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26 juillet 2011 2 26 /07 /juillet /2011 19:40

Samedi 2 juillet 2011

 

Le Doubs, rivière française et suisse, sous-affluent du Rhône par la Saône il coule sur une longueur de 453 km dont 430 kilomètres sur le territoire français. Il prend sa source sur la commune française de Mouthe (dépt. Du Doubs) à 937 m d'altitude. Le Doubs a globalement la forme d'un M avec des jambes très allongées et s'écoule d'abord principalement vers le nord-est, traverse successivement le lac de Saint Point, le lac de Chaillexon (appellation française) ou Brenets (appellation suisse) et le saut du Doubs. Il marque la frontière entre la Suisse et la France sur quelques dizaines de kilomètres. Il se jette dans la Saône au niveau de la commune de Verdun-sur-le-Doubs.


Mentionné anciennement sous la forme Dubis qui signifie «la noire» en gaulois. C'est un nom féminin à l'origine «dubui – dubi(s)», comme la plupart des noms de rivières antiques. Le Doubs fut en crue à de nombreuses reprises à travers l'histoire, l'inondation la plus importante fut celle de 1910 qui toucha significativement la ville de Besançon.

 

Il existe un barrage sur le Doubs appelé barrage du Châtelot. Nous en parlerons au retour de la randonnée.

 

Départ sur le parking du barrage de Châtelot. Châtelot est une ancienne Seigneurie située au sud-ouest de la Seigneurie de Montbéliard. La Seigneurie de Châtelot était partie intégrante de la Principauté de Montbéliard. Elle regroupait les villages de Châtelot, Colombier-Châtelot-Blussans, Blussanjeaux, Lougres, Bretigney, Beutal, Longevelle, Colombier-Fontaine, Echelotte, Montenois et Saint-Maurice.

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À nouveau, de merveilleux paysages …

 

Le Doubs (département) est également appelé Pays Horloger, berceau de l'horlogerie franc-comtoise. Les villes principales du territoire sont Charquemont (nous en parlerons demain) Morteau, Villers le Lac (Saut du Doubs).


Le Haut-Doubs, terre de moyenne montagne où la forêt était omniprésente, s'est d'abord ouvert à la chrétienté, selon la tradition, grâce à des ermites courageux qui auraient trouvé, là, un cadre authentique, propice à la prière et au recueillement. Puis des moines, Bénédictins de Cluny notamment, ont progressivement développé la pratique religieuse dans des abbayes et des prieurés autour desquels les paysans ont construit des hameaux et participé à l'édification d'églises, de chapelles et d'oratoires. Les troubles de l'histoire, guerres, incendies, Réforme, Contre-Réforme dont ce territoire a été l'un des bastions, révolutions, ont fait subir aux édifices religieux des dommages et des évolutions qui expliquent la grande variété des styles, parfois même sur un seul site. Au delà de l'architecture, l'attrait de son patrimoine provient du mobilier, des objets de culte, vitraux, sculptures, peintures et retables, orgues ou chaires finement ouvragées.

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La grotte du Grenier

 

Avant de grimper, à l'aide d'une échelle en fer, à la grotte du Grenier, venons un instant sur un personnage ayant vécu dans les parages. Némorin des Loutres.

 

Némorin Caille née en 1850 au Pissoux, d'un père meunier. En 1870, Némorin participe à la guerre contre les Prussiens. Suite à cette guerre il perçoit une médaille et une pension. Durant une période de sa vie, il travaille dans des fermes du Pissoux, puis devient pêcheur et particulièrement solitaire en raison de son parti pris pour la République et de son alcoolémie importante dans une région très catholique. Il vivait dans une cabane très simplement meublée, située sur le petit chemin. À partir de 1888, une loi fédérale suisse déclare «la chasse aux Loutres» en échange d'argent. Alors qu'il vivait de la cueillette et de vente de gibier, il décide de s'attaquer aux loutres ce qui le rendit célèbre d'où son nouveau nom, Némorin des Loutres. Sa vie se rythma au fil des saisons … du printemps à la période froide d'automne, il pêche et l'hiver il chasse (loutres, gibier …) il mourut en 1933 à l'âge de 83 ans dans sa cabane.

 

Plus tard, la grotte du Grenier appelle les visiteurs, pour cela faut grimper une haute échelle en fer …

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après la visite des lieux, faut redescendre … courage !

 

voici ce qui nous attend après l'échelle en fer

  Un sentier escarpé mène sur le chemin, direction le hameau du Pissoux.

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Charmant hameau du Pissoux


Le Pissoux, domine les bassins du Doubs, en face de la frontière suisse. Il y a quelques très belles fermes franc-comtoises et une belle église. Cette église domine le hameau depuis le temps où le Pissoux était plus important que Villers centre. Les usines, installées au bord des rapides fabriquaient les faux et les clous. Les scieries et verreries tournaient à plein. L'horlogerie, fin XIX ème siècle a mis un terme à cette suprématie mais l'église est restée le signe d'une présence humaine beaucoup plus importante que de nos jours.


