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28 mars 2011 1 28 /03 /mars /2011 15:42

Mercredi 9 mars 2011

 

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Sous son aspect actuel, l'église paroissiale de Saint Amarin cache au visiteur, les 14 siècles qui ont marqué ces lieux et dont les origines remontent à l'époque franque… Une grande partie de la vie religieuse de la paroisse Saint Amarin et de la vallée s'est déroulée en trois lieux de culte successifs : 626 – 1809 église primitive de Saint Martin / 1050 – 1756 la collégiale romane de Saint Amarin et Saint Project / 1758 à nos jours l'église paroissiale de Saint Amarin et Saint Project.

 

Région déjà visitée et occupée par les Romains… au début du VII ème siècle, un pieux ermite nommé Marin avait bâti une cellule près de Doroangus. Étant tombé malade, il eut la visite de Saint Prix ou Project, évêque de Clermont qui, de la cour de Childéric II roi d'Austrasie, s'en retournait en Auvergne. L'Austrasie (territoires de l'est) désignait, durant la période mérovingienne un royaume franc couvrant le nord-est de la France actuelle, les bassins de la Meuse et de la Moselle jusqu'aux bassins moyen et inférieur du Rhin. La capitale en fut d'abord Reims, puis Metz. Ce royaume est apparu à la mort de Clovis en 511, lorsque le territoire de celui-ci est partagé entre ses fils, mais mentionné pour la première fois pendant le règne de Childebert II. Berceau de la dynastie carolingienne, l'Austrasie disparaît en 751 avec le dernier roi mérovingien pour être intégrée dans le grand royaume franc que réunirent Pépin le Bref et Charlemagne. Le saint prélat le guérit de la fièvre. Pour lui témoigner sa reconnaissance, Marin le reconduisit dans son diocèse. Mais arrivé à Volvic en Auvergne, les deux voyageurs furent assaillis par des brigands qui s'en prirent d'abord à l'ermite.

 

Project voyant l'erreur s'écria : je suis celui que vous cherchez. À ces mots il tomba sous les coups du brigand nommé Radbert. Rapportées à Doroangus, les reliques de Marin furent honorées en cet endroit, qui lui dut son nom. Ceci se passait en 671. Le monastère de Saint Amarin fut plus tard régularisé par les abbés de Murbach, transformé au XII ème siècle en un chapitre de chanoines dépendant de cette abbaye qui possédait le village fondé autour du couvent et toute la vallée. Au XIII ème siècle, grâce à l'ouverture du col Saint Gothard,la route de la vallée de Saint Amarin s'ouvrit au commerce international entre l'Italie et la Flandre. Pour en profiter, l'abbé de Murbach établit un péage gardé par le château de Friedburg (avant 1255) et le défendit avec succès contre les convoitises des comtes de Ferrette et des seigneurs de Saint Amarin. Saint Amarin fut fortifié entre 1240 et 1260 mais déclina après que le chapitre eut été transféré à Thann en 1441. Totalement dépeuplé par les guerres du XVII ème siècle, Saint Amarin s'industrialisa au XIX ème siècle grâce à d'anciennes mines d'argent, cuivre, plomb, cobalt et zinc.

 

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9 heures, départ sur un agréable sentier vers le Melhuser Brennala (fontaine des mulhousiens).

 

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Arrivés sur les hauteurs du Haberkopf nous bénéficions d'un panorama exceptionnel sur Geishouse. Le village éparpille ses maisons sur un chaume d'altitude dont les pentes sont exposées au sud et dont les quartiers se nomment la vue des Alpes, Hoehe, Bramaly, Langmatt, sous les hauteurs du Haberkopf alt. 872 m et du Bessayfels alt. 1049 m. Coquet village en demi cercle, haut perché, s'appuie sur les contreforts du Grand Ballon et du Vieil Armand par le Col Amic. Connu depuis 1135 sous le nom de Geishusen dépendant alors de l'abbaye de Murbach qui administre le village. Ce sont les Lorrains qui, au XI ème siècle viennent s'installer au village et qui sont à l'origine de la création du village en défrichant les terres et forêts encore sauvages. Vers 1532, on recense dans le village dix fermes soumises à l'impôt.

