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29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 19:42

Mercredi 6 juillet 2011

 

Départ à Giromagny pour l'ascension de la Planche des Belles Filles. Giromagny, altitude moyenne de la ville environ 470 mètres, se situe à l'entrée de la vallée de la Savoureuse au pied des Vosges. À l'origine, le village dépendait de la paroisse de Rougegoutte. Avec le développement de l'exploitation des mines de la vallée et surtout le fait que la plupart des mineurs saxons, bavarois ou tyroliens ne parlaient pas le français, une nouvelle paroisse vit le jour en 1569. Elle fut rattachée dès lors au diocèse de Besançon. L'essor de Giromagny date de la fin du Moyen-Âge avec le début de l'exploitation des mines d'argent, de plomb et cuivre par les Habsbourg, alors seigneurs du Rosemont. L'activité des mines s'est poursuivie jusqu'au XVIII ème siècle, avec un fort ralentissement pendant la Guerre de Trente Ans.

 

En 1648, le cardinal de Mazarin devient propriétaire des mines de Giromagny, ce qui n'empêche pas leur déclin et un fort ralentissement économique de la ville qui durera jusqu'au Premier Empire. En 1868, les différentes usines Boigeol employaient plus de 1000 personnes et tissaient en 1882 des toiles de chanvre, lin et coton sur 310 métiers mécaniques et de nombreux autres métiers à bras. La commune comptait en outre une scierie et une tannerie, des tuileries et des moulins.


Querty-1.jpg

Col du Querty alt. 832 m

 

Le sentier continue à grimper, d'abord à la Haute Planche et continue jusqu'à la Planche des Belles Filles.

 

Sur le chemin, un énorme rocher fendu au milieu, surplombe la falaise, un cadeau de la nature comme nous en rencontrons tout au long de nos sorties.


rochefendue-2.jpg

La Roche Fendue

 

Altitude : 1 148 m, nous arrivons au sommet de la Planche des Belles Filles … et sommes récompensés par la beauté des paysages que nous offre cette petite station de sport d'hiver. Nous apercevons le Ballon de Servance et le Ballon d'Alsace. La Planche des Belles Filles offre cinq pistes de ski alpin et cinquante kilomètres de pistes balisées pour le ski de fond, avec possibilité de rejoindre le Ballon d'Alsace. Trois circuits raquettes sont proposés également.

 

Une question revient souvent : pourquoi ce nom énigmatique pour cet endroit retiré...

 

La Planche des Belles Filles aurait été le théâtre d'un abominable massacre au cours de la Guerre de Trente Ans... Entre 1618 et 1648, un terrible conflit opposant les Princes Protestants Allemands à l'autorité Impériale Catholique, s'internationalisait avec l'intervention de la France et de son alliée, la Suède. Les chefs mercenaires qui menaient cette guerre étaient à la tête de troupes indisciplinées de toutes origines, qui menèrent des actes cruels et dévastateurs !

 

L'Alsace, les Vosges et la Franche Comté souffrirent des Suédois qui étaient des plus barbares, pillages, viols, incendies et tueries étaient leurs actes quotidiens et favoris. En 1635, pendant l'hiver neigeux, les Suédois, aux ordres de Mansfeld, chef de guerre brutal agissant pour Richelieu, remontent la vallée du Rahin pour cantonner à Plancher les Mines. Les paysans des vallées du Rahin et de la Savoureuse (côté Belfort) se sauvent dans la montagne de Saint Antoine avec leurs pauvres biens et leur maigre bétail. Les épouses et les filles qui avaient encore plus à craindre de la horde de suédois, continuèrent leur chemin dans la neige jusqu'au sommet du Ballon d'Auxelles pensant être en sécurité... Une trahison mena les Suédois au refuge des paysans, le massacre dura toute la nuit... ils sont tous tués, seul un enfant réussit à s'échapper et courut vers les chaumes au sommet du ballon pour alerter les femmes. Malheureusement, dans la neige fraîche, les traces de pas sont facilement repérables et les soldats le suivirent... les femmes devinent le danger !! , afin d'éviter d'horribles tortures suivies d'une mort certaine, elles dévalent les pentes abruptes du Ballon pour se jeter dans les eaux noires et froides de l'étang situé plus bas. Une jeune fille, échappe à la noyade et raconte ce récit... on dit que depuis ce temps là, l'étang, mais aussi la planche qui le surplombe portent le nom de «Belles – Filles»

 

Au sommet, une stèle rappelle une période plus près de notre époque :


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stèle Gaston Wurtz

 

Gaston Wurtz, à l'âge de 34 ans, est tombé au combat, le 17 septembre 1944 contre les Allemands au sommet de la Planche des Belles Filles …

 

Nous descendons à la station pour gagner l'étang des Belles Filles niché dans la forêt … agréable endroit pour le pique-nique.


