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12 juin 2011 7 12 /06 /juin /2011 10:07

Lundi 6 juin 2011


Ce sera la deuxième étape du périple Wittenheim – Hendaye qui débutera le 21 juin prochain pour se terminer à Hendaye 32 jours plus tard !! Yves ne baisse pas les bras et continue sérieusement son entraînement. Entre autre, la reconnaissance de l'étape qui se déroulera le 22 juin (journée nationale des dons d'organes) avec le slogan :

 

«DON D'ORGANES, POUR SAUVER DES VIES, IL FAUT L'AVOIR DIT».

 

De bon matin, départ à Mortzwiller, village étape du 21 juin. Charmant bourg situé à la jonction des collines du Sundgau et des derniers contreforts des Vosges, on y découvre le massif large et imposant du Rossberg, le Baerenkopf que traversait la frontière entre la France et l'Allemagne en 1870 et le Ballon d'Alsace aux pentes en chute raide qui descendent vers la vallée de la Doller. Le groupe s'est agrandi, ce-jour, quatre amis accompagnent Yves pour avaler les 37 kilomètres qui séparent Mortzwiller de Couthenans. Ne perdons pas de temps et prenons la direction de PetiteFontaine, très vite nous foulons le sol du Territoire de Belfort. Il sonne 9 heures lorsque nous traversons le village de Felon.

felon-1.jpg

Cité en 1227, le village fait partie de la seigneurie de Rougemont et de la paroisse d'Angeot jusqu'en 1767, date à laquelle il fut rattaché à celle de Saint Germain le Châtelet. Les premiers documents retraçants l'histoire de Felon datent du début du XIII ème siècle. À cette époque, le Comte provincial Otton II, devient Comte de Habsbourg. Felon était cité en 1227 sous le nom de Vuolon, ainsi que sous deux autres appellations : Furlon entre 1235 et 1241 et Foulon entre 1565 et 1585 pour ensuite devenir Felon.

 

L'origine du nom du village viendrait d'un moulin à foulon qui aurait existé en ce lieu. Ce hameau appartenait à la famille impériale d'Autriche jusqu'en 1648, date à laquelle il devient la propriété du Royaume de France.

 

Après avoir été rattaché au canton de Fontaine, Felon est depuis 1984 rattaché à celui de Rougemont le Château.

 

Mais qu'est-ce donc que le foulannage ? Le foulonnage consistait à dégraisser les draps de laine dans l'eau de la rivière. Pour cela, on plaçait l'étoffe dans une cuve remplie d'eau et de terre glaise, puis elle était frappée successivement par trois paires de pilons mues par la force hydraulique. Cette opération, en feutrant les fils de laine, apportait aux draps une douceur particulière. Ces villages sont entourés de nombreux étangs.

roppe-2.jpgMonument aux Morts à Roppe


Roppe (Rotbach ou Roppach comme on le trouve nommé autrefois), est un des villages cités dans les plus anciens documents relatifs à ces terres de la Porte de Bourgogne. Mentionné en tant que marche dans une charte datée de 792, et en 828 l'abbaye de Masevaux possédait des biens dans la marche de Roppe. Pendant la Guerre de Trente Ans, le château de Roppe fut pris par les troupes suédoises et il devint un repaire pour des mercenaires croates qui ravageaient les environs. Il fut repris et mis à sac par les troupes du comte de la Suze en septembre 1635, quelques mois avant que celui-ci ne s'empare de la ville de Belfort. Sur le plan religieux Roppe fait partie de la paroisse de Pfaffans, la Baroche et ne possédait qu'une simple chapelle castrale qui, en 1592, était dédiée à Saint Loup. Par la suite, dans les archives, on la rencontre consacrée à Saint Catherine ou Sainte Marguerite.