Le pays horloger. Espace de 700 km² situé le long du Doubs à proximité de la Suisse. La vocation de ce territoire se confond avec l'histoire de l'horloge apparue au 18 ème siècle et industrialisée au siècle suivant. À partir du XVIII ème siècle, en complément de l'activité agricole, les fermes abritent notamment pendant l'hiver des ateliers de paysans horlogers. Leur génie, leur savoir-faire, alliance de techniques pointues et de minutie, se mesurent depuis les ébauches jusqu'à la livraison des pendules, horloges ou montres. Morteau créa alors une école spécifique où sont dispensées des formations en horlogerie. On comptera plus de 2300 horlogers en 1880 dans le Val maîtrisant toutes les étapes de la fabrication : aiguilles, balanciers, émaillage des cadrans, confection des bracelets, assemblage de l'horlogerie mécanique. Cette dernière, délaissée à l'arrivée du quartz, connaît aujourd'hui un nouvel essor.


Prochaine étape, le saut du Doubs. Le Doubs tombe de haut ! Délimitant à cet endroit, la frontière franco-suisse. De la vallée de Morteau à Villers-le-Lac, il s'écoule paisiblement pour ensuite s'élargir et former le lac de Chaillexon, au creux des falaises, puis … c'est la chute de 27 mètres. Dans un bouillonnement d'écume, la cascade se jette sur les rochers et dans le lac de Moron.

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La cascade


Le Saut du Doubs fut crée, il y a 14 000 ans, suite à un éboulement des deux versants de la vallée (à l'époque les gorges du Doubs commençaient à l'ouest de Morteau). L'éboulis créa un grand barrage naturel provoquant le remplissage des gorges en amont de l'éboulement, et créa le paléo-lac de Morteau (long de 15 km) dont le lac de Chaillexon (long de 3,7 km) est le vestige.


Enserré entre les parois rocheuses vertigineuses, le Doubs prend des allures de canyon aux rives sauvages et romantiques. Il sort du lac pour se précipiter en contrebas.

 

Le retour au barrage de Châtelot fut un moment de pur bonheur ...

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Entre des falaises verticales de calcaire blanc pouvant atteindre 80 mètres, c'est dans ce magnifique cadre naturel que nous longeons le Doubs, dans cette vallée profonde et sauvage.

 

Arrivés au magnifique site d'Entreroches, le sentier franchit une porte taillée à même la roche.

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Pour finir nous arrivons au barrage de Châtelot. À la fin du XIX ème siècle, l'arrivée de l'électricité dans le canton de Neuchâtel conduit à l'abandon des moulins au fil de l'eau. Facile à utiliser et à transporter, l'électricité permet d'installer des industries loin des sites où elle est produite, vers les villes plutôt qu'au bord des rivières. Les centrales électriques érigées au fil de l'eau comme les anciens moulins, n'arrivent plus à couvrir les pointes de consommation en milieu de journée, d'où la nécessité de stocker l'eau, source de l'énergie, et de pouvoir l'utiliser à l'instant désiré suite à la demande. C'est ainsi qu'en 1930, une première convention est conclue entre la Suisse et la France. En 1947, une concession est octroyée à la Sté des Forces Motrices du Châtelot par la Confédération Suisse, puis une autre en 1954 par l'État Français.

 

Dès le pied de la chute, les rapides du Doubs reprennent leurs droits, il entre dans le lac de Moron mais un ouvrage d'art audacieux, le barrage du Châtelot, délimite un lac artificiel de 7 km de long. Il est partagé entre le département du Doubs et le canton de Neuchâtel et retient les eaux du lac de Moron. Sa mission électrique accomplie, il redevient une rivière qui marque souvent la frontière entre la Suisse et la France.

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Haute de 74 mètres, la voûte de béton passe de 14 mètres d'épaisseur à la base à 2 mètres seulement au sommet. En période de crue, un rideau liquide de 75 m de haut se précipite par dessus la partie sommitale arrondie et s'écrase en contrebas dans un fracas qui fait vibrer l'ouvrage.

 

Il reste un grand nombre de marches à grimper pour arriver au parking du Châtelot.


À suivre ...

Marthe

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Published by Marthala - dans Doubs
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commentaires

Jo. 07/08/2011 10:30


Bravo pour toutes ces explications... chaque chemin, chaque bâtisse a son histoire... et là, tout y est !

Je pars demain dans le Haut-Doubs pour trois jours dans le pays horlogers... J'espère que le temps nous permettra de faire cette découverte... Faut-il avoir une lampe pour voir l'intérieur de la
grotte ?