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10 décembre 2009 4 10 /12 /décembre /2009 14:56

Dimanche 22 novembre 2009  n° 1


Capitale de l'Aquitaine. Le mot Aquitania, qui signifie «le pays des eaux» apparaît une première fois dans les commentaires de César. Avec la prononciation anglaise, Aquitaine devient Guyenne et ce nom lui restera jusqu'à la Révolution. Burdigala est le nom antique de l'actuelle ville de Bordeaux. Le Port de la Lune est le nom familièrement donné au port de Bordeaux du fait d'un large méandre en forme de croissant que décrit la Garonne lorsqu'elle passe dans la ville. Ce serait l'origine du croissant de lune figurant au bas du blason de la ville. Depuis le mois de juin 2007, cette partie de la ville est classée au patrimoine mondial de l'UNESCO ! L'arrivée du tram, l'aménagement des quais fait de Bordeaux une ville fière de son passé et résolument tournée vers l'avenir !!

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depuis le célèbre Pont de Pierre, Bordeaux se livre à vous ...

La cité des «rois du monde» - Burdigala est fondée par une tribu celte au IIIè siècle avant J.C., les Bituriges vivisques, (ce qui signifie rois du monde, rien de moins.....) Au VIIème siècle, le bon roi Dagobert crée un duché d'Aquitaine dont Bordeaux est la capitale. L'un des ducs d'Aquitaine, le mythique Huon de Bordeaux est resté célèbre.. ayant occis, sans le connaître, l'un des fils de Charlemagne, il est condamné à l'exil.

La dot d'Aliénor, en 1137, Louis, fils du roi de France (il sera plus tard roi Louis VII) épouse Aliénor d'Aquitaine qui lui apporte en dot les pays Girondins. Le mariage a lieu dans la cathédrale de Bordeaux. Après quinze années de vie conjugale, le roi, à son retour de croisade, fait prononcer son divorce (1152). Outre sa liberté, Aliénor recouvre sa dot. Deux mois plus tard, elle se remarie avec Henri Plantagenêt, comte d'Anjou et suzerain du Maine, de la Touraine et duc de Normandie.

Catastrophe politique pour les Capétiens, les domaines réunis de Henri et d'Aliénor sont plus vastes que ceux du roi de France... En 1154, Plantagenêt devient, par héritage, roi d'Angleterre sous le nom d'Henri II. Cette fois l'équilibre territorial est rompu, et la lutte franco-anglaise qui s'engage durera trois siècles.

Capitale du Prince Noir, au XIVème siècle, Bordeaux est la capitale de la Guyenne, rattachée depuis deux siècles à la couronne anglaise. Le commerce ne se ralentit pas pendant la guerre de Cent Ans : la ville continue d'exporter ses vins en Angleterre et fournit des armes à tous les belligérants. Le Prince Noir (fils du roi d'Angleterre Edouard III) ainsi nommé à cause de la couleur de son armure, y établit son quartier général et sa cour. C'est l'un des meilleurs capitaines de son temps et l'un des plus féroces pillards. Il terrifie tour à tour le Languedoc, le Limousin, l'Auvergne, le Berry et le Poitou. Atteint d'hydropisie, l'héritier anglais meurt sans avoir pu régner ailleurs qu'à Bordeaux. En 1453, Bordeaux est repris définitivement par l'armée royale française avec toute la Guyenne. C'est la fin de la guerre de Cent Ans.

Le Bordeaux des intendants, c'est Richelieu qui, le premier, a installé dans les provinces ces hauts représentants du pouvoir central et Colbert qui a mis l'organisation au point. D'une cité aux rues étroites et tortueuses, entourée de marais, Claude Boucher, le marquis de Tourny et Dupré de Saint Maur en font au XVIIIème siècle, l'une des plus belles villes de France, aux solides constructions de pierre. Alors surgissent de terre les grandioses ensembles que forment les quais, la place de la Bourse, les allées de Tourny, de superbes monuments comme l'hôtel de Ville, le Grand Théâtre, l'hôtel des Douanes, l'hôtel de la Bourse, des plantations comme les cours et le jardin public. Bordeaux devient le premier port du royaume...

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le Pont de Pierre enjambe la Garonne à Bordeaux

Le Pont de Pierre, qui était aussi appelé pont Napoléon, relie la rive gauche au quartier de la Bastide. Premier pont sur la Garonne, il fut construit sur ordre de Napoléon Ier entre 1810 et 1822. Œuvre de Claude Deschamps, le pont de pierre compte 17 arches en forme d'anse de panier et s'étend sur plus de 500 m. Durant douze ans les bâtisseurs durent faire face à de nombreuses difficultés en raison du courant très fort à cet endroit-là. Il convient de noter que si les piles et les arcs sont effectivement en pierre, les voûtes comportent, elles, des briques qui lui donnent sa teinte rougeoyante. Sur les côtés, chaque pile de briques est rehaussée d'un médaillon blanc en l'honneur de l'empereur. Il porte aussi les petites armoiries de la ville (les trois croissants entrelacés). Ce pont fut le seul jusqu'à la construction du pont Saint Jean en 1965. Inauguré le 1er mai 1822, il fit l'objet de travaux d'élargissement en 1954, c'est à ce moment que les deux bâtiments de l'octroi, que l'on voit sur la plupart des cartes postales anciennes, ont été rasés.

