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20 janvier 2011 4 20 /01 /janvier /2011 11:39

Mercredi 12 janvier 2011

 

8H30 rendez-vous à Cernay, dans la cité des Cigognes au pied des Vosges… la cigogne, symbole de l'Alsace, est aussi celui de Cernay par excellence.


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Porte de Thann à Cernay

 

On trouve le village, répertorié sous le nom de « Sennenheim » dans les archives du monastère de Feldbach et ce, dès 1145. Le bourg fut fortifié en 1268. Il faisait partie du comté de Ferrette et Colmar, avant de passer aux Habsburg en 1324. La forte industrialisation du début du 19ème siècle était essentiellement due au développement de l'industrie textile.

 

À l'aube de l'histoire… selon J.J.Hatt et C.Oberreiner, l'Ochsenfeld est la « magna planitus » où s'est déroulée la bataille qui opposa Jules César et ses légions, à Arioviste, le roi des Suèves en 58 avant J.C. Le tronçon d'une ancienne voie romaine est encore visible en bordure du Nonnenbruch. Cernay aurait pu être une simple mansio (gîte d'étape situé le long d'une voie romaine à l'époque de l'Empire romain) sur la voie Mandeure, Pont d'Aspach, Wittelsheim et son vicus (nom latin donné à une agglomération) et Breisach . Les origines de Cernay pourraient remonter à l'époque franque si l'on se réfère au toponyme « Sennenheim » (le hameau de Sanno) peut être un chef local de l'époque. Sennheim, en allemand, et Sanna en alsacien.

 

La bataille de l'Ochsenfeld, en automne 58 avant J.C., voit la victoire des Romains commandés par Jules César, général et proconsul des Gaules, sur le chef suève Arioviste dans le sud de l'Alsace, chassant les Germains de l'autre côté du Rhin.

 

Un musée occupe en partie la porte médiévale (Porte de Thann) classée Monument historique en 1920, intégrée dans les fortifications de la ville depuis le 13ème siècle. Il a pour vocation de présenter au public le patrimoine historique local de l'Antiquité à la Seconde Guerre Mondiale, et de promouvoir des expositions temporaires.

 

La montée au col de Herrenfluh passe par les hauteurs de Steinbach, au lieu de la Loh et la chapelle Saint Morand placée au milieu des vignes qui date de 1930. Du haut de ce plateau qui domine la région, on peut voir les clochers de Steinbach, Cernay et Uffholz et même, par temps clair, la Forêt Noire et les Alpes.


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Chapelle Saint Morand

 

On ne connaît pas avec certitude l'origine de cette petite chapelle. Aurait-elle été édifiée sur le parcours des pèlerins de Saint Thiébaut à Thann ? Peut-être pour ceux qui se rendaient à ND de Thierenbach... On peut imaginer aussi un rapport avec le proche ermitage Marie Madeleine aujourd'hui disparu. Une campagne pour le sauvetage de la chapelle a suscité un engouement extraordinaire, toutes générations confondues. Un chantier école permet aux élèves du lycée du bâtiment Gustave Eiffel de Cernay de réaliser une œuvre durable, dans les règles de l'art, sous la conduite de leurs professeurs. Les uns rénovent l'enduit d'argile et terre locale avec des sarments de vigne incrustés, les autres restaurent le ciel étoilé de la voûte, les fresques et le retable, tandis que les ferronniers réalisent un grand portail et les protections des fenêtres. Un artiste local sculpte une statue de Saint Morand, les baies retrouvent des vitraux et la commune fait fondre une cloche.

