Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
5 septembre 2009 6 05 /09 /septembre /2009 15:53

Vendredi 21 août 2009

 

Personne n'a osé ronfler ... le jour se lève ... sur le lac et le refuge ... vite une photo !!

le jour se lève sur le lac de Neuchâtel et le refuge Perrenoud

Aujourd'hui est un grand jour, Sophie est impatiente de nous faire partager son amour pour le Creux du Van. Quelques nuages nous accompagnent ce matin mais rien de bien méchant. Une petite grimpette et déjà nous sommes au lieu dit le Soliat 1 465 m d'altitude sur la crête du Creux du Van. Impressionnant !! voir cet énorme fer à cheval en roche calcaire avec ses falaises verticales pouvant atteindre, par endroit, près de 200 m de hauteur pour un diamètre de 1 km, s'ouvrir sous nos yeux nous coupe le souffle.

Le Creux du Van, des photos m'avaient mis l'eau à la bouche depuis un certain temps, j'avais hâte de l'approcher, ce sera aujourd'hui.

Celui qui découvre pour la première fois le Creux du Van, un joyau du Jura Suisse, reste ébahi devant cette immense excavation en arc de cercle, gigantesque blessure rocheuse. La taille, l'harmonie et la pureté de ses lignes peuvent surprendre, d'emblée, le spectateur se pose la question de l'origine de ce majestueux amphithéâtre rocheux. Un accident géomorphologique nommé «boutonnière d'érosion» s'est creusé au sommet du Soliat fragilisé par des failles. Nous nous trouvons à l'endroit du Soliat à 1 465 m alt. et, à nos pieds, ce fossé géant. L'eau s'est infiltrée dans les diaclases, son érosion a fini par trouer la roche et saper le fond marneux du site, les glaciers locaux ont ensuite façonné le cirque. Le pied de la falaise se tapisse d'un éboulis atteignant parfois 250 m d'épaisseur, témoignant de l'intensité du travail érosif. Le sommet du rocher est occupé par une plateforme nommée l'écho, en raison du phénomène acoustique qu'elle délivre avec netteté. Il paraît que depuis cet endroit, un chapeau jeté dans l'abîme revient directement à l'envoyeur. Cet effet boomerang s'explique par le mouvement du vent du nord-est qui vient buter contre la falaise et rebondit en un courant vertical s'élevant à quelques dizaines de mètres de la muraille.

Le cirque du Creux du Van

Malgré les jeux d'air et les apparences, le nom du creux du Van ne doit rien à Éole, il vient du celtique <van> qui désigne rocher ou combe rocheuse. Chamois et bouquetins, ces hôtes des falaises y défient les lois de la pesanteur et de l'équilibre. Véritables acrobates qui font la joie des touristes qui ne manquent pas de les photographier. L'espoir de voir un chamois grandit au fur et à mesure que nous parcourons la falaise belvédère avant de descendre au fond du cirque ... he bien non, pas de chance, pas de chamois .... nous nous contentons d'admirer et de photographier les extraordinaires falaises. Un muret de pierres sèches ferme le cirque afin de protéger troupeaux et visiteurs d'une chute mortelle.

Un raide sentier plonge à travers forêts jusqu'à la ferme Robert. Une vaste bâtisse trapue qui doit son nom à la famille de bûcherons-charbonniers qui l'a édifiée en 1750. C'est d'ici que nous réalisons la taille de cette gigantesque paroi rocheuse !!

vue depuis la ferme Robert

On a peine à croire que la crête est recouverte de prairies appréciées du bétail et que la vie là-haut se déroule comme sur n'importe quel alpage.

Arrivés devant la ferme Robert, la pluie commence à tomber. Nous profitons de nous abriter à la ferme. La ferme Robert au pied du cirque est l'endroit mythique du Creux du Van. Cette vieille maison typiquement montagnarde aménagée en restaurant de montagne, témoigne du combat qui déroula entre le dernier ours du creux du Van et le bûcheron David Robert.

La ferme Robert au pied du cirque du creux du Van

Tavaillons (tavillons en Suisse) : petits bardeaux d'épicéa, utilisés pour couvrir une façade exposée au vent dominant ou coiffer la toiture d'une bâtisse. Le tavaillonneur est l'artisan qui produit les tavaillons et le cloue sur la «bataillée» (planches de façade).