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Porte de Bourgogne

Bordeaux, quelque peu isolée de son fleuve, comptait dans sa période fortifiée un grand nombre de portes médiévales détruites par la suite. Afin d'ouvrir la ville et, sous l'influence de Tourny il a été bâti de nouvelles portes, ouverture en forme d'arc de triomphe dont subsistent encore aujourd'hui les portes d'Aquitaine, de Bourgogne (photo ci-dessus), Dijeaux et porte de la Monnaie. On peut également encore admirer la Grosse Cloche et la porte Cailhau vestiges du XIIIè et XVè siècle que nous verrons plus tard.

La Porte de Bourgogne, le long des quais, place Bir-Hakeim, se trouve exactement dans l'axe du pont de pierre et au départ du Cours Victor Hugo également connue pendant longtemps sous le nom de Porte de Salinières. Erigée au XVIIIè siècle (1750-1855) on la doit aux architectes Ange Jacques Gabriel et André Portier.

On ne peut, ne pas parler du vignoble de Bordeaux, en partie ancien et en partie récent. On sait peu de choses des vignobles antiques girondins, sinon que c'est sous les règnes de César et Néron que les Bordelais commencèrent à planter la vigne et exporter leur vin. Les seuls écrits sont ceux d'Ausone au IVème siècle et ceux de Sidoine Apollinaire un siècle plus tard. Par Ausone, nous connaissons «les coteaux couverts de vignes et de feuillage qui se reflètent dans la blonde Garonne sous un ciel doux et clément où la terre toujours arrosée est bonne et féconde, où le printemps est long et l'hiver bref». Nous apprenons également que le vignoble est blanc et qu'il est réputé jusqu'à Rome. Sidoine Apollinaire nous montre les coteaux de Burgus (Bourg) entièrement consacrés à la culture de la vigne.

Au temps de Henri Plantagenêt et d'Aliénor d'Aquitaine, le vignoble se développe sous l'influence du marché anglais, l'Aquitaine étant alors le cellier de l'Angleterre. On y fit le claret, un rosé par mélange de cépages, avec macération courte, ce qui donne un primeur à boire avant juin. En 1308-1309 l'exportation des vins de Bordeaux passe par un maximum de 900 000 hectolitres et c'est à cette époque que l'on prend l'habitude de jauger les navires d'après leur capacité en tonneaux bordelais (1 tonneau contient environ 900 litres).

C'est un bonheur de se promener sur les quais le long de la Garonne ... puis cerise sur le gâteau ...

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la fontaine des Trois Grâces sur la place de la Bourse

La fontaine des Trois Grâces (1869) représente Aglaé, Euphrosyne et Thalie, les filles de Zeus, est dessinée par Louis Visconti et coulée par Gumery et Jouandot. En octobre 2009, une campagne de sensibilisation au dépistage du cancer du sein utilise comme vecteur les trois grâces de la place de la Bourse, enrubannées de rose et baignant dans une eau rouge.

Cette fontaine se dresse au milieu de la magnifique Place de la Bourse, réalisée sous l'intendance de Boucher par l'architecte du roi Jacques Ange Gabriel entre 1730 et 1775. La place de bourse est la première brèche dans les remparts du Moyen Âge et est destinée à servir de somptueux écrin à la statue équestre, (détruite à la Révolution) du roi Louis XV. Inaugurée en 1749, elle est le symbole de la prospérité de la ville. Successivement appelée place Royale, place de la Liberté pendant la Révolution, Place Impériale lors d'un passage de Napoléon Ier puis à nouveau place Royale à la Restauration. En 1848, à la chute de Louis Philippe Ier, elle devient la Place de la Bourse. Boucher souhaitait ouvrir la ville sur le fleuve et tout en modernisant Bordeaux, offrir un visage de la ville plus accueillant à l'étranger qui arrive par la rive droite de la Garonne. On supprime une partie des murailles qui ceinturent la cité et on construit la Place Royale, avec au centre la statue équestre de Louis XV. À la Révolution la statue est remplacée par un arbre de la Liberté. Sous la Restauration, en 1828, la ville élève une modeste fontaine en forme de colonne de marbre rose surmontée d'un chapiteau blanc et d'un globe, à l'emplacement de la statue équestre disparue à la Révolution.

Aujourd'hui une place magique vous accueille ... avec un miroir d'eau ...

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le miroir d'eau place de la Bourse à Bordeaux

En fait de miroir, il s'agit d'une dalle de granit de 130 m de long et d'une largeur de 42 m qui lorsqu'elle n'est pas recouverte d'eau peut ressembler à une ardoise géante. En dehors des périodes de gel, cette dalle est alimentée en eau selon des cycles d'un quart d'heure pilotés par ordinateur. Première étape, la dalle se recouvre de 2 cm d'eau, lorsqu'elle est totalement recouverte, l'effet inondation donne l'impression d'un gigantesque miroir dans lequel viennent se refléter les belles façades du XVIIIème de la place de la Bourse, de l'hôtel des douanes ainsi que la fontaine des Trois Grâces. Puis l'eau se retire et des buses laissent échapper des volutes de brume qui en quelques minutes plongent l'espace dans un épais brouillard. Magique je vous l'avais bien dit !!

fin de la première partie ... à suivre ...

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Published by Marthala - dans Aquitaine
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commentaires

yves 10/12/2009 19:32


salut Marthala, merci de nous faire participer votre voyage qui, me donne envie de découvrir cette région (2011)@+