclaire notre lanterne... depuis 1991, il consacre son temps à l'élevage de lamas et de chiens protecteurs de troupeaux dans sa ferme du Hornihof, en pleine nature. C'est lors de voyages au Chili, en Argentine et au Pérou qu'il importa les lamas. La plus grande partie du troupeau descend des deux premières importations du Chili en 1991 et 1994. Entre temps des lignées argentines et nord-américaines s'y sont rajoutées. Blanc, crème fauve, charbonnée, paille, roux, brun, gris-brun, gris et noir, bringé, pie et tacheté, le lama c'est un peu comme la haute couture, tous les goûts sont présents. (sources sur internet sur divers sites consacrés à l'élevage de la Montagne Bleue dans le Sundgau).

Une bouille bien sympathique, ces lamas. Le lama est un animal surprenant, fascinant et attendrissant. L'éleveur procède au travail de dressage afin de donner entière satisfaction à son nouveau propriétaire.

Le lama, avec l'alpaga, la vigogne et le guanaco, font partie de la même famille que le chameau et le dromadaire, les camélidés, il est adapté à l'altitude. Au tempérament curieux, il s'approche de nous, nous observe avec ses grands yeux bordés de longs cils. Une attitude un peu nonchalante, empreinte d'une grande noblesse. Sa robe de laine soyeuse, finement ondulée, avec une grande variété de couleurs reflète une grande beauté. Animal peu présent dans notre région, il gagne à être connu du grand public. Un rapide rappel historique nous montrera que les lamas ont énormément souffert sous les conquistadors qui ont été la cause d'un effondrement des effectifs.

glaserberg-6.jpgLes femelles et leur petit

Originaires des Andes, les lamas (lama glama) sont des camélidés, comme il en existe quatre espèces, originaires d'Amérique du Sud. Alpagas et lamas sont domestiqués depuis 7 à 8000 ans. Indispensables aux peuples Indiens des Andes, les lamas jouent un rôle important dans les rituels et la mythologie indigène.

Histoire ou légende: l'empire Inca n'est pas loin avec le lama, animal indissociable des civilisations Andines, utile au portage, fournissant sa laine, sa viande, ses os pour l'artisanat et, même ses crottes comme combustible. L'élevage des lamas était régi très sévèrement par l'Inca. Les lamas étaient impliqués aussi dans l'univers sacré civilisations Andines, malheureusement ils participaient en victimes aux rituels de sacrifice.

Mais ce n'est pas tout… Ronald Guldenschuh,d'abord éleveur de chiens Montagnes des Pyrénées, se consacre, depuis 1993 aux chiens Bergers d'Asie Centrale avec spécialisation dans les lignées afghanes et tadjiques. Les Bergers d'Asie Centrale sont d'un tempérament remarquablement serein et équilibré envers leurs proches bien qu'étant d'une rapidité impressionnante. Chiens précieux par leurs qualités, les Bergers d'Asie Centrale font partie des races canines les plus anciennes. Leur région d'origine est immense. Les chiens les plus originels et les plus aptes au travail viennent d'Afganistan du Tadjkistan et du Turkménistan. Protecteurs de troupeaux, ils savent défendre et prendre des initiatives. Intelligents et indépendants, ils ont malgré tout besoin d'autorité et d'affection. Le dressage est déterminant pour le futur caractère du chiot. Au domaine du Hornihof, dès qu'ils commencent à explorer un territoire un peu plus vaste, vers six à huit semaines, les chiots sont en contact direct avec les lamas et chevaux de l'élevage. Une visite au Hornihof vous fera découvrir un domaine hors du commun, ça vaut le détour comme on dit sur les guides touristiques...

Pour nous il est largement l'heure de rejoindre notre point repas, le col du Neuneich. Un petit abri est installé sur le site d'une ancienne ferme dont les vestiges du puits sont encore visibles. Le nom de » Neuneich » fait référence à l'alignement de neuf chênes qui se trouvait autrefois près de la ferme, cette dernière, jugée non rentable fut rasée et remplacée par une forêt.

glaserberg-7.jpgUne pluie fine se met à tomber au départ de l'abri

Un peu d'histoire : avant la Révolution, la forêt de Saint Pierre appartenait à la célèbre abbaye de Lucelle, fondée en 1123 par Saint Bernard, l'illustre moine cistercien de Clairvaux. À la Révolution en 1789, les moines durent s'enfuir et les biens de l'abbaye furent confisqués par l'État, la forêt de Saint Pierre qui ne comprenait alors que quelques 340 ha devint domaniale. Les fermes du Grand et Petit Kohlberg furent réunies à la forêt entre 1889 et 1903, mais en raison de leur vocation agricole manifeste, elles ne furent pas boisées, elles seront détachées de la forêt en 1956. La ferme du Neuneich, également appelée Neuhof comprenait, en 1857, une maison d'habitation avec puits, grange, écurie, jardin potager et verger, prés, champs et pâturages, le tout d'un seul tenant sur une surface de 62 ha. On y trouvait sans doute aussi un alignement de neuf chênes, ce qui constitue un élément paysager caractéristique dans la région. Plusieurs familles se sont succédées sur la métairie et quelques personnes y sont même nées... l'acte de baptême le plus ancien remonte à 1696.

Pour le retour nous nous trouvons sur l'autre versant des pâturages du Hornihof où se trouve un autre troupeau de lamas. Ce n'est pas courant de voir tant de lamas…

glaserberg-8.jpgun des troupeaux de lamas du Hornihof au pied du Glaserberg

Une forte descente dans les cailloux retient toute notre attention... jusqu'au blockhaus, le soleil est revenu ce qui nous permettra de finir la rando presque secs…

glaserberg-9.jpgdans la forêt de Lutter

L'oratoire Saint Joseph dépassé, nous sortons de la forêt vers la scierie et rejoignons la place de l'église.

Marthe et les compagnons  avec Eliott.

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Published by Marthala - dans Alsace-Lorraine
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