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11 avril 2011 1 11 /04 /avril /2011 11:01

Mercredi 30 mars 2011

Cette sortie sera, pour certains d'entre nous, une copie conforme d'une virée vécue en automne 2010, mais tellement belle et enrichissante que nous tenions à la faire partager aux compagnons !!

ammerschwihr-1.jpgLa Porte Haute,tour des cigognes ou encore « Obertor » à Ammerschwihr

L'origine de la Vallée de Kaysersberg remonte à la nuit des temps. Habitée dès la préhistoire, cité gallo-romaine, c'est surtout le Moyen Âge qui va lui façonner cette belle image. De multiples villages vont s'implanter dans ce décor verdoyant qui s'habille d'un lourd et doux manteau blanc en hiver, revêt ses plus belles couleurs au printemps, brille de mille feux en été et devient sauvage et fauve en automne, un vrai paradis.

Une bien belle vallée avec ses beautés naturelles, la vigne monte à l'assaut des collines, les châtaigneraies descendent doucement de la montagne, les belles forêts et, à l'arrière plan, les Hautes Vosges. Tous les siècles y ont laissé des traces. La vallée garde l'empreinte des époques celtes, romaines, des vestiges du Moyen-Âge et des splendeurs architecturales de la renaissance rhénane. Alors que le dialecte alsacien est parlé couramment dans le vignoble, le patois roman résonne encore dans le pays welche. Si le Bas de la vallée est abrité et bénéficie d'un climat semi-continental ensoleillé, chaud et sec et de ce fait, est le terrain de prédilection des vignes, au contraire le Haut hérite d'un climat rude avec des précipitations abondantes et des vents violents. Les hivers y sont froids et enneigés. Cette région représente aussi un haut lieu d'histoire.

Les vignerons élèvent, avec amour et respect, leurs grands crus pendant que les montagnards fabriquent fromages et eaux de vie. L'alchimie étonnante de ces deux terroirs donne à la vallée son caractère et son atmosphère unique et précieuse. Ses habitants perpétuent des traditions séculaires, entretiennent avec passion les sentiers et renseignent avec bonne humeur le promeneur à la recherche d'une source ou encore d'un château.

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La Porte Haute,tour des cigognes ou encore « Obertor » du XIII ème siècle, fait partie intégrante de la fortification. Relevant du Saint-Empire romain germanique, elle était située à la sortie ouest de la ville. Au cours du XV ème siècle, la structure supérieure fut modifiée par un colombage et une bouche à feu. Un cadran solaire aux armes de la ville figure sur les façades Est et Ouest.

La cigogne blanche d'Alsace, aussi nommée le « Grand Blanc d'Alsace » est une des figures emblématiques de l'Alsace, source de contes et de légendes bien entendu.

 

De l'antique Égypte, la cigogne était sacrée et quiconque l'attaquait était puni de mort. En Grèce, jadis, on appela « loi cigogne » l'édit qui obligeait les enfants à nourrir les parents âgés et dans la détresse. De nos jours, en Orient et en Alsace, ce respect et cette vénération traditionnels survivent encore. Des légendes racontent que la cigogne est avant tout un porte-bonheur. Une très vielle légende féodale du Bas-Rhin raconte que les cigognes incarnaient la survivance des trépassés et avaient la mission d'aller quérir au fond du puits l'âme destinée au bébé qui allait naître… de nos jours, c'est encore la cigogne qui apporte les bébés... et bien d'autres légendes encore…

Proche de la Porte Haute, la chapelle Saint Wendelin, est mentionnée dès 1325 sur un lieu placé sous la protection de Saint Wendelin. La toponymie en a conservé le souvenir, l'une des vallées se nommant Wendlingsthal. Le lundi de Pâques 1793, la statuette en terre cuite datant de la fin du XV ème siècle représentant la Vierge douloureuse ornant le maître-autel des Trois Épis fut déposée sur l'autel de la chapelle Saint Wendelin puis déplacée à l'église paroissiale. La statue fut ainsi en sûreté durant toute la période révolutionnaire, alors que la plupart des objets du culte ainsi que le mobilier des églises furent vendus aux enchères... Après la Révolution, la statue fut replacée en avril 1804, dans la chapelle Saint Wendelin et une grande procession la ramena en juillet 1804 aux Trois Épis sur son lieu de dévotion originel. Reconstruite vers 1878-80, la chapelle subit des dégradations de décembre 1944 à janvier 1945. Après une première restauration, la ville d'Ammerschwihr procéda entre 1998-99 à de nouveaux travaux.

ammerschwihr-3.jpgChapelle Saint Wendelin

Départ pour le vignoble... on ne peut parler d'Ammerschwihr sans souligner le cru prestigieux du Kæfferkopf ! Au cœur du vignoble le Kæfferkopf mûrit d'année en année un raisin qui donne le fameux cru du vin d'Alsace. Mentionné dans les archives.

