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10 juin 2010 4 10 /06 /juin /2010 17:48

Jeudi 13 mai 2010

 

Après une bonne nuit de sommeil nous nous réveillons à 6 heures au son des cloches... magique comme réveil, ça me rappelle ma jeunesse...

Nous avons bien mangé hier soir, nous avons même fait les gourmands... gare... ce matin faudra bouger !!

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Il pleut des cordes... nous avons espoir que cela s'arrête après le petit déjeuner...


La Broque, commune située dans la haute-vallée de la Bruche en amont de la ville de Schirmeck. La commune se compose d'une agglomération de plusieurs annexes et lieux-dits : Neuves-Maisons, Vipucelle, Albet, Fréconrupt, les Quelles, Salm Vacquenoux, Malplaquet, Pont des Bas et La Claquette.


L'étymologie de La Broque viendrait du mot gaulois «Brocco» dont le sens topographique évoquerait un éperon défriché, un lieu à la fois à l'abri des inondations de la rivière et à côté de points d'eau. Un prieuré bénédictin appelé par la suite Vicpodi cella est fondé vers l'an 800 à proximité de La Broque par l'abbé Vicpode de Senones. Un petit habitat s'y constitua et ne fut plus désigné jusqu'à nos jours que par Vipucelle. Sur la façade d'une maison de la rue du repos de Vipucelle est encastré un bas-relief funéraire d'époque gallo-romaine représentant un couple en buste. Cet ornement classique des anciennes villas gallo-romaines suggère qu'un habitat s'y était constitué dès cette époque. Au début du XIII ème siècle, le comte Henri III de Salm, voué de l'abbaye, fit bâtir un château dans la montagne. Ses successeurs devinrent progressivement les maîtres du pays.

 

En 1598, un tirage au sort attribua une partie de l'actuelle commune (Vipucelle, Fréconrupt, les Quelles et une moitié de La Broque) au comte Jean IX, et l'autre (Albet, Vacquenoux et le reste de La Broque) à son beau père le rhingrave Frédéric Albet, également comte de Salm. Par le jeu des héritages, le lot de Jean IX passa aux Ducs de Lorraine et celui du rhingrave à ses descendants devenus princes de Salm à partir de 1623.

 

En 1751, un nouveau partage créa la Principauté autonome de Salm-Salm avec Senones comme capitale qui englobait tout le Ban de Vipucelle (ou ban de Salm) formé de ce qui compose aujourd'hui des deux communes de La Broque et Grandfontaine. En 1793, les Révolutionnaires Français annexent la principauté après l'avoir soumise à un blocus économique. La Broque fut alors incorporée au département des Vosges. À l'issue de la guerre franco-allemande de 1870 et en échange du Territoire de Belfort, le traité de Francfort détacha en 1871 la commune du département des Vosges pour la joindre au Reichsland Elsass-Lothringen. Après la libération en 1918, elle resta dans le Bas-Rhin.

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Malgré la grisaille du matin, les lilas fleurent bon...


Nous sommes venus passer deux jours entre copains, laissons un peu nos franches rigolades et remontons un court instant dans le passé...

 

Schirmeck, traduit en français (coin qui protège …) existe depuis le 13 ème siècle et dépendait de l'évêché de Strasbourg. Jean de Dirpheim (évêque de 1306 à 1328) créa ou réaménagea le château qui domine la cité et la dota d'une muraille. Ainsi la ville devint le «coin protégé», ce que signifie son nom. La ville eut beaucoup à souffrir de la guerre de Trente ans, mais eut probablement davantage à souffrir encore lorsque les nazis la dotèrent d'un camp d'internement, et en firent l'antichambre du Struthof.


Qui de nous n'a jamais entendu parler du camp de Schirmeck ??

ce qui est appelé le camp de Schirmeck se trouve en fait sur le territoire de La Broque. La dénomination s'explique par le fait que les nazis rassemblent, durant leur occupation du territoire, l'ensemble des communes contiguës sous le nom de Gross-Schirmeck. Les baraques, construites par l'administration française pour accueillir des réfugiés, sont transformées en camp de redressement. Une seule subsiste, et porte sur la façade une plaque commémorative avec l'inscription : "Sur cet emplacement se trouvait le premier camp nazi en Alsace annexée en 1940-1944". Le quartier est toujours appelé "le camp". Le camp de Schirmeck, en allemand Sicherungslager Schirmeck, fut un camp de redressement nazi, en Alsace annexée. Il fonctionna de 1940 a 1944. Sa principale activité et première vocation fut d'être un Erziehungslager (Camp de Rééducation) pour les Alsaciens et Lorrains réfractaires à la germanisation de leur territoire.


Situé dans un endroit bien adapté à sa fonction .. dans la vallée de la Bruche, passage reliant Strasbourg et le centre de l'Alsace à la France dite de l'intérieur, par les cols du Donon, du Hantz, de Saales, protégé par son environnement naturel de forêts et de montagnes. À deux pas du camp du Struthof.

