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24 décembre 2009 4 24 /12 /décembre /2009 11:04
Mercredi 25 novembre 2009

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Le cloître des Récollets

Les moines mendiants, (ordre des Franciscains) ont été installés dans ce couvent construit en 1630 dans l'intention de ranimer la foi catholique à Bergerac pour contrecarrer l'influence protestante, vieille de plus de 300 ans. À leur départ, après la Révolution, les Protestants, jusque là privés de lieu de culte, ont transformé la chapelle en temple. Le cloître présente des galeries des XVI et XVIIIème siècles, un four à pain autour d'une cour ornée d'un magnifique paulownia (arbre d'ornement originaire de Chine et de Corée).

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Le cloître est aujourd'hui le cœur de la Maison des Vins de Bergerac, lieu d'animation d'exposition et de dégustation. Un film nous présente la vigne de Bergerac, très intéressant... derrière nous la grande table où le Consulat de la Vinée se réunit pour les cérémonies d'intronisation. On ressort face à la Dordogne ... émerveillé par tant de beauté...

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le Port de Bergerac

Le Vieux Port, l'ampleur du quai Salvette rappelle le passé portuaire de Bergerac et le rôle majeur tenu par la batellerie dans l'ancienne économie de la ville. Aménagé en 1838, ce port accueillait un trafic annuel de plus de 15 000 tonnes d'une valeur marchande d'environ 3,5 millions de francs. Il s'y enregistrait à peu près 1500 mouvements par année et il employait plus de 200 personnes. Au XIXème siècle, vins bergeracois, bois merrains, huile de noix, châtaigne, forges, tuiles, poteries... étaient exportés vers Libourne, on importait des bois exotiques, houille, métaux, sel, sucre, huile d'olive, poissons salés... Les bois de chêne et de châtaigniers débités et utilisés dans la tonnellerie sont appelés «bois de merrain». Ils répondent à une sélection drastique, le bois doit être particulièrement régulier avec un grain donné. Aujourd'hui, le port est resté identique à celui reconstruit, il a conservé son vaste quai qui permettait aux gabarres d'accoster quelle que soit la hauteur de l'eau. La Gabarre ou Gabare (de l'occitan gabarra) est un type de bateau traditionnel servant au transport de marchandises. Deux types de navires sont désignés par ce mot, les gabarres fluviales et les gabarres maritimes. Le bateau à fond plat de la Dordogne servait au transport de marchandises entre le Massif Central et les ports de Bergerac, Libourne et Bordeaux.

La Batellerie, les hommes du Périgord et du Quercy ont forgé une civilisation fluviale qui date du néolithique. Lot et Dordogne furent aménagés à partir du XIIème siècle afin de réduire le débit et les caprices de l'eau. Durant des siècles, les gabarres ont affronté les hautes eaux hivernales et capricieuses du Lot et de la Dordogne pour descendre bois de chêne et de châtaigniers, noix, huiles, fromages et châtaignes vers Cahors et Bergerac. De ces ports importants, les marchandises descendaient jusqu'à Bordeaux. Au retour, les navires rapportaient du sel, du poisson salé, du sucre et un peu de tout ce que l'on pouvait acheter sur les quais de ce grand port colonial des XVIII et XIXème siècles. Le chemin de fer, plus ponctuel et indifférent à la météo, a raison de la batellerie dans le dernier quart du XIXème siècle. Ne reste aujourd'hui de cette civilisation que la légende des gabarriers, toujours très présente dans les mémoires et les histoires des conteurs.

