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23 décembre 2009 3 23 /12 /décembre /2009 15:28

Mercredi 25 novembre 2009

 

Au cœur de la vallée de la Dordogne, au centre de vignobles prestigieux, la capitale du Périgord Pourpre, Bergerac... La ville prend son essor dès le XIIème siècle, Ville-port mais aussi pont sur la Dordogne, elle voit rapidement se développer une bourgeoisie qui fait fortune dans le commerce fluvial entre les régions de l'intérieur (Auvergne, Limousin) et Bordeaux. Ses pierres, son tabac, Bergerac est une ville blonde. Coiffée de vignes, les pieds dans le bleu sombre de la Dordogne, la ville ne doit rien à Cyrano, mais beaucoup à tout le vin qu'on y négocie depuis des lustres ... Par ses couleurs et ses ruelles, ses maisons de bois et de pierre, son vieux port où l'histoire glorieuse de la batellerie résonne toujours, Bergerac une ville qu'on ne peut oublier... Au XVIème siècle, ce fief des Navarre devient une des capitales du protestantisme, dans un Périgord très catholique.

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Les gabarres sur la Dordogne à Bergerac

 

La ville connaît alors une période brillante. De nombreuses imprimeries publient des pamphlets diffusés dans l'ensemble du monde protestant. En août 1577, la paix de Bergerac est signée entre le roi de Navarre et les représentants d'Henri III. C'est un préliminaire à l'édit de Nantes qui sera, lui, signé en 1598. Mais en 1620, les armées de Louis XIII s'emparent de la ville et démolissent les remparts. Après la révocation de l'édit de Nantes (1685) les jésuites et les récollets essaient de reconquérir des disciples. De nombreux Bergeracois, fidèles à leurs croyances calvinistes émigrent en Hollande, pays avec lequel ils maintenaient des contacts commerciaux. À la Révolution, Bergerac jusque-là première ville du Périgord, se voit dépassée par Périgueux qui devient préfecture du département de la Dordogne. Au XIXème siècle cependant, vignoble et batellerie prospèrent jusqu'à la crise du phylloxéra et l'arrivée du chemin de fer.

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Le pont médiéval actuel à Bergerac

Le pont médiéval de Bergerac était un bel ouvrage de pierre formé d'une dizaine d'arches dotées d'avant-becs triangulaires. Côté ville, l'accès à sa chaussée était maîtrisé par un pont-levis. Côté faubourg de la Madeleine, une puissante barbacane en gardait l'entrée. Emporté par une violente crue durant la nuit du 7 au 8 mars 1783,il sera remplacé en 1825 par l'actuel pont composé de 5 arches de 27m  d'ouverture d'une longueur d'environ 160m.

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L'église Saint Jacques

 

La Place Pélissière, est une des plus belles places, celle des marchands de peau (les pélissiers), agrandie lors de la rénovation du quartier dans les années 1970. Elle offre une superbe vue sur l'église Saint Jacques et son clocher-mur, sur sa fontaine la Font-Ronde. Au bas de la place, l'amenée d'eau du moulin Ribière est l'un des derniers points où reste visible le canal qui fut creusé à la fin du XIIIème siècle pour dériver les eaux du ruisseau du Caudeau vers la ville, et alimenter ses 7 moulins et remplir les fossés de son enceinte.

L'Eglise Saint Jacques, modeste chapelle fondée par les moines bénédictins au XIIème siècle, sa dédicace à l'apôtre Saint Jacques rappelle qu'elle fut longtemps un lieu d'accueil pour les pèlerins de Saint Jacques de Compostelle. Agrandie, elle devint, à partir du XIIIème siècle «la grande église» de la ville médiévale, mais eut à souffrir des dures périodes de crises qui, durant la guerre de Cent Ans, puis au temps des guerres de Religion, entraînèrent plusieurs fois sa ruine. L'architecture composite de ses clochers témoigne de l'histoire des multiples remaniements qui précédèrent l'entière réédification de sa nef au XVIIème siècle et une dernière phase de restauration marquante vers 1860. Seul le clocher-mur avec son balcon est d'origine, il permettait de faire fonctionner les cloches.