On ne peut s'empêcher de frémir à la pensée que des hommes se sont acharnés à en faire souffrir d'autres...

 

Nous commençons notre balade, à Wackenbach. Aujourd'hui pas de long kilométrage... 13 contre 22 hier... journée cool, il ne manque que le soleil… les pèlerines sont adoptées... dès le départ.

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Photo-souvenir au col entre les Deux Donons


Le sentier monte régulièrement dans la forêt à l'abri de la pluie. J'ai beaucoup de plaisir à refaire ce parcours en sens inverse (une traversée des Vosges en 2008 nous faisait descendre par ce même sentier).

Nous sortons de la forêt et débouchons au col du Donon. Le col du Donon rappelle plein de souvenirs à toute la bande pour y avoir séjourné d'une manière ou d'une autre … les commentaires vont bon train...


Direction : Le Donon. La pluie ne cesse de tomber... La montagne sacrée du Donon a toujours fasciné. Le massif du Grand Donon, point culminant des Basses-Vosges aux confins de la vallée de la Bruche, carrefour entre l'Alsace et la Lorraine, est un de ces lieux où souffle l'esprit. Endroit privilégié où l'Histoire rencontre la légende, ce sommet fut successivement place forte dès le Néolithique, refuge temporaire à l'époque de l'Âge du Fer, lieu de culte gallo-romain puis site occulté au nom d'un christianisme conquérant. Redécouvert fortuitement mille ans plus tard par un moine bénédictin et définitivement pillé et défiguré au nom du progrès industriel. Dominant à 1009 mètres, le massif du Donon est principalement connu pour la reconstitution d'un temple romain.

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Le temple reconstitué au sommet de la montagne sacrée du Donon !!!


Le Donon regorge de vestiges témoins d'un passé mystique. Le site prit rapidement un caractère sacré qui en fit un haut lieu de culte et favorisa l'émergence de nombreuses légendes. Les Celtes y bâtirent un temple au Dieu Cerf, puis les gallo-romains également séduits par cet endroit y ont fait construire un temple probablement dédié à Mercure. Il était aussi l'objet d'une exploitation minière (fer) et fut le témoin des trois dernières guerres de 1870, 1914 et 1939. Un fois encore les belligérants choisiront ce lieu comme point stratégique durant les conflits qui vont les opposer et fit de victimes tant dans les deux camps (allemand et français).


Le Donon tire probablement son nom d'un dérivé celtique «dun» signifiant montagne ou forteresse. Les protections celtes de la montagne pourraient être transformées en oppidum romain. Les invasions barbares et les destructions qui les accompagnèrent plongèrent le site dans l'oubli pour une période d'au moins mille années... De véritables études archéologiques se mirent en place à la fin du XVIIème siècle et l'on commença à découvrir l'histoire mystérieuse de cette montagne sacrée.


Aujourd'hui, le Donon continue à être la sentinelle de cette région des Vosges. Il domine la vallée de la Bruche, protège le versant mosellan et offre un panorama superbe vers les quatre points cardinaux. On y profite de sombres forêts pour découvrir un secteur sauvage, riche en flore en en faune, un lieu encore relativement préservé.


Malheureusement la pluie a rendu la montée dans les rochers glissante et nous avons renoncé à grimper jusqu'au temple... rendez vous sera pris pour une prochaine sortie. Au col des Deux Donons… l'abri nous offre un toit pour le repas…

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Une borne intrigue le randonneur: Limite de la Principauté de Salm


On croirait remonter dans l'histoire. Une borne interpelle le randonneur : elle rappelle la pierre-borne originale, limite de la principauté de Salm qui se trouve maintenant au musée aménagé au château de Schirmeck. La principauté de Salm fut le dernier état souverain à être rattaché à la France en 1793. Nous nous trouvons ici aux portes de ce tout petit pays dont la capitale était Sénones et qui s'étendait sur les montagnes voisines.

 

L'histoire commence en l'an 1111. Hermann II de Salm-Luxembourg, fils d'un roi de Germanie est voué de l'abbaye de Senones. Son mariage avec Agnès de Montbéliard-Mousson-Bar commence l'implantation dans les Vosges d'une première dynastie de Salm. En 1200, Henri II comte de Salm et voué de Senones fit construire le château de Salm sur les hauteurs dominant le hameau actuel portant le même nom. Le château est en ruines depuis 1622, il subsiste encore les vestiges d'un donjon, quelques murs, une cave voutée ainsi qu'une plate-forme.


 

Après le repas la pluie a cessé et nous descendons joyeusement sur de magnifiques sentiers jusqu'à Wackenbach. C'est ici que nous terminons notre escapade… dans quelques jours nous irons en Bretagne...

 

à bientôt


Marthe, Yves, Claude et leurs amis accompagnés de la mascotte Eliott

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Published by Marthala - dans Alsace-Lorraine
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