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Dès 1328 sous la dénomination « Zem Kefersberg » ce lieu-dit n'a cessé d'acquérir au cours des siècles ses lettres de noblesse.

Dans les vignes, au pied du massif vosgien, subsiste la base du donjon carré de l'ancien château de Meywihr cité en 1279.

 

Sur la colline, à 423 m d'altitude sur le lieu-dit Croix Meywihr, est érigée une croix. Édifiée par l'Association des déportés, évadés et incorporés de force, les Malgré Nous d'Ammerschwihr, à la mémoire de ses morts et disparus, au cours d'une page douloureuse de l'histoire de l'Alsace.

 

Comme toujours, un splendide panorama récompense les randonneurs de leurs efforts. Une vue sur les trois châteaux de Ribeauvillé ( Saint-Ulrich, Girsberg et le Haut de Ribeaupierre) mais également, à droite le Haut Kœnigsbourg…

 

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la Croix Meywihr

 

Il faut traverser la riche forêt pour arriver sur les hauteurs de Katzenthal, charmant bourg blotti entre les coteaux du Wineck-Schlossberg et du Winterberg situé au pied du château du Wineck. Détruit à 90 % lors de la bataille de la poche de Colmar en décembre 1944, il fut totalement reconstruit retrouvant son charme d'antan. Katzenthal , fier de ses deux grands crus alsaciens, le Wineck et le Schlossberg, dominé par son château, aujourd'hui musée archéologique se blotti au cœur de son charmant vignoble.

Des découvertes néolithiques (2000 à 1700 avant JC), datant de 1899 sur la colline du Dorfbourg, à quelques centaines de mètres au sud-est du village, consistent en trois tombes préhistoriques contenant des squelettes et des fragments de vases, attestent que le vallon de Katzenthal a été habité dès la préhistoire.

 

En 1220 fut fondé le couvent des dominicaines Sainte Catherine (les Catherinettes) assemblée de femmes pieuses dont sainte Catherine était la patronne. Une querelle opposa en 1249 ce couvent au seigneur local Reichard vom Winneg, querelle qu'arrangea un seigneur de Schauenberg. En 1288 le couvent des dominicaines Sainte Catherine fut transféré à Ammerschwihr, pour être transféré, en 1312, à Colmar où il se maintint jusqu'en 1790. À l'heure actuelle, le couvent est une école, et l'église a été aménagée en salle de concert municipal (la salle des Catherinettes).

 

Le territoire de Katzenthal, à l'origine propriété d'Eguisheim, fut réuni à celui d'Ingersheim et le resta jusqu'à la Révolution Française.

 

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Le château de Wineck

 

Le château de Wineck, autrefois appelé aussi Weineck, qui date de la fin du XII ème siècle est à l'origine de la localité actuelle. La première mention du village, sous la forme de Chacindale, figure dans une charte de 1185 du pape Lucius III. Il se pourrait que cette désignation dérive du nom du premier habitant de l'endroit, un dénommé Chazzo, propriétaire du vallon. En 1212, la localité est évoquée sous la graphie Kancedale, pour finir en Katzenthal voulant dire « Val aux Chats ».

La construction du château, sur ordre du comte de Ferrette, date du milieu du XIII ème siècle. Passe par la suite aux mains de la puissante famille des Habsbourg pour finir en fief à la famille des Rathsmanhausen. Tout d'abord uniquement constitué du donjon et d'un petit logis, le château de Wineck s'agrandit et s'entoure de son enceinte au XIV ème siècle. Le château de Wineck est rapidement abandonné, n'ayant aucune importance stratégique. Dès le début du XVI ème siècle il est signalé en ruine. (sources puisées sur le net)

 

Le château est de dimensions très modestes. Une tour quadrangulaire s'appuie contre une enceinte de peu d'espace. Son appareil est lisse avec des chaînages d'angle en bossages. Par sa taille et sa conception, il n'est pas sans évoquer Hagueneck.( sources : dictionnaire des châteaux de l'Alsace médiévale de Charles Laurent Salch)

 

Depuis 1986, Katzenthal, avec plusieurs autres communes de Haute Alsace, est membre de la Fédération des villes de Lazare de Schwendi, qui réunit des communes et des villes de France, de Belgique et d'Allemagne, qui ont fait partie des anciennes seigneuries du diplomate et humaniste Lazare de Schwendi ou qui, de quelque manière, ont eu des rapports très étroits.