Le passé est illustré par de magnifiques maisons à colombages qui ornent les rues de la vieille ville. Dans le vieux quartier de nombreuses maisons bergeracoises sont encore visibles et restaurées. Les encorbellements permettaient d'agrandir la surface hors sol des maisons car seule la base faisait l'objet d'une taxe. Construites en torchis, mélange de mortier et de paille, parfois avec de petites briques (bricous). L'armature en bois est apparente (colombages). La ville qui resta pendant trois siècles sous la domination anglaise, était à l'étroit et les remparts eurent souvent à la protéger.

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Maison à colombages

Au croisement de la rue des Rois de France et de la rue de l'Ancien Pont, un hôtel typique de l'époque Henri IV, la Maison Peyrarède. Magnifique demeure construite en 1604, en pierre de taille avec des fenêtres à meneaux. À l'époque, le rez de chaussée comprenait des boutiques de drapiers et des écuries. Vous remarquerez, encore à ce-jour, sa tour de noblesse en encorbellement et ses fenêtres Renaissance à meneaux. Depuis 1983, cette maison abrite le Musée du Tabac, classé d'Intérêt National.

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La Maison Peyrarède

 

Unique en Europe, le musée retrace 3000 ans d'histoire et de civilisation au travers des collections exceptionnelles.

Chronologie du tabac en Europe : les indiens d'Amérique sont les premiers fumeurs... avec le retour des colons, le tabac pénètre en Europe. En France, il est introduit vers 1560 par Jean Nicot qui, croyant à l'effet curatif de la plante, envoie de la poudre de tabac à Catherine de Médicis afin de traiter les terribles migraines de son fils François II. Le traitement a du succès et le tabac devient ainsi «l'herbe à la Reine». La vente sous forme de poudre est réservée aux apothicaires. On appelle alors le tabac «Nicotiana Tabacum» en l'honneur de Jean Nicot. Fumeurs et fumeuses envahissent les églises... l'engouement est tel que le pape Urbain VIII va jusqu'à excommunier les fumeurs et que Louis XIII interdit la vente de tabac avant d'établir, plus sagement le premier système fiscal le concernant. À la fin du XVIIIème siècle, le tabac n'est plus vendu sous forme de carotte qu'il faut râper mais directement en poudre. Une nouvelle évolution se produit avec l'usage de la pipe. Les officiers du premier Empire en avaient lancé la mode, suivie aussitôt par les romantiques, dont George Sand, au milieu du XIXème siècle apparaît la cigarette.

La région de Bergerac a été détrônée par l'Alsace pour la production française de tabac, mais Bergerac en reste la capitale grâce à l'Institut expérimental des tabacs et au Centre de formation et de perfectionnement des planteurs de tabac.

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La fontaine Font Rond était autrefois utilisée comme lavoir.

La maison dite Maison des Consuls, cette vaste bâtisse du XIXème comprenant deux unités d'habitation, témoigne de l'architecture bourgeoise qui, progressivement s'est définie au terme d'une évolution qui suivit celle de l'expansion de la ville entre 1250 et 1350. Elle offre des dispositions classiques de l'habitat des plus riches bourgeois qui cherchaient alors à disposer de demeures répondant à la fois aux besoins de leurs activités commerciales et artisanales, à leur désir de confort et de paraître.

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La maison dite Maison des Consuls
Une ou deux larges et hautes arcades mettaient en relation avec la rue publique les locaux du rez de chaussée destinés à servir d'entrepôt, d'échoppe ou de boutique. Une petite porte indépendante, donne accès à la cage d'escalier permettant de gagner l'étage où se tenaient les salles des appartements privés aux murs soigneusement enduits et ornés de décors peints, qu'éclairaient de larges baies (remplacées ici par des fenêtres quadrangulaires au XVIème siècle). Pour le chauffage, l'usage des braseros restant dominant, certaines de ces maisons n'étaient pas encore équipées de cheminées...

fin de la première partie

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Published by Marthala - dans Aquitaine
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commentaires

yves 24/12/2009 13:41


et bien quelle belle région et surtout un très bon vin exemple celui de mardi en montagne un bergerac blanc que du bonheur schmoutz
yves