bergerac-A4La Dordogne à Bergerac

La Dordogne, l'origine du nom provient du celte Du Unna signifiant eau rapide. Sous l'empire romain, elle est baptisée Duranius et à partir du Moyen-Âge, devient successivement Duranna, Durunia, Durdunia, Dordoigne et enfin Dordogne. Elle prend sa source en Auvergne au Puy de Sancy (1886m) et traverse cinq départements (Puy de Dôme, Corrèze, Lot, Dordogne et Gironde) pour rejoindre la Garonne dans l'estuaire de la Gironde. Le présence de l'homme sur les bords de la Dordogne est fort ancienne, les Celtes ont laissé des traces sur la moyenne vallée (IIIème avant JC). Des amphores de vin des Ier et IIème siècles avant JC ont été retrouvé dans le Bergeracois, ce qui dénote un trafic de vin avec la Rome Antique avant que la viticulture ne se propage sur les bords de la Dordogne.
Place de la Madeleine, le site de la vieille fontaine de la Fonsivade est le lieu privilégié pour évoquer les origines du quartier de la Madeleine. L'activité générée par l'ouvrage entraîna à son débouché la formation d'un noyau d'habitats, puis l'établissement d'une chapelle dédiée à sainte Madeleine qui ne tarda pas à donner naissance à une nouvelle paroisse. Le faubourg de la Madeleine trouva aussi les bases de son développent dans la vie de la zone portuaire qui s'établit, dès le Moyen-Âge, sur les atterrissements de graviers favorisant les manœuvres de chargement et déchargement des bateaux en bordure de la rive gauche de la rivière, face à la ville qui ne disposait pas encore de quais. Actif et populaire, ce quartier fut rattaché officiellement à Bergerac en 1530, se forgea une identité forte par le désir des habitants de se constituer en communauté municipale autonome. La réédification du pont, en 1825, dans l'axe de la route royale modifia légèrement l'urbanisation du quartier et entraîna, notamment la création de l'actuelle place de la Madeleine. Sur cette place, une fontaine aux saumons, rappelle la richesse halieutique des eaux de la Dordogne et l'attachement des populations riveraines à leur noble rivière...

 

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fontaine de la Fonsivade

On ne peut quitter Bergerac sans parler Cèpes, Truffes Foie Gras et confits... la Truffe, cet or noir... est un champignon ascomycète comestible de la famille des Tuberaceae. Elle se développe uniquement dans les sols calcaires à une profondeur de 1 à 15 cm au pied d'arbres dit truffiers (chênes, noisetiers, tilleuls, charmes ...) Elle naît au printemps, grossit à partir de mi-août pour arriver à maturité plusieurs mois plus tard. Elle est alors ramassée, on dit cavée, à l'aide d'un chien truffier ou d'un cochon.

Le foie gras, la production de foie gras en Dordogne-Périgord est d'une telle importance qu'il semble naturel de les associer... il n'en a pourtant pas toujours été ainsi ! Un savoir ancestral, les Égyptiens sont sans doute les premiers à avoir gavé les oies, une fresque datant de 2670 ans avant J.C. l'atteste. Cette pratique reprise, améliorée et diffusée par les Romains, tombe dans l'oubli pour ressurgir au XVIème siècle avec les Juifs d'Europe centrale qui utilisent la graisse pour conserver leur viande. La communauté développe cette activité en Alsace où elle est implantée en nombre. Déjà consommé par Louis XIV, le foie gras acquiert ses lettres de noblesse sous Louis XVI, en trônant sur la plupart des tables aristocratiques. La seconde Guerre Mondiale voit la production de foie gras se déplacer vers le Périgord. Les Alsaciens réfugiés dans le Périgord emporte avec eux le foie gras. La rencontre de ce savoir-faire et des grandes capacités énergétiques du maïs, très présent dans la région, permet dès lors l'explosion de la production de foie gras.

Cyrano de Bergerac, le plus connu des Bergeracois reste sans contexte Cyrano et son fameux appendice nasal, héros de la pièce d'Edmond Rostand. Curieusement, malgré son nom, ce personnage, inspiré de l'écrivain philosophe du XVIIème siècle n'a rien à voir avec la ville périgourdine, mis à part les statues de Cyrano rencontrées dans cette magnifique ville qui a su l'adopter....

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Cyrano sur la place Pélissière à Bergerac

fin de la seconde partie...

 

Marthe

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Published by Marthala - dans Aquitaine
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