Pendant le repas nous assistons à un spectacle insolite offert gracieusement par les poissons peuplant ce magnifique étang. Ils nous présentent un ballet de sauts … c'est à celui qui réussit le meilleur saut … nous profitons tout simplement d'un show aquatique dans un endroit retiré du monde … dans un profond silence.


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Étang des Belles Filles

 

Le chemin de retour passe par Lepuix-Gy … avec un crochet à la scierie communale construite en 1878 à l'initiative de la municipalité afin de protéger ses intérêts forestiers, gérée depuis cette date par la famille Demouge. Actuellement redevenue propriété de la commune, remise en état, elle continue au rythme de l'eau sa fonction de valorisation du bois lors des journées de démonstration.


scierie-5.jpg

L'arrivée d'eau de la scierie communale

 

Historiquement, la bourgade de Lepuix-Gy, s'est développée sur deux axes principaux. D'une part, le long de la vallée de la Beucinière où se situent le village ancien et le plus grand nombre d'habitants et, d'autre part dans l'ancienne vallée glacière sur l'axe Giromagny-vallée de la Savoureuse jusqu'au hameau de Malvaux. Par ailleurs, la partie sommitale du Ballon d'Alsace a connu depuis plusieurs années une certaine urbanisation liée au tourisme et aux loisirs. Cet habitat éclaté et bien typé est très lié à l'histoire économique de Lepuix, village d'agriculteurs de montagne, complété au fil du temps d'exploitations minières et ensuite d'industries textiles. Le village d'aujourd'hui est devenu plus résidentiel qu'industriel et agricole, bien que ces deux caractéristiques n'ont pas complètement disparus.

 

Cerclés de montagnes, réserve d'eau et puits de mines, le village mérite bien son nom de Lepuix. En 1024, il s'agit d'un hameau dépendant du Haut Rosemont et de la paroisse de Chaux, c'est alors « LE PUIT ». En 1347, le village échoit à Jeanne de Ferrette, épouse de l'archiduc d'Autriche Albert II et devient « LE PUY ». La dénomination commune de LEPUIX GY n'est apparue que vers la fin de la guerre de 1914-18. Pourquoi avoir ajouté GY ? Il n'y a qu'une raison toute simple, GY, n'est que l'abréviation du chef-lieu de canton Giromagny. Plusieurs autres appellations ont été proposées par la suite (Lepuix la Forêt en 1961) ensuite (Lepuix en Ajoie) pour finalement rester Lepuix son appellation officielle et Lepuix-Gy en appellation usuelle.


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La scierie communale à Lepuix Gy

 

L'exploitation des mines argentifères, de cuivre et de plomb se développe au début du XVI ème siècle. Cette activité est prospère et aurait pu continuer si la guerre de Trente Ans n'avait ruiné les travaux et la population. Jusqu'à la fin du XIX ème siècle, de nombreuses tentatives de remise en exploitation échouèrent malgré une richesse incontestable du sous-sol. Avec le déclin de l'industrie minière, les paysans-mineurs devinrent des paysans-bûcherons ou paysans-charbonniers ou alors s'expatrièrent. À la fin du XVII ème siècle, apparaît l'industrie textile avec les métiers à tisser à bras. Les premiers métiers mécaniques mus par la force hydraulique apparaissent en 1828.

 

De nombreuses usines sont construites sur le modèle anglais, les sheds. Au début du XX ème siècle, c'est l'apogée de la période textile. Restée soutenue jusqu'aux années 1960, elle s'affaiblira progressivement pour s'éteindre définitivement le 31 octobre 1987, par la fermeture du Tissage du Pont.

 

La force de l'eau … au milieu du siècle dernier presque chaque cours d'eau de la montagne vosgienne produisait de l'énergie par l'intermédiaire des roues à eau. Cette technique fut progressivement abandonnée avec l'industrialisation. Rénovées et entretenues ces installations étonnantes peuvent, aujourd'hui se visiter.


carriere-7.jpg

Carrière à Lepuix

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les compagnons du mercredi vous saluent depuis l'étang des Belles Filles


Marthe


PS: cliquer sur les photos pour les agrandir.

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commentaires

yves 29/08/2011 20:57


salut Marthala,
et voilà à nouveau une belle rando. la bande me manque vivement le mois de septembre pour à nouveau partager de beau moment en groupe
schmoutz à tous
yves