Le grand tétras, appelé aussi coq de bruyère, tetrao urogallus est le plus grand gallinacé d'Europe. Le mâle au plumage gris noir tacheté de blanc et brun foncé, avec des reflets métalliques et à la queue arrondie, mesure plus de 80 cm et peut peser jusqu'à 5 kg. Oiseau forestier il affectionne singulièrement les forêts de conifères aux sous-bois ouverts. En France il est présent dans les massifs des Pyrénées, des Vosges et du Jura. La présence du volatile est rare mais elle est révélatrice de milieux forestiers équilibrés. Le Parc Naturel du Haut Jura a mis en place un réseau associant des naturalistes, des chasseurs, des professionnels de la forêt mais également des professionnels du tourisme dans le but de sensibiliser et d'informer les différents partenaires sur la gestion des milieux, et notamment sur celui accueillant le grand tétras.

La parade nuptiale est spectaculaire et se déroule dans un endroit spécifique préparé à cet effet et que l'on nomme généralement «lek» ou «place de chant» en raison des cris bizarres et gutturaux poussés en ce lieu par les mâles.

La fée verte ? vous connaissez ? L'absinthe, cette plante ligneuse au feuillage blanc soyeux et au goût anisé entre dans la composition d'un alcool très fort. Inventé en 1797 dans le Val de Travers, Pernod Fils ramena sa recette en 1805 à Pontarlier, où cet élixir connut un succès international.

Suite à un fait divers sanglant, sa distillation fut interdite en Suisse puis en France. Pourtant le Val de Travers fit toujours de l'obstruction, la plante continuait à pousser dans les jardins, l'alambic à fonctionner dans les remises. Le 1er mars 2005 la (re)légalisation de l'absinthe dans toute la Suisse ouvre de nouvelles perspectives à Boveresse petit village du Val de Travers et ancienne capitale régionale du breuvage interdit. Si l’ancien séchoir à absinthe n'a pas repris son activité, il abrite aujourd'hui un modeste musée, l'absinthe reprend à Boveresse, sa place centrale, chaque année en juin, à l'occasion de la désormais réputée Fête de l'absinthe qui peut enfin – en toute légalité – proposer le fameux breuvage des fées à des amateurs venus spécialement pour l’occasion du monde entier.

La pluie a cessé, nous pouvons reprendre la route vers les gorges de l'Areuse. Après une petite heure de marche le ronflement de la rivière se fait entendre.

L'Areuse est une rivière qui prend sa source au cæur du Jura et qui a sculpté le Val de Travers. Arrivée à Noiraigue, elle se transforme en torrent de montagne et l'on pénètre proprement dit dans les gorges du même nom. Elle finit par se jeter dans le lac de Neuchâtel.

Le «Canyon» des gorges de l'Areuse. Sauvages et pittoresques elles s'étendent sur plus de 10 km entre le Val de Travers et la région du lac de Neuchâtel.

Enfin les parois se rapprochent, la descente s'amorce et le chant du torrent s'amplifie .... Le treillis de la passerelle métallique nous laisse profiter des eaux bouillonnantes sous nos pieds. Fureur des eaux dégringolant et s'engouffrant dans les abîmes au ras des rochers, et nous voilà devant le saut du Brot.

Le saut du Brot

Revenant sur nos pas nous traversons le célèbre et néanmoins charmant petit pont de pierre qui enjambe l'Areuse. Au pied du pont deux pêcheurs nous saluent ....

le pont enjambe l'Areuse

Après avoir enjambé l'Areuse nous rejoignons une aire de pique nique... entre l'incontournable cirque du Creux du Van et les magnifiques gorges de l'Areuse la faim se fait sentir ...

Pour rejoindre la commune de Champ du Moulin nous longeons la rivière, passons devant la pimpante usine hydraulique des Moyats, les géraniums aux fenêtres, assortis aux couleurs des bâtiments..... donnent un cachet suisse ! Arrivés au Champ du Moulin nous montons à la gare, le train nous amène à Buttes où les taxis nous attendent pour nous ramener à Rochejean où nous retrouvons l'hôtel les Gentianes avec plaisir. Nous ne nous faisons pas prier pour passer à la douche ......

 

Au moment du repas, une rencontre, un ami de sophie, que nous prenons plaisir à entendre jodler, avant qu'il ne cherche son cor des Alpes et nous joue un morceau de son répertoire. Nous finissons la soirée en beauté ... voilà une journée bien remplie...
Le Cor des Alpes est l'instrument le plus long du monde ... il nous fait de suite penser aux montagnes du Tyrol et de la Suisse car il fut longtemps fabriqué et joué par les bergers suisses pour communiquer entre eux à travers les vallées et ce depuis plus de 400 ans... le son pouvant porter jusqu'à 7 km ... Comme tous les soirs, le dîner était parfait, bonne nuit et à demain pour le final...

 

 

Marthe

 

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Marthala - dans Massif du Jura
commenter cet article

commentaires