 

Déjà au XVIIème siècle le minerai de fer, dont est riche le sous-sol de Roppe et des villages voisins (Eguenigue, Pfaffans ...) a été exploité en carrière et à l'aide de puits-galeries pour être fondu dans les fourneaux de Belfort ou de Masevaux. La production de minerai en grains contenant 30 à 40% de fer atteint un niveau de 72 m³ par mois. En 1785 une inondation fait cesser l'extraction en profondeur. Une ultime tentative d'exploitation utilisant une machine à vapeur eut lieu au XIX ème siècle mais se heurta à la concurrence du fer lorrain meilleur marché. Début novembre 1870 eut lieu une bataille entre troupes prussiennes et françaises qui tourna à l'avantage des premiers, le front fut maintenu mais la place forte de Belfort était encerclée. Après la signature du Traité de Francfort qui laissait Roppe à la France, l'autorité militaire décida de renforcer la protection de Belfort par une ligne de fortifications dont un élément important fut construit entre 1875 et 1877 sur le sommet le plus élevé du territoire de la commune. C'est un ouvrage faisant partie des fortifications de l'Est de la France du type Séré de Rivières et fait partie intégrante de la place forte de Belfort, le Fort de Roppe de son vrai nom Fort Ney. Il est situé au sommet d'une colline proche de Roppe (mais situé sur cette commune). En 1889, un abri-caverne est construit à proximité (pour 220 hommes). À partir de 1893, ce fort fut relié à un certain nombre d'autres forts autour de Belfort grâce à un chemin de fer stratégique.

 

À l'époque romaine une voie d'importance secondaire venant d'Offemont et se dirigeant vers Leval ou Rougemont traversait le territoire de la commune également arrosé par l'Autruche, un ruisseau qui prend naissance dans le massif forestier au nord du village où il s'attarde pour former l'étang de l'Autruche.

roppe-3.jpg

Un musée, inauguré le 11 novembre 1997, situé au centre de la commune est dédié au commandant Arnaud et à tous ceux qui ont donné leur vie pour la Liberté de la France.

 

Nous quittons Roppe par la Croisette pour rejoindre Belfort et entrons dans cette ville par le Bois de la Miotte.

 

Un arrêt s'impose au pied de la Tour de la Miotte à notre gauche avec vue sur l'étang des Forges à notre droite.

etang-des-forges-4.jpgL'étang des Forges


Situé sur les communes de Belfort et d'Offemont, l'étang d'origine médiévale a longtemps été utilisé pour des besoins industriels mais aussi piscicoles.

miotte-5.jpgTour de la Miotte


La tour de la Miotte est le vestige d'un ancien château médiéval, qui fut intégré au XIXème siècle dans le Fort de la Miotte. Elle était sans doute utilisée comme tour de guet.
 

La tour de la Miotte fut plusieurs fois détruite au fil des guerres, et subit notamment des bombardements durant le siège de Belfort, en 1870-1871, et durant la Seconde Guerre Mondiale. La dernière reconstruction date de 1947.

 

Entre Vosges et Jura, entre Bourgogne et Alsace, l'imprenable Citadelle de Belfort, créée par Vauban, sur laquelle veille le célèbre Lion de Bartholdi, créateur de la Statue de la Liberté de New York ! Nous entrons dans Belfort, cité fortifiée … Belfort, dont l'origine du nom vient d'une contraction de «beau» et «fort», apparaît dans l'histoire en 1226, au bas du traité dit de Grandvillars qui met fin à une guerre opposant Frédéric II de Ferrette à Richard, Comte de Montbéliard. Un bourg se développe à l'abri du château fort bâti sur une roche inaccessible, et, en 1307, Renaud de Bourgogne, Comte de Montbéliard lui donne ses lettres de franchise. Belfort devient autrichienne par une succession de mariages. C'est une place forte des Habsbourg jusqu'à ce que Charles le Téméraire la reconquiert pour une courte durée de 1469 à 1474 ...

chateaubelfort-6.jpgvue sur le château et le lion depuis la Miotte

 

Belfort, sous la houlette de Vauban, est fortifiée selon des plans particulièrement modernistes pour l'époque. La citadelle se veut imprenable. Les travaux dureront une vingtaine d'années, elle résistera à trois sièges. Deux en 1815 et le fameux siège de 1870. Denfert Rochereau ne déposera les armes face aux Prussiens que sur injection du Gouvernement Français. La défense héroïque de Belfort lui vaut de rester française alors que l'Alsace est annexée.

 

Le Lion de Belfort, symbole de la Ville, de la résistance et du courage des Belfortains lors de la guerre franco-prussienne de 1870-1871.


En 1872, de nombreux Alsaciens choisissent l'option de rester Français et viennent s'installer à Belfort et dans les faubourgs. C'est la renaissance de la ville et son formidable essor économique, la Société Alsacienne de Constructions Mécaniques s'implante à proximité des Faubourgs de Belfort et ne tarde pas à devenir le premier employeur de la ville. Elle construit des locomotives et des installations ferroviaires, elle deviendra Alsthom plus tard, (actuellement Alstom). Des entreprises de tissage dont la célèbre maison DMC, Dollfus-Mieg et Compagnie, entreprises de constructions industrielles, avec familles et main-d'œuvre choisissent également Belfort. Le Belfort moderne est né !

savoureuse-7.jpgLa Savoureuse à Belfort


La Savoureuse est la rivière qui constitue l'axe hydrolique principal de la ville de Belfort. Elle prend sa source 60 m sous le sommet du Ballon d'Alsace avant de se jeter dans l'Allaine qui est alors appelée Allan à son entrée dans le département du Doubs près de Sochaux. Cette rivière alimentait de nombreuses scieries mécaniques tout au long de son parcours. Si aujourd'hui elle ne charrie pas beaucoup d'eau (nous sommes en période de sécheresse) ce n'est pas le cas lors des fontes de neige … où elle occasionne bien des soucis aux Belfortains et à ses voisins.

 

Yves profite de notre passage pour aller frapper à la porte des médias comme RTL 2 sur le quai afin de promouvoir son prochain passage. Son leitmotiv est : il faut parler du don d'organes.

 

Lors d'un repas frugal pris sur une place de Belfort, le logo sur le tee shirt de l'ami Yves interpelle un jeune homme de passage intéressé par sa démarche, ils échangent leurs coordonnées.

 

Nous reprenons la route direction d'Essert, nous quittons le Territoire de Belfort pour passer en Haute-Saône et rejoindre Châlonvillars. Pour cela nous longeons le beau canal de la Haute-Saône, également appelé Canal de Montbéliard à la Haute Saône. Une voie navigable qui débute dans le Nord du département du Doubs, traverse la partie Sud-Ouest du Territoire de Belfort et dont un tronçon, inachevé, est situé dans la partie Est de la Haute Saône. C'est après la perte de l'Alsace en 1871 que le gouvernement de la Troisième République décida en 1878 la construction de canaux dans l'Est de la France afin de permettre la circulation des marchandises, et en particulier des produits sidérurgiques lorrains vers la Franche-Comté, entre la région de Nancy et celles de Bourgogne et de Franche-Comté. Les premiers coups de pioches sont donnés en 1882 mais les difficultés rencontrées lors du percement des tunnels de Châlonvillars et de Chérimont firent que le budget se trouve vite sous-évalué. Les crédits supplémentaires tardant à venir, le chantier traîna et l'achèvement ne put avoir lieu avant la fin de la Première Guerre Mondiale qui rendit l'Alsace et ses voies navigables à la France. L'ensemble du projet fut remis en question et seul le tronçon (12,5 km) reliant le Canal du Rhône au Rhin au port de Botans fut achevé et mis en eau en 1926.

canal-8.jpgle canal de Montbéliard à la Haute Saône


Châlonvillars, charmant petit village est plein de richesses dont un lavoir construit en 1843 au centre du village. Il semblerait que le site de Châlonvillars ait été occupé très tôt. Des silex néolithiques ont en effet été découverts au lieu-dit Sous-la-Côte.

lavoir-9.jpglavoir à Châlonvillars


Nous sommes reçus avec grande gentillesse par un couple charmant habitant dans ce coquet village fleuri qui nous ont spontanément offert de nous désaltérer dans leur jardin. Encore grand merci à eux, ce fut un moment précieux et inoubliable lors d'une longue journée de marche.

chalonvillars-10.jpgRencontre inoubliable à Châlonvillars

 

Après ce moment de convivialité, nous avalons les derniers kilomètres qui nous séparent de l'arrivée. Dans la forêt de Châlonvillars nous tombons sur la source de la Baraque.

fontaine-11.jpgLa fontaine de la Baraque


La fontaine de la Baraque et sa Borne sont citées sous ce nom dans l'atlas cantonal de 1858. Cette source est située au lieu-dit sous la Baraque. Il devait y avoir une habitation dans ce coteau, peut-être une cabane d'un charbonnier. La source est réputée par les anciens ... les bouilleurs de cru venaient y puiser une eau très pure afin de couper la goutte pour en régler le degré. Cette source d'un débit faible mais constant ne tarit jamais, elle avait même été pressentie pour alimenter le village de Châlonvillars.

La borne est réalisée en poudingue (grès et galets de quartz). Elle présente sur une face une crosse d'évêque, sur l'autre un fauchon (petite faux droite), les signes et la forme de celle-ci sont typiquement d'époque médiévale. L'orientation actuelle des faces doit différer de la position originelle.

borne-12.jpgLa borne de la Baraque


Prochaine étape Chagey. Le site de Chagey était autrefois un retranchement gallo-romain, dont on a retrouvé quelques vestiges. Au niveau industriel, la particularité de Chagey est sa forge et ses hauts fourneaux installés en 1586 par des réfugiés protestants Lorrains et qui existaient encore au XX ème siècle.

 

Et voilà ... après 37 kilomètres, nous entrons dans le village étape du prochain périple de notre compagnon Yves, une commune nommée Couthenans où il arrivera dans l'après midi du 22 juin prochain.


Pays d'Héricourt, Couthenans a appartenu à l'abbaye de Lure avec la terre d'Etobon. En 1583, Couthenans fut vendu au comte de Montbéliard. Après le rattachement de Montbéliard à la France en 1793, Couthenans s'est trouvé dans le district de Montbéliard puis dans le Haut Rhin en 1800, le Doubs en 1816 et en Haute Saône en 1829.

couthenans-13.jpgl'ultime photo de la journée, à l'arrivée à Couthenans, devant la Mairie

 

Yves s'est présenté à la Mairie et a annoncé son arrivée pour le 22 juin prochain.

 

Marthe, Yves, Dany, Claude, Aldo et la mascotte Eliott

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Published by Marthala - dans Alsace-Lorraine
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commentaires

yves 12/06/2011 17:55


Salut Marthala,
À nouveau un super article un grand merci à toi Claude Aldo et Dany de m'avoir accompagnés pour faire une reconnaissance pour mon périple, et oui des amis (ies) et surtout qui ont du courage à
revendre, un grand bravo à Aldo qui malgré une grosse douleur sous les pieds à un tiers de la marche à malgré tout continué dans la douleur sans jamais se plaindre, que rajouter à cela, sans
oublier le reste de la troupe qui par leurs courage déplace des montagnes. Un grand bravo à eux. Comment ne pas réussir mon périple avec des amies de cette trempe. Un petit mot sur le circuit, il
va être un peu modifié pour éviter la D83 route assez dangereuse ou il faut s'enfuir rapidement. Lors de cette journée le contact avec les gens à prouvé qu'il suffit de communiquer pour créer des
liens.
A bientôt et peut être sur mon blog
dondorganes.over-blog.fr
Gros schmoutz à tous
Yves