Samedi 3 octobre 2009 6 03 /10 /Oct /2009 14:03

Mercredi 30 septembre 2009

le lac de Lispach

La Bresse, au coeur du Parc Naturel Régional des Ballons des Vosges, est un village montagnard qui s'étend sur 5672 ha, allant de 609 m d'altitude jusqu'au sommet du Hohneck à 1 363 m d'altitude.

Le Hohneck, troisième sommet du massif des Vosges domine la ligne des crêtes qui sépare l'Alsace de la Lorraine. En contrebas de ce sommet se niche la station de ski de la Bresse- Hohneck. Un ballon voisin, à l'Est, culmine à 1 272 m est dénommé Petit Hohneck.

Territoire de chasse du temps des Mérovingiens, lieu de passage entre les monastères de Remiremont et Munster au VII ème siècle. Des gens s'établirent peu à peu et commencèrent à transhumer depuis Munster sur les sommets vosgiens et les terrains défrichés tout le long de la Moselotte. L'épopée industrielle commença après 1830 avec l'installation d'usines textiles tout au long des chutes d'eau des rivières et l'exploitation de la forêt communale de 3 000 ha. À partir de 1905, l'utilisation de l'eau des lacs pour produire de l'électricité permet à la commune de s'engager dans l'utilisation des énergies renouvelables et de se développer. Le tourisme prend son essor dans les années 70 avec le développement des sports d'hiver. La première coupe du Monde de ski de fonds est organisée en 1981. Aujourd'hui, la Bresse est une station été et hiver.

Départ au chalet forestier de Machey à 8h 30 pour une marche physique de 22 km. Ce dernier jour de septembre, l'été indien installé depuis plusieurs jours, nous gratifie d'une météo à faire pâlir certains jours d'été.

Le chemin du génie se dirige vers le premier lac de la journée, le lac de Blanchemer. La fraîcheur matinale est rapidement oubliée, le soleil et les grimpettes se chargent de nous réchauffer vite fait.

Le chemin du Grand Bougre nous offre une vue plongeante sur le lac-tourbière de Blanchemer,et son chalet au toit rouge. Une rapide descente nous mène à ce lac paisible et sauvage niché à 984 m dans un écrin de verdure au pied du Rainkopf, cirque glaciaire appuyé sur une moraine. La tourbe forme des radeaux, véritables iles flottantes de sphaignes, flore spécifique d'origine glaciaire que l'on retrouve encore au col des Feignes et à l'étang de Machey. Autrefois, les fées étaient nombreuses dans la région, et le soir, toutes se retrouvaient pour danser autour du Hohneck. Et comme toujours, une légende accompagne notre sortie au lac de Blanchemer :

«alors que les chaumes ruissellent encore de lumière sous les derniers rayons de soleil automnale, le lac de Blanchemer, niché au creux d'un immense entonnoir, se laisse draper dans les brumes légères du soir. Au bord de l'eau, une jeune femme lave de fins voiles brodés d'or. Elle met tant de cæur à son ouvrage qu'elle n'entend pas s'approcher un paysan qui s'est attardé dans une marcairie et qui rentre chez lui. Lorsqu'il l'aperçoit, l'homme s'esclaffe si bruyamment que toute la forêt environnante se met à vibrer ... surprise, la femme se dresse, les yeux brillants de haine, tandis que son vêtement s'illumine comme une nuit mouchetée d'étoiles et que l'air s'emplit d'une irritante odeur de soufre : passe ton chemin homme irrespectueux et pervers. Là où est ta maison, sache que tu ne trouveras que la place pour faire un champ d'oignons» !! Pris de panique, l'homme s'enfuit dans la forêt. Ce n'est qu'au petit matin, après avoir erré toute la nuit, qu'il retrouve le chemin de sa ferme. De sa maison, hélas, il ne reste plus que cendres et ruines. Le paysan comprend alors qu'il a rencontré la fée de Blanchemer et que celle-ci lui a jeté un sort, pour le punir de l'avoir importunée».

Téléski au pied au pied du Grand Artimont

Nous rejoignons le chemin des chaumes et contournons le Grand Artimont, rapidement le lac de la Lande traversé par la Moselotte se profile au pied du Kastelberg à 1 060 m d'alt. Le barrage hydro-électrique de la Lande, construit en 1983 pour produire de l'électricité et alimenter en eau les canons à neige des pistes voisines. Haut de 70 m pour une longueur de 330 m il est géré par la Régie Municipale d'Electricité de la Bresse. Le projet a suscité, en son temps, une forte opposition d'écologistes soucieux de préserver une tourbière remarquable, aujourd'hui noyée.