 

Lazare de Schwendi, né en juin 1522 à Mittelbiberach en Souabe, fils illégitime de Ruhland de Schwendi et Appolinia Wenken, sa servante, son père décédé en juin 1525 avait établi un testament instituant la ville de Menningen, exécuteur testamentaire et tuteur de son fils. Diplomate et général de Charles Quint et Maximilien II, il est devenu célèbre en Alsace dans la région de Colmar. C'est surtout en Alsace qu'il laissa son empreinte, il se rendit propriétaire, en 1563, de la seigneurie de Hohenlandsberg avec la ville de Kientzheim et de son château, les villages de Sigolsheim, Ingersheim, Katzenthal et de Logelheim, ainsi qu'une partie des localités de Niedermorschwihr, Wintzenheim, Ammerschwihr et Turckheim. C'est dans sa résidence de Kientzheim qu'il résidait le plus volontiers. En 1572, il devint seigneur de Kirchhoffen – commune d'Ehrenkirchen en pays de Bade – et l'année suivante prévôt impérial de Kaysersberg. Décédé en 1583 à Kirchhoffen et, selon ses dernières volontés, inhumé dans l'église de Kientzheim, sa pierre tombale, en grès rose, représentant l'effigie en haut relief du défunt en chevalier est toujours visible (classée à l'inventaire des monuments historiques). Frédéric Auguste Bartholdi réalisa en 1898 une statue de Lazare de Schwendi, brandissant un plant de vigne, qui surplombe la fontaine au milieu de la place de l'Ancienne Douane à Colmar. Fontaine dédiée à Lazare de Schwendi qui commanda l'armée impériale contre l'armée de Soliman le Magnifique en Hongrie. La légende raconte qu'il en rapporta le Tokay, l'un des cépages les plus réputés en Alsace, aujourd'hui appelé pinot gris…


ammerschwihr-7.jpgKatzenthal au pied du château

 

Un raidillon, et déjà nous nous trouvons devant une statue géante… le Galtz ! La récompense de la journée !! Le Christ ouvre ses bras sur la montagne et la plaine en souvenir des morts de la Première Guerre Mondiale érigée en 1930, une nouvelle statue constituée d'un conglomérat de résines et de poussière de pierre a remplacé en 1991 le monument initial rongé par les intempéries. Le panorama du haut du monument est exceptionnel.

 

Au sommet d'un petit éperon rocheux à une altitude de 731 m, a été érigée en 1930, une monumentale statue du Christ bénissant la plaine d'Alsace, en reconnaissance du retour de l'Alsace à la France, elle est due au sculpteur Valentin Jaeg et mesure 8 m de haut (23 m avec le socle). La vue est magnifique… on peut monter par un escalier en colimaçon jusqu'à une coursière périphérique au 1er niveau et admirer les alentours. Les Trois Épis, célèbre pèlerinage est tout près, situé au pied du Galtz.


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Le Christ protecteur de l'Alsace

 

Les Trois Épis sont nés en 1491 suite à l'apparition à Thierry Schoeré, forgeron d'Orbey se rendant au marché de Niedermorschwihr, de la Vierge Marie portant trois épis en sa main droite et un glaçon dans sa main gauche… Le milieu du XIX ème siècle marque un tournant décisif pour l'avenir des Trois Épis, une station touristique allait naître. Reconnue pour son air pur bienfaiteur, la station a été choisie (années 1950) comme Centre Médical de Convalescence et Soins par la MGEN.


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Notre Dame des Trois Epis

 

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Au lieu-dit La main de Fer, une stèle en mémoire de Felix Spitz (président du Club Vosgien de Colmar de 1936 à 1966) et pour cause… réalisateur des cartes touristiques des Vosges, vous savez celles qu'on nous envie à l'extérieur de notre belle région… À coté, un kiosque accueille les randonneurs, une pause s'impose pour nous, bon appétit… La descente à Ammerschwihr est plaisante à travers une superbe forêt où le houx est omniprésent. Le sentier débouche sur le golf d'Ammerschwihr.


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De retour à Ammerschwihr, la Porte Haute laisse entrevoir le charme de ses rues…

 

Ammerschwihr, habitée dès l'âge de bronze, puis à l'époque romaine où elle démarre son activité viticole, est citée en 869 sous le nom de « Amalrici Villare » ou « village d'Amalrich ». Élevé au rang de ville dès 1367 elle fut fortifiée dès le XIV ème siècle. Les habitants de Meywihr et Katzenbach, deux hameaux voisins vinrent se réfugier derrière les remparts de la ville…

 

Les petits ruisseaux, le vignoble, les crêtes, les villages devenus d'élégantes petites villes, tout dans cette belle vallée raconte son histoire. Bercés par des légendes, l'atmosphère de la vallée quelque peu mystérieuse nous plonge dans un conte, entre rêve et réalité, dépaysement total assuré pendant une randonnée de ce type…

 

un grand bravo à Aldo pour cette sortie bien orchestrée...

 

Marthe

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Published by Marthala - dans Alsace-Lorraine
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commentaires

yves 12/04/2011 18:03


salut Marthala,
et bien quelle belle randonnée, une bonne humeur le plasir de se revoir @+ schmoutz à tous
yves


gridelle 11/04/2011 19:45


j'ai beaucoup aimé cet endroit et la région toute entière où j'ai vécu durant une année il y a 10 ans... merci pour le partage