 

Direction Herrenfluh... Avant le col, au sommet d'une crête, à la limite des bans d'Uffholtz et de Wattwiller, il ne reste qu'un pauvre pan de pierres liées par un mortier grossier. C'est un lieu sauvage, abandonné dès le XVème siècle, qui revécut des heures guerrières. Les Français en firent un observatoire pendant la Grande Guerre. Quelque Poilu, vit-il la Dame blanche ??? on ne le saura jamais … toujours est-il qu'on conte dans Uffholtz que, certaines nuits, on entend un bruit de clef entrechoquées avant d'apercevoir une Dame blanche errant sous la lune. On dit aussi que c'est une châtelaine qui « revient ». Pourquoi ?? mystère… et de quelle châtelaine s'agit-il ?? on ne sait pas…

 

11h29 voici le Camp Turenne.cernay-3.jpg


En contournant le Glaserberg, on trouve l'abri du Baecherkopfhisla… où nous nous arrêtons volontiers lors de nos sorties. Aujourd'hui la chance sourit à la joyeuse troupe du mercredi, des randonneurs, arrivés avant eux ont déjà allumé le feu… la chance leur sourit !! Bon appétit !!


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devant l'abri


Le sentier descend le long du Herrenstubenkopf à travers les bois de Cernay pour rejoindre la discrète et silencieuse Waldkapelle ou Chapelle sous Bois. Modeste chapelle avec une histoire, parfois excessive comme celle des hommes qui ont marqué son existence par leur sueur et leur sang, la détresse et la joie. L'histoire de la Waldkapelle commence en 1891 par un événement presque une légende. Antoine Muller né à Thann, amoureux de la nature et de la montagne, arrivé sur la crête entre le Rangen et le Herrenstubenkopf, à l'endroit de l'actuelle chapelle, se sentit pris d'un malaise, s'effondra et perdit connaissance. Revenant à lui, Antoine, homme pieux, craignant devoir passer la nuit dehors et mourir de froid, fit une prière en s'adressant à son patron vénéré Saint Antoine et lui demanda de l'aide. Il promit de construire, à cet endroit, une petite chapelle. C'est alors qu'il ressentit un soulagement dans ses membres, put se relever et se remit en chemin et finit par regagner sa maison. Il tint sa promesse. En 1892, Antoine agrandit sa chapelle. Après son décès ses fils rénovèrent la chapelle malmenée par les intempéries. Pendant la guerre de 1914-18, la chapelle servit d'abri aux combattants avant d'être détruite par un obus en 1917. Une troisième Waldkapelle fut reconstruite par les fils Muller en 1824 et resta, pendant 30 années un agréable but de promenade et de recueillement.


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Waldkapelle ou Chapelle Sous Bois

 

Le 18 octobre 1944, une partie de chasse à l'homme est organisée par les Allemands, au départ de Steinbach en direction du Herrenstubenkopf. Si l'endroit où se cache le maquis est bien dissimulé, il est difficile de s'en échapper. Les maquisards se trouvent pris au piège. Le bilan est désastreux, Anatole Jacquot est abattu. Gérard Bemmert et Charles Voisin sont capturés. Armand Neff et René Onkel parviennent à s'enfuir. Gaston et Louis Luttenauer sont arrêtés. Ils seront exécutés le 6 décembre 1944 avec 11 compagnons du maquis de Thann dans la forêt de Rammersweier en Allemagne. Ils reposent au cimetière de Steinbach. En 1949, la chapelle est à nouveau restaurée et fut complétée, le lundi de Pentecôte 1955 par la mise en place du clocher. Le poids des ans a eu progressivement raison de la chapelle et beaucoup de dégradations apparurent. Sous l'égide du Lions Club de Thann, avec l'aide de nombreux volontaires, la chapelle a dû être entièrement reconstruite en 1986, puis bénie le 9 novembre 1986. (source : Vieux-Thann, son site et son histoire)


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stèle Anatole Jacquot dans le Bruderthal.