Le barrage de la Lande

La vallée du Chajoux, notamment sa partie supérieure, aux alentours du lac de Lispach – bénéficie d'un microclimat, qui fait que les Bressauds parlent souvent du Petit-Canada. Après avoir quitté le lac de la Lande nous arrivons à la station de ski La Bresse-Hohneck où d'importants travaux sont en cours avant la saison hivernale qui n'est plus très loin.

Un chemin annoncé dangereux, que je qualifierai plutôt de physique nous attend ! Pas de panique, les passages scabreux sont sécurisés par des mains courantes ... Quand nous apercevons le lac de Lispach nous ne nous faisons pas prier pour poser nos sacs et prendre notre arrêt repas ... de bon appétit.

Parlons un peu du lac de Lispach alt. 909 m sis dans un paysage d'une sauvage beauté. Les arbres qui entourent l'étang solitaire se reflètent dans ses eaux dangereuses. Au milieu, des tourbes, de l'eau stagnante entourée d'arbres. D'une superficie de 12 ha et d'un profondeur de 9 m, son volume d'eau maximum est de 200 000 m³. C'est une tourbière, véritable témoin du temps post-glaciaire, qui recèle des trésors botaniques fragiles. C'est la décomposition de la mousse qui est à l'origine de la formation de la tourbe. L'état de tourbière résulte d'un déséquilibre entre les vitesses d'accumulation et de décomposition des végétaux. Ainsi, en milieu saturé d'eau et un peu aéré, il n'y a pas de décomposition. Le lac de Lispach est le plus apprécié des amoureux de la nature, il n'est pas rare de rencontrer des peintres devant ses eaux étalées en bras variés, c'est une tourbière flottante unique dans les Vosges.

Du lac de Lispach les compagnons du mercredi vous saluent ...

Le chemin de Mariron, puis le chemin de la Bourrique nous élèvent sur la chaume des Champis alt .1 163. La vision, au sortir de la forêt est superbe sur cet immense espace dégagé, bourré de chaumes. Le chalet-refuge des Champis, mis en place par la commune de la Bresse sous contrôle de l'ONF, est situé juste au-dessous de l'ancienne ferme disparue. Une fontaine derrière le chalet nous permet un petit rafraîchissement. Une bonne occasion pour Eliott .... il avait soif ...

La vue est royale, elle englobe dans le bas la vallée de la Vologne, dominée par la ligne des sommets allant du Hohneck, par le Kastelberg, au Rothenbachkopf à la silhouette tellement caractéristique.

Fini de rêvasser, le sentier du Conservateur, ancien chemin forestier nous conduit vers le sentier de la Schlitte !! impressionnant !! La Schlitte : les Vosges sont couvertes de forêts, depuis toujours il a fallu couper du bois. Les bûcherons ont toujours besoin d'un coup d'oeil sûr et de calculs précis pour que l'arbre tombe sans endommager le voisinage, mais aujourd'hui le débardage est assuré par des camions et des tracteurs (bruyants et dont les pneus laissent d'énormes ornières). Autrefois, la schlitte était un sport spectaculaire mais dangereux. Une schlitte est une grande luge avec de longs patins qui remontent à l'avant, en bois dur, elle pèse une trentaine de kg à vide, chargée elle peut peser jusqu'à trois tonnes.... le schlitteur la remontait en la portant sur son dos. La schlitte glissait sur un chemin constitué de rails en bois (souvent en hêtre) fixés sur des rondins de bois ou des planches épaisses placés en travers comme des rails de chemins de fer. La technique d'utilisation de la schlitte paraît simple mais aussi fatigante que dangereuse ! Le conducteur s'adossait au traîneau et s'accrochait aux patins recourbés, puis il descendait en retenant le traîneau, rondin par rondin sur le chemin pentu, et ceci, sur plusieurs kilomètres, il était très difficile d'arrêter la glissade s'il survenait un obstacle. Si la charge était mal équilibrée, le rail endommagé ou si le conducteur faisait un faux pas, le chargement se renversait, parfois sur le schlitteur. Le folklore et les traditions ont aussi fait leurs victimes.

Une portion du sentier de la schlitte ...

Au point de vue sécurité, personne ne regrette les petits trains qui sont apparus au XIXème siècle ni même les camions. La vallée de Munster étant le berceau du schlittage, le musée de la schlitte et du bois à Muhlbach sur Munster rend particulièrement un hommage à nos ancêtres pour leur dur labeur. L'histoire de la vallée et de sa forêt n'est pas oubliée.

Hameau Le Couaroge

Comme par magie nous pénétrons dans le hameau Le Couaroge un endroit magique avec des chalets canadiens en rondins, l'un plus beau que l'autre ... été comme hiver cet endroit ressemble au paradis !

Encore une petite montée et nous arrivons au parking Machey.

Marthe

Par Marthala - Publié dans : Alsace-Lorraine
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