 

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Les éboulis du Haberkopf à 872 m d'altitude

 

Vient le Moorfeld appelé également Mordfeld au pied du Storckenkopf qui rappelle le massacre de sept moines de Murbach par les Hongrois en 955. Les Hongrois qui étaient alors des nomades apparentés aux Mongols, étaient avides de butins et pillaient particulièrement les couvents et abbayes qui renfermaient souvent des trésors inestimables. Zoltant de la dynastie des Árpád qui régnait sur la Hongrie de 896 à 1301 était secondé par Bulscu qui était particulièrement cruel envers le population. Sept moines âgés qui n'avaient plus la force de quitter la région furent décapités au sabre au lieu dit Mordfeld qui fut appelé par les moines le «champ du meurtre» en emmenant avec eux les ciboires et autres vases sacrés en laissant sur place les cadavres. Les autres moines trouvèrent refuge, temporairement, en Lorraine à Lièpvre, Remiremont, Moyenmoutier et Senones. Plus tard les moines bénédictins revinrent et se mirent à la recherche des sept moines disparus … ils découvrirent les ossements des sept victimes qu'ils s'empressèrent d'ensevelir dans un sarcophage qui est toujours exposé dans le transept nord de l'église abbatiale.

 

Les Hongrois furent finalement défaits lors de la bataille du Lechfeld, près d'Augsburg en 955 face aux troupes menées par l'empereur germanique Othon 1er (912-973) fondateur du Saint Empire romain germanique.

La pause repas est prévue au Markstein et c'est à l'abri du vent que nous nous restaurons.

 

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Sur le chemin du retour nous découvrons un abri dont nous prenons acte de suite pour une prochaine sortie.

 

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Les compagnons heureux de vous saluer …


Le Stockenberg, sur les hauteurs de Saint Amarin est un endroit paradisiaque... le Stockenberg se situe en rive gauche de la Thur sur les contreforts du massif du Markstein-Grand Ballon. Ce petit sommet culmine à 744 m est encadré par deux vallons aux noms évocateurs, le vallon de Ranspach dont le nom d'origine celtique signifierait «le Corbeau» et celui de Vogelbach ou rivière aux oiseaux. Le Vogelbach se jette dans la Thur au niveau d'une terrasse fluvio-glaciaire sur laquelle fut bâtie la ville de Saint Amarin. Un magnifique sentier offre divers points de vue sur la vieille ville. On distingue le tracé du mur d'enceinte édifié au 13 ème siècle et l'emplacement du château du Friedburg dont certaines salles furent décorées en 1449 par le célèbre peintre bâlois Hans Holbein l'aîné.

 

saint-amarin-7.jpgDescente du Stockenberg


Nous voilà de retour au point de départ à Saint Amarin. L'histoire de Saint Amarin est liée à celle de Thann par la collégiale : en 1441, le Concile de Bâle, en accord avec le roi et futur empereur Frédéric III charge le cardinal Jean de Saint Martin les Monts d'ériger l'église St Thiébaut au rang de collégiale, ce qu'elle doit rester à perpétuité, afin de recevoir le transfert des chanoines du Chapitre de Saint Amarin à Thann. Le 30 juin 1442, transfert en grande pompe du chapitre qui comprend 12 religieux dirigés par un prévôt. L'église Saint Thiebaut devient donc une collégiale (Stiftskirche).

 

À bientôt,

Marthe et les compagnons

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Published by Marthala - dans Alsace-Lorraine
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commentaires

yves 28/03/2011 16:39


salut Marthala,
qu'elle rando. avec une belle chute de notre ami Aldo qui est un solide gaillard et surtout notre monument le GUY qui fait encore de bonnes blagues à 7.......... ans @+ toute la bande et un
schmoutz