Une stèle est érigée au Bruderthal, à l'endroit même où les bucherons trouvèrent le corps sans vie d'Anatole Jacquot, avec l'inscription suivante :

« à la mémoire des Maquisard de la Chapelle Sous Bois et de l'un d'eux ANATOLE JACQUOT né à Thann le 10/12/1896, mort pour la France en ce lieu le 18/10/1944 »

Le sentier dégringole en zigzagant autour de l'Amselkopf et débouche à l'oratoire d'Ifiss :

 

Voilà bien longtemps, sans doute dans le haut moyen-âge, un charpentier vivait chichement avec sa femme et son fils Morand, dix ans, au pied du Hirnlestein, rocher devenu but de promenade à Steinbach. Il avait pour voisine, dans une bien pauvre chaumière, la vieille Agathe et sa fillette de 8 ans, Marie. Le jeune Morand, bien qu'intelligent, travailleur, obéissant, ne pouvait s'empêcher de tourmenter les animaux. Marie son amie inséparable, arrivait bien souvent à le raisonner. Un jour ramassant du bois dans le Kraffwald, les deux enfants découvrent un nid de pies avec quatre oisillons. « Tu sais, en leur coupant la langue, ils apprendront à parler ! » propose Morand. Marie lui fait aussitôt promettre de ne rien leur faire, pourtant dès qu'elle tourna le dos, Morand  s' exécute et les oisillons meurent. Marie éclate en sanglots « tu verras, le bon Dieu te punira !! » La mésaventure est oubliée… Plusieurs années passèrent, les deux enfants, devenus de beaux jeunes gens, finirent par se marier. Ils eurent un magnifique petit garçon et on constata rapidement qu'il est muet. Les autres trois enfants le seront aussi. Le jeune couple est effondré Toujours, selon la légende, Morand décide alors de s'adresser à l'ermite du Schletzenbourg, grand connaisseur de plantes médicinales. Il s'agit plus vraisemblablement de l'ermite de Ste Marie Madeleine dans l'actuel Bruderthal, entre Steinbach et Vieux Thann. Le vieil homme lui demande de lui conter sa vie, et, Morand en arrive à l'histoire des oisillons… L'ermite lui suggère alors de construire un oratoire dans le Krafwald. Morand, avec l'aide de ses fils et de quelques amis, se mettent à l'œuvre tant et si bien que la chapelle fut inaugurée pour la fête paroissiale de saint Morand. Après la grand'messe, les fidèles se rendent en procession jusqu'au nouvel oratoire. Le prêtre bénit la chapelle tout et recommande à Dieu la famille de Morand pendant que l'assemblée entonne le « Magnificat ». Àpeine, la dernière strophe achevée, devant une foule médusée… les quatre fils de Morand émirent des bégaiements et rapidement, se mirent à parler.


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L'oratoire d'Ifiss


Entre Vieux-Thann et Steinbach, sur le territoire de ce dernier, dominant la Côte 425, s'étend le Kraftwald. Plusieurs chemins la sillonnent. Au croisement de deux d'entre eux, à environ 440 m d'altitude, se tient un oratoire qui ne manque pas de charme. Certes, la Krafkapelle comme on l'appelle dans le coin, n'est dimensionnée que pour accueillir un petit autel ainsi qu'une icône de la Vierge, mais soigneusement entretenu et fleuri, il ne peut laisser personne insensible, tant la douceur et le recueillement qu'il inspire sont forts. Bien caché au lieu-dit Ifiss, on peut découvrir, à quelques minutes du village, là où jadis les vergers et les jardins touchaient la forêt, l'oratoire d'une exquise simplicité. Décorée affectueusement toute l'année selon les rythmes des saisons. Si une vierge byzantine vous accueille l'été, en hiver vous y verrez le décor de Noël comme sur la photo.

L'oratoire d'Ifiss a été rebâti en 1927 après les affres de la Première Guerre Mondiale, il est vrai que les combats du 15.2 étaient proches.

 

Le retour à Cernay fut rapide.

 

À bientôt

Marthe

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Published by Marthala - dans Alsace-Lorraine
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commentaires

yves 20/01/2011 19:37


salut Marthala,
superbe journée belle rando. ou tu nous as manqué, merci au guide GEGE pour le début de la randonnée à travers